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[27/06/2482] One cannot plan for the unexpected | Yukstoka

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Yuko
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[27/06/2482]         One cannot plan for the unexpected     | Yukstoka Vide
MessageSujet: [27/06/2482] One cannot plan for the unexpected | Yukstoka [27/06/2482]         One cannot plan for the unexpected     | Yukstoka EmptyVen 15 Fév - 19:29

Fourchette chrono:
 



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“One cannot plan for the unexpected.”

Ces derniers jours, voire même ces dernières semaines, ont mis à mal mes petites habitudes. A croire que tous mes repères tombaient les uns après les autres. Il y a eu d'abord ce Conclave, même s'il n'a pas été mené jusqu'à son terme. A l'annonce de la mort de Lexa, j'ai juste eu l'impression que mon cœur s'était figé et ne répondait plus. L'angoisse et la peur ne cessaient de me ronger, me rapprochant toujours plus de ce précipice qu'est cette douce folie qui sommeille encore en moi, se réveillant simplement, par moments, pour me rappeler à quel point ma vie est déstructurée. Une chose qui n'est de loin pas nouvelle, datant du soir de mon agression. Sauf que là, la vie de mon jumeau, sans doute l'un des piliers de ma vie, de mon quotidien, était menacé par ce rite sanglant. Ces histoires de projet de mariage planifiés par mes parents n'étaient pas ce qui encombrait le plus mes pensées. Non. Ils sont bornés. Et s'ils se sont mis en tête que je devais me trouver un mari, ils arriveraient à m'y obliger d'une façon ou d'une autre. Sauf que ça, c'est presque qu'un simple détail sans grande importance, si Clow ne s'en était pas sorti vivant. Franchement, il n'y avait qu'à écouter les bruits de couloir, le mettant parmi les premiers à succomber pour que je n'en dorme pas la nuit. Et tout ça, disons que ça m'a complètement fait passer à côté d'une autre chose assez importante, totalement imprévue. Mais, ça, je vais en reparler par la suite. Il y a donc eu ce Conclave. Du moins, ce début de Conclave et l'angoisse l'accompagnant. Puis, le soulagement. De savoir que le sang de Clow ne coulera pas pour l'occasion. Puis, il y a eu cette chasse organisée pour l'arrivée de Lanti. Avec toute cette foule s'amassant entre les murs de la ville, suite à l'annonce faite pour choisir le nouveau Heda. Ou, pour le coup, Sonchaheda. Même si les heures avec mon jumeau, seuls, se sont presque comptées sur les doigts d'une seule main depuis ces derniers jours, j'ai tout de même réussi à jongler avec mon occupation de Sanyrt plus que demandée vu l'effervescence à Polis, et mon rôle auprès de notre petit Renardeau pour veiller de loin sur Clow, durant quelques unes de ses épreuves. Discrète, n'aimant pas vraiment la foule, je n'ai rien fait pour être remarquée à ses yeux. Je ne sais donc pas s'il m'a aperçu, surtout pas avec toute cette concentration dont il devait faire preuve. D'un côté, avec ces changements, je suis rassurée. Le Conclave ne m'arrachera pas mon jumeau. Mais, je me doute qu'il aspire à figurer parmi les meilleurs. Il est intelligent. Il peut s'en sortir pour succéder à Lexa. Je l'espère, même, vraiment, à la veille des résultats de ces tests. Sans oublier qu'il m'est possible d'espérer que les choses s'arrangent un peu entre nous. Non pas que ce soit tendu ou autre, mais juste croire que notre lien pourra finir par sortir de l'ombre. Et ainsi, accorder à Ewald la vérité qu'il mérite en lui dévoilant le nom de son père. Tout ça, je l'espère. C'est bien l'une des rares choses à laquelle j'aspire, pour tenter de dompter cette folie en moi. Ces histoires de Conclave, de mariage et ce tout ça ne seraient plus vraiment à soulever.

La réalité et ses priorités me rattrapent pourtant, alors que je ferme la porte de mes appartements, dans la Tour de Polis, après avoir accordé à Ewald d'aller jouer avec le fils de l'une de mes voisines d'étage. Restant un instant près de cette même porte, le front posé tout contre, je me permets de fermer les yeux un bref instant. Et oui. Je ne suis pas vraiment au meilleur de ma forme. Je sais très bien pourquoi. Grâce à (ou à cause de) Clow, j'ai pu me rendre chez l'un des Fisas qui le connaît, qui est de confiance, il y a plus d'une semaine. Ma fatigue assez prononcée, mes nausées et ces petites douleurs ne sont pas juste un coup de froid ou une quelconque maladie. Le Fisa m'a promis de ne rien dire à Clow, mais voilà : ce dernier devrait, d'ici quelques mois, être père à nouveau. Heureusement que le Fisa ne sait rien au sujet du nom de celui partageant ma couche.. Et croyez moi, ce n'était clairement pas prévu puisqu'à part ces petits signes qui peuvent être liés à autre chose, je n'avais rien d'autre pouvant me faire penser à une telle nouvelle. Bien entendu, impossible de dire depuis combien de temps je suis enceinte. Mais, le Fisa, vu mon état, pense que cela fait déjà deux bons mois. Avec tout ce stress durant ces dernières semaines, je n'ai vraiment rien vu venir. J'ai encore un peu de temps devant moi avant que Clow ne vienne. Il sait donc que je ne suis pas vraiment en forme, mais je ne lui ai pas parlé de ce qu'il m'arrivait exactement, même avant de savoir ce que mon corps me cachait. Je l'ai déjà dis : ces derniers temps, on s'est rarement vu. Sans doute a-t-il vu que j'étais un peu fatiguée. Comment cacher une telle chose ? Mais, il ne sait pas tout au sujet de mes petits symptômes. Cette somnolence qui n'est pas habituelle chez moi lui a sans doute suffit pour me « forcer » à aller voir ce Fisa.

Me décalant de la porte, je me mets à faire quelques allers retours dans cette pièce qui me paraît étrangement très étroite aujourd'hui. Je ne vais pas pouvoir cacher cette grossesse pendant longtemps. Cela finira par se savoir. Et les bruits qui couraient autour de moi, alors que j'étais encore très jeune en attendant Ewald reviendront forcément. Ils persistent avec les années, évidemment. J'ai appris à ne plus les entendre. Le mystère sur l'identité du père de mon fils reste entier, ce qui n'est franchement pas une mauvaise chose vis-à-vis de Clow et de son statut de novice qu'il arbore jusqu'à présent. Soupirant, je finis par aller m'allonger un peu. Et, luttant contre la fatigue, j'essaie de me rappeler de ces petits dessins que j'ai adressé à mon jumeau il y a quelques jours. Une sorte de langage écrit entre nous, comblant mon incapacité à écrire et à lire, tout en restant assez chiffré pour n'être compris que du loup. J'ai pris l'habitude de lui faire un dessin, jamais le même pour autant, dans lequel je glisse certaines informations dont je veux lui faire part. Un symbole pour le lieu. Un autre pour marquer le jour auquel je lui ai laissé ce dessin. Un autre aussi pour lui faire comprendre quel jour précis j'espère pouvoir le voir. Quatre après avoir glissé ce dessin sous la porte de sa chambre. Et un dernier pour lui faire comprendre que je serai là en fin de journée. Ne voulant pas prendre le risque de m'endormir, je finis par me relever après un temps de repos particulièrement court. Qu'importe. J'en profite alors pour me détacher les cheveux, ouvrant ces petites nattes qui les encadraient pour ne pas me gêner pour cette journée bien chargée. Brosse en main, je prends un peu de temps pour les démêler, le regard perdu devant moi. Je ne sais pas si Clow va pouvoir venir. Tous ces tests qu'il a du faire sont terminés et bientôt, on en saura plus sur qui sera à la tête de Kongeda. Dos à la porte, je ne l'entends même pas arriver. Pas plus que je ne l'entends entrer chez « moi ». Ce n'est qu'en sentant son regard vers moi que je finis par me retourner, après avoir reposé ma brosse. « Ravie de voir que tu as trouvé un peu de temps pour venir jusqu'ici. » que je lui glisse alors, esquissant un très léger sourire. Ce qui est déjà assez compliqué pour moi, tant j'ai du mal à le retrouver depuis mon agression. Ou du moins, il ne ressemble que rarement à ceux que je pouvais avoir, avant. Et, bizarrement, ils restent toujours adressés à mon jumeau. Au petit renardeau aussi, évidemment. M'approchant de lui, mes lèvres finissent par se poser sur l'une de ses joues en guise de salutation. « As-tu déjà des nouvelles ? » Nul besoin de préciser ce dont je parle. Il sait très bien ce dont il s'agit. Peut-être qu'il a de bonnes nouvelles à m'annoncer ? Peut-être qu'il sait déjà qu'il est celui qui représentera Kongeda ? Peut-être, oui..

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[27/06/2482]         One cannot plan for the unexpected     | Yukstoka Vide
MessageSujet: Re: [27/06/2482] One cannot plan for the unexpected | Yukstoka [27/06/2482]         One cannot plan for the unexpected     | Yukstoka EmptyJeu 7 Mar - 0:46

“One cannot plan for the unexpected.” ft Yukstoka.

 
Monsters didn't sleep under your bed. They sleep inside your head instead.

 
Être sur le point de réaliser son plus grand rêve, et finalement, voir tout ce qu’on a jamais préparé s’envoler en fumée : voici ce que j’ai récemment expérimenté. Enfin, la mort de Lexa avait été annoncée. Le Conclave avait ensuite été mis en marche. Malheureusement pour moi, je n’ai même pas véritablement pu commencer à me battre, le Conclave ayant été annulé. Cela fait presque 20 jours que nous sommes sans Commandant, et que la situation évolue tant bien que mal. Comble de la malchance pour moi : il a en effet fallu que je tombe sur la seule disparition de Heda, qui pose problème, au point de songer à tout remodifier… Si la frustration est présente, elle a amené avec elle une chose intéressante : la nécessité de revoir entièrement mon plan. Un nouveau challenge. Cependant, je ne suis pas aussi serein que j’aimerais l’être : avec la configuration du Conclave normal, je savais ce qui prouverait ma valeur. Ce qui n’est plus le cas, avec la réforme instaurée. L’avantage, avec la Flamme toujours présente, c’est qu’on savait comment Heda était sélectionné : il fallait prouver sa valeur devant les Commandants d’autrefois. Désormais, rien n’est plus pareil, ça ne sera plus les Esprits de nos anciens qui nous choisiraient, mais uniquement les avis du Fleimkepa et des Berials. L’homme est faillible, et excessivement manipulable, nettement plus qu’un Esprit. Si j’ai conscience depuis toujours qu’il faut bien savoir manipuler les autres, il est vrai que j’ai apparemment commis une erreur dans ma stratégie, en ne cherchant pas plus que cela à me faire bien voir de ceux qui ont voués leur vie à vénérer la Flamme. Nul n’aurait pu anticiper, ceci dit, le rôle qu’ils finiraient par prendre… J’ai toutefois quelques marionnettes de leur côté, mais j’avoue ne pas avoir trop misé dessus. Cependant, je garde confiance : j’ai prouvé, ces dernières années, que le maladroit était loin d’être un imbécile, mais qu’il était juste fortement un manche, pour tout ce qui était combat. Durant les tests qui ont été lancés, j’ai donc tout misé de nouveau sur mon intelligence, et j’ai légèrement réhaussé mon niveau de combat, ne voulant pas en faire trop. J’avais juste tâché de prouver que le Podakru pouvait s’améliorer, même s’il paraissait être plus doué pour mener les hommes et s’occuper de tout ce qui est du domaine de la stratégie ou de la politique, que d’un farouche guerrier. Je préfère garder un atout dans ma manche, plutôt que d’abattre toutes mes cartes, dans une situation pour le moins incertaine… Si j’échoue : qu’importe, je saurais bien obtenir le pouvoir que je mérite, attendant le moment propice pour cela. C’est bien là, l’avantage de l’annulation du Conclave : je ne risque pas de perdre la vie durant ce combat (même s’il ne fait aucun doute que je n’aurais pas fait parti des disparus !). Même si j’échoue là, je peux toujours parvenir à me hisser au sommet, même si de manière différente à celle envisagée à l’origine. Et puis, il est facile de se débarrasser de quelqu’un, si on sait comment s’y prendre, plus encore quand on figure parmi ses proches. La méfiance n’est pas nécessairement présente. Encore moins à l’encontre du novice le plus malhabile et inoffensif qui soit ! C’est donc pour cela que j’ai conservé ma couverture de novice plus maladroit que dangereux ! Je préfère observer, voir comment les choses vont évoluer, au vu de la situation inédite, que risquer de détruire une façade qui m’est utile depuis des années, et qui peut toujours l’être…

Une semaine d’épreuves vient de nous être proposés. Certaines étaient relativement intéressantes, et pleines de surprises, d’autres s’avéraient des plus basiques et soporifiques. Le loup fulminait bien souvent, face à la bêtise de ces tests. A moins d’être un véritable débile (et ça, même Clow ne l’est pas autant !), on remarque aisément que ces semblants d’examens ont été préparés sans réelles réflexions par derrière. Ou pas beaucoup, du moins, qu’il n’y a pas de recherches cachés derrière tout ça ! C’est presque décevant, tant on a été habitués à mieux, durant les cours donnés par les Berials, avec leurs questions pouvant paraître sans grand intérêt, mais permettant en réalité d’analyser plus de choses sur les novices, qu’il ne le semblerait de prime abord. Le rythme de cette semaine a été soutenue, mais toutes les semaines passées à Polis, à se former pour devenir Heda, sont éreintantes. Le fauve ne s’en soucie guère, ayant la chance d’être relativement en forme, même avec peu de sommeil et un esprit en ébullition constante (et donc, ne facilitant pas le repos !). L’ancien apprenti barbier, lui, est plus marqué. Il tient certes encore debout, il parvient encore à réfléchir décemment et à tenir le coup face à la pression d’un novice testé pour savoir s’il est digne d’être le nouveau Commandant ou non. Et pour autant, le gringalet parait fatigué. Mais ça ne choque pas, la plupart des autres novices le sont également. La mort de Lexa a pris tout  le monde de court, plus encore au vu de la façon dont cela a eut lieu… Intérieurement, je m’en cogne, de la mort de Lexa, mais ouvertement, je feins d’en être un minimum marqué. Un peu attristé aussi, puisque Lexa n’est visiblement pas morte en tant que guerrière (du moins, à en croire les témoins de la scène, même si elle a pu rendre son dernier souffle sur le champ de bataille après leurs fuites). On peut redouter qu’elle ne soit pas morte, les armes à la main. On peut aussi regretter de ne pas être en mesure de lui rendre les hommages qu’elle mérite, afin que son âme trouve la paix, et puisse rejoindre celles des Commandants d’autrefois. Néanmoins, et c’est là où mon esprit plus rationnel du loup ricane : la Flamme a sans doute disparue avec Lexa, ainsi, les Commandants d’antan n’ont sans doute plus d’existence, ou de lieu pour se réfugier. Et c’est ça, qui inquiète le plus Clow, lorsqu’on l’interroge, bien plus que la semaine de tests. Oh, doux Clow, adorable brebis… Tout cela ne me permet que de rendre le crétin, tellement plus attachant. Ca m’attire des regards compatissants, alors que j’évolue à travers la tour de Polis, enfin libéré de la dernière épreuve de la semaine. Mon pas est lourd, d’une fatigue indéniable, tout en dénotant une certaine impatience à une annonce qui ne devrait plus tarder : qui sera le prochain Heda ? Le maladroit a tenu a rester un peu avec ses camarades, histoire de se changer un peu les idées. Voici pourquoi je ne parviens devant chez Yuko qu’en fin de journée. Le moment de détente avec les autres a fait du bien au crétin, lui permettant de se ressourcer et de passer à autre chose, de mettre un terme à cette longue semaine, en douceur et en franche camaraderie. Il est désormais temps pour le loup de ressurgir, et de se jouer de sa proie préférée. Comme d’habitude, j’entre sans frapper chez Yuko. Je ne me plie à cette règle de courtoisie que quand il y a d’éventuels témoins dans le couloir (et encore, ça, c’est quand je n’attends pas que ça soit désert, avant d’aller rejoindre ma marionnette favorite.). Marionnette qui se trouve d’ailleurs dos à moi, alors que je referme la porte derrière moi. Occupée à se coiffer, la Sanyrt parait perdue dans ses pensées. Le loup frémit, il n’aimerait que trop jouer de la partielle surdité de la brune. Proie facile et docile, que le loup se ferait un plaisir de croquer. Mais elle peut m’être encore fortement utile, et, à ma façon, je suis attaché à elle. Alors je n’en fais rien, me contentant de l’observer, là où il serait plutôt marrant de l’effrayer en la surprenant. Le délicat Floukru esquisse un sourire en la voyant se tourner pour lui faire face, avant de lui lancer un : « Ravie de voir que tu as trouvé un peu de temps pour venir jusqu'ici. ». Le sourire du novice s’élargit, bienheureux qu’il est de la voir en mesure de lui sourire, elle que la vie a tellement brisée. C’est une chose qui plait au fauve, de la savoir autant attachée à lui, au point de le considérer différemment des autres, et de lui réserver la plupart de ses rares sourires. « J’avais envie de te voir. » L’aveu est lancé, et résonne avec une sincérité désarmante dans la pièce, tandis que la brune se dirige vers moi afin de me saluer. Je m’amuserais presque à applaudir mon jeu d’acteur génial, si j’étais du style à faire une telle chose ! Mais il est vrai que je ne saurais être plus crédible, dans le rôle du jumeau ayant une dépendance malsaine pour sa jumelle. Et c’est ainsi qu’est Clow, depuis de longues années maintenant, et plus encore depuis que le duo a été attaqué, durant un séjour, à Trikru… « As-tu déjà des nouvelles ? », m’interroge Yuko, tandis que les longs bras du maladroit l’attire contre lui, afin de la serrer dans ses bras, en quête d’un réconfort bien mérité, après une très longue journée. « Pas encore. », dis-je, en feignant de mettre un terme, à contre-cœur, à cette fraternelle étreinte, qui n’a de fraternelle le nom, lorsque mes lèvres coulissent sommairement sur celle de la jolie brune. Attrapant la brosse qui se trouvait encore dans sa main, je la guide, de mon autre main, sur le lit, afin de nous y asseoir tous deux. « Les épreuves sont fini depuis un peu après le déjeuner, il faudra encore de longues heures pour que les délibérations se fassent. », que j’explique, d’une voix lasse. Clow se laisse aller à se montrer tel qu’il est réellement, face à Yuko. Douce manipulation là aussi, tout comme c’en est une, le fait que le novice se plaise à coiffer sa jumelle. Ca n’a l’air de rien, mais c’est en réalité une habitude que le dégingandé a pris, quand ils étaient plus jeunes, et qu’il avait besoin de se changer les idées, ou de changer celles de sa jumelle, après une éprouvante journée. Et bien souvent, c’était à cause de leur mère, et de son attitude vis-à-vis de son fils, que le duo avait le besoin de décompresser en partageant un moment de douceur que leur marâtre ne saura leur reprocher, elle qui n’avait guère apprécié leur complicité croissante. Et c’est de cette habitude que Clow en a retiré une telle douceur dans les gestes, quand bien même il lui arrive de rencontrer des nœuds. Malheureusement, cette même douceur lui a valu d’être plus encore détesté par sa génitrice, quand celle-ci se risquait à coiffer Yuko, et que la fillette pleurnichait à cause des nœuds douloureux à défaire. Alors que quand Clow s’en occupait, et pas forcément face à leur mère, ça passait mieux. « Ou est Ewald ? » Il fallait bien que le père de ce rejeton pose la question, dont la réponse intrigue le loup, il faut l’admettre. Il m’est certes difficile de m’attacher à quiconque, je ne suis pas sans éprouver un semblant d’affection pour mon fils. De manière viscérale et presque bestiale. Un peu comme l’affection que j’éprouve pour la Sanyrt avec qui je suis en cet instant même. Ca ne peut être qualifié d’amour au sens commun, mais à mes yeux, ça s’y apparente. A vos yeux, ça se trouve juste agrémenté de multiples touches malsaines, voilà tout. Toujours est-il que je me demande où est l’enfant. Il s’agit de ma chair, après tout, et un jour, je lui confierais Kongeda. Il va être élevé pour être mon successeur, après tout, même si sa mère ne le sait pas réellement.
 

  ©crack in time

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(Et futur Heda, mais ça, nul ne le sait encore, ils sous-estiment tous le loup, ces sombres idiots !  [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] )
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[27/06/2482]         One cannot plan for the unexpected     | Yukstoka Vide
MessageSujet: Re: [27/06/2482] One cannot plan for the unexpected | Yukstoka [27/06/2482]         One cannot plan for the unexpected     | Yukstoka EmptyLun 25 Mar - 23:34

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“One cannot plan for the unexpected.”

Rares sont les personnes qui ont pu ressentir ce qui m'a submergé lorsque la mort de Lexa a été annoncé, et que donc le prochain Conclave n'allait plus qu'être une question de temps. Bien entendu, les Novices de Polis ont chacun leur entourage. Et bien entendu, certaines de ces personnes ont pu ressentir une vague d'angoisse -bien que pour la majorité, avoir un proche qui s'apprête à entrer dans un Conclave est un honneur- à cette même annonce. Je ne dis pas que j'ai été la seule à y penser, de loin pas. Mais, combien d'autres risquaient d'assister à la possible mort de leur propre jumeau sans rien pouvoir faire pour l'éviter ? A ma connaissance, je suis bien la seule à avoir été dans une telle situation. Bien que les liens fraternels ne sont pas censés primer à Polis, Clow et moi, on a réussi à le préserver. Voire même à l'amplifier, vu la tournure qu'a pu prendre notre relation. Toujours cachée par contre, bien entendu. Je n'avais donc personne à qui me confier. Je n'aurai même eu personne vers qui me tourner si les Dieux avaient voulu me prendre mon frère. Je n'aurai juste pas été prête. J'ai connu le précédent Conclave. J'étais déjà à Polis depuis un petit moment lorsqu'il s'est tenu. Si ceux qui y participaient n'étaient pas forcément des personnes avec qui j'ai pu être proche -comment l'être de toute façon sans s'appeler Clow ?-, il n'empêche que ne plus les revoir du jour au lendemain, c'est assez bizarre. Et là, si mon jumeau y était resté, je ne sais juste pas comment j'aurai pu faire pour continuer d'avancer. Il est le seul pilier sur lequel repose ce qu'il reste de mon souffle de vie. Si les Dieux avaient voulu l'attirer à eux si rapidement face au poids des années, je n'ose même pas imaginer dans quel état on m'aurait retrouvé. Pour notre Renardeau, je me serai efforcée à relever la tête. Mais, à quel prix ? Celui d'être encore plus seule et isolée que je ne le suis déjà ? Pour moi, Clow est bien plus qu'un jumeau. Et pas que dans le sens où on s'égare dans les bras l'un de l'autre, pour un côté de notre lien qui est loin d'être aussi fraternel qu'il ne devrait l'être. Souvenez-vous juste que dès mes plus jeunes années, la vie ne m'a pas épargnée. Si je l'accepte, en pensant que ce n'était qu'une épreuve, il n'en reste que j'en suis ressortie bien plus fragilisée dans un sens. Mes bourreaux d'alors ne m'ont pas seulement privé de la moitié de l'un de mes sens pourtant bien important au quotidien. Ils m'ont aussi arraché cette innocence que j'avais en n'étant qu'une enfant. Plus de sourire à longueur de journée. Plus de regard facétieux du matin au soir. S'ils sont parfois de retour sur mon visage, rares sont les personnes qui arrivent à les faire naître sur mes traits. A croire que je ne suis plus que l'ombre de celle que j'ai pu être avant. Sauf que tout ça, ça m'a aussi fait grandir. Sans doute bien plus vite qu'une autre de mon âge. J'ai aussi tout bonnement appris à me méfier de tout et de n'importe qui. A grandir, en fait, simplement. Passer au-delà de cet âge d'innocence. Bien plus tôt que ce qui devait pourtant se faire. Et c'est donc face à ce constat que Clow a pris de l'importance dans ma vie. Accepter qu'il ait pu perdre la vie durant ce Conclave, ça aurait été comme grandir une fois de plus. Trop vite. Trop tôt. Trop durement aussi. Cette peur m'a même amené à m'aveugler sur ma propre personne. Comme quoi, les choses ne tiennent parfois qu'à pas grand chose.

Ce n'est plus qu'une question d'heures maintenant. Mon dessin glissé sous la porte de la chambre de mon jumeau étant assez clair et compréhensible -du moins, juste pour lui-, pour lui faire comprendre que j'ai juste besoin de lui parler. J'espère, vraiment, que le Fisa a su garder la nouvelle pour lui, même si je n'ai aucune idée de la façon avec laquelle je pourrai lui dire qu'il sera père, une fois de plus. Avant même de m'occuper de mes longs cheveux, je n'ai pas pu m'empêcher de poser une main sur ce petit ventre qui se voit déjà un peu, si seulement on prend soin de le regarder. Ah, l'évolution des grossesses depuis l'époque d'avant la guerre et ces siècles de différences.. Maintenant que je le sais, d'ailleurs, j'ai l'impression que c'est venu d'un coup. Ah, l'effet d'un déni.. Trop de stress et trop d'angoisse n'aident pas franchement à ouvrir les yeux. Bientôt, il me faudra ruser avec ce tissu autour de moi pour tenter de cacher cette nouvelle plutôt imprévue le plus longtemps possible. En entendant la porte s'ouvrir, je ne peux pas franchement m'empêcher de me retourner. Je savais que c'était Clow avant même qu'il ne referme cette porte derrière lui. « J’avais envie de te voir. » De simples mots qui réussissent l'exploit d'apporter une touche d'éclat à mon regard pour seule réponse, qui se suffit sans doute à elle seule, non ? Un peu comme avant, même si j'ai bien conscience que cela ne durera pas. Il ne m'en faut cependant pas plus pour me décider à le rejoindre, si bien que je finis bien rapidement entre ses bras. « Pas encore. » qu'il me répond alors, à cette question qui m'a bien brûlé les lèvres au sujet des suites apportées à ces sortes de « tests » qu'il a du passer. Des lèvres étrangement un peu plus brûlantes encore rien qu'en sentant ces autres contre elles. Simple attention qui me fait brièvement fermer les yeux. Du moins, jusqu'à ce que Clow me prenne la brosse et qu'il ne me dirige vers mon lit. Je sais très bien ce qu'il a en tête. J'en aurai souris, avant, tout en sautant presque sur ce matelas bien trop grand pour moi. Installée dos à mon jumeau, je ne tarde pas trop à lisser le tissu de ma robe, avant de jouer avec celui de mon drap juste à portée de main. Il me faut l'occuper un peu. J'ai du mal à rester sur place les bras croisés. Surtout pas maintenant. « Les épreuves sont fini depuis un peu après le déjeuner, il faudra encore de longues heures pour que les délibérations se fassent. » L'oreille attentive, j'écoute ce que me dit Clow. Ils n'ont pas eu une semaine bien reposante. Mais, je dois avouer que ces épreuves-là, pas aussi sanglante qu'un Conclave, me rassurent pas mal. Mon jumeau est intelligent, ça, je le sais parfaitement. Il peut réussir. Le dos bien droit, la tête un peu penchée sur le côté, je dois reconnaître que ses coups de brosse sur ma longue chevelure arrivent à me détendre un peu. Est-ce qu'il sent que je suis anxieuse aujourd'hui plus qu'un autre jour ? Ou est-ce qu'il s'évertue à lui-même tenter de s'apaiser suite à toutes ces épreuves, comme il l'a toujours fait en me coiffant de la sorte ? Ou peut-être que c'est un mélange des deux ? Je n'en ai aucune idée. « Comment ça s'est passé pour toi ? Tu penses avoir réussi à les convaincre ? » Questions somme toute assez logiques dans une telle situation, non ? Mais, ça m'intrigue assez de savoir comment il peut ressentir les choses. Disons aussi que je ne doute pas de lui. Et que savoir qu'il n'a pas du passer par l'étape « combat » me rassure assez. Au moins, il n'a pas eu à verser de son sang. Et ce n'est pas plus mal.

Finalement, Clow se décide à changer quelque peu le sujet du moment par cette simple question « Où est Ewald ? » qui m'arrache presque un léger frisson dans le dos. Une question qu'il m'a déjà demandé, bien évidemment. Mais, dans un contexte bien différent que celui d'aujourd'hui. Penchant légèrement ma tête sur le côté, je lui jette un simple regard du coin de l’œil. « Il est chez Mona. » que je lui réponds alors, simplement. Nul besoin de préciser de qui il s'agit. Clow sait très bien que Mona est une autre Sanyrt elle-même mère de quelques enfants qui s'entendent bien, je crois, avec notre petit Renardeau. Posant mes deux mains à plat, sur le matelas, je ne tarde pas trop à ajouter « Je pourrai le chercher si tu veux le voir. » avec un léger sourire, même si Clow ne le voit pas, étant toujours dos à lui. Cela me semble bien légitime s'il souhaite voir son fils, même si j'avoue que pouvoir parler à mon jumeau, seule avec lui pour le moment, n'est pas franchement une mauvaise chose. Déjà parce que je ne peux pas l'avoir près de moi autant que je ne le voudrai. Mais, aussi pour ce que j'ai à lui annoncer. Resserrant mes doigts autour de cette couverture recouvrant mon lit, je finis par pivoter un peu pour pouvoir croiser son regard. De là, avec un petit sourire étirant le coin de mes lèvres, je lui avoue déjà une petite chose. « En tout cas, il ne lâche plus cette petite dague que tu lui as donné.. » Avant le Conclave. Je ne prononce pas ces mots, ayant encore un peu de mal à me dire qu'il a failli avoir lieu. Ewald me fait d'ailleurs quelques frayeurs par moment. Je ne sais pas s'il a conscience qu'il peut se faire mal avec une telle lame. Mais, il veut apprendre à s'en servir. Pour nous protéger, lui et moi. Je ne doute pas que son petit frère ou sa petite sœur sera aussi important pour lui. Cette pensée me fait baisser un peu la tête, alors que je me tourne complètement pour faire face à mon jumeau. Impossible de garder cette nouvelle pour moi seule plus longtemps. « En parlant d'Ewald.. » que je commence simplement, ne sachant franchement pas comment lui dire qu'il ne sera pas seul. Me rapprochant de mon jumeau, l'une de mes mains glisse vers la sienne, libérée de la fameuse brosse. Là, mes doigts serrent en douceur la main de Clow, avant de venir la poser contre mon ventre. Il est loin d'être idiot, il comprendra forcément. Je ne peux pas m'empêcher de le regarder, alors que mon autre main vient se caler sur son genou. Comme ça, il devrait sans doute comprendre pourquoi j'ai du me rendre chez un Fisa. Pourquoi ma robe est sans doute plus ample aussi. Pourquoi je ne parle pas autant que d'habitude avec lui. Et si je ne lui en ai pas parlé jusqu'à présent, c'est pour une simple et bonne raison : je voulais juste attendre que cette histoire de semaine de test pour prendre la suite de Lexa à la tête de Kongeda soit derrière lui. Là, maintenant, je n'ai plus aucune excuse de reporter tout cela de toute façon..

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[27/06/2482]         One cannot plan for the unexpected     | Yukstoka Vide
MessageSujet: Re: [27/06/2482] One cannot plan for the unexpected | Yukstoka [27/06/2482]         One cannot plan for the unexpected     | Yukstoka EmptySam 13 Avr - 21:11

“One cannot plan for the unexpected.” ft Yukstoka.

 
Monsters didn't sleep under your bed. They sleep inside your head instead.

 
Les gestes du gringalet sont doux et précis, alors qu’il coiffe sa jumelle. On voit là la maîtresse de l’habitude, la dextérité de celui qui se destinait à raser de près les hommes. Jolie preuve qu’il sait être des plus adroits, bien loin des champs de combat… Jolie preuve que l’être humain peut être plus complexe que certains se plaisent bien à le croire… Et dans le cas de Pakstoka, c’est d’autant plus vrai ! Concentré sur ce que je fais, je donne l’image d’être en train de me détendre, en m’attelant à une tâche pour le moins commune. En réalité, le loup est simplement en pleine manipulation, soit son activité préférée ! Ne pouvant consacrer « suffisamment » de temps à ma jumelle, à cause de nos emplois du temps respectifs, je n’hésite pas à le faire, dès que je la vois. La manipulation demande de la constance, afin que le fil vous reliant à votre marionnette, ne puisse s’user sans que vous ne vous en rendiez compte. Il faut donc des petites touches, ponctuellement, ainsi que savoir doser, bien entendu, pour éviter qu’on ne voie clair dans votre jeu. Par chance, le maladroit est assez coutumier du fait, notamment avec ceux dont il est proche, et plus encore avec sa sœur, sa principale marionnette. Et peut-être qu’au fond, j’y retrouve un semblant de réconfort, dans un geste coutumier, qui nous rassemblait, quand nous étions plus jeunes, à la douce époque où les choses étaient plus simples, ou du moins : paraissaient l’être ! « Comment ça s'est passé pour toi ? Tu penses avoir réussi à les convaincre ? », me demande la Ntha, brisant le silence qui s’était brièvement installé entre nous, tandis que j’avais commencé à la coiffer. Poussant un profond soupir, qui est des plus parlant, je finis par prendre la parole : « Je ne sais pas… » Ce qui n’est pas tellement surprenant, de la part du jeune Podakru. S’il se sait intelligent, il a toutefois conscience qu’il souffre de lourdes lacunes, dans des domaines importants pour être un bon Heda. Même si la semaine d’épreuves, plutôt que le Conclave sanglant, est une vraie chance pour lui, et qu’il est conscient de cela, l’ancien apprenti barbier sait parfaitement qu’il y a des novices bien plus doués que lui. Alors l’incertitude qui transperce dans sa voix est facile à comprendre, si tant est que l’on se pose 5 secondes afin de réfléchir à sa situation, ainsi qu’à ce qui est en jeu. « J’ai fait de mon mieux, c’est la seule certitude que j’ai ! », est la conclusion apportée par le novice, qui s’efforce de faire preuve d’optimisme, un peu comme à chaque fois, en fait. Depuis toujours, il prône les bienfaits des efforts, plus que de la réussite atteinte sans avoir œuvré en ce sens. La réussite, sans efforts, n’a nulle saveur, à ses yeux, car n’aide en rien à l’apprentissage perpétuellement nécessaire pour s’améliorer en tant qu’être humain. Je ne vais pas vous assommer sous les pensées de vie bien chiantes du novice, ça ne serait pas utile ! Mais sa sœur connaît tout cela, et doit bien comprendre à quoi il pense, en parlant ainsi. Yuko ignore, toutefois, à quel point Pakstoka est bien loin de voir les choses sous le même angle. Si Clow n’a jamais fait  montre d’une ambition folle quant à la possibilité d’endosser le rôle de Commandant de Kongeda, pour le loup, c’est le seul et unique but de sa vie. Très sincèrement, il serait très étrange que je ne sois pas choisi, après tout ce que j’ai fait et montrer, au cours des dernières années, comme des derniers jours.  Quoi qu’il en soit, je ne baisserais pas les bras : le prochain Heda – et digne de ce nom, j’entends ! – ça ne peut qu’être moi, et moi seul !

Tout en continuant à démêler doucement les nœuds de la crinière de la Sanyrt qui me tourne actuellement le dos, je lui demande où se trouve notre fils. Il faut bien que je joue le rôle du père assez anxieux de savoir où est sa progéniture. Si la réaction est on ne peut plus humaine, ma motivation est plus animale qu’autre chose. N’oubliez pas que je tien plus du loup que de l’homme, en grande partie, dans ma façon d’être et de voir les choses… « Il est chez Mona. », me fait savoir ma sœur, tandis que je m’attaque à démêler une mèche qui parait contenir de multiples nœuds, et qui m’oblige à y aller encore plus doucement que jusqu’alors. « Oh… », que je laisse échapper, en réponse à cette annonce. Non, le Podakru n’est pas étonné ni déçu d’apprendre que son fils est chez une des voisines. Il s’en doutait, c’est souvent là que l’enfant est, quand il faut le confier à d’autres. Je me suis cependant arrangé pour distiller une pointe de regret à ces paroles. Clow doit bien, après tout, montrer qu’il souhaite voir son enfant, et souffre de ne pouvoir le voir dès que possible. Il en va de même, pour moi, dans une certaine mesure. Je ne suis pas un monstre, j’éprouve de l’attachement, même si contrairement aux gens lambdas, ça n’est jamais gratuit, avec moi, il n’y a jamais rien sans arrière-plan en tête… « Je pourrai le chercher si tu veux le voir. », ma jumelle ne tarde-t-elle pas à me proposer ceci, connaissant assez son frère pour se douter du fait qu’il éprouve le désir de voir leur fils. Je secoue la tête, ponctuant le tout d’une réplique (plus facilement perceptible par la brune, vu notre position actuelle sur son lit) : « Non, laisse-le s’amuser avec les autres enfants. », dis-je, un peu bon seigneur, dans ma façon de parler. Clow sait bien à quel point un enfant se doit de profiter de son insouciance, tant que cela lui est possible. Car Ewald approche doucement de ses 5 ans, de l’âge où il lui faudra démarrer sa formation. Il lui reste encore quelques mois à peine, pour choisir sa voie, et un maître d’apprentissage. En tant que fils d’une Sanyrt au service de Heda en personne, cela ne devrait pas lui être très compliqué. Des portes devraient s’ouvrir facilement pour lui, d’autres devraient être facilement accessibles, tant quelques-uns ne se priveraient pas de cette occasion pour se faire bien voir par la tête dirigeante de Kongeda… Sentant bien, à la gestuelle de ma sœur, qu’elle est en train de se tourner pour se tenir un peu plus face à moi, je ne tarde pas à cesser de la coiffer (Clow n’ayant guère l’intention, après tout, de prendre le risque de la blesser en tâchant de démêler un nœud alors qu’elle bouge !). « En tout cas, il ne lâche plus cette petite dague que tu lui as donné.. », me fait-elle savoir, alors que je dépose la brosse à côté de moi. Un léger sourire esquisse les lèvres du fier père qu’est le malhabile.  Et aussi surprenant que cela puisse paraître, le loup aussi, est fier. Disons que pour Clow comme Pakstoka, il est (étrangement pour le fauve) important d’assurer la sécurité de Yuko. Oui, j sais, là, je dois vous surprendre… Si pour Clow, sa jumelle est la personne la plus importante de sa vie (en plus de leur fils, depuis, bien entendu !), pour le manipulateur, c’est plus compliqué que cela. Je ne saurais dire ce qu’elle est pour moi exactement. Je ne la vois pas comme ma jumelle. Je ne la vois pas non plus comme celle que j’aime. Elle est plutôt ma compagne de vie, la seule qui puisse réellement partager ma vie. Après tout, le loup est tapi au plus profond du maladroit, depuis que Mana, la mère des jumeaux, a définitivement fait comprendre à Clow qu’elle ne le verrait jamais comme son fils. Mais le loup s’est définitivement implanté dans le jeune Podakru, après l’agression dont sa sœur a été victime, à Polis. Ne croyez pas que je ne dispose pas d’assez d’intelligence ni d’assez de recul, pour ne pas avoir conscience de tout cela ! « Très bonne chose ! », murmure qui s’échappe d’entre les lèvres fines du natblida. Bien loin de se douter des tourments que la présence de cette lame, entre les mains de l’enfant, peut engendrer chez sa jumelle. Il faut aussi dire que Clow a commencé à manier des lames très tôt, avant même de se lancer dans la carrière de barbier. Alors pour lui, c’est habituel, tout ça. Plus encore quand il s’agit de protéger sa sœur.

« En parlant d'Ewald.. », me dit alors Yuko, après un bref temps de silence. Si Clow n’a rien dit, n’en a rien laissé montrer, il est vrai que le loup a bien remarqué que la brune a baissée légèrement la tête, paraissant comme mal à l’aise, incertaine. Si on veut manipuler correctement les gens, il est plus que nécessaire de savoir comment décrypter les faits et gestes ceux qui nous font face. Sans le laisser (sa)voir, sinon, tout risque de tomber à l’eau. Tout est dans la subtilité… Mon regard se fixe sur ma sœur, alors que celle-ci se rapproche quelque peu de moi, avant d’attraper une de mes mains, pour la poser doucement sur son ventre. Mes sourcils se froncent, quand une des mains de Yuko se pose sur mon genou. Et là, le loup comprend. Et là, les yeux de l’imbécile s’écarquillent. Pakstoka comme le gringalet sont surpris, cela ne peut être nié. « C’est… vraiment ? » Bon, par contre, le nigaud paraît nettement plus stupéfait, mais il se montre parfois un peu plus simplet que le fauve, on lui pardonne : à ce qu’il paraît, ça contribue à son charme ! Il n’attend pas de réelles réponses de la Sanyrt, l’attirant contre lui, pour lui voler un baiser. On sent qu’il est heureux, en cet instant précis. Bien loin des tracas qui lui polluent pourtant les pensées, depuis quelques jours déjà, l’esprit alourdi par la mort de celle qui faisait figure de modèle pour lui. Personnellement, mon plaisir est d’un autre ordre, trouvant sa raison d’être dans le fait d’assurer ma descendance, de faire en sorte que les grands actes que je parviendrais à réaliser, gardent un écho retentissant à travers le temps. Il y a encore de la joie, dans le regard de la brebis, lorsque se termine le baiser. Sa main, toujours sur le ventre de la Ntha, le caresse du bout des doigts, presque inconsciemment, comme pour commencer à faire connaissance avec le rejeton qui s’y dissimule. Son autre main est allé se nicher sur celle de la brune, précédemment posée sur son genou, afin d’entrelacer leurs doigts. « Depuis quand ? », demande-t-il, encore enjoué, avant que son sourire ne s’affaisse, quand il prend conscience d’une chose primordiale : « Les parents voudront encore plus te marier ! », soupire-t-il, dépité, ne parvenant à se résoudre à ce bien sombre destin, mais ne pouvant rien faire pour empêcher sa réalisation. A moins d’être Heda, mais ça, au vu des changements dans son choix, ça peut se produire. J’ai beau être confiant en mes talents, j’ai parfaitement conscience que rien n’est jamais gagné par avance, et c’est pour cela que j’ai déposé des pions un peu partout… Advienne que pourra, ma foi… Mais, pour l’heure, il me faut jouer les amoureux, comblés d’être de nouveau bientôt père, tout en ayant peur de voir sa dulcinée, finir dans les bras d’un autre. Alors que le loup que je suis, s’en amuserait presque. J’ai conscience que cela ne sera pas suffisant pour me faire perdre ma jolie marionnette, Yuko restera – à jamais ! – sous mon emprise !
 

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(Et futur Heda, mais ça, nul ne le sait encore, ils sous-estiment tous le loup, ces sombres idiots !  [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] )
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[27/06/2482]         One cannot plan for the unexpected     | Yukstoka Vide
MessageSujet: Re: [27/06/2482] One cannot plan for the unexpected | Yukstoka [27/06/2482]         One cannot plan for the unexpected     | Yukstoka EmptyJeu 20 Juin - 20:46

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“One cannot plan for the unexpected.”

Alors même que mon jumeau s’occupe de ma chevelure, qui a bien poussé dernièrement d’ailleurs, je ne peux pas m’empêcher d’être comme propulsée dans notre passé. Lorsqu’il me coiffait de la sorte, alors qu’on n’était encore que des gamins. J’ai toujours préféré quand c’était lui qui se collait à la tâche plutôt que notre mère. La douceur n’était pas forcément son fort en démêlant tous ces nœuds que j’ai pu me faire surtout en dormant. Elle ne supportait pas vraiment de me voir avec mes longueurs en désordre, si bien que souvent, j’allais demander l’aide de mon frère à peine on était réveillés. Et cela, sans compter les coups de brosse en plus et qui, étrangement, semblaient le rendre un peu plus serein lorsque Clow n’était pas au meilleur de sa forme. Merci, maman.. Et pour le coup, aujourd’hui, sa douceur habituelle dont il sait faire preuve avec moi -et juste, en fait, sa seule présence dans cette même pièce- m’aide à souffler un peu. Évidemment, je fais au mieux pour prendre du temps pour moi. Pour me reposer, me ressourcer et surtout, faire le vide autour de moi. Chose de loin pas facile pour quelqu'un comme moi. Cependant, c'est de là, en partie, que j'en tire cette force qui m'anime. Mais, cela reste à double tranchant malgré tout, car ces démons qui me poursuivent depuis cette agression ne sont jamais très loin lorsque je reste trop seule, trop longtemps. J'ai mis du temps à chercher et à trouver cet équilibre qui me convient, à peu près. Jamais je ne redeviendrai celle que j'avais été. J'en ai conscience. A moi de lutter pour ne pas me laisser aller. Ne pas me laisser emporter. Certains peuvent penser que rien n'a changé dans ma vie, ces dernières années. Que je suis toujours aussi faible que je l'ai été en ressortant de cette bâtisse en feu, après ce lourd supplice qu'on m'a imposé. Dans le fond, c'est sans doute vrai. Comme dit, la Yuko d'avant est bien loin. Et oui, évidemment qu'elle me manque, à moi aussi. J'aimerai tant pouvoir goûter de  nouveau à cette joie de vivre qui me définissait. Tout paraissait si simple. Me retrouver face à ces bourreaux ayant une dent contre les Nthas m'a tout simplement fait grandir. Trop vite. Trop tôt. Ainsi propulsée dans un monde plus violent, plus vrai, j'essaie de m'accrocher à cette petite fille que j'ai été. Pour Ewald, et qu'il n'ait pas de moi une image de femme brisée sans aucune force et qui ne sait plus sourire. Et pour Clow, aussi, qu'il puisse au moins ressentir que je reste -ou plutôt que j'essaie de rester- la même pour lui, bien qu'énormément de choses aient changées et que lui aussi doit combattre ses propres démons. Mais mon jumeau m'a connu, avant et il me connaît mieux que n'importe qui. Tous les autres par contre, ils peuvent me voir comme une femme froide, loin d'être souriante du matin au soir si cela leur fait plaisir. D'autant plus que si cela les tient à distance de moi, alors j'ai tout gagné. Je n'ai jamais aimé être au centre de l'attention. Même en étant une petite fille. C'est donc « pire » aujourd'hui. Qui a dit que ce qui trotte dans ma tête est censé, de toute façon ? Pas moi. En fermant les yeux, je profite juste de ce que mon frère m’apporte sur le moment. Il ne sait pas à quel point cela me fait du bien de l’avoir près de moi, même avec ce simple geste pourtant somme toute assez banal entre nous. Ce n’est pas la première fois -ni la dernière- qu’il s’occupe de ma chevelure après tout. Mais, c’est la première pourtant, depuis son Conclave avorté. La première fois aussi depuis que j’ai conscience qu’un petit être grandi dans mon ventre. Un ventre déjà rebondi d'ailleurs, mais que je prends soin de cacher au mieux pour qu’il ne le devine pas trop rapidement. Pour en revenir à son Conclave, je n’ose pas imaginer dans quel état j’aurai pu être si son sang s’était répandu dans l’arène.. Une simple image dont je n’ai cessé de cauchemarder ces dernières nuits et qui me hante depuis l’annonce de la disparition de Lexa. Qui, par chance, n’a finalement pas réussi à passer cette frontière instable entre songe et réalité. La preuve par excellence ? Ne cherchez pas bien loin : il est là. Voilà pourquoi c’est si important pour moi. Même si le Conclave pour désigner un nouveau Heda ne s’est pas terminé dans le sang, je ne peux pourtant pas m’empêcher d’interroger mon jumeau au sujet de ces tests qu’il a du passer face aux autres Novices, et qui, s’ils lui sourient suffisamment, lui donneront les clés de Kongeda. Toujours les yeux clos, j'ai envie de croire qu'il en ressortira le pouvoir entre ses mains malgré ce qu'il me répond et cette incertitude dans ses mots.

Finalement, on en vient à parler d'Ewald. J'espère toujours pouvoir, un jour -de mon vivant de préférence-, lui avouer qui est son père. Mais, pour le moment, tout cela doit rester dans ce même secret dans lequel il baigne malgré lui depuis sa naissance. Quand on sait ce qui peut arriver, si un des Novices se retrouve être parent avant d'être Heda.. Non, c'est trop risqué. Pas seulement pour moi. Mais pour Clow et notre renardeau aussi. Un petit qui n'est déjà plus si jeune que cela d'ailleurs, malgré ses quelques petites années. Rien que de l'imaginer devoir partir prochainement pour se former à son tour, sans doute loin de moi, m'attriste pas mal. Notre fils est un des piliers dans ma vie qui m'éloigne de toute folie et me maintient en sécurité. Pas seulement envers les autres, mais du danger que je peux représenter pour moi-même aussi. Mais, pour le moment, on a encore quelques lunes avant d'y songer et puis, s'il décide de forger son futur en dehors de Polis, je ne pourrai pas m'y opposer. Surtout que par chance, mon poste auprès de Heda lui promet des possibilités d'avenir bien diverses et bien intéressantes. « Non, laisse-le s’amuser avec les autres enfants. » C'est tout Clow, cette réponse-là. Mes lèvres s'ourlent d'une subtile esquisse de sourire. Preuve en est que je ne suis pas d'une âme et d'un cœur de pierre malgré tout. « Dans ce cas, promets-moi d'essayer de passer un peu de temps avec lui ces prochains jours. » que je réponds, tournant légèrement la tête sur le côté. Ewald a besoin de son père, bien qu'il ne sache pas le rôle que Clow aurait pu avoir pour lui si les choses avaient été différentes. Et je sais très bien, pour l'entendre me parler de mon jumeau caché très souvent, qu'il l'apprécie vraiment. Sur ces mots, j'adresse un subtile message à mon frère qu'il comprendra, j'en suis certaine. Disons que je n'ai pas envie que l'un comme l'autre regrette, un beau jour, de ne pas avoir pu profiter de leur complicité avant qu'il ne soit trop tard. Déjà que les choses paraissent si compliquées.. D'autant plus que même si les figures masculines ne manquent pas autour d'Ewald, je sais très bien que notre fils voit Clow autrement que les autres hommes pouvant croiser son chemin. Peut-être se doute-t-il de quelque chose, sans réussir à savoir de quoi il s'agit exactement ? Peut-être que ce lien entre un père et un fils ne peut pas être coupé par une vérité préservée et cachée, pour le moment ? Surtout qu'il ressemble beaucoup à Clow dans sa façon d'agir, sans même le savoir ou faire exprès. La preuve en est avec cette fameuse dague avec laquelle il passe beaucoup de temps à jouer, qui m'amène immanquablement à penser « tel père, tel fils ». Ce « Très bonne chose ! » murmuré ne m'étonne même pas. Après tout, mon cher jumeau a grandi avec des lames en main. Il ne peut pas vraiment comprendre, je crois, l'inquiétude qu'une mère peut avoir pour son fils si jamais il venait à se blesser avec. Sans doute penserait-il comme notre père. Que ce n'est qu'une conséquence de l'apprentissage. Mais, la relation entre Clow et notre mère n'est pas la même qu'entre Ewald et moi. Elle n'avait pas cette appréhension de voir revenir son fils couvert de son sang suite à un geste malhabile. Non. Cette inquiétude-là, c'est moi qui l'avait envers mon jumeau et que je ne peux pas m'empêcher de ressentir à nouveau pour notre fils. Qu'il est complexe, ce lien qui m'attache à Clow. Depuis toujours, j'avais cette envie de combler l'injustice de notre mère en agissant avec lui comme elle aurait du le faire pour lui montrer que quoiqu'il puisse se passer, je tiens à lui. Énormément. Plus qu'une sœur ne le devrait. Mais, c'est ainsi. On ne choisit pas ce que son cœur ressent, non ? Puis, peut-être qu'il se rassure en sachant ce que moi-même j'ignore encore : qu'il n'est pas « vraiment » mon jumeau.

Ne tenant plus vraiment, c'est alors que je finis par me tourner, tranquillement, pour pouvoir faire face à mon jumeau. Je ne peux plus faire comme si de rien était. Son regard, qui ne me lâche pas une seule seconde me ferait presque rougir si cela était habituel chez moi. Il doit sans doute réussir à avoir une petite teinte rosée, ce qui est déjà pas trop mal, non ? Plus près de lui, sa main doucement posée sur mon ventre, j'attends. J'attends qu'il comprenne ce dont moi-même j'ai encore du mal à m'y faire. Merci le déni et l'absence de ces premiers symptômes de grossesse que je n'ai pas vécu, et qui ont juste eu le don de m'offrir ce petit ventre déjà bien arrondi d'un coup. De la surprise passe dans ce regard que je soutiens, sans bouger. Seule ma main sur son genou glisse légèrement sur sa cuisse. « C’est… vraiment ? » Et là, pour confirmer ce qu'il peut bien avoir en tête, je ne peux pas m'empêcher de lui sourire, bien qu'assez timidement pour le coup. Un vrai sourire. Un des rares qui lui sont encore adressés, à lui seul -enfin, à Ewald aussi, évidemment-. Pas le temps de lui répondre pour autant. Me voilà à goûter ses lèvres qui, je dois l'admettre, m'ont manqué ces derniers temps. Il n'y a que dans ces moments privilégiés avec Clow que ma carapace de tous les jours s'effondre de sorte à ce qu'il soit le seul à connaître cette autre « Yuko ». Plus attentionnée, mais surtout plus tendre et délicate. Tellement plus forte grâce à ce que je peux ressentir pour lui depuis toutes ces années, mais aussi étrangement plus faible, comme une sorte de contrecoup face à cette liaison qui n'est plus fraternelle depuis bien longtemps déjà. Peu importe ce que certains en penseraient s'ils savaient. Ces moments passés avec mon jumeau figurent sans aucun doute parmi les plus précieux me permettant de me sentir encore vivante. Je ne tarde pas à effleurer la joue de Clow, sans pour autant m'éloigner de lui. J'ai besoin de ça. De sentir sa peau du bout de mes doigts, pour que celle que j'ai été puisse se raccrocher à lui pour ne pas sombrer à jamais. Mais aussi, et comme depuis que je suis gamine, de lui prouver encore et toujours que des gens tiennent à lui. Que je tiens à lui. Ce baiser ne peut pas être éternel. Voilà pourquoi on finit par se faire face à nouveau, même si je ne peux m'empêcher de remettre l'une de ses mèches rebelles délicatement derrière son oreille alors que lui, de son côté, noue les prémices d'un lien avec ce futur nouvel arrivant. « Depuis quand ? » Son sourire est contagieux. Du moins, avant qu'il ne se fane entraînant le mien à sa suite. A quoi pense-t-il d'un coup ? « Les parents voudront encore plus te marier ! » Ah. Nos parents ont eu la brillante idée de vouloir me marier ces derniers temps, c'est vrai. Pour eux, c'est un peu comme si j'étais un bon parti, dans le sens où certains hommes peuvent désirer une descendance « particulière ». Mon rang de Ntha peut en intéresser certains, j'en ai conscience. Ils pensent que naître Ntha est un cadeau à coup sur et qu'un tel enfant leur assurerait une certaine reconnaissance. Et à cette possibilité d'enfanter un Ntha en devenir, le fait que mon -supposé- jumeau soit un Natblida doit sans doute élargir la liste de ceux me voulant dans leur lit pour voir mon ventre porter leur enfant. Après tout, il est assez rare de pouvoir se marier à une Ntha dont son propre jumeau peut finir par régner sur Kongeda. Mais, je ne suis pas la femme parfaite, rien qu'avec mon aversion craintive envers les étrangers. Et ça, les parents le savent aussi. Déjà qu'il leur faudrait trouver un homme acceptant une femme ayant déjà un enfant d'un père inconnu, et bientôt un autre.. Me redressant, ma tête se baisse à nouveau alors que mes yeux contemplent mon magnifique drap. Ce problème de mariage ne se posera plus si Clow accède au titre de Heda, non ? « Ils ne savent rien, de toute façon. Cela fait bien trop longtemps que je ne les ai pas revus. » est tout ce que je trouve à répondre sur le coup. Et c'est bien vrai, ils ne savent pas que je suis enceinte à nouveau. D'autant plus qu'ils ne devraient pas pouvoir venir à Polis de si tôt, vu cette agitation autour des Novices. « Sans doute le sauront-ils seulement lorsqu'il sera né. » Je l'espère vraiment, en tout cas. Leur leçon de moral sur le fait que ma priorité devrait être de me trouver un mari me rend dingue par avance. Mon regard s'accroche à nouveau à celui de mon jumeau, alors que je rassemble ma crinière sur l'une de mes épaules. « Surtout qu'ils devront finir par comprendre que mon ventre n'est pas une marchandise qu'ils peuvent promettre à n'importe qui.. » La seule idée qu'un inconnu profite de mon corps de manière intime me répugne. Alors aller jusqu'à imaginer porter l'enfant d'un autre que Clow m'angoisse énormément. Soupirant longuement, je finis par déposer un baiser sur le front de mon jumeau, mes deux petites mains encadrant son visage. Je sais qu'on n'en a pas fini avec cette histoire de mariage espéré par nos parents, et à juste titre vu qu'on accueillera un deuxième renardeau. Mais, je ne veux pas que ce problème entache trop cette nouvelle à peine partagée. Surtout que Clow mérite quelques explications. Finalement, je reviens sur cette bonne question posée avant l'évocation d'un mariage. Détournant un peu le regard pour le river sur ce drap recouvrant mon lit, mes épaules se soulèvent très brièvement. « Le fisa ne le sait pas exactement. » que je glisse alors, simplement. « Je n'en avais pas conscience jusqu'à ce que tu m'envoies le voir. » Me mordant la lèvre, je n'ajoute cependant rien de plus. Clow n'est de loin pas idiot. Il sait que son Conclave m'a vraiment mise sur les nerfs, avec cette possibilité de le perdre. Et que tout cela ne peut qu'être lié. « Mais, il dit que cela fait déjà quelques mois. » Quelques mots en plus que j'ajoute, avec un sourire bien sincère aux coins des lèvres. « Visiblement, il a tenu cette promesse qu'il m'avait faite, de ne rien te dire. » Et ce n'est pas plus mal ainsi. Sur ces mots que j'espère être un peu plus légers, je me décale un peu vers sa droite comme pour lui montrer que je suis à ses côtés, peu importe ce qu'en diront nos parents. Mon bras gauche en profite glisser jusqu'à se faire sa petite place contre son dos. Sagement, tout de même. En temps « normal », il se serait très certainement aventuré sous sa chemise, mais pas là. « Pakstoka ? » Oui, j'utilise ce prénom qu'il affectionne bien plus que Clow pour tenter de décentrer toute cette attention sur moi, même si pour le coup, elle est méritée. On n'apprend pas tous les jours, heureusement, qu'on accueillera un nouvel enfant. Mais, j'ai aussi envie de l'écouter. Comme je l'ai toujours fait. « Est-ce que tu penses que les choses changeront, grandement, avec la disparition de Lexa ? » Je ne peux pas m'empêcher de penser à tout cela, tout en resserrant mes doigts autour de ce tissu recouvrant son dos. Est-ce qu'il sait si certains de ses amis Novices, en tête pour succéder au titre de Heda, sont hostiles aux Nthas et risqueraient de m'inciter à, au mieux, fuir Polis ? Est-ce que même s'il ne devient pas Heda, il sera un peu plus libre ? Est-ce que le Conclave peut n'être véritablement plus qu'un mauvais souvenir ? J'ai bien conscience qu'il ne peut pas avoir de réponses précises sur tout ça. Mais, peut-être qu'en le questionnant sur ce qu'il pense de l'avenir de la Coalition, j'essaie de me rassurer, un peu, n'osant pas imaginer perdre ce pilier qu'il est dans mon quotidien pour n'importe quelle raison.

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[27/06/2482]         One cannot plan for the unexpected     | Yukstoka Vide
MessageSujet: Re: [27/06/2482] One cannot plan for the unexpected | Yukstoka [27/06/2482]         One cannot plan for the unexpected     | Yukstoka EmptyLun 15 Juil - 18:30

“One cannot plan for the unexpected.” ft Yukstoka.

 
Monsters didn't sleep under your bed. They sleep inside your head instead.

 
C’est un père prévenant, le jeune Podakru. Et c’est presque étonnant, au vu de l’exemple déplorable qu’il a eu. Je me suis clairement inspiré de ce que j’ai pu voir autour de moi, de ces pères qui se montraient raisonnablement présents pour leurs enfants, afin de savoir comment agir avec ma progéniture. Ca paraissait logique que Clow, après tout, ne souhaite pas suivre les traces de ses parents. Il n’a que trop souffert de leurs attitudes, bien que le pire lui ait été infligé par sa mère. C’est plutôt ironique, d’ailleurs, de savoir que c’est à cause de l’attitude de Mana, que le fauve a fini par jeter son dévolu sur Yuko, son si précieux trésor. Si cette marâtre avait eu un semblant d’affection pour l’enfant que j’étais alors, peut-être ne serais-je pas devenu le loup que je suis désormais, ou un peu moins féroce et cruel alors. J’ai réfléchi à la situation, croyez-moi, et je suis sûr de moi en disant que sans l’attitude de Mana, je n’aurai pas fait de Yuko ma marionnette, que notre lien serait nettement moins malsain qu’il ne l’est à l’heure actuelle. Je l’aurai sans doute manipulé, ça, je n’en doute pas, mais pas à ce point-là. Des sanyrt, qui peuvent me permettre d’en apprendre plus sur les autres novices et les confidences qu’ils peuvent à ces masseurs durant les soins accordés, même si ça ne court pas les rues, il y en a quelques autres. Je suis assez bon manipulateur pour savoir que j’aurai réussis à leur soutirer des infos croustillantes. Je suis assez réaliste aussi pour savoir que même si Yuko n’avait pas été sanyrt, par envie de faire souffrir Mana, j’aurai quand même fait d’elle ma maîtresse. Yuko est plutôt jolie, il faut l’admettre, bien qu’elle ne soit pas pour autant la plus belle des femmes qu’il m’ait été donné de voir ! (Oh, je vous en prie, ne soyez pas choqués de me découvrir aussi franc que cela ! Vous devez me connaître un minimum, depuis le temps !) Et si la vie avait suivi son cours initial, si nous n’avions pas fini par nous retrouver persuadés d’être des jumeaux, alors trop de choses auraient été différentes. Je n’aurais sans doute jamais été aussi fourbe, et mon regard ne se serait très certainement même jamais posé sur la brune. Mais cela, ni vous ni moi ne pourrons le découvrir (encore que vous, contrairement à moi, avez un peu d’avance : j’ignore encore n’être en rien lié à Yuko !). Et c’est d’autant plus intéressant que Yuko et moi ne nous serions sans doute même à peine remarqués, si, comme il était initialement prévu, nous n’avions pas grandi ensemble. Je me serai trouvé à Polis bien avant elle, et aurait intégré le noviciat très tôt. De son côté, aurait-elle seulement choisi cette carrière professionnelle ? Aurait-elle été aussi brisée qu’elle l’est actuellement ? Il est probable qu’avec Waukee, ils n’aient même jamais séjourné à Polis, et de fait, jamais été agressés ! Et je ne peux oublier de mentionner le fait que, de mon côté, j’aurais clairement été différent, en grandissant loin de la haine de Mana, alors même si je l’avais possiblement trouvé attirante, rien ne certifie que notre relation aurait été du même genre que celle que nous entretenons aujourd’hui (sans le côté manipulation, j’entends !). Tout ça pour dire que la vie est parfois très drôle (même si Mana n’approuvera pas !), et que cette même vie a fait de moi le monstre que les gens pourraient possiblement voir en moi, si je les laissais me connaître véritablement. Tout comme ça a fait de moi un être capable d’imiter les comportements humains « normaux », encore mieux qu’un caméléon ! Ca n’est pas difficile, vous me direz : l’Homme est majoritairement assez bête, et ne cherche souvent pas plus loin que le bout de son nez, même quand l’évidence lui gratte son appendice nasale… Je ne vais pas m’en plaindre, cela me facilite la tâche, bien que j’ai conscience qu’il est nettement plus aisé de manipuler ses proches que d’autres individus. Ainsi, ma capacité à jouer avec Yuko n’a rien d’extraordinaire, elle est simplement aveuglée par notre lien, de parenté, comme celui qu’on le cache aux yeux de tous. Elle est tellement crédule qu’elle n’hésite pas à me répondre « Dans ce cas, promets-moi d'essayer de passer un peu de temps avec lui ces prochains jours. » Le nez du maladroit se retrousse, alors qu’il grimace doucement. « Tu sais très bien que je ne peux pas te promettre quoi que ce soit… », lui rappelle-t-il, un petit sourire désolé aux lèvres. Il n’a aucune emprise sur son emploi du temps, et ce, même avec ce « Conclave » nouvelle mouture qui vient de se terminer. Ni lui, ni même le Tinreth, ne parait savoir comment la suite des événements s’écrira, aussi bien pour le novice qui se verra devenir le prochain Heda. Il a encore moins été défini ce que les autres novices feront, maintenant qu’il n’y a plus de combat à morts pour faire ses preuves… La parole étant quelque chose de sacré, dans ma culture, vous comprenez aisément pourquoi Clow préfère ne pas s’avancer en quoi que ce soit. D’autant plus qu’il est un guerrier (il en a la formation, à défaut d’en avoir le talent !), et pour cette caste, le sens de l’honneur est encore plus exacerbé que pour le reste des gens ! Alors forcément, promettre, même simplement d’essayer de passer du temps avec son fils, c’est au-delà des capacités du Natblida. Il n’a pas envie de se mettre les Dieux à dos, après tout, en ne parvenant à honorer une parole ! Et même moi, je dois avouer que j’évite aussi de faire des promesses que je ne pourrais tenir (ou alors, j’use de stratagèmes pour que cette parole paraisse vraiment donnée, mais me prémunir d’éventuels retours des divinités en colère.) Même dans la nature, les loups savent s’incliner face à plus forts qu’eux : il n’est nullement intéressant de se lancer dans une bataille perdue d’avance, les loups sont plus malins que ça ! Mieux vaut patienter, pour triompher plus tard. Face aux Dieux, je n’ai nul pouvoir, alors si je veux mener à bien mes plans, il me faut œuvrer sans les offenser, plus encore pour espérer les avoir à mes côtés ! Et c’est bien sur ce point du respect face aux Dieux, que Clow et moi-même, nous nous ressemblons réellement. Par contre, contrairement à l’ancien apprenti barber, j’en ai pas grand-chose à cirer de pouvoir passer du temps ou non avec mon fils. Bien entendu, je ne compte pas non plus ne pas le voir du tout, mais mon envie d’être en sa compagnie est bien moindre comparé à celle du primate que j’incarne en public. Il faut bien « modeler » ma descendance, après tout, ça, j’en ai conscience, il est juste hors de question que tout mon temps libre soit consacré à mes rejetons. Chaque chose en son temps… Et pourtant, mon visage est le reflet même de la peine la plus profonde, celle du père qu’est Clow, ce père qui se désole de ne pouvoir être plus présent pour son fils. Être un bon acteur est un indéniable atout dont je n’hésite jamais à me servir. J’en rajoute même une couche, quand j’apprécie de savoir que le renardeau aime la lame que je lui ai transmise. Evidemment, le fauve aime à apprendre que son fils manifeste un certain goût pour les armes blanches : ce sont mes armes de prédilection, après tout ! Intérieurement, je souris, je ricane. Je sens bien que ma jumelle n’est pas très à l’aise à l’idée que le petit affectionne sa lame comme ça. Rah, les femmes et leurs vaines inquiétudes, je vous jure ! Si le prédateur, fin observateur, remarque la peur qui ronge la brune, le jeune idiot lui, est aveugle. Clow n’est pas forcément connu pour sa capacité à observer son entourage. A dire vrai, à part être connu pour sa maladresse, de toute façon, Clow ne fait guère parler de lui. De fait, je ne montre aucune réaction quant à ce que Yuko dégage, comme sentiment d’appréhension à savoir que son fils puisse un jour se blesser en faisant une erreur avec sa lame. Ne sait-elle donc pas qu’il est préférable pour lui d’être armé, au cas où, car les rues sont des plus dangereuses, même en plein cœur de Polis ? Il est hors de question que la chaire de ma chaire ne se retrouve dans une aussi mauvaise posture que nous avons pu l’être à l’époque ! Si Yuko ne peut le comprendre car elle est trop mère poule, ma foi, peu m’importe ! Qu’elle s’inquiète, ça lui occupera l’esprit, et fera qu’elle ne s’attardera pas trop sur mon comportement (je doute que je ne laisse quoi que ce soit dans mon attitude en mesure de semer le doute sur qui je suis en réalité, mais j’aime quand même savoir mes marionnettes occupées ailleurs !).

De l’occupation, elle va en avoir, visiblement, de par sa grossesse, qu’elle ne tarde pas à m’apprendre, à sa façon. Evidemment, j’en suis réjoui. Sans doute pas autant que Clow, qui est ouvertement heureux à l’idée d’être une fois de plus père. Mais j’aime aussi à me dire que mes gênes continueront à se transmettre, et que mon héritage ne se perdra pas. Avouez, ça serait un lourd gâchis, si ça arrivait ! Mes gênes sont d’autant plus en sécurité que leur mère me connaît assez bien pour savoir comment élever nos enfants (certes, Yuko ne me connaît pas aussi bien qu’elle le pense, mais elle en sait suffisamment pour savoir ce qu’il faut transmettre à nos enfants : ça n’est pas pour rien si le fauve l’a choisi comme compagne !). Néanmoins, le grand nigaud lui, a d’autres préoccupations, comme leurs parents, qui ne vont clairement pas tarder à s’intéresser au cas de leur fille, qui va se retrouver encore une fois « fille-mère », et ça, ça ne va pas leur plaire, à n’en pas douter ! Pakstoka trouve ça drôle, l’imbécile rit nettement moins. La jalousie : curieux sentiment, ne trouvez-vous pas ? Je ne l’ai jamais compris, tant le fait de s’attacher profondément à quelqu’un me parait stupide. Qu’il est navrant de voir que pour certains, son bonheur repose sur les épaules d’autrui, l’équilibre est alors bien fragile ! D’autant plus quand on sait à quel point l’être humain peut être cruel (n’en suis-je pas la preuve ?) ! Le prédateur que je suis désapprouve simplement de savoir qu’on peut lui voler son bien. Voyez Yuko comme mon territoire, si j’étais un loup dans la nature, c’est la seule description qui se rapproche à peu près de la façon que j’ai de la considérer. Elle m’appartient, nul n’a le droit d’essayer de me la voler. Peu importe les maris possibles que nos parents lui présenteront, personne ne la méritera. Oh, ne vous méprenez pas :  je ne place pas la brune sur un piédestal, j’ai conscience qu’elle n’est pas parfaite, et est loin d’être à ma hauteur. Je sais cependant sans l’ombre d’un doute, que personne à part elle n’est plus à même de me mériter. Mais rien ne filtre de tout cela, seul le ressenti de Clow apparaît. Et c’est face à lui que réagit la Sanyrt, se fendant d’un : « Ils ne savent rien, de toute façon. Cela fait bien trop longtemps que je ne les ai pas revus. » Pakstoka lève mentalement les yeux au ciel, face à la naïveté de la brune. Les nouvelles de ce genre ont tendance à se propager assez vite. Si pour l’heure, elle a réussi à cacher sa grossesse à tous, il n’est pas sûr que ça continue en ce sens, en dépit de ses efforts. Certaines personnes sont plus observatrices que d’autres, surtout parmi nos aînés, et peuvent être à même de comprendre qu’elle est enceinte, même si la rondeur de son ventre est cachée ! Le novice se contente d’afficher un air compréhensif, alors qu’elle poursuit : « Sans doute le sauront-ils seulement lorsqu'il sera né. » A l’instar du loup intérieur, Clow fronce les sourcils, pour faire remarquer à la jeune femme un point important : « Tu ferais mieux de leur dire avant, ça atténuera un peu le choc et leur colère. » Il y a de la résignation dans la façon dont Clow s’est exprimé, car il se doute que même ainsi, leurs parent se sentiront trahis, et redouteront que leur seul fille perde de sa « valeur ». Son statut de Ntha, venant de 2 Nthas (et ayant un jumeau Nightblood) lui confère une certaine importance, ça, elle en a conscience : « Surtout qu'ils devront finir par comprendre que mon ventre n'est pas une marchandise qu'ils peuvent promettre à n'importe qui.. » C’est un sourire exagérément triste qui étire mes lèvres, tandis qu’elle encadre mon visage de ses mains. « Que tu le veuilles ou non, tu as cette valeur marchande qui te répugne tant… » Telles sont les paroles que soufflent Clow, tandis que sa jumelle l’embrasse sur le front. Il est réaliste, le nigaud, en dépit de ses multiples défauts, il n’est pas bête, bien au contraire. En dépit de ce que Yuko aimerait, elle n’a pas les moyens de refuser les attentes des parents. D’autant plus en tant que mère officiellement célibataire, s’apprêtant à élever non plus un seul enfant, mais deux ! Elle a beau occuper un poste assez important dans la tour de Polis, il n’en est pas moins vrai pour autant que les temps sont durs pour les mères seules dans son cas, aussi bien financièrement, que sur d’autres aspects… Evidemment, moi, ça m’arrange : elle est ainsi bien trop occupée à s’activer pour subvenir aux besoins des gosses, qu’elle n’a le temps de rien d’autres. C’est comme ça, que j’aime ma compagne : trop occupée pour trop réfléchir ou pour aller voir ailleurs ! « Le fisa ne le sait pas exactement. Je n'en avais pas conscience jusqu'à ce que tu m'envoies le voir. Mais, il dit que cela fait déjà quelques mois. » me répond-t-elle enfin, quant au commencement de sa grossesse. Clow fait la moue, n’appréciant pas vraiment la nouvelle. Disons qu’il apparaît plus inquiet qu’en colère. Il espère que le fait qu’elle n’ait pris conscience de sa grossesse que récemment, n’a pas entraîné des problèmes à l’évolution de l’enfant… Personnellement, c’est une chose qui m’amuse à moitié. C’est marrant dans le sens où elle a tellement été angoissée par mon Conclave qu’elle a occultée tout le reste. C’est moins marrant dans le sens où j’espère pour elle que l’enfant va bien ! Je ne tiens pas à avoir contribué à donner vie à un rejeton, encore moins utile que Clow, et cette fois, sans que ça ne soit une parade visant à protéger son évolution dans la société et jusqu’à son objectif ! « Visiblement, il a tenu cette promesse qu'il m'avait faite, de ne rien te dire. » ajoute-t-elle, sans que le Podakru ne paraisse vraiment l’écouter. Les yeux dans le vague, perdu dans ses pensées, il pose sa main sur le genou de la brune, pour lui poser la question qui lui brûle les lèvres : « Il va bien ? » Je n’ai pas besoin de préciser de qui je parle : je m’en fous, du fisa ! C’est l’enfant, qui intéresse Clow, et qui m’intéresse également. Le guérisseur a bien dû dire à Yuko dans quel état se trouvait le bébé, au vu de la particularité de la situation. Notre médecine est sans doute bien différente à celle qui existait avant Praimfeya, mais nous ne sommes pas en retard pour autant, nous pratiquons juste les soins différemment, sans doute en étant plus à l’écoute du corps humain et de la nature, que ça ne semblait être le cas autrefois ! Et bien entendu, il y a la vénération aux Dieux à prendre en considération. Ce qui me fait penser qu’il faudra prier pour le bien-être de cet enfant à venir, supplier les Dieux de se pencher sur lui et de le bénir, ainsi qu’ils l’ont fait avec mon aîné. « Pakstoka ? » C’est en entendant la jeune femme m’appeler, m’appeler réellement, je veux dire, (enfin, autant que je le lui permets !) que je réagis, que ma carcasse d’imbécile se tourne entièrement vers elle. « Est-ce que tu penses que les choses changeront, grandement, avec la disparition de Lexa ? » Ah, ça, c’est une grande question, à laquelle j’ai bien réfléchis, croyez-moi. Et en dépit de toute mon incontestable intelligence, je n’ai pas l’ombre d’une réponse cohérente. Il faut dire que même les gens sensés planifier cet avenir sans Lexa, ne paraissent pas savoir quelle voie choisir… Alors de là à savoir qui ils vont choisir, et comment la Coalition sera dirigée, c’est assez compliqué ! « Ca dépend : à quel niveau ? » Malgré mon envie de lire dans les pensées des gens, je ne sais pas encore le faire, alors Clow lui montre clairement que sa question est trop vaste, couvrant un large choix de sous-questions ! Parle-t-elle des relations entre les clans ? D’autant plus que, et ça, elle ne le sait pas, je ne l’ai moi-même découvert que parce que j’ai de bonnes relations, que je sais faire parler correctement… Mais Azgeda ne va sans doute pas rester ami longtemps avec Kongeda, du fait que Costia soit encore en vie…. Il est possible, toutefois, que l’unicité de l’Alliance soit maintenue, au détriment d’une envie de vengeance, comme cela a déjà été le cas quand on a crû la Conteuse tuée par les sbires de la Reine des Glaces ! Yuko peut tout aussi bien s’inquiéter de l’état des esclaves, ou encore des mariages arrangées, voir du statut des mères célibataires comme elle. Il y a aussi la possibilité qu’elle se pose des questions sur son avenir en tant que Ntha ici-même, évidemment. Ainsi que mon propre avenir, que je sois pris ou non pour diriger Kongeda. Alors oui, Pakstoka est sans doute brillant, mais il n’a pas le pouvoir de décrypter les pensées humaines quand elles peuvent être aussi vastes que cela. Je pourrais m’y risquer, évidemment, mais je n’ai pas de temps à perdre en général, et encore moins l’envie de prendre le moins risque parce que je me suis trompé (même si là, je n’ai guère à craindre pour ma vie.) « Qu’est-ce qui t’angoisse vraiment ? » le novice ajoute cela, doucement, pressant tendrement sa main contre le genou de sa sœur.

 

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[27/06/2482] One cannot plan for the unexpected | Yukstoka

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