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[Dans la nuit du 17 au 18 avril] Il y a des mots qui pleurent et des larmes qui parlent. (Bellarke)

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Bellamy Blake
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Inclement Earth

MessageSujet: [Dans la nuit du 17 au 18 avril] Il y a des mots qui pleurent et des larmes qui parlent. (Bellarke) Dim 11 Mar - 12:16

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Il y a des mots qui pleurent et des larmes qui parlent.

"Sometimes you grow to hate somebody, and sometimes you don’t really hate them at all. Sometimes it’s just a matter of trying not to fall in love with them." Poème d'E. Grin Bellarke - ♫ [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

La Terre, c’est la merde ! Pesanteur de merde, soleil de merde, nature de merde, météo de merde. Et on nous vendait ça en mode paradis perdu, hein ? Bah, clairement, j’veux être remboursé ! Ou non, même pas, j’veux qu’une chose : retrouver Octavia ! Car en soi, la Terre, ça peut aller. Ma formation d’Garde aide, très certainement, ne serait-ce qu’pour la pesanteur. Après, l’soleil, ma foi… On s’habituera, avec l’temps, avec la luminosité d’cet astre, qu’est bien plus vive que ce à quoi on est habitué, au sein d’la Colonie. La nature et la météo, quant à elles… Va falloir faire avec… Mais c’est surtout ces 2 dernières que j’redoute. Pas pour moi. Pour O… Car j’ignore où elle est, p’tain ! Pas faute d’l’avoir cherché, pourtant ! C’est bien clair, depuis qu’on est arrivé ici, j’ai quasi pas dormi, d’toute façon ! Et les rares heures d’sommeil que j’ai daigné prendre, elles n’ont guère été reposantes. Vous pourriez, vous, dormir correctement, alors qu’l’une des rares personnes pour qui vous pourriez donner votre vie s’trouve Dieu seul sait où ? J’veux dire : j’peux déjà plus rien faire pour venir en aide à Aaron, qu’est comme un frère pour moi, il m’reste plus qu’O., qu’est… bah, ma sœur, et plus qu’ça encore (mais pitié, n’voyez rien d’malsain là-dedans… J’vous connais, vous, avec vos idées tordues !). Octavia, j’ai toujours veillé sur elle, depuis sa naissance. En un sens, j’suis aussi bien son frère, qu’son meilleur ami ou encore qu’son père. C’genre de relation, c’est plus fort que c’que vous pouvez imaginer ! Bien pour ça qu’j’ai pris autant d’risques pour l’accompagner sur Terre. Bien pour ça qu’ça m’tue, d’être séparé d’elle.

La journée a été longue. Déjà, on est « arrivé » dans la nuit. Puis dans la matinée, on a fini par décider d’aller explorer les parages. Perso, j’y ai passé la journée ou presque. Bien entendu, avec un seul objectif en tête : retrouver ma frangine. Echec total. Obligation d’constater qu’la navette s’est divisée en 2, et qu’la 2nde moitié est j’sais pas trop où. Elle peut être n’importe où. Vu l’temps qui s’est écoulé entre la séparation, et l’atterrissage… Faudrait calculer les probabilités d’emplacement d’l’autre partie d’la navette. Mais j’suis pas assez doué en calcul pour ça. Sans oublier qu’y’a une quantité non-négligeable d’éléments qu’on connaît pas, et qui seraient utiles, pour l’calcul. Et puis…. : on n’sait pas du tout où on est, ni à quoi ressemble les environs, donc, si ça s’trouve, ils s’sont échoués en mer, ‘fin, dans une mer qu’aurait vu l’jour, depuis la Guerre Nucléaire… « Fait chier p’tain ! », râlais-je, en balançant une pierre au loin, l’envoyant direct’ dans le cours d’eau s’trouvant en contre-bas du précipice. J’ai été m’isolé à proximité d’celui-ci, souhaitant m’éloigner quelque peu d’l’agitation d’la navette, et du groupe qui s’y trouve. Même si là, vu l’heure, ils doivent être en train d’pioncer. Mara a bien tenté d’me convaincre à en faire de même. Mais j’ai refusé d’l’écouter. D’toute façon, j’peux pas dormir, alors c’est vite vu ! J’pousse un soupir, en m’asseyant par terre. Démoralisé. J’veux retrouver ma sœur, mais j’sais même pas par où commencer à la rechercher. « J’la retrouverais jamais ! », soufflé-je, réaliste. Si au moins, j’savais par où l’autre bout d’navette a pu atterrir, j’pourrais m’diriger là-bas. Mais j’sais rien. Et là, l’temps qu’j’ai une piste sérieuse, O. a l’temps d’mourir 12 fois ! Et à cette pensée, mon cœur s’resserre. J’peux pas la perdre, p’tain ! Elle est tout c’qui m’reste…

Tristement, j’me passe une main sur l’visage, pour tenter de…bah, remettre un peu d’ordre dans mes idées, voir la situation sous un autre angle, tâcher d’avoir une lueur d’génie pour retrouver ma frangine… Un truc du genre, quoi. J’esquisse une grimace, en sentant, sous mes doigts, c’qui devrait être ma prochaine cicatrice : une balafre à venir, d’mon arcade sourcilière droite, au coin d’mon angle, qui s’arrête à la moitié d’ma joue. Blessure qu’Mara a fait d’son mieux pour soigner, avec c’qu’elle avait sous la main. Mais en soi, j’m’en fous, d’cette blessure, c’est loin d’être l’plus important. Rien n’sera important, pour moi, tant qu’j’aurai pas retrouvé ma p’tite sœur ! « J’te retrouverai, O ! », grogné-je entre mes dents. Quoi qu’il puisse m’en coûter, j’retrouverais Octavia. Ma promesse, à moi-même ainsi qu’à ma sœur, est à peine terminée, qu’j’sens quelqu’un s’asseoir à mes côtés. P’tain, ça s’voit qu’j’suis perturbé, car j’ai même pas capté qu’quelqu’un venait vers moi ! Assez tendu, j’me redresse, et tourne la tête, pour voir qui vient m’faire chier en c’moment précis. « Si t’es là pour une d’tes leçons d’moral, t’peux dégager ! », fis-je alors remarquer à Clarke, en la voyant prendre place à côté d’moi, glissant même la couverture sous laquelle elle est emmitouflée, sur mes épaules. J’sais : y’a mieux, comme accueil, pour quelqu’un qui vient en prenant la peine d’partager avec vous sa couverture, alors qu’il fait pas chaud, dehors. Mais on s’est déjà pris la tête, plus ou moins, dans la journée, pour tout un tas d’trucs. Dont son mec, aussi, à croire qu’elle flippait qu’j’envoie chier c’boulet (il l’aurait pas volé, d’vous à moi !), ou qu’j’lui raconte c’qui s’est passé entre la blonde et moi, dans la cellule d’la Griffin, y’a quelques jours seulement. J’aime pas Zack, c’est un fait avéré. Mais tant qu’il pourra m’être d’une quelconque utilité pour retrouver O, j’prendrais sur moi pour l’tolérer un minimum. Après, j’ai autre chose à foutre qu’raconter l’dérapage qu’Clarke et moi on a eu, l’autre jour. Là, pour l’instant, c’est bien loin d’mes préoccupations actuelles, si vous voulez tout savoir ! Mais là, j'suis fatigué (même si incapable d'dormir !), déjà épuisé moralement après les heures passées qui furent fortement éprouvantes, en pleine remise en question (suis-je vraiment apte à protéger ma soeur comme j'le croyais, ou aies-je échoué, est-ce trop tard pour elle ?), et quelque peu affaibli, dévasté par mes doutes. Somme toute : clairement pas apte à m'confronter à quiconque. Et encore moins à la p'tite blonde, en vérité. Même si ça, j'l'avouerais pas maintenant, qu'j'préfère largement paraître à mon avantage, devant elle. Ou du moins, pas aussi mal, psychologiquement, que j'peux l'être, là.

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Clarke Griffin
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MessageSujet: Re: [Dans la nuit du 17 au 18 avril] Il y a des mots qui pleurent et des larmes qui parlent. (Bellarke) Dim 29 Avr - 20:37



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Would you lie with me and just forget the world ?

Bellarke

On aurait pu rêver mieux, pour une première journée sur Terre. Depuis qu'on s'est crashé dans cet endroit, je n'arrête pas de courir dans tous les sens. Ou, du moins, d'essayer de faire une telle chose. Parce que non. Je ne me suis toujours pas vraiment occupée de moi. Juste brièvement, en fait. Histoire de rassurer un peu Zack. Lui montrer que je me prends en charge malgré ce qu'il peut penser de mon fort caractère, même si ma jambe me fait toujours affreusement souffrir. Elle est devenue lourde. Je suis presque obligée de la tenir et de la retenir, de la traîner pour qu'elle me supporte là où je souhaite aller. Autrement dit, de blessé en blessé. Certains souffrent bien plus que moi, et pourtant, les maigres moyens que j'ai sous la main ne me permettent pas de faire des folies. Je suis bien obligée de faire au mieux, sans gaspiller. Tout économiser, sans faire l'impasse sur l'une ou l'autre blessure, qui risque de méchamment empirer avec le temps. Ma tête est aussi lourde que ma jambe. Mais, ça, c'est parce que je suis complètement .. vidée. Moi qui, sur l'Arche, devais être exécutée dans les heures à venir, je n'ai qu'été incapable de fermer l’œil depuis bien des nuits. Le spectre de la mort était bien trop envahissant, alors que mes mois d'attente dans cette cellule étaient passées à des semaines. Des jours. Des heures. Ce compte à rebours, au-dessus de ma tête de lit, était devenu presque une obsession. Mes heures de sommeil, je les passais à dessiner. Toujours plus. Dessiner pour ne pas réfléchir. Pour m'évader, loin de ces quatre murs étouffants. Ne pas penser à ce que j'allais laisser derrière moi. Pour imaginer un monde dans lequel j'allais pouvoir rejoindre mon père. Un monde qui ne ressemblait en rien à ce cauchemar si réel qu'est la vie sur Terre. Heureusement, plusieurs mains m'aident. Je crois que je serai devenue complètement folle si j'étais seule à devoir gérer les plaintes, les cris et les pleurs dans cet espace délimitant ce qui allait devenir une sorte d'infirmerie. Chaque fois qu'un groupe part, j'ai la peur que l'un d'eux finira en mauvaise posture qui me ronge. Et chaque fois que l'un d'eux revient vers la navette, j'ai peur de voir ce qu'ils peuvent bien ramener de leurs expéditions. D'autres blessés ? Des morts ? Et même si j'essaie de faire au mieux pour chacun, j'ai l'impression que ce n'est jamais assez. Bienvenue dans le monde cruellement perfectionniste de Clarke Griffin. Les heures passent. Toujours dans ce climat assez étrange depuis notre arrivée. Je le sais, avec ces aiguilles de la montre de mon père qui bougent dans ce rythme qui ne s'arrête pas, elles sont même plus franches dans leurs battues qu'hier encore. Sans doute grâce à ma mère, qui a du s'assurer de la remettre à neuf dès lors qu'elle m'a endormie et qu'on m'a posé ce fameux bracelet.. Voilà à quoi peut bien se résumer mes premières heures sur Terre.

La nuit a repris sa place. C'est étrange et assez beau à voir, ces changements entre lumière et obscurité. Assez déroutant aussi, lorsqu'on a vécu toute sa vie dans l'espace. Et encore, je n'en ai pas pleinement conscience, me contentant de quelques regards vers l'extérieur. Jamais je ne me suis encore aventurée loin du cœur de la navette. Puis, pour ce qu'on en connaîtra.. La radioactivité finira bien par faire son boulot et tous nous anéantir, ce n'est plus qu'une question de temps. Alors, autant le combler au mieux. Il semblerait que Zack ne soit pas vraiment de mon avis. Plusieurs fois, alors qu'il fait tout noir dehors depuis peu, il est venu pour tenter de me tirer à ma tâche. Pour que je me repose entre ses bras. Plusieurs fois, j'ai refusé. Jusqu'à en tomber presque de fatigue. Même si je suis morte de fatigue, je n'arrive pourtant pas à m'endormir. Mon regard passe de la silhouette d'Arthur, allongée en sûreté contre la paroi de la navette à celle de Zack, qui lui, semble avoir trouvé le chemin d'une bonne nuit reposante. Cette nuit n'est pas aussi sombre que je ne les imaginais pourtant. La Lune, pleine, brille. Et c'est ce ciel, parsemé d'étoiles, qui finit par attirer mon attention. J'en suis à penser à mon père. Il me manque. Tellement. Le ventre noué, le cœur serré, j'ai besoin de sortir un peu de là. Doucement, je m'extirpe de la prise de Zack autour de moi, sans le réveiller. La fraîcheur nocturne m'entoure d'un coup, m'obligeant à m'enrouler d'une couverture abandonnée. Macy prend mon relais cette nuit. Elle semble tranquille pour le moment vu le calme des lieux. Sans un bruit, je sors de cette navette, le regard loin dans le ciel. Mes pas m'amènent je-ne-sais-où, mais c'est une voix qui me sort de mes pensées. Bellamy. Il est clair qu'il semble avoir préféré oublier ce qu'il s'est passé sur l'Arche, il y a seulement quelques jours de ça, vu comme on a pu se prendre la tête tout au long de la journée. Ce qui n'est peut-être pas plus mal. Il vaut sans doute mieux qu'il ne me supporte pas, plutôt que d'être ouvertement trop gentil face à moi. Pourtant, il ne semble clairement pas au meilleur de sa forme. Et malgré tout, cela m'inquiète un peu pour lui. Fraternellement platoniquement, hein. Bien entendu. C'est pour ça que je finis par m'avancer vers lui, sans bruit. « J’te retrouverai, O ! » Je ne sais pas, qui est cette O donc il parle depuis qu'on est arrivé vers Terre. Enfin, j'ai entendu certaines choses, mais.. Cela semble assez fou. J'en fronce légèrement les sourcils, prenant place près de lui. « Si t’es là pour une d’tes leçons d’moral, t’peux dégager ! » Sa remarque me fait soupirer, après que mes yeux se soient levés vers cette immensité stellaire. Je ne me laisse pourtant pas impressionner par cet ours mal léché. Disons que j'espère qu'en n'entrant pas dans son jeu, il va finir par me parler un peu. Autrement que durant cette journée passée. Voilà pourquoi j'en suis même à glisser l'un des bouts de ma p'tite couverture sur ses épaules. Comme si cela pouvait lui montrer que non, je ne suis pas là pour lui prendre la tête. « Parfait. » que je réponds alors, simplement, histoire de lui prouver à nouveau que ce n'est pas mon but du moment. Lui dire, du coup, que j'ai ma place à ses côtés et que je vais y rester. « Juste.. C'est pas en prenant l'air sans rien sur les épaules que tu vas te débarrasser de moi. Au contraire. » Précision qui a le mérite d'être faite et par laquelle, j'espère, Bellamy comprendra la petite pointe d'humour qui s'y cache. Après, pour ma crainte de le savoir tombé malade, c'est une toute autre chose. Parce qu'il y a aussi de ça. Évidemment. Inconsciemment, surtout. « Alors, s'il te plaît.. » Oui, je lui demande quelque chose -c'est fou, pas vrai ?-, en tournant la tête vers lui pour croiser et surtout soutenir son regard. Lui faire comprendre que quoiqu'il en dise, quoiqu'il en fasse : je n'en démordrai pas. « .. arrête de râler et prend ce bout de couverture. » Un geste assez délicat, d'ailleurs, vu ce qu'il a failli se passer entre nous. Je redoute un peu de sentir sa présence si près de moi. Me rappelant certaines choses auxquelles je ne dois pourtant plus penser. Ce qui est mieux pour tout le monde. Pour moi, vu qu'il semblerait qu'il ne peut plus tolérer ma présence sans m'aboyer dessus -non, ce n'est pas réciproque et non, ce n'est pas qu'une simple analyse plus que brute-. Pour lui, parce qu'il serait tranquille comme ça. Pour Zack, aussi.. Je m'en mordille la lèvre, avant de finir par détourner le regard, pour le river droit devant moi. Droit devant nous. Je baisse un peu la tête, tout en entourant mes jambes repliées contre moi. Et histoire de bien lui faire comprendre que je ne suis pas là pour qu'on se prenne la tête à nouveau, je finis juste par ajouter un petit : « Merci encore pour, tu sais.. » me raclant doucement la gorge, sans savoir s'il me regarde ou non, je tapote juste ma jambe alourdie qu'il a libéré. Il a du comprendre. Je l'espère. Juste parce que je n'ai pas envie de lancer une discussion autour de moi. J'ai horreur de ça. Pour éviter qu'il ne me demande comment ma jambe peut bien aller. Je serai obligée de soit lui mentir, soit avouer qu'elle me fait foutrement mal -ce que je n'aime pas faire non plus-. Mais, je devais alléger un peu cet accueil qu'il m'a réservé. Qu'on mette un peu nos différents -qui me dépassent, je l'avoue, je ne les comprends pas- un peu de côté. Au moins pour quelques minutes ou quelques heures.


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Dernière édition par Clarke Griffin le Lun 25 Juin - 23:54, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: [Dans la nuit du 17 au 18 avril] Il y a des mots qui pleurent et des larmes qui parlent. (Bellarke) Lun 25 Juin - 22:50

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Il y a des mots qui pleurent et des larmes qui parlent.

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J’serre les dents, alors que j’tâche d’faire partir d’mon cerveau, les peurs les plus profondes qu’j’éprouve, lorsque j’imagine c’que peut bien vivre Octavia. (Car j’refuse d’croire qu’elle n’ait pas survécu à l’atterrissage !) Car avec c’que j’ai bien pu voir d’la Terre, jusqu’à présent… Entre l’froid et les bestioles… Nan mais sérieux, c’matin, on a juste failli servir d’en-cas à un ours. Mais du genre gros ours ! Ca aurait très mal tourné, si j’n’avais pas eu mon arme, ni conservé mon sang-froid. L’Arche n’a visiblement pas songé à mettre des armes, avant d’envoyer ces délinquants sur Terre : quelle bonne idée, n’trouvez-vous pas ? Et très sincèrement, intérieurement, j’en menais pas large, quand j’ai vu la boule de poils. J’étais cependant l’seul à avoir une arme, ainsi qu’à savoir l’utiliser correctement, de fait, j’étais notre seule chance. Alors bon, j’étais un peu obligé d’me concentrer pour n’pas laisser filer mon calme. J’avais assez peu envie d’finir croquer par un ours : un autre jour, p’têtre, on verra bien, mais juste pas aujourd'hui ! Donc : la Terre craint. Et ma p’tite sœur est ici. Seule. Bon, OK, en théorie, elle est pas seule. Mais est-elle réellement en sécurité, avec des criminels ? J’sais bien qu’certains finissent dans la Sky Box pour des délits relativement peu graves (poussés surtout par la misère, plus qu’par réelle cruauté ou sadisme !), j’ai été dans la Garde, j’ai contribué à quelques arrestations, et la moitié, j’les ai désapprouvé, mais j’étais bien obligé d’suivre les ordres. Car contrairement à c’que certains demeurés paraissent croire : on n’fait pas d’vieux os dans la Garde, si on ouvre trop régulièrement – et sans faire montre d’la moindre discrétion ! - notre gueule en critiquant l’système judiciaire d’la Colonie ! L’Conseil est rempli d’pourris, mais ils sont loin d’être totalement cons et stupides…. Tout ça pour dire qu’y’a des prisonniers qu’ont pas forcément mauvais fond, qu’ont été envoyés sur Terre, mais y’en a certains qui sont loin d’être des enfants d’chœur, force est d’le reconnaître ! Et Shumway ne m’a communiqué que quelques noms, quand il m’a demandé d’tuer Jaha, donc, j’sais même pas avec qui O. peut bien être. Et c’est sans doute cette putain d’ignorance qui rend la situation plus horrible encore. Clairement, l’fait d’avoir été Garde, pour le coup, n’aide pas à m’rassurer. J’en suis à être partagé : quel est l’plus gros danger auquel ma p’tite sœur risque de s’retrouver confronter, entre la Terre, et ses compagnons d’infortune ? Sérieusement, faut que j’retrouve vite O., j’vais finir raide cinglé, plongé dans une telle incertitude qui n’cesse de s’obscurcir au fil des heures. J’m’efforce cependant d’rester positif : O. va bien, elle n’est pas blessée, son groupe a aussi eu la chance d’avoir son bout d’navette en bon état, ils sont pas dans une galère aussi froide qu’la nôtre…, tant d’refrain que j’m’oblige à m’répéter, encore et toujours, pour n’pas sombrer. J’ai cependant conscience que j’me lance possiblement dans une quête impossible : l’périmètre où elle a pu atterrir est théoriquement vaste, et rien ne m’garanti qu’ils vont rester sur place. C’est une entreprise titanesque qui m’attend, mais j’m’en cogne : pour retrouver ma frangine, j’suis prêt à tous les risques et toutes les folies ! Alors n’perds pas l’espoir, garde la tête froide, et tâche d’trouver au plus vite une piste pour t’tirer d’ici et aller retrouver O ! C’est en m’disant d’telles choses que j’finis par quitter mes pensées pour m’exhorter, à haute voix, et affirmer que j’retrouverais Octavia. Coûte que coûte : je n’le dis pas, mais j’y pense fortement ! J’peux compter qu’sur moi, après tout, pour tenter d’conserver un minimum d’espoir, et m’exhorter à poursuivre, en dépit des difficultés qui m’attendent. Et bien entendu, c’est à c’moment que j’réalise que j’suis pas seul, pile maintenant qu’on vient m’faire chier. Sérieux, j’ai envie d’être seul, les gens peuvent pas comprendre ça ? Après les dernières heures, m’faut remettre de l’ordre dans mes idées.

J’suis encore plus sur la défensive quand j’vois d’qui il s’agit. Inconsciemment, très inconsciemment, j’ai pas envie qu’elle m’voit dans un tel état, aux abords d’un gouffre où se mêlent incertitude, appréhension, perte de raison, nerfs sur l’point d’lâcher… C’est pour ça que j’me montre aussi peu agréable (sans compter que j’suis fatigué et peu enclin d’être patient et/ou diplomate, là !). Mais ça n’marche pas. L’inverse aurait été étonnant ! « Parfait. », quoiqu’avec ce p’tit mot, j’l’avoue, l’espace d’une infime seconde, j’me suis laissé aller à imaginer qu’elle avait pu s’décider à faire demi-tour. Mais la blonde est têtue, j’l’ai entraperçu, lors d’nos diverses rencontres. « Juste.. C'est pas en prenant l'air sans rien sur les épaules que tu vas te débarrasser de moi. Au contraire. », poursuit-elle, n’faisant pas du tout mine de s’relever. Ouais, car à peine arrivée, qu’la blonde s’est assise, pas gênée du tout. J’pousse un soupir, en levant – au sens propre du terme, pour la 1ère fois d’ma vie ! – les yeux au ciel, face à l’entêtement d’la privilégiée. Cela dit, bien au fond d’moi, d’façon plus qu’inconsciente, j’suis soulagé, qu’elle reste. Dans un très lointain recoin d’mon esprit, un que j’refuse d’examiner plus que d’raison, j’avais juste besoin d’elle. Disons qu’elle parait être – pour l’instant – et même si ça m’écorcherait la gueule d’l’admettre (puis que j’en ai pas conscience !) – la seule qui soit un minimum en mesure d’me comprendre et d’m’écouter réellement. On va dire qu’parce qu’elle est c’qui m’rapproche l’plus – indirectement – d’Aaron, à l’exception d’la nana d’celui-ci, du moins. « Sans doute, mais t’seras débarrassée d’moi avec un peu d’patience : mon plan diabolique sera à moitié réalisé ! », grommelé-je, entre mes dents, alors qu’elle s’entête encore à m’foutre un bout d’sa couverture sur les épaules. Mes dents s’referment sur mes lèvres, tandis que j’retiens mon souffle, n’perdant pas pour autant mon air courroucé. Et pourtant, mes pensées ont changé d’direction. D’un coup. Octavia est reléguée dans un p’tit coin d’mon esprit (mais pas un recoin que j’n’ose pas visiter, par contre !), et déferlantes de flash de c’qui s’est produit, il y a une poignée d’jours, dans la cellule d’la blondinette. Depuis, on ne s’est pas montré d’nouveau « si proches » : bon, c’était ni le lieu, ni l’moment, faut dire (non pas qu’ça l’soi, maintenant !). Mais du coup, là, bah, tout  m’revient, avec cette proximité, et c’est pour le moins déroutant. Bien entendu, j’fais comme si de rien n’était. Parce que c’est l’cas, d’toute façon. Parce que ça n’signifiait rien, d’toute façon. Elle aurait pu demander ça à d’autres, hormis Bennett et sa clique, j’veux dire. Mais il y a des matons qui sont moins pervers et cons qu’eux, et qui plaisent visiblement à la gente féminine. Et c’est p’têtre parce que j’me suis persuadé qu’elle aurait pu agir ainsi avec n’importe qui, que j’suis sur la défense, et que j’continuerais à l’être, par la suite. D’manière plus qu’inconsciente, j’en suis venu à m’dire que c’jour-là, j’n’ai fait office que « d’objet », qu’moi ou un autre, ça n’aurait fait nulle différence. Qu’ça aurait carrément pu être à deux doigts de déraper, comme ça l’a été là. Pas vraiment l’genre de pensées qu’j’aime voir pourrir mon cerveau, même si ça reste loin d’être assumé, c’genre de doute. Une seule chose reste sûre, d’mon côté : non seulement, j’n’aurais jamais accepté cette « ultime volonté » si elle n’avait pas été proférée par la blonde, sans oublier que ça n’aurait jamais été aussi loin qu’ça. Et l’paradoxe veut que j’ai conscience d’ça sans en avoir pleinement conscience… C’est là, dans un recoin d’mon esprit, caché, et impactant pourtant l’moindre d’mes faits et gestes avec la Griffin. J’pourrais tenter d’amener l’sujet sur l’tapis, pour mettre les choses au clair. Mais quel intérêt ? Elle est avec Zack. Elle l’était déjà, dans la Sky Box, mais était sensée n’avoir plus qu’quelques jours à vivre. Et puis, c’est toujours autant l’bordel, dans mon esprit, donc, quel intérêt d’chercher à démêler tout ça ? Ca n’a aucune espèce d’importance ! Ca n’était qu’un moment d’égarement, qui n’revêt clairement pas la même importance qu’la disparition d’l’autre moitié d’la navette ! Et ça n’est franchement pas l’fait qu’elle tente de m’éviter l’hypothermie, qui va changer les choses. Pas plus que l’fait d’être sur Terre. Car faut pas s’leurrer : rien n’va changer. Les rivalités sont bien trop présentes pour cesser un jour, si tant est qu’on parvienne à survivre.

C’est volontairement, qu’j’ai pas enchaîné sur son « S’il te plaît ! ». Même si j’ai bien noté qu’elle l’avait utilisé, signe qu’elle tenait à c’que j’me range à son avis. C’que j’ai à moitié fait, vu que j’l’ai pas viré de là. Mais j’l’ai pas non plus accueilli à bras ouvert. Faut dire aussi qu’mon cerveau est à peine entièrement remis du plantage qu’il vient d’subir, avec cette proximité imprévue. J’ai cependant fini par attraper l’bout d’couverture qu’elle galérait à m’mettre sur les épaules. Pas réellement par envie d’me recouvrir d’la sorte, mais plutôt pour qu’elle arrête ses tentatives agaçantes. Ou p’têtre pas vraiment agaçantes, en fait, juste… déroutantes. Trop d’proximité tue non pas la proximité, mais anéanti certains d’mes neurones. Dans les faits, ça n’change rien, car elle reste toujours pas bien loin d’moi, mais au moins cesse-t-elle de s’tortiller pour déposer sa maudite couverture sur mes épaules. J'finis donc par tenir la couverture avec ma main droite, bras replié sur mon ventre, comme pour m'éloigner partiellement d'la blonde qui s'trouve sur ma droite. N’tenant guère à lui laisser croire que j’tolère à présent son intrusion à mes côtés, j’desserre pas les dents, fixant l’horizon  nocturne d’un œil morne. Pas réellement envie d’parler, ni à elle, ni à personne. Mais, bien entendu, la Phoenicienne n’parait pas l’entendre d’cette oreille ! Elle s’installe un peu plus confortablement, avant d’finalement dire : « Merci encore pour, tu sais.. ». Fronçant les sourcils, j’me tourne vers elle, tandis qu’elle s’râcle la gorge et tapote sa jambe blessée. « Dis-moi, t’es malade ou quoi ? Entre ton « s’te plaît » et ton « merci », j’pourrais presque commencer à m’faire du souci pour toi, t’sais ! ». L’regard que j’lui lance est furtif, à croire que j’redoute qu’elle n’soit en mesure de détecter dans mes yeux l’voyage temporel que j’viens involontairement, ces dernières secondes, et encore moins l’fait qu’ça ait pu m’troubler d’une quelconque manière que ce soit ! J’détourne la tête, en poussant un soupir des plus sonores, dénotant lourdement avec la p’tite touche d’humour qu’j’ai tâché d’injecter dans mes propos. J’ose à peine bouger, bien trop conscient d’sa présence à mes côtés, n’serait-ce que par la chaleur qu’son corps diffuse. J’ai beau être focalisé sur mon souhait d’retrouver O., il n’empêche qu’une partie d’mon esprit s’souvient d’tout, notamment d’la sensation presque d’routine qui ressortait, dans l’fait d’avoir Clarke Griffin contre moi. Ca aurait dû être un peu étrange, après tout, n’est-ce pas ? J’veux dire : ça l’est toujours un peu, lorsque j’suis avec Mara. C’est quelque peu maladroit, loin d’être naturel, un brin gêné, ça n’a guère de sens, sinon répondre à une envie, aussi primale qu’bourrée d’auto-destruction d’mon côté : c’est pas anodin, d’s’envoyer la meilleure amie d’son 1er amour, tout d’même. Cela dit, les multiples différences qui existent entre les quelques égarements qu’j’ai pu connaître en présence d’Clarke, et avec les instants d’intimité qu’j’ai pu vivre avec Mara, j’me refuse d’les voir tel qu’ils sont, bien trop révélateurs pour être innocents. L’voilage de face, j’en fais tout un art, les gars, vous pouvez pas rivaliser avec moi, tentez même pas, ça serait une perte de temps pour vous !

Mes sourcils s’froncent, ma tête s’abaisse légèrement, alors qu’j’enchaîne sur un terrain un peu plus sérieux, comme si mon instinct me hurlait d’pas trop dériver. D’toute façon, nul besoin d’rappel de c’genre-là, avec l’angoisse pour O. qui m’ronge, j’ai du mal à penser à autre chose, plus d’une poignée d’secondes. D’une voix plus sérieux qu’précédemment, j’ajoute alors : « T’ferais bien d’songer à t’préserver un minimum. Au cas où tu l’aurais pas r’marqué, y’a pas des masses de doc’, ici, et la Terre craint. ». Bien entendu, qu’j’lui fais la morale sur l’fait qu’elle veuille être partout à la fois. J’comprends son envie, mais j’tâche d’lui faire ouvrir les yeux sur l’fait qu’elle prend des risques avec sa santé, et, par extension, avec celles des autres délinquants ! Mais on l’a tous constaté, qu’la Terre était dangereuse, notamment lorsqu’avec le p’tit groupe de c’matin, on a fait une sale rencontre… « Et t’auras encore plus de gens qui compteront sur toi, quand on aura retrouvé les autres. Et j’te laisse pas toucher O. si t’es pas au meilleur d’ta forme hein ! ». Y’a aussi bien d’l’humour qu’un bel élan d’sincérité, dans ma voix. Hors de question qu’une toubib à moitié HS n’soigne ma frangine – car celle-ci aura sans doute besoin d’soins – n’la touche ! J’laisse pas n’importe qui s’occuper d’ma p’tite sœur, moi ! « Alors si tu t’préserves pas pour toi, fais-le pour eux ! », terminé-je, ponctuant ma phrase d’une œillade rapide dans sa direction, évitant cependant d’trop bouger, pour n’pas la toucher plus que d’raison. Un peu complexe, vu qu’nos bras s’frôlent, de par la couverture qu’on partage. L’conseil que j’lui donne est clairement plus facile à dire qu’à suivre. Mais j’le sais parfaitement, pour m’être efforcé d’le mettre en application, ces dernières années, afin d’veiller sur ma mère et ma cadette. Et bien que je n’l’ai pas dit, j’ai aussi besoin d’la blonde. Parce qu’elle est notre seule doc, bien entendu. Et très platoniquement pour d’autres raisons que j’m’applique à dissimuler sous une mauvaise foi manifeste. Après, j’sais qu’y’a Mara, mais elle n’est qu’infirmière, elle, là où Clarke est doc’, bien qu’la Phoenicienne n’ait pas fini son cursus. Disons qu’idéalement, faut qu’elles soient toutes les deux en forme. Plus encore parce qu’on ignore dans quel état vont être les autres, et également parce qu’on n’sait pas s’ils ont des doc’ ou pas (et des plus expérimentés ou pas qu’la Griffin !). Terminant d’parler, j’inspire profondément, avant d’laisser m’échapper un profond soupir, marqué par la fatigue – plus psychologique qu’physique – qui m’assaille. Une fatigue liée à la projection que je n’cesse de m’faire des jours à venir, qui seront lourdement chargés, et là, entre clairement dans la balance ma formation d’Garde, qui m’permet d’tenir encore, dopé par la pression et l’adrénaline. J’commence mentalement à être las, mais j’prend sur moi. Pour Octavia, pour moi, ainsi qu’pour l’reste des délinquants. Qu’on m’qualifie d’fanfaron si on l’souhaite, mais j’sais clairement qu’si j’craque, on est mal barré : c’est pas qu’y’ait pas des masses d’Gardes certifiés parmi nous, mais en fait… bah, si, y’en a pas des masses… Et que j’le veuille ou pas, la sécurité des autres dépend en partie d’moi, du moins, tant qu’on aura pas d’nouvelles armes, et qu’il n’y aura pas d’tireurs corrects, ni d’individus habitués aux stratégies militaires. Accablé par tout ça, j’me passe une main dans les cheveux, utilisant ma main gauche, la seule d'libre, même si ça m'oblige à soulever quelque peu la couverture, et ainsi, à ressortir l'froid qui rôde à l'extérieur. J'déteste ça. Pas l'froid. Mais m'sentir presque fragile, et plus encore, inutile. P'tain, pourquoi a-t-il fallu qu'ça soit la Phoenicienne qui m'rejoigne, hein ? Et pourquoi a-t-il fallu qu'O. n'atterrisse pas au même endroit que moi ? Bordel, comment va-t-elle réussir à dormir, elle qui a toujours eu du mal à trouver un sommeil correct chez nous, au point de finir accro aux somnifères ?

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[Dans la nuit du 17 au 18 avril] Il y a des mots qui pleurent et des larmes qui parlent. (Bellarke)

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