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[02/04/2482] Just give me something I’ll miss before I go. | Bellarke

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Clarke Griffin
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Inclement Earth

MessageSujet: [02/04/2482] Just give me something I’ll miss before I go. | Bellarke Jeu 25 Mai - 0:12

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Living is too hard right now. Dying is easy. Let me die.

No matter how strong we try to stay, we all have those days when we don’t wanna be strong anymore. Giving up doesn’t always mean you are weak, sometimes it means you are strong enough and smart enough to let go. The girl who seemed unbreakable, broke. The girl who seemed strong, crumbled. The girl who always laughed, cried. The girl who never stopped trying, finally gave up. She dropped a fake smile as a tear rolled down her cheek & whispered to herself "I can’t do this anymore". Just give me something I’ll miss. Give me one last kiss just before I go, cause when I leave this time, I won’t be back no more.

2 avril 2482. Me voilà à l’aube de mon dix-huitième anniversaire. A la veille de ma majorité. Si, il y a encore un peu plus d’un an, j’attendais ce jour avec impatience et bien, ce n’est plus réellement le cas. Il me faut l’admettre pour ne pas me mentir. Disons que je le redoute étrangement. Ce n’est plus qu’une affaire de quelques jours maintenant. Encore une petite poignée et j’irai rejoindre mon père. Le doute n’est pas permis quant à ce qu’il m’attend. La justice selon le Conseil n’est clairement pas juste. J’ai cru le comprendre dès lors où on a réclamé mon arrestation le jour même de l’exécution de mon père. Pour haute trahison ? Pardon ? De quoi m’accuse-t-on réellement ? De vouloir suivre les traces de mon père en faisant éclater cette foutue réalité au grand jour ? L’ensemble des Archéens n’ont pas le droit de savoir que leurs jours sont, pour eux aussi, comptés ? Le prix de la vérité est dangereusement payé sur l’Arche -et encore, heureusement que je ne sais pas tout- .. En plus, je me sens plus seule que jamais. Bien entendu, je ne peux pas en vouloir à Zack de se préserver en ne venant même plus me voir depuis un petit moment. Enfin, sans même compter sa propre arrestation, bien entendu. Là, c’est un peu compliqué pour lui de venir me voir, j’en ai conscience. Et pourtant, il n’est pas loin de moi. Chose assez frustrante au passage, de savoir qu’il ne doit croupir dans sa cellule qu’à quelques pas de moi. Pire encore s’il est tel un voisin de l’étage inférieur et que je ne le sais même pas. Une idée assez cruelle tant la solitude me ronge petit à petit. Je ne peux donc pas lui en vouloir de prendre des distances avec moi, même s’il pouvait venir me voir dans un élan de sympathie orchestré par ma mère, ne sait-on jamais. Peut-être même lui accorde-t-elle cette faveur, mais qu’il ne préfère ne pas venir me voir ? Si mon avenir à la dérive semble tout tracé, peut-être que Wells et lui bénéficieront de la Grâce du Conseil ? Puis, il a ses propres pensées à gérer maintenant. Il est fort, oui. Mais, il doit penser à se préserver un minimum. Bientôt, je ne vais plus qu’être un souvenir pour lui. Connaissant sa force de caractère, je sais qu’il finira par aller de l’avant. Puis même. Il a le profil type du petit ami idéal si sa vie va se poursuivre au-delà de ses 18 ans. Une autre que moi pourra trouver refuge dans ses bras et voir à quel point on y est bien. C’est tout ce que j’espère pour lui, sincèrement, même si je sais que cette libération risque de ne jamais se faire et qu’au final, il me rejoindra plus rapidement que prévu. Mais, son absence depuis ces nombreuses semaines me pèse, forcément. Ce que je ne donnerai pas pour le voir, juste une fois de plus. Comme il ne me reste rien -même ma dignité s’est barrée ces derniers jours, laissant une flopée de larmes m’envahir pour un rien-, il est difficile de négocier une telle chose. Puis que dire de Macy.. Bellamy me donne quelques nouvelles de sa part. C’est même d’ailleurs grâce à lui que j’ai eu connaissance de son enfermement. A croire que tout notre petit noyau d’amis de longue date a décidé de passer par la case prison, à quelques mois près. D’abord moi. Puis Macy. Enfin, Zack et Wells. Qu’est-ce qu’il se passe donc pour qu’on soit ainsi exterminés de l’Arche ? Nos neurones se sont entrechoqués ? Puis ma chère Macy.. Elle ne mérite pas un tel sort. Pourquoi est-elle à son tour enfermée ? Qu’est-ce qui lui est donc passé par la tête ? Je n’ai pas été là pour elle. Pas là pour tenter de les raisonner, elle et son foutu caractère de feu -pire lorsqu’il s’agit de son gars !-, pas là non plus pour lui rendre visite et tenter de lui rendre le sourire une fois dans sa cellule. Pas là non plus pour tenter de la rassurer et lui faire entendre qu’il lui reste encore cet infime espoir. Il faut qu’elle s’en sorte. Comme Zack. Si déjà moi, au vu de cette cellule au niveau 2, je n’ai même pas une once d’être graciée.. Et je ne le saurai même pas, ça. S’ils vont pouvoir reprendre leurs vies où elles se sont arrêtées vu que la mienne prendra fin bien avant leurs procès respectifs. Et oui. Mon moral ainsi que mon mental ont pris très cher depuis une bonne semaine. Pire encore en tentant de trouver une combine pour prendre leurs “crimes” pour moi et qu’ils soient tout simplement libérés. Mon cerveau est en surchauffe pour tenter de trouver un plan B à toute cette pagaille et ainsi, me laisser partir pour eux. Comme dit, pour moi : c’est cuit. C’est plié d’avance. Jamais le moindre détenu n’a quitté le Niveau 2 de cette foutue prison en vie. Aucun. Jamais. Cruelle réalité qui me colle à nouveau les larmes aux yeux. Pour être plus précise sur mes craintes, disons que je n’ai pas peur de la mort, mais que j’ai peur de mourir. Subtile nuance que je me suis découverte assez récemment. Le fait d’avoir passé autant de temps enfermée de la sorte m’a amené à penser, repenser et à réfléchir sur certaines choses qu’une nana comme moi n’a jamais entrepris avant ça tout simplement parce qu’elle avait d’autres choses et d’autres plans en tête. Un autre futur, qui aurait dû être nettement plus chaleureux que ne l’est cette pièce.

Inutile de dire que je dors très mal en ce moment. Et ce, malgré les visites de ma mère qui me fait passer quelques petites aides pour trouver le sommeil. Je suis tellement angoissée à l’idée d’abandonner mes proches plus que ma propre vie, que je n’en ferme pas l’oeil de la nuit. Bien entendu, je suis loin de penser que ma présence leur est vitale. Ils pourront très bien apprendre à vivre sans moi, tourner cette page peu enviable pour se tourner vers un avenir qui, je l’espère du fond du coeur, sera plus appréciable pour eux. Je ne veux pas que mon souvenir les hante aussi longtemps que ça. J’ai même pas envie qu’ils soient là lorsque ce sera le bon moment. Ce n’est peut-être pas si mal que ça, finalement, si Zack et Macy sont en prison. Au moins, ils ne devraient -normalement- pas être là, tout comme ce fameux Blake. Celui-là même qui parasite mon esprit sans même que j’en sois consciente. D’ailleurs, il est censé bientôt venir pour nettoyer tous ces dessins recouvrant murs et sol sans distinction. M’étirant en douceur, je quitte cette position allongée qui n’est de loin plus aussi reposante qu’elle ne l’a été par le passé. Mon regard se perd autour de moi, à la recherche du moindre centimètre carré encore vierge. Le seul ‘luxe’ qui me soit offert, à défaut d’avoir un contact avec les autres prisonniers, c’est que ma mère se débrouille toujours pour me ramener ou me faire parvenir -grâce à Bellamy-, de quoi combler l’espace de la moindre courbe dessinée. La seule chose qui me reste pour que ma tête s’évade, s’égare et quitte ces quelques mètres carrés qui, avec le temps, me donnent mal à la tête. J’étouffe tellement. Ma chambre me manque, mon lit me manque. Les cours me manquent aussi. Du coin de l’oeil, j’aperçois ces quelques ouvrages pour me permettre d’assouvir ma soif de savoirs malgré ma condition de prisonnière. Mon autre passe-temps. Ou tue-temps, plutôt. Cela sonne nettement plus juste. Il ne faut pas que je traine de trop. Même si entre Bellamy et moi, un petit code a été instauré pour éviter de reproduire une scène datant des débuts de mon emprisonnement -à savoir qu’il est arrivé à un moment quelque peu délicat puisque je terminais de m’habiller : il a eu une magnifique vue sur mon dos presque de haut en bas. Juste le temps d’enfiler un sous-vêtement à l’arrache ainsi qu’un haut qui traînait à portée de main-. Du coup, avant d’entrer, il s’amuse à donner trois petits coups, dans un rythme que j’ai grandement appris à apprécier avec le temps. Simplement parce qu’il annonce sa venue imminente. Ce qui ne tarde d’ailleurs pas. Alors installée par terre, un crayon à la main, j’avoue que je n’ai pas vraiment la force de relever la tête ce matin. Le manque de sommeil, l’angoisse de la mort et la peur d’être trop faible forment un cocktail plus que déstabilisant. Il est clair que mon état ne cesse de se dégrader, mais qu’importe puisque c’est bientôt la fin. Alors qu’il s’avance dans cette cellule comme de nombreuses fois auparavant, je finis tout de même par poser cette mine au sol, posant mes mains sur mes cuisses et croisant son regard. Un petit « Salut. » s’échappe de mes lèvres. Sans comment ça va ou autre question du genre. Juste parce que je souhaiterai éviter qu'il me la retourne. Sans trop comprendre pourquoi, j’ai du mal à me dire que cela risque d’être l’une des dernières fois -si ce n’est pas la dernière fois- que mon regard se pose sur cet homme. Et ça me tue doucement, mais surement.
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Inclement Earth

MessageSujet: Re: [02/04/2482] Just give me something I’ll miss before I go. | Bellarke Mar 30 Mai - 22:16

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We find each other in the stars. In the far off galaxies where the stars shine brightest. In the ones shining above our heads, lighting the way through the darkness. I find the stars in your smile, in the gleam in your eyes when you look to me. I find a supernova burning through my veins when you touch me. I find a black hole drowning me when you leave. I find myself a north star, the point that always guides us home, in your voice calling out my name. [Texte de Abby S.]

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Aujourd’hui est bien un des rares jours où ma routine varie un peu, et revêt un minimum d’intérêt. La raison est simple : je vais rendre visite à Octavia, dans l’après-midi. C’est bien un des rares moments où j’ai l’sentiment d’aller à peu près bien, d’pas juste être une marionnette, qui continue à s’agiter, sans trop savoir pourquoi. D’nouveau, j’ai l’impression d’retrouver presque ma vie d’avant, à tel point qu’j’retrouve presque un semblant d’réels sourires. Semblant, pour la simple et bonne raison qu’dans un coin d’mon esprit, il reste toujours la connaissance d’la réalité. Et ça n’cesse de tout détruire. D’grignoter morceaux par morceaux les rares moments où l’oubli bienheureux m’entoure, c’qui arrive surtout les 1ères secondes suivant mon réveil. Aussi est-il logique que mon esprit soit ailleurs, quand j’suis sur l’point d’voir Octavia. Et aujourd’hui n’fait pas défaut à la règle. Ma capacité à rester concentré sur c’que j’ai à faire est assez compliqué à maintenir. Mon esprit s’égare régulièrement sur mon entrevue à venir, avec ma frangine. C’est d’ailleurs comme ça qu’m’est venu l’idée d’lui acheter une pomme – chose que j’ferai avant d’aller la voir – car j’sais que ça lui fera plaisir. Et qu’j’savais pas quoi lui amener pour la faire sourire. Un d’mes collègues, croisés au boulot c’matin, m’a fait savoir qu’les pommes étaient à un tarif à peu près abordables, aujourd’hui, plus qu’la plupart des fruits, du moins. O. adore les pommes, et comme j’peux pas lui amener un livre à chaque fois, bah, faut bien que j’varie un peu. Surtout qu’à la base, j’voulais lui amener une nouvelle brosse à cheveux, vu que j’sais qu’la sienne commence à être trop vieille pour être efficace. Manque de chance, celle que j’voulais acheter a été prise, avant que j’n’ai pu mettre assez d’argent d’côté pour l’acheter ! Oui, j’sais, c’était pas une idée « cadeau » d’génie, mais j’ai pas des masses d’possibilités non plus : entre mon p’tit salaire et l’fait qu’O. soit emprisonnée, bah… C’est la galère !

Aujourd’hui est un des jours où j’vais me retrouver dans la cellule d’Clarke. Et y’a bien que pour cette occasion qu’j’arrive à rester à peu près concentré. C’est pourtant pas la seule personne détenue qu’j’croise, alors qu’j’nettoie sa cellule, aujourd’hui, ni la seule que j’connaissais, plus ou moins, avant son emprisonnement ! Non pas que j’m’occupe d’beaucoup d’autres cellules, mais j’en ai quand même d’autres à ma charge ! Quelques prisonniers qu’j’appréciais, plus ou moins, les connaissant – quelque peu – d’avant. Etrangement, Clarke est la seule pour qui j’éprouve autant d’empathie, et d’compassion face à sa situation. Non pas qu’j’m’en foute, des autres : loin d’là, même ! Mais j’sais pas trop pourquoi, à l’encontre d’la blonde, c’est différent. J’mets ça sur l’fait qu’c’est bien la seule personne à laquelle j’ai à refaire face dans une cellule, que j’ai contribué à arrêter, dans des conditions aussi particulières. Elle venait à peine d’voir son père être envoyé à la dérive, qu’on m’a ordonnée d’l’arrêter. Une seconde auparavant, j’tentais d’la réconforter face à l’exécution à laquelle elle venait d’assister, et la seconde suivant m’voyait obligé d’la conduire en Prison. Au Niveau 2, en plus de ça ! Sachant qu’elle ne ressortirait donc jamais libre d’ici. Ma 1ère arrestation effectuée dans des conditions aussi particulières, et ma 1ère arrestation menant au N2… Autant dire qu’elle a d’quoi marquer, et contribuer à ma difficulté à comprendre pourquoi ma compassion à son encontre diffère de celle envers les autres. C’est jamais facile d’comprendre les raisons qui font qu’on apprécie plus une personne à telle autre, quand, comme moi, on en est encore à faire de lourds deuils : de son 1er amour, de sa mère et de sa vie d’avant. Sans oublier que moi, contrairement à d’autres, j’suis pas du genre à arrêter d’aimer quelqu’un, pour une autre personne, rien qu’en quelques jours, encore moins après avoir eu à affronter la mort brutale de l’être aimé. Et même quand l’deuil sera fait, et qu’j’pourrais tourner la page « Elizabeth », j’doute fortement que j’l’oublie totalement. Nul ne pourra jamais prendre sa place, ça sera juste différent, mais elle restera à jamais mon 1er grand amour. Enfin, pour l’instant, ça m’parait juste improbable, que j’puisse tomber d’nouveau amoureux. A tel point que j’refuse même d’accepter la signification du fait qu’la blonde soit la seule fille qu’j’ai embrassé, en dehors d’Elizabeth, et sans qu’ça n’soit pour m’détruire et oublier Beth. Car, étrangement, une partie d’moi a conscience qu’si j’avais passé cette fameuse soirée avec une autre, l’issue n’aurait pas été identique, loin d’là, même ! Mais ne m’en demandez pas plus ! C’est déjà pas mal que j’sente bien qu’c’est étrange, d’me sentir aussi « touché » par l’avenir (ou plutôt, l’absence d’l’existence de celui-ci !) d’la jeune Griffin. S’attendre à plus, en c’moment, c’est inutile, car trop tôt, sur plein d’niveaux. J’ai pas la tête à ça. Et puis, ça sert à rien : les jours d’la Phoenicienne sont comptés. Et rien n’pourra la sauver. D’tous les résidents d’la Sky Box qu’j’ai à côtoyer pour l’boulot, elle est également la seule dont l’exécution soit si proche… Bref, tout ça juste pour dire qu’il y a plein d’choses qui font qu’il m’est difficile d’considérer Clarke comme les autres détenues.

Aujourd’hui est un jour qui n’va clairement pas m’aider à y voir plus clair, concernant l’pourquoi du comment j’n’arrive pas à mettre une étiquette sur c’qui m’lie véritablement à l’apprentie doc’… Et ce, même s’il s’agit – en théorie – d’l’une des dernières fois où on sera amenés à s’voir. D’ailleurs, honnêtement, et sans même le chercher, j’évite de penser à ça, au moins autant qu’j’évite de penser à O., en train d’dériver. Oui, je sais, même ça, j’refuse de l’voir comme un signe révélateur, concernant la façon avec laquelle j’peux bien voir Clarke. Trop compliqué, ma vie, en c’moment, d’toute façon, et la sienne n’est guère mieux : pas l’moment. Et par la suite, ça sera au moins tout autant complexe ! Mais nous n’en sommes pas à là, pour l’instant. Nan, là, j’m’apprête à aller la voir. Enfin, à aller nettoyer sa cellule, ça serait plus correct, en fait. Et c’est pas mon 1er ménage d’la journée, Mme Griffin s’est assurée d’ça. J’suppose qu’c’est un des rares moyens qu’il lui reste, pour prendre soin d’sa fille : lui permettre d’avoir quelques heures de sommeil dans la matinée, sans être décanillée pour une raison aussi triviale que l’ménage. Privilège partagé par de très rares captifs : à croire qu’ça doit contribuer à leur servir de punitions, d’voir quelqu’un débarquer à l’aube pour nettoyer leur cellule. Afin d’éviter le désagrément survenu y’a quelques mois d’ça, alors qu’c’était mes 1ers pas en tant qu’agent d’entretien, j’toque à la porte, d’une façon qu’on a défini au préalable, Clarke et moi. Faut dire aussi qu’c’est la seule Phoenicienne qu’j’croise, dans la Prison, et qu’ça doit jouer, niveau heure du réveil d’la jeune femme, et donc, du moment où elle est « présentable ». Car je n’bosse qu’en matinée (même si pas toutes !), en Prison, l’reste de mon temps s’compose d’ménage, dans quelques logements. Bon, dans l’fond, on s’en fout, de c’qui a mené à une telle situation, toujours est-il qu’à présent, j’veille soigneusement à frapper avant d’rentrer. Non qu’ça m’dérangerait tant qu’ça, d’la surprendre, une fois encore, comme la dernière fois. J’suis un mec, après tout, j’vais pas dire non à voir une nana à moitié dénudée, quand même ! Cela dit, j’préfère largement quand j’suis celui qui contribue à cet effeuillage, ou que ce dernier m’est destiné, plus que de débarquer à l’improviste… C’est bien parce que j’voulais pas qu’la jeune femme s’mette en tête qu’j’avais fait exprès d’rentrer sans frapper, qu’j’ai proposé d’mettre en place un tel système. J’vous raconte pas comme j’étais gêné, sur le coup ! Car, au risque de vous décevoir, j’ai pas prémédité cette entrée en scène, c’jour-là !

Aujourd’hui, c’est bien la 1ère fois que j’frappe à cette porte, en ayant comme un pincement au cœur, assez « puissant » pour l’ressentir, sans qu’il ne s’noie sous la chappe du voilage de face que j’ai inconsciemment mis en place. Sans doute parce que l’échéance tragique ne m’a jamais paru aussi « palpable » qu’aujourd’hui. Car aujourd’hui, j’ai aussi à gérer la difficulté inhérente à une visite auprès d’Octavia. Passons… Je n’peux retenir un léger soupir, après avoir terminé d’exécuter l’code indiquant qu’c’est moi qui m’apprête à rentrer. Je n’réfléchis cependant pas plus, et finis par ouvrir la porte. La force de l’habitude me guide. Il n’y a bien que lorsque j’rentre dans la cellule, refermant la porte derrière moi, que j’me fige brièvement. Rien qu’parce que mon regard s’pose, presque automatiquement, dans un réflexe morbide, sur le décompte que tient la blonde, pour voir le temps qu’il lui reste à vivre. Décompte qui s’trouve au-dessus du lit d’la prisonnière, et qu’elle tient soigneusement à jour. Visiblement, au saut du lit, car à chaque fois qu’j’arrive dans sa cellule, le trait d’la nouvelle journée qui vient d’démarrer, est déjà mis. J’secoue la tête tandis qu’ma mâchoire se crispe, tout en détournant l’regard de c’pan d’mur, funestement attirant, et inconsciemment méprisé. Juste à temps, visiblement, car c’est à c’moment qu’Clarke regarde dans ma direction. Pour n’pas changer, elle est assise au sol, occupée à dessiner. « Salut. », me lance-t-elle, d’une voix monotone, délaissant son dessin. Elle semble à bout, c’matin. Ou peut-être est-ce juste une impression, un reflet d’l’état dans lequel je suis. Retour du voilage de face, et d’mon désir d’croire qu’c’est purement platonique, c’qui m’lie à Clarke, et qui contribue à ma « facilité » à la comprendre. Bien décidé à tenir la résolution qu’j’ai pris, en m’préparant pour la journée, j’m’efforce d’afficher un semblant d’sourire sur mon visage. Cela fait des mois qu’j’ai opté pour n’plus jamais laisser voir à quiconque – du moins, pas autant qu’avant ! – que j’peux être affecté, par leurs mots, ou par ce qu’il peut leur arriver. Et en c’qui concerne donc ma résolution prise dans la matinée – en fait, une résolution prise bien avant, dès qu’j’ai senti qu’j’étais, étrangement, trop attaché à Clarke – j’ai choisis d’faire comme avec O. : tenter d’avoir l’sourire, dès que j’suis avec. Parce que les deux ont pas franchement l’moral, Clarke nettement moins qu’ma frangine, par ailleurs. Pas l’même délai avant leur mise à mort, aussi, faut dire… C’est donc dans c’but que, avec un p’tit sourire en coin, j’lui demande : « Ca t’réussit pas de t’lever trop tôt, Princesse ! ». Connerie lancée dans l’vaine espoir d’lui arracher un semblant d’sourire. Surnom qu’j’emploie depuis des années à son encontre, pour tenter d’lui faire oublier – l’espace de quelques secondes au moins – sa situation, et la ramener à l’insouciance d’antan. Mais j’aurai p’têtre dû éviter, car ça m’rappelle qu’j’lui ai déjà balancé une telle phrase, lors d’son dernier anniversaire passé en liberté. Ignorant qu’il s’agirait d’son dernier anniversaire, d’ailleurs, en tant qu’future Conseillère. J’l’avais croisé, c’jour-là, dans les couloirs d’Phoenix, devant y effectuer une mission – sans grand intérêt, du moins, j’m’en souviens plus réellement ! – en compagnie d’Aaron, pour n’pas changer. Si j’fais pas d’erreur, à cette époque-là, elle était plongée dans des révisions intensives pour ses études, à tel point qu’elle dormait peu. Elle en parlait durant les quelques repas qu’on partageait ensemble, assez pour que j’la vanne à c’propos, par ailleurs. « Ca t’réussit pas de t’lever trop tôt, Princesse ! », lui avais-je fais savoir, lorsqu’elle avait manqué d’me rentrer dedans, l’nez plongé dans ses cours, l’air visiblement fatigué d’une nuit passée à potasser. Bien entendu, ça m’avait valu une belle répartie d’la part d’la Phoenicienne, mais ça m’avait bien amusé. Nous avions échangés, avec mon meilleur ami, quelques mots rapides : les deux gardes que nous étions avions quand même du pain sur la planche, et l’étudiante devait aller j’sais pas trop où. « Oh, au fait… », avais-je déclaré, alors que nous nous apprêtions à vaquer à nos tâches respectives, et qu’la blonde avait même commencé à s’éloigner. J’avais attendu qu’elle s’retourne, intriguée, pour ajouter un p’tit : « Bon anniversaire, Princesse. », amusé. Macy et elle avaient parlé d’l’anniversaire à venir de la blonde, au préalable, assez pour que j’finisse par entendre la date d’cet anniveraire. J’l’avais appris l’année d’avant encore, mais à c’moment-là, l’anniversaire d’la blonde était déjà passé. Donc, cette année-là fut la 1ère fois où j’eu l’occasion d’le lui souhaiter, même si ça avait été fait d’la sorte. Alors que celui d’Macy, j’avais pu le lui souhaiter bon nombre de fois : disons qu’ça aide d’avoir filé un coup d’main à Aaron, à maintes reprises, afin d’trouver une idée cadeau pour la brune !

Aujourd’hui est l’jour où j’prends conscience qu’décidemment, et étrangement, j’ai bien trop réussi à m’attacher à Clarke. Au point d’me sentir désolé de n’pouvoir lui souhaiter d’autres anniversaires : quel mauvais goût ça serait, d’lui souhaiter l’prochain, étant donné qu’elle ne devrait pas tarder à mourir. Et cela m’fait réaliser qu’ça m’manque presque, nos prises de tête, pour tout et n’importe quoi. Nos conversations, bien souvent enflammées, qui rendaient quasi-fous notre entourage. Non pas qu’nous n’en partageons plus, à présent. Il arrive qu’on en ait d’nouveau, à l’occasion. Mais c’est pas pareil. Sans doute moins « vif » qu’autrefois. Sans doute parce qu’on n’a plus d’témoins, aussi, notamment plus Aaron ou Macy, pour échanger des regards en coin, qu’avaient le don d’m’énerver. Aujourd'hui, j'réalise, sans vraiment l'réaliser, qu'il n'y a bien que depuis que j'suis dans cette cellule, que ma concentration est à peu près de retour, alors qu'elle se fait en générale la malle, lorsque j'suis à quelques heures de retrouver ma sœur.  Bref, évitons de s'prendre la tête pour comprendre cela… Alors qu’mes mots en sont encore à résonner dans la minuscule pièce, j’dépose les quelques produits d’entretien qu’on a mis à ma disposition par terre. Ce faisant, j’avise alors un dessin, qui m’fait esquisser un nouveau sourire. Une représentation du Colisée d’Rome. Un des lieus, sur Terre, qu’j’ai avoué regretter d’jamais pouvoir voir un jour, durant une d’nos dernières conversations. Quand j’vous dis qu’on parle d’tout et de rien, quand j’viens ici… « T’aurais au moins pu m’dessiner en train d’l’observer ! », fais-je mine de râler, préparant mon matos : j’suis là pour bosser, quand même ! Et Clarke est une artiste plutôt prolifique ! Bien entendu, j’regrette pas vraiment qu’elle ne m’ait pas représenté : ça m’aurait fait trop bizarre d’me voir, dessiné d’sa main. « C’est quand même glauque, quand on y pense : nos ancêtres visitaient c’monument, alors qu’ça servait pas qu’à des choses joyeuses… ». Perso, c’est pas pour ça que j’aimerais avoir la chance d’le voir un jour, mais juste pour le plaisir de contempler un vieux bâtiment, et d’m’étonner d’la créativité de l’Homme. Et c’est bien l’côté ancien, et surtout, en vieilles pierres, qui fait qu’j’préfère un tel endroit, à un truc comme la Tour Eiffel, par exemple ! Jolie Tour, d’après les photos qu’j’ai pu voir, mais trop métallique à mon goût. Et un matériau aussi « impersonnel », trop « humain », j’en ai bien trop vu, avec l’Arche ! « Il doit plus rester grand-chose, maintenant, d’toute façon ! », que j’finis par ajouter, quand j’prends conscience qu’la note « morbide » du passé du Colisée est trop palpable. Et qu’c’est pas ainsi, du coup, qu’j’vais parvenir à faire naître un semblant d’sourire sur l’visage d’la détenue. Bon, j’avoue qu’pour le coup, c’est pas forcément mieux que d’parler des dégâts qu’ont pu faire, sur la Terre, la Guerre Nucléaire, survenue des siècles plus tôt. Mais j’ai rien trouvé d’mieux. Et mieux vaut ça que l’silence auquel elle est habituée, la plupart du temps. Mieux vaut ça que l’silence, qui n’accentuera que trop l’fait que les dessins qu’j’efface soient parmi les derniers que j’fasse disparaître, avant qu’l’Espace n’engloutisse la blonde.


Aujourd’hui est un jour où j'réalise que j'arriverais sans doute pas à faire sourire celle qui aurait dû siéger un jour au Conseil. Car j'sais pas quoi dire d'à peu près amusant, pour l'moment. Pire même, j'ai une nouvelle à lui annoncer qui, je l'sais bien, risque de l'inquiéter : « J'ai appris que Macy a été mise en quarantaine, au fait... », dis-je en soupirant. « Elle est malade, visiblement. Mais j'suis sûr que c'est 3 fois rien ! Juste une précaution pour éviter qu'elle ne contamine d'autres gens ! », ajouté-je, espérant la rassure. Pas facile, alors qu'j'ai juste l'impression d'en remettre une couche, en mettant involontairement en avant l'fait que la brune soit normalement libre de voir des gens, dont les autres détenus, ce qui est interdit à Clarke... Aujourd'hui, j'raconte que d'la merde, en fait... J'vais p'têtre me taire, ça vaut mieux ! Allez, on s’concentrer sur ma tâche : rendre cette cellule propre. Et surtout, faire en sorte que Clarke ait d’nouveau de la surface libre, sur laquelle dessiner… Car c’est bien l’seul moyen qui lui reste, pour s’évader et s’distraire. Et, dans l’fond, c’est bien là tout c’que j’puisse véritablement lui « offrir ».

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Clarke Griffin
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MessageSujet: Re: [02/04/2482] Just give me something I’ll miss before I go. | Bellarke Dim 2 Juil - 1:11

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Living is too hard right now. Dying is easy. Let me die.

No matter how strong we try to stay, we all have those days when we don’t wanna be strong anymore. Giving up doesn’t always mean you are weak, sometimes it means you are strong enough and smart enough to let go. The girl who seemed unbreakable, broke. The girl who seemed strong, crumbled. The girl who always laughed, cried. The girl who never stopped trying, finally gave up. She dropped a fake smile as a tear rolled down her cheek & whispered to herself "I can’t do this anymore".

Non, je ne vais pas laisser le privilège à mes bourreaux de voir à quel point je vis mal ces derniers jours qu'il me reste à vivre. Non, ils ne verront pas non plus à quel point mes nuits sont mortellement courtes. Même si je n'ai pas conscience du temps qui passe ni de l'heure qu'il est, je sais pourtant que le simple fait de se réveiller en sursaut, de grosses suées perlant sur mon visage et à quatre voire cinq reprise par nuit, n'est clairement pas une bonne chose. Un sommeil chaotique pour une fin de vie qui l'est tout autant. Voilà ce qu'il m'arrive depuis deux nuits. Non, je ne laisserai personne constater à quel point j'ai peur de mourir, moi qui, au début de mon emprisonnement, ne redoutais clairement pas ce jour comme en ce moment. J'en ai mal au ventre. A un tel point que le peu de nourriture qui m'est accordée fini sa course dans cette sorte de salle d'eau improvisée, dans cette minuscule cellule. Combien de fois, ces derniers jours, je me suis creusée la tête pour trouver une façon d'échapper à cette mort programmée pour décider quand mon heure sonnerait, de moi-même ? Un nombre incalculable de fois. Au moins, je partirai quand je le voudrai avec une telle idée. Et non pas quand les Gardes viendront me sortir de cette cellule pour de bon. Seule ombre au tableau : l'impossibilité de passer à l'acte. Cette cellule, que je déteste au plus haut point, ne permet aucun geste fou et désespéré. Me voilà donc contrainte à agoniser, littéralement, le cœur bien trop lourd de devoir abandonner Macy, Zack et ma mère. Et Bellamy, certes. Oui, aussi. Finalement, ma souffrance ne sera que momentanée. Celle de ma mère ou de Zack risquent de perdurer bien plus longtemps que ça. Et c'est ce qui me rend dingue. Ils ne trouveront clairement pas le calme alors que pour moi, il ne restera rien de plus que mon corps perdu dans l'espace. D'ailleurs. A quel moment meurt-on ? Du moins, physiquement ? Dès l'ouverture sur cette immensité noire ? Une fraction de seconde plus tard ? Se voit-on seulement mourir ? Est-ce qu'on a le temps d'adresser un dernier regard à nos proches, avant de fermer ses yeux à jamais ? Si seulement mon père pouvait venir me rassurer. Me dire que non, je ne vais pas souffrir autrement que mentalement, pas plus qu'actuellement au final. Que ce déchirement sera instantané. Malheureusement, cela n'arrivera pas. Juste parce qu'il est .. Mort. Un état que je vais bientôt à nouveau partager avec lui. Joie. Quand je vois à quel point il me manque et que les images qui me reviennent, sans cesse, en tête, de son envoie à la dérive, je redoute horriblement que ma propre mort amène cette même à mes proches. Ils ne méritent tout simplement pas de souffrir par ma faute.

Mes traits sont clairement moins précis qu'il y a quelques jours encore. Même le dessin ne me transporte plus au-dehors de cette peur des conséquences sur mes proches face à ma mort, c'est dire à quel point mon moral est au plus bas. A moins que je ne me voile la face, une fois de plus, pour ne pas reconnaître que si, finalement, je suis juste terrorisée face à ce qu'il va m'arriver d'ici une poignée de jours. Je n'ai même pas ouvert l'un de mes livres que ma mère m'a fait parvenir, histoire que je constate à quel point je passe à côté de choses passionnantes à découvrir. Si certains détestent leur métier, je dois avouer que j'ai eu énormément de chance d'entreprendre des études qui me correspondaient réellement et qui m'aurait apporté un emploi par lequel j'aurai pu me sentir impliquée et utile aux autres. Une sorte de vocation, très certainement aidée en accompagnant très souvent ma mère durant mon enfance. J'aurai tant aimer pouvoir faire pareil avec mon propre enfant.. Malheureusement, cela n'arrivera donc jamais. C'est sans doute un mal pour un bien. Je crois que je ne suis pas faite pour être mère, aimant sans doute un peu trop donner de ma personne pour les autres. Ce qui aurait été incompatible, pendant les derniers mois de grossesse, avec la dépense d'énergie et de stress qui accompagnent ce métier, pourtant si passionnant. Je me voyais bien plus comme docteur que comme Conseillère, d'ailleurs. Une fonction qui ne m'a jamais réellement attiré plus que ça et qui, je le sais, ne m'a pas apporté que des amis. Mais, aussi, des personnes jalouses de mon futur et d'autres qui étaient prêtes à tout pour se rapprocher de moi, juste pour être proche d'une fille de. Alors, oui. Prisonnière de cette cellule bien trop étroite et qui me donne l'impression de suffoquer toujours un peu plus, avoir une mère Conseillère, cela apporte quelques petits avantages. Rien de bien fou pour autant. Je sais que mon procès donnera le même verdict que celui pour n'importe quel prisonnier du Niveau 2. C'est ainsi, rien de nouveau. Personne, à cet étage, n'est épargné. Seuls ceux du Niveau 1 ont des chances de s'en sortir. Forcément, j'espère que Zack et Macy en feront partis. Après tout, si mon amie est emprisonnée, c'est de ma faute. Je n'ai pas été là pour dissuader sa tempête de jalousie par rapport à son gars. Et concernant Zack, disons que j'ai du mal à comprendre pourquoi il a, volontairement, détruit des plantations. Presque sur un coup de tête, de ce que j'ai compris. Cela ne lui ressemble tellement pas -et à Wells non plus, mais j'espère bien que ce n'est pas un coup monté de sa part pour faire arrêter Zack après avoir balancé mon père !-. Il doit me manquer un élément plus qu'important pour pouvoir déchiffrer ses intentions. En tout cas, j'espère qu'il n'a pas fait la connerie de se condamner à l'emprisonnement par ma faute. Cela ne ferait qu'un peu de culpabilité en plus sur mes épaules, qui ne sont plus assez fortes, aujourd'hui, pour supporter tout ce qui arrive, que ce soit à moi comme à mon entourage. Et, forcément, dès que quelque chose m'échappe, ça me rend dingue. Malade, même, tant j'essaie d'imaginer toutes les pistes possible pour résoudre ce mystère. Il faut que je comprenne tout ce qui m'entoure, sinon ça ne va clairement pas. J'ai trop l'impression, dans un tel cas, de ne pas contrôler ma vie et ce qui gravite autour. Et, s'il y a bien quelque chose que je ne comprends pas, c'est bien ce qui me relie à Bellamy. Autant dire que ces prochains temps, dès qu'on sera sur Terre, cela va grandement me bouffer d'en être victime sans rien comprendre, sans réussir à analyser ce qu'il va se passer entre nous. Parce que même si ce lien plus qu'étrange nous lie déjà, alors qu'on ne s'en rend même pas encore compte, je suis à des années lumières de l'imaginer. Juste parce qu'il y a beaucoup trop de choses entre nous, des barrières qui tomberont, pourtant, au fil du temps. La principale, pourtant, c'est Zack. Peut-être que s'il n'était pas entré dans ma vie, j'aurai pu, dès à présent, avoir une petite idée de ce qui se trame entre cet ancien Garde et moi. N'allez pas dire que je n'aime pas mon petit-ami, ce serait une grave erreur. Je tiens à lui, grandement, même s'il est aujourd'hui, lui aussi, dans une cellule. Ce qui nous empêche, du coup, de passer du temps ensemble. Contrairement à ce Blake, lequel me fait le plaisir de sa présence bien souvent. Forcément, ça doit jouer.. Si je prenais le temps de replonger dans ces mauvais souvenirs reflétant la mort de mon père, alors je verrai un petit indice sur ce lien mystérieux. Mais, c'est bien trop difficile pour moi, de remonter le temps au jour de cette exécution qui a, en plus, marqué ma propre perte. Un sentiment certainement normal, non ? Pourquoi voudrait-on revivre le jour où tout est parti en vrille dans sa vie ? Et encore, je me trompe très certainement. Puisque ce fameux lien remonte encore à avant ce jour. Mais, disons qu'il a su confirmer tout ce qui se passe, inconsciemment, entre nous. J'ai tout de même chercher une sorte de protection entre ses bras dès lors que le corps de mon père était hors de vue. C'est même lui qui a su me gérer au mieux pour me conduire dans ma super cellule. Et encore aujourd'hui, lorsqu'il me rend visite pour nettoyer ces murs sur lesquels je ne cesse de dessiner encore et toujours, j'ai cette impression-là, que je n'analyse pas complètement pour autant. J'ai pourtant l'intime conviction que lorsqu'il est là, rien ne peut m'arriver.

Mais, ça : c'était avant. Aujourd'hui, c'est différent. Simplement parce que ce décompte que je tiens, tous les matins, sonne presque ma fin. Ce que je pouvais encore compter en mois, au début, puis progressivement plus qu'en semaines, ne tient maintenant qu'en une vulgaire poignée de jours. Bientôt, ce ne seront plus que des heures. Puis des minutes qui ne rimeront plus à rien. Et ça, même si Bellamy est là -ou, certainement, Zack !-, il n'y pourra rien. Ce n'est pas lui qui pourra me réconforter en me prenant dans ses bras. Personne ne le pourra. A part l'immensité de l'Espace qui m'arrachera à la vie. C'est comme ça. Quand j'étais gamine, ce n'était clairement pas comme ça que j'imaginais ma fin de vie. Je n'y pensais même pas, en fait. J'en soupire, doucement, m'attardant sur quelques détails sur ce nouveau dessin devant moi. Les fameux coups résonnent alors à la porte. Et si, habituellement, ils arrivaient à m'arracher de ce que je faisais alors, aujourd'hui, il n'en est rien. Je tarde à redresser ma tête, me contentant, silencieusement, de compléter l'un de ces nombreux traits dégradant une fois de plus cet espace. « Ca t’réussit pas de t’lever trop tôt, Princesse ! » Voilà ce qu'il me lance en guise de salutation. Relevant la tête vers lui, voir ce sourire sur ses lèvres me laisse presque un effet anesthésiant en tête. Encore un symptôme que je n'ose pas interpréter. De toute façon, à quoi bon ? Cela ne sert plus à rien. Tout comme le fait que cette phrase, mot pour mot si mes souvenirs sont bons -et s'il existe un Dieu dans cet univers, lui seul sait à quel point ma mémoire ne me fait pas défaut !-, m'a déjà été adressé, venant de lui. Mais, j'ai du mal à replonger dans ce passé qui me semble si lointain, lorsque tout allait encore bien dans ma vie bien écourtée. Mon regard ne le quitte pourtant pas, alors que je revois tout de même ces images d'un passé révolu à mesure qu'il s'avance dans ce minuscule endroit. Détournant finalement le regard, je pose mon crayon, sur ce sol sur lequel je suis assise alors que je me fais littéralement bouffé mentalement par ce temps ancien. « Ça ne me réussit pas de ne pas dormir, ce serait sans doute plus juste.. » que je rectifie alors, un semblant de sourire s'emparant de mes lèvres. Un sourire sans grande saveur pourtant, puisque je n'ai même plus envie de sourire, tout simplement. Mais, Bellamy n'y est pour rien. Il n'a pas à subir ma mauvaise humeur en accord avec ce foutu temps qui passe. Bien au contraire. A chaque fois qu'il vient, j'ai bien conscience qu'il fait au mieux pour se montrer de bonne compagnie. Finalement, étant dans cette même position assez inconfortable depuis un bon moment déjà, je profite de ne plus être sur mon dessin pour m'étirer un peu. Je le vois, alors, détaillé l'un des dessins. Celui que j'ai fait, d'ailleurs, sans trop savoir pourquoi. Enfin, si, mais il a été fait sans m'en rendre réellement compte. Et oui, Bellamy m'en a déjà parler de ce fameux Colisée.. Peut-être est-ce d'ailleurs pour lui que je l'ai fait ? J'en sais trop rien. Mais, je sais qu'une fois qu'il sera parti, aujourd'hui, alors que cela risque d'être l'une de ses dernières visites -si elle ne va pas être la dernière plus justement-, je vais m'efforcer d'avoir sa silhouette en tête pour la représenter sur ce sol qui sera à nouveau transparent du moindre dessin passé. Et ce sera clairement volontaire, cette fois-ci. Un peu comme un petit clin d’œil d'adieu, puisque je me doute que ce sera lui qui nettoiera à nouveau cette cellule lorsque je n'y serai plus. Un dessin qui me prendra un temps fou, d'ailleurs, tant le moindre détail sera représenté pour qu'il puisse se reconnaître, même de dos. Un dessin dont le décor ne sera même jamais terminé, les Gardes viendront me chercher pour me transférer dans un autre endroit bien avant .. Par surprise, d'ailleurs, puisque mon crayon sera alors sur le sol, comme il l'est actuellement. Un dessin qui fera bien entendu écho à ce qu'il vient de me dire, en regardant celui qui se trouve sous ses yeux. « T’aurais au moins pu m’dessiner en train d’l’observer ! » Même s'il va être de dos pour ne pas être reconnu par n'importe qui, il devrait voir qu'il sera dessiné, lui, et personne d'autre. Mais, pour le coup, cette remarque m'arrache un sourire, un peu plus marqué que le précédent. Haussant les épaules, je passe le bout de mon index -gauche, et oui !- sur l'une des nombreuses traces de crayon devant moi pour l'estomper un peu. Penchant la tête sur le côté, histoire de regarder le rendu, je me contente de répondre le plus simplement possible. « T'as raison. Ca aurait pu rendre ce dessin un peu plus intéressant. » Me rendant compte de ce que je viens de lâcher, je baisse rapidement la tête tout en me mordant la lèvre. C'est sorti tout seul ! Bon, après, je l'ai dit assez bas. Avec de la chance, il n'aura peut-être pas entendu ? J'ai de l'espoir : la chance m'a quitté depuis bien longtemps. Bref. « C’est quand même glauque, quand on y pense : nos ancêtres visitaient c’monument, alors qu’ça servait pas qu’à des choses joyeuses… » Si ma curiosité est sans faille, je dois bien reconnaître que je n'ai jamais vraiment eu le temps de fouiller les archives évoquant l'Histoire sur Terre de A à Z. J'étais toujours bien plus occupée à dévorer les ouvrages scientifiques, même si quelques autres lectures sont passées entre mes mains. Dont l'une avec une illustration de ce fameux bâtiment qui m'avait marqué et que j'ai tenté de reproduire de tête. Mes yeux se reportent vers ce dessin qui semble bien l'intriguer mine de rien. Je pince les lèvres alors, en me souvenant de ces fameuses choses pas très joyeuses. « Il doit plus rester grand-chose, maintenant, d’toute façon ! » Malheureusement. Et pourtant, qu'est-ce que cela devait être.. Impressionnant ! Les dimensions de cette structure étaient tout de même assez affolantes ! Tout en reprenant mon crayon en main, je lui réponds simplement. « Il parait que bien souvent, ils n'avaient pas le temps de formuler leurs derniers vœux. Ou clairement pas de les réaliser. Me suis dit que j'aurai très bien pu mourir dans un tel endroit. » D'où sa présence sur ce sol ? Peut-être. Mais, sans doute que ce n'est pas la seule explication. Comme dit, Bellamy m'a déjà dit être comme fasciné par cet endroit, donc bon. Je soupire alors que j'entreprends un nouveau trait, la tête quelque peu penchée sur mon épaule. « Je les envie presque. Eux, ils avaient un p'tit espoir de survivre en gagnant leurs combats. » Et moi, non. L'issue est connue d'avance. « Fin, remarque. Je n'sais pas me battre, donc ils m'auraient directement trancher la tête. C'est peut-être pas mieux, en fait. » Parler de sa mort à venir d'une façon qu'on désire la plus détachée possible, c'est assez complexe mine de rien. Surtout qu'avec ces quelques mots pour lesquels je n'ai pas grandement réfléchi avant de les balancer, je lui montre clairement que je suis résignée face à mon propre sort. Or, il ne m'a jamais connu ainsi.. J'avais toujours les crocs et la langue bien pendue. Comme quoi, tout peut changer.

Et si je me fais, difficilement, à ce qu'il va m'arriver et bien, j'ai nettement plus de mal à accepter ce qui pend au nez de mes proches qui se retrouvent eux aussi enfermés. Franchement, si en étant envoyée à la Dérive je pouvais prendre pour moi ce qu'on leur reproche, histoire qu'ils soient graciés, je mourrai deux fois de plus si je le pouvais. Malheureusement, c'est une chose impossible. Et je ne peux que compter sur un élan de grâce du Conseil à leur sujet. Il est clair que je n'ai pas envie que Macy et Zack suivent mon chemin .. D'ailleurs, en parlant d'elle, Bellamy a une bien mauvaise nouvelle a me transmettre. « J'ai appris que Macy a été mise en quarantaine, au fait... » Et voilà ma mine qui se retrouve littéralement explosée face à un appui beaucoup trop fort sur ce qui me sert de crayon, ruinant au passage ce fameux trait devenu bien grossier. Macy, mise en quarantaine ? Franchement, cela n'indique rien de bien réjouissant. Et ça m'inquiète autant que cela m'énerve. Je suis bien placée pour savoir que les prisonniers de l'Arche n'ont pas un accès au soin aussi suffisant qu'en dehors de ces murs. Surtout que j'ai entendu parler, très vaguement, de ces personnes mises en quarantaine qui n'en ressortent jamais. Personne ne sait pourquoi. « Elle est malade, visiblement. Mais j'suis sûr que c'est 3 fois rien ! Juste une précaution pour éviter qu'elle ne contamine d'autres gens ! » Lâchant mon crayon, je porte l'une de mes mains sur mon front avant de la passer sur mon visage, accusant la nouvelle. D'autant plus que mon exécution approche et qui dit quarantaine dit aucune visite. Est-ce que je vais devoir partir avec l'inquiétude mordante vis-à-vis de la santé de ma meilleure amie ? Cela m'étonnerait fortement qu'elle sorte de là avant.. « Forcément, fallait qu'un truc du genre arrive maintenant. » Tout en parlant, je remets une mèche de cheveux derrière mon oreille. Des cheveux bien plus sales qu'ils n'en avaient l'habitude avant cette case prison. Là, un mur de plus s'écroule. Et j'ai un mal de chien à passer au-dessus de ces débris qui s'ajoutent à cette montagne face à moi. Même si ces larmes qui me montent aux yeux ne sont pas encore tombées, je limite la casse et les risque en passant cette même main dessus, histoire de balayer toute trace menaçante. Après tout, je n'ai plus la force d'aller de l'avant. Et, clairement, je n'ai jamais autant pleurer ces derniers jours qu'au cours de ces dernières années. J'en soupire, ayant la gorge nouée face à cette nouvelle. Perte de contrôle totale ..
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MessageSujet: Re: [02/04/2482] Just give me something I’ll miss before I go. | Bellarke Ven 28 Juil - 17:26

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Bellarke
We find each other in the stars. In the far off galaxies where the stars shine brightest. In the ones shining above our heads, lighting the way through the darkness. I find the stars in your smile, in the gleam in your eyes when you look to me. I find a supernova burning through my veins when you touch me. I find a black hole drowning me when you leave. I find myself a north star, the point that always guides us home, in your voice calling out my name. [Texte de Abby S.]

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Pas facile d’essayer d’être relativement enjoué, quand l’atmosphère s’fait pesante, mortellement pesante. Ou p’têtre que cette atmosphère oppressante, je n’la ressens qu’parce qu’elle concerne une certaine blonde. N’comptez pas sur moi pour résoudre c’mystère. D’toute façon, et très sincèrement, j’pourrais avoir une tonne d’indices, explicites, sur ce qu’j’peux bien ressentir en réalité depuis la blonde, et qu’a commencé y’a quelques années d’ça en réalité, que j’serais toujours pas en mesure d’comprendre véritablement c’que ça signifie. Pas facile d’accepter qu’notre cœur ait pu commencer à battre pour une autre, alors que cet étrange organe était pourtant déjà pris ailleurs ! Et pourtant, la vérité est là. Et ça a sans doute sommairement commencé, bien avant même Elizabeth, même si ça n’était qu’naïvement et puérilement, sous la forme d’un attachement intrigué pour cette p’tite blonde, une Phoenicienne pas forcément comme les autres. J’ai pas oublié son étonnement, quand nous étions bien plus jeunes, et qu’j’étais ausculté par sa mère, alors qu’la blondinette passait la journée avec elle. Stupéfaction d’la môme d’découvrir qu’les traitements donnés aux Archéens variaient en fonction du secteur d’naissance ! Ca a sans doute posé les fondements d’l’intérêt qu’j’ai pu ressentir pour elle, même si j’l’ai jamais clairement avoué. Et qu’j’vais pas l’avouer avant un très long moment ! Pas vraiment par fierté. Mais par difficulté à l’admettre, alors qu’j’fais encore l’deuil d’Elizabeth et qu’plus qu’jamais, tout nous sépare. Puis, même quand j’commencerais à ouvrir les yeux, y’a d’fortes chances pour que j’ne cesse d’redouter qu’ma « contribution » à son emprisonnement n’soit un autre obstacle, en plus des obstacles « basiques » : secteurs natales différents, et autres préjugés… En résumé : ça va être un gros merdier. Même si, en un sens, ça l’est déjà. C’est juste qu’on en a pas encore conscience !  Et j’sais pas si l’pire, c’est maintenant, ou s’il est encore à venir. Tout c’que j’sais, c’est qu’ça m’laisse pas indifférent, d’la sentir aussi mal.

J’n’ai pas à l’observer des heures pour m’rendre compte qu’elle est fatiguée. Ses traits sont tirés, ses lèvres n’s’étirent pas en l’habituel sourire, plus ou moins amusé, qu’elle me lance en général à mon arrivée. N’comptez pas sur moi pour avouer qu’ça m’manque, d’la voir sourire, car ça fait déjà quelques jours qu’celui-ci s’fait d’plus en plus rare ! Même si là, j’constate également qu’la fatigue la « ronge » peu à peu. Pas besoin de la détailler du regard des plombes. J’le détecte d’un simple et rapide coup d’œil. Encore un truc qui devrait m’mettre la puce à l’oreille, cette facilité, déconcertante, d’déchiffrer son état d’esprit assez aisément. Sans vraiment l’chercher, en plus de ça ! Mais là, encore une fois, j’fais pas savoir qu’ça m’désole, d’la voir, et d’la sentir, aussi mal qu’ça. « Ça ne me réussit pas de ne pas dormir, ce serait sans doute plus juste.. », m’rétorque-t-elle. Et bien entendu, ça ne m’surprend pas. Si elle avait été enjouée, là, par contre, j’aurai été étonné. Cela n’signifie pas pour autant qu’ça ne m’touche pas. Mais ça n’signifie pas non plus qu’j’vais la prendre dans mes bras pour la réconforter. Comme j’ne cesse de l’dire : c’est compliqué. C’est aussi très platonique hein… On va dire qu’ça aide, d’être pas mal observateur, même si, faut l’admettre (ou être en mesure d’le faire !), j’ai tendance à l’être bien plus quand il s’agit d’décrypter l’comportement d’une certaine Phoenicienne ! J’pousse un soupir, tâchant d’trouver un truc à répondre, en mesure d’lui donner un semblant d’sourire, mais c’est loin d’être facile, en fait. N’oubliez pas qu’son espérance de vie est désormais un compteur, qui diminue d’plus en plus, approchant du « zéro » tellement redouté… « Tss, j’ai déjà dit d’pas trop penser à moi, voyons ! ». Et voilà. C’est la seule connerie qui m’vient à l’esprit. J’me félicite pas, j’compte pas sur vous pour l’faire à ma place, alors, vous forcez pas hein ! Et ça m’est sorti sans vraiment qu’j’ai pu réfléchir avant d’parler. Par pur réflexe. Car un tel truc, j’aurais bien pu lui sortir quand on s’vannait, à l’extérieur. Surtout devant son « mec », j’avoue. Mais  bon, à ma décharge, faut dire qu’ce jeu d’vannes à la con, ça fait un moment qu’on y joue, Clarke et moi. J’y jouais déjà, quand bien même j’étais avec Elizabeth : ça n’m’a pas arrêté ! Alors fallait surtout pas s’attendre à ce qu’j’l’arrête à cause d’son amourette hein ! Désolé, mais pas tellement désolé qu’ça, face au mot qu’j’ai utilisé pour définir leur relation. Avant qu’elle ne s’fasse emprisonner, ils étaient ensemble depuis une poignée d’mois, alors qu’Zack avait passé un sacré long moment à la dévorer des yeux. Ouaip, quand on est Garde, on est un peu obligé d’faire attention à tout, donc, y’a des trucs qu’les gens « normaux » n’voient pas forcément, qu’j’détecte assez facilement. Sans oublier qu’quand on a eu mon enfance, l’observation est un talent qu’il faut développer, duquel votre survie et celle d’votre famille peut grandement dépendre. Etre ainsi en mesure d’voir si quiconque peut avoir des doutes sur notre secret, s’poser simplement des questions sur notre vie qui peuvent représenter un risque…. Ca forge les capacités d’observation, tout simplement ! On va éviter d’regretter qu’j’sois doué pour mieux comprendre les autres qu’pour m’comprendre moi-même, merci bien ! Bref, du coup, j’avoue qu’j’ai un peu d’mal à prendre leur histoire au sérieux, à mes yeux : sans l’emprisonnement d’la blonde, j’pense pas vraiment qu’leur couple aurait tenu. Parce que j’les trouve pas crédibles, ensemble, c’est tout, comme s’il y avait un déséquilibre, niveau sentiments, entre eux, et qu’ils s’sentaient plus obligés qu’autre chose d’se foutre ensemble. Cela dit, y’a des gens qu’ça dupent, c’genre d’histoires, à tel point qu’des couples d’pacotilles finissent par être vénérés, alors bon… Ma foi, si ça les amuse… Bref… J’pourrais feindre d’regretter ce qu’j’viens d’dire, mais j’n’en fais rien. A l’extérieur, j’l’aurais assumé, pourquoi vais-je paraître désolé, entre ces murs ? De plus, ça montre – du moins, j’l’espère – qu’j’vais pas changer d’attitude avec Clarke, en dépit d’son exécution qu’approche à grands pas ! Qu’malgré tout, j’continuerais à l’emmerder, dès qu’possible, même si elle est déprimée. Et qu’j’espère bien qu’elle parviendra à se « reprendre » un minimum, pour m’envoyer paître, comme elle le faisait avant ! Comme j’l’ai déjà dit : ça m’manque, notre jeu d’ping-pong verbal. Disons qu’pour une fois qu’une Phoenicienne a d’la répartie, intelligente et sans tomber dans l’vulgaire ou le mépris, c’est cool ! (Et l’voilage de face, c’est cool : j’sais ce qu’vous pensez !).

La suite d’la conversation m’voit m’étonner d’la présence d’un certain dessin. Et ouais, c’est pas qu’j’suis pas ici qu’pour papoter, mais en fait, bah, si ! J’ai un temps limité, pour tenter d’nettoyer sa cellule, alors autant s’y mettre. Après, j’avoue qu’ça m’arrangerait bien si, tout en bossant, j’parvenais à dérider un peu l’apprentie doc’, mais bon, dans la vie, on peut pas tout avoir ! J’suis habitué à ça, d’toute façon ! « T'as raison. Ca aurait pu rendre ce dessin un peu plus intéressant. », répond la détenue. Ou est-ce juste l’fruit d’mon imagination ? Faut dire qu’elle s’est exprimée à voix basse, alors ça reste assez indistinct. C’est sans doute pour ça qu’la seule réponse qu’j’parviens à fournir est un truc débile, parlant du triste sort qu’subissait les gens qui s’retrouvaient au cœur d’l’arène. Un truc relativement neutre, du moins, sans trop d’rapport avec qui m’semble avoir entendu d’sa part. Mais un truc merdique, vu l’thème, et la situation d’la blonde. J’ai jamais dit qu’j’étais super doué pour les enchaînements « neutres » d’conversation hein ! Par contre, il est encore heureux que j’sois adroit, et qu’il m’en faut beaucoup pour perdre mes moyens, car sans ça, j’aurai sans doute fait tomber un produits ménager, avec les paroles, énigmatiques et incertaines, d’la blonde. Au lieu d’ça, mon emprise autour du flacon s’est juste fait un peu plus vivace, alors qu’mes sourcils s’sont froncés, et qu’j’ai pris la décision d’occulter cette phrase d’mon esprit. Et vu la tournure qu’j’ai – stupidement – donné à la conversation, j’ai pas vraiment l’temps d’chercher à comprendre c’qu’elle a bien pu – et voulu – m’dire : « Il parait que bien souvent, ils n'avaient pas le temps de formuler leurs derniers vœux. Ou clairement pas de les réaliser. Me suis dit que j'aurai très bien pu mourir dans un tel endroit. Je les envie presque. Eux, ils avaient un p'tit espoir de survivre en gagnant leurs combats. Fin, remarque. Je n'sais pas me battre, donc ils m'auraient directement trancher la tête. C'est peut-être pas mieux, en fait.». J’pousse un soupir, m’insultant mentalement d’tous les noms pour n’avoir rien trouvé d’mieux à dire qu’ça… Attrapant un chiffon, j’tente de m’motiver à nettoyer tout ça. Loin d’être facile, j’ressens toujours une pointe d’culpabilité à devoir faire disparaître les œuvres d’la jeune femme. Même si j’suis payé pour. Pas simple d’se dire qu’en frottant à plusieurs reprises, avec l’bon produit, j’efface c’qu’elle a pu mettre plusieurs minutes, voire plusieurs heures parfois, à faire naître, d’son imagination et d’la précision d’ses coups d’crayon. J’lance un regard dans la direction d’la Phoenicienne, absorbée par son dessin. Sans l’sentir, un p’tit sourire, bien éphémère, vient fleurir mes lèvres, en la voyant concentrée sur son office. « T’songes à demander à c’qu’on instaure la réalisation des dernières volontés ici ? », demandé-je, arquant un sourcil, sincèrement intrigué. Ma foi, autant continuer sur la lancée, hein ! Si jamais ça venait à s’faire sur la Colonie, j’suis sûr qu’ça resterait encore sectaire…. Les derniers vœux des Phoenciens n’seraient jamais réalisés, ceux des Arcadians, ça dépendra d’leur niveau d’vie, et concernant ceux des Phoeniciens, par contre, c’est limite si y’aura pas du rab ! J’dois avouer que si j’devais m’retrouver dans la situation où j’ai mes dernières volontés à faire partager, j’saurais même pas quoi demander. Y’a pas grand-chose qui soit faisable, d’toute façon. Sincèrement, j’rêverais d’revoir Elizabeth, même qu’une poignée d’secondes. D’la tenir d’nouveau dans mes bras. D’pouvoir sentir ses lèvres contre les miennes, une fois encore. D’savourer la chaleur d’son corps contre le mien. Mais c’est impossible. Rien ni personne ne m’la rendra. Jamais. J’aimerais qu’Octavia soit libérée, mais les lois en vigueur n’vont pas rendre ça possible avant un long moment, si tant est que cela soit possible ! J’serais pas contre l’fait qu’O. puisse connaître une vraie vie d’famille, avec une mère digne de c’nom. Mais avec une mère morte, ça rend les choses compliquées…. J’pourrais m’rabattre sur du basique : un dernier plat précis. Mais ça n’aurait pas grande utilité. Autant qu’cette dernière volonté soit encore utile, par la suite, pour les gens qui m’survivront. ‘fin, c’est comme ça que j’vois les choses, du moins ! D’toute façon, vu mon passé, vu qui j’suis, j’dois bien être la dernière personne à qui on permettra la réalisation d’ses dernières volontés. J’suis sans doute moins qu’un cafard, pour la Colonie, faut juste arrêter d’se voiler la face sur ça ! « Oublie : ça n’sera autorisé qu’pour une minorité ! Pis, ça sert qu’à faire oublier aux gens c’qui les attend…. », ne puis-je m’empêcher d’râler, avant d’pousser un nouveau soupir, l’esprit un peu alourdit par la pensée d’Elizabeth, qui s’est imposé un peu plus tôt….. « J’doute qu’ils avaient vraiment un espoir, t’sais. On leur faisait croire, mais on devait toujours trouver un moyen d’leur proposer d’autres combats, en cas d’éventuelles victoires. » Ca m’n’étonnerait pas, du moins. « Faut bien divertir l’élite…. », dis-je, amer. Un tel système, ça m’étonne qu’ça n’ait pas été mis en place ici, tiens. Ca serait un moyen idéal pour asseoir, encore plus, la suprématie des fortunés sur les autres, la basse populace ! J’évite d’imaginer Clarke s’retrouvant dans une telle situation. Car, clairement, elle n’ferait pas l’poids. Après, j’sais pas c’qui est l’plus cruel comme mise à mort, en fait. Et j’vais éviter d’me pencher sur la question. Car ça m’fera penser, immanquablement, à c’qui attendra O. un jour ! J'pourrais essayer d'poser la question à Clarke, savoir c'qu'elle demanderait, mais... Mouais, on va éviter hein. Disons qu'j'ai une p'tite idée de c'que ça pourrait bien être : un p'tit moment avec son gars. C'qui peut s'comprendre (même si, franchement, j'comprends toujours rien à leur histoire, mais bon !)

Alors qu’j’essaie de m’motiver à commencer à bosser, tentant d’définir par quel dessin commencer, j’opte pour une autre solution : repousser l’moment du choix, en jouant l’porteur d’mauvaise nouvelle à la blondinette… Mais j’ai toujours tenté d’la tenir au courant des événements pouvant toucher ses proches, jusqu’à présent, et j’me vois mal m’arrêter aujourd’hui. Elle n’voit pas grand monde, après tout, même si – Phoenix permet d’bons privilèges, plus encore quand on est fille d’Conseillère ! – elle n’est pas coupée du monde comme les autres prisonniers du Niveau 2 ! Et puis, j’avoue, j’tente de m’débarrasser des mauvaises nouvelles dès maintenant, comme ça, ça devrait être un peu plus détendu, par la suite, nan ? « Forcément, fallait qu'un truc du genre arrive maintenant. », déclare la jeune femme, accusant l’coup. J’pousse un nouveau soupir, en m’accroupissant, pour commencer à nettoyer l’sol. Depuis l’temps qu’j’bosse à nettoyer sa cellule, j’ai appris à reconnaître les dessins qu’elle a fini d’ceux sur lesquels elle a prévu d’revenir plus tard. Bon, c’est pas une science sûre à 100%. Mais disons qu’j’ai nettement moins à lui demander régulièrement si c’est bon ou pas, avant d’m’y mettre, qu’au tout début. Et puis, en cas d’doute, j’lui demande, bien entendu. Il arrive quelque fois qu’j’sois obligé d’lui rappeler qu’j’peux pas tous les lui laisser, si elle veut avoir assez d’surface exploitable, d’ici à c’que j’revienne faire le ménage ici ! Là, j’me mouille pas trop : j’m’attaque à un dessin qui est là depuis 2-3 d’mes visites déjà, et qu’j’sais être terminé, étant donné qu’elle m’a dit c’qu’elle voulait faire… « Et oui, la vie est une pétasse, c’est comme ça, Princesse ! », n’puis-je m’empêcher d’rétorquer. « Ta mère doit certainement veiller à c’qu’on s’en occupe bien. », ajouté-je ensuite, me concentrant soudainement sur ma mission, évitant soigneusement d’la regarder. Un peu coupable du ton précédemment utilisé pour lui faire part d’ma façon d’voir la vie. Pas facile d’lutter contre l’habitude, quand on a une image assez sombre d’la vie, aussi… Secouant la tête, j’tente un nouveau changement d’sujet d’conversation, espérant alléger un peu l’atmosphère…. « Si ça t’dérange pas d’trop, j’vais laisser l’Colisée, t’pourras corriger ton erreur, comme ça ! ». Nul besoin d’préciser d’quelle erreur j’parle hein ! Bien entendu, j’déconne, j’ai pas tellement envie qu’ça qu’elle m’dessine. Comme dit plus tôt, ça m’ferait trop bizarre. Non, il s’trouve juste qu’j’ai pas l’cœur à effacer c’dessin précis. Sans doute parce qu’il m’parle plus qu’les autres. Et qu’inconsciemment, j’aime à croire qu’elle l’ait fait en pensant à moi. Préférant cependant n’pas savoir c’qu’il en est en réalité. Une fois d’plus, on en revient au merdier qu’c’est, tout ça…

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[02/04/2482] Just give me something I’ll miss before I go. | Bellarke

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