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[22/04/82] I've got aches that take the shape of sticky lips & a kiss with the light out. [...]

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Clow
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Inclement Earth

MessageSujet: [22/04/82] I've got aches that take the shape of sticky lips & a kiss with the light out. [...] Sam 31 Mar - 15:32

La fourchette chrono :
 

P'tite précision :
 

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I've got aches that take the shape of sticky lips & a kiss with the light out. I’ve got scars from falling too hard. Its the mantra of the broken : Never again.
[Citation de Opium Twins - Never again] - feat Yukstoka - ♫ [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

Je fais rouler mes épaules, alors que je regagne l’étage des novices. La journée a été longue. Comme toutes celles que j’ai pu vivre, depuis que je suis à Polis. Bien entendu, je ne m’en plains pas véritablement. Si les divers candidats au titre de Heda se tournaient les pouces en attendant que leur Conclave n’arrive, cela laisserait à présager que le Commandant n’est qu’une feignasse, incapable aussi bien de combattre, que de mettre en place des stratégies. Car – et contrairement à ce que certains débiles d’utopistes aimeraient – on meurt assez facilement, dans le monde qui est le mien. Si autrefois, nous étions considérés vieux à partir de 50 ans ou plus, là, à 45 ans, on est un miracle de la nature, un ancêtre qui a été assez chanceux pour réussir à passer entre les mailles du filet des maladies, ou trop couard pour avoir su échapper aux griffes de Raesia ! (Et encore, ça, c’est uniquement dans les temps où il n’y a pas de conflits humains qui grondent !). Si le fauve a conscience de la difficulté de son monde, le gringalet, lui, soupire. Il n’est pas rare que le maladroit évoque à quel point ils ont de la chance, comparé à certains de leurs ancêtres, car Kongeda les préserve de bien des soucis. Clow est un fervent admirateur des divers Heda qui ont œuvré, à tour de rôle, pour que la Coalition croisse et perdure. Toutefois, comme Clow ne cesse de le répéter, cette alliance est perfectible, ainsi que le montre le mauvais traitement que les Nthas peuvent subir, au sein même de Kongeda, alors qu’ils devraient pouvoir vivre librement, comme tout à chacun. Le loup gronde toujours, lorsque le malhabile s’exprime ainsi : pour lui, seule la mort est bonne à donner à ceux qui s’en prennent aux Nthas, à Kongeda comme en dehors. Bien entendu, je pense tout particulièrement à Yuko, lorsque j’évoque les Nthas qui se font agresser, à cause de ce qu’ils sont. Mais ce problème, je le sais, je le réglerais plus tard….

Pour l’heure, c’est d’un pas ouvertement las que je me dirige vers ma chambre. Le minus a eu une rude journée. La matinée a été composée de longues heures de cours théoriques, sur les us et coutumes des divers clans composant la Coalition (il faut bien que Heda sache comment fonctionnent les maintes tribus dépendant de l’alliance !), ou encore des cours de lecture (oui, il faut bien que le Commandant soit en mesure de déchiffrer les symboles d’antan ! Les livres pouvant être une ressource précieuse, si on sait comment s’en servir.). L’après-midi a été partagé entre des cours d’équitation et d’entretien de sa monture, pour se terminer par un très long entraînement au combat. Inutile de dire que le gringalet dégingandé a préféré la matinée à l’après-midi ! Car entre ses gamelles à cheval, et les coups qu’il n’a su éviter, durant les cours de maniement aux armes… Et bien entendu, il y a eu des témoins, à tout cela ! Que ce soit parmi les quelques novices de son groupe, ou parmi les badauds qui se sont pressés pour voir les Nightblood s’exercer. Il faut bien que tout le monde puisse voir à quel point le Podakru est maladroit, et contribue à faire connaître à tous l’absence de talent de celui-ci ! C’est un travail de chaque instant, d’avoir l’air aussi pataud, croyez-moi. Parvenir à garder un certain équilibre entre maladresse et attachement du type qui fait de son mieux pour ne pas être trop à la traîne… Afin d’inciter les gens à me prendre en pitié, mais sans pour autant me prendre pour un cas perdu qui ne fout rien. Car ça, j’avoue que je ne pourrais pas le supporter. Si ça ne me fait rien, de savoir qu’on se rit de ma pseudo maladresse, je ne tiens guère à ce qu’on se moque de moi en permanence. Mon égo peut se taire, mais pas se dissimuler entièrement !

« La sanyrt est dans tes quartiers. », me fait savoir un gona, dans le couloir. Bien que l’ensemble de la tour soit surveillée, il est logique que des guerriers soient placés, en tout temps, là où résident les novices. Heda tient à ce que nous soyons en sécurité. Il en va de l’équilibre de la Coalition. J’avoue que je serai assez curieux de voir ce que le Fleimkepa proposerait, si jamais tous les novices venaient à disparaître, avant le Conclave… Passons… Mon regard se pose sur le soldat qui vient de me faire savoir que j’avais de la visite. Intérieurement, le loup retrousse ses babines dans un sourire carnassier. La Ntha est la marionnette dont je suis le plus fier. Mais ce sourire n’est qu’intérieur, j’affiche un bref air de surprise, avant de froncer les sourcils, et de hocher la tête. « Oh, il est vrai qu’elle m’avait dit vouloir me voir. », soupiré-je, en désignant mon bras, blessé durant la chasse rituelle, et libéré de son attèle il y a peu. Bien entendu, je n’avais pas oublié ce rendez-vous. C’est que Pakstoka a une très bonne mémoire. Mais le loup est joueur. Une chose que j’aime particulièrement voir chez Yuko : sa jalousie. Alors je la fais apparaître, ponctuellement, de toutes les manières possibles. Comme pour lui rappeler qu’elle est mienne. Bien entendu, comme pour tout le reste, il faut savoir doser. Ne pas trop en faire, mais ne pas rien faire du tout également. Juste de quoi lui remettre en tête l’évidence, que je suis le seul en mesure de vraiment la comprendre. Cela dit, si Pakstoka est joueur, Clow est connu de tous pour être ponctuel et aimer à tenir ses engagements, en temps et en heure. Chose bien difficile, avec un planning sujet aux imprévus, comme peut l’être celui d’un Natblida. Une chose plus facile à accepter pour le loup, qui sait même en jouer, suivant les gens, d’avoir à arriver en retard. C’est donc en soupirant et en fronçant les sourcils que l’inoffensif Podakru fini par ouvrir la porte de sa chambre, s’apprêtant à subir les foudres de la sanyrt.

Celle-ci, d’ailleurs, est assise sur la petite malle en bois, se trouvant au pied de mon lit. En un seul regard, je peux percevoir l’énervement qui est sien. Je la connais plutôt bien, ma jumelle. De là à savoir ce qu’elle me reproche exactement, par contre, c’est une autre paire de manche. Les femmes peuvent se prendre la tête pour un rien, je l’ai bien appris, au cours des années écoulées. « Désolé pour le retard. Longue journée. », dis-je, en refermant la porte derrière moi. Oui, je commence directement par des excuses. Il faut savoir prendre sur soi, quand on veut manipuler correctement les gens. Le mieux étant de leur laisser à croire qu’ils sont en position de force, alors que la réalité est tout autre. Je pousse un soupir, tout en me débarrassant de ma veste. Non sans grimacer, par ailleurs : mon corps est douloureux. Enfin, prétendument. Je suis bien plus sportif que les gens ne peuvent bien le savoir. Cela dit, quand je fais exprès de me blesser – autrement dit : presque tout le temps – je ne fais pas semblant. Alors si je feins d’être fourbu après une journée d’entraînement, je ne joue pas, lorsque je me plains de diverses blessures. Aujourd’hui, à maintes reprises, l’étourdi est tombé à maintes reprises de son cheval, et n’a su parer diverses attaques. Alors ce soir, j’ai assez mal. Mais mes muscles, en réalité, se portent plutôt bien, même si je ne les épargne pas non plus : je ne les sollicite juste pas autant que je le pourrais ! Je ne trouve cependant pas nécessaire de préciser que j'ai été manger en compagnie d'autres novices, ce soir. On nous demande, après tout, d'être un minimum uni, afin de s'épauler, durant notre formation (plutôt ironique, quand on sait qu'à l'issue de celle-ci, on nous imposera de nous tuer, mais bon, je fais ce que l'on attend de nous !). De fait, mon retard est plutôt conséquent. « Alors si tu veux m’engueuler, fais-le vite, d’accord ? », demandé-je à l’intention de la brune, en allant la rejoindre, sur la malle. M'asseyant à côtés d'elle, à l'issu de ma phrase. Déposant un baiser sur sa tempe. Manipulation. Laissant tomber ma tête sur son épaule, fatigué. Jeu. Attrapant sa main pour la serrer dans la mienne. Possession. Car si je ne suis pas amoureux de Yuko, il n'en reste pas moins vrai qu'elle est la seule pour laquelle j'éprouve réellement quelque chose. Quoi ? Je l'ignore. Mais le loup sait qu'elle est sienne, que lorsqu'il sera à la tête de Kongeda, elle sera la seule qui soit digne de siéger à ses côtés, la seule digne de porter - officiellement cette fois - ses enfants.

   
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Yuko
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MessageSujet: Re: [22/04/82] I've got aches that take the shape of sticky lips & a kiss with the light out. [...] Dim 20 Mai - 20:49

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I've got aches that take the shape of sticky lips & a kiss with the light out.
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Depuis la veille au soir, je n'attends que ce moment. Celui où je vais pouvoir enfin retrouver mon jumeau.  Pour des soins sur son bras, telle est la raison officielle de ma venue à cet étage, son étage. Mais, c'est surtout pour le voir et passer un peu de temps avec lui. Ainsi donc, je lui avais laissé l'un de mes messages codés que je lui laisse, sous l'encadrement de sa porte, dès que possible. Moi qui ne sait ni lire ni écrire, j'ai du trouver un moyen de me faire comprendre par Clow sans que personne d'autre ne puisse voir de sens à mes petits dessins. Parce que oui, j'aime bien dessiner à défaut de savoir manier la plume. Un symbole pour le jour, un autre pour le moment de la journée ainsi qu'un dernier pour l'endroit. Ils sont toujours cachés et intégrés à un ensemble bien plus banal. Et là, pour le coup, il s'agissait d'un arbre. Mais, pas n'importe lequel. Celui près duquel on se retrouve de temps à autre, lorsqu'on décide de s'éloigner un peu de la Tour et de Polis. Une sorte de petit endroit secret, même si cet arbre représenté ressemble à tant d'autres dans les alentours pour quelqu'un d'extérieur. Impossible donc pour quiconque de savoir de quoi il en retourne. Personne, sauf Clow. Me voilà à toquer doucement à sa porte, après une journée qui m'a semblé interminable après cette nuit bien trop courte. Tendant mon oreille encore valide, je n'entends rien de l'autre côté de la lourde porte que je finis par entrouvrir. Comme le couloir est désert, je marmonne un petit « Pakstoka, t'es là ? » Pas de réponse. J'en profite alors pour me glisser dans la pièce tout en refermant doucement la porte derrière moi. Et non, il n'est définitivement pas encore là. Je me doute qu'avec ses occupations, il risque d'avoir un peu de retard. Comme bien souvent. Il me faudra donc prendre mon mal en patience. Heureusement, notre petit renard ne m'attend pas de si tôt. Il est avec Kirsten, notre voisine directe, et qui ressemblerait presque à une amie. Elle s'entend très bien avec Ewald et l'un comme l'autre ne voient pas le temps passé ensemble. Mon pauvre petit renard.. Il n'a vraiment pas passé une bonne nuit. Il s'est réveillé de bien nombreuses fois, souffrant d'un mal de ventre, venant me voir à chaque fois. Si bien qu'à sa troisième venue, je lui ai dit de rester dormir avec moi. Il ne s'est pas fait prier, allant même jusqu'à être un peu apaisé dans mes bras, même si cela ne l'a pas empêché de se réveiller encore quelques fois. J'ai, ainsi, fini ma nuit en espérant que ma journée soit plus que tranquille pour pouvoir rester avec Ewald, avant de rejoindre son père. Malheureusement pour moi, à peine les premiers rayons du Soleil se sont-il faits voir qu'on a toqué à ma porte. Le Fleimkipa me réclamait moi, et aucun autre Sanyrt. Cette personne m'impressionne beaucoup. Il me fait presque peur, en fait, pour une raison que j'ignore. C'est mon intuition qui me pousse à me méfier de lui, même si je fais de mon mieux envers lui pour ses soins. Je ne pouvais pas rêver mieux comme début de journée. Un soupir m'échappe alors. Toujours pas de Clow en vue. Je ne sais pas depuis combien de temps je suis ainsi à l'attendre, mais ma patience en arrive presque à bout. A deux doigts de retourner chez moi, je finis par me rasseoir sur sa malle, le regard perdu droit devant moi. Il a mal choisi son jour, mon instabilité pouvant me rendre imprévisible dans de telles situations.

La porte finit par s'ouvrir, laissant mon jumeau se montrer. Enfin ! Je roule des yeux alors même qu'il referme la porte. Je me retiens de lui lancer un accueil que j'estime être bien mérité face à tout ce temps pendant lequel je l'attendais. Je n'en ai même pas vraiment le temps, en fait. « Désolé pour le retard. Longue journée. » J'en soupire, alors que je reporte mon regard droit devant moi. Surtout que moi aussi, j'ai eu une longue journée. De loin pas comparable à la sienne, je l'avoue. Mais, c'est sans compter ma nuit plus que difficile. Lui, il n'a pas ce genre de soucis à gérer, ce qui me rend dingue d'ailleurs. Cela me tue, doucement mais sûrement, de devoir taire à Ewald le nom de son père alors qu'il se trouve pourtant dans la même ville et plus encore : dans la même Tour. Je garde le silence, pour le moment, attendant de voir s'il va ajouter quelque chose. Ce qui ne tarde pas, alors qu'il se rapproche de moi. « Alors si tu veux m’engueuler, fais-le vite, d’accord ? » Fermant les yeux une brève seconde, je le sens s'être assis à mes côtés. Son baiser réchauffe subtilement mon visage, ce qui a le don de m’exaspérer contre moi-même. Gardant la tête droite, je ne laisse que mon regard s'abaisser vers cette main serrant la mienne. A quoi il joue ? Il me dit que j'ai le droit de l'engueuler, et il agit ainsi ? Par tous les Dieux : qu'est-ce qu'il me rend dingue ! Plus que je ne peux l'être à la base, du moins. Mais, j'ai décidé de résister. Un peu. Avec détachement et sans le moindre mouvement vers lui, je lui demande le plus simplement du monde. « Pourquoi je devrai le faire vite ? J'ai pourtant tout mon temps.. » Et j'aurai de quoi dire, de quoi attaquer. Tout et tout le monde. Plissant les yeux, je la sens, cette colère aveuglée qui monte un peu plus. « Et moi aussi, j'ai eu une longue journée. » Et pourtant, j'étais là. A l'heure. Je finis par repousser, tout de même en douceur, sa main. Ce que je regrette surtout, c'est qu'on a perdu du temps ensemble.. Déjà qu'on ne peut pas se voir autant que je le voudrai, à cause de nos exigences respectives. Puis, il ne faut pas qu'on devine notre lien. Les choses pourraient bien mal tourner, pour lui comme pour moi. Sans oublier pour notre petit renard qui, par chance, jusqu'à présent, n'a pas vu son sang s'obscurcir. Pourtant, c'est un risque. Je le sais si bien. Mais, je ne peux pas me faire à l'idée que je risquerai de perdre Clow et Ewald. Je perdrai tout ce autour de quoi ma vie tourne, finissant par embrasser cette folie qui plane au-dessus de ma tête depuis.. cette nuit. Celle-là même qui m'a marqué à jamais autant physiquement que mentalement. Regardant devant moi, je finis par plisser les yeux en tentant d'éloigner cette crainte qui signerait ma fin. Personne ne me prendra mon -notre- fils et Clow, lui, finira par sortir victorieux de son Conclave. Les choses ne peuvent pas en être autrement. Elles ne doivent pas en être autrement. Finalement, je me lève pour me placer face à mon jumeau, qui est plus que cela. Je ne peux rien faire tant qu'il a sa chemise, de toute façon. Voilà pourquoi mes mains se posent sur ses épaules. J'ai juste.. besoin de ce contact pour tenter, difficilement, de mettre cette colère de côté. Ou au moins commencer à tenter de l'éloigner un peu. Car elle est toujours là, elle gronde toujours. Surtout que Clow n'y est pas si innocent, étant sans doute l'élément de trop aujourd'hui. Mais, il est aussi le mieux placé pour me permettre de dormir un peu mieux cette nuit. Il est le seul capable de rafistoler, au moins en apparence -car je doute être un jour pleinement comme celle que j'ai pu être-, cette ombre que je suis devenue. Il est aussi, du coup, le seul à raviver l'étincelle éteinte de mon regard. D'un simple mot. D'une simple caresse. Et c'est pour ça que je me raccroche à lui comme je le peux. Et que cette crainte de son Conclave me noue le ventre et me réveille régulièrement en sursaut en pleine nuit. En parlant de nuit, mon regard s’assombrit à nouveau alors que l'une de mes mains remonte jusqu'à sa chevelure. « Entre ton fils qui n'a pas réussi à trouver le sommeil de toute la nuit, Titus qui a demandé à me voir dès le levé du jour et.. Toi .. » Je ne termine même pas ma phrase, me contentant de soupirer, avant de secouer doucement la tête de gauche à droite. Délicatement, mes doigts de fée virevoltent près de son col, pour déboutonner ces quelques accroches. Une fois chose faite, mes mains s'attardent un peu trop à effleurer sa peau, sous sa chemise, avant de finir par la relever pour l'enlever une bonne fois pour toute. Un geste que je ne fais qu'avec lui, bien entendu. Les autres qui ont besoin de mes services se débrouillent seuls pour me laisser voir leurs maux si besoin. Cette énième blessure me laisse clairement penser qu'il paie bien trop cher le prix de son sang. « Allonge-toi et montre-moi ton bras. » que je glisse alors, posant sa chemise là où j'étais assise il y a peu, tout en me reculant d'un petit pas pour lui laisser un peu plus d'espace pour se relever. Certes, il aurait pu rester assis sur sa malle si je n'étais pas aussi fatiguée. Mais, là, j'ai juste envie de m'asseoir un peu plus confortablement au bord de son lit que de retourner sur cette malle.
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MessageSujet: Re: [22/04/82] I've got aches that take the shape of sticky lips & a kiss with the light out. [...] Mar 10 Juil - 22:54

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Sans surprise, la Sanyrt n’est guère d’humeur enjouée. Chez elle, la patience est une vertu qui n’est pas toujours présente, ainsi que j’ai pu l’apprendre, au fil des années passées à ses côtés. Ainsi donc, quand je suis en retour pour nos rendez-vous, je ne sais jamais dans quel état d’esprit je la trouverais. Mais pour ne rien vous cacher, cela ne rend la situation que plus intéressante et piquante, bien loin d’une monotonie qui serait des plus déplaisantes à mes yeux. Et il faut bien l’avouer : la part de fauve en moi n’aime que trop jouer avec les nerfs de la brune, pour mieux parvenir à asseoir mon emprise sur elle. Comme pour mieux lui faire indirectement rentrer dans le crâne, à quel point elle a besoin de moi, à quel point elle n’est pas grand-chose, sans moi à ses côtés. Que peu importe à quel point elle peut m’en vouloir, au final, elle n’est bien qu’auprès de moi, qu’il n’y a bien que moi qui suis en mesure de la comprendre. Et lui faire réaliser qu’elle ne pourra jamais men vouloir assez pour me rayer de sa vie. On pourrait croire que je joue avec le feu, mais ça n’est même pas le cas, en réalité, tant j’ai confiance en moi. Je pratique ce petit jeu, avec ma jumelle, depuis des années, à présent, et jusqu’à maintenant, ça n’a fait que la mettre un peu plus sous ma coupe. Gardez en tête qu’il est plus que rare que je fasse quelque chose par hasard. Mes plans sont bien trop grands pour être mis en danger avec un comportement impulsif. Tel un maître en échec, je m’efforce d’avoir toujours 2 ou 3 coups d’avance, afin que rien ne puisse entraver mes projets d’avenir. Rien ni personne ! Pas même Yuko. « Pourquoi je devrai le faire vite ? J'ai pourtant tout mon temps.. », s’offense-t-elle, boudeuse. Les babines du loup se retroussent en un sourire amusé, tandis que les lèvres de Clow affichent une moue narquoise. Comme pour la défier de traîner pour m’engueuler, sachant qu’elle ne tiendra pas, son caractère sait s’embraser, par moment. Notamment quand le temps que nous pouvons passer ensemble, se retrouve considérablement réduit, alors que déjà, il n’est pas bien long. « Et moi aussi, j’ai eu une longue journée. », précise-t-elle. Pire qu’une enfant, pour le coup, à s’amuser à comparer, de manière sous-entendu, les journées qu’elle peut avoir, avec celles qui me sont imposées.  Je ne nie pas que les siennes puissent être éprouvantes, mais sur un autre registre, et avec nettement moins d’imprévus, en théorie. « Ebaine… », commencé-je, utilisant ce prénom sous lequel elle se faisait appeler, depuis quelques années, par un cercle restreint d’individus de son entourage. Signe que je m’apprête à être on ne peut plus sérieux, pour la suite. Un éclat se tristesse se tapie dans la voix du Podakru, après que sa jumelle ait repoussé sa main. Habile manipulation de ma part, qui joue le jeune homme désemparé de voir sa jumelle – et tellement plus que cela ! – mettre autant de distance avec lui ! « Tu sais aussi bien que moi que je n’ai aucune latitude quant à mon emploi du temps. Je ne suis pas un esclave officiellement, mais j’ai autant de liberté qu’eux ! ». Il y a une pointe de regret dans la voix du maladroit. C’est que sa vie d’antan lui manque, même si cela signifiait devoir supporter, encore et toujours, les reproches de sa mère. Le loup, par contre, se sent enfin libre, à Polis. Certes, dans une liberté toute relative, puisqu’il ne peut faire ce qu’il veut, quand il le souhaite. Mais avec de la patience, il le pourra. Une fois qu’il sera Heda. Une fois que Kongeda sera mienne…

Un soupir franchi le seuil de mes lèvres, alors qu’elle fini par se lever, non sans avoir ostensiblement détourné le visage. La sensation de rejet éprouvé par l’ancien apprenti barbier est flagrant. Dans une autre vie, j’aurai pu prétendre à un oscar, tant je suis doué ! J’instille un peu de tristesse dans mon regard, en voyant Yuko paraître s’éloigner de la sorte. Intérieurement, je réprime un sourire, lorsque la Sanyrt, retournée vers moi, pose ses mains sur mes épaules, avant de les glisser dans mes cheveux. Clow ne parvient à s’empêcher de fermer doucement les yeux, comme pour mieux savourer cette douce caresse. « Entre ton fils qui n'a pas réussi à trouver le sommeil de toute la nuit, Titus qui a demandé à me voir dès le levé du jour et.. Toi .. », est ce que la jeune femme parvient finalement par admettre. Au gré de ses paroles, mes yeux se sont ouverts, pour s’ancrer dans les siens. Tentative de son jumeau de la rassurer, de lui transmettre l’idée qu’il la comprend. Jubilation du loup, de voir qu’elle est à ce point sous mon emprise, incapable de m’en vouloir, incapable même de se projeter dans une vie sans moi. Car c’est ça, que je déchiffre, dans sa phrase, dans le fait qu’elle ne puisse la terminer. « Je suis désolé. ». Le murmure est infime, mais il est bel et bien là. Bien entendu, ça n’est nullement pensé, mais ça en a tout l’air : à croire que je suis né pour jouer la comédie ! Parce qu’il est doux, Clow, et attentif aux autres, et plus encore à sa sœur. Que d’aussi loin que remontent leurs souvenirs, il a toujours tout mis en œuvre pour la faire sourire et rire, pour qu’elle se sente heureuse et aimée. Puisqu’il tient à Yuko, comme un frère, et plus encore comme un amant épris de sa belle. Belle qui, d’ailleurs, ne se gêne pas pour ôter le haut de celui-ci. Non pas dans un but de ne faire qu’un, même pas. Elle est bien trop pro, ma douce Yuko. Cependant, cet effeuillage est loin d’être entièrement pro, ses mains ne se privent pas pour s’attarder sur ma peau. Et ça n’est pas pour me déplaire. Il faudrait être aveugle pour ne pas remarquer que Yuko est une belle femme. N’oublions pas, de plus, l’attachement profond et viscéral que Clow éprouve pour elle. Alors rester de marbre face à de tels gestes, relèvent du domaine de l’impossible, pour le novice ! Docilement, je la laisse me débarrasser de ma chemise, l’aidant en levant mes bras au-dessus de ma tête quand le besoin s’en fait ressentir. « Allonge-toi et montre-moi ton bras. » Encore un ordre. Du moins est-ce perçu ainsi par le fauve. Celui-ci lève mentalement les yeux au ciel, tandis que le grand nigaud se contente de hocher positivement la tête. Lentement, il se lève, alors que la brune dépose la chemise désormais ôtée, là où elle était précédemment assise. « Bien, chef. », soufflé-je, poussant le vice jusqu’à lui murmurer ceci dans le creux de l’oreille. Je ne me suis pas gêné pour l’attirer jusqu’à moi, après m’être levé. Mains sur ses hanches, joue collée à la sienne, je reste ainsi quelques secondes. Jumeau trop proche de sa sœur, amoureux désœuvré de ne pouvoir assumer ouvertement cette liaison. Profonde inspiration de Clow, afin de mieux s’enivrer de l’odeur de son interlocutrice, comme si cela lui avait manqué, comme si cela était la seule chose capable de le faire tenir, au jour le jour. Le jeu se termine sur un baiser, chastement déposé sur le front de la guérisseuse passablement énervé. Les mains délaissent à regret sa fine taille, après s’être crispées autour de celle-ci quelques instants, comme pour mieux la coller contre moi. Soupirant, comme si cela me coûtait, je m’éloigne d’elle, pour aller m’allonger sur mon lit. Malicieusement, Clow n’a pas résisté cependant à la tentation d’attraper la main de la brune, afin de l’entraîner à sa suite. A croire qu’il est incapable de se priver de sa présence, maintenant qu’il peut en profiter, et tant qu’il peut en profiter. Enfin, je finis par m’allonger sur le dos, sur ce qui me sert de lit. Il y a un certain grognement qui m’échappe, accentué volontairement afin de laisser passer l’idée d’une rude journée, et de muscles endoloris. Ma tête roule sur le lit, afin de se poser vers Yuko. « Rassure-moi, tu ne t’amuses pas à déshabiller tous tes patients ! ». Un mélange d’amusement et de jalousie résonnent dans la voix du novice. Encore par jeu, encore pour faire l’amoureux transi. De mon bras qui fut blessé, je l’attire de nouveau vers moi, afin de la convier à prendre place sur mon lit. « Tu es mienne, Yuko. », terminé-je, après m’être redressé, en appui sur les coudes, pour lui voler un baiser. L’amoureux s’exprime, le manipulateur jubile. Une phrase mièvre, lancé par Clow, afin de confirmer, encore et toujours, à Yuko, qu'il ne voit que par elle, qu'il ne veut qu'elle, quand cela sera possible, officiellement. Un pur jeu, pour le marionnettiste.

   
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MessageSujet: Re: [22/04/82] I've got aches that take the shape of sticky lips & a kiss with the light out. [...] Mar 2 Oct - 0:03

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Je sais très bien que j'ai énormément de chance, de pouvoir vivre à Polis. Plus encore dans cette fameuse tour, dominant les alentours. Beaucoup seraient prêts à tout pour être à ma place. Travailler pour Lexa et ses proches, ainsi que toutes hautes figures faisant une halte entre ces murs. Ces gens ne voient que les avantages à un tel rôle. Sans doute sont-ils aussi des êtres opportunistes. Ce qui est loin d'être mon cas. J'ai juste voulu prendre le meilleur enseignement qu'il m'était donné d'acquérir. Et qu'il ait eu lieu ici ou ailleurs, le résultat aurait été le même. La protection offerte par Heda est loin d'être horrible à supporter et ce, même si je suis privée de certaines choses.. Au moins, je sais qu'en étant ici, dans cette tour, personne ne s'en prendra à moi. Du moins, pas réellement. Une nuance nécessaire, parce que je revis cette agression durant certaines de mes nuits agités, où mes rêves ne sont que cauchemars. Et qui me font me réveiller en sursaut, le cœur battant aussi fort que ce fameux soir, et des larmes coulant le long de mes joues. Par chance, Ewald n'en est que rarement réveillé. Il semblerait qu'il ait un sommeil nettement plus lourd que le mien. Et plus paisible, je l'espère. Lui, au moins, il semble s'épanouir comme tout garçon de son âge. Nombreuses sont les personnes qui le connaissent et qui veillent sur lui lorsque je ne peux pas l'avoir à l’œil. Lui aussi, il est protégé. Doublement, même. Grâce à Lexa, évidemment. Mais, par moi aussi. Juste parce qu'il est clair que si quelqu'un s'en prend à lui, il s'en prend à moi aussi. Il est encore jeune après tout. Ou peut-être que je le couve trop, je n'en ai aucune idée. Tout ce que je sais, c'est que je dois toujours faire au mieux pour qu'il ne manque pas de l'absence de Clow, avec le rôle qui devrait être le sien dans sa vie. J'aurai préféré que les choses se passent autrement pour notre petit renard. Et ça, tout en priant pour que son sang ne s'obscurcisse pas à son tour. C'est bien là l'une de mes plus grandes craintes. Qu'Ewald soit aussi destiné à être un novice, et qu'il se retrouve face à son père dans ces combats sanglants. Ceux-là même qui alimentent bon nombre de mes autres cauchemars. Parce qu'évidemment, j'y pense. Et je redoute ce jour. Parce que je sais très bien que si je perds Clow, je perds toute une moitié de moi. Certains donneraient n'importe quoi pour avoir ce soit disant honneur d'élever un futur novice. Mais, à mes yeux, si cela devait arriver à Ewald, ce ne serait qu'une véritable malédiction. Et bien évidemment, j'y pense. Alors que j'attends Clow, dans sa chambre. Il met mes nerfs à vif à mesure que le temps passe sans le moindre signe de présence de sa part. Là, j'ai juste envie de rentrer chez-moi et de récupérer de ma bien trop courte nuit passée. Tout, plutôt que de l'attendre comme ça. Finalement..

Il est là, sans doute juste à temps avant que je ne perde le peu de patience qu'il me reste pour la journée. Bien évidemment, je ne peux pas m'empêcher de grogner un peu en lui rappelant que moi aussi, j'ai passé une journée interminable. Alors, oui. Je sais bien qu'on attend énormément de sa part. Mais, quand même. C'est sans doute égoïste, de ma part, de lui en vouloir pour ce retard qui n'est même pas vraiment de sa faute, je le reconnais. Sauf que ma trop longue journée à juste raison du peu de bon sens qu'il peut me rester à ce moment-là. « Ebaine… » qu'il glisse alors, simplement, me faisant ainsi regagner le silence tout en reportant mon regard vers lui. Je comprends rapidement que ce qu'il va bien pouvoir me dire n'est de loin pas à prendre avec humour, qu'il va parler avec sérieux. Et donc, que j'ai tout intérêt à l'écouter, pour tenter de me calmer un peu même si je ne peux pas m'empêcher de refuser le contact de sa main. Mon regard n'est pourtant pas doux, pas amoureux en cet instant. Juste impatient, fatigué aussi. Très fatigué. « Tu sais aussi bien que moi que je n’ai aucune latitude quant à mon emploi du temps. » J'en détourne le regard, réprimant un soupire de peu. Oui, je le sais. Mais, est-ce que je n'ai pas le droit d'être blasée de ma journée ? De vouloir la terminer au plus vite, pour me jeter sous mes draps ? « Je ne suis pas un esclave officiellement, mais j’ai autant de liberté qu’eux ! » Certes. Ce rappel me fait légèrement baisser la tête et me ramène à ma propre condition. Non pas que je me considère comme une esclave, de loin pas. Mon occupation me plaît, m'intéresse aussi difficile puisse-t-elle être certains jours. Mais, je le suis, dans un tout autre sens. Une esclave du silence, qui ne peut décemment pas vivre aussi librement qu'elle le voudrait, elle non plus. Tout aurait été si différent s'il n'avait pas ce fameux sang noir coulant dans ses veines.. D'autres obstacles auraient du être à surmonter, mais pas qui me paraissent aussi imposants que ceux face à moi. Notre petit renard est lui aussi, involontairement, esclave de ce silence. Et tout cela est si pesant. Pourquoi rester ici, si lui comme moi, on se considère comme des esclaves, à des niveaux différents certes, mais ce n'était pas comme ça quand on était enfants. Penser à tout ça rend mes yeux plus brillants, se voilant même. Pourtant, cela fait presque une éternité que je m'efforce de ne rien laisser paraître. « Évidemment, que je le sais. » Une réplique qui paraîtrait presque comme étant boudeuse. J'ai beau le savoir, oui. Il n'en reste pas moins que cette situation est difficile au quotidien. De toute façon, si je reste à Polis ces prochaines années, ce sera à subir pour un moment encore. On en a déjà parlé des dizaines voire des centaines de fois. De ces vies qu'on est obligé de mener, ici, à Polis. Je ne dis rien de plus, cela ne servirait de toute façon pas à grand chose.

Décidant qu'il est finalement tant de commencer ce pourquoi je suis venue, je me lève. J'entends le soupire de mon jumeau. Comment est-ce qu'il serait possible de l'ignorer alors que tout est si calme dans la pièce ? Il n'empêche que je ne peux pas vraiment m'empêcher de passer cette main dans ses cheveux. Geste assez courant, une habitude que j'ai envers lui depuis tellement de temps. Qui montre sans doute aussi que finalement, même si je râle un peu, ça m'apaise de l'avoir près de moi. « Je suis désolé. » Des mots très simples, qui obligent presque mon regard à croiser celui de Clow avant que je ne me décide à retirer son haut. Ses manches longues ne vont vraiment pas me faciliter la tâche si elles restent là, à couvrir son bras blessé. Je ne peux d'ailleurs pas m'empêcher de jeter un coup d'oeil à sa blessure, au moment même où ce tissu finit pour de bon entre mes mains. Je m'en mords la lèvre, tout en me demandant ce qu'il a encore bien pu faire pour finir dans cet état. Mais, je ne m'aventure pas sur ce sujet, me contentant de lui dire de rejoindre son lit, pour me laisser m'occuper de son bras. « Bien, chef. » Et ce, même si j'ai un moment d'égarement en le sentant si proche de moi, ses lèvres effleurant presque mon oreille valide. Plus encore avec ses mains qui s'aventurent sur mes hanches. De toute façon, elles peuvent se poser n'importe où sur moi, plus rien n'a de secret pour elles. Quand aux miennes, impossible de les empêcher de remonter jusqu'aux épaules de mon jumeau pour s'y poser brièvement. Sans même m'en rendre compte, mes yeux se ferment. Pure illustration de la confiance que j'ai en Clow, étant certaine qu'à cet instant, personne ne peut me briser comme ça a été le cas des années auparavant. Sentiment assez déstabilisant pour quelqu'un comme moi, qui ne vit plus que dans une bulle coupée de tout qui rejoue chaque jour le même refrain. Inlassablement. Je ne les rouvre qu'en sentant la main de Clow s'emparer de l'une des miennes, pour m'amener près de lui, avant qu'il ne finisse par s'allonger, assez douloureusement visiblement. « Rassure-moi, tu ne t’amuses pas à déshabiller tous tes patients ! » Levant les yeux vers le plafond de cette chambre, je ne peux pas m'empêcher de soupirer. Ça aussi, on en a parlé un nombre incalculable de fois. Même si je sais que les rumeurs ne cessent pas de circuler à mon sujet, me donnant l'image d'une fille plus que facile. Fronçant les sourcils, je le laisse pourtant m’entraîner au bord de son lit. Il ne me laisse d'ailleurs pas vraiment le temps de répliquer, ce qui n'est pas forcément une mauvaise chose tant je pourrai continuer de miser sur ma part intérieure bien froissée, encore, suite à cette trop longue journée. « Tu es mienne, Yuko. » qu'il finit par glisser, en profitant pour s'accaparer mes lèvres. Des mots et un contact particuliers, qui font redescendre encore cette folie d'un cran. Elle reste pourtant bien là, tapie en moi. Mes yeux se referment, alors que l'une de mes mains vient se poser, délicatement, sur son torse. D'un geste de la main, je lui fais comprendre qu'il vaudrait mieux qu'il se tienne tranquillement allongé maintenant. Me raclant la gorge, ils se rouvrent, allant même se poser sur ce bras blessé. J'en profite pour m'asseoir un peu plus confortablement près de mon jumeau. De là, je commence à juste passer doucement ma main sur son bras. Histoire de tenter de sentir où ça peut bloquer. Concentrée sur ce que je fais, je me risque tout de même à jeter un coup d'oeil vers Clow, tout en glissant un petit .. « Il y en a pour qui je suis obligée, s'ils ne peuvent pas le faire d'eux-même. » Et ça, il doit bien le savoir de toute façon. Ce n'est pas un secret et c'est même pour ça que certains se laissent à faire circuler des choses si loin de la réalité à cause de simples gestes de ce genre. Soupirant une fois de plus, je trouve sans trop de mal et sans trop appuyer où il a visiblement pris un bon choc. « Et je sais, ça aussi, mais.. » Mon regard glisse jusqu'à mes mains, l'une posée sur son bras que je ne tarde pas à caler contre ma cuisse, l'autre tenant sa main avec douceur. La même que lorsqu'on était gamins et que notre mère s'en prenait un peu trop à lui. Et que j'étais là, pour tenter de lui apporter réconfort et bienveillance. Me reprenant, je secoue la tête de gauche à droite, avant de reprendre mes gestes sur son bras. « … Peu importe. » que je conclue. Je n'ai vraiment pas envie de ramener une énième fois le même sujet sur la table. De dire une fois encore à quel point c'est difficile. Que toute cette situation, autour de nous, est compliquée et épuisante. C'est à nouveau le visage fermé et concentré que je m'occupe de mon jumeau, pour tenter de l'aider à se rétablir plus rapidement. C'est bien là la seule chose que je peux faire pour lui, de toute façon. Estimant qu'il est temps de changer de sujet, je ne tarde pas à relancer ce brin de conversation entre nous, essayant même de lui répondre avec une léger sourire dans la voix. « Il serait p't'être temps que tu fasses un peu plus attention à toi, non ? » Qui peut donc savoir dans quel état je vais bien pouvoir le revoir, à notre prochaine rencontre ? « J'ai vraiment pas envie de te retrouver avec un bras en mois. » Et là, pour la première fois depuis son arrivée, mes lèvres s'éveillent un peu et s'étirent, doucement. De toute façon, les grands sourires, chez moi, sont devenus bien rares. Mes mains s'activent toujours sur son bras. Le massant en douceur. Essayant de tirer ses muscles, sa peau sous mes doigts pour ressentir la moindre gêne. Et tout ça, tout en étant attentive aux traits de son visage. Tout un art, pas vrai ? Et à nouveau, je ne tarde pas à changer de sujet. Histoire de m'expliquer un peu sur la raison de mon humeur quelque peu massacrante. « Ewald a mal dormi la nuit passée.. » Penchant ma tête sur le côté, je continue de fixer mes mains tout en jetant de rapides coups d'oeil sur le visage de mon double. Il semblait aller mieux, aujourd'hui. Heureusement, d'ailleurs. Mais, il est évident que si Clow avait été là, lui aussi, j'aurai sans doute pu compter sur lui pour veiller sur son fils à certains de ses réveils. Mais, là encore, rien n'est facile.

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MessageSujet: Re: [22/04/82] I've got aches that take the shape of sticky lips & a kiss with the light out. [...] Mar 23 Oct - 19:11

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[Citation de Opium Twins - Never again] - feat Yukstoka - ♫ [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

Intérieurement, le loup grogne, n’aimant guère la perte de liberté qui accompagne sa longue formation de novice. Je sais, bien entendu, que c’est le prix à payer, pour récupérer le titre qui me revient de droit. Cette conscience des faits ne rend pas la situation plus agréable pour autant. Mais avoir enfin le trône de Heda, vaut largement tout ces sacrifices. Ma liberté sera pleine et entière, quand je serais à la tête de Kongeda. (Bien entendu, j’ai conscience que je serais tout de même soumis à d’autres restrictions, de par la responsabilité qui m’incombera. Mais je pourrais au moins sortir de cette tour, sans avoir à en aviser à quiconque au préalable, là où, pour l’heure, mettre un orteil en dehors de la bâtisse, sans autorisation, peut coûter cher…). Si le loup est agacé, c’est aussi face à l’attitude de Yuko. Si tristement humaine. Se plaindre de la sorte, faire son enfant pour de telles futilités, alors qu’à bien y regarder, il s’agit juste de remplir ses fonctions. Ainsi que je l’ai dit, même quand je serai Heda, j’aurai des choses imposées à réaliser. Il en va ainsi de tout le monde, pour que les choses fonctionnent comme il se doit. Même au sein d’une meute de loups, il revient à ses membres de réaliser certaines tâches, pour le bon fonctionnement du groupe. Qu’on ne se demande pas plus longtemps pourquoi je préfère les animaux aux hommes. L’animal est fiable, l’homme est faible et faillible. L’homme aime geindre, là où l’animal agit, ou attend le bon moment pour agir, suivant la situation. Oui, j’ai assez peu d’estime pour l’homme, je ne le cache pas, ça n’est pas pour rien, après tout, que je me nomme Pakstoka, même si ça reste un choix confidentiel (il est fort dommage que nous ne puissions choisir nous-même le prénom le plus à même de nous définir. Il faudrait peut-être voir à reformer ça, quand je serais enfin à la place qui me revient de droit !). Tout cela pour dire que, dans le fond, Yuko n’est pas beaucoup différente, à mes yeux, que les autres. Elle n’est qu’une marionnette, dont la manipulation est rendue plus facile encore, par notre puissant lien. On pourrait s’attendre à ce que j’ai une réelle affection à son encontre. Elle est ma sœur. Elle est ma jumelle. Elle est la mère de mon fils. Elle est une part de moi-même. Mais elle n’est qu’un jouet, à mes yeux, même si elle mon préféré d’entre tous. Il me faut bien l’admettre, j’ai une affection toute particulière pour elle, bien que celle-ci ne soit en rien semblable à ce qu’on pourrait s’attendre… Pour avoir observé la nature humaine, je sais que, de 1, notre relation n’a rien de « normale », de 2, je devrais être bien plus attaché à elle que je ne le suis, aussi bien rien que parce qu’elle est ma jumelle, que parce que notre relation a pris une autre tournure. Je sais bien faire semblant, prétendre ressentir tout ce que je devrais ressentir. J’ai observé l’homme, je sais l’imiter. Pour autant, je ne me sens pas comme appartenant à cette sous-espèce, qui ne réfléchit pas toujours autant qu’elle le devrait. Si j’avais plus de l’homme que du loup, sans doute aurais-je des remords à me jouer ainsi de Yuko. Mais je suis moi, et j’assume totalement ! Plus encore quand je songe à nos différences. Et ce, quand bien même j’ai conscience que je tiens à elle, malgré tout. Je ne peux m’empêcher de lui faire la morale, bien gentiment, sur ses protestations puériles, expliquant qu’en tant que novice, ma liberté n’est qu’un mot, loin d’être une réalité. « Évidemment, que je le sais. », me répond-t-elle, me faisant mentalement lever les yeux au ciel. Oui, l’être humain me fatigue. Il pourrait réaliser de grandes choses, s’il cessait de se focaliser sur ses petits soucis. Je n’ajoute rien, ayant tout dit, me contentant de pousser un soupir, las. Oui, même le gentil Podakru que je suis, est des plus fatigué !

Si j’ai réussi à faire taire le loup en moi, pour l’instant, il ressort, quand, une fois allongé pour recevoir les soins de ma jumelle, je rappelle à celle-ci qu’elle m’appartient. Si les paroles murmurées ont presque un côté romantique, à mes yeux, c’est loin d’être le cas. C’est juste une réalité. Si nous étions dans une meute de loups, je n’ai aucun doute quant au fait qu’elle serait ma louve, avec moi, à la tête de la meute. Quand bien même elle soit en mesure de me fatiguer par moment, je sais pertinemment qu’elle est bien la seule femme véritablement digne de moi. Il faudrait juste parvenir à la faire sortir de sa carapace, afin qu’elle devienne visiblement la conjointe parfaite, pour le Heda que je serais alors. La jeune femme me fait comprendre qu’il me faut m’allonger, afin qu’elle s’occupe correctement de moi. Je ne lutte pas. Clow est docile, après tout. Je ne la perds pas du regard. Non par manque de confiance : frêle brebis qu’elle est, que pourrait-elle me faire ? Je joue là juste le rôle du jumeau, éperdument en confiance, et qui ne peut se lasser de l’observer, dès que cela lui est permis. Il ne faut pas oublier, après tout, qu’en journée, quand les jumeaux se croisent, ils doivent prétendre n’être rien que des vagues connaissances l’un pour l’autre, et non partager le même sang ni la même couche. Et cela, pour une âme aussi éprise que celle que je feins d’être, c’est difficile. Le pauvre nigaud a bien du mal à ne pas se montrer trop tactile envers sa sœur, quand ils se voient. Bien entendu, rien n’a jamais filtré, il n’y a eut que des regards, lourds de sens et plein de regrets. « Il y en a pour qui je suis obligée, s'ils ne peuvent pas le faire d'eux-même. », me fait-elle savoir, revenant sur mon mot, sur sa manie à déshabiller ses autres patients de la sorte. En mon fort intérieur, le loup proteste. Possessif. Il sait bien que la jeune femme n’est pas du genre à aller voir ailleurs, et pourtant, il n’apprécie guère de l’imaginer dénuder ainsi un patient. « Et je sais, ça aussi, mais.. », continue-t-elle, tandis que j’esquisse une grimace de douleur. Et pas entièrement jouée, pour le coup. Je me suis réellement blessé, ne l’oublions pas. Même si c’était volontairement, la douleur a été réelle. Et même si j’ai déjà eu des manipulations comme Yuko m’en fait, il faudra attendre encore un peu avant que ça ne revienne comme avant, que mon bras ne soit plus douloureux en souvenir de cette blessure. « … Peu importe. », conclu-t-elle, après avoir marqué un certain temps de silence, comme pour chercher ses mots. Le crétin était suspendu à ses lèvres, visiblement intrigué par ce qu’elle allait lui dire. Même s’il avait une petite idée de la teneur du discours avorté. Ils en avaient parlé une centaine de fois. Peut-être que si mon humanité n’avait pas été aussi défaillante, j’éprouverais des remords, à faire endurer tout cela à Yuko. A l’accabler du poids d’un secret des plus pesants, à la laisser seule avec un enfant en bas âge sur les bras. « Yuko…. », le prénom s’échappe d’entre les lèvres semi-closes du pire novice que Polis n’ait jamais connu. Il n’est que peine et tristesse pour ce qui ronge sa jumelle, et ce qui le ronge également, cela va sans dire ! Malheureusement, s’il escomptait convaincre la Sanryt de poursuivre sur sa lancée, il n’en est rien… « Il serait p't'être temps que tu fasses un peu plus attention à toi, non ? J'ai vraiment pas envie de te retrouver avec un bras en mois.». Une moue désolée apparaît sur le visage de Clow. Il aimerait bien, être plus adroit, cesser d’être la risée de son groupe. Mais il n’y peut rien, il a beau faire des efforts, rien n’y fait ! « Crois-tu que cela me plaise autant, d’être sans arrêt blessé ? Je ne suis pas accro à la souffrance, tu sais ? », soufflé-je, comme fatigué de mes innombrables maladresses, alors qu’intérieurement, je suis amusé. Si même Yuko continue à croire à mon petit jeu, nul ne peut découvrir la vérité. Elle est, après tout, celle qui me connaît le mieux, enfin, celle qui connaît le mieux la personne que je me plais à être, l’humain banal que je joue à être. Nul ne me connaît mieux qu’elle, nul ne sait mieux déchiffrer mes pensées (encore que, comme vous vous en doutez : tout ceci ne reste qu’un jeu, elle ne connaît pas le fauve que je suis en réalité !). Depuis le début de la manipulation effectué par la brune, j’ai mis mon bras valide sous ma tête, en guise d’oreiller. Et si jusqu’alors, j’ai gardé les yeux ouverts, là, je commence à les fermer un peu. Fatigue jouée, faiblesse prétendue, moment de relaxation complète feinte. Le loup reste aux aguts, en permanence, n’en doutez jamais ! « Ewald a mal dormi la nuit passée.. », finit-elle par ajouter. Voici qui expliquer pourquoi elle était d’aussi mauvais poil que cela. Clow pousse un soupir bien sonore. Clow est un livre ouvert, il faut le dire. Il ne peut guère cacher ce qu’il éprouve, encore moins face à sa jumelle. Et là, on ressent de la désolation, dans son soupir, ainsi que de la culpabilité, et même des regrets à ne pas être là pour sa famille. Je déglutis, avant d’ouvrir les yeux, et de prendre la parole à mon tour. Mon ton est confiant, comme pour la convaincre de faire ce que je suggère. On distingue toutefois une pointe d’amertume, car ça me déplaît, une telle proposition. Ca dépend aussi bien au loup qu’au malhabile ! « Peut-être devrais-tu songer à te trouver un époux ? » La grimace que je fais est tout autant évocatrice que le ton grincheux que j’ai pris. C’est la seule solution utile que je peux proposer. « Et un père pour Ewald ? » Bien entendu, j’espère qu’elle refusera. Bien évidemment, il s’agit là d’un test, pour voir jusqu’où s’étend sa loyauté à mon encontre. Si sa souffrance de mère célibataire, est plus forte que son amour et sa fidélité à mon encontre. C’est tordu. C’est tout moi ! « Vous avez tous deux besoin d’un homme dans votre vie… ». Je conclus d’un nouveau soupir, plein de résignation. Et mes yeux se ferment, n’ayant réussi à se poser sur Yuko. Clow est décidé, mais faible. Fort heureusement, ça n’est pas le cas de Pakstoka ! Mais ça ne fait que le rendre plus adorable, Clow, d’être aussi déchiré d’avoir proposé cela à sa jumelle, alors qu’il préférerait la garder pour lui.

   
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MessageSujet: Re: [22/04/82] I've got aches that take the shape of sticky lips & a kiss with the light out. [...] Dim 4 Nov - 22:00

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En règle générale, je serai bien tentée de dire que tant que ma petite routine ne connaît aucun écart, je vais bien. Ou du moins, autant que je peux l'être, avec ce nuage si sombre qui plane au-dessus de ma tête depuis tant d'années et qui ne semble pas vraiment motivé à relâcher sa prise emmenant avec lui une douce et innocente folie. De toute façon, est-ce que je le voudrai seulement ? Peut-être. Sauf que je sais très bien que si je n'étais pas partie vivre à Polis, j'aurai pu subir une agression à n'importe quel moment. Cela n'aurait sans doute qu'était à remettre à plus tard ce qui devait finir par m'arriver. Les années ont certes passé depuis. Je les attends toujours. Je sais très bien que nos routes finiront par se croiser à nouveau. Eux, ne se souviendront sans doute pas de qui je suis. Après tout, je n'ai pas du être ni la première, ni la dernière Ntha à subir leur haine aveugle et meurtrière. Je n'étais qu'une enfant, lorsqu'ils ont abusé de la confiance de notre père pour s'en prendre à moi. Pourtant, la moindre image de cette fameuse soirée ne cesse de revenir dans mes rêves les plus sanglants. Quand ce jour finira par arriver, il est clair que je serai pas loin d'eux, à attendre qu'ils daignent baisser leur garde pour, à mon tour, les rendre aussi sourds que je ne le suis. Certes, ils m'ont quelque peu épargnée, en ne s'attaquant qu'à l'un de mes tympans. Mais, qui sait jusqu'où ils seraient allés si Clow n'était pas intervenu ? Certains ayant eu vent de cette histoire m'ont presque lancé que j'étais chanceuse de m'en sortir si bien. Qu'ils auraient pu m'achever, ou pire encore, me prendre avec eux. Pour m'emmener où personne ne le sait. Les disparitions de Nthas ne sont pas qu'un mythe. Et même ici, à Polis, il m'arrive très souvent d'entrer dans une sorte de vague de psychose qui me fait douter de tout et de tout le monde que je croise. Ici, à Polis, il est évident que des individus de ce groupe se cachent. C'est même évident. Peut-être même sous le visage de l'un des gardiens des lieux. Quel sentiment étrange de se sentir en sécurité, tout en se rendant compte qu'il peut très bien y avoir des failles. Il n'est pas rare que je me laisse aller à de telles pensées et ce, même si personne ne peut me rendre ce qu'ils m'ont pris. Et je ne parle pas là de cette simple oreille défaillante. Mais, le mal est tellement plus profond. Beaucoup plus. Pour l'heure, j'arrive à mettre tout ça de côté. Disons que l'énervement qui fulmine en moi, à cause du retard de Clow, m'aide assez à combattre ce mal. Triste illusion, tant il n'est pourtant jamais bien loin. Il me saute au visage dès lors qu'on me parle ou que je me trouve dans une pièce bien trop animée, me rappelant cruellement que je n'entends plus rien d'une oreille. Après, Clow a comme une sorte de don ou du moins une grande facilité à me faire redescendre dans les tours, rien qu'en me parlant. Et lorsqu'il me rappelle que son emploi du temps est loin d'être un cadeau, même pour lui, je ne peux pas m'empêcher de lui dire que je le sais bien, ça. Mais, entre le savoir et l'accepter sans rien dire face à certaines situations, il y a quand même un certain monde. Non ?

Finalement, je ne traîne pas plus et me mets sans trop rien dire d'autre aux soins de mon jumeau. Les mots qu'il dit alors, laissant entendre que je suis à lui, rabaissent un peu l'énervement qui est mien. Quoique. Il gronde toujours assez fort. Si Clow éloigne la tempête pour le moment, elle risque pourtant de frapper à la moindre faille. Qu'elle soit verbale ou même gestuelle. Mon impulsivité est légion, en quelque sorte. J'essaie d'y remédier, mais. C'est d'ailleurs sur ce mot que mon regard remonte jusqu'au visage de mon jumeau, voyant que ce geste sur ce bras ne lui semble pas vraiment agréable. Le lâchant pas cette zone de son avant-bras souffrante, je réduis pourtant la pression qu'exercent mes doigts dessus, pour traiter le tout sans lui faire mal. Pourtant, il le mériterait vu son retard, non ? « Yuko…. » Ne voulant pas revenir sur ce sujet qui a alimenté bon nombre de nos conversations, je lui fais bien comprendre que je ne vais pas m'y aventurer ce soir, en secouant la tête de gauche à droite. Et oui, je sais parfois faire preuve d'une sorte de sagesse, sachant très bien que de parler de ce sujet sensible me ferait remonter dans les tours en un claquement de doigts. Je vais même jusqu'à changer de sujet, mettant là en avant sa maladresse plus que légendaire. Qui, même si je m'en suis accoutumée avec le temps, me fait toujours stresser en ne sachant pas dans quel état il est susceptible de finir sa journée. « Crois-tu que cela me plaise autant, d’être sans arrêt blessé ? Je ne suis pas accro à la souffrance, tu sais ? » Laissant mes doigts glisser le long de son avant-bras, je finis par prendre sa main dans les miennes. Juste pour pouvoir m'assurer que tout ne pas pas trop mal, bien entendu. Et oui, là, j'ai mon masque de Sanyrt sur le visage. Et même face à Clow, je ne m'autorise pas réellement d'égarement lorsque je dois l'aider à retrouver sa forme. A part quelques petits détails, comme auparavant pour cet arrachage de chemise, évidemment. Soupirant, je continue de masser son poignet, avant de remonter un peu sur son bras au plus près de sa blessure. Nouveau sujet délicat en vue, après tout. Bien évidemment, je sais qu'il est un peu.. à la traîne par rapport aux autres. Voire même, comparé à de plus jeunes que lui. Savoir ça, forcément, ça influe énormément sur mon angoisse qui est presque étouffante par moment. J'ose espérer, oui, qu'il ne le fait pas exprès. « On ne sait jamais, avec toi. » que je lui réponds, simplement, après avoir haussé brièvement les épaules. Là, bien entendu, je n'ai aucune conscience d'à quel point c'est vraiment le cas. Disons juste que j'essaie de faire taire ma petite envie de lui coller une horloge dans sa tête. Rancune tenace ? Oh, non. Pas du tout. N'étant pas vraiment bien installée, je me rapproche un peu de lui pour ne plus avoir à me pencher autant. Remontant encore un peu plus, vers son épaule, j'en profite pour poser le bras de mon double contre mes cuisses, restant à genoux sur son lit. Et je continue d'étirer le moindre de ses muscles tout en les massant précautionneusement. Tête maintenant penchée, je finis par lui avouer pourquoi je suis aussi sur les nerfs en cette soirée, en lui avouant que notre fils a passé une bien mauvaise nuit et qu'il ne m'a donc pas vraiment laissé dormir. Autant dire que niveau énergie, ça commence à devenir difficile, avec cette journée qui n'a pas été reposante du tout. Je n'ai pas dis ça pour le faire culpabiliser au sujet de son absence dans la vie d'Ewald. Notre petit renardeau ne manque de rien. Là, il passe un peu de temps avec Kirsten, notre voisine directe, avec qui il s'entend à merveille. Et j'avoue que je m'attends un peu à tout et n'importe quoi de sa part, mais certainement pas à ce qu'il finit par me dire. « Peut-être devrais-tu songer à te trouver un époux ? » A peine sa question complètement idiote lâchée, mon regard se fixe sur lui. Est-ce qu'il est vraiment sérieux, en me disant ça ? Qu'est-ce qu'il veut dire par là ? Me redressant un peu, je finis par abandonner son bras, penchant ma tête un peu plus contre mon épaule. Entrouvrant mes lèvres, je ne sais même pas quoi répondre à ça. Il ne m'en laisse même pas le temps, en fait. « Et un père pour Ewald ? » Haussant les sourcils, j'avoue que ce qu'il me dit là me surprend un peu. Beaucoup, en fait. Pourquoi est-ce que j'aurai besoin d'un époux ? Et Ewald a déjà un père. Comment peut-il lancer une telle connerie sans vouloir renier le renardeau, et moi, dans la foulée ? « Vous avez tous deux besoin d’un homme dans votre vie… » Secouant la tête de gauche à droite, j'ai vraiment envie qu'il me dise qu'il m'embête juste, à dire ça. Qu'il n'est pas sérieux. Que ça ne lui a même pas traversé l'esprit, en vrai. Il est le pilier le plus solide autour duquel ma vie et mes repères reposent. Me résigner à trouver quelqu'un d'autre ne m'a jamais effleuré l'esprit. Comment peut-il dire ça ? Baissant la tête, je ne tarde pas plus à me reculer de lui, pour pouvoir me tenir à nouveau sur mes jambes. « Tu ne vas pas t'y mettre, toi aussi ? » que je lui demande, d'une voix beaucoup trop calme comparé à ce qui commence à gronder en moi. Il n'est pas le seul à me dire ça. Kirsten me l'a déjà dit. Tout comme d'autres résident de la Tour et qui pensent me connaître. Et que dire de nos parents.. Serrant les poings, je recule encore de quelques pas. L'intérieur de ma tête tremble comme si un vrai tremblement de terre menaçait de tout faire basculer. Fermant les yeux un bref instant, j'essaie de me convaincre qu'il dit simplement ça pour résoudre certaines choses, et en pensant m'aider ainsi qu'Ewald. Sauf que c'est loin d'être le cas. « Sois rassuré, ça devrait bientôt arriver. » Haussant les épaules à nouveau, je me retiens presque de pouffer de rire. « Nos parents sont sur le coup. Dès qu'ils trouveront quelqu'un d'assez fou pour me vouloir.. » Ne trouvant plus mes mots pour terminer ma phrase, je la laisse ainsi en suspend. De toute façon, qu'est-ce que cela changerait ? Si même Clow s'y met ? Alors qu'il m'a pourtant bien rappelé que je suis à lui, il y a peu ? Cette idée qu'ont nos parents, de vouloir me trouver un homme ne me plaît absolument pas. Aucun ne pourra m'apporter ces repères aussi bien que Clow. Aucun ne me connaît aussi bien que lui. Tous sont de simples inconnus qui, s'ils me désirent, ce ne sera que pour avoir une chance d'avoir une descendance possiblement Ntha voire même au sang noir. Et oui, ils ne savent pas que Clow n'est pas mon vrai jumeau, pas plus que moi je ne le sais et lui non plus. Alors, clairement, j'ai juste peur de n'avoir aucune idée sur qui je peux tomber. Puis même, je ne peux pas m'empêcher d'ajouter un détail important pour moi. « Ewald a déjà un père, je te rappelle. Et moi, je n'ai besoin de personne. » Un ajout fait alors même que je me décide à revenir vers cette caisse au pied de son lit pour y récupérer mon châle qui traînait jusque là signe d'un départ imminent. Ma voix est devenue un peu plus forte, à mesure que je me rends compte de cet énorme mensonge. J'ai bel et bien besoin de quelqu'un dans ma vie. Et cette personne, c'est Clow, personne d'autre. Mais, c'est assez sous-entendu de toute façon, lorsque je lui ai bien rappelé que notre renardeau a déjà un père, non ? Je n'ai pas envie que ce rôle soit interprété par quelqu'un d'autre et de toute façon, je ne mets aucune bonne volonté à chercher quelqu'un d'autre. Tout simplement.

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MessageSujet: Re: [22/04/82] I've got aches that take the shape of sticky lips & a kiss with the light out. [...] Lun 10 Déc - 15:47

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I've got aches that take the shape of sticky lips & a kiss with the light out. I’ve got scars from falling too hard. Its the mantra of the broken : Never again.
[Citation de Opium Twins - Never again] - feat Yukstoka - ♫ [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

Je secoue la tête, entendant Yuko déplorer que : « On ne sait jamais, avec toi. », au sujet de ma maladresse chronique, qui me vaut d’être souvent blessé. Intérieurement, j’esquisse un grand sourire, des plus fier de moi-même. Si même ma jumelle se laisse duper par le petit jeu que je sers à tous, c’est que je me débrouille franchement bien, même si cela s’avère contraignant, au jour le jour. « Tu devrais plutôt te réjouir que rien de pire ne m’arrive… Avec mon œil, c’est un miracle ! » Et c’est grâce à cela que maladresse s’explique, à l’encontre des gens qui me connaissent de longue date, même si elle était déjà présente là bien avant cette mésaventure. En effet, mon rôle du petit malhabile, est né depuis un long moment désormais, ayant toutefois gagné en ampleur, suite à cette péripétie à Polis. La Sanyrt n’est pas la seule à ne pas en être ressortie indemne, après tout, bien qu’elle, elle assume un peu plus facilement que moi ce qu’elle a perdu… Les enjeux ne sont pas les mêmes, il faut l’avouer : en tant que Sanyrt, elle peut officier sans souci, en étant partiellement sourde, alors que moi, on remettrait facilement en doute ma place de novice, si on savait.

Je finis par mettre sur le tapis, le sujet d’un mari à trouver, pour Yuko. Encore un jeu de manipulation de ma part. Je suis joueur, après tout, et manipulateur, alors je ne perds pas une occasion d’asseoir mon emprise sur les autres, dès que cela m’est possible. « Tu ne vas pas t'y mettre, toi aussi ? », ronchonne-t-elle, n’approuvant visiblement pas que j’ai mis le sujet sur le tapis. Pourtant, c’est elle, après tout, qui a commencé, en disant qu’Ewald dormait mal, en ce moment. Et avant cela, toutes ces fois où elle a bien laissé à entendre à quel point être mère célibataire n’était pas une sinécure. J’aimerais dire que j’en ai conscience, ou que cela m’affecte véritablement. Il se trouve toutefois que mon empathie est des plus limité. Et qu’en plus de cela, pour l’heure, j’ai un objectif en tête nettement plus important que celui de servir de père modèle : parvenir à être Heda. Il ne faut pas être devin pour sentir que ma proposition n’est pas passée, que la jeune femme l’a vraiment mal prise. Et cela rassure le loup, heureux de voir qu’elle n’approuve pas la simple perspective de s’unir à un autre. Elle n’en arrive même plus à travailler, c’est pour dire. Et une fois de plus, intérieurement, le loup est aux anges, alors que le maladroit arbore un petit sourire triste, voyant qu’elle s’est à présent levée. Afin de mieux la voir, je m’appuie sur mes coudes, ce qui permet au gringalet d’observer sa jumelle, un air dépité sur le visage, et au loup, de ne pas perdre une miette du spectacle qui se joue sur le visage de la jeune femme. « Sois rassuré, ça devrait bientôt arriver. » Mes sourcils se froncent, intrigué. De quoi parle-t-elle ? Nos parents ont-ils réussi à lui faire entendre gain de cause ? Ils n’ont eu de cesse, depuis qu’elle s’est retrouvée mère, de tout faire pour qu’elle prenne un mari. Jusqu’à présent, elle Yuko a toujours su leur tenir tête, mais je sais que les 2 peuvent s’avérer têtus, quand ils s’y mettent… « Nos parents sont sur le coup. Dès qu'ils trouveront quelqu'un d'assez fou pour me vouloir.. » Voilà, je l’avais dit. Ca n’a rien d’étonnant, ainsi que je l’ai expliqué. Je suis même étonné qu’ils n’aient pas trouvé un époux à donner de force à leur fille, bien plus tôt que cela. Il est vrai que, de toute façon, je n’ai eu que la version de Yuko, ne voyant plus mes parents (en tant que novice), et n’ayant que bien peu de nouvelles de leurs parts directs. Il n’y a bien que mon géniteur qui s’échine à conserver un semblant de lien avec moi, son ancienne femme ne fait pas le moindre effort à ce propos, bien trop heureuse d’être enfin débarrassée de moi. « Quoi ? », est tout ce que le débile parvient à dire, laissant planer le doute sur ce qui le fait ainsi réagir. Est-il surpris d’entendre une telle chose, ou ne supporte-t-il pas tout simplement que sa sœur parle ainsi d’elle ? Cela peut aussi être un mélange des deux, après tout…. Il n’en faut pas plus pour que je me redresse enfin, en position assise, tandis que Yuko s’éloigne encore plus de moi. « Ewald a déjà un père, je te rappelle. Et moi, je n'ai besoin de personne. », prétend-t-elle, tout en allant récupérer son châle. Je laisse échapper un petit rire sans joie, rire qui mêle aussi bien l’imbécile que le loup, la surprise qu’un infime soupçon de raillerie, perceptible si on tend bien l’oreille. « Il a un père qui ne peut le déclarer ouvertement comme son fils, tout comme il ne peut te revendiquer comme sienne. », finis-je par faire remarquer, me levant à mon tour, comblant en quelques pas seulement, la distance entre moi et la Sanyrt. « Tu ne vas pas m’engueuler pour vouloir prendre soin de vous, surtout si jamais je ne sors pas indemne du Conclave… », conclu-je, posant mes mains sur les épaules de la brune. Oh, on y croirait vraiment, que je me soucie réellement du sort du binôme, que cela me fend le cœur d’avoir possibilité à les quitter, en cas d’échec. Alors qu’ils ne sont que des pions et des distractions pour moi, et que je suis sûr de réussir. « Ne pars pas fâchée, je t’en conjure… », la supplié-je, ancrant mes yeux dans les siens, comme pour accentuer une éventuelle trace de regret que je peux éprouver. Après tout, nos parents nous ont toujours appris à tenter de régler les conflits au plus tôt, avec les gens que l’on aime, afin d’éviter que ce conflit n’ait été la dernière conversation qu’il nous ait été donné d’avoir avec l’autre. Notre monde est des plus dangereux, on ne sait jamais de quoi demain sera fait, ni même si on verra le soleil se coucher… Et c’est d’autant plus vrai, quand, comme moi, on est un novice, et que le Conclave peut arriver n’importe quand….

   
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