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[Dans la nuit du 17 au 18 avril] Il y a des mots qui pleurent et des larmes qui parlent. (Bellarke)

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Bellamy Blake

Bellamy Blake
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Inclement Earth

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MessageSujet: [Dans la nuit du 17 au 18 avril] Il y a des mots qui pleurent et des larmes qui parlent. (Bellarke) [Dans la nuit du 17 au 18 avril] Il y a des mots qui pleurent et des larmes qui parlent. (Bellarke) EmptyDim 11 Mar - 12:16

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Il y a des mots qui pleurent et des larmes qui parlent.

"Sometimes you grow to hate somebody, and sometimes you don’t really hate them at all. Sometimes it’s just a matter of trying not to fall in love with them." Poème d'E. Grin Bellarke - ♫ [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

La Terre, c’est la merde ! Pesanteur de merde, soleil de merde, nature de merde, météo de merde. Et on nous vendait ça en mode paradis perdu, hein ? Bah, clairement, j’veux être remboursé ! Ou non, même pas, j’veux qu’une chose : retrouver Octavia ! Car en soi, la Terre, ça peut aller. Ma formation d’Garde aide, très certainement, ne serait-ce qu’pour la pesanteur. Après, l’soleil, ma foi… On s’habituera, avec l’temps, avec la luminosité d’cet astre, qu’est bien plus vive que ce à quoi on est habitué, au sein d’la Colonie. La nature et la météo, quant à elles… Va falloir faire avec… Mais c’est surtout ces 2 dernières que j’redoute. Pas pour moi. Pour O… Car j’ignore où elle est, p’tain ! Pas faute d’l’avoir cherché, pourtant ! C’est bien clair, depuis qu’on est arrivé ici, j’ai quasi pas dormi, d’toute façon ! Et les rares heures d’sommeil que j’ai daigné prendre, elles n’ont guère été reposantes. Vous pourriez, vous, dormir correctement, alors qu’l’une des rares personnes pour qui vous pourriez donner votre vie s’trouve Dieu seul sait où ? J’veux dire : j’peux déjà plus rien faire pour venir en aide à Aaron, qu’est comme un frère pour moi, il m’reste plus qu’O., qu’est… bah, ma sœur, et plus qu’ça encore (mais pitié, n’voyez rien d’malsain là-dedans… J’vous connais, vous, avec vos idées tordues !). Octavia, j’ai toujours veillé sur elle, depuis sa naissance. En un sens, j’suis aussi bien son frère, qu’son meilleur ami ou encore qu’son père. C’genre de relation, c’est plus fort que c’que vous pouvez imaginer ! Bien pour ça qu’j’ai pris autant d’risques pour l’accompagner sur Terre. Bien pour ça qu’ça m’tue, d’être séparé d’elle.

La journée a été longue. Déjà, on est « arrivé » dans la nuit. Puis dans la matinée, on a fini par décider d’aller explorer les parages. Perso, j’y ai passé la journée ou presque. Bien entendu, avec un seul objectif en tête : retrouver ma frangine. Echec total. Obligation d’constater qu’la navette s’est divisée en 2, et qu’la 2nde moitié est j’sais pas trop où. Elle peut être n’importe où. Vu l’temps qui s’est écoulé entre la séparation, et l’atterrissage… Faudrait calculer les probabilités d’emplacement d’l’autre partie d’la navette. Mais j’suis pas assez doué en calcul pour ça. Sans oublier qu’y’a une quantité non-négligeable d’éléments qu’on connaît pas, et qui seraient utiles, pour l’calcul. Et puis…. : on n’sait pas du tout où on est, ni à quoi ressemble les environs, donc, si ça s’trouve, ils s’sont échoués en mer, ‘fin, dans une mer qu’aurait vu l’jour, depuis la Guerre Nucléaire… « Fait chier p’tain ! », râlais-je, en balançant une pierre au loin, l’envoyant direct’ dans le cours d’eau s’trouvant en contre-bas du précipice. J’ai été m’isolé à proximité d’celui-ci, souhaitant m’éloigner quelque peu d’l’agitation d’la navette, et du groupe qui s’y trouve. Même si là, vu l’heure, ils doivent être en train d’pioncer. Mara a bien tenté d’me convaincre à en faire de même. Mais j’ai refusé d’l’écouter. D’toute façon, j’peux pas dormir, alors c’est vite vu ! J’pousse un soupir, en m’asseyant par terre. Démoralisé. J’veux retrouver ma sœur, mais j’sais même pas par où commencer à la rechercher. « J’la retrouverais jamais ! », soufflé-je, réaliste. Si au moins, j’savais par où l’autre bout d’navette a pu atterrir, j’pourrais m’diriger là-bas. Mais j’sais rien. Et là, l’temps qu’j’ai une piste sérieuse, O. a l’temps d’mourir 12 fois ! Et à cette pensée, mon cœur s’resserre. J’peux pas la perdre, p’tain ! Elle est tout c’qui m’reste…

Tristement, j’me passe une main sur l’visage, pour tenter de…bah, remettre un peu d’ordre dans mes idées, voir la situation sous un autre angle, tâcher d’avoir une lueur d’génie pour retrouver ma frangine… Un truc du genre, quoi. J’esquisse une grimace, en sentant, sous mes doigts, c’qui devrait être ma prochaine cicatrice : une balafre à venir, d’mon arcade sourcilière droite, au coin d’mon angle, qui s’arrête à la moitié d’ma joue. Blessure qu’Mara a fait d’son mieux pour soigner, avec c’qu’elle avait sous la main. Mais en soi, j’m’en fous, d’cette blessure, c’est loin d’être l’plus important. Rien n’sera important, pour moi, tant qu’j’aurai pas retrouvé ma p’tite sœur ! « J’te retrouverai, O ! », grogné-je entre mes dents. Quoi qu’il puisse m’en coûter, j’retrouverais Octavia. Ma promesse, à moi-même ainsi qu’à ma sœur, est à peine terminée, qu’j’sens quelqu’un s’asseoir à mes côtés. P’tain, ça s’voit qu’j’suis perturbé, car j’ai même pas capté qu’quelqu’un venait vers moi ! Assez tendu, j’me redresse, et tourne la tête, pour voir qui vient m’faire chier en c’moment précis. « Si t’es là pour une d’tes leçons d’moral, t’peux dégager ! », fis-je alors remarquer à Clarke, en la voyant prendre place à côté d’moi, glissant même la couverture sous laquelle elle est emmitouflée, sur mes épaules. J’sais : y’a mieux, comme accueil, pour quelqu’un qui vient en prenant la peine d’partager avec vous sa couverture, alors qu’il fait pas chaud, dehors. Mais on s’est déjà pris la tête, plus ou moins, dans la journée, pour tout un tas d’trucs. Dont son mec, aussi, à croire qu’elle flippait qu’j’envoie chier c’boulet (il l’aurait pas volé, d’vous à moi !), ou qu’j’lui raconte c’qui s’est passé entre la blonde et moi, dans la cellule d’la Griffin, y’a quelques jours seulement. J’aime pas Zack, c’est un fait avéré. Mais tant qu’il pourra m’être d’une quelconque utilité pour retrouver O, j’prendrais sur moi pour l’tolérer un minimum. Après, j’ai autre chose à foutre qu’raconter l’dérapage qu’Clarke et moi on a eu, l’autre jour. Là, pour l’instant, c’est bien loin d’mes préoccupations actuelles, si vous voulez tout savoir ! Mais là, j'suis fatigué (même si incapable d'dormir !), déjà épuisé moralement après les heures passées qui furent fortement éprouvantes, en pleine remise en question (suis-je vraiment apte à protéger ma soeur comme j'le croyais, ou aies-je échoué, est-ce trop tard pour elle ?), et quelque peu affaibli, dévasté par mes doutes. Somme toute : clairement pas apte à m'confronter à quiconque. Et encore moins à la p'tite blonde, en vérité. Même si ça, j'l'avouerais pas maintenant, qu'j'préfère largement paraître à mon avantage, devant elle. Ou du moins, pas aussi mal, psychologiquement, que j'peux l'être, là.

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Clarke Griffin

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Inclement Earth

[Dans la nuit du 17 au 18 avril] Il y a des mots qui pleurent et des larmes qui parlent. (Bellarke) Vide
MessageSujet: Re: [Dans la nuit du 17 au 18 avril] Il y a des mots qui pleurent et des larmes qui parlent. (Bellarke) [Dans la nuit du 17 au 18 avril] Il y a des mots qui pleurent et des larmes qui parlent. (Bellarke) EmptyDim 29 Avr - 20:37



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Would you lie with me and just forget the world ?

Bellarke

On aurait pu rêver mieux, pour une première journée sur Terre. Depuis qu'on s'est crashé dans cet endroit, je n'arrête pas de courir dans tous les sens. Ou, du moins, d'essayer de faire une telle chose. Parce que non. Je ne me suis toujours pas vraiment occupée de moi. Juste brièvement, en fait. Histoire de rassurer un peu Zack. Lui montrer que je me prends en charge malgré ce qu'il peut penser de mon fort caractère, même si ma jambe me fait toujours affreusement souffrir. Elle est devenue lourde. Je suis presque obligée de la tenir et de la retenir, de la traîner pour qu'elle me supporte là où je souhaite aller. Autrement dit, de blessé en blessé. Certains souffrent bien plus que moi, et pourtant, les maigres moyens que j'ai sous la main ne me permettent pas de faire des folies. Je suis bien obligée de faire au mieux, sans gaspiller. Tout économiser, sans faire l'impasse sur l'une ou l'autre blessure, qui risque de méchamment empirer avec le temps. Ma tête est aussi lourde que ma jambe. Mais, ça, c'est parce que je suis complètement .. vidée. Moi qui, sur l'Arche, devais être exécutée dans les heures à venir, je n'ai qu'été incapable de fermer l’œil depuis bien des nuits. Le spectre de la mort était bien trop envahissant, alors que mes mois d'attente dans cette cellule étaient passées à des semaines. Des jours. Des heures. Ce compte à rebours, au-dessus de ma tête de lit, était devenu presque une obsession. Mes heures de sommeil, je les passais à dessiner. Toujours plus. Dessiner pour ne pas réfléchir. Pour m'évader, loin de ces quatre murs étouffants. Ne pas penser à ce que j'allais laisser derrière moi. Pour imaginer un monde dans lequel j'allais pouvoir rejoindre mon père. Un monde qui ne ressemblait en rien à ce cauchemar si réel qu'est la vie sur Terre. Heureusement, plusieurs mains m'aident. Je crois que je serai devenue complètement folle si j'étais seule à devoir gérer les plaintes, les cris et les pleurs dans cet espace délimitant ce qui allait devenir une sorte d'infirmerie. Chaque fois qu'un groupe part, j'ai la peur que l'un d'eux finira en mauvaise posture qui me ronge. Et chaque fois que l'un d'eux revient vers la navette, j'ai peur de voir ce qu'ils peuvent bien ramener de leurs expéditions. D'autres blessés ? Des morts ? Et même si j'essaie de faire au mieux pour chacun, j'ai l'impression que ce n'est jamais assez. Bienvenue dans le monde cruellement perfectionniste de Clarke Griffin. Les heures passent. Toujours dans ce climat assez étrange depuis notre arrivée. Je le sais, avec ces aiguilles de la montre de mon père qui bougent dans ce rythme qui ne s'arrête pas, elles sont même plus franches dans leurs battues qu'hier encore. Sans doute grâce à ma mère, qui a du s'assurer de la remettre à neuf dès lors qu'elle m'a endormie et qu'on m'a posé ce fameux bracelet.. Voilà à quoi peut bien se résumer mes premières heures sur Terre.

La nuit a repris sa place. C'est étrange et assez beau à voir, ces changements entre lumière et obscurité. Assez déroutant aussi, lorsqu'on a vécu toute sa vie dans l'espace. Et encore, je n'en ai pas pleinement conscience, me contentant de quelques regards vers l'extérieur. Jamais je ne me suis encore aventurée loin du cœur de la navette. Puis, pour ce qu'on en connaîtra.. La radioactivité finira bien par faire son boulot et tous nous anéantir, ce n'est plus qu'une question de temps. Alors, autant le combler au mieux. Il semblerait que Zack ne soit pas vraiment de mon avis. Plusieurs fois, alors qu'il fait tout noir dehors depuis peu, il est venu pour tenter de me tirer à ma tâche. Pour que je me repose entre ses bras. Plusieurs fois, j'ai refusé. Jusqu'à en tomber presque de fatigue. Même si je suis morte de fatigue, je n'arrive pourtant pas à m'endormir. Mon regard passe de la silhouette d'Arthur, allongée en sûreté contre la paroi de la navette à celle de Zack, qui lui, semble avoir trouvé le chemin d'une bonne nuit reposante. Cette nuit n'est pas aussi sombre que je ne les imaginais pourtant. La Lune, pleine, brille. Et c'est ce ciel, parsemé d'étoiles, qui finit par attirer mon attention. J'en suis à penser à mon père. Il me manque. Tellement. Le ventre noué, le cœur serré, j'ai besoin de sortir un peu de là. Doucement, je m'extirpe de la prise de Zack autour de moi, sans le réveiller. La fraîcheur nocturne m'entoure d'un coup, m'obligeant à m'enrouler d'une couverture abandonnée. Macy prend mon relais cette nuit. Elle semble tranquille pour le moment vu le calme des lieux. Sans un bruit, je sors de cette navette, le regard loin dans le ciel. Mes pas m'amènent je-ne-sais-où, mais c'est une voix qui me sort de mes pensées. Bellamy. Il est clair qu'il semble avoir préféré oublier ce qu'il s'est passé sur l'Arche, il y a seulement quelques jours de ça, vu comme on a pu se prendre la tête tout au long de la journée. Ce qui n'est peut-être pas plus mal. Il vaut sans doute mieux qu'il ne me supporte pas, plutôt que d'être ouvertement trop gentil face à moi. Pourtant, il ne semble clairement pas au meilleur de sa forme. Et malgré tout, cela m'inquiète un peu pour lui. Fraternellement platoniquement, hein. Bien entendu. C'est pour ça que je finis par m'avancer vers lui, sans bruit. « J’te retrouverai, O ! » Je ne sais pas, qui est cette O donc il parle depuis qu'on est arrivé vers Terre. Enfin, j'ai entendu certaines choses, mais.. Cela semble assez fou. J'en fronce légèrement les sourcils, prenant place près de lui. « Si t’es là pour une d’tes leçons d’moral, t’peux dégager ! » Sa remarque me fait soupirer, après que mes yeux se soient levés vers cette immensité stellaire. Je ne me laisse pourtant pas impressionner par cet ours mal léché. Disons que j'espère qu'en n'entrant pas dans son jeu, il va finir par me parler un peu. Autrement que durant cette journée passée. Voilà pourquoi j'en suis même à glisser l'un des bouts de ma p'tite couverture sur ses épaules. Comme si cela pouvait lui montrer que non, je ne suis pas là pour lui prendre la tête. « Parfait. » que je réponds alors, simplement, histoire de lui prouver à nouveau que ce n'est pas mon but du moment. Lui dire, du coup, que j'ai ma place à ses côtés et que je vais y rester. « Juste.. C'est pas en prenant l'air sans rien sur les épaules que tu vas te débarrasser de moi. Au contraire. » Précision qui a le mérite d'être faite et par laquelle, j'espère, Bellamy comprendra la petite pointe d'humour qui s'y cache. Après, pour ma crainte de le savoir tombé malade, c'est une toute autre chose. Parce qu'il y a aussi de ça. Évidemment. Inconsciemment, surtout. « Alors, s'il te plaît.. » Oui, je lui demande quelque chose -c'est fou, pas vrai ?-, en tournant la tête vers lui pour croiser et surtout soutenir son regard. Lui faire comprendre que quoiqu'il en dise, quoiqu'il en fasse : je n'en démordrai pas. « .. arrête de râler et prend ce bout de couverture. » Un geste assez délicat, d'ailleurs, vu ce qu'il a failli se passer entre nous. Je redoute un peu de sentir sa présence si près de moi. Me rappelant certaines choses auxquelles je ne dois pourtant plus penser. Ce qui est mieux pour tout le monde. Pour moi, vu qu'il semblerait qu'il ne peut plus tolérer ma présence sans m'aboyer dessus -non, ce n'est pas réciproque et non, ce n'est pas qu'une simple analyse plus que brute-. Pour lui, parce qu'il serait tranquille comme ça. Pour Zack, aussi.. Je m'en mordille la lèvre, avant de finir par détourner le regard, pour le river droit devant moi. Droit devant nous. Je baisse un peu la tête, tout en entourant mes jambes repliées contre moi. Et histoire de bien lui faire comprendre que je ne suis pas là pour qu'on se prenne la tête à nouveau, je finis juste par ajouter un petit : « Merci encore pour, tu sais.. » me raclant doucement la gorge, sans savoir s'il me regarde ou non, je tapote juste ma jambe alourdie qu'il a libéré. Il a du comprendre. Je l'espère. Juste parce que je n'ai pas envie de lancer une discussion autour de moi. J'ai horreur de ça. Pour éviter qu'il ne me demande comment ma jambe peut bien aller. Je serai obligée de soit lui mentir, soit avouer qu'elle me fait foutrement mal -ce que je n'aime pas faire non plus-. Mais, je devais alléger un peu cet accueil qu'il m'a réservé. Qu'on mette un peu nos différents -qui me dépassent, je l'avoue, je ne les comprends pas- un peu de côté. Au moins pour quelques minutes ou quelques heures.


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Dernière édition par Clarke Griffin le Lun 25 Juin - 23:54, édité 4 fois
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Bellamy Blake

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MessageSujet: Re: [Dans la nuit du 17 au 18 avril] Il y a des mots qui pleurent et des larmes qui parlent. (Bellarke) [Dans la nuit du 17 au 18 avril] Il y a des mots qui pleurent et des larmes qui parlent. (Bellarke) EmptyLun 25 Juin - 22:50

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Il y a des mots qui pleurent et des larmes qui parlent.

"Sometimes you grow to hate somebody, and sometimes you don’t really hate them at all. Sometimes it’s just a matter of trying not to fall in love with them." Poème d'E. Grin Bellarke - ♫ [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

J’serre les dents, alors que j’tâche d’faire partir d’mon cerveau, les peurs les plus profondes qu’j’éprouve, lorsque j’imagine c’que peut bien vivre Octavia. (Car j’refuse d’croire qu’elle n’ait pas survécu à l’atterrissage !) Car avec c’que j’ai bien pu voir d’la Terre, jusqu’à présent… Entre l’froid et les bestioles… Nan mais sérieux, c’matin, on a juste failli servir d’en-cas à un ours. Mais du genre gros ours ! Ca aurait très mal tourné, si j’n’avais pas eu mon arme, ni conservé mon sang-froid. L’Arche n’a visiblement pas songé à mettre des armes, avant d’envoyer ces délinquants sur Terre : quelle bonne idée, n’trouvez-vous pas ? Et très sincèrement, intérieurement, j’en menais pas large, quand j’ai vu la boule de poils. J’étais cependant l’seul à avoir une arme, ainsi qu’à savoir l’utiliser correctement, de fait, j’étais notre seule chance. Alors bon, j’étais un peu obligé d’me concentrer pour n’pas laisser filer mon calme. J’avais assez peu envie d’finir croquer par un ours : un autre jour, p’têtre, on verra bien, mais juste pas aujourd'hui ! Donc : la Terre craint. Et ma p’tite sœur est ici. Seule. Bon, OK, en théorie, elle est pas seule. Mais est-elle réellement en sécurité, avec des criminels ? J’sais bien qu’certains finissent dans la Sky Box pour des délits relativement peu graves (poussés surtout par la misère, plus qu’par réelle cruauté ou sadisme !), j’ai été dans la Garde, j’ai contribué à quelques arrestations, et la moitié, j’les ai désapprouvé, mais j’étais bien obligé d’suivre les ordres. Car contrairement à c’que certains demeurés paraissent croire : on n’fait pas d’vieux os dans la Garde, si on ouvre trop régulièrement – et sans faire montre d’la moindre discrétion ! - notre gueule en critiquant l’système judiciaire d’la Colonie ! L’Conseil est rempli d’pourris, mais ils sont loin d’être totalement cons et stupides…. Tout ça pour dire qu’y’a des prisonniers qu’ont pas forcément mauvais fond, qu’ont été envoyés sur Terre, mais y’en a certains qui sont loin d’être des enfants d’chœur, force est d’le reconnaître ! Et Shumway ne m’a communiqué que quelques noms, quand il m’a demandé d’tuer Jaha, donc, j’sais même pas avec qui O. peut bien être. Et c’est sans doute cette putain d’ignorance qui rend la situation plus horrible encore. Clairement, l’fait d’avoir été Garde, pour le coup, n’aide pas à m’rassurer. J’en suis à être partagé : quel est l’plus gros danger auquel ma p’tite sœur risque de s’retrouver confronter, entre la Terre, et ses compagnons d’infortune ? Sérieusement, faut que j’retrouve vite O., j’vais finir raide cinglé, plongé dans une telle incertitude qui n’cesse de s’obscurcir au fil des heures. J’m’efforce cependant d’rester positif : O. va bien, elle n’est pas blessée, son groupe a aussi eu la chance d’avoir son bout d’navette en bon état, ils sont pas dans une galère aussi froide qu’la nôtre…, tant d’refrain que j’m’oblige à m’répéter, encore et toujours, pour n’pas sombrer. J’ai cependant conscience que j’me lance possiblement dans une quête impossible : l’périmètre où elle a pu atterrir est théoriquement vaste, et rien ne m’garanti qu’ils vont rester sur place. C’est une entreprise titanesque qui m’attend, mais j’m’en cogne : pour retrouver ma frangine, j’suis prêt à tous les risques et toutes les folies ! Alors n’perds pas l’espoir, garde la tête froide, et tâche d’trouver au plus vite une piste pour t’tirer d’ici et aller retrouver O ! C’est en m’disant d’telles choses que j’finis par quitter mes pensées pour m’exhorter, à haute voix, et affirmer que j’retrouverais Octavia. Coûte que coûte : je n’le dis pas, mais j’y pense fortement ! J’peux compter qu’sur moi, après tout, pour tenter d’conserver un minimum d’espoir, et m’exhorter à poursuivre, en dépit des difficultés qui m’attendent. Et bien entendu, c’est à c’moment que j’réalise que j’suis pas seul, pile maintenant qu’on vient m’faire chier. Sérieux, j’ai envie d’être seul, les gens peuvent pas comprendre ça ? Après les dernières heures, m’faut remettre de l’ordre dans mes idées.

J’suis encore plus sur la défensive quand j’vois d’qui il s’agit. Inconsciemment, très inconsciemment, j’ai pas envie qu’elle m’voit dans un tel état, aux abords d’un gouffre où se mêlent incertitude, appréhension, perte de raison, nerfs sur l’point d’lâcher… C’est pour ça que j’me montre aussi peu agréable (sans compter que j’suis fatigué et peu enclin d’être patient et/ou diplomate, là !). Mais ça n’marche pas. L’inverse aurait été étonnant ! « Parfait. », quoiqu’avec ce p’tit mot, j’l’avoue, l’espace d’une infime seconde, j’me suis laissé aller à imaginer qu’elle avait pu s’décider à faire demi-tour. Mais la blonde est têtue, j’l’ai entraperçu, lors d’nos diverses rencontres. « Juste.. C'est pas en prenant l'air sans rien sur les épaules que tu vas te débarrasser de moi. Au contraire. », poursuit-elle, n’faisant pas du tout mine de s’relever. Ouais, car à peine arrivée, qu’la blonde s’est assise, pas gênée du tout. J’pousse un soupir, en levant – au sens propre du terme, pour la 1ère fois d’ma vie ! – les yeux au ciel, face à l’entêtement d’la privilégiée. Cela dit, bien au fond d’moi, d’façon plus qu’inconsciente, j’suis soulagé, qu’elle reste. Dans un très lointain recoin d’mon esprit, un que j’refuse d’examiner plus que d’raison, j’avais juste besoin d’elle. Disons qu’elle parait être – pour l’instant – et même si ça m’écorcherait la gueule d’l’admettre (puis que j’en ai pas conscience !) – la seule qui soit un minimum en mesure d’me comprendre et d’m’écouter réellement. On va dire qu’parce qu’elle est c’qui m’rapproche l’plus – indirectement – d’Aaron, à l’exception d’la nana d’celui-ci, du moins. « Sans doute, mais t’seras débarrassée d’moi avec un peu d’patience : mon plan diabolique sera à moitié réalisé ! », grommelé-je, entre mes dents, alors qu’elle s’entête encore à m’foutre un bout d’sa couverture sur les épaules. Mes dents s’referment sur mes lèvres, tandis que j’retiens mon souffle, n’perdant pas pour autant mon air courroucé. Et pourtant, mes pensées ont changé d’direction. D’un coup. Octavia est reléguée dans un p’tit coin d’mon esprit (mais pas un recoin que j’n’ose pas visiter, par contre !), et déferlantes de flash de c’qui s’est produit, il y a une poignée d’jours, dans la cellule d’la blondinette. Depuis, on ne s’est pas montré d’nouveau « si proches » : bon, c’était ni le lieu, ni l’moment, faut dire (non pas qu’ça l’soi, maintenant !). Mais du coup, là, bah, tout  m’revient, avec cette proximité, et c’est pour le moins déroutant. Bien entendu, j’fais comme si de rien n’était. Parce que c’est l’cas, d’toute façon. Parce que ça n’signifiait rien, d’toute façon. Elle aurait pu demander ça à d’autres, hormis Bennett et sa clique, j’veux dire. Mais il y a des matons qui sont moins pervers et cons qu’eux, et qui plaisent visiblement à la gente féminine. Et c’est p’têtre parce que j’me suis persuadé qu’elle aurait pu agir ainsi avec n’importe qui, que j’suis sur la défense, et que j’continuerais à l’être, par la suite. D’manière plus qu’inconsciente, j’en suis venu à m’dire que c’jour-là, j’n’ai fait office que « d’objet », qu’moi ou un autre, ça n’aurait fait nulle différence. Qu’ça aurait carrément pu être à deux doigts de déraper, comme ça l’a été là. Pas vraiment l’genre de pensées qu’j’aime voir pourrir mon cerveau, même si ça reste loin d’être assumé, c’genre de doute. Une seule chose reste sûre, d’mon côté : non seulement, j’n’aurais jamais accepté cette « ultime volonté » si elle n’avait pas été proférée par la blonde, sans oublier que ça n’aurait jamais été aussi loin qu’ça. Et l’paradoxe veut que j’ai conscience d’ça sans en avoir pleinement conscience… C’est là, dans un recoin d’mon esprit, caché, et impactant pourtant l’moindre d’mes faits et gestes avec la Griffin. J’pourrais tenter d’amener l’sujet sur l’tapis, pour mettre les choses au clair. Mais quel intérêt ? Elle est avec Zack. Elle l’était déjà, dans la Sky Box, mais était sensée n’avoir plus qu’quelques jours à vivre. Et puis, c’est toujours autant l’bordel, dans mon esprit, donc, quel intérêt d’chercher à démêler tout ça ? Ca n’a aucune espèce d’importance ! Ca n’était qu’un moment d’égarement, qui n’revêt clairement pas la même importance qu’la disparition d’l’autre moitié d’la navette ! Et ça n’est franchement pas l’fait qu’elle tente de m’éviter l’hypothermie, qui va changer les choses. Pas plus que l’fait d’être sur Terre. Car faut pas s’leurrer : rien n’va changer. Les rivalités sont bien trop présentes pour cesser un jour, si tant est qu’on parvienne à survivre.

C’est volontairement, qu’j’ai pas enchaîné sur son « S’il te plaît ! ». Même si j’ai bien noté qu’elle l’avait utilisé, signe qu’elle tenait à c’que j’me range à son avis. C’que j’ai à moitié fait, vu que j’l’ai pas viré de là. Mais j’l’ai pas non plus accueilli à bras ouvert. Faut dire aussi qu’mon cerveau est à peine entièrement remis du plantage qu’il vient d’subir, avec cette proximité imprévue. J’ai cependant fini par attraper l’bout d’couverture qu’elle galérait à m’mettre sur les épaules. Pas réellement par envie d’me recouvrir d’la sorte, mais plutôt pour qu’elle arrête ses tentatives agaçantes. Ou p’têtre pas vraiment agaçantes, en fait, juste… déroutantes. Trop d’proximité tue non pas la proximité, mais anéanti certains d’mes neurones. Dans les faits, ça n’change rien, car elle reste toujours pas bien loin d’moi, mais au moins cesse-t-elle de s’tortiller pour déposer sa maudite couverture sur mes épaules. J'finis donc par tenir la couverture avec ma main droite, bras replié sur mon ventre, comme pour m'éloigner partiellement d'la blonde qui s'trouve sur ma droite. N’tenant guère à lui laisser croire que j’tolère à présent son intrusion à mes côtés, j’desserre pas les dents, fixant l’horizon  nocturne d’un œil morne. Pas réellement envie d’parler, ni à elle, ni à personne. Mais, bien entendu, la Phoenicienne n’parait pas l’entendre d’cette oreille ! Elle s’installe un peu plus confortablement, avant d’finalement dire : « Merci encore pour, tu sais.. ». Fronçant les sourcils, j’me tourne vers elle, tandis qu’elle s’râcle la gorge et tapote sa jambe blessée. « Dis-moi, t’es malade ou quoi ? Entre ton « s’te plaît » et ton « merci », j’pourrais presque commencer à m’faire du souci pour toi, t’sais ! ». L’regard que j’lui lance est furtif, à croire que j’redoute qu’elle n’soit en mesure de détecter dans mes yeux l’voyage temporel que j’viens involontairement, ces dernières secondes, et encore moins l’fait qu’ça ait pu m’troubler d’une quelconque manière que ce soit ! J’détourne la tête, en poussant un soupir des plus sonores, dénotant lourdement avec la p’tite touche d’humour qu’j’ai tâché d’injecter dans mes propos. J’ose à peine bouger, bien trop conscient d’sa présence à mes côtés, n’serait-ce que par la chaleur qu’son corps diffuse. J’ai beau être focalisé sur mon souhait d’retrouver O., il n’empêche qu’une partie d’mon esprit s’souvient d’tout, notamment d’la sensation presque d’routine qui ressortait, dans l’fait d’avoir Clarke Griffin contre moi. Ca aurait dû être un peu étrange, après tout, n’est-ce pas ? J’veux dire : ça l’est toujours un peu, lorsque j’suis avec Mara. C’est quelque peu maladroit, loin d’être naturel, un brin gêné, ça n’a guère de sens, sinon répondre à une envie, aussi primale qu’bourrée d’auto-destruction d’mon côté : c’est pas anodin, d’s’envoyer la meilleure amie d’son 1er amour, tout d’même. Cela dit, les multiples différences qui existent entre les quelques égarements qu’j’ai pu connaître en présence d’Clarke, et avec les instants d’intimité qu’j’ai pu vivre avec Mara, j’me refuse d’les voir tel qu’ils sont, bien trop révélateurs pour être innocents. L’voilage de face, j’en fais tout un art, les gars, vous pouvez pas rivaliser avec moi, tentez même pas, ça serait une perte de temps pour vous !

Mes sourcils s’froncent, ma tête s’abaisse légèrement, alors qu’j’enchaîne sur un terrain un peu plus sérieux, comme si mon instinct me hurlait d’pas trop dériver. D’toute façon, nul besoin d’rappel de c’genre-là, avec l’angoisse pour O. qui m’ronge, j’ai du mal à penser à autre chose, plus d’une poignée d’secondes. D’une voix plus sérieux qu’précédemment, j’ajoute alors : « T’ferais bien d’songer à t’préserver un minimum. Au cas où tu l’aurais pas r’marqué, y’a pas des masses de doc’, ici, et la Terre craint. ». Bien entendu, qu’j’lui fais la morale sur l’fait qu’elle veuille être partout à la fois. J’comprends son envie, mais j’tâche d’lui faire ouvrir les yeux sur l’fait qu’elle prend des risques avec sa santé, et, par extension, avec celles des autres délinquants ! Mais on l’a tous constaté, qu’la Terre était dangereuse, notamment lorsqu’avec le p’tit groupe de c’matin, on a fait une sale rencontre… « Et t’auras encore plus de gens qui compteront sur toi, quand on aura retrouvé les autres. Et j’te laisse pas toucher O. si t’es pas au meilleur d’ta forme hein ! ». Y’a aussi bien d’l’humour qu’un bel élan d’sincérité, dans ma voix. Hors de question qu’une toubib à moitié HS n’soigne ma frangine – car celle-ci aura sans doute besoin d’soins – n’la touche ! J’laisse pas n’importe qui s’occuper d’ma p’tite sœur, moi ! « Alors si tu t’préserves pas pour toi, fais-le pour eux ! », terminé-je, ponctuant ma phrase d’une œillade rapide dans sa direction, évitant cependant d’trop bouger, pour n’pas la toucher plus que d’raison. Un peu complexe, vu qu’nos bras s’frôlent, de par la couverture qu’on partage. L’conseil que j’lui donne est clairement plus facile à dire qu’à suivre. Mais j’le sais parfaitement, pour m’être efforcé d’le mettre en application, ces dernières années, afin d’veiller sur ma mère et ma cadette. Et bien que je n’l’ai pas dit, j’ai aussi besoin d’la blonde. Parce qu’elle est notre seule doc, bien entendu. Et très platoniquement pour d’autres raisons que j’m’applique à dissimuler sous une mauvaise foi manifeste. Après, j’sais qu’y’a Mara, mais elle n’est qu’infirmière, elle, là où Clarke est doc’, bien qu’la Phoenicienne n’ait pas fini son cursus. Disons qu’idéalement, faut qu’elles soient toutes les deux en forme. Plus encore parce qu’on ignore dans quel état vont être les autres, et également parce qu’on n’sait pas s’ils ont des doc’ ou pas (et des plus expérimentés ou pas qu’la Griffin !). Terminant d’parler, j’inspire profondément, avant d’laisser m’échapper un profond soupir, marqué par la fatigue – plus psychologique qu’physique – qui m’assaille. Une fatigue liée à la projection que je n’cesse de m’faire des jours à venir, qui seront lourdement chargés, et là, entre clairement dans la balance ma formation d’Garde, qui m’permet d’tenir encore, dopé par la pression et l’adrénaline. J’commence mentalement à être las, mais j’prend sur moi. Pour Octavia, pour moi, ainsi qu’pour l’reste des délinquants. Qu’on m’qualifie d’fanfaron si on l’souhaite, mais j’sais clairement qu’si j’craque, on est mal barré : c’est pas qu’y’ait pas des masses d’Gardes certifiés parmi nous, mais en fait… bah, si, y’en a pas des masses… Et que j’le veuille ou pas, la sécurité des autres dépend en partie d’moi, du moins, tant qu’on aura pas d’nouvelles armes, et qu’il n’y aura pas d’tireurs corrects, ni d’individus habitués aux stratégies militaires. Accablé par tout ça, j’me passe une main dans les cheveux, utilisant ma main gauche, la seule d'libre, même si ça m'oblige à soulever quelque peu la couverture, et ainsi, à ressortir l'froid qui rôde à l'extérieur. J'déteste ça. Pas l'froid. Mais m'sentir presque fragile, et plus encore, inutile. P'tain, pourquoi a-t-il fallu qu'ça soit la Phoenicienne qui m'rejoigne, hein ? Et pourquoi a-t-il fallu qu'O. n'atterrisse pas au même endroit que moi ? Bordel, comment va-t-elle réussir à dormir, elle qui a toujours eu du mal à trouver un sommeil correct chez nous, au point de finir accro aux somnifères ?

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Clarke Griffin

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[Dans la nuit du 17 au 18 avril] Il y a des mots qui pleurent et des larmes qui parlent. (Bellarke) Vide
MessageSujet: Re: [Dans la nuit du 17 au 18 avril] Il y a des mots qui pleurent et des larmes qui parlent. (Bellarke) [Dans la nuit du 17 au 18 avril] Il y a des mots qui pleurent et des larmes qui parlent. (Bellarke) EmptySam 3 Nov - 20:56



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Would you lie with me and just forget the world ?

Bellarke

Sincèrement, je ne sais pas encore si le fait qu'on soit sur Terre tienne plus d'une chance que d'une malédiction. A première vue, à froid, comme ça, je pencherai pour la seconde option. On a beau faire genre qu'on contrôle un minimum les choses, et bien c'est totalement faux. Depuis le départ de cette navette -et, dans mon cas, mon réveil à bord-, on subit plus qu'autre chose. On n'a pas le temps de souffler, pas plus qu'on en a pour se reposer et essayer d'y voir plus clair. Pour utiliser une image qui existait avant la Guerre -et que donc, je n'ai pas eu la chance d'expérimenter, mais on peut facilement l'envisager !-, c'est comme si on était tous à bord d'un train complètement fou lancé à grande vitesse, sans la moindre possibilité de sauter de là sans en perdre la vie ou sans aucun moyen de stopper sa course effrénée. Ouais, c'est ça l'idée que j'ai, de la situation dans laquelle on est. Et comment dire que c'est une sensation assez nouvelle pour moi ? Déstabilisante. Épuisante, surtout dans l'état de fatigue assez extrême dans lequel je suis. Et qui risque de perdurer un bon moment tant mes nuits seront très loin d'être reposantes. Un peu comme là. Tout le monde dort. Je devrai faire pareil, j'en ai pleinement conscience. Sauf que j'en suis incapable. Alors, au lieu de me risquer à réveiller Zack, en me tournant et me retournant dans tous les sens en sentant le sommeil m'échapper, je décide de m'éclipser de son étreinte. Tout est si calme.  Une ambiance si opposée à notre premier jour ici-bas. En prenant le temps de sortir ainsi, pour la toute première fois hors de la navette, sans avoir à tenter de courir pour réceptionner un nouveau blessé retrouvé, je ne peux pas m'empêcher de lorgner sur cet endroit où reposent nos premiers corps démunis de toute vie. Et ça me noue le ventre, alors que mes doigts se resserrent autour de cette couverture qui m'entoure. Il y a bien des siècles en arrière, certains se seraient sans doute amuser à me comparer à un wrap ambulant, ainsi emmitouflée. Parce que qu'il fait tellement froid.. Même ma cellule, sur l'Arche, était bien plus tempérée que cet air glacial. Il me donne, d'ailleurs, un peu de mal pour simplement respirer. La sensation de cet air glacé me gèle de l'intérieur à chaque inspiration. Et dans de telles conditions, j'en viens même à avoir cette terrible pensée que jamais je ne m'habituerai à de telles températures. J'en frissonne, même, tout en expirant cette fumée douloureuse, alors que mes pas m'amènent vers Bellamy.

Forcément, il fait son ours grognon lorsque j'arrive à son niveau. Je n'arrive tellement pas à savoir comment réagir face à lui depuis.. vous savez, hein. Surtout qu'à le voir si froid, c'est sans doute encore plus douloureux à bien y réfléchir, parce que c'est clairement différent. A le voir comme ça, j'ai juste l'impression d'avoir un de ses clones à côté de moi, alors que je joue moi aussi à « qui est le plus têtu ? », en ne lui laissant même pas le choix sur ma présence. Il ne veut pas de leçon de morale ? Très bien. Ce n'est pas comme ça qu'on se débarrasse de moi, M'sieur Blake ! Sans m'attarder là-dessus plus que ça, j'en suis à lui faire comprendre qu'être ainsi, seul, dehors, dans le froid, n'est clairement pas le remède miracle pour fuir une Griffin ou la faire fuir. Et le voilà réchauffé par un bout de ma couverture, que je lui prête avec gentillesse ! Qu'il en prenne un peu exemple. « Sans doute, mais t’seras débarrassée d’moi avec un peu d’patience : mon plan diabolique sera à moitié réalisé ! » En l'entendant, je ne peux pas m'empêcher de faire rouler mes yeux comme des billes couleur océan. De vous à moi : il est aussi crétin qu'il le pense ? Ou il le fait exprès ? Parce que franchement, vu comme ça, le doute est permis ! Je finis tout de même par froncer des sourcils, tout en empêchant de justesse mon côté de la couverture de se barrer en glissant de ma veste. Comment les choses ont-elles bien pu autant changer, entre nous, en l'espace de quelques jours ? Ok, je ne m'attendais pas à ce qu'il me saute dessus pour dévorer mes lèvres.. Quoi, ce n'est pas super convainquant ? Et pourtant c'est bien le cas. Du moins, ça devrait l'être. Déjà parce qu'il y a Zack. Et que.. Ben.. Voilage de face, hein ! Amitié platonique, avec quelques intérêts. Puis c'est tout. Et merci d'essayer de me croire, parce que c'est le cas. Bref. J'arrête rapidement de m'égarer, en le regardant du coin de l’œil, sans pour autant tourner ma tête vers lui. « T'as raison. Alors, rends-moi ma couverture. Et enlève ta veste et .. » Attention, Clarke. Tu te fais avoir à ton propre jeu, à trop vouloir rentrer dans le sien. Qu'est-ce que j'allais bien m'apprêter à dire, sérieusement ? Et ton t-shirt ? N'importe quoi ! Heureusement qu'il fait nuit, parce que mes joues -seuls endroits de mon corps bizarrement réchauffés- sont à deux doigts de me faire perdre. « Tes chaussures ! » que j'ajoute, en tournant ma tête vers lui. Comme si c'est exactement ce que j'avais en tête depuis le début et que tout est normal. Me raclant la gorge, j'ajoute à voix basse, un peu comme une petite fille qui craint d'en avoir trop dit et qui se prend d'admiration pour un arbre face à elle « Les pieds sont très.. sensibles au froid. » Ma conscience est en mode face palm et à décider de déménager, c'est maintenant officiel ! « Après, si tu peux quand même éviter de mourir par hypothermie, là, à côté de moi. Ce serait quand même plus sympa. » Autant aller au bout de ma connerie du moment, non ? Peut-être aussi que le stress et la fatigue me font sortir un peu de ma zone de sérieux en laissant mon esprit divaguer un peu trop. Ou sinon, c'est une tentative de sauvetage in-extremis. Dont je ne suis pas peu fière, au final. J'en soupire, tout en baissant la tête. Et là, j'essaie seulement de balayer d'un geste de la main que les choses sont bien plus profondes que les apparences. Et que, si je n'ai pas envie qu'il se laisse mourir de froid, ce n'est pas simplement pour lui épargner une mort assez.. nulle. Mais, il y a autre chose enfouit un peu plus viscéralement parlant.

Lorsqu'il prend bien cette extrémité de couverture dans sa main, je ne peux pas m'empêcher de sourire légèrement. Comme quoi, même un Blake façon « ours grognon » ne me résiste pas ! Plus sérieusement, ça me soulage un peu, de voir qu'il accepte de m'écouter un peu sans m'envoyer voir ailleurs. Bien que ça n'en était pas loin ! Ainsi, je peux donc rester tranquillement assise sans avoir à passer mon bras autour de lui. Un geste pourtant innocent, mais qui aurait pu l'être nettement moins. Si les choses avaient été différentes. Si j'ai marqué le point pour la couverture, il n'empêche que celui de la discussion est clairement encore en jeu. Fichu Blake. Il n'y met vraiment pas du sien ! Du coup, je change de tactique. Optant pour un remerciement des plus sincères. « Dis-moi, t’es malade ou quoi ? Entre ton « s’te plaît » et ton « merci », j’pourrais presque commencer à m’faire du souci pour toi, t’sais ! » Enfin une pique digne du Bellamy que j'ai connu, sur l'Arche ! Assez fière de moi, je ne peux pas m'empêcher de me mordre l'intérieur de la lèvre, en toute discrétion, pour ne pas en rajouter une couche. Je lui ai promis que je n'étais pas là pour lui prendre la tête, ni pour lui faire la morale après tout. Donc, déjà qu'il a cédé du terrain sur cette couverture qu'on partage, et bien, je vais m'en contenter. Cependant, on reste nous, un duo assez opposé et qui s'entoure d'un tas de ressentis et de sentiments tout aussi opposés. Je ne peux, du coup, pas m'empêcher de lui lancer un « Il paraît que ce sont deux mots magiques, qui rendent celui qui les entend un peu moins.. grognon. » avec un peu d'humour dans la voix. Comme je l'ai dis, on reste nous et il nous est juste impossible de rater une occasion pour ne pas aller titiller l'autre. Parfois avec plus d'ardeur que d'autres, évidemment. C'est d'ailleurs l'un des points qui rend ce nous assez étrangement indescriptible à mes yeux. Et dire que ce n'est que le début..

Dépliant ma jambe douloureuse pour l'étendre face à moi, je ne peux pas m'empêcher de pincer les lèvres en la regardant. Comme quoi, certaines blessures qui ne saignent pas forcément ne sont pas les moins douloureuses. C'est d'ailleurs ce moment-là que choisit l'ancien Garde pour briser ce petit silence qui s'était installé -et qui n'était pas forcément dérangeant, pour moi-. « T’ferais bien d’songer à t’préserver un minimum. Au cas où tu l’aurais pas r’marqué, y’a pas des masses de doc’, ici, et la Terre craint. » C'est moi, où il joue sur les mots ? Penchant ma tête vers mon épaule droite, je tourne ma tête vers lui pour croiser son regard. Il m'a bien fait comprendre qu'il ne souhaitait pas de leçon de morale de ma part en venant auprès de lui, pas vrai ? Et lui, là, il fait quoi au juste ? Ma conscience en vacance tend pourtant l'oreille, et semble même se frotter les mains en osant y voir là un sous-entendu tellement caché que mon cerveau la traite de débile. Ni plus ni moins. Même s'il abuse un peu de la promesse que je lui ai faite juste avant, je ne peux pas m'empêcher de détourner le regard, tout en fermant brièvement les yeux. Il me fait un rappel à l'ordre dont j'ai déjà eu droit dans la journée. Sauf que je ne sais pas si c'est parce que je ne suis plus en pleine « action » ou si ça vient juste de lui, mais le message qu'il m'envoie commence à me faire un peu réfléchir. « Et t’auras encore plus de gens qui compteront sur toi, quand on aura retrouvé les autres. Et j’te laisse pas toucher O. si t’es pas au meilleur d’ta forme hein ! » Mon léger sourire d'alors devient un peu tendu face à ces mots. Ce n'est pas comme s'il me foutait la pression, mais.. Un peu quand même, non ? Déjà que face à cette première journée, j'ai l'impression d'avoir échoué à plusieurs reprises.. Confronter une telle situation, ce n'est clairement pas quelque chose qu'on apprenait, sur l'Arche. Bien entendu, j'ai essayé de faire au mieux. Mais, dans quel état peuvent donc être ces autres ? « Alors si tu t’préserves pas pour toi, fais-le pour eux ! » qu'il finit par ajouter, alors que nos regards s'accrochent à nouveau. Et là, je ne sais pas trop si ce sont tous les mots qu'il a prononcé, ma fatigue accumulée ou ce petit vent bien frais qui se lève doucement, mais j'en frissonne un peu. Le pire dans tout ça, c'est que je sais qu'il a raison. Qu'on compte sur moi pour remettre sur pieds les blessés. Même si les quelques étudiants vétérinaires arrivent à donner un peu de renfort, bien que ce ne soit pas exactement la même chose. J'ai déjà conscience de tout ça, mais l'entendre une fois de plus, ça me terrifie de ne pas être à la hauteur autant que ça ne m'encourage à me surpasser. A faire mieux, tout en, comme il le dit, pensant à moi. Un peu, du moins. Baissant la tête à nouveau vers cette foutue jambe, je ferme les yeux. « En fait.. Pas vraiment besoin d'une pluie de « merci » ou de « s'il te plait » pour que tu commences presque à t'inquiéter pour moi, hein ? » J'ai distillé encore un peu d'humour dans ces quelques mots, même si le fait que je parle à voix assez basse laisse bien à penser que je sais très bien qu'il a dit tout ça assez sérieusement, et que je vais l'être aussi. Mais, avant ça, il y a ce petit mystère que j'aimerai bien résoudre. Juste pour y voir plus clair. Surtout pas pour faire taire une quelconque jalousie au fond de moi, en pensant que les quelques bruits que j'ai entendu sont finalement faux. Et que cette O dont il parle, c'est plutôt sa nouvelle nana, qu'il s'est trouvé.. Je ne sais pas quand. Pas très crédible, si c'est avant sa dernière visite dans ma cellule. Ou alors, il a bien changé depuis son temps passé avec la Elizabeth, vu ce qu'il a bien failli se passer. Il n'y a pas bien longtemps, d'ailleurs. La gorge asséchée par le froid, j'en toussote un peu avant de tourner ma tête vers lui. Un regard un peu trop inconsciemment parlant, par contre, se pose sur lui. « C'est qui, d'ailleurs, cette fameuse O ? » Bien entendu, je suis très loin de me douter de ce qu'il va bien pouvoir me répondre, s'il daigne le faire. Toujours est-il qu'une fois le mystère levé, je n'hésite tout de même pas à lui faire savoir un point que j'estime assez important. « J'ai bien compris ce que tu m'as dis. Mais, tu sais, en étant ici, on est de toute façon condamnés. Ce n'est qu'une question de temps.. » que je lui rappelle, avec un sourire à peine résigné sur le visage, le regard un peu plus flou que jusqu'alors. « Mais, sois rassuré pour O. Elle a de la chance de t'avoir, en tout cas. » Un ajout simple, accompagné d'un léger sourire pour lui faire comprendre qu'il n'a pas à trop s'inquiéter et que son message est bien passé. Du moins, tant qu'on sera encore en vie. Et combien de temps cela prendra pour que les radiations nous rongent de l'intérieur ? Cette fatalité, elle est pourtant bien connue des scientifiques de l'Arche. Tous leurs relevés, même les plus récents, indiquent que la Terre nous est encore trop dangereuse. Qu'on ne peut pas y vivre bien longtemps, tant les données récoltées sont encore bien au-dessus des normes. Peut-être que j'étais, pendant mes derniers jours sur l'Arche, tellement dans cette idée que j'allais mourir très prochainement pour avoir de si sombres pensées. Sans même oser croire qu'ils se sont trompés, et qu'on peut repeupler cette planète dès maintenant. Oui, peut-être que c'est ça, aussi, mon problème. Celui-là qui m'empêche de trop penser à demain. Pas même à aujourd'hui, en fait. D'ailleurs, je ne sais pas quelle heure il peut être ici-bas, pas plus qu'il peut l'être là-haut. Peut-être que j'aurai déjà du flotter à travers l'immensité spatiale à l'heure qu'il est. Ou peut-être que cela aurait du se produire dans les cinq prochaines minutes, comme dans une heure ou deux. Baissant la tête, je ne peux pas m'empêcher de laisser passer cette première larme silencieuse s'écraser sur ma cuisse. Oui, je sais. Beaucoup d'autres suivront, dans les jours ou semaines à venir, comme une sorte de passage obligé pour une quelconque transition qui me fera grandir un peu plus. Pour ma décharge, là, je pense que c'est presque légitime de finir par craquer. M'imaginer à flotter autour de l'Arche, comme mon père, est sans doute la pensée de trop, tant il me manque. Comme ma mère, évidemment, mais ce n'est pas comparable. Elle vit toujours, bien que sa vie ait elle aussi été chamboulée après ce départ. J'aurai tellement préféré être envoyée à la Dérive plutôt que sur une Terre encore trop radioactive. Sur cette pensée, je ne peux pas m'empêcher de lorgner sur la montre de mon père, qui a elle aussi fait le voyage en restant à mon poignet. C'est bien tout ce qu'il me reste de lui.



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Bellamy Blake

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Inclement Earth

[Dans la nuit du 17 au 18 avril] Il y a des mots qui pleurent et des larmes qui parlent. (Bellarke) Vide
MessageSujet: Re: [Dans la nuit du 17 au 18 avril] Il y a des mots qui pleurent et des larmes qui parlent. (Bellarke) [Dans la nuit du 17 au 18 avril] Il y a des mots qui pleurent et des larmes qui parlent. (Bellarke) EmptyDim 9 Déc - 18:09

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Il y a des mots qui pleurent et des larmes qui parlent.

"Sometimes you grow to hate somebody, and sometimes you don’t really hate them at all. Sometimes it’s just a matter of trying not to fall in love with them." Poème d'E. Grin Bellarke - ♫ [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

Y’a une grande différence d’attitudes, entre nous deux, depuis… bah, depuis l’autre jour dans sa cellule quoi… Ni l’un ni l’autre, nous n’nous attendions à s’revoir. Bon, moi, j’ai pu m’y préparer un peu plus, ayant réalisé qu’elle devait être encore en vie, quand j’ai été nettoyer sa cellule, pour la dernière fois, après que Shumway m’ait parlé de la navette en partance pour la Terre, avec des prisonniers. Malgré tout, j’crois qu’j’étais pas prêt à la revoir, pas alors qu’on a méchamment failli déraper. C’est franchement trop bizarre, comme situation, sérieusement ! Et j’ai déjà bien assez d’choses à gérer, d’vraiment concret comme définir comment retrouver Octavia, pour pas en ajouter une couche avec un truc pas forcément « important » (fin, pas officiellement important quoi). Et tout ça, bah, forcément, ça impacte mon attitude envers elle. Même si c’est accentué par l’inquiétude qu’j’éprouve quant au sort d’ma frangine. Bref, c’est un sacré merdier dans mon esprit là ! C’qui ne m’empêche pas d’lui sortir des p’tites piques, sous forme d’humour, comme quand j’prétends qu’me laisser mourir d’froid sera l’meilleur moyen d’être débarrassé d’elle. « T'as raison. Alors, rends-moi ma couverture. Et enlève ta veste et . », qu’elle commence à déclarer, feignant d’vouloir m’aider à disparaître plus rapidement encore. C’est intrigué que j’l’observe, m’demandant c’qu’elle va encore bien pouvoir ajouter dans la liste des trucs à retirer. Ok, p’têtre qu’j’ai envie d’voir si elle est aussi perturbée qu’moi, par notre actuelle proximité, et les derniers instants qu’nous avons partagé sur l’Arche. Mais voilà qu’elle conclut par un simple : « Tes chaussures ! », pour ma plus grande désillusion. J’fronce des sourcils, masquant la pointe amère d’déception qui vient d’m’envahir, ajoutant pour ce faire un p’tit : « Hein ? », relativement intrigué. « Les pieds sont très.. sensibles au froid. » Et si la blonde s’imagine mentalement se taper l’front d’la main, moi, j’hésite pas à l’faire réellement, tandis qu’elle reprend la parole : « Après, si tu peux quand même éviter de mourir par hypothermie, là, à côté de moi. Ce serait quand même plus sympa. » C’qui m’arrache un léger rire. Ouais, rappelons qu’j’ai pas franchement l’moral à rire à gorge déployé, alors, même un rire aussi infime qu’celui-ci, c’est déjà pas mal, mine de rien. Même s’il n’est pas franchement rempli d’une joie folle, et encore moins d’un semblant d’joie, à dire vrai…. « J’pense que si j’me contente d’ma veste et d’mes chaussures en moins, j’vais mettre un peu d’temps avant qu’l’hypothermie n’ait raison d’moi ! », dis-, je d’un ton sérieux. Après tout, c’est vrai, nan ? Même s’il fait assez froid, j’redoute qu’ça ne mette un peu trop d’temps, avec la technique d’la Griffin ! Et après, on veut m’faire croire qu’elle a fait des études d’médecine hein ! Mais sans m’balancer d’la flotte à la tronche, pour m’rendre encore plus sensible au froid, (à la rigueur !), j’crains que j’demeure assez longtemps increvable… « J’vais tâcher d’mourir quand t’seras partie, t’inquiète ! », que j’ajoute, tentant d’plaisanter, perdant cependant mon sourire en prenant conscience qu’lorsqu’elle partira, ça sera pour retourner pioncer dans les bras d’son débile d’privilégié. J’m’efforce d’croire que la jalousie que j’éprouve en cet instant, c’est juste parce que moi, j’pourrais plus jamais prendre Elizabeth dans mes bras, et non parce qu’une partie d’moi a déjà conscience que j’serais franchement pas contre l’fait d’être à la place d’Zack. Ca a déjà été dit à maintes reprises, mais c’est sincèrement pas l’bon moment pour moi, pour réaliser cela, tant y’a trop d’bordel dans mon esprit. Faudra attendre qu’les choses s’tassent un minimum, avant qu’la prise de conscience n’survienne.

J’finis par choper l’bout d’la couverture qu’elle s’échine à m’refourguer, non sans râler. J’feins même d’m’étonner face à son étonnante politesse, et bien entendu, y’a un retour de bâton, comme à chaque fois, avec la p’tite blonde : « Il paraît que ce sont deux mots magiques, qui rendent celui qui les entend un peu moins.. grognon. » J’lève les yeux au ciel, d’manière exagéré, poussant par la même un énorme soupir.  Ca, par contre, ça n’est pas inhabituel, entre nous, c’petit jeu à la con d’s’envoyer des p’tites piques en tout genre, à croire qu’on n’supporte pas d’laisser l’dernier mot à l’autre ! « J’sais pas qui t’a raconté ça, mais on t’a menti ! » Bon, OK, j’reconnais qu’c’est pas ma meilleure répartie. Mais en même temps, faudrait veiller à pas oublier qu’on vient d’vivre un atterrissage plutôt éprouvant et traumatisant, et qu’la Terre est plus dangereuse qu’on l’pensait, mais aussi qu’il manque certains des nôtres, dont rien d’moins qu’ma p’tite sœur. Alors pour les remarques pleine de spiritualité, vous repasserez, merci bien ! Un p’tit temps d’silence débarque soudainement, mais j’finis par l’briser, rappelant à la Griffin qu’elle ferait bien d’pas trop forcer, avec une jambe blessée, histoire qu’elle finisse pas avec une patte folle ! Après tout, il en va d’la santé d’l’ensemble des nôtres : si notre toubib est pas en état d’nous soigner quand l’besoin s’fait ressentir, on fait comment ? Hein ? «  En fait.. Pas vraiment besoin d'une pluie de « merci » ou de « s'il te plait » pour que tu commences presque à t'inquiéter pour moi, hein ?» J’ricane, comme pour bien montrer à quel point elle s’méprend (quoi qu’pas tant qu’ça, mais j’suis pas prêt à l’assumer et encore moins à le lui faire savoir !) « C'est qui, d'ailleurs, cette fameuse O ? » Sa question m’vaut d’tourner vivement la tête vers elle, comme pour la jauger du regard, voir si elle s’fout d’moi ou pas. Et puis là, j’me souviens… Elle a été emprisonnée un long moment. Mais quand même… J’veux dire, une telle histoire, ça fait parler… Elle n’a juste pas pu n’pas en entendre parler, qu’ça soit par sa mère ou parce qu’son parfait p’tit-copain soporifique, quand même ! J’veux bien croire qu’lorsqu’ils la voyaient, ils lui racontaient pas les derniers potins d’la Colonie dans les moindres détails, mais merde, une telle affaire, c’est pas un truc qu’arrive tous les 4 matins, tout d’même ! Décidément, j’comprendrais jamais les p’tits bourges, à faire le tri des infos… « J'ai bien compris ce que tu m'as dis. Mais, tu sais, en étant ici, on est de toute façon condamnés. Ce n'est qu'une question de temps.. Mais, sois rassuré pour O. Elle a de la chance de t'avoir, en tout cas. » D’nouveau, j’lève les yeux au ciel. P’tain, j’aurais mieux fait d’rester avec Mara moi, elle était moins déprimante que ça : elle, au moins, elle dormait…. Mais comme d’hab’, va encore falloir que j’réconforte les gens. J’ai l’habitude, tant pis. J’suis bon qu’à ça, faut croire, pas à avoir quelqu’un qui s’montre optimiste pour moi ! Même si j’aime pas montrer mes faiblesses, au risque d’vous décevoir, y’a des moments où j’aimerais bien être celui à qui on dit qu’les choses vont bien s’passer, et n’pas toujours avoir l’rôle d’celui qui réconforte, même quand les doutes m’rongent. Chez moi, j’ai dû occuper cette position, encore et toujours, aussi bien auprès d’ma frangine que d’notre mère ! « Bordel, ta confiance en nous est franchement belle à voir hein ! » que j’peste, secouant la tête. Ouais, j’sais bien qu’ça parait mal parti. Mais si on part tous avec la certitude qu’on s’en sortira jamais, j’ai envie d’dire, autant qu’on saute d’la falaise qu’est non loin d’nous, ça ira plus vite. « Demain, on ira chercher les autres caisses. On aura d’quoi survivre et s’construire des abris. Pis des moyens pour retrouver les autres, aussi. » A m’entendre, j’suis persuadé d’nos chances d’réussite. Alors que c’est pas l’cas. Mais j’sais que j’dois feindre d’l’être, pour motiver les gens à s’bouger, dès demain, et n’pas s’laisser crever la bouche ouverte juste parce qu’notre situation est précaire. Bien entendu, j’le fais surtout pour pouvoir aller retrouver O. un d’ces jours, ça m’aide à puiser en moi, même en c’moment, où j’suis démoralisé comme j’l’ai jamais été. On ne l’voit pas. J’ai l’habitude d’le cacher. J’ai pas eu l’choix. On n’m’a jamais vraiment laissé la possibilité d’avoir un semblant d’vie normale, j’ai toujours dû cacher la plupart d’mes émotions, pour l’bien d’ma famille. Même simplement parler à cœur ouvert – ou à peu près ! – avec Aaron, ça n’m’a jamais été permis. Alors j’saurais franchement pas comment demander d’l’aide, un beau jour, et encore moins comment réagir, si on m’demandait d’m’exprimer sur c’que j’ressens réellement. J’crois que j’suis juste pas programmé pour parler d’moi, d’toute façon, alors bon… « Et O, c’est Octavia… Ma p’tite sœur. », dis-je, dans un soupir. « T’es bien la seule personne d’l’Arche à ignorer ça ! », n’puis-je m’retenir d’souligner, plus par étonnement qu’par réelle moquerie ou autre connerie du genre. Oui, je sais : j’aurais très bien pu mettre l’sujet sur l’tapis, quand j’allais dans sa cellule pour nettoyer un peu ses murs d’ses derniers dessins. Mais j’pense que vous commencez à m’connaître, depuis l’temps : j’aime pas parler d’moi ou d’mes soucis. J’suis déjà pas super à l’aise, quand on m’interroge dessus, en sachant qu’ça va pas, et en s’doutant d’pourquoi, alors quand j’peux éviter d’en parler d’moi-même, vous vous doutez bien que j’fais l’autruche ! Donc, j’lui en ai pas parlé, parce que j’en voyais pas l’intérêt. On en revient au fait qu’j’ai jamais m’confier véritablement à quiconque, et qu’maintenant, bah, ça m’met simplement mal à l’aise, quand une telle chose est sur l’point d’se produire. Certains flippent à l’idée d’monter sur scène, ou d’se retrouver nu en public, moi, c’est d’parler sincèrement. On a tous ses hantises… Bon, après, j’dois dire qu’ça faisait du bien d’avoir quelqu’un qui m’regardait pas comme un monstre (enfin, pire qu’à cause d’mon père, j’veux dire !), à cause d’ma sœur. On est assez peu nombreux à avoir d’vrai(s) frère(s)/sœur(s), et pire encore : à les connaître et à avoir grandi avec eux. En général, si c’est des naissances multiples, bah, un seul est gardé par les parents, les autres sont tués ou mis à l’orphelinat. Et les naissances après un 1er gosse, sont soumises à pas mal de règles, la plupart du temps, les gens sont donc « juste » des demi-frère(s)/sœur(s). Et même là, il n’est pas rare qu’les fratries n’grandissent pas ensemble. Tant d’raisons qui font qu’les gens qui n’rentrent pas dans l’moule ont des allures d’monstres pour les autres. M’enfin, en c’qui me concerne, j’ai toujours grandi en voyant les autres m’observer à la dérobée, comme si j’étais une bête curieuse. Avoir un père qui s’est montré coupable d’meurtre sur un Chancelier, ça aide pas franchement à passer inaperçu ! Vous imaginez bien qu’ça ne s’est pas arrangé, avec la découverte d’l’existence d’Octavia ! Alors, aussi étrange que ça puisse paraître, ça m’faisait du bien qu’la blonde n’soit pas au courant d’tout ça (ou ait la possibilité d’pas en parler ni d’changer son attitude vis-à-vis d’moi, quand j’me disais qu’il était possible qu’elle soit au courant mais s’en tapait.).

La conversation finie par s’essouffler, et j’garde les lèvres fermées, perdues dans mes pensées. Pensées principalement focalisées sur c’qui m’attend pour retrouver Octavia, car… bah, faut que j’me concentre dessus, tout simplement, et y’a franchement fort à faire. Car s’lancer à l’aventure, sans savoir où aller, c’est du suicide, j’en ai conscience, alors va falloir faire ça intelligemment ! J’en ai franchement mal à la tête, rien qu’à la perspective d’organiser tout ça. En entendant un soupir provenant du côté d’la Griffin, j’lui lance un regard en biais, pour réaliser qu’elle observe sa montre, d’un air las. J’me dis qu’elle recherche un peu d’soutien, d’manière indirecte, vers son père. J’étais là, quand il lui a légué cette montre, j’sais donc qu’elle a appartenue à celui-ci. Et là, après la journée qu’on vient de s’taper, elle doit plus qu’jamais avoir besoin d’un semblant d’réconfort. Un peu gêné d’avoir capté un tel moment où sa faiblesse transparait autant, j’détourne l’regard, observant les étoiles. Après tout, je n’aurais jamais dû être en mesure d’les voir depuis la Terre, alors autant en profiter, non ? Après avoir passé des années à les observer depuis la Colonie, j’veux dire…. Mais j’ai pas vraiment l’temps de m’perdre dans mes pensées stellaires, qu’une p’tite voix s’élève, à côté d’moi, et qu’une p’tite blonde vient à murmurer qu’son père aurait sans doute su quoi faire, s’il avait été avec nous. A croire qu’elle a grillé mon p’tit regard dans sa direction, tout à l’heure. Et faut pas être devin pour capter, au ton d’sa p’tit voix, qu’elle est à deux doigts des larmes. Comme j’le disais : la journée a sans doute été bien trop éprouvante pour elle, et maintenant qu’la pression retombe (en quelque sorte, du moins !), elle s’prend l’contre-coup du drame, en pleine face. Faut dire qu’elle n’a plus à être sur le qui-vive, pour soigner les blessés, qu’pour l’instant, ceux-ci dorment, d’un sommeil plus ou moins reposant. Qu’pour l’instant, elle n’peut plus rien faire pour eux, à part attendre, et veiller sur eux, d’temps à autre, afin d’s’assurer qu’leur état n’empire pas ! J’laisse échapper un léger soupir, alors qu’mon regard capte une étoile, qui parait briller un peu plus qu’les autres. Et il n’en faut pas plus pour m’donner un semblant d’idée. J’sais pas si ça va marcher, disons qu’j’agis surtout par automatisme, ainsi qu’j’agirais si j’étais en présence d’Octavia. J’fais c’que j’sais l’mieux faire. Inventer une histoire pour tenter d’remonter l’moral d’quelqu’un d’autre. Et voici comment j’brode une histoire, autour d’une croyance qui existait, des siècles en arrière, sur Terre, au sujet d’la réincarnation des défunts dans des étoiles. Une histoire dans laquelle il est sous-entendu qu’nos disparus continuent alors à veiller sur nous. Et qu’même quand on s’sent seuls, ils continuent à nous guider, d’une certaine façon, du moins, si on tend correctement l’oreille pour y faire attention. Bien entendu, là, c’est qu’un gros résumé, c’est bien plus romancé qu’ça, bien plus intéressant à écouter, et nettement mieux construit. Mais c’récit, il n’appartient qu’à Clarke et à moi. « Et p’têtre qu’ton père est en train d’faire des paris avec ma mère, pour savoir au bout d’combien d’temps on va s’entretuer ! », que j’finis. Fallait bien que j’ajoute un p’tit train d’humour dans l’tout, quand même, ça commençait à faire trop sérieux, comme ambiance ! Puis bon, c’est pas que j’commençais à m’sentir un peu mal à l’aise, mais en fait, si. Raconter une telle histoire, c’est une chose, quand c’est pour ma sœur, mais pour d’autres, bah, disons que ça reste rare. J’l’ai fait, une fois ou deux, pour Elizabeth. J’ai dû l’faire aussi, rarement également, pour Aaron. Mais au-delà de ça, bah, ouais, c’est assez rare… Et la situation devenait plus malaisante encore, quand j’ai passé ma main gauche dans mes cheveux, et qu’ça a fini par mettre dans mon champ d’vision l’bracelet qui s’y trouve. Bracelet qui provient d’la blonde. Bref, gros malaise, on en convient, non ? Voici pourquoi j’ajoute, aussitôt après ma p’tite plaisanterie à la con, un p’tit : « Bon anniversaire, au fait… ». Car en voyant sa montre, tout l’heure, j’ai vaguement aperçu l’heure. Et on nous a assez bassiné, en cours, sur l’fait qu’il y a un décalage d’6h entre la Colonie et la Terre, pour que j’sache que si sur Terre, on frôle visiblement à peine les minuits, sur l’Arche, on est déjà, bah… demain… Et donc, qu’la blonde a désormais un an d’plus…. D’ailleurs, quitte à tout faire pour lui remonter l’moral, autant aller jusqu’au bout, en lui rendant son crayon, nan ? Ouais, j’vais faire ça. C’est bien avec cette intention en tête, que j’fouille dans la poche d’ma veste, afin d’chercher ledit crayon.

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[Dans la nuit du 17 au 18 avril] Il y a des mots qui pleurent et des larmes qui parlent. (Bellarke) Vide
MessageSujet: Re: [Dans la nuit du 17 au 18 avril] Il y a des mots qui pleurent et des larmes qui parlent. (Bellarke) [Dans la nuit du 17 au 18 avril] Il y a des mots qui pleurent et des larmes qui parlent. (Bellarke) EmptyVen 25 Jan - 23:13



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Would you lie with me and just forget the world ?

Bellarke

Pour moi aussi, c'est un peu déstabilisant de le revoir après ce qui a bien failli se passer il y a seulement quelques jours de ça. Dans un contexte totalement différent, il faut le rappeler. Mais, qui a eu le mérite de me faire oublier, l'espace d'un instant, que ma vie ne tenait plus qu'à un fil. Véritablement. Ce n'est pas exagéré, hein ! Plus déstabilisant encore en sachant que, comme par hasard, Zack est aussi sur Terre. Et que, clairement, ce qui était à pas grand chose de se passer dans ma cellule ne me ressemble pas, si j'avais su que je reverrai Zack. Ou peut-être que j'essaie de me donner bonne conscience en pensant une telle chose, mais que la tentation aurait tout de même finie par prendre le pas sur la raison. Compliqué d'y réfléchir et de trouver des réponses assez cohérentes. Alors, pour le moment, j'essaie de me concentrer sur ce que j'ai à faire. Même si, comme je le montre en cette première nuit ici-bas, je n'arrive pas à trouver le sommeil. A quoi est-ce dû ? A tout ce stress accumulé depuis toutes ces dernières heures ? A ces images pouvant me revenir en tête qui, pourtant, j'essaie de maintenir à l'écart ? Au fait de me savoir bloquée entre ces souvenirs de ma fin de détention et ce qui a pu être « avant » tout ça ? En gros, bloquée entre Zack, mon petit-ami depuis un bon moment déjà, mais que je ne pensais jamais revoir et Bellamy, avec qui les choses sont plus .. compliquées ? Et ça, depuis encore plus longtemps encore ? Bizarrement, on pourrait y voir une réponse à ce dilemme bien qu'inconsciente de ma part, alors que je quitte les bras de Zack pour rejoindre un Bellamy visiblement anxieux et à deux doigts de mourir de froid. Faut-il y voir un signe ? Là, je dirai que non. Que c'est un pur « hasard ». Mais, est-ce que s'en est bien un ou pas ? Au final, je ne pourrai jamais y répondre. Simple balade nocturne ou signe avant coureur d'une relation purement et fraternellement platonique ? Allez savoir.

Toujours est-il que je ne tarde pas à le rejoindre, tout en voulant lui éviter d'attraper froid. Oui, comme une sœur le ferait face à son grand frère. Bien entendu. Comment ça, ce n'est pas franchement crédible ? C'est pourtant bien connu qu'un frère et une sœur aient pu échanger des regards et des paroles lourds de sens à un moment ou à un autre. Et plein d'autres choses toutes aussi fraternelles. Hum. Demandez donc à un certain Jason, je suis sure que vous le connaissez. Même sans parler je dis des conneries. Si c'est juste le fait d'être sur Terre qui fait cela, ça craint un peu. Beaucoup. Mais, même certains mots passant entre mes lèvres n'ont aucun sens. Comme cette histoire où le Blake devrait enlever sa veste et ses chaussures ! Franchement, je n'ai rien trouvé de mieux, sur le moment, à lui suggérer d'enlever ? Ou alors, peut-être que s'est l'idée de l'imaginer torse-nu qui fait vriller mes pensées de frangine ? Et bien entendu, je m'enfonce dans mon délire de pieds froids. Tournant la tête vers lui, alors qu'il se frappe le front de sa main, ce que j'ai moi-même fait mentalement, je me demande si c'est là aussi très fraternel d'avoir des gestes si siamois dans l'idée. Peut-être. J'en sais rien. Je n'ai pas de frère, moi, pour rappel. Et franchement, Bellamy, ayant déjà une sœur, ne voudrait sans doute pas s'encombrer d'une autre sœur vu l'inquiétude qu'il se fait à propos de cette fameuse O. Son rire m'arrache un léger sourire, alors que ma connerie des pieds froids me fait doucement baisser la tête, un peu gênée la blonde. « J’pense que si j’me contente d’ma veste et d’mes chaussures en moins, j’vais mettre un peu d’temps avant qu’l’hypothermie n’ait raison d’moi ! » Bon, c'est vrai qu'il a l'air vachement plus résistant que moi au froid. Moi, j'en tremble presque, alors que lui. Ça a l'air d'aller. Bien entendu, je suis loin de savoir qu'il s'agit tout simplement d'une sorte de conséquence liée aux différences entre Walden et Phoenix. Ou du moins, que ça a forcément joué. À croire que naître parmi les Privilégiés de l'Arche sensibilise bien trop par son confort, et qu'une fois sur Terre : c'est compliqué. « J’vais tâcher d’mourir quand t’seras partie, t’inquiète ! » qu'il ajoute, allant m'en faire me mordre le bout de mes lèvres. Ça m'aurait manqué, tout ça. Si j'avais fini à la Dérive ou endormie pour de bon d'une piqûre. Ou même, s'il n'avait pas été de la partie. « Après.. Si t'enlèves tout et que tu te roules dans la neige, ça peut aussi faire son effet. » Et non, mes joues ne rougissent absolument pas avec ces premiers mots qui m'échappent encore. Sous une petite touche d'humour, bien évidemment. Mais, un humour qui m'oblige à regarder droit devant moi pour ne pas croiser le regard platonique du Blake. Je m'en racle la gorge, ce qui peut s'expliquer par le froid poignant qui me serre la gorge. On va dire ça comme ça. « C'est sympa d'attendre mon départ. T'as une dernière volonté à me faire part ? » Me rendant compte de la portée de ce que je viens de lancer, je roule des yeux tout en me donnant une nouvelle tape mentale sur le front. Qu'est-ce que j'essaie donc de me prouver ? Qu'il s'en fout de moi ? Qu'il demanderait à ce que ses chaussures soient conservées dans une des caisses ? Surtout en sachant que la situation actuelle est presque le retour de celle qui a eu lieu dans ma cellule. A ceci près que lui, sa mort, c'est juste un délire. Pas très drôle, certes. Mais, qui a pour but d'alléger un peu le contre-coup de cette folle première journée sur Terre. Comme ni lui ni moi n'avons changé en l'espace de quelques jours, on continue de se renvoyer des conneries à tour de rôle. Soulagée de voir qu'il accepte enfin ce bout de couverture, je ne peux pas m'empêcher de pointer du doigt les grognons du camp. « J’sais pas qui t’a raconté ça, mais on t’a menti ! » Sa remarque me fait tourner d'instinct ma tête vers lui, arquant un sourcil sous sa réplique qui m'accorde clairement le point. 1-0 pour la blonde ! « C'est ce que tu préfères vouloir croire, ça, nuance. » Et oui, ça voudrait bien dire que de simples mots magiques peuvent avoir un effet assez fou sur certaines personnes. Blake compris. « Je commence à les connaître, les grognons de l'Arche. » que j'ajoute en le regardant du coin de l’œil, tout en me balançant un peu vers lui, histoire de lui donner un petit et bref coup d'épaule -alerte contact platonique, mais qui l'est vraiment pour le coup, je crois- pour lui faire comprendre que je le compte dans le lot. Même s'il est loin d'être chiant tout le temps. Il a de bons côtés, le Blake. J'ai pu en découvrir quelques uns déjà.

Finalement, le voilà à me faire une petite leçon de morale sur l'importance de mes propres soins. Je sais, j'en ai conscience de tout ça. Mais, j'ai l'impression et la conviction que ce n'est pas franchement une priorité tant d'autres sont vachement plus mal en point que moi. J'avoue que son ricanement, quand je lui fais remarquer qu'il s'inquiète pour moi, me ferait presque grincer des dents. Sympa. Ça le fait rire. Je n'y accorde pas plus d'importance, me contentant de chercher une réponse à cette énigme concernant cette fameuse O. Croisant son regard, j'hausse mes épaules tout en comprenant que j'ai du louper quelques infos pour oser poser une telle question. Je n'y peux rien, moi, si j'ai vécu presque comme une ermite ces derniers mois. Et oui, c'est vrai. Je remets un peu de réalité dans tout ça, en évoquant le fait qu'on ne finira pas par s'en sortir. Les scientifiques de l'Arche se sont sans doute un peu planter en pensant qu'un homme mourrait directement en posant les pieds sur Terre. Mais, pas au point d'ignorer que finalement on peut y vivre ? « Bordel, ta confiance en nous est franchement belle à voir hein ! » Je n'y peux rien, moi. C'est la science qui parle. On s'intoxique à petit feu, après tout. Ou du moins, c'est ce que je crois. D'ici quelques jours, il est vrai que je reviendrai sur une telle idée. Et ce n'est pas vraiment en nous que je ne crois pas. Mais plutôt en cet air qu'on respire et ces radiations qui couvrent nos corps. « Demain, on ira chercher les autres caisses. On aura d’quoi survivre et s’construire des abris. Pis des moyens pour retrouver les autres, aussi. » Regardant devant moi, je croise les doigts, intérieurement, pour qu'il ait raison. Pour que tout cela nous suffise et qu'on puisse tenter de vivre sans craindre la mort. « Et O, c’est Octavia… Ma p’tite sœur. » Pardon ? J'ai tourné la tête si vivement vers lui, que je me suis presque fait mal à la nuque. Comment ça, sa petite sœur ? Les yeux grands ouverts, j'ai du mal à réaliser ce qu'il vient de me dire. La place de sœur est prise, mince alors ! « Ta .. ? » Mais, ce n'est pas possible ? Comment peut-il avoir une sœur ? Et, il ne l'a jamais évoqué quand on était ensemble ? « T’es bien la seule personne d’l’Arche à ignorer ça ! » Est-ce une bonne ou une mauvaise chose d'être la dernière au courant de ce qu'il a bien pu se passer sur l'Arche ? J'aurai tendance à dire « bonne », parce que moi, les ragots, j'en ai été victime bien trop souvent. A cause de mon nom, ma préférence pour les bouquins aux festivités en tout genre ou même à cause d'Amy. Du coup, j'en suis assez frileuse. Même si, clairement, la découverte de cette sœur que personne ne devait connaître a du faire du bruit. Mon regard se pose sur Bellamy, alors que mon sourire s'est envolé en me doutant que les choses ont du être vachement compliquées pour lui. Le Blake était une sorte de mystère, pour moi. Sans savoir pourquoi, il a fini par ne plus être Garde. Ça, je l'ai bien compris, dès lors qu'il ne m'a pas rendu visite dans son uniforme habituel. Tout se tient, du coup, avec cette révélation bien surprenante. Et sans qu'il ne le dise par des mots, je sais que ça n'a pas du être facile pour lui. Mais, pour une fois, je garde ma curiosité pour moi. Ce n'est clairement pas le moment d'appuyer sur ce sujet, d'autant plus que sa sœur n'est pas là.. Pourtant, je lui adresse un léger sourire, du coin des lèvres, se voulant être comme quelque chose d'encourageant, mais silencieusement. Je pense qu'il doit saisir ce message derrière qui englobe une pointe de compassion face aux bruits sur l'Arche, mais surtout un brin de bienveillance face à cette absence qui doit lui peser bien plus qu'il ne le montre.

Les choses ne sont plus vraiment aux boutades et à la rigolade. Preuve en est qu'on peut aussi être sérieux, face à face. Un changement d'attitude qui me plaît. Parce que je sais que quoi qu'il puisse se passer, il est l'un des seuls qui ne devrait pas me juger. On a beau ne pas avoir passé toutes nos journées ensemble, sur l'Arche. Il me connaît. Sans doute même mieux que d'autres que je croisais quotidiennement depuis des années. C'est sans doute pour ça que j'ai « pensé » à mon père, à voix un peu trop haute. A être ainsi certaine que s'il avait été là, lui, il aurait su comment gérer cette situation. Puis, il me manque aussi. Inévitablement. En voyant cette étoile qui scintille comme aucune autre que le Blake m'invite à regarder, tout en me racontant cette fameuse histoire. J'en souris. La tête levée -bien que légèrement penchée sur le côté- vers ce ciel que je n'avais même pas vraiment pris le temps d'observer pour le moment. Tout en me rappelant que Bellamy fait parti de ceux qui aiment se perdre dans l'immensité stellaire. J'en souris, et pourtant, une larme roule le long de ma joue. J'en souris, parce que son histoire m'amène à voir ce ciel au-dessus de nous autrement. J'en souris, parce qu'il a juste senti que mes barrières que je dresse tous les jours autour de moi, étaient chancelantes, là. J'en souris, parce qu'il fait l'une des choses qu'il fait de mieux comme ça a déjà été le cas lors de notre petite visite imprévue de l'observatoire de l'Arche et même il y a quelques jours de ça, à peine. J'en souris aussi, parce que j'ai cette impression que Bellamy était apprécié par mon père. Et l'entendre parler de nos proches regrettés qui figurent parmi les étoiles, me fait presque penser que de là où il est, mon père nous voit et nous salut. Oui, je sais, c'est dingue de penser ça. Mais, on est sur Terre. Une chose déjà suffisamment folle pour ne pas être tentée par un peu plus d'imagination réconfortante, non ? Avec son histoire, j'aurai au moins une représentation de mon père à laquelle me raccrocher lorsque mes nuits seront trop agitées.« Et p’têtre qu’ton père est en train d’faire des paris avec ma mère, pour savoir au bout d’combien d’temps on va s’entretuer ! » Une conclusion qui m'arrache un petit gloussement alors que je passe l'une de mes mains sur ma joue. C'est vrai qu'ils doivent bien s'amuser à nous voir. A un moment, à nous prendre la tête comme personne. Et à un autre, comme là, à nous relever l'un l'autre lorsque l'un faiblit. Pas le temps de répondre pour autant, parce qu'il ajoute des mots dont je ne m'attendais vraiment pas. « Bon anniversaire, au fait… » Mon sourire s'agrandit à vue d’œil en l'entendant. Ce n'est pas la première fois qu'il me le souhaite. Les couloirs de l'Arche s'en souviennent sans doute encore, du dernier qu'il m'a lancé, alors qu'on s'était juste croisé au détour de l'un d'eux. « Merci, Bellamy. » Et oui. Je troque ce « Blake » que j'ai lancé pendant toute la journée lorsque je devais lui parler pour son prénom. Je crois que c'est la première fois que je le remercie pour un de ses bon anniversaire en l'appelant de la sorte. « Oui, c'est vrai. Encore un merci. » que j'ajoute, alors qu'il s'évertue à chercher quelque chose dans l'une de ses poches. « Mais, un merci qui n'est pas pour un grognon cette fois. » Ayant retrouvée mon sourire, je n'hésite pas à le lui montrer. Parce que c'est grâce à lui qu'il marque mon visage. Et ce merci ne vaut pas que pour ses vœux. Mais, pour son histoire aussi. « Et tu as raison, ils doivent sans doute faire de tels paris. J'espère juste qu'ils n'ont pas misé sur ce soir. Ça semble mal parti. » Bon, d'accord. Les choses sont assez imprévisibles entre nous, et ça peut partir loin en un claquement de doigts. Sauf que, pas ce soir, je crois. J'ai réussi à désactiver la bombe Blake qui menaçait de m'exploser en pleine face à peine j'étais arrivée. Donc, ça devrait le faire. Désolée pour les éventuels paris du soir, on arrivera à passer au moins une journée ensemble sur Terre ! Le cœur plus léger, je ne peux pas m'empêcher de jeter un nouveau regard au-dessus de nous. Bien joué, Blake. C'est d'ailleurs pour ça que je ne vois pas ce fameux crayon avant qu'il ne me ramène près de lui. Posant mon regard sur le-dit crayon, j'avoue ne pas y croire. Il a gardé mon crayon avec lui ? Mon cœur se vautre sur quelques battements devenus chaotiques, alors que mon regard ne quitte pas ce petit objet qui m'a tant aidé dans ma cellule à ne pas perdre pieds. « Jamais je n'avais pensé le revoir un jour. » que je glisse, tout en le prenant entre mes mains, l'ancien Garde me l'ayant tendu. D'un coup, je me souviens de ces quelques jours avant mon anniversaire, lorsqu'on m'a cherché et arraché de ma cellule. Il m'a glissé des mains, alors que j'étais assise au sol, à poursuivre mon dessin. Tournant la tête vers Bellamy, ma bouche s'ouvre sans qu'aucun son n'en sorte pour autant. Juste parce que je me rends compte que s'il a ce crayon avec lui... « Tu les as vu.. » De simples mots qui ne peuvent avoir de sens que pour lui et moi, et qui ont été dit presque dans un murmure. Les choses sont tellement compliquées dans ma p'tite tête.. Ils devaient être mes derniers dessins. Lui seul les a donc vu. Parce que sinon, mon crayon n'aurait plus été sur le sol de ma cellule. Et peut-être qu'un autre agent se serait chargé de nettoyer tout ce que j'ai laissé derrière moi. Ces dessins avaient énormément de sens à mes yeux. Quand je disais que c'est comme si je suis entre Zack et lui, s'est encore plus vrai en repensant à ses dessins. Deux le représentant. Et un.. Bref. Baissant un peu la tête, je ne tarde pas à ajouter, simplement. « Je.. Je te l'avais bien dit. Que tu allais être devant le Colisée.. » Cela avait été comme une promesse pour lui, de moi. Un peu comme un ultime clin d’œil à nos conversations et délires en tout genre. Une sorte de chapitre final. Qui, du coup, n'est plus le dernier que je vais pouvoir dessiner ou espérer. J'évite de parler de cet autre dessin. S'il l'a bien vu, tout y était dit et pensé. Les choses ne se sont pas vraiment passées comme prévues. Et en parler, alors que Zack est là, ce serait bien déstabilisant. Trop, sans aucun doute tant le sens qui y figurait était fort..


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Bellamy Blake

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[Dans la nuit du 17 au 18 avril] Il y a des mots qui pleurent et des larmes qui parlent. (Bellarke) Vide
MessageSujet: Re: [Dans la nuit du 17 au 18 avril] Il y a des mots qui pleurent et des larmes qui parlent. (Bellarke) [Dans la nuit du 17 au 18 avril] Il y a des mots qui pleurent et des larmes qui parlent. (Bellarke) EmptyJeu 14 Fév - 0:00

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Il y a des mots qui pleurent et des larmes qui parlent.

"Sometimes you grow to hate somebody, and sometimes you don’t really hate them at all. Sometimes it’s just a matter of trying not to fall in love with them." Poème d'E. Grin Bellarke - ♫ [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

J’pense qu’en dehors d’Aaron, y’a bien qu’avec la Griffin, que j’peux sortir des conneries, tout en m’faisant un sang d’encre pour Octavia. Enfin, rectifications : à parvenir à avoir à peu près l’esprit à échanger des conneries en étant quelque peu amusé, alors que je m’inquiète méchamment pour ma frangine. Car avec d’autres personnes, faut pas s’voiler la face, j’aurais toujours une trop grande partie d’mon esprit perdu du côté d’O. Là, j’oublie pas ma frangine, c’est juste pas possible, ça, d’toute façon, mais elle n’occupe pas intégralement mon esprit. Même si c’est qu’à une p’tite quinzaine d’pourcent, on va dire, bah, c’est déjà une p’tite victoire, qu’une p’tite partie d’mon cerveau parvienne à s’détendre a minima. Malheureusement, c’est un autre truc à ajouter, dans la foule d’choses dont j’ai pas vraiment conscience, quand il est question d’la blonde, et des p’tits trucs qu’elle seule (quand c’est pas un truc partagé avec une rare poignée d’individus) est en mesure d’réussir, en c’qui m’concerne. On est donc à parler d’une éventuelle envie d’ma part d’mettre fin à mes jours, par hypothermie. (Oui, moi aussi, j’cherche pas à comprendre pourquoi l’apprentie doc’ s’est tapée un tel délire. Les nanas sont bizarres, c’est pas une nouveauté !) « Après.. Si t'enlèves tout et que tu te roules dans la neige, ça peut aussi faire son effet. » Ouais, cette réplique aussi, j’sais pas d’où elle sort. Le froid a givré l’cerveau d’la Griffin pour la faire dérailler autant qu’ça ? Ou c’est juste une envie d’faire dérailler mon propre cerveau, en m’faisant poser des questions sur le pourquoi du comment elle dit d’telles choses ? Si c’est juste par délire, ou si c’est pas un peu plus un dérapage inconscient, qu’elle m’balance, là ? J’parviens pas à trancher, puis d’toute façon, elle m’coupe l’herbe sous l’pied, en reprenant la parole, non sans s’être éclaircit la voix au préalable (fait trop froid pour la Princesse, elle a peur qu’on entende plus sa p’tite voix fluette ?) : « C'est sympa d'attendre mon départ. T'as une dernière volonté à me faire part ? » Oulà, pauvre Griffin, t’sais pas qu’tu viens d’signer ta perte, en m’sortant une telle chose ? Nan car ça m’donne l’excuse parfaite pour formuler la question – presque conneritesque mais dont mon inconscient veut la réponse – qui m’est venu à l’esprit, ces dernières secondes : « Ouais, j’ai une dernière volonté… moi aussi… » Ahah, ça, c’était facile, fallait qu’j’ajoute ça, parce que d’toute façon, l’souvenir de la seule fois où on a parlé ensemble d’dernière volonté, il flotte tout autour d’nous. J’le sais, elle l’sait, bref, on est deux à l’savoir, alors autant arrêter d’se voiler la face ! (Ouais, autant pas l’faire, quand on peut l’éviter, on s’voile déjà bien assez la face sur tout l’reste, alors faut pas pousser non plus !). Bon, ceci dit, en parler semi-clairement, c’est pas aussi avouer d’une certaine façon qu’j’y repense aussi, qu’ça m’a marqué, plus profondément que j’suis bien prêt à l’admettre ? Bref, j’m’empresse d’enchaîner, pour éviter qu’ça n’puisse paraître trop suspect, m’tournant d’manière à jauger la blondinette du regard : « J’veux des réponses franches à ces questions : c’est moi, ou t’essaie d’me faire m’foutre à poil, depuis qu’t’es arrivée ? » C’est vrai, après tout, elle a bien suggéré que j’retire ma veste, ainsi qu’mes chaussures, avant d’finir par m’soumettre l’idée d’carrément tout retirer… « Tu tiens pas à c’que j’survive à une 1ère nuit sur Terre ? T’veux voir si t’arrives à rester concentrée, désormais, face à un tel spectacle ? » Et sans vergogne, j’fais allusion à ma connerie datant d’un p’tit moment maintenant, sur l’fait qu’Clarke soit incapable d’rester concentrée, dès qu’elle pose le regard sur mon torse dénudé. « Ou m’voir comme ça est supposé contribuer à t’réchauffer plus efficace qu’la couverture, p’têtre ? A moins qu’tu n’veuilles avoir une bonne raison pour m’sauver d’l’hypothermie ? » Là, même si j’continue pas, on peut entendre la suite possible à ces quelques mots : essaie-t-elle d’voir si cette fois, ça dérapera pas ? Par contre, y’a une chose qu’on n’peut pas deviner trop aisément, ou qu’on peut facilement faire exprès d’pas comprendre (bah ouais, la blonde et moi, c’est fraternellement platonique, on n’cesse de vous l’dire depuis des années d’tout partout !), c’est que j’veux vraiment avoir les réponses à ces questions. Savoir s’il n’y a que moi qui ait autant planté mentalement, dans sa cellule, et même par la suite, quand il n’arrivait d’y repenser. Apprendre si j’suis ou on l’seul à être quelque peu troublé d’me retrouver d’nouveau seul, avec elle, alors qu’quelques jours plus tôt, quand on s’est retrouvé seuls, on a juste failli coucher ensemble. Découvrir si y’a qu’moi qui ressent – encore en c’moment, rien qu’en y repensant - comme des fourmillements au bout des doigts, au simple souvenir d’l’exploration d’sa peau. Constater qu’j’suis pas l’seul à avoir bien en mémoire la sensation d’son souffle contre ma peau, ni l’goût d’ses lèvres contre les miennes. Alors, affichant un air indifférent, quoique penchant vers un côté plus railleur, j’observe la blonde, dans l’expectative d’sa réponse. (Alors, Miss Griffin, on était soit-disant sur du 1-0 pour vous, tout à l'heure, mais là, on dirait que j'viens d'égaliser, nan ? Bon, OK, j'en suis pas sorti complètement indemne, mais j'ai réussi à remonter, n'est-ce pas ?) Avant d’paraître plus boudeur, alors qu’elle vante les « mérites » des formules d’politesse. « C'est ce que tu préfères vouloir croire, ça, nuance. », m’fait-elle savoir, tandis que, du bout des doigts, j’constate à quel point la couverture est assez peu douce (ça doit venir d’Walden, à mon avis, ou d’Arcadia, au mieux du mieux !). « Je commence à les connaître, les grognons de l'Arche. », qu’elle ajoute. Et totalement sans rapport avec c’qu’elle vient d’me dire, j’en cesse d’caresser la couverture. C’est juste qu’elle est pas douce, voilà tout. (Surtout pas en comparaison d'la peau d'une p'tit doc' d'ma connaissance.) Ca n’est en rien une preuve que là, en c’moment, j’éprouve un semblant d’jalousie, à cause de c’qu’elle vient d’dire. Non non, j’m’en tape, moi, qu’elle aime à s’entourer d’râleurs d’la Colonie. Non non, j’ai pas envie d’être l’seul à mériter un tel titre, venant d’sa part. « Ah parce que t’as beaucoup d’points d’comparaisons p’têtre ? » Et ma question est totalement innocente. Et platonique.

Après quoi, j’tente d’la rassurer quant à nos capacités d’survivre ici, en lui expliquant, au passage, qui est O., trouvant étonnant qu’elle ne l’sache pas déjà ! « Ta .. ? », commence-t-elle à dire, vraisemblablement très étonnée de c’que j’viens d’dire. Par chance, elle n’poursuit pas plus loin, n’allant pas à s’demander ouvertement comment une telle chose est possible. N’émettant ainsi donc pas d’jugement sur ma mère. Croyez-moi : une telle scène, j’y ai déjà eu l’droit, et plus souvent qu’à mon tour. C’en devient foutrement lassant même ! J’ai franchement pas l’envie d’avoir à m’coltiner une telle réaction, c’soir. D’autant moins venant d’la part d’la Griffin, sans doute. Ca fait du bien, d’voir qu’elle n’dit rien. Mieux : qu’elle s’contente d’m’adresser un semblant d’sourire, quelque peu réconfortant. Comme pour m’manifester un peu d’soutien. Nouvelle preuve qu’notre relation est plus qu’indéfinissable : on peut s’vanner, et après, s’remonter l’moral, comme l’feraient deux bons potes. Pour preuve : peu d’temps après, j’hésite pas à inventer une histoire pour lui changer les idées, la sentant pour le moins démoralisé. J’résiste pas à la tentation d’conclure cette histoire par une p’tite connerie, parce que… bah, l’moment était devenu trop formel à mon goût. J’étais un peu trop dans l’rôle du type protecteur envers une p’tite blonde. A tel point qu’j’aurais presque pu finir par la prendre dans mes bras, comme j’l’aurais fait, si j’avais été avec O. et qu’j’devais la réconforter. Mais si c’geste aurait été des plus naturels envers ma frangine, j’sais pas, envers la Phoenicienne, ça aurait pu paraître étrange. J’me borne à penser qu’ça n’est qu’parce que les choses ont été bizarres entre nous, la dernière fois qu’on a vraiment pu s’parler tous les 2. Que c’est beau, d’s’auto-persuader qu’y’a rien qu’d’autres que ça, qui m’retienne. Qu’y’a pas une part de moi qui s’sentira bien trop troublé, d’avoir la blonde dans mes bras, qu’y’aurait pas une part d’frustration (remontant à notre dernière entrevue, mais bien inavouée !) à la perspective d’n’être que dans une étreinte des plus platonique. C’est aussi pour revenir à quelque chose d’un peu plus neutre (‘fin, j’espère !), que j’enchaîne sur l’anniversaire d’la blonde. Bon, OK, j’avoue, c’est pas super neutre, ça, car mine de rien, ça indique juste un peu trop bien à quel point j’peux faire attention à elle ou à c’qui la concerne. Et ce, même en étant sur une planète inconnue et visiblement dangereuse, en m’faisant un sang d’encre pour ma frangine (qu’est rien d’moins qu’la personne la plus importante au monde, pour moi !). « Merci, Bellamy. », m’dit-elle, m’ramenant à la seule autre fois où elle a sortie un telle phrase à mon attention. On était dans sa cellule, allongés tous deux sur son lit, s’étant un peu trop laissé emportés par sa dernière volonté… (Oui, si vous en doutiez : j’me souviens un peu trop bien d’cet instant, surtout en c’moment !). « Oui, c'est vrai. Encore un merci. », ajoute-t-elle, pour finalement préciser un p’tit : « Mais, un merci qui n'est pas pour un grognon cette fois. » J’ricane, tout en lui faisant savoir que : « Fais gaffe, j’vais finir par croire que j’suis plus profond qu’on m’le dit et qu’on pourrait l’croire ! ». P’tite plaisanterie, tout en galérant à sortir l’crayon qu’a voyagé avec moi. « Et tu as raison, ils doivent sans doute faire de tels paris. J'espère juste qu'ils n'ont pas misé sur ce soir. Ça semble mal parti. », continue l’apprentie doc’, m’poussant ainsi à lui faire face, pour pouvoir lui répondre une p’tite boutade. Pour avoir comme un léger raté, en lui faisant d’nouveau face, pour m’manger son sourire, qu’est d’retour depuis peu. L’genre d’sourire qu’j’ai pas vu illuminer son visage depuis bien longtemps. Déjà, pas depuis qu’elle s’est retrouvée à croupir derrière des barreaux, pour sûr ! Alors forcément, ça m’fait planter. Juste parce que ça m’surprend, pas parce que ça m’plaît, ni même parce que j’éprouve une bouffée d’fierté à savoir qu’j’ai contribué au retour d’ce sourire. « Oh, t’sais, entre nous, ça part tellement dans tous les sens qu’on peut jamais savoir c’qui va s’passer dans 2 minutes ! » J’ai beau plaisanter, j’suis sérieux malgré tout, car faut reconnaître qu’c’est vrai. Personne n’peut prédire comment une d’nos conversations s’terminera, ni les gens qui peuvent nous observer, ni nous-même… C’est en terminant ma p’tite vanne, que j’sors enfin son présent, enfin, l’bien d’la blonde, que j’compte lui rendre ce soir. Un p’tit sourire étire mes lèvres, lorsque Clarke voit enfin l’crayon, et qu’elle le reconnaît. Ca semble l’étonner, et lui faire plaisir dans l’même temps. Et là, pour le coup, j’ressens d’nouveau une vague de fierté ! « Jamais je n'avais pensé le revoir un jour. », dit-elle, en l’récupérant. Et elle, elle peut prendre un objet d’mes mains sans m’les toucher soi-disant d’manière totalement accidentelle, mais surtout, totalement injustifiée car l'objet est récupérable sans m'tripoter les mains d'la sorte ! J’fronce les sourcils, en voyant que sa bouche s’arrondit sous un semblant d’étonnement ? Je n’sais pas trop. Jusqu’à c’qu’elle reprenne la parole : « Tu les as vu.. » Ah, là, j’comprends pourquoi elle a marqué un p’tit temps d’arrêt. Elle a réalisé que si j’étais en possession du crayon, c’est parce que j’ai été dans sa cellule. Après qu’elle en a été délogée. Avant l’envoie sur Terre. Et qu’j’ai donc vu les dessins qu’elle avait faits. Ceux qu’elle avait laissé à mon intention. J’approuve, d’un simple hochement d’tête. Parce que j’me souviens bien trop de ce qu’j’ai ressentis en les découvrant, et qu’l’émotion d’alors, du coup, j’la ressens d’nouveau. C’est à cause de ça que j’détourne la tête, comme pour m’perdre dans la contemplation du paysage nocturne, et non pour fuir l’regard d’la jeune femme. D’toute façon, celle-ci n’tarde pas trop à baisser la tête, également pour n’plus avoir à affronter mon regard. « Je.. Je te l'avais bien dit. Que tu allais être devant le Colisée.. », déclare-t-elle soudainement, m’faisant esquisser un nouveau sourire. « D’ailleurs, j’t’ai pas dis, mais j’ai pris une place sur l’1er vol, demain matin, pour aller l’voir en vrai ! », que j’plaisante, faisant comme si nous étions à une époque où les divers transports existaient encore, et permettaient d’aller d’un bout du monde à l’autre. Comme si l’Colisée existait encore, d’une façon ou d’une autre. « Comme j’suis trop gentil et qu’c’est ton anniversaire, j’t’ai pris un billet aussi.. J’espère qu’t’as pas l’mal de… l’air ? », j’suis assez incertain sur la façon d’terminer ma connerie, n’sachant pas trop si ça s’dit. Mais bon, m’semble qu’on parlait d’mal de la mer, pour ceux qui s’sentaient malades en navigants sur les flots, alors pourquoi y’aurait pas un équivalent pour ceux qui sentaient mal en volant ? Bon, c’est doublement du grand n’importe quoi, parce que, d’une certaine façon, Clarke comme moi, on a passé toute notre vie à voler dans l’Espace (du moins, à y graviter), alors ça va, on doit être en mesure d’tenir le coup !

Allez, on est gentils, et on évite d'souligner que, dans mon délire, j'ai pas du tout évoqué l'mec d'la blonde. Comme si, même si rien qu'dans l'domaine du grand n'importe quoi, j'tenais à la garder pour moi. Faut dire qu'dans la réalité, la Griffin est à un autre, alors bon... Comptez pas sur moi pour que j'avoue être jaloux. J'refoule ça à fond, alors vous l'admettre en pleine face, c'est pas pour demain la veille ! Mais on peut remarquer qu'j'soutiens plus trop son regard, très étrangement, depuis quelques minutes. « J'ose même pas imaginer dans quel état la connerie d'l'Homme a dû l'laisser, ni les dégâts qu'le temps a pu faire sur ses restes... », que j'termine, comme pour conclure sur une note un peu plus sérieuse, un peu moins dangereuse, qui m'oblige pas vraiment à creuser l'tourbillon d'émotions que j'peux ressentir, quand j'suis avec Clarke, ou juste à cause d'elle, même. Pis, volontairement, j’ai continué dans la lignée d’la dessinatrice, en évitant soigneusement d’évoquer son autre dessin, dont la vision m’a encore plus fait vriller l’cerveau qu’celui devant l’Colisée. En même temps, m’voir réconforter une blonde en larmes, et m’demandant d’pas l’oublier, ça a d’quoi être perturbant, surtout quand on refoule, comme moi, c’qu’elle peut véritablement éveiller en soi…

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When you're in the trenches & you're under fire I will cover you. If I was dying on my knees you would be the one to rescue me. And if you were drowned at sea I'd give you my lungs so you could breathe. I've got you brother. We'll go deeper than the ink beneath the skin of our tattoos. No we don't share the same blood. You're my brother & I love you that's the truth.


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