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Des nouveaux personnages de la S5 sont maintenant jouables (d'autres arriveront par la suite ! Merci de ne pas prendre un perso non répertorié dans les PV [27/06/2482]         One cannot plan for the unexpected     | Yukstoka 179893249 )
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[27/06/2482] One cannot plan for the unexpected | Yukstoka

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Yuko

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[27/06/2482]         One cannot plan for the unexpected     | Yukstoka Vide
MessageSujet: [27/06/2482] One cannot plan for the unexpected | Yukstoka [27/06/2482]         One cannot plan for the unexpected     | Yukstoka EmptyVen 15 Fév - 19:29

Fourchette chrono:
 



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“One cannot plan for the unexpected.”

Ces derniers jours, voire même ces dernières semaines, ont mis à mal mes petites habitudes. A croire que tous mes repères tombaient les uns après les autres. Il y a eu d'abord ce Conclave, même s'il n'a pas été mené jusqu'à son terme. A l'annonce de la mort de Lexa, j'ai juste eu l'impression que mon cœur s'était figé et ne répondait plus. L'angoisse et la peur ne cessaient de me ronger, me rapprochant toujours plus de ce précipice qu'est cette douce folie qui sommeille encore en moi, se réveillant simplement, par moments, pour me rappeler à quel point ma vie est déstructurée. Une chose qui n'est de loin pas nouvelle, datant du soir de mon agression. Sauf que là, la vie de mon jumeau, sans doute l'un des piliers de ma vie, de mon quotidien, était menacé par ce rite sanglant. Ces histoires de projet de mariage planifiés par mes parents n'étaient pas ce qui encombrait le plus mes pensées. Non. Ils sont bornés. Et s'ils se sont mis en tête que je devais me trouver un mari, ils arriveraient à m'y obliger d'une façon ou d'une autre. Sauf que ça, c'est presque qu'un simple détail sans grande importance, si Clow ne s'en était pas sorti vivant. Franchement, il n'y avait qu'à écouter les bruits de couloir, le mettant parmi les premiers à succomber pour que je n'en dorme pas la nuit. Et tout ça, disons que ça m'a complètement fait passer à côté d'une autre chose assez importante, totalement imprévue. Mais, ça, je vais en reparler par la suite. Il y a donc eu ce Conclave. Du moins, ce début de Conclave et l'angoisse l'accompagnant. Puis, le soulagement. De savoir que le sang de Clow ne coulera pas pour l'occasion. Puis, il y a eu cette chasse organisée pour l'arrivée de Lanti. Avec toute cette foule s'amassant entre les murs de la ville, suite à l'annonce faite pour choisir le nouveau Heda. Ou, pour le coup, Sonchaheda. Même si les heures avec mon jumeau, seuls, se sont presque comptées sur les doigts d'une seule main depuis ces derniers jours, j'ai tout de même réussi à jongler avec mon occupation de Sanyrt plus que demandée vu l'effervescence à Polis, et mon rôle auprès de notre petit Renardeau pour veiller de loin sur Clow, durant quelques unes de ses épreuves. Discrète, n'aimant pas vraiment la foule, je n'ai rien fait pour être remarquée à ses yeux. Je ne sais donc pas s'il m'a aperçu, surtout pas avec toute cette concentration dont il devait faire preuve. D'un côté, avec ces changements, je suis rassurée. Le Conclave ne m'arrachera pas mon jumeau. Mais, je me doute qu'il aspire à figurer parmi les meilleurs. Il est intelligent. Il peut s'en sortir pour succéder à Lexa. Je l'espère, même, vraiment, à la veille des résultats de ces tests. Sans oublier qu'il m'est possible d'espérer que les choses s'arrangent un peu entre nous. Non pas que ce soit tendu ou autre, mais juste croire que notre lien pourra finir par sortir de l'ombre. Et ainsi, accorder à Ewald la vérité qu'il mérite en lui dévoilant le nom de son père. Tout ça, je l'espère. C'est bien l'une des rares choses à laquelle j'aspire, pour tenter de dompter cette folie en moi. Ces histoires de Conclave, de mariage et ce tout ça ne seraient plus vraiment à soulever.

La réalité et ses priorités me rattrapent pourtant, alors que je ferme la porte de mes appartements, dans la Tour de Polis, après avoir accordé à Ewald d'aller jouer avec le fils de l'une de mes voisines d'étage. Restant un instant près de cette même porte, le front posé tout contre, je me permets de fermer les yeux un bref instant. Et oui. Je ne suis pas vraiment au meilleur de ma forme. Je sais très bien pourquoi. Grâce à (ou à cause de) Clow, j'ai pu me rendre chez l'un des Fisas qui le connaît, qui est de confiance, il y a plus d'une semaine. Ma fatigue assez prononcée, mes nausées et ces petites douleurs ne sont pas juste un coup de froid ou une quelconque maladie. Le Fisa m'a promis de ne rien dire à Clow, mais voilà : ce dernier devrait, d'ici quelques mois, être père à nouveau. Heureusement que le Fisa ne sait rien au sujet du nom de celui partageant ma couche.. Et croyez moi, ce n'était clairement pas prévu puisqu'à part ces petits signes qui peuvent être liés à autre chose, je n'avais rien d'autre pouvant me faire penser à une telle nouvelle. Bien entendu, impossible de dire depuis combien de temps je suis enceinte. Mais, le Fisa, vu mon état, pense que cela fait déjà deux bons mois. Avec tout ce stress durant ces dernières semaines, je n'ai vraiment rien vu venir. J'ai encore un peu de temps devant moi avant que Clow ne vienne. Il sait donc que je ne suis pas vraiment en forme, mais je ne lui ai pas parlé de ce qu'il m'arrivait exactement, même avant de savoir ce que mon corps me cachait. Je l'ai déjà dis : ces derniers temps, on s'est rarement vu. Sans doute a-t-il vu que j'étais un peu fatiguée. Comment cacher une telle chose ? Mais, il ne sait pas tout au sujet de mes petits symptômes. Cette somnolence qui n'est pas habituelle chez moi lui a sans doute suffit pour me « forcer » à aller voir ce Fisa.

Me décalant de la porte, je me mets à faire quelques allers retours dans cette pièce qui me paraît étrangement très étroite aujourd'hui. Je ne vais pas pouvoir cacher cette grossesse pendant longtemps. Cela finira par se savoir. Et les bruits qui couraient autour de moi, alors que j'étais encore très jeune en attendant Ewald reviendront forcément. Ils persistent avec les années, évidemment. J'ai appris à ne plus les entendre. Le mystère sur l'identité du père de mon fils reste entier, ce qui n'est franchement pas une mauvaise chose vis-à-vis de Clow et de son statut de novice qu'il arbore jusqu'à présent. Soupirant, je finis par aller m'allonger un peu. Et, luttant contre la fatigue, j'essaie de me rappeler de ces petits dessins que j'ai adressé à mon jumeau il y a quelques jours. Une sorte de langage écrit entre nous, comblant mon incapacité à écrire et à lire, tout en restant assez chiffré pour n'être compris que du loup. J'ai pris l'habitude de lui faire un dessin, jamais le même pour autant, dans lequel je glisse certaines informations dont je veux lui faire part. Un symbole pour le lieu. Un autre pour marquer le jour auquel je lui ai laissé ce dessin. Un autre aussi pour lui faire comprendre quel jour précis j'espère pouvoir le voir. Quatre après avoir glissé ce dessin sous la porte de sa chambre. Et un dernier pour lui faire comprendre que je serai là en fin de journée. Ne voulant pas prendre le risque de m'endormir, je finis par me relever après un temps de repos particulièrement court. Qu'importe. J'en profite alors pour me détacher les cheveux, ouvrant ces petites nattes qui les encadraient pour ne pas me gêner pour cette journée bien chargée. Brosse en main, je prends un peu de temps pour les démêler, le regard perdu devant moi. Je ne sais pas si Clow va pouvoir venir. Tous ces tests qu'il a du faire sont terminés et bientôt, on en saura plus sur qui sera à la tête de Kongeda. Dos à la porte, je ne l'entends même pas arriver. Pas plus que je ne l'entends entrer chez « moi ». Ce n'est qu'en sentant son regard vers moi que je finis par me retourner, après avoir reposé ma brosse. « Ravie de voir que tu as trouvé un peu de temps pour venir jusqu'ici. » que je lui glisse alors, esquissant un très léger sourire. Ce qui est déjà assez compliqué pour moi, tant j'ai du mal à le retrouver depuis mon agression. Ou du moins, il ne ressemble que rarement à ceux que je pouvais avoir, avant. Et, bizarrement, ils restent toujours adressés à mon jumeau. Au petit renardeau aussi, évidemment. M'approchant de lui, mes lèvres finissent par se poser sur l'une de ses joues en guise de salutation. « As-tu déjà des nouvelles ? » Nul besoin de préciser ce dont je parle. Il sait très bien ce dont il s'agit. Peut-être qu'il a de bonnes nouvelles à m'annoncer ? Peut-être qu'il sait déjà qu'il est celui qui représentera Kongeda ? Peut-être, oui..

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[27/06/2482]         One cannot plan for the unexpected     | Yukstoka Vide
MessageSujet: Re: [27/06/2482] One cannot plan for the unexpected | Yukstoka [27/06/2482]         One cannot plan for the unexpected     | Yukstoka EmptyJeu 7 Mar - 0:46

“One cannot plan for the unexpected.” ft Yukstoka.

 
Monsters didn't sleep under your bed. They sleep inside your head instead.

 
Être sur le point de réaliser son plus grand rêve, et finalement, voir tout ce qu’on a jamais préparé s’envoler en fumée : voici ce que j’ai récemment expérimenté. Enfin, la mort de Lexa avait été annoncée. Le Conclave avait ensuite été mis en marche. Malheureusement pour moi, je n’ai même pas véritablement pu commencer à me battre, le Conclave ayant été annulé. Cela fait presque 20 jours que nous sommes sans Commandant, et que la situation évolue tant bien que mal. Comble de la malchance pour moi : il a en effet fallu que je tombe sur la seule disparition de Heda, qui pose problème, au point de songer à tout remodifier… Si la frustration est présente, elle a amené avec elle une chose intéressante : la nécessité de revoir entièrement mon plan. Un nouveau challenge. Cependant, je ne suis pas aussi serein que j’aimerais l’être : avec la configuration du Conclave normal, je savais ce qui prouverait ma valeur. Ce qui n’est plus le cas, avec la réforme instaurée. L’avantage, avec la Flamme toujours présente, c’est qu’on savait comment Heda était sélectionné : il fallait prouver sa valeur devant les Commandants d’autrefois. Désormais, rien n’est plus pareil, ça ne sera plus les Esprits de nos anciens qui nous choisiraient, mais uniquement les avis du Fleimkepa et des Berials. L’homme est faillible, et excessivement manipulable, nettement plus qu’un Esprit. Si j’ai conscience depuis toujours qu’il faut bien savoir manipuler les autres, il est vrai que j’ai apparemment commis une erreur dans ma stratégie, en ne cherchant pas plus que cela à me faire bien voir de ceux qui ont voués leur vie à vénérer la Flamme. Nul n’aurait pu anticiper, ceci dit, le rôle qu’ils finiraient par prendre… J’ai toutefois quelques marionnettes de leur côté, mais j’avoue ne pas avoir trop misé dessus. Cependant, je garde confiance : j’ai prouvé, ces dernières années, que le maladroit était loin d’être un imbécile, mais qu’il était juste fortement un manche, pour tout ce qui était combat. Durant les tests qui ont été lancés, j’ai donc tout misé de nouveau sur mon intelligence, et j’ai légèrement réhaussé mon niveau de combat, ne voulant pas en faire trop. J’avais juste tâché de prouver que le Podakru pouvait s’améliorer, même s’il paraissait être plus doué pour mener les hommes et s’occuper de tout ce qui est du domaine de la stratégie ou de la politique, que d’un farouche guerrier. Je préfère garder un atout dans ma manche, plutôt que d’abattre toutes mes cartes, dans une situation pour le moins incertaine… Si j’échoue : qu’importe, je saurais bien obtenir le pouvoir que je mérite, attendant le moment propice pour cela. C’est bien là, l’avantage de l’annulation du Conclave : je ne risque pas de perdre la vie durant ce combat (même s’il ne fait aucun doute que je n’aurais pas fait parti des disparus !). Même si j’échoue là, je peux toujours parvenir à me hisser au sommet, même si de manière différente à celle envisagée à l’origine. Et puis, il est facile de se débarrasser de quelqu’un, si on sait comment s’y prendre, plus encore quand on figure parmi ses proches. La méfiance n’est pas nécessairement présente. Encore moins à l’encontre du novice le plus malhabile et inoffensif qui soit ! C’est donc pour cela que j’ai conservé ma couverture de novice plus maladroit que dangereux ! Je préfère observer, voir comment les choses vont évoluer, au vu de la situation inédite, que risquer de détruire une façade qui m’est utile depuis des années, et qui peut toujours l’être…

Une semaine d’épreuves vient de nous être proposés. Certaines étaient relativement intéressantes, et pleines de surprises, d’autres s’avéraient des plus basiques et soporifiques. Le loup fulminait bien souvent, face à la bêtise de ces tests. A moins d’être un véritable débile (et ça, même Clow ne l’est pas autant !), on remarque aisément que ces semblants d’examens ont été préparés sans réelles réflexions par derrière. Ou pas beaucoup, du moins, qu’il n’y a pas de recherches cachés derrière tout ça ! C’est presque décevant, tant on a été habitués à mieux, durant les cours donnés par les Berials, avec leurs questions pouvant paraître sans grand intérêt, mais permettant en réalité d’analyser plus de choses sur les novices, qu’il ne le semblerait de prime abord. Le rythme de cette semaine a été soutenue, mais toutes les semaines passées à Polis, à se former pour devenir Heda, sont éreintantes. Le fauve ne s’en soucie guère, ayant la chance d’être relativement en forme, même avec peu de sommeil et un esprit en ébullition constante (et donc, ne facilitant pas le repos !). L’ancien apprenti barbier, lui, est plus marqué. Il tient certes encore debout, il parvient encore à réfléchir décemment et à tenir le coup face à la pression d’un novice testé pour savoir s’il est digne d’être le nouveau Commandant ou non. Et pour autant, le gringalet parait fatigué. Mais ça ne choque pas, la plupart des autres novices le sont également. La mort de Lexa a pris tout  le monde de court, plus encore au vu de la façon dont cela a eut lieu… Intérieurement, je m’en cogne, de la mort de Lexa, mais ouvertement, je feins d’en être un minimum marqué. Un peu attristé aussi, puisque Lexa n’est visiblement pas morte en tant que guerrière (du moins, à en croire les témoins de la scène, même si elle a pu rendre son dernier souffle sur le champ de bataille après leurs fuites). On peut redouter qu’elle ne soit pas morte, les armes à la main. On peut aussi regretter de ne pas être en mesure de lui rendre les hommages qu’elle mérite, afin que son âme trouve la paix, et puisse rejoindre celles des Commandants d’autrefois. Néanmoins, et c’est là où mon esprit plus rationnel du loup ricane : la Flamme a sans doute disparue avec Lexa, ainsi, les Commandants d’antan n’ont sans doute plus d’existence, ou de lieu pour se réfugier. Et c’est ça, qui inquiète le plus Clow, lorsqu’on l’interroge, bien plus que la semaine de tests. Oh, doux Clow, adorable brebis… Tout cela ne me permet que de rendre le crétin, tellement plus attachant. Ca m’attire des regards compatissants, alors que j’évolue à travers la tour de Polis, enfin libéré de la dernière épreuve de la semaine. Mon pas est lourd, d’une fatigue indéniable, tout en dénotant une certaine impatience à une annonce qui ne devrait plus tarder : qui sera le prochain Heda ? Le maladroit a tenu a rester un peu avec ses camarades, histoire de se changer un peu les idées. Voici pourquoi je ne parviens devant chez Yuko qu’en fin de journée. Le moment de détente avec les autres a fait du bien au crétin, lui permettant de se ressourcer et de passer à autre chose, de mettre un terme à cette longue semaine, en douceur et en franche camaraderie. Il est désormais temps pour le loup de ressurgir, et de se jouer de sa proie préférée. Comme d’habitude, j’entre sans frapper chez Yuko. Je ne me plie à cette règle de courtoisie que quand il y a d’éventuels témoins dans le couloir (et encore, ça, c’est quand je n’attends pas que ça soit désert, avant d’aller rejoindre ma marionnette favorite.). Marionnette qui se trouve d’ailleurs dos à moi, alors que je referme la porte derrière moi. Occupée à se coiffer, la Sanyrt parait perdue dans ses pensées. Le loup frémit, il n’aimerait que trop jouer de la partielle surdité de la brune. Proie facile et docile, que le loup se ferait un plaisir de croquer. Mais elle peut m’être encore fortement utile, et, à ma façon, je suis attaché à elle. Alors je n’en fais rien, me contentant de l’observer, là où il serait plutôt marrant de l’effrayer en la surprenant. Le délicat Floukru esquisse un sourire en la voyant se tourner pour lui faire face, avant de lui lancer un : « Ravie de voir que tu as trouvé un peu de temps pour venir jusqu'ici. ». Le sourire du novice s’élargit, bienheureux qu’il est de la voir en mesure de lui sourire, elle que la vie a tellement brisée. C’est une chose qui plait au fauve, de la savoir autant attachée à lui, au point de le considérer différemment des autres, et de lui réserver la plupart de ses rares sourires. « J’avais envie de te voir. » L’aveu est lancé, et résonne avec une sincérité désarmante dans la pièce, tandis que la brune se dirige vers moi afin de me saluer. Je m’amuserais presque à applaudir mon jeu d’acteur génial, si j’étais du style à faire une telle chose ! Mais il est vrai que je ne saurais être plus crédible, dans le rôle du jumeau ayant une dépendance malsaine pour sa jumelle. Et c’est ainsi qu’est Clow, depuis de longues années maintenant, et plus encore depuis que le duo a été attaqué, durant un séjour, à Trikru… « As-tu déjà des nouvelles ? », m’interroge Yuko, tandis que les longs bras du maladroit l’attire contre lui, afin de la serrer dans ses bras, en quête d’un réconfort bien mérité, après une très longue journée. « Pas encore. », dis-je, en feignant de mettre un terme, à contre-cœur, à cette fraternelle étreinte, qui n’a de fraternelle le nom, lorsque mes lèvres coulissent sommairement sur celle de la jolie brune. Attrapant la brosse qui se trouvait encore dans sa main, je la guide, de mon autre main, sur le lit, afin de nous y asseoir tous deux. « Les épreuves sont fini depuis un peu après le déjeuner, il faudra encore de longues heures pour que les délibérations se fassent. », que j’explique, d’une voix lasse. Clow se laisse aller à se montrer tel qu’il est réellement, face à Yuko. Douce manipulation là aussi, tout comme c’en est une, le fait que le novice se plaise à coiffer sa jumelle. Ca n’a l’air de rien, mais c’est en réalité une habitude que le dégingandé a pris, quand ils étaient plus jeunes, et qu’il avait besoin de se changer les idées, ou de changer celles de sa jumelle, après une éprouvante journée. Et bien souvent, c’était à cause de leur mère, et de son attitude vis-à-vis de son fils, que le duo avait le besoin de décompresser en partageant un moment de douceur que leur marâtre ne saura leur reprocher, elle qui n’avait guère apprécié leur complicité croissante. Et c’est de cette habitude que Clow en a retiré une telle douceur dans les gestes, quand bien même il lui arrive de rencontrer des nœuds. Malheureusement, cette même douceur lui a valu d’être plus encore détesté par sa génitrice, quand celle-ci se risquait à coiffer Yuko, et que la fillette pleurnichait à cause des nœuds douloureux à défaire. Alors que quand Clow s’en occupait, et pas forcément face à leur mère, ça passait mieux. « Ou est Ewald ? » Il fallait bien que le père de ce rejeton pose la question, dont la réponse intrigue le loup, il faut l’admettre. Il m’est certes difficile de m’attacher à quiconque, je ne suis pas sans éprouver un semblant d’affection pour mon fils. De manière viscérale et presque bestiale. Un peu comme l’affection que j’éprouve pour la Sanyrt avec qui je suis en cet instant même. Ca ne peut être qualifié d’amour au sens commun, mais à mes yeux, ça s’y apparente. A vos yeux, ça se trouve juste agrémenté de multiples touches malsaines, voilà tout. Toujours est-il que je me demande où est l’enfant. Il s’agit de ma chair, après tout, et un jour, je lui confierais Kongeda. Il va être élevé pour être mon successeur, après tout, même si sa mère ne le sait pas réellement.
 

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(Et futur Heda, mais ça, nul ne le sait encore, ils sous-estiment tous le loup, ces sombres idiots !  [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] )
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[27/06/2482]         One cannot plan for the unexpected     | Yukstoka Vide
MessageSujet: Re: [27/06/2482] One cannot plan for the unexpected | Yukstoka [27/06/2482]         One cannot plan for the unexpected     | Yukstoka EmptyLun 25 Mar - 23:34

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“One cannot plan for the unexpected.”

Rares sont les personnes qui ont pu ressentir ce qui m'a submergé lorsque la mort de Lexa a été annoncé, et que donc le prochain Conclave n'allait plus qu'être une question de temps. Bien entendu, les Novices de Polis ont chacun leur entourage. Et bien entendu, certaines de ces personnes ont pu ressentir une vague d'angoisse -bien que pour la majorité, avoir un proche qui s'apprête à entrer dans un Conclave est un honneur- à cette même annonce. Je ne dis pas que j'ai été la seule à y penser, de loin pas. Mais, combien d'autres risquaient d'assister à la possible mort de leur propre jumeau sans rien pouvoir faire pour l'éviter ? A ma connaissance, je suis bien la seule à avoir été dans une telle situation. Bien que les liens fraternels ne sont pas censés primer à Polis, Clow et moi, on a réussi à le préserver. Voire même à l'amplifier, vu la tournure qu'a pu prendre notre relation. Toujours cachée par contre, bien entendu. Je n'avais donc personne à qui me confier. Je n'aurai même eu personne vers qui me tourner si les Dieux avaient voulu me prendre mon frère. Je n'aurai juste pas été prête. J'ai connu le précédent Conclave. J'étais déjà à Polis depuis un petit moment lorsqu'il s'est tenu. Si ceux qui y participaient n'étaient pas forcément des personnes avec qui j'ai pu être proche -comment l'être de toute façon sans s'appeler Clow ?-, il n'empêche que ne plus les revoir du jour au lendemain, c'est assez bizarre. Et là, si mon jumeau y était resté, je ne sais juste pas comment j'aurai pu faire pour continuer d'avancer. Il est le seul pilier sur lequel repose ce qu'il reste de mon souffle de vie. Si les Dieux avaient voulu l'attirer à eux si rapidement face au poids des années, je n'ose même pas imaginer dans quel état on m'aurait retrouvé. Pour notre Renardeau, je me serai efforcée à relever la tête. Mais, à quel prix ? Celui d'être encore plus seule et isolée que je ne le suis déjà ? Pour moi, Clow est bien plus qu'un jumeau. Et pas que dans le sens où on s'égare dans les bras l'un de l'autre, pour un côté de notre lien qui est loin d'être aussi fraternel qu'il ne devrait l'être. Souvenez-vous juste que dès mes plus jeunes années, la vie ne m'a pas épargnée. Si je l'accepte, en pensant que ce n'était qu'une épreuve, il n'en reste que j'en suis ressortie bien plus fragilisée dans un sens. Mes bourreaux d'alors ne m'ont pas seulement privé de la moitié de l'un de mes sens pourtant bien important au quotidien. Ils m'ont aussi arraché cette innocence que j'avais en n'étant qu'une enfant. Plus de sourire à longueur de journée. Plus de regard facétieux du matin au soir. S'ils sont parfois de retour sur mon visage, rares sont les personnes qui arrivent à les faire naître sur mes traits. A croire que je ne suis plus que l'ombre de celle que j'ai pu être avant. Sauf que tout ça, ça m'a aussi fait grandir. Sans doute bien plus vite qu'une autre de mon âge. J'ai aussi tout bonnement appris à me méfier de tout et de n'importe qui. A grandir, en fait, simplement. Passer au-delà de cet âge d'innocence. Bien plus tôt que ce qui devait pourtant se faire. Et c'est donc face à ce constat que Clow a pris de l'importance dans ma vie. Accepter qu'il ait pu perdre la vie durant ce Conclave, ça aurait été comme grandir une fois de plus. Trop vite. Trop tôt. Trop durement aussi. Cette peur m'a même amené à m'aveugler sur ma propre personne. Comme quoi, les choses ne tiennent parfois qu'à pas grand chose.

Ce n'est plus qu'une question d'heures maintenant. Mon dessin glissé sous la porte de la chambre de mon jumeau étant assez clair et compréhensible -du moins, juste pour lui-, pour lui faire comprendre que j'ai juste besoin de lui parler. J'espère, vraiment, que le Fisa a su garder la nouvelle pour lui, même si je n'ai aucune idée de la façon avec laquelle je pourrai lui dire qu'il sera père, une fois de plus. Avant même de m'occuper de mes longs cheveux, je n'ai pas pu m'empêcher de poser une main sur ce petit ventre qui se voit déjà un peu, si seulement on prend soin de le regarder. Ah, l'évolution des grossesses depuis l'époque d'avant la guerre et ces siècles de différences.. Maintenant que je le sais, d'ailleurs, j'ai l'impression que c'est venu d'un coup. Ah, l'effet d'un déni.. Trop de stress et trop d'angoisse n'aident pas franchement à ouvrir les yeux. Bientôt, il me faudra ruser avec ce tissu autour de moi pour tenter de cacher cette nouvelle plutôt imprévue le plus longtemps possible. En entendant la porte s'ouvrir, je ne peux pas franchement m'empêcher de me retourner. Je savais que c'était Clow avant même qu'il ne referme cette porte derrière lui. « J’avais envie de te voir. » De simples mots qui réussissent l'exploit d'apporter une touche d'éclat à mon regard pour seule réponse, qui se suffit sans doute à elle seule, non ? Un peu comme avant, même si j'ai bien conscience que cela ne durera pas. Il ne m'en faut cependant pas plus pour me décider à le rejoindre, si bien que je finis bien rapidement entre ses bras. « Pas encore. » qu'il me répond alors, à cette question qui m'a bien brûlé les lèvres au sujet des suites apportées à ces sortes de « tests » qu'il a du passer. Des lèvres étrangement un peu plus brûlantes encore rien qu'en sentant ces autres contre elles. Simple attention qui me fait brièvement fermer les yeux. Du moins, jusqu'à ce que Clow me prenne la brosse et qu'il ne me dirige vers mon lit. Je sais très bien ce qu'il a en tête. J'en aurai souris, avant, tout en sautant presque sur ce matelas bien trop grand pour moi. Installée dos à mon jumeau, je ne tarde pas trop à lisser le tissu de ma robe, avant de jouer avec celui de mon drap juste à portée de main. Il me faut l'occuper un peu. J'ai du mal à rester sur place les bras croisés. Surtout pas maintenant. « Les épreuves sont fini depuis un peu après le déjeuner, il faudra encore de longues heures pour que les délibérations se fassent. » L'oreille attentive, j'écoute ce que me dit Clow. Ils n'ont pas eu une semaine bien reposante. Mais, je dois avouer que ces épreuves-là, pas aussi sanglante qu'un Conclave, me rassurent pas mal. Mon jumeau est intelligent, ça, je le sais parfaitement. Il peut réussir. Le dos bien droit, la tête un peu penchée sur le côté, je dois reconnaître que ses coups de brosse sur ma longue chevelure arrivent à me détendre un peu. Est-ce qu'il sent que je suis anxieuse aujourd'hui plus qu'un autre jour ? Ou est-ce qu'il s'évertue à lui-même tenter de s'apaiser suite à toutes ces épreuves, comme il l'a toujours fait en me coiffant de la sorte ? Ou peut-être que c'est un mélange des deux ? Je n'en ai aucune idée. « Comment ça s'est passé pour toi ? Tu penses avoir réussi à les convaincre ? » Questions somme toute assez logiques dans une telle situation, non ? Mais, ça m'intrigue assez de savoir comment il peut ressentir les choses. Disons aussi que je ne doute pas de lui. Et que savoir qu'il n'a pas du passer par l'étape « combat » me rassure assez. Au moins, il n'a pas eu à verser de son sang. Et ce n'est pas plus mal.

Finalement, Clow se décide à changer quelque peu le sujet du moment par cette simple question « Où est Ewald ? » qui m'arrache presque un léger frisson dans le dos. Une question qu'il m'a déjà demandé, bien évidemment. Mais, dans un contexte bien différent que celui d'aujourd'hui. Penchant légèrement ma tête sur le côté, je lui jette un simple regard du coin de l’œil. « Il est chez Mona. » que je lui réponds alors, simplement. Nul besoin de préciser de qui il s'agit. Clow sait très bien que Mona est une autre Sanyrt elle-même mère de quelques enfants qui s'entendent bien, je crois, avec notre petit Renardeau. Posant mes deux mains à plat, sur le matelas, je ne tarde pas trop à ajouter « Je pourrai le chercher si tu veux le voir. » avec un léger sourire, même si Clow ne le voit pas, étant toujours dos à lui. Cela me semble bien légitime s'il souhaite voir son fils, même si j'avoue que pouvoir parler à mon jumeau, seule avec lui pour le moment, n'est pas franchement une mauvaise chose. Déjà parce que je ne peux pas l'avoir près de moi autant que je ne le voudrai. Mais, aussi pour ce que j'ai à lui annoncer. Resserrant mes doigts autour de cette couverture recouvrant mon lit, je finis par pivoter un peu pour pouvoir croiser son regard. De là, avec un petit sourire étirant le coin de mes lèvres, je lui avoue déjà une petite chose. « En tout cas, il ne lâche plus cette petite dague que tu lui as donné.. » Avant le Conclave. Je ne prononce pas ces mots, ayant encore un peu de mal à me dire qu'il a failli avoir lieu. Ewald me fait d'ailleurs quelques frayeurs par moment. Je ne sais pas s'il a conscience qu'il peut se faire mal avec une telle lame. Mais, il veut apprendre à s'en servir. Pour nous protéger, lui et moi. Je ne doute pas que son petit frère ou sa petite sœur sera aussi important pour lui. Cette pensée me fait baisser un peu la tête, alors que je me tourne complètement pour faire face à mon jumeau. Impossible de garder cette nouvelle pour moi seule plus longtemps. « En parlant d'Ewald.. » que je commence simplement, ne sachant franchement pas comment lui dire qu'il ne sera pas seul. Me rapprochant de mon jumeau, l'une de mes mains glisse vers la sienne, libérée de la fameuse brosse. Là, mes doigts serrent en douceur la main de Clow, avant de venir la poser contre mon ventre. Il est loin d'être idiot, il comprendra forcément. Je ne peux pas m'empêcher de le regarder, alors que mon autre main vient se caler sur son genou. Comme ça, il devrait sans doute comprendre pourquoi j'ai du me rendre chez un Fisa. Pourquoi ma robe est sans doute plus ample aussi. Pourquoi je ne parle pas autant que d'habitude avec lui. Et si je ne lui en ai pas parlé jusqu'à présent, c'est pour une simple et bonne raison : je voulais juste attendre que cette histoire de semaine de test pour prendre la suite de Lexa à la tête de Kongeda soit derrière lui. Là, maintenant, je n'ai plus aucune excuse de reporter tout cela de toute façon..

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[27/06/2482]         One cannot plan for the unexpected     | Yukstoka Vide
MessageSujet: Re: [27/06/2482] One cannot plan for the unexpected | Yukstoka [27/06/2482]         One cannot plan for the unexpected     | Yukstoka EmptySam 13 Avr - 21:11

“One cannot plan for the unexpected.” ft Yukstoka.

 
Monsters didn't sleep under your bed. They sleep inside your head instead.

 
Les gestes du gringalet sont doux et précis, alors qu’il coiffe sa jumelle. On voit là la maîtresse de l’habitude, la dextérité de celui qui se destinait à raser de près les hommes. Jolie preuve qu’il sait être des plus adroits, bien loin des champs de combat… Jolie preuve que l’être humain peut être plus complexe que certains se plaisent bien à le croire… Et dans le cas de Pakstoka, c’est d’autant plus vrai ! Concentré sur ce que je fais, je donne l’image d’être en train de me détendre, en m’attelant à une tâche pour le moins commune. En réalité, le loup est simplement en pleine manipulation, soit son activité préférée ! Ne pouvant consacrer « suffisamment » de temps à ma jumelle, à cause de nos emplois du temps respectifs, je n’hésite pas à le faire, dès que je la vois. La manipulation demande de la constance, afin que le fil vous reliant à votre marionnette, ne puisse s’user sans que vous ne vous en rendiez compte. Il faut donc des petites touches, ponctuellement, ainsi que savoir doser, bien entendu, pour éviter qu’on ne voie clair dans votre jeu. Par chance, le maladroit est assez coutumier du fait, notamment avec ceux dont il est proche, et plus encore avec sa sœur, sa principale marionnette. Et peut-être qu’au fond, j’y retrouve un semblant de réconfort, dans un geste coutumier, qui nous rassemblait, quand nous étions plus jeunes, à la douce époque où les choses étaient plus simples, ou du moins : paraissaient l’être ! « Comment ça s'est passé pour toi ? Tu penses avoir réussi à les convaincre ? », me demande la Ntha, brisant le silence qui s’était brièvement installé entre nous, tandis que j’avais commencé à la coiffer. Poussant un profond soupir, qui est des plus parlant, je finis par prendre la parole : « Je ne sais pas… » Ce qui n’est pas tellement surprenant, de la part du jeune Podakru. S’il se sait intelligent, il a toutefois conscience qu’il souffre de lourdes lacunes, dans des domaines importants pour être un bon Heda. Même si la semaine d’épreuves, plutôt que le Conclave sanglant, est une vraie chance pour lui, et qu’il est conscient de cela, l’ancien apprenti barbier sait parfaitement qu’il y a des novices bien plus doués que lui. Alors l’incertitude qui transperce dans sa voix est facile à comprendre, si tant est que l’on se pose 5 secondes afin de réfléchir à sa situation, ainsi qu’à ce qui est en jeu. « J’ai fait de mon mieux, c’est la seule certitude que j’ai ! », est la conclusion apportée par le novice, qui s’efforce de faire preuve d’optimisme, un peu comme à chaque fois, en fait. Depuis toujours, il prône les bienfaits des efforts, plus que de la réussite atteinte sans avoir œuvré en ce sens. La réussite, sans efforts, n’a nulle saveur, à ses yeux, car n’aide en rien à l’apprentissage perpétuellement nécessaire pour s’améliorer en tant qu’être humain. Je ne vais pas vous assommer sous les pensées de vie bien chiantes du novice, ça ne serait pas utile ! Mais sa sœur connaît tout cela, et doit bien comprendre à quoi il pense, en parlant ainsi. Yuko ignore, toutefois, à quel point Pakstoka est bien loin de voir les choses sous le même angle. Si Clow n’a jamais fait  montre d’une ambition folle quant à la possibilité d’endosser le rôle de Commandant de Kongeda, pour le loup, c’est le seul et unique but de sa vie. Très sincèrement, il serait très étrange que je ne sois pas choisi, après tout ce que j’ai fait et montrer, au cours des dernières années, comme des derniers jours.  Quoi qu’il en soit, je ne baisserais pas les bras : le prochain Heda – et digne de ce nom, j’entends ! – ça ne peut qu’être moi, et moi seul !

Tout en continuant à démêler doucement les nœuds de la crinière de la Sanyrt qui me tourne actuellement le dos, je lui demande où se trouve notre fils. Il faut bien que je joue le rôle du père assez anxieux de savoir où est sa progéniture. Si la réaction est on ne peut plus humaine, ma motivation est plus animale qu’autre chose. N’oubliez pas que je tien plus du loup que de l’homme, en grande partie, dans ma façon d’être et de voir les choses… « Il est chez Mona. », me fait savoir ma sœur, tandis que je m’attaque à démêler une mèche qui parait contenir de multiples nœuds, et qui m’oblige à y aller encore plus doucement que jusqu’alors. « Oh… », que je laisse échapper, en réponse à cette annonce. Non, le Podakru n’est pas étonné ni déçu d’apprendre que son fils est chez une des voisines. Il s’en doutait, c’est souvent là que l’enfant est, quand il faut le confier à d’autres. Je me suis cependant arrangé pour distiller une pointe de regret à ces paroles. Clow doit bien, après tout, montrer qu’il souhaite voir son enfant, et souffre de ne pouvoir le voir dès que possible. Il en va de même, pour moi, dans une certaine mesure. Je ne suis pas un monstre, j’éprouve de l’attachement, même si contrairement aux gens lambdas, ça n’est jamais gratuit, avec moi, il n’y a jamais rien sans arrière-plan en tête… « Je pourrai le chercher si tu veux le voir. », ma jumelle ne tarde-t-elle pas à me proposer ceci, connaissant assez son frère pour se douter du fait qu’il éprouve le désir de voir leur fils. Je secoue la tête, ponctuant le tout d’une réplique (plus facilement perceptible par la brune, vu notre position actuelle sur son lit) : « Non, laisse-le s’amuser avec les autres enfants. », dis-je, un peu bon seigneur, dans ma façon de parler. Clow sait bien à quel point un enfant se doit de profiter de son insouciance, tant que cela lui est possible. Car Ewald approche doucement de ses 5 ans, de l’âge où il lui faudra démarrer sa formation. Il lui reste encore quelques mois à peine, pour choisir sa voie, et un maître d’apprentissage. En tant que fils d’une Sanyrt au service de Heda en personne, cela ne devrait pas lui être très compliqué. Des portes devraient s’ouvrir facilement pour lui, d’autres devraient être facilement accessibles, tant quelques-uns ne se priveraient pas de cette occasion pour se faire bien voir par la tête dirigeante de Kongeda… Sentant bien, à la gestuelle de ma sœur, qu’elle est en train de se tourner pour se tenir un peu plus face à moi, je ne tarde pas à cesser de la coiffer (Clow n’ayant guère l’intention, après tout, de prendre le risque de la blesser en tâchant de démêler un nœud alors qu’elle bouge !). « En tout cas, il ne lâche plus cette petite dague que tu lui as donné.. », me fait-elle savoir, alors que je dépose la brosse à côté de moi. Un léger sourire esquisse les lèvres du fier père qu’est le malhabile.  Et aussi surprenant que cela puisse paraître, le loup aussi, est fier. Disons que pour Clow comme Pakstoka, il est (étrangement pour le fauve) important d’assurer la sécurité de Yuko. Oui, j sais, là, je dois vous surprendre… Si pour Clow, sa jumelle est la personne la plus importante de sa vie (en plus de leur fils, depuis, bien entendu !), pour le manipulateur, c’est plus compliqué que cela. Je ne saurais dire ce qu’elle est pour moi exactement. Je ne la vois pas comme ma jumelle. Je ne la vois pas non plus comme celle que j’aime. Elle est plutôt ma compagne de vie, la seule qui puisse réellement partager ma vie. Après tout, le loup est tapi au plus profond du maladroit, depuis que Mana, la mère des jumeaux, a définitivement fait comprendre à Clow qu’elle ne le verrait jamais comme son fils. Mais le loup s’est définitivement implanté dans le jeune Podakru, après l’agression dont sa sœur a été victime, à Polis. Ne croyez pas que je ne dispose pas d’assez d’intelligence ni d’assez de recul, pour ne pas avoir conscience de tout cela ! « Très bonne chose ! », murmure qui s’échappe d’entre les lèvres fines du natblida. Bien loin de se douter des tourments que la présence de cette lame, entre les mains de l’enfant, peut engendrer chez sa jumelle. Il faut aussi dire que Clow a commencé à manier des lames très tôt, avant même de se lancer dans la carrière de barbier. Alors pour lui, c’est habituel, tout ça. Plus encore quand il s’agit de protéger sa sœur.

« En parlant d'Ewald.. », me dit alors Yuko, après un bref temps de silence. Si Clow n’a rien dit, n’en a rien laissé montrer, il est vrai que le loup a bien remarqué que la brune a baissée légèrement la tête, paraissant comme mal à l’aise, incertaine. Si on veut manipuler correctement les gens, il est plus que nécessaire de savoir comment décrypter les faits et gestes ceux qui nous font face. Sans le laisser (sa)voir, sinon, tout risque de tomber à l’eau. Tout est dans la subtilité… Mon regard se fixe sur ma sœur, alors que celle-ci se rapproche quelque peu de moi, avant d’attraper une de mes mains, pour la poser doucement sur son ventre. Mes sourcils se froncent, quand une des mains de Yuko se pose sur mon genou. Et là, le loup comprend. Et là, les yeux de l’imbécile s’écarquillent. Pakstoka comme le gringalet sont surpris, cela ne peut être nié. « C’est… vraiment ? » Bon, par contre, le nigaud paraît nettement plus stupéfait, mais il se montre parfois un peu plus simplet que le fauve, on lui pardonne : à ce qu’il paraît, ça contribue à son charme ! Il n’attend pas de réelles réponses de la Sanyrt, l’attirant contre lui, pour lui voler un baiser. On sent qu’il est heureux, en cet instant précis. Bien loin des tracas qui lui polluent pourtant les pensées, depuis quelques jours déjà, l’esprit alourdi par la mort de celle qui faisait figure de modèle pour lui. Personnellement, mon plaisir est d’un autre ordre, trouvant sa raison d’être dans le fait d’assurer ma descendance, de faire en sorte que les grands actes que je parviendrais à réaliser, gardent un écho retentissant à travers le temps. Il y a encore de la joie, dans le regard de la brebis, lorsque se termine le baiser. Sa main, toujours sur le ventre de la Ntha, le caresse du bout des doigts, presque inconsciemment, comme pour commencer à faire connaissance avec le rejeton qui s’y dissimule. Son autre main est allé se nicher sur celle de la brune, précédemment posée sur son genou, afin d’entrelacer leurs doigts. « Depuis quand ? », demande-t-il, encore enjoué, avant que son sourire ne s’affaisse, quand il prend conscience d’une chose primordiale : « Les parents voudront encore plus te marier ! », soupire-t-il, dépité, ne parvenant à se résoudre à ce bien sombre destin, mais ne pouvant rien faire pour empêcher sa réalisation. A moins d’être Heda, mais ça, au vu des changements dans son choix, ça peut se produire. J’ai beau être confiant en mes talents, j’ai parfaitement conscience que rien n’est jamais gagné par avance, et c’est pour cela que j’ai déposé des pions un peu partout… Advienne que pourra, ma foi… Mais, pour l’heure, il me faut jouer les amoureux, comblés d’être de nouveau bientôt père, tout en ayant peur de voir sa dulcinée, finir dans les bras d’un autre. Alors que le loup que je suis, s’en amuserait presque. J’ai conscience que cela ne sera pas suffisant pour me faire perdre ma jolie marionnette, Yuko restera – à jamais ! – sous mon emprise !
 

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Yukstoka
Tout le monde passe sa vie à apprendre comment faire du troc. Il suffit de savoir qui a besoin de quoi pour manipuler les gens comme on veut.


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(Et futur Heda, mais ça, nul ne le sait encore, ils sous-estiment tous le loup, ces sombres idiots !  [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] )
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[27/06/2482] One cannot plan for the unexpected | Yukstoka

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