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Des personnages de la S5 sont jouables (Merci de ne pas prendre un perso de la série non répertorié dans les PV [17/06/2482] I'm all out of faith, I'm torn. Torn. 179893249 )
Si IE est momentanément inaccessible : pas de panique ! Deux liens d'infos à connaître : Twitter ou Facebook [17/06/2482] I'm all out of faith, I'm torn. Torn. 179893249
Pour les nouveaux personnages :20Tcs bonus seront offerts à la validation pour ceux venant des groupes : Delinquents, Arkers et Moskiums ! Essayez de les privilégier [17/06/2482] I'm all out of faith, I'm torn. Torn. 3207243747

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[17/06/2482] I'm all out of faith, I'm torn. Torn.

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Costia
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[17/06/2482] I'm all out of faith, I'm torn. Torn. Vide
MessageSujet: [17/06/2482] I'm all out of faith, I'm torn. Torn. [17/06/2482] I'm all out of faith, I'm torn. Torn. EmptyMar 19 Mar - 0:24

Fourchette chrono :
 

La narration particulière :
 

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I'm all out of faith, I'm torn. Torn. - Sara/Costia
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"Nothing's fine, I'm torn. I'm all out of faith. This is how I feel, I'm cold and I am shamed, lying naked on the floor. Illusion never changed into something real. You're a little late, I'm already torn. I don't care, I have no luck. I don't miss it all that much. There's just so many things that I can't touch, I'm torn. I'm already torn. Torn. Torn." Torn (Natalie Imbruglia )

« Ca ne va pas, ça, tu es devenu trop malpoli depuis tes vacances ! ». Mains sur les hanches, visage fermé, je sermonne la seule source de compagnie que j’ai, entre ces funestes murs. Je ne saurais dire ce qu’est cette bestiole. Ca ressemble à un cafard, mais il n’a pas la même tête que ceux que j’ai pu voir, à l’extérieur. Enfin, je crois. Aie-je seulement réellement été à la surface, un jour ? Parfois – très souvent ! – j’en doute ! Triste de voir à quel le cerveau humain peut vrillé, au point même de modifier la perception que son propriétaire – jusqu’alors sain – peut avoir de la réalité. L’ancienne Conteuse s’est liée d’amitié avec un cafard, qui n’a pour seule différence avec ceux qu’elle a pu croiser sur Terre, juste le fait d’être un peu plus petit. Ils sont exactement comme avant la Guerre Nucléaire, et ce simple changement de « taille » est suffisant pour faire douter le cerveau – déjà bien fragilisé – de Costia, de ce qu’elle peut voir. Je n’ai pas donné de nom à mon compagnon. J’aurai pu. Mais ça ne sert à rien. Un nom emprisonne les êtres, leurs âmes. Un nom devient rapidement porteur d’espoir, de souvenirs, de souffrance, de choses qu’on fini bientôt par vouloir oublier. J’ai fait ce choix, car moi-même, j’aurai aimé ne pas avoir de nom. Ainsi, désormais, il ne serait pas synonyme de souffrances, d’espoirs brisés, de rêves qui jamais ne se réaliseront, de souvenirs se teintant de douleur au fil des semaines, de regrets ou de non-dits. Mon nom sera à jamais une source de désespoir, pour ma famille, pour celle que j’aimais plus que ma vie, pour mes proches amis… Je ne sais que trop bien ce que cela peut engendrer, comme sentiment, et je n’ai pas envie de pleurer un jour, ce petit compagnon insectoïde, comme je peux pleurer mes proches qui doivent me croire morte. Je suis coutumière de la désagréable sensation d’empêcher une partie des autres à aller de l’avant, retenus partiellement par des souvenirs de jours plus heureux. Je n’ai que trop conscience du fait que mon âme restera à jamais à errer sous Terre, n’ayant pas pu être honoré correctement, quand mon heure viendra. Et les douloureux regrets de mes proches contribueront à me faire rester ici. Je ne veux pas retenir prisonnière l’âme de mon compagnon d’infortune, pas même s’il s’agit d’un cafard. Avec le temps, sa santé mentale se dégradant, la Conteuse est venue à se persuader que si son entourage avait fini par renoncer à elle, par ne plus jamais laisser leurs pensées se perdre de son côté, elle serait déjà morte. Libérée. Qu’elle n’était donc retenue à son enveloppe corporelle, que parce que les siens l’y faisaient rester, à cause de son nom, qu’ils continuaient à regretter. Costia ne pense donc plus jamais à elle-même en tant que Costia, mais plutôt en tant que morte-vivante, si on résume les choses très grossièrement et sans rentrer dans les détails de son cerveau malade.

« D’ailleurs, tu ne m’as même pas prévenu que tu partais : c’est pas très sympa, ça, mon petit bonhomme ! » Quand son esprit se délite trop, on se raccroche à la moindre chose. Et là, en l’occurrence, une des choses choisie par la Trishana – encore que la notion de choix soit discutable dans le cas présent ! – c’est ce cafard. Insecte que Costia n’a pas vu pendant quelques jours – du moins, le croit-elle, sachant douloureusement à quel point son cerveau n’est plus aussi fiable qu’il le fut, si tant est qu’il ait été fiable un jour ! « En plus, tu as été vadrouiller n’importe où sans te laver ! », pestais-je, fronçant le nez, dégoûtée, sous l’odeur assez peu ragoûtante qui me provient, loin de me douter que c’est une senteur venant des environs, pas de mon camarade, mais… douce folie… C’est quand même suffisant pour me donner l’impression d’un haut-le-cœur, qui me force à me réfugier vers le semblant d’espace toilette que l’on a mis à ma disposition, et à vomir dans le lavabo, n’ayant rien de mieux sous la main pour me soulager… Encore étonnée de voir que l’eau parvient ici avec autant de facilité, j’ouvre le robinet, pour faire tout disparaître, et me passer un peu d’eau fraîche sur le visage. « Ah parce qu’en plus, tu as appris à ouvrir la porte ? », demandé-je, éberluée, en entendant la porte de ma chambrée s’ouvrir. Persuadée que mon ami est en passe de me fuir, pour ne pas tomber malade, lui aussi. Mon estomac est des plus fragile, ces derniers jours, je ne sais guère pourquoi. Tout comme je ne sais pas pourquoi ni comment un cafard se trouverait en mesure d’ouvrir une porte. Mais le monde peut s’avérer surprenant : jamais je n’aurai imaginé que les Maunons utilisaient mon peuple tel du bétail, ni même que je finirais ma vie, entre leurs murs… Sauf que bien entendu, il ne s’agit pas de l’insecte, mais d’une intervention humaine. Sara, bibliothécaire, récemment membre de la Ligue, a tenue sa promesse. Elle est revenue, à quelques reprises, rendre visite à Costia, dès que cela lui était possible sans être trop dangereux pour elle. Et ça, Costia le sait. Notez-le. Même si elle risque de ne pas s’en souvenir. Gardez en mémoire que le temps tend à devenir une notion bien relative pour la brune, que tout se mêle dans son esprit, que ses souvenirs s’emmêlent en un ramassis indéchiffrable et parasités par une imagination qui survient, protectrice comme destructrice… « Petit oiseau ? » Tel est le surnom qu’utilise Costia, pour désigner la rouquine, et ce, depuis l’issue de leur 1ère rencontre. La Grounder évite d’utiliser les prénoms de quiconque, désormais, ne voulant plus jamais contribuer à rendre quelqu’un captif de sa mémoire. Douce illusion. Triste certitude qui fait qu’elle s’efforce toujours de penser autrement, à ses proches regrettés, que par leur prénom. « Tu ne devrais plus venir me voir, c’est trop risqué ! », dis-je, d’un ton moralisateur. La jeune femme a toute sa vie devant elle, après tout, pourquoi la mettre en péril de la sorte ? Grimaçant en sentant comme un coup dans mon ventre, je me dirige vers mon lit, non sans mal. Je suis tellement fatiguée. Très certainement le manque de soleil, ça ! « J’ai mal au ventre ! » La brune pose doucement une main sur son ventre, des plus arrondi. Le ventre d’une femme déjà enceinte de deux mois. Femme qui, malheureusement, a beau savoir qu’elle est enceinte, parait faire un genre de déni de grossesse. Son ventre est pourtant aussi rond qu’il devrait l’être en une telle situation, mais son esprit semble parfois oublier cette grossesse, alors que d’autres fois, Costia en a bel et bien conscience. Joli travail, les Montagnards, vous avez détraqué la Conteuse ! « Il bouge ! Tu veux le sentir ? » Vous voyez ? Elle paraissait étonnée d’avoir des nausées et que ça « bouge » dans son ventre, et là, elle sait très bien qu’un être grandit en son sein, même si elle n’a jamais demandé à ce qu’il arrive ici. Contrairement à ce qui devrait se faire, à un moment pareil, nul sourire ne fleuri sur mon visage. Je sens l’enfant se mouvoir en moi, mais je n’arrive pas à m’attacher à lui. Je le refuse. Je n’ai pas voulu de lui. Et je ne sais que trop bien qu’on me l’arrachera dès la naissance. Sans doute est-ce mieux pour lui, de toute façon… Et puis, j’ai déjà un enfant. Enfin, si la bibliothécaire ne l’a pas écrasée. Oui, bon, on a peut-être tenté d’atténuer un peu la gravité de l’état mental de Costia…


 
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If it's gonna get violent tonight tell me you're gonna be alright. You don't have to be the brave one every time, I know you wanna make it right. It's a lie for a lie & I'm getting tired. I'm losing my mind, don't leave me behind, we need a bit more time. So won't you hold me now like I never did anything to hurt you. I don't want to live a life without you, I'll watch the world burn without you.


Dernière édition par Costia le Lun 10 Juin - 18:28, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [17/06/2482] I'm all out of faith, I'm torn. Torn. [17/06/2482] I'm all out of faith, I'm torn. Torn. EmptyJeu 11 Avr - 14:54


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"I'm all out of faith, I'm torn. Torn."

Send your dreams, where nobody hides, give your tears to tide. There's no end, there is no goodbye. Disappear with the night.

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Un samedi matin, habituellement c’était office obligatoire. Habituellement. En ce samedi matin la ligue Ogma avait décidé de voir ces personnes venues de l’espace pour leur montrer la vérité. Et Sara ? Et bien Sara allais tenir sa promesse et retourner voir Costia. Cette femme qui avait vécu sur Terre et qui aujourd’hui était dans le bunker et qui était enceinte. Normalement être enceinte est censé être un événement joyeux, mais là pour Costia ça ne l’était pas… Elle avait été inséminé de force dans ce bunker, et la rousse à sa rencontre n’a pu s’empêcher et lui promettre de revenir la voir. C’est une femme elle aussi, elle aussi n’aurait pas aimer un tel traitement, et pour le moment Sara ne pouvait guère faire grand-chose pour l’aider, mais elle essayait, avec l’aide de la ligue, et aujourd’hui elle allait la voir pour lui dire quelque chose d’important. Une annonce importante qui, elle l’espérait, allait lui apporter de l’espoir d’être sauver…

Lexa était là. Sara avait su que Lexa était quelqu’un d’important pour Costia et elle a enquêter pour savoir s’il y avait réellement une certaine Lexa arrivée ici. Car elle avait entendu ce prénom lors du repas, sans tilter de suite, et c’est lors de ses autres rencontre avec Costia qu’elle a compris qui était cette femme, femme qui était peut-être ici mais au début elle n’en était pas sur… Et c’est quelqu’un de la ligue Ogma qui lui a confirmer cette idée. Alors aujourd’hui elle s’était porté malade pour échapper à l’office obligatoire. Tout le monde quasiment allait être à l’office en cette matinée, alors il fallait qu’elle en profite pour aller voir la conteuse, le chemin allait être plus libre. Au début de la matinée elle avait montrer des signes de maladie, aider de certains de la ligue, dont un qui travaillait à l’infirmerie. Elle y était restée se faisant ausculter par ce collègue qui devait rester travailler, une aubaine pour elle surtout que la ligue s’agrandissait de jour en jour... Et quand la voie fut libre elle était partie voir la native, elle n’en aurait pas pour longtemps à lui parler. Il l’avait accompagner en disant qu’il devait approfondir un peu ses analyses, et il attendait devant la porte de l’oiseau en cage tandis que Sara ouvrait la porte.

Elle entrait doucement pour ne pas lui faire peur, refermant la porte derrière elle. Petit oiseau… Oui c’était bien elle, assez ironique ce surnom quand Sara avait l’impression d’avoir face à elle un oiseau en cage. Mais la rousse se laisse appeler ainsi, elle sentait bien que la brune perdait un peu la tête à rester enfermer ainsi elle qui avait connu la vie dehors, et qui plus est à être enceinte de force. Tout le monde deviendrait fou. « Oui c’est risqué mais j’avais quelque chose à te dire. » Commençait-elle s’approchant doucement tandis qu’elle l’apercevait grimacer et aller à son lit. « J’imagine bien que tu as mal au ventre... » Disait-elle en s’asseyant au bord du lit, près de cette femme enceinte qui avait un ventre bien rond… « Hm… Je veux bien. » Répondit-elle suite à la demande de Costia. Elle posait délicatement sa main sur le ventre de la conteuse, sentant l’enfant bouger ce qui lui faisait une drôle de sensation. La vie, qu’importe si c’était une insémination forcé elle trouvait le fait que d’avoir la vie en son ventre était une chose belle, mais elle ne souriait pas pour autant. Elle sentait que la native n’était pas heureuse, ce qui était plutôt normal vu son vécu, et elle ne se voyait pas sourire à ce malheur… Mais aussi ça lui faisait repenser à Penelope qui avait été une de ces personnes à pratiquer l’insémination forcée sur de pauvres femmes tel que Costia. Et ça lui rappelait qu’elle avait failli avoir un enfant de cette manière-là, par le biais d’une femme forcée à être une mère porteuse. Et aussi elle se rappelait donc qu’une fois que Costia allait accoucher elle allait perdre son enfant qui irait dans une famille du bunker. Est-ce que la brune voulait de cet enfant ? Sara n’en savait rien, mais enlever un enfant à sa mère était un acte horrible et Sara espérait au fond que Costia finirait par vouloir de cet enfant pour le protéger et s’enfuir avec… S’enfuir, un doux mot qui ne signifie plus rien pour Costia, mais la bibliothécaire gardait en elle cet espoir de réussir à faire sortir Costia de cet endroit. Elle voulait l’aider, ça n’allait pas racheter les actes horrible de son peuple, mais Sara aurait au moins l’impression de ne pas appartenir à ces personnes mal attentionné, elle n’était pas comme ça, c’était un amour, une femme qui voulait toujours protéger les autres quitte à mettre sa vie en péril. Et elle souhaite aider cette native qu’elle ne connaît pas forcément, tout comme elle souhaite aider les autres natifs et les gens venus de l’espace car elle veut faire le bien autour d’elle, rendre une part d’humanité dans ce monde.

Elle enlevait sa main du ventre de la native, se reprenant doucement alors qu’elle s’était un instant perdue dans ses pensées en se rappelant la soirée avec son ex-femme qui lui parle d’avoir un enfant. Et elle regarde la native. « Ce doit être étrange comme sensation… » Disait-elle d’une petite voix, elle ne savait pas vraiment quoi dire, que dire face à une femme qui n’est même pas heureuse de sentir son enfant bouger ? Il n’y a pas grand-chose à dire. « Tu sais quand tu dois accoucher ? » Demandait-elle sans vraiment savoir si Costia gardait la notion du temps, mais la rouquine voulait essayer de la raccrocher au monde réel dans un sens, c’est aussi pour ça qu’elle tentait d’aller la voir, pour la raccrocher au monde réel mais le côté doux de ce monde, pas le côté médecine inhumaine. Et aussi elle voulait essayer de savoir quand elle allait accouché pour ainsi s’occuper au plus vite d’un plan pour la faire sortir d’ici, si cela est possible. Elle ne savait même pas ce qui allait lui être réservé comme sort une fois qu’elle aurait donné naissance, après tout est-ce que les gens du bunker aurait encore besoin d’elle ? Pleins de questions qui restaient encore sans réponse pour la bibliothécaire.


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MessageSujet: Re: [17/06/2482] I'm all out of faith, I'm torn. Torn. [17/06/2482] I'm all out of faith, I'm torn. Torn. EmptyLun 10 Juin - 21:55

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Dans une autre vie, Sara et Costia auraient sans doute pu finir par devenir amies. De multiples points communs existent entre les deux jeunes femmes. Elles auraient pu en prendre conscience, même dans cette existence-là, si la Conteuse n’avait pas perdue la raison. Les choses étant ce qu’elles sont, il est toutefois inutile de se perdre en vaines élucubrations. Dans la réalité qui est celle que nous connaissons, la brune observe, presque maternellement, la rousse, alors que la bibliothécaire est un peu plus âgée qu’elle ! Je l’aime bien, elle, enfin, je crois. Je ne lui fais pas réellement confiance pour autant : elle reste une ennemie, même si elle est souriante et aimable avec moi. Elle pourrait très bien chercher à gagner ma confiance pour endormir ma méfiance, et me trahir par derrière, au profit de son peuple. La parole des Maunons n’a aucune valeur : comment pourrait-elle en avoir, quand on voit ce qu’ils font subir aux miens ? Mon peuple n’est pas parfait, j’en ai conscience. Il me semble l’avoir su, à une époque, l’avoir appris même durant ma formation, et même durant mes divers voyages à travers Kongeda. Nous utilisons des esclaves, qui ne sont pas forcément traité le plus correctement au monde. Certains maîtres les traitent relativement bien, sans user de trop de violence pour s’en faire obéir ni leur imposer de rester. Tous ne sont pas traités comme de objets aidant à la reproduction d’une espèce que Raesia aurait dû faire disparaître. A préciser que pour la Trishana, il n’y a pas réellement de ressemblances entre les Montagnards et les Natifs. Du moins, elle a l’impression qu’il y a nettement plus d’être infâmes sous la montagne, qu’à la surface… A l’exception de ceux peuplant Azgeda. D’ailleurs, à la pensée de la Nation des Glaces, le visage de la jeune femme s’assombri et se teinte d’un mépris qu’elle ne peut camoufler. C’est sans doute la seule chose qui reste intacte dans l’esprit de Costia : sa profonde haine pour les Itharo. Il n’est pas improbable que ce mépris sans fond soit même la seule chose qui lui donne encore un peu de cohérence, tant elle refuse à se raccrocher trop intensément aux souvenirs heureux, de sa vie d’avant, de cette vie qui paraît bien trop onirique pour avoir été un jour la réalité. « Oui c’est risqué mais j’avais quelque chose à te dire. », m’explique-t-elle, ce qui attise ma curiosité, mais celle-ci se dissipe bien rapidement, mon ventre se faisant douloureux. Depuis quelque temps maintenant, je souffre de maux de ventre, de temps à autre, je ne sais pas pourquoi. A croire que je ne tolère pas le régime alimentaire auquel je suis soumise. Il faut dire que leurs plats ne valent pas les nôtres. Fut-un temps – me semble-t-il ! – j’ai tenté de faire une grève de la faim, ne voulant rester entre leurs griffes acérées. Je n’ai pas durée longtemps. J’ai été faible, l’appel de la survie a été plus fort. La réalité est différente : la Conteuse s’est ressaisie, au bout de plusieurs jours, non par faiblesse et peur de la mort, mais par soubresaut de fierté. Elle ne pouvait se résoudre à périr aussi misérablement, sans chercher à se battre encore plus. Les Dieux la maudiraient encore plus qu’elle ne le serait, de mourir sans qu’on lui rende les derniers hommages qu’elle devrait avoir, pour que son âme repose en paix. C’est en pensant à la honte qu’elle jetterait sur sa famille, qu’elle a daigné recommencer à manger. Les Dieux pourraient bien s’en prendre aux siens, pour sa lâcheté, après tout ! Je suis mieux nourrie, depuis quelques semaines. C’est toujours aussi dégoûtant, cela dit ! « Hm… Je veux bien. » accepte la Maunon, quand je lui propose de toucher mon ventre. C’est un geste que j’ai souvent vu, à la surface, dès qu’une femme était enceinte. C’est une proposition que je n’aurais jamais crûe faire, un jour. Et les rares fois où je m’imaginais le faire, ça me comblait de joie, de sentir la vie s’épanouir en moi. Oh, il me semble même que j’éprouvais un peu de jalousie à l’encontre de ces futures mères, de pouvoir vivre cette sublime expérience. Quelle bêtise !

« Ce doit être étrange comme sensation… », lance-t-elle finalement, brisant le long silence qui s’en était suivi. Ce silence n’a été long que dans l’esprit de Costia. On l’a déjà dit : son cerveau a dû mal à appréhender la réalité, et plus encore, le temps qui s’écoule. C’est ainsi que parfois, elle a l’impression d’être ici depuis toujours, que d’autres fois, c’est seulement depuis une poignée de semaines que sa liberté lui a été enlevée. Il est sans doute heureux qu’elle n’ait pas conscience que cela va bientôt faire un an, qu’elle se trouve entre ces maudits murs. Ou peut-être est-ce là son fardeau, d’osciller entre des instants où elle n’arrive même plus à se souvenir de sa vie sur Terre, et d’autres fois où elle a l’impression de se réveiller dans sa cellule pour la 1ère fois. J’hausse les épaules, à sa question, non pas par désintérêt, mais parce que je ne sais pas quoi dire. « Je ne sens pas grand-chose, tu sais ! », voici ce que je finis toutefois par admettre. Minime aperçu, ô combien éphémère, de la véritable Costia, de celle qui a conscience de ne plus ressentir grand-chose, et d’en être attristée. En sont la preuve les larmes qui coulent sur son visage. Ses hormones sont certes en cause, mais est surtout là, en présence de la Conteuse. Cela arrive rarement, et même l’âme brisée qu’elle est désormais, ne le sent pas. La poupée désarticulée qu’elle est à présent ne sent même pas ses larmes, c’est dire ! Toutefois, bien vite, la lueur qui avait brillé dans ses yeux, l’infime éclat de vie montrant la véritable Trishana, en tarde pas à disparaître, pour rendre le regard de la brune presque similaire à celui des zombies qui peuplaient les récits d’antan : morne et sans vie. « C’est un sournois que je n’ai pas invité ici, et qui sait être fort pénible ! », expliqué-je avec une pointe de dégoût dans la voix. Je ne veux pas m’attacher à cet être. Il est voué à devenir aussi cruel que le peuple qui va l’élever, il ne mérite pas mon amour ! Et c’est là où on voit à quel point Costia n’est plus elle-même. Jamais elle n’aurait tenu un tel discours, sinon ! Elle savait faire la distinction entre les gens, entre ceux dont l’âme était bien trop perverti pour mériter une rédemption, et ceux qui n’avaient rien fait. Voilà ce qu’Azgeda et le Mont Weather a fait d’elle. Autrefois, elle voyait des nuances dans le prisme des attitudes humaines. Désormais, son avis est plus tranché. « Tu sais quand tu dois accoucher ? » Poussant un soupir en m’asseyant sur mon lit, laissant mes jambes flotter non loin de la surface du sol, je hausse les épaules, avant de me gratter le crâne. « Dans un peu plus de 2 lunes, je crois… » Si je ne me trompe pas dans ce que les docteurs m’ont dit… Une main sur mon ventre, je fronce les sourcils. De nouveau, son regard se pose sur Sara. De nouveau, la réelle Costia se manifeste, hurlant presque derrière le regard humide qu’elle affiche. « Tu voudrais bien veiller dessus ? Qu’il ne devienne pas mauvais au point de finir par travailler ici ? » Voilà la réelle Costia. Celle qui a à cœur l’intérêt des autres, celle qui est persuadée qu’il peut y avoir du bon en chacun, si on lui donne un minimum d’amour et qu’on lui apprend où et quand montrer un visage plus sombre, si cela s’impose. Dans un élan soudain, ses mains attrapent même celles de la bibliothécaire, comme pour appuyer sa demande. Mais ça ne dure pas, à peine le temps d’un souffle, que voilà déjà l’ancienne Conteuse à retirer vite ses mains de là, surprise de sentir entre les siennes, celles de la rousse. Non seulement, je ne sais pas comment mes mains ont pu se retrouver avec les siennes entre elles, mais en plus, je sens des larmes sur mes joues. D’un geste énervé, je les essuie, pour finalement apercevoir, du coin de l’œil, mon ami le cafard, qui se glisse prestement dans un recoin sombre. « Viens donc dire bonjour à notre invité, au lieu de jouer les timides ! », le réprimandé-je, n’ayant nullement conscience que ma voix est passé de la supplication la plus sincère et la plus attristée, à un courroux bien agacé ! « Ca ne sera pas non plus aujourd’hui que je pourrais te présenter mon grand ami ! », déploré-je, à l’intention de ma visiteuse. J’ai bien dû lui parler de mon confident, après tout ? Je n’en sais rien, à dire vrai, mais ça me paraîtrait logique. Quoi que la logique n’est plus très logique, depuis des semaines et des mois !


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[17/06/2482] I'm all out of faith, I'm torn. Torn. Vide
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