AccueilAccueil  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  
Des personnages de la S5 sont jouables (Merci de ne pas prendre un perso de la série non répertorié dans les PV [04/08/2482]        Before you find your soulmate, you must first discover your soul  | Bellarke 179893249 )
Si IE est momentanément inaccessible : pas de panique ! Deux liens d'infos à connaître : Twitter ou Facebook [04/08/2482]        Before you find your soulmate, you must first discover your soul  | Bellarke 179893249
Pour les nouveaux personnages :20Tcs bonus seront offerts à la validation pour ceux venant des groupes : Delinquents, Arkers et Moskiums ! Essayez de les privilégier [04/08/2482]        Before you find your soulmate, you must first discover your soul  | Bellarke 3207243747

Partagez|

[04/08/2482] Before you find your soulmate, you must first discover your soul | Bellarke

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage
Clarke Griffin
❝ Admin ♕ The brave Princess ♕ ❞
Clarke Griffin



Messages :
2121
Date d'inscription :
07/03/2017
Ft :
EJ Taylor-Morley ♥
Crédits :
Vava : Starlord / Gifs (sign + profil) : Tumblr / Sign' icons groupes spécial IE : Lydie ♥️
[04/08/2482]        Before you find your soulmate, you must first discover your soul  | Bellarke Vide
MessageSujet: [04/08/2482] Before you find your soulmate, you must first discover your soul | Bellarke [04/08/2482]        Before you find your soulmate, you must first discover your soul  | Bellarke EmptyDim 9 Juin - 23:40

Chrono:
 




[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Before you find your soulmate,
you must first discover your soul.

Meeting our soulmates brings an array of blessings in our lives. That happens because, first of all, our soulmates remind us to pay attention to our own souls, to rediscover them, and to embark on a journey of self-awareness doubled by love. We feel sometimes unexpectedly drawn to a certain person, even though we cannot rationally explain why it happens. However, the soul has its own radar, which is based on intuition and a knowledge greater than ourselves. This is what helps us find our soulmates. A true soul mate is a mirror, the person who shows you everything that is holding you back, the person who brings you to your own attention so you can change your life. We believe that once we’ve found our soulmate, life will become an easy ride. The beauty of a soulmate connection, however, is that soulmates challenge each other to grow and to become better, not to stagnate in a mindless comfort.

Aujourd’hui est un jour spécial. Mais, pas pour moi. Ou du moins, je ne m’attends absolument pas à ce que ce même jour si spécial pour deux résidents du bunker finira par le devenir, pour moi aussi, dans quelques heures à peine et sans même m’y attendre. D’une façon différente, certes. Pas de mariage prévu pour moi. Ce soir, je serai encore une Griffin lorsque je fermerai les yeux. Mais, ce qui va finir par arriver aujourd’hui résonne presque comme une promesse timide d’avenir. Comment pourrais-je deviner qu’une telle chose finira par m’arriver, alors que je suis retenue par ici contre ma volonté, de toute façon ? Car aujourd’hui, ce n’est rien de moins qu’un mariage qui sera célébré, ici, entre ces murs. Et moi, ce genre d’événements, ça a toujours le don de me mettre la larme à l’œil lorsqu’il est vrai. On ne peut pas mentir avec les sentiments. Ce point-là, j’en ai méchamment pris conscience ces dernières semaines, mais n’allons pas trop vite voulez-vous. Bref. Un mariage. Et oui, à ce sujet, j’ose croire en l’âme sœur. La vraie. Celle avec qui on finit par vivre le reste de sa vie, avec ces deux âmes et ces deux corps qui se complètent à un tel point qu’on en sort plus fort. Ensemble. Cette autre personne qui, dès qu’elle se trouve à nos côtés rend n’importe quelle épreuve de la vie plus simple, plus belle ou simplement moins désagréable. Là, vous êtes en droit de vous demander si je ne divague pas un peu et si l’objet de ma longue réflexion menée en cet endroit n’a pas déteint sur ma sensibilité au sujet de l’événement à venir. Moi-même, alors que je me prépare en compagnie de quelques autres filles du dortoir, (enfin, alors qu’Harper s’amuse à tenter de dompter ma crinière blonde aussi propre que du temps de Phoenix serait plus exacte !), je ne sais plus où j’en suis. Ou plutôt, j’ai peur d’ouvrir les yeux, sur tout ça. Harper semble avoir compris que j’étais perdue dans mes pensées, une fois de plus, alors qu’elle met les dernières touches à cette [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] façon McIntyre. « Désolée.. » que je finis par glisser à voix basse alors que je croise son regard dans le miroir. Elle paraît amusée de m’avoir prise en flagrant délit, alors qu’elle s’éloigne pour enfiler sa belle robe prêtée pour l’occasion. Parce qu’elle est au courant de toutes ces questions que je me suis posée ces dernières semaines, profitant ainsi d’un des avantages non négligeables que me procure le bunker : pouvoir être dans ma bulle. Sans Zack, sans Bellamy. Juste moi. Moi et ma tentative désespérée de savoir ce que j’attends et ce que je veux vraiment.

Finalement, on ne tarde pas à quitter notre dortoir. Tous ensemble. Entendant la voix de Nate derrière moi, je ralentis un peu le pas pour finir à son niveau, laissant Harper et deux autres personnes passer devant moi pour cette petite balade dans les couloirs. Cela me fait assez bizarre de marcher à nouveau avec des talons. Je n’en avais pas porté depuis quelques semaines avant mon emprisonnement ! Et nous voir tous, habillés de la sorte, j’avoue que ça m’arrache un petit sourire aux coins des lèvres. Aller, juste pour aujourd’hui au moins, on pourra juste un peu profiter des festivités qui nous attendent et mettre ainsi entre parenthèses les agissements dans l’ombre de nos hôtes, non ? Nate me devance alors que j’allais lui glisser quelques mots sur la classe folle qu’on a, nous, les co-anniversés tout en marchant à ses côtés. Et oui, c’est un petit plaisir personnel d’avoir gagné quelques centimètres par rapport à son avance habituelle.. « Merde, tu ressembles presque à une femme, comme ça ! » Son petit air taquin qui accompagne ses mots me fait lever exagérément les yeux au plafond, juste pour lui montrer que j’ai bien saisi sa taquinerie. Elle aussi assez habituelle entre nous. Tournant ma tête vers lui, tout en continuant de marcher, je réponds sur le même ton. « Presque, t’as vu ! » Comme les talons, en tout cas, cela fait vraiment super longtemps que je n’ai pas porté de robe. Et ce n’est clairement pas à la surface qu’une telle tenue est recommandée ! « Et toi, on dirait presque que tu as la classe nécessaire qu’impose le Club des Co-anniversés ! » Presque, seulement. Je ponctue ma sublime intervention d’un large sourire que je lui adresse. Je l’aime bien, mon petit Nate. Et j’aime bien aussi l’embêter de temps en temps. Comme lui en fait. Mais, on se rend toujours la pareille ! Je regrette un peu de ne pas avoir pu le connaître davantage sur l’Arche, mais ce n’est jamais trop tard paraît-il !

Finalement, notre petit groupe arrive enfin au centre de toute cette effervescence souterraine. Et, je dois le faire remarquer.. « Wow.. C’est.. Magnifique ! » que je lance dans un murmure, assez impressionnée par le relooking de la salle. Ils ont bossé comme des fous pour tout installer si rapidement ! Rapidement, on finit par être rejoint par un groupe de jeunes du bunker avec qui on s’entend plutôt bien. Tous dans leurs plus belles tenues, eux aussi ! Pour ma part, j’ai hérité d’une robe bleue foncée qui s’accorde plutôt bien avec mes yeux, et que je trouve vraiment super belle. Ils ne déconnent pas, au Mont Weather. Que ce soit au niveau de l’organisation comme des tenues de fêtes dont ils disposent.

En tout cas, la matinée avec la cérémonie passe très vite. Évidemment, j’ai beau ne pas être si proche que ça des mariés du jour, l’émotion de ces vœux échangés m’a juste arracher quelques larmes. On ne se refait pas, que voulez-vous. Et encore moins lorsque comme moi, pour le coup, on se pose des centaines de questions. Comme, par exemple, est-ce que je me marierai un jour ? Est-ce que j’aurai fait le bon choix ? Assise sur une chaise décorée pour l’occasion, une fois de retour dans la salle commune, je mets un peu de temps à revenir dans le présent. Une fois de plus. Ce n’est que lorsque Willa, une résidente du bunker (que je soupçonne vouloir quelque chose de moi, depuis un moment) me rejoint que je reprends mes esprits, alors que de la musique commence doucement à se faire entendre, réveillant les danseurs du coin pour aller fouler la piste en rythme. Et ils sont vachement nombreux pour le coup ! Au moins, l’ambiance ne tarde vraiment pas à se réchauffer un peu. « Aller, Clarke, viens avec nous ! » qu’elle me dit, avec un large sourire en tournant la tête vers pas mal de jeunes du bunker et des nôtres qui se déchaînent à mesure que les titres s’enchaînent. Comme à mon habitude, je ne me fais pas trop prier. Juste un peu, histoire de ne pas être dans les premiers à se bouger, mais pas non plus dans les derniers cloués sur leurs chaises. Je n’ai même pas vraiment le temps de répondre que déjà, elle attrape ma main pour me mener jusqu’au petit groupe. De toute façon, on a appris assez vite que le repas allait être pas mal décalé de l’heure habituelle, mais je n’ai pas trop compris pourquoi.. Sans doute ont-ils besoin de plus de temps pour préparer ce repas de fête ? C’est possible, après tout. Toujours est-il que me voilà à danser, non loin de Willa dont je croise le regard. Elle est gentille, plutôt pas mal en plus. Surtout dans sa belle robe noire. Clairement, elle a un profil qui aurait pu m’intéresser si ça n’avait pas été autant le bordel dans ma tête, et que mon cœur n’était pas déjà pris. Évidemment, je ne me doute pas qu’elle a réussi à savoir que j’avais déjà été avec une fille, Amy. Que donc, elle pourrait potentiellement tenter sa chance avec moi, même si elle arrive clairement trop tard. La voilà qui se rapproche de moi pourtant, reprenant l’une de mes mains dans l’une de siennes, avant de la poser sur son épaule, alors même que le tempo de la chanson à venir ne laisse nul doute sur des rapprochements entre danseurs, platoniquement ou non. Les jeunes mariés ne sont pas loin, dans les bras l’un de l’autre. Et voilà comment je finis par être face à Willa. Heureusement, elle garde une certaine retenue alors que l’un de ses bras vient se poser en douceur et sagement contre ma hanche. Être face à elle est assez.. Perturbant. Ma cavalière du moment a les mêmes yeux qu’Amy, à les voir ainsi de plus près. Elle ne parle pas. La brune se contente simplement de me regarder, alors que moi, j'ai un peu de mal à soutenir son regard, j’ai l’impression d’y voir cette belle couleur verte qui m'a tant fait de mal par le passé ..

Si une chose est pourtant sûre, pour cette journée spéciale, c’est qu’en étant dos à la porte de cette salle commune toute aménagée pour l’occasion, je suis très loin de me douter de qui s’y trouve pourtant bel et bien.. Par chance, cette première chanson étrangement bien trop calme pour une telle situation est sur le point de se finir. Mais, une autre du même genre est prévue. Et sans savoir pourquoi, mais tout en sentant ce fameux regard sur moi, je ne suis plus vraiment à l’aise face à la jolie brune..

© MisterHyde

_________________
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] OMEGA
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image][Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
what the hell is happening here ?

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Revenir en haut Aller en bas
Bellamy Blake
❝ Admin ❞
Bellamy Blake



Messages :
1903
Date d'inscription :
07/03/2017
Ft :
Bob Morley
Crédits :
Avatar de Sweet Poison, signature de Bizzle et citation sign' de Anne Marie & James Arthur (avec la chanson "Rewrite the stars")
[04/08/2482]        Before you find your soulmate, you must first discover your soul  | Bellarke Vide
MessageSujet: Re: [04/08/2482] Before you find your soulmate, you must first discover your soul | Bellarke [04/08/2482]        Before you find your soulmate, you must first discover your soul  | Bellarke EmptyMar 25 Juin - 0:54

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Before you find your soulmate, you must first discover your soul.- BELLARKE
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

"Mon coeur est, en cet instant, un boulevard fortement éclairé par les étoiles qu'elle ravive une à une dans mon coeur meurtri. Je suis un grain de sable, elle est ma plage entière, je suis une goutte d'eau, elle est la rivière, je suis un arbre, elle est la forêt, je suis une planète et elle est l'univers. Je ne suis rien, elle est mon tout." Un millier d'étoiles dans mon coeur (Laetitia Celerien)

Spoiler:
 

Faisant gonfler exagérément mes joues en m’regardant dans l’miroir, j’relâche tout l’air accumulé à l’intérieur en un « plop » bien sonore. « C’est officiel : j’déteste les costards ! » Et c’est avec une dernière grimace à mon reflet que j’m’attèle à nouer la cravate pourpre autour d’mon cou. « J’ai l’air d’un Phoenicien, sérieux, c’est la mort ! », que j’ronchonne entre mes dents serrées par la concentration. Ouaip, j’ai beau être bourré d’talents à n’plus en savoir qu’en faire, niveau nouage d’cravate, j’suis pas l’plus doué qui soit. M’enfin bon, à ma décharge, j’ai dû en porter que 2-3 fois en tout et pour tout. Et à l’instar de celle que j’tente d’nouer là, elles n’ont jamais été à moi, donc, j’ai jamais réellement pu m’entraîner. J’ai appris la technique, mais pour c’que ça m’a servi, vous pensez bien qu’mon cerveau a fait l’tri des infos utiles et nécessaires, et d’celles qui sont plus emmerdantes qu’autre chose : l’coup d’la cravate est passée à la trappe ! « Il existe des Phoeniciens très biens ! » intervient Mr Pike, qui s’est rapproché d’moi pour m’filer un coup d’main avec ma cravate. Et sans m’en rendre compte, m’voilà à m’tenir encore plus droit qu’à mon accoutumé. Faut dire qu’le professeur Pike a l’genre d’prestance qui a un impact immédiat sur votre façon d’agir ou d’vous tenir. Ou c’est p’têtre juste moi, ça, parce que j’ai toujours été impressionné par cet enseignant, et qu’j’ai toujours cherché, inconsciemment, à pas merder devant lui. « Y’a plus d’licornes, si vous voulez mon avis ! », ne puis-je m’empêcher d’lui faire remarquer. C’qui m’vaut un regard d’la part du prof. J’lève les yeux au ciel. « Vous savez très bien qu’j’ai un léger… différent avec les ¾ de Phoeniciens… Et qu’c’est pas en passe d’s’améliorer… » Pas besoin d’être un génie pour comprendre ce à quoi j’fais allusion. Pike connaît mon passé, tout comme les événements qui m’ont fait arriver sur Terre, comme sous Terre. J’ai été un pion pour la Sydney, j’en suis d’nouveau un pour l’ancienne mouture du Conseil (soit un beau ramassis d’Phoeniciens !). Alors très sincèrement, les Phoeniciens et moi, on va pas devenir les meilleurs potes au monde avant des siècles au minimum ! « T’as mis tes différents de côté jusqu’à présent. Continue ! » m’encourage Pike, avant d’ajouter : « Voilà, là, c’est mieux. Enfin, ça sera mieux avec un sourire ! », dit-il, après avoir enfin noué ma cravate, regardant son œuvre d’un air fier, tout en tapotant sur mon épaule comme pour m’encourager d’son mieux. J’pousse un soupir, avant d’inspirer profondément. Et d’sourire. Comme si tout était pour le mieux dans l’meilleur des mondes, comme si on était pas dans la gueule du loup, en lieu et place des guerriers Grecques, dans l’cheval de Troie, durant la guerre lancée par la connerie d’Pâris. Sauf qu’là, on est pas passé par la case « assiègement d’la cité », mais direct’ par la case « Yo, on vient vous envahir sans qu’vous l’compreniez, mais on compte bien vous botter l’cul, même si on a pas d’armes. Car ouais, on est des malades, on vient mais sans armes. Non sans surprises ! Z’allez voir, z’allez kiffer ! » Un p’tit peu suicidaire ? Roh, pas grand-chose, juste c’qu’il faut pour qu’ça soit marrant ! Mais faut quand même avoir l’air bien loin de s’douter de c’qui s’trame ici. Donc, pas avoir l’air d’bétail qui sait qu’il vient d’rentrer à l’abattoir. Par chance, j’suis doué pour garder mon sang-froid et tout c’qui s’en suit. J’dirai bien merci à ma formation d’Garde, mais.. hey, les gars, faut admettre qu’c’est largement antérieur à tout ça, en fait ! Et c’est donc souriant, comme si j’étais sincèrement et profondément heureux d’me retrouver ici, que j’lance un grand sourire à Pike : « Merci Monsieur ! » que j’lui lance, reconnaissant d’son coup d’main. L’Arcadian hoche positivement la tête, avant d’partir pour finir de s’préparer. J’m’étire, faisant craquer quelque peu mon dos, tout en m’préparant à la suite. C’qui est plus compliqué qu’on n’le croit, car on n’peut pas anticiper grand-chose. Mais ça, c’est pas dérangeant. Ca aussi, j’suis habitué depuis longtemps, et mon passé d’Garde m’a aidé à être encore plus à même à gérer d’telles situations. Et ça fait un moment qu’on planifie notre infiltration sous cette maudite montagne, alors ça va, on est pas venus en aveugles non plus ! On connaît les lieux aussi bien qu’les délinquants et Natifs qui s’en sont enfuis, ont pu nous les décrire. On connaît aussi bien les mœurs des Montagnards que c’qu’ils ont pu apprendre en restant ici, et aussi via les échanges radios qu’ont eu lieu avec la surface. Mais j’avoue qu’on s’attendait pas forcément à rester aussi longtemps en quarantaine (j’avais des envies d’meurtres avec leurs prélèvements à peine intrusifs, surtout quand on sait c’qu’ils projettent d’en faire, ces enfoirés !). Et on n’s’attenait surtout pas à finir autorisé à enfin quitter la quarantaine, mais avec l’obligation d’se déguiser en véritables snobinards. Sur l’Arche, j’aimais déjà pas les soirées durant lesquelles, à cause d’la Garde, j’devais m’fringuer d’la sorte. J’me sens franchement pas à l’aise dans un costard, même si celui qu’on m’a prêté ici est nettement d’meilleure facture qu’celui qu’on m’refourguait dans l’Espace ! Elle est d’un noir qu’est penche nettement plus vers le noir qu’vers le gris, en dépit des années écoulées, et des lavages successifs auxquels elle a pu être soumis. L’pantalon, comme la veste, est blanc. Bon, blanc un peu fadasse, mais l’temps est cruel avec les vêtements, malheureusement. Et y’a du noir, sur les revers d’la veste. C’est presque joli, juste loin d’moi, de c'que j'suis en réalité… Mais on va faire avec….

J’pousse un dernier soupir, quand on quitte la pièce, pour aller… on n’sait pas trop où… enfin, si, on sait qu’on va retrouver les délinquants là depuis un moment, et les Archéens qui sont venus un peu plus récemment. Mais on n’sait pas trop pourquoi on doit être déguisés d’la sorte, par contre. Car j’ose espérer qu’ils s’habillent pas comme ça en permanence. Sinon, j’vais presque m’proposer volontaire pour qu’on m’prélève ma moelle (c’est d’l’ironie, les gars, on s’détend !). « Pourquoi moi, j’ai l’air d’un clown, et toi, t’as presque l’air d’un James Bond ? » que j’peste, en m’mettant à côté d’Aaron, faisant la moue. C’qui amuse mon meilleur ami, mais j’ai pas l’temps d’l’entendre m’expliquer son secret (car ouais, j’ose bien espérer qu’il m’en aura fait part, tout d’même !), car une voix s’élève, derrière nous, dans l’couloir qu’nous empruntons. « Mr Blake ! Quel plaisir de vous voir ici ! » Cette simple voix a l’mérite d’me faire m’arrêter d’un coup, tandis qu’des frissons, loin d’être agréables, m’parcourent l’échine, et des souvenirs amers m’assaillent. Les corvées humiliantes imposées en tant qu’étudiant Garde. Parce qu’soit disant, qu’ça reste formateur, des merdes du genre. Si c’était une technique assez courant durant notre formation, certains y avaient plus l’goût à soumettre les élèves qu’d’autres…  Les remarques plus méprisantes qu’formatrices. Mon nom d’famille lui est clairement jamais revenu. Faut dire qu’son père était un des Commandants, quand mon paternel a décidé d’voir c’que ça faisait, d’tirer sur un Chancelier en fonction ! Alors évidemment, l’patronyme Blake lui rappelait l’échec familial ! Les railleries pleines d’jalousie en voyant qu’j’réussissais, envers et malgré tout. Et qu’on parlait même déjà d’me monter au même rang qu’lui ! Ca, j’crois qu’ça lui avait méchamment foutu les nerfs… C’soir où il a « gagné », où j’l’ai supplié d’pas contrôler la brunette qui s’trouvait derrière moi, où j’aurai été prêt à subir la moindre humiliation qu’pouvait imaginer son esprit pervers et sadique, mais où il a refusé. C’soir où, par ma faute, Octavia m’a été prise, et où notre mère en a été jugée comme traître à l’Arche… C’était pas assez, évidemment, fallait en rajouter une couche… C’jour où il est venu m’voir, m’offrant un marché atroce : O. allait être envoyée sur Terre, j’avais une chance d’la suivre, mais pour gagner ma place et protéger ma p’tite sœur, j’devais devenir un tueur. Comme mon père. L’parallèle l’avait bien fait sourire, quand il avait appuyé sur ces mots… Bâtard ! « Shumway ! », soufflé-je entre mes dents. Et nan, moi, j’donne pas dans le « Monsieur », mode cirage de bottes. Ses bottes, j’leur crache dessus (au sens figuré !). J’emploie c’mot qu’pour les hommes qu’on vraiment mon respect. Les autres, qu’ils aillent s’faire foutre. J’l’entends s’presser pour m’rejoindre, et s’arrêter, une fois arrivé vers Aaron et moi. « Quelle étrange surprise – bonne ! – de vous retrouver tous deux par ici ! », dit-il, d’un ton suintant l’hypocrisie la plus complète… « C’est juste une surprise pour moi d’vous recroiser là ! » que j’lui réponds, d’un ton mielleux. Mais si mon ton parait doux, l’regard que j’lui lance est sans équivoque. De même que l’refus que j’lui balance dans la gueule, d’lui serrer la main qu’il m’tend. Il conserve malgré tout son sourire – genre, on est vraiment d’vieux potes qui savourent la joie d’ces retrouvailles impromptues – et s’tourne vers Aaron, pour l’saluer à son tour. Si l’Burton daigne lui serrer la main, un visage indifférent, j’connais assez bien mon meilleur pote pour savoir qu’il n’s’est plié à cette mascarade qu’pour éviter d’jeter encore plus d’huile sur le feu. Aaron est au courant de ce qu’l’autre salop m’a sorti, sur l’Arche, enfin, d’sa dernière merde, j’veux dire, que les autres, majoritairement, Aaron était présent aussi. Alors même si on sait qu’le Shumway approuve pas forcément les chemins sinueux qu’ont parcouru ses potes pour acquérir l’pouvoir, il les a aidé, et ça, bah, ça joue pas en sa faveur. Surtout pas quand on repense à c’qu’il a incité d’autres à faire pour sa cause de merde ! J’sais cependant qu’intérieurement, mon pote a très certainement a lutter contre lui pour foutre son poing dans la gueule d’la tête de con qui nous fait face. Tête de con qui, d’ailleurs, fini par faire comprendre à Aaron qu’sa présence n’est plus nécessaire par ici, d’un regard, et d’un geste d’la même, qu’il accompagne d’un « Monsieur Burton, on vous rejoint après, on a parler avec Monsieur Blake ! » Ah ? Première nouvelle ! J’aime être au courant de c’qui s’passe dans ma vie en dernier, c’est cool ! Aaron tourne aussitôt la tête vers moi, comme pour m’jauger du regard. J’vois bien qu’il hésite à imposer sa présence, craignant visiblement que j’fasse une connerie. J’lui renvoie son regard, arquant les sourcils d’un air interrogateur (doute-t-il vraiment de mes capacités à éviter d’faire des conneries, alors qu’il a découvert qu’j’ai veillé sur ma famille plus encore qu’il ne l’aurait envisagé ?), tandis qu’mes épaules s’affaissent (sérieux, un tel manque d’confiance en moi, c’est presque vexant !). L’échange d’regards n’dure qu’une poignée d’secondes, y’a pas besoin d’plus entre nous, pour qu’on s’comprenne, et c’est bien un truc qu’a toujours fiat chier nos anciens camarades Gardes, à l’époque, l’fait qu’on fonctionnait aussi bien, aussi facilement. Sans mot dire, il fini par tourner les talons, s’éloignant, rejoignant les autres, peu importe où on nous amène. Pendant quelques secondes, Shumway n’bouge pas et n’dit rien. Son attention toute entière est tournée dans la direction qu’a pris Aaron pour partir. Et quand les bruits d’ses pas indiquent clairement qu’il n’est plus là, et qu’sa silhouette a enfin disparu au détour d’un couloir, l’Garde s’active de nouveau. Il reprend la route, j’lui emboîte tout naturellement l’pas, restant sur mes gardes. Comme pour entretenir l’illusion qu’le pouvoir est entre ses mains, il garde volontairement l’silence un long moment. S’il croit qu’ça va m’rendre plus nerveux, c’est qu’il s’trompe de bonhomme, l’autre débile, clairement, il ignore à qui il a à faire ! Finalement, il rompt l’silence, soit parce qu’il estime qu’il m’a assez fait comprendre qui menait la danse, soit parce qu’il a compris que j’allais pas l’ouvrir, vu qu’j’ai rien à lui dire, moi ! « Je ne sais pas par quel subterfuge vous avez convaincu l’Arche de vous faire venir jusqu’ici, vu votre récent exploit là-haut… » Evidemment, il met sur le tapis c’qu’il m’a forcé à faire. Et évidemment, il va pas admettre à haute voix, son rôle dans toute cette histoire. S’il veut jouer, on va être deux… « Oh, j’ai fait don d’mon corps… Vous savez… Telle mère... tel fils…. » J’ai jamais dit à quel jeu j’allais jouer, moi. Mais il savait bien c’que ma mère faisait, il en a profité, à l’époque, lui aussi, pour qu’elle ait connaissance des prochaines visites d’la Garde vers chez nous, ou d’toutes autres infos pouvant lui être à minima utile pour nous éviter toutes emmerdes… J’avoue : c’était une pique facile, à lui adresser. Mais j’allais pas lui dire la vérité, et fallait bien que j’sorte quelque chose. Pis au vu d’notre dernière conversation, il s’doute bien qu’nos multiples antécédents n’intercèdent pas en sa faveur pour que j’garde pour moi, l’dégoût qu’il m’inspire ! « On ne peut visiblement pas dire Tel père, tel fils, en ce qui vous concerne, par contre… Je me suis trompé sur votre compte : vous étiez meilleur à l’entraînement que vous n’avez su l’être quand il le fallait… », prend-t-il soin de poursuivre, d’une voix plus basse, n’voulant pas qu’n’importe quelle oreille indiscrète n’comprenne son propos. D’autant moins qu’on vient d’arriver devant la grande salle dans laquelle tout l’monde est visiblement réuni, et en train d’célébrer je n’sais trop quoi. Et ce spectacle impromptu nous a tout les deux fait nous arrêter, vers le seuil, même si lui continue à glisser à mon encontre, ses paroles, assez discrètement. « Restez à votre place, cela vaut mieux pour beaucoup d’monde, Caporal-Concierge Blake… » OK… J’avais décidé d’ignorer sa précédente réplique, parce que j’avais mieux à faire qu’rentrer dans son jeu à la con. Sauf qu’il a légèrement dépassé la limite à n’pas franchir. La menace est là, flottant dans ses mots, jusqu’à la posture qu’il a quand il profère ses quelques mots. Y’a pas qu’moi qu’il menace, là. Y’a ma sœur, ou toutes les personnes auxquelles il peut bien savoir que j’tiens. Lui et sa p’tite bande de potes, ils ont l’bras long. Manque de bol pour eux, s’ils m’ont entubés toute ma vie durant, maintenant, c’est fini. Ca va être galère pour eux d’me faire pression dessus, une fois qu’j’aurai contribué à les faire sortir d’ici, leur éviter une mort certaine, hein ? (Ouais, j’suis optimiste quant à nos chances d’réussite, j’ai l’droit d’y croire !) Bref, j’aime assez peu qu’on m’menace, j’trouve d’assez mauvais goût qu’on raille ma déchéance professionnelle, et j’exècre plus encore qu’on songe à mettre en danger la vie des gens qu’j’aime. J’m’accorde toutefois quelques secondes pour observer les lieux, et rendre un peu la monnaie d’sa pièce à l’autre enflure : moi aussi, j’peux jouer avec les nerfs des gens. Puis j’me tourne vers lui, l’fixant tout en reculant un peu, et en lui disant que : « Faites confiance à votre instinct, il n’vous a pas trompé, j’tenais juste pas à ressembler à mon père. Mais j’reste toujours meilleurs que vous… », p’tite allusion au fait qu’parfois, durant les entraînements d’notre formation, on s’retrouvait face à certains Gardes plus hauts placés qu’nous, et qu’pendant nos séances de tirs, à la longue, j’en étais venu à la limite de l’humilier parfois… « J’aurai bien l’occasion d’vous l’prouver  un d’ces jours ! », que j’conclu, formant un pistolet avec chacune d’mes mains, tandis qu’ma langue claque contre mon palais, et que j’lui lance un p’tit clin d’œil railleur. Ouais, j’sais, j’joue avec le feu. Œil pour œil, dent pour dent. Il vient d’me menacer, bah, ouais, j’en fais de même. P’têtre pas malin, mais bordel, j’en ai marre qu’on m’prenne pour un trouffion, les gars. On est sur Terre, maintenant (bon, OK, présentement, c’est même sous Terre, mais qu’importe !), et les choses ont changés, par rapport à l’Arche. Alors préparez-vous à voir c’dont l’Blake est capable, et fermez vos gueules (ça sera d’intérêt publique, ça, j’vous prie d’me croire !). Bref, à mes yeux, il l’a pas volé, cette réplique. Et c’est fier de moi que j’me remets dans l’sens d’la marche, lui tourne le dos, et m’casse, pour rentrer dans c’qu’a tout l’air d’être une salle des fêtes.

J’pousse un soupir en voyant la salle : y’a des trucs qu’ils ont besoin d’compenser, pour avoir autant sorti l’grand jeu ? Bon, ça reste beau malgré tout, j’dis pas l’contraire. Pis ça change de c’dont j’ai pu avoir l’habitude, au sein d’la Colonie. Pour autant, j’oublie clairement pas où j’me trouve, ni c’que ces individus comptent faire à mon peuple, afin d’être en mesure d’aller à la surface. Mais j’sais qu’il faut que j’maintienne les apparences, que j’ai l’air d’me sentir à l’aise ici, enfin en sécurité par rapport à la difficile vie qu’on a vécu, sur Terre. Alors j’joue l’jeu. Je « joue » un rôle depuis mon plus jeune âge, j’suis habitué à ça ! Et j’suis tellement dans l’rôle du mec occupé à scruter les environs, que j’fais pas gaffe à où j’marche. Et m’voilà donc à manquer d’rentrer dans quelqu’un. J’ai à peine le temps d’lancer un p’tit « Désolé ! » et de lancer un p’tit regard vers ma malencontreuse victime, qu’celle-ci s’jette dans mes bras. Geste qui m’surprend, et m’voit m’tétaniser littéralement, tant j’m’y attendais pas, et tant j’suis pas franchement à l’aise avec d’tels effusions d’joie ou d’affection quand ça n’est pas avec O. Non pas qu’j’aime pas ça ou qu’j’sois trop pudique, c’est juste qu’j’ai pas non plus été l’gosse l’plus habitué à être pris dans les bras par des gens extérieur à la famille. Car dans ma famille, ma mère n’était pas des plus câline non plus. Disons qu’elle avait ses moments, ceux durant lesquels l’instant maternel était vraiment présent, et non entravé par la folie qui la rongeait de plus en plus, et qui avait gagné en intensité en elle, avec les coups que lui affligeait autrefois l’paternel. Donc, ouais, si j’suis pas super pudique ni frileux des p’tits gestes d’affection, j’suis plutôt habitué à être celui qui les initie (principalement avec O., ou autrefois avec Elizabeth), qu’à être celui qui les reçoit. Revenons-en à cet instant présent, et à c’câlin surprise. C’est avec le « Bellamy ! » soulagé qui filtre entre ses lèvres, que j’réalise d’qui il s’agit « Fox ! », et qu’mes bras s’nouent autour d’la frêle Waldénite. La pauvre, j’la sens trembler contre moi. J’me doute que les dernières semaines n’ont pas été faciles pour elle. La vie dans son camp n’a pas été une chose aisée, à cause des Grounders. Malgré tout, elle s’est portée volontaire pour aller à Polis et essayer de contracter un accord de paix, avant de voir la malchance guider ses pas jusqu’à ce maudit bunker. N’soyez pas surpris : évidemment qu’j’ai pris d’ses nouvelles, une fois arrivé à l’autre camp. J’l’avais aperçu, dans la navette, et comme elle a grandi dans l’logement juste à côté du mien, et qu’une amitié avait autrefois uni nos parents, il est normal que j’me sois inquiété pour elle également. « T’aurais pas dû venir ici… », m’fait savoir à voix basse, la brunette, toujours dans mes bras. Evidemment. On m’a dit qu’elle a fait parti d’ceux qu’ont tenté d’quitter les lieux, mais qui n’ont pas réussi, malheureusement, et qu’elle sait donc c’qui s’trame par ici. « Fox, tu m’fais confiance, hein ? », que j’lui demande, murmurant à mon tour. La sentant hocher doucement la tête, celle-ci appuyée sur mon épaule, j’conclus d’un « Alors continue ! », tandis qu’un léger sourire étire mes lèvres. Ouais, mine de rien, ça fait plaisir d’voir qu’même si elle sait qu’la situation craint méchamment dans l’bunker, elle continue à m’faire confiance d’la sorte, sans pour autant savoir c’qu’est prévu. D’autant plus que j’sens bien la tension qui habite son corps en cet instant précis. « Ca fait du bien de te voir ici. » ajoute Fox, en se détachant de moi, et en m’adressant un grand sourire. J’la sens encore un peu hantée par la vérité qu’elle sait s’dissimuler sous les joies décorations d’ce bunker, et ça m’met un peu la pression, d’la voir m’regarder avec autant d’confiance. « Normal, j’embellis n’importe quelle fête par ma simple présence, c’est connu ça ! » est la p’tite connerie que j’lui sors, histoire d’lui tirer un sourire plus franc qu’celui qu’elle m’présente pour l’instant. Elle ouvre la bouche pour m’répondre quelque chose, mais la voilà coupée dans son élan par l’apparition d’quelques autres délinquants, parmi ceux qu’ont été dans l’même camp qu’moi. De là, ça devient assez compliqué pour moi d’parvenir à les écouter, car ils parlent tous en même temps. De c’que j’peux en comprendre, ils n’sont pas au courant de c’que nos hôtes comptent faire de nous, au contraire, ils sont heureux d’être ici. Faut dire qu’c’est tentant, c’bunker. On est au chaud, y’a apparemment d’vrais lits largement plus agréables que ceux qu’on avait dans notre camp, y’a d’la bouffe et même des trucs qu’ont n’connaissaient que d’nom dans l’Espace, y’a ni les menaces d’un temps merdique ou d’une faune et d’une flore redoutable, ni celle d’sauvages ! Evidemment, ils sont donc plus qu’ravis d’être ici ! J’vais pas leur jeter la pierre ! D’autant moins qu’ils ont apparemment réussi à sympathiser avec d’autres jeunes, et qu’ils ont pu s’éclater avec quelques jeux vidéo ou autre distraction qu’on n’retrouvait pas sur la Colonie ! J’les écoute d’une oreille distraite, observant les environs. Ce faisant, j’aperçois, à quelques mètres d’moi, les retrouvailles entre les Miller. Mr Miller s’était montré très inquiet pour son fils, dès qu’il a été mis au courant de c’que Nathan risquait d’subir par ici… Ces retrouvailles résonnent d’manière particulière en moi, m’ramenant à celles que j’ai connu, avec ma sœur, tout en m’rendant un peu triste : contrairement à la plupart des délinquants, d’tels instants d’joie, j’pourrais pas connaître, mes parents n’sont plus, et d’toute façon, mon paternel n’serait jamais arrivé n’serait-ce qu’à la cheville de l’Arcadian, niveau fibre paternelle… Il n’fait aucun doute qu’il n’aurait juste jamais pris part à cette attaque contre l’bunker, pas même pour sauver la vie d’ses enfants, tant il pensait qu’à sa gueule de poivrot ! Mes lèvres s’étirent en un fin sourire nostalgique, et un brin envieux, j’l’avoue, des quelques scènes similaires à celle offerte par les Miller, qui s’retrouvent à divers endroits d’la salle. Mais c’est pas parce que j’aurai aimé avoir un tel lien avec l’un d’mes parents, que j’suis malheureux d’savoir que ça s’produira pas. J’ai retrouvé O., c’est là l’essentiel, après tout ! J’reviens sur Terre – enfin, sous Terre plutôt – en voyant Nate m’faire un p’tit signe d’la main, pour m’saluer, quand il croise mon regard. On n’est pas les meilleurs potes qui soient, on s’est surtout croisé à quelques reprises dans les couloirs de l’Arche, notamment quand il allait voir son père (car non, on n’s’est pas croisé durant nos formations respectives, étant donné notre écart d’âge !). J’lui rends son salut d’un signe de la tête, revenant sur l’petit groupe qui m’entoure. « Vous savez où est Aaron ? », je n’tarde pas à leur poser cette question, car si j’suis content d’les retrouver, j’ai comme l’impression d’étouffer un peu à leurs côtés. En même temps, j’suis littéralement prisonnier sous une tonne de terre, après avoir été à l’air libre, et dans un endroit clairement peu fréquentable, donc, ouais, l’impression d’étouffer est pas qu’psychologique !

Etant donné qu’nul n’est en mesure d’me renseigner quant à la localisation d’mon meilleur ami, j’tente de l’trouver d’moi-même, m’éloignant quelque peu du p’tit groupe pour l’faire plus tranquillement. La p’tite bande est occupée à discutailler, ils n’font pas trop gaffe à ma soudaine disparition. J’cherche la silhouette d’mon débile d’meilleur ami, et enfin, j’l’aperçois, vers une table, parlant avec un des délinquants présents depuis un moment ici. Et alors que j’m’dirige vers Aaron, j’aperçois du coin d’l’œil une silhouette qui m’parait relativement familière. Et c’qui s’produit par la suite relève plus du domaine de l’inconscient qu’autre chose, car durant les quelques micro-secondes qui suivent, j’ai qu’vaguement vu la danseuse en question, donc, son identité, j’en suis pas sûr. Pourtant, voilà tout d’même qu’mon cœur en loupe un battement, d’manière totalement étrange et incompréhensible, rien qu’à cause d’ce bref « éclair bleu » qu’il vient d’entrapercevoir, d’cette drôle d’impression d’familiarité qu’cette sommaire vision a déclenché en moi. Belle preuve qu’mon inconscient est nettement plus sur l’qui-vive que moi, et largement plus à même d’décrypter certains sentiments troublants qui ont commencés à pointer l’bout d’leur nez en moi, tout récemment. Ma curiosité s’retrouve naturellement éveillée et m’pousse donc à regarder un peu mieux, pour voir d’qui il s’agit. Et d’nouveau, mon inconscient réagit : en à peine un souffle passé à entrevoir la nuque d’la mystérieuse danseuse, mon cœur s’met à s’agiter un peu plus rapidement qu’à son accoutumée. Rentrez-vous dans l’crâne qu’mon inconscient est largement plus en phase avec mes sentiments qu’moi-même. Ouais, j’aurai pu mettre à profit les derniers jours pour réfléchir un peu, mais outre l’fait que j’avais un peu autre chose à foutre, faut quand même rappeler un truc, un tant soit peu important : fin juin, ça a fait un an qu’Elizabeth est morte. Et j’avoue qu’cette réalisation n’m’est venue qu’bien en retard, tant j’avais fort à penser, avec le trajet à faire jusqu’au camp d’O, les retrouvailles avec ma sœur et ceux d’son camp, aider à l’amélioration d’ce même camp, faire l’aller-retour d’mon camp jusqu’au l’autre avec mes anciens camarades d’infortune, puis toute l’histoire avec le bunker… Alors ouais, j’l’avoue, et non sans honte : cette triste date anniversaire d’sa mort, j’en ai pris conscience qu’bien des jours et des jours plus tard. Alors ouais, clairement, c’est assez difficile, au vu d’ma situation, d’parvenir à percuter qu’une autre jeune femme a su s’faire une place dans mon cœur, alors qu’celui-ci est encore brisé d’la mort soudaine et imprévue, d’mon 1er amour. D’où l’fait qu’seul mon inconscient réagisse d’la sorte, et qu’ma conscience, elle, s’voile littéralement la face ! Plutôt difficile d’assumer qu’on ait apparemment tourné la page aussi vite, et qu’surtout, si on s’est mis dans une situation qu’est des plus suicidaire, c’est en grande partie pour sauver celle qu’a délogé d’votre cœur la fille à qui vous aviez juré des années durant, d’jamais l’oublier ni d’jamais cesser d’l’aimer. Pourtant, la graine d’la réalisation d’tout ça est déjà là, sommeillant quelque part en moi, et résonnant dans les moindres fibres d’mon être, à la simple vision d’une silhouette qu’a tout l’air d’être celle d’la Griffin. Pour preuve : la cadence d’mon palpitant n’perd pas en intensité quand, consciemment, j’reconnais enfin Clarke (encore plus sûr qu’jamais qu’c’est bien elle, quand j’l’aperçois d’profil, la blonde ayant légèrement bougé durant sa danse.). Si j’ai conscience d’la réaction d’mon cœur, j’comprends juste pas vraiment c’qui s’passe. Largement plus facile d’sauter à la conclusion qu’c’est juste un « choc » d’la voir dans une telle tenue. J’l’ai pourtant déjà vu en robe, une fois ou deux, sur l’Arche, durant quelques soirées qu’j’étais tenu à encadrer en tant qu’Garde. Tout comme j’l’ai déjà vu nettement plus apprêtée que j’n’ai pu la voir depuis qu’on est arrivés sur Terre. Et malgré tout, j’me retrouve perturbé, en la voyant dans sa robe bleue, ses cheveux délicatement relevé en un élégant chignon partiellement tressé. J’suis tellement subjugué qu’voilà qu’on fini par m’bousculer en évoluant sur la piste de danse. Revenant à moi, un brin abasourdi, j’secoue la tête, comme pour m’remettre les idées en ordre. Et d’manière franchement pas consciente, m’voilà à m’approcher d’elle. Ouais, ça, j’n’en prends conscience qu’lorsque j’dois fendre la foule pour aller jusqu’à elle. C’est presque dans un état second que j’m’arrête finalement à son niveau, tandis qu’elle m’tourne toujours le dos, occupée à danser en silence, avec une jolie brune moulée dans une élégante robe noire. La jalousie qui m’envahi est tellement inconsciente que j’suis loin d’pouvoir la sentir en moi, ou du moins, l’analyser comme telle. J’me dis juste qu’la Phoenicienne a plutôt bons goûts (du moins, pas en matière d’mecs, quand on voit qui elle s’coltine en tant qu’petit-ami, y’a d’quoi s’poser des questions !). Et qu’elle attire décidemment un peu trop les regards sur elle, à en juger la façon qu’a la brunette d’l’observer et d’se rapprocher progressivement d’la Griffin, l’air de rien, à l’approche d’la nouvelle chanson. Et d’nouveau, m’voilà à agir sans en avoir véritablement conscience. « Tu m’déçois, Princesse ! » que j’ronchonne, m’trouvant juste derrière elle, insistant bien sur son p’tit surnom, tout en veillant soigneusement à maintenir une certaine distance entre nous. « J’te confie les gosses l’temps d’rassembler toute la famille, et j’apprends qu’tu profites d’mon départ pour t’éclipser, avec certains enfants et en abandonnant les autres ! Mais sans laisser d’mots ni rien ! » J’secoue la tête, feignant la déception la plus complète : qu’on m’donne l’oscar, j’suis doué, j’crève l’écran inexistant ! Et j’poursuis ma diatribe, alors même qu’elle s’retourne enfin, lui offrant toujours un visage rudement attristé d’une telle attitude. « Et là, j’arrive enfin après un long voyage, et même pas tu m’salues correctement ! Heureusement qu’les enfants rattrapent le coup hein ! ». (Nan, j’veux pas un câlin d’la blonde. A peine ouais !) Pour bien montrer ma peine, j’finis même par poser ma main droite sur mon p’tit cœur, comme s’il souffrait d’l’indifférence prétendue qu’la Griffin a réservée à mon arrivée dans l’bunker ! J’penche quelque peu la tête sur l’côté, pour regarder enfin la blondinette, snobant complètement sa cavalière (oups ! Ou pas !), et j’conclue : « T’sais, si t’voulais divorcer, et avoir la garde d’certains marmots, on aurait pu passer par un avocat, au lieu d’faire tout ça ! » Et comme pour illustrer le fiasco d’la situation, j’ouvre les bras, désignant ainsi ce « gâchis », alors que j’pousse un soupir. « A l'amiable, ça s'serait fait sans souci. Ta liberté, mon bracelet-héritage... Pas d'scènes, et les enfants heureux malgré tout ! », que j'ajoute, un brin moralisateur, tout en secouant la tête, dépité qu'ça ne s'soit pas passé comme ça ! Et voilà qu’mon cœur rate un nouveau battement (faut qu’j’aille voir un doc moi. Même si j’sais qu’y’en a une qui sera plus qu’ravie d’m’ausculter !), quand j’pose enfin les yeux sur elle, que j’observais qu’à moitié jusqu’alors. Et si l’simple fait d’l’avoir aperçu d’dos avait d’quoi m’troubler, c’est en rien comparable avec la vision complète et plus rapprochée, d’Clarke dans sa robe. J’tente d’garder un air relativement indifférent, mais si on s’attarde un peu plus sur mes yeux, rien qu’sur mes pupilles, par exemple, on comprend clairement qu’c’est juste une façade, tout ça ! « Heu… Tu dois être Zack… J’ferai mieux de vous laisser… » voici c’que j’entends, au début, vaguement, d’la part d’la brune. Etrangement, mes oreilles s’font plus attentives quand elle m’prend pour Zack. « Ca, c’est méchant ! » que j’proteste, tel un gosse à qui on a volé ses jouets dans la cour de récré, alors qu’elle s’barre (enfin). « OK, j’ai l’air d’un pingouin en c’moment, mais… pas à c’point-là ! Si ? », que j’ronchonne, jouant avec ma cravate, ayant soudainement l’impression d’étouffer. Du regard, j’sollicite l’avis d’Clarke, après tout, elle devrait pouvoir m’en dire plus sur la question, elle, nan ? Mais elle a pas vraiment l’temps d’répondre quoi qu’ce soit, car on m’tapote sur l’épaule pour attirer mon attention. « Il me semble qu’à cause de toi, mademoiselle Griffin se retrouve sans personne pour terminer cette danse qui vient de commencer. Faut se faire pardonner ! » Et voilà qu’Pike (qui était visiblement en train d'parler avec une Archéenne qui dansait, présente par ici depuis la 1ère vague à s'être installée là !), s’érige en maître des bonnes mœurs, en m’suggérant d’remplacer la cavalière qu’la blonde a perdue. Ca, ça a étrangement l’mérite de m’clouer nettement plus le bec que la Montagnarde qui m’prenait pour Zack, tout à l’heure. C’est moi, où il fait chaud ? Et bordel, sous la montagne, on respire super mal, vous trouvez pas ? Pourquoi j’suis venu ici, moi, déjà ? (Oh, je sais : pour récupérer l'bracelet qu'j'ai prêté à la blonde, voyons !)


Emi Burton

_________________

   [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
   
Rewrite the stars.
You think I don't wanna grow onto you, but there are mountains & doors that we can't walk through. I know you’re wondering why 'cause we’re able to be just you & me within these walls. Everything keeps us apart. When everyone tells us what we can be, what we can : how can we rewrite the stars? All I want is to fly with you, fall with you, so just give me all of you. It feels impossible, it's not impossible. Is it impossible? Say that it's possible & nothing can keep us apart, 'cause you are the one I was meant to find. It's up to you & me, no one could say what we get to be.
Revenir en haut Aller en bas
Clarke Griffin
❝ Admin ♕ The brave Princess ♕ ❞
Clarke Griffin



Messages :
2121
Date d'inscription :
07/03/2017
Ft :
EJ Taylor-Morley ♥
Crédits :
Vava : Starlord / Gifs (sign + profil) : Tumblr / Sign' icons groupes spécial IE : Lydie ♥️
[04/08/2482]        Before you find your soulmate, you must first discover your soul  | Bellarke Vide
MessageSujet: Re: [04/08/2482] Before you find your soulmate, you must first discover your soul | Bellarke [04/08/2482]        Before you find your soulmate, you must first discover your soul  | Bellarke EmptySam 13 Juil - 21:33

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Before you find your soulmate,
you must first discover your soul.

Meeting our soulmates brings an array of blessings in our lives. That happens because, first of all, our soulmates remind us to pay attention to our own souls, to rediscover them, and to embark on a journey of self-awareness doubled by love. We feel sometimes unexpectedly drawn to a certain person, even though we cannot rationally explain why it happens. However, the soul has its own radar, which is based on intuition and a knowledge greater than ourselves. This is what helps us find our soulmates. A true soul mate is a mirror, the person who shows you everything that is holding you back, the person who brings you to your own attention so you can change your life. We believe that once we’ve found our soulmate, life will become an easy ride. The beauty of a soulmate connection, however, is that soulmates challenge each other to grow and to become better, not to stagnate in a mindless comfort.


Les mariages, tels que je les ai connu de ma courte vie sur l'Arche, n'ont pas grand chose à voir avec celui auquel nous sommes conviés à assister. Loin d'être une experte sur le sujet pour autant, il me semble bien qu'ils aient une cérémonie et un ensemble de festivités qui se rapprochent un peu plus des mariages que la Terre a pu connaître, avant la Guerre qui l'a ravagée. Ces petites différences m'intriguent et attisent ma curiosité, alors même que je me pose cette fameuse question du « Est-ce qu'un jour, ce sera à mon tour ? ». Après tout, n'importe qui, nouvellement arrivé sur Terre, est en droit de se questionner à ce sujet. Est-ce qu'une telle union aura toujours un sens, alors que nos vies d'Archéens et nos repères ne sont plus que de lointains souvenirs ? Est-ce qu'une fois sortie de ce bunker, célébrer un mariage aura encore une signification ? Est-ce qu'on n'aura pas d'autres priorités ? Faire en sorte que chacun prenne un bon départ dans ce nouveau cadre de vie, veiller à ce que personne ne manque de la moindre chose vitale.. Là, aujourd'hui et en ce moment, alors qu'on marche jusqu'à cette fameuse grande salle, la réponse me semble très claire : on ne pourra pas se permettre un tel événement. Ce qui nous attend, pour compter sur des fondations solides pour ce nouveau départ, me semble tout bonnement insurmontable. Est-ce qu'on aura seulement la tête à célébrer cette promesse de vie commune entre deux personnes ? Sur l'Arche, évidement, les choses auraient été différentes et nul doute qu'à mon tour, un jour, j'aurai troqué mon nom pour un autre. Ou du moins, ce « Griffin » qui me colle à la peau, depuis ma naissance, n'aurait -au mieux- plus été seul. Alors que là.. Il nous faut déjà réussir à sortir de là, ce qui n'est de loin pas gagné d'avance. Qui pourrait avoir la tête à un mariage avec tout ce qui nous tombe dessus depuis notre arrivée ? Surtout que si on arrive, nous aussi, à sortir de ce bunker, un jour, il y aura bien d'autres problèmes à régler. Autrement dit, je doute que nos priorités seront à la fête. Malheureusement. Donc, autant essayer d'en profiter un peu, non ?

C'est dans cet état d'esprit, en tout cas, que je m'efforce d'être alors qu'on entre enfin dans cette salle qu'on commence à si bien connaître, mais qui, aujourd'hui, est parée de milles décorations en tout genre. Si on mettait ces sombres histoires, reliées au bunker dans un coin de nos têtes, juste le temps de quelques heures, est-ce que cela changerait quelque chose à ce qui semble pourtant nous attendre sans qu'on puisse y échapper ? N'ayant aucune idée de cette infiltration en cours, je me dis que ce n'est pas franchement un luxe de profiter un peu. Après tout, je doute que les mariés du jour soient au courant de l'obscurité entourant leur propre communauté, ou du moins, pas dans son intégralité. Depuis le temps qu'on sait ce qui se trame dans cet endroit -du moins, pour certains d'entre nous-, je me suis bien rendue compte que beaucoup des résidents eux-mêmes n'ont pas conscience ni connaissance de ce qu'il se joue pas loin d'ici. Dans le but, certes louable dans le fond, de les faire sortir d'ici. Mais, à quel prix ? Est-ce à nous de le payer ? Cela me paraît si injuste. Mais, ouais. J'ai un peu l'impression d'être revenue dans le passé. Sur l'Arche. Lorsque moi-même j'étais tenue bien loin de toute vérité, rien qu'au sujet des injustices entre les secteurs. Nul doute que parmi les Montagnards, certains auraient réagit comme moi j'aurai pu le faire, sur l'Arche. Bousculant un peu trop les Privilégiés pour rétablir une certaine parité, et là, ils pourraient s'opposer à ces tests même si cela les prive de leur liberté de rejoindre la surface. Certains, par ici, s'y oppose déjà. Rien qu'en rejoignant cette fameuse Ligue, qui a permis à certains d'entre nous de s'échapper de cet endroit. En risquant leurs propres peaux, tout en épargnant celles de parfaits inconnus jusque là, qui auraient pourtant pu être leurs tickets de sortie du bunker. Voilà pourquoi j'ai bien envie d'essayer, au moins, de me rendre à cet événement la tête la plus vide possible. Les mariés du jour ne doivent sans doute pas savoir ce qui m'attend, ainsi que les miens. Pourquoi vouloir, du coup, gâcher cette journée qu'ils doivent attendre depuis un moment, vu ce que j'ai pu entendre à leur sujet ? Après, bien entendu, y aller la tête vidée ne veut clairement pas dire y aller sans faire attention. A ce qu'on peut dire, à ce qu'on peut faire ou même laisser paraître. Il ne faut absolument pas qu'on se fasse piéger, même sournoisement. La méfiance, face à certaines personnes, reste évidemment de mise.

J'aurai tellement aimé qu'Arthur soit avec nous. Mais, son état de santé ne lui permet pas de telle folie. Je lui ai promis de tout lui raconter. De lui ramener une part de dessert aussi, lui qui est un grand gourmand comme moi. Je lui ai promis tellement de choses depuis qu'on est là, et pourtant, j'ai l'impression que celle qui m'est la plus chère, à son sujet, risque de m'échapper d'un moment à un autre. M'y raccrochant tout de même encore, je garde espoir qu'on y arrivera. Qu'on sortira de là et qu'il retrouvera la surface pour poursuivre ce nouveau départ que notre arrivée sur Terre lui a offerte. Il n'empêche que j'ai beau rassemblé tout ce que j'ai pu découvrir ou lire sur l'Arche, dans ces innombrables bouquins de médecine qui me sont passés entre les mains tout en croisant ces savoirs avec ceux que j'ai pu assimilés depuis que j'« étudie » au sein du bunker : je suis incapable de savoir ce qu'il a. Et, malheureusement, je ne suis pas la seule. Aucun médecin du bunker n'est capable de le remettre sur pieds, malgré toutes ces analyses qui ont été faites. Ça m'inquiète. Énormément. C'est d'ailleurs pour tenter de résoudre cette énigme qu'une montagne de livres trône au pied de mon lit et que je passe des heures entières à lire tout ce qui peut être une piste, même très lointaine. Chaque jour qui passe l'affaiblit de plus en plus. Un peu comme si quelque chose le vidait de toute son énergie, petit à petit. Mais, quoi ? Telle est et reste la question. Toujours est-il qu'il m'a fait promettre une chose, hier. Que je n'ai pas pu lui refuser. Celle de faire de mon mieux pour, juste, souffler pour cet événement. Me voilà donc à inspirer profondément comme pour tout mettre de côté, le temps de quelques heures seulement. Les problèmes du bunker, ceux de la santé d'Arthur, mais aussi un tout autre sujet qui m'encombre l'esprit depuis de longues semaines maintenant. Le sujet Blake. Qui mériterait une encyclopédie en plusieurs volumes rien que pour lui. Peut-être que je me mettrai à sa rédaction, un jour. Histoire d'aider une future petite blonde à tenter de comprendre un certain brun, avec lequel elle entretient un lien hautement et purement platonique. Hum. Mais, est-ce que je vais réussir à m'ôter tout cela de la tête ? Pas si sur. Vraiment pas. Surtout pas avec ces nouveaux arrivants qui font enfin leur entrée au bunker, alors même que sans trop savoir comment ni pourquoi, je me retrouve face à Willa, ses bras m'entourant délicatement alors que le fantôme d'Amy me percute lorsque son regard se retrouve si proche de moi. Et c'est douloureux. Des années sont passées depuis mon histoire avec cette dernière, mais il ne m'en reste qu'un goût particulièrement amer en y repensant de près ou de loin. Elle a joué avec moi. Elle ne s'intéressait qu'à mon nom, bien plus qu'à moi. Perdue dans mes pensées, je ne me rends pas vraiment compte que mon regard peut donné l'impression d'être rivé sur les lèvres de ma cavalière du moment. Ce n'est pourtant de loin pas ce que j'ai en tête. Aucune envie de l'embrasser, bien qu'elle soit particulièrement attirante. Elle est juste plus grande, et en fixant un point face à moi, ça tombe sur cette partie de son visage à la peau bien plus pâle encore que la mienne. Complètement perdue, je ne fais même pas attention à ce qu'elle peut me dire. Rien de bien fou, rassurez-vous. Mais, à la voir agir ainsi avec moi, j'ai bien peur qu'elle ait très mal interprété ce regard d'une Clarke perdue. Parce que je le suis, clairement. La sentir si proche de moi, ça me donne cette impression d'étouffer. Pas dans le bon sens du terme par contre. L'impression de suffoquer, même, en fait. Sans même qu'elle ne l'imagine, elle ne fait que réveiller ce sur quoi j'ai pu réfléchir ces dernières semaines. Et tout me semble plus clair tout en étant tellement plus compliqué. Dingue, non ? Plus clair, parce que je sais ce que je veux. Du moins, c'est ce que je crois. Plus compliqué surtout par contre, parce que ça me semble impossible et impensable. Ce que je veux me forcerait à briser un cœur, avec le risque de m'être totalement plantée au sujet de ce fameux ancien Garde et sur ce que je pense avoir compris à son sujet. J'aurai tellement à perdre si je me permettais une telle folie. Bref. Peu importe pour le moment. Ni Zack, ni Bellamy ne sont là. Pas vrai ?

Sauf que.. SURPRISE !! Qui n’apparaît pas, derrière moi ? Alors, certes, je ne sais pas qu'il est vraiment là étant dos à lui, pour le moment. Je ne fais que sentir étrangement sa présence, un peu comme si j'avais un radar à Blake. Mais, cette sensation, je m'efforce de la mettre sur un effet étrange ordonné par mon cerveau, après toutes ces semaines à penser et à repenser sur mes propres volontés. Là, forcément, à avoir repensé même si très brièvement à ce gars, c'est comme si ma résolution de mettre ma tête en « pause » avait lamentablement échoué. Pire encore, en pensant entendre ce « Tu m’déçois, Princesse ! » qui me fait instinctivement fermer les yeux. Il n'y a que lui, pour m'appeler comme ça. Est-ce que j'hallucine rien qu'avec un verre ? Parce que oui, là, j'ai juste l'impression d'avoir rêvé ces quelques mots. Après tout, Bellamy ne peut pas finir par tomber dans le piège du Mont Weather ! C'est impossible ! Willa doit sans doute sentir la menace qui lui fait face bien que je ne me sois pas retournée, pensant vraiment que cette voix n'est que dans ma tête. Sa prise se renforce sur moi, alors que je nage entre deux mondes. Rêve et réalité, tout ne tient qu'à un fil. La preuve. Sauf que cette voix bien trop familière se fait à nouveau entendre, malgré la musique qui recouvre le tout. « J’te confie les gosses l’temps d’rassembler toute la famille, et j’apprends qu’tu profites d’mon départ pour t’éclipser, avec certains enfants et en abandonnant les autres ! Mais sans laisser d’mots ni rien ! » Là, par contre, je me fige. Genre, une statue de marbre alors que ses mots s’enchaînent. Ce délire de gosses, c'est du Blake tout craché. Je ne sais pas trop pourquoi, mais beaucoup dans le camp nous prenait pour des figures parentales. Oui, même quand on se bouffait le nez. Peut-être même « surtout » lorsqu'on se prenait la tête. Parce que ce n'était que rarement innocent. Ça, j'en ai pris conscience que très récemment. Comme dit, ce passage au bunker aura au moins le mérite de m'avoir fait lever le pied sur mes occupations, à arrêter de courir partout bien que mon cerveau a toujours été en ébullition. Pour savoir comment faire venir ceux rester à la surface à notre arrivée. Puis pour savoir comment nous, on allait bien faire pour sortir de là, lorsque j'ai su la réalité se cachant entre ces murs. Mais, j'ai aussi pu me poser plutôt que de courir partout. Me poser pour dessiner, pour lire, mais surtout pour réfléchir. Trop de choses se sont passées depuis l'exécution de mon père. Sur les derniers mots de l'ancien Garde, me voilà à me tourner sur moi-même, doucement par contre. Comme si, en me retournant rapidement, j'allais être effrayée de mon état mental si aucune silhouette de Blake n'accompagne cette voix. Les mains de Willa glissent autour de moi, sans me lâcher pour autant. J'ai juste envie de lui dire de les retirer. On ne danse plus, là. Pourquoi les garde-t-elle ainsi, comme si j'étais un trophée à montrer à n'importe qui, plus encore à celui qui a osé s'adresser à moi en me détournant d'elle. J'ai juste du mal à comprendre ce qu'il se passe. Je déraille à ce point ? A ne plus simplement entendre sa voix, mais à carrément l'imaginer face à moi ? Si je tends la main, toucherait-elle quelque chose ou se poserait-elle sur un vide déconcertant ? Mon regard ne quitte pas cette hallucination visuelle. Comme si j'essayais de me convaincre, en déchiffrant son visage que je connais plus que bien pour réussir à le dessiner sans l'avoir face à moi, qu'il est différent. Que ce n'est pas Bellamy. Sauf que non. Il n'y a aucune faille sur cette apparence qui ne me laisse plus de doute possible. Il est bien là. Face à moi. Et sur cette constatation pourtant très simple, mon petit palpitant se tape un délire d'envolée presque lyrique. Pour sa défense, il n'était pas prêt à le voir. Pas ici. Pas maintenant. Pas sans que je m'y sois un minimum préparée. Me voilà à le regarder, sans doute comme une débile incapable de parler ou même de bouger le petit doigt. Quelle empotée blonde que je fais, là.. Le bout de mes doigts me brûle tant j'ai envie d'être vraiment sûre qu'il est bel et bien là. Ça me paraît tellement dingue ! Willa, toujours derrière moi, me stop presque dans ce besoin de poser une main sur Bellamy rien qu'en maintenant ses deux mains sur mes hanches. Là, pour le coup, c'est comme si j'avais envie de lui hurler dessus. D'arrêter de jouer avec moi, parce que je n'ai pas besoin de ça. Heureusement, le Blake me garde un peu sous silence, le temps que j'essaie de rassembler ma capacité à parler. Même pas Zack a eu cet effet, lorsque j'ai pu le revoir, sur Terre, alors qu'on ne s'était pas vus depuis des mois. « Et là, j’arrive enfin après un long voyage, et même pas tu m’salues correctement ! Heureusement qu’les enfants rattrapent le coup hein ! » Avec ses conneries, il réussit à me faire sourire. Un de ceux qui me donne un air un peu gênée, intimidée peut-être aussi. Surprise sans aucun doute. Mais, aussi, cruellement attachée à l'autre. Ce même sourire qui m'oblige à tourner un peu la tête, à la baisser aussi un peu, comme pour fuir son regard sous ce reproche pourtant basé sur du grand n'importe quoi. Je sais très bien qu'il déconne. Quoique. Il essaie peut-être quand même de me faire passer un message, sur cette disparition de notre petit groupe alors même qu'il n'était pas au camp. Et il me fait même glousser lorsqu'il joue cette comédie, jusqu'à mêler le geste à la parole. A croire qu'il n'en faut pas plus pour que Willa se décide à relâcher un peu sa prise, bien qu'elle reste près de moi. Elle ne m'a jamais entendu rire depuis qu'on est au bunker. Au mieux, je souriais. Mais, l'inquiétude était trop présente pour m'autoriser à rire d'un n'importe quoi. Et cette inquiétude était pour beaucoup en rapport avec ce grand brun face à moi. Oui. J'avais peur de ne jamais le revoir, je l'avoue.. Relevant simplement le regard, il ne tarde pas à croiser, vraiment, celui du Blake qui semblait fuyant jusque là. « T’sais, si t’voulais divorcer, et avoir la garde d’certains marmots, on aurait pu passer par un avocat, au lieu d’faire tout ça ! » Des mots de plus qui me libèrent des mains de Willa, qui croise les bras en comprenant que ce n'est pas gagné pour elle. Et pourtant, à mon sens, ce n'est qu'un flirt purement platonique qui se lance, non ? Enfin, c'est juste habituel, en fait. Quand même pas avec une telle intensité, rien que dans les mots choisis. Si elle prend le Blake au mot près, elle doit se dire qu'il s'agit de Zack, et qu'on est sans doute mariés. Plus encore, parents. Sauf que non. Tout n'est qu'à prendre au second degré, avec ce qu'il lance. Mais, elle, elle semble y croire, visiblement. Il n'empêche que sa connerie de divorce me fait secouer la tête de gauche à droite, avant de rouler exagérément les yeux. Des yeux pétillants comme rarement ils ont pu l'être ces derniers temps. L'effet Blake, sans aucun doute. « A l'amiable, ça s'serait fait sans souci. Ta liberté, mon bracelet-héritage... Pas d'scènes, et les enfants heureux malgré tout ! » Voilà qu'il m'arrache un nouveau petit rire, alors que mes yeux pétillants ne quittent plus les siens. Je n'ai pas entendu autant de conneries en si peu de temps depuis bien des mois ! Il fait fort, le brun ! Sauf qu'en l'entendant parler de bracelet-héritage mon pauvre petit palpitant bien trop malmené se vautre lamentablement et loupe quelques battements, alors même que ma main gauche vient entourer mon poignet droit où se trouve ce fameux bracelet. En l'effleurant après l'avoir entendu parler de ce petit bout de cuir pourtant sans doute « banal » aux yeux des autres, j'en suis à me mordre l'intérieur de la lèvre. Bon sang, pourquoi personne ne m'a prévenu avant qu'il ne débarque face à moi ? Juste histoire que je me trouve un peu moins débile à ne pouvoir que le regarder comme ça. Et alors que mes lèvres se décollent un peu de ce mutisme qui me rend dingue, voilà que Willa me coupe dans mon élan. « Heu… Tu dois être Zack… J’ferai mieux de vous laisser… » Zack. Ce simple prénom m'a comme envoyé un verre d'eau bien froide en pleine face, alors que je ne peux que tourner la tête pour voir la silhouette de Willa qui s'éloigne déjà. J'ai vraiment deux de tension d'un coup, alors que mon cœur bat comme un beau diable à côté de ça. C'est du grand n'importe quoi tout ça ! « Ca, c’est méchant ! » que le Blake lance alors, forçant ma tête à reprendre sa position initiale, avant de lever les yeux au plafond. Ah, ils s'adorent ces deux-là, il n'y a pas à dire ! Là encore, je n'ai pas le temps d'en placer une, puisqu'il enchaîne tout en jouant avec sa cravate rouge « OK, j’ai l’air d’un pingouin en c’moment, mais… pas à c’point-là ! Si ? » Là, avec ce qu'il me dit, je me rends compte que je ne me suis même pas attardée sur sa tenue. Mes pauvres neurones, ils ne vont pas s'en remettre lorsque mon attention va dériver de son visage à ce costume qu'il revêt. J'ai à peine le temps de penser ça, que ma curiosité prend le dessus et.. Oh, malheur. Mes yeux se posent sur sa tenue, qui lui va parfaitement bien. Des preuves ? Oh, rien de spécial à signaler. Si ce n'est cette torture de lèvre que je m'autoprodigue, cette incapacité à relever ou à détourner le regard, ces joues qui me brûlent ou juste.. Cette impression de souffle coupé. Genre, vraiment. Me raclant la gorge, je n'ai à nouveau pas le temps d'en placer une. Ce cher Pike doit nous avoir à l’œil depuis un moment, surtout qu'il lance ce « Il me semble qu’à cause de toi, mademoiselle Griffin se retrouve sans personne pour terminer cette danse qui vient de commencer. Faut se faire pardonner ! » qui me fait écarquiller les yeux en arrivant enfin à détourner mon attention de la tenue du Blake pour se fixer sur notre ancien professeur. J'en frissonne presque en pensant extrapoler sur ce qu'il vient de dire. Non, mais sérieusement. Il vient vraiment de laisser entendre qu'on est censé danser ensemble ? Genre. Vraiment ? Bellamy et moi ? Décidément, c'est ma journée. Si je m'étais réveillée ce matin, en m'imaginant retrouver le brun, devoir danser avec lui et le voir dans ce costume qui lui va comme un gant.. Non, vraiment. Je n'y aurai même pas cru, en fait. De la folie. Tout ça n'est que folie. Je perds juste l'esprit, là, non ? Ce n'est qu'en voyant Pike, avec un grand sourire, m'adresser un petit signe de tête en direction du Blake que je me rends compte qu'il ne déconne pas. Et qu'il pense vraiment qu'on va danser ensemble. Il ne me lâche pas du regard. Du moins, pas avant que je ne fasse un pas en direction de l'ancien Garde. Si proche de lui. Les dernières fois qu'on était aussi proche, inutile de dire ce qui a bien pu se passer, et je ne parle pas que de cette soirée à l'infirmerie, mais du reste aussi. Avec cet épisode de la radio, pour tout exemple. Devant lever la tête pour croiser à nouveau son regard, je m'y perds un peu, avant de finir par le laisser suivre cette main que je pose délicatement sur son torse. Et là, pouvoir le sentir sous ce contact, en plus d'entendre sa voix et de voir son visage, c'est juste la preuve ultime que c'est bon. Je ne délire pas. Il est bien là. La tête droite, le regard sur ce nœud de cravate fait d'une main de maître, je me contente d'un « T'es plutôt canon comme ça, tu veux dire.. » lancé à mi-mots. Magnifique première intervention pour ces retrouvailles après des semaines éloignée du Blake ! Non, mais vraiment, ça s'applaudit ! Ou alors, baffez-moi plutôt, en fait. Ouvrant grand les yeux en me rendant compte de ce que je viens de balancer, comme ça, instinctivement, je me contente de me rapprocher encore un peu de lui, comme si cela pouvait l'empêcher de remarquer à quel point mes joues sont devenues teintées malgré le jeu de lumières dans la salle en étant si proche de lui. Comme si ça allait l'en empêcher. N'importe quoi. Remontant ma main jusqu'à son épaule, je n'arrive pas à relever la tête et me contente toujours de fixer cette cravate rouge que j'ai à hauteur de vue, en fait. Franchement, si tous les pingouins qui vivaient sur Terre avant la guerre étaient aussi canon que lui, il ne faut pas se questionner sur les raisons du réchauffement climatique ! Me mordillant la lèvre, j'avoue que je ne sais vraiment pas comment agir face à lui. Si pour moi, certaines choses sont devenues plus claires, je n'ai aucune idée en ce qui le concerne. « Donc non, vraiment. Tu ne ressembles pas à un pingouin. Ou du moins, de ce que je sais d'eux.. » Voilà que le bout de mes lèvres s'ourle un peu en un sourire, un peu sur la réserve par contre. Haussant doucement les épaules, je reviens sur ce qu'il a pu dire au sujet de Zack. « En même temps, tu étais sans doute un peu trop convainquant dans le rôle du petit-ami qui fait déguerpir tout le monde, hein. » Bizarrement, je trouve qu'il se débrouille plutôt bien d'ailleurs. Il a réussi à faire fuir Willa sans trop insister et surtout, avec classe. Une classe à la Blake, c'est vrai. Mais avec classe. Pourquoi rien qu'en disant ça, j'ai l'impression que mes joues sont en feu ? Ne pouvant réprimer un nouveau sourire un peu plus marqué en y repensant, je lutte pour tenter de remonter mon regard vers lui. Chose assez complexe, croyez-moi. Il me faudrait presque une aide divine pour oser croiser son regard en cet instant, alors même que le bout de mes doigts, de cette main plus aventureuse que l'autre, s'amuse avec le col de cette veste blanche, avant de se poser à nouveau contre lui. Sans doute est-il tant qu'on se laisse porter par la musique, histoire de ne pas faire trop tâche au milieu de tous ces danseurs ? J'en profite alors pour lui faire une sorte d'étreinte, tout en lui faisant comprendre que pour une fois, je le laisse mener sans trop râler. Après tout, on ne peut pas être deux à battre la mesure. Passant toujours cette même main derrière sa nuque, je finis par laisser ma tête s'échouer contre son torse. Je ne sais pas si c'est tout le stress qui me ronge depuis trop longtemps maintenant, ou si c'est de l'avoir retrouvé après toutes ces questions que je me suis posées à son sujet, mais j'en suis à fermer les yeux. Peu importe si certains regards peuvent nous trouver platoniquement trop proches, alors même que Zack n'est pas là. J'ai juste besoin de le sentir si près de moi ou de me sentir si près de lui ? Ma main libre se décide enfin à bouger, se posant sur son poignet, avant de remonter tranquillement jusqu'à son bras pour y stopper sa course. Pike, évidemment, ne semble pas se gêner pour en sourire. A croire qu'il sait qu'il y a quelque chose de pas forcément très « défini » entre nous. Mais, les yeux toujours clos, je ne le vois pas. Et, heureusement que mes yeux restent fermés. Au moins, comme ça, je me bats pour retenir ces larmes qui commencent à grandir plus facilement. Parce qu'elles sont bien là. Par cet effet de surprise de le revoir sans doute plus tôt que je ne l'aurai imaginé. Mais aussi, en me disant que si Bellamy est ici, au bunker, c'est qu'il y a eu un problème, non ? Pourquoi serait-il là, sinon ? Et s'il est là, c'est un peu comme si on avait presque perdu d'avance ? D'accord, il n'est pas le seul à savoir se battre, à savoir comment se battre, surtout pas avec l'arrivée de l'Arche. Mais, à mes yeux, il est un élément bien trop important pour que sa « captivité » au Mont Weather soit une « bonne » nouvelle. Ce qui dessert le Blake, est mauvais pour nous tous. Décollant ma joue de son torse, me voilà à me hisser un peu sur la pointe des pieds pour pouvoir déposer mes lèvres contre son épaule, mais les yeux toujours clos. « Pourquoi t'es là ? Ça craint un peu trop, ici.. » est la seule chose que j'ajoute, dans un murmure que lui seul peut entendre tant mes lèvres sont proches de son visage. Il doit me connaître assez bien, maintenant, pour savoir ce que je veux réellement dire grâce à ces simples mots. Pourquoi lui ? Pourquoi il est ici ? Pourquoi il n'est pas dehors avec les autres ? Mais, aussi d'autres pourquoi bien plus subtiles, qui, eux, ne sont pas des plus faciles à déceler, évidemment. Dans un autre murmure, je ne tarde pas trop à ajouter un « Et.. comment tu vas ? » Question hautement banale, dans un contexte de tous les jours. Mais qui, là, au bunker, revêt une autre signification. Est-ce qu'ils lui ont aussi fait des prélèvements de moelle à son arrivée ? Est-ce qu'il a eu le droit à un autre traitement de bienvenue ? Est-ce qu'ils lui ont seulement fait le moindre mal ? Je me doute bien qu'il ne pourra pas me répondre réellement à cette question, histoire qu'on ne se fasse pas trop repérer. Mais, j'ai besoin de savoir qu'ils ne l'ont pas trop amochés. Les Montagnards sont capables de tout. Mes lèvres, toujours posées contre lui, dans un simple geste pouvant passer à peu près sans éveiller trop de soupçons si on regarde de loin -ou pas-, se taisent à nouveau. Juste le temps d'essayer d'assimiler un peu la nouvelle. Bellamy Blake est maintenant au Mont Weather..

© MisterHyde

_________________
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] OMEGA
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image][Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
what the hell is happening here ?

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
❝ ❞



[04/08/2482]        Before you find your soulmate, you must first discover your soul  | Bellarke Vide
MessageSujet: Re: [04/08/2482] Before you find your soulmate, you must first discover your soul | Bellarke [04/08/2482]        Before you find your soulmate, you must first discover your soul  | Bellarke Empty

Revenir en haut Aller en bas

[04/08/2482] Before you find your soulmate, you must first discover your soul | Bellarke

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Inclement Earth :: Place au jeu ... :: Trikru :: Mont Weather-