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[02/04/2482] Just give me something I’ll miss before I go. | Bellarke

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Clarke Griffin
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Inclement Earth

MessageSujet: [02/04/2482] Just give me something I’ll miss before I go. | Bellarke Jeu 25 Mai - 0:12

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Living is too hard right now. Dying is easy. Let me die.

No matter how strong we try to stay, we all have those days when we don’t wanna be strong anymore. Giving up doesn’t always mean you are weak, sometimes it means you are strong enough and smart enough to let go. The girl who seemed unbreakable, broke. The girl who seemed strong, crumbled. The girl who always laughed, cried. The girl who never stopped trying, finally gave up. She dropped a fake smile as a tear rolled down her cheek & whispered to herself "I can’t do this anymore". Just give me something I’ll miss. Give me one last kiss just before I go, cause when I leave this time, I won’t be back no more.

2 avril 2482. Me voilà à l’aube de mon dix-huitième anniversaire. A la veille de ma majorité. Si, il y a encore un peu plus d’un an, j’attendais ce jour avec impatience et bien, ce n’est plus réellement le cas. Il me faut l’admettre pour ne pas me mentir. Disons que je le redoute étrangement. Ce n’est plus qu’une affaire de quelques jours maintenant. Encore une petite poignée et j’irai rejoindre mon père. Le doute n’est pas permis quant à ce qu’il m’attend. La justice selon le Conseil n’est clairement pas juste. J’ai cru le comprendre dès lors où on a réclamé mon arrestation le jour même de l’exécution de mon père. Pour haute trahison ? Pardon ? De quoi m’accuse-t-on réellement ? De vouloir suivre les traces de mon père en faisant éclater cette foutue réalité au grand jour ? L’ensemble des Archéens n’ont pas le droit de savoir que leurs jours sont, pour eux aussi, comptés ? Le prix de la vérité est dangereusement payé sur l’Arche -et encore, heureusement que je ne sais pas tout- .. En plus, je me sens plus seule que jamais. Bien entendu, je ne peux pas en vouloir à Zack de se préserver en ne venant même plus me voir depuis un petit moment. Enfin, sans même compter sa propre arrestation, bien entendu. Là, c’est un peu compliqué pour lui de venir me voir, j’en ai conscience. Et pourtant, il n’est pas loin de moi. Chose assez frustrante au passage, de savoir qu’il ne doit croupir dans sa cellule qu’à quelques pas de moi. Pire encore s’il est tel un voisin de l’étage inférieur et que je ne le sais même pas. Une idée assez cruelle tant la solitude me ronge petit à petit. Je ne peux donc pas lui en vouloir de prendre des distances avec moi, même s’il pouvait venir me voir dans un élan de sympathie orchestré par ma mère, ne sait-on jamais. Peut-être même lui accorde-t-elle cette faveur, mais qu’il ne préfère ne pas venir me voir ? Si mon avenir à la dérive semble tout tracé, peut-être que Wells et lui bénéficieront de la Grâce du Conseil ? Puis, il a ses propres pensées à gérer maintenant. Il est fort, oui. Mais, il doit penser à se préserver un minimum. Bientôt, je ne vais plus qu’être un souvenir pour lui. Connaissant sa force de caractère, je sais qu’il finira par aller de l’avant. Puis même. Il a le profil type du petit ami idéal si sa vie va se poursuivre au-delà de ses 18 ans. Une autre que moi pourra trouver refuge dans ses bras et voir à quel point on y est bien. C’est tout ce que j’espère pour lui, sincèrement, même si je sais que cette libération risque de ne jamais se faire et qu’au final, il me rejoindra plus rapidement que prévu. Mais, son absence depuis ces nombreuses semaines me pèse, forcément. Ce que je ne donnerai pas pour le voir, juste une fois de plus. Comme il ne me reste rien -même ma dignité s’est barrée ces derniers jours, laissant une flopée de larmes m’envahir pour un rien-, il est difficile de négocier une telle chose. Puis que dire de Macy.. Bellamy me donne quelques nouvelles de sa part. C’est même d’ailleurs grâce à lui que j’ai eu connaissance de son enfermement. A croire que tout notre petit noyau d’amis de longue date a décidé de passer par la case prison, à quelques mois près. D’abord moi. Puis Macy. Enfin, Zack et Wells. Qu’est-ce qu’il se passe donc pour qu’on soit ainsi exterminés de l’Arche ? Nos neurones se sont entrechoqués ? Puis ma chère Macy.. Elle ne mérite pas un tel sort. Pourquoi est-elle à son tour enfermée ? Qu’est-ce qui lui est donc passé par la tête ? Je n’ai pas été là pour elle. Pas là pour tenter de les raisonner, elle et son foutu caractère de feu -pire lorsqu’il s’agit de son gars !-, pas là non plus pour lui rendre visite et tenter de lui rendre le sourire une fois dans sa cellule. Pas là non plus pour tenter de la rassurer et lui faire entendre qu’il lui reste encore cet infime espoir. Il faut qu’elle s’en sorte. Comme Zack. Si déjà moi, au vu de cette cellule au niveau 2, je n’ai même pas une once d’être graciée.. Et je ne le saurai même pas, ça. S’ils vont pouvoir reprendre leurs vies où elles se sont arrêtées vu que la mienne prendra fin bien avant leurs procès respectifs. Et oui. Mon moral ainsi que mon mental ont pris très cher depuis une bonne semaine. Pire encore en tentant de trouver une combine pour prendre leurs “crimes” pour moi et qu’ils soient tout simplement libérés. Mon cerveau est en surchauffe pour tenter de trouver un plan B à toute cette pagaille et ainsi, me laisser partir pour eux. Comme dit, pour moi : c’est cuit. C’est plié d’avance. Jamais le moindre détenu n’a quitté le Niveau 2 de cette foutue prison en vie. Aucun. Jamais. Cruelle réalité qui me colle à nouveau les larmes aux yeux. Pour être plus précise sur mes craintes, disons que je n’ai pas peur de la mort, mais que j’ai peur de mourir. Subtile nuance que je me suis découverte assez récemment. Le fait d’avoir passé autant de temps enfermée de la sorte m’a amené à penser, repenser et à réfléchir sur certaines choses qu’une nana comme moi n’a jamais entrepris avant ça tout simplement parce qu’elle avait d’autres choses et d’autres plans en tête. Un autre futur, qui aurait dû être nettement plus chaleureux que ne l’est cette pièce.

Inutile de dire que je dors très mal en ce moment. Et ce, malgré les visites de ma mère qui me fait passer quelques petites aides pour trouver le sommeil. Je suis tellement angoissée à l’idée d’abandonner mes proches plus que ma propre vie, que je n’en ferme pas l’oeil de la nuit. Bien entendu, je suis loin de penser que ma présence leur est vitale. Ils pourront très bien apprendre à vivre sans moi, tourner cette page peu enviable pour se tourner vers un avenir qui, je l’espère du fond du coeur, sera plus appréciable pour eux. Je ne veux pas que mon souvenir les hante aussi longtemps que ça. J’ai même pas envie qu’ils soient là lorsque ce sera le bon moment. Ce n’est peut-être pas si mal que ça, finalement, si Zack et Macy sont en prison. Au moins, ils ne devraient -normalement- pas être là, tout comme ce fameux Blake. Celui-là même qui parasite mon esprit sans même que j’en sois consciente. D’ailleurs, il est censé bientôt venir pour nettoyer tous ces dessins recouvrant murs et sol sans distinction. M’étirant en douceur, je quitte cette position allongée qui n’est de loin plus aussi reposante qu’elle ne l’a été par le passé. Mon regard se perd autour de moi, à la recherche du moindre centimètre carré encore vierge. Le seul ‘luxe’ qui me soit offert, à défaut d’avoir un contact avec les autres prisonniers, c’est que ma mère se débrouille toujours pour me ramener ou me faire parvenir -grâce à Bellamy-, de quoi combler l’espace de la moindre courbe dessinée. La seule chose qui me reste pour que ma tête s’évade, s’égare et quitte ces quelques mètres carrés qui, avec le temps, me donnent mal à la tête. J’étouffe tellement. Ma chambre me manque, mon lit me manque. Les cours me manquent aussi. Du coin de l’oeil, j’aperçois ces quelques ouvrages pour me permettre d’assouvir ma soif de savoirs malgré ma condition de prisonnière. Mon autre passe-temps. Ou tue-temps, plutôt. Cela sonne nettement plus juste. Il ne faut pas que je traine de trop. Même si entre Bellamy et moi, un petit code a été instauré pour éviter de reproduire une scène datant des débuts de mon emprisonnement -à savoir qu’il est arrivé à un moment quelque peu délicat puisque je terminais de m’habiller : il a eu une magnifique vue sur mon dos presque de haut en bas. Juste le temps d’enfiler un sous-vêtement à l’arrache ainsi qu’un haut qui traînait à portée de main-. Du coup, avant d’entrer, il s’amuse à donner trois petits coups, dans un rythme que j’ai grandement appris à apprécier avec le temps. Simplement parce qu’il annonce sa venue imminente. Ce qui ne tarde d’ailleurs pas. Alors installée par terre, un crayon à la main, j’avoue que je n’ai pas vraiment la force de relever la tête ce matin. Le manque de sommeil, l’angoisse de la mort et la peur d’être trop faible forment un cocktail plus que déstabilisant. Il est clair que mon état ne cesse de se dégrader, mais qu’importe puisque c’est bientôt la fin. Alors qu’il s’avance dans cette cellule comme de nombreuses fois auparavant, je finis tout de même par poser cette mine au sol, posant mes mains sur mes cuisses et croisant son regard. Un petit « Salut. » s’échappe de mes lèvres. Sans comment ça va ou autre question du genre. Juste parce que je souhaiterai éviter qu'il me la retourne. Sans trop comprendre pourquoi, j’ai du mal à me dire que cela risque d’être l’une des dernières fois -si ce n’est pas la dernière fois- que mon regard se pose sur cet homme. Et ça me tue doucement, mais surement.
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Bellamy Blake
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MessageSujet: Re: [02/04/2482] Just give me something I’ll miss before I go. | Bellarke Mar 30 Mai - 22:16

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We find each other in the stars. In the far off galaxies where the stars shine brightest. In the ones shining above our heads, lighting the way through the darkness. I find the stars in your smile, in the gleam in your eyes when you look to me. I find a supernova burning through my veins when you touch me. I find a black hole drowning me when you leave. I find myself a north star, the point that always guides us home, in your voice calling out my name. [Texte de Abby S.]

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Aujourd’hui est bien un des rares jours où ma routine varie un peu, et revêt un minimum d’intérêt. La raison est simple : je vais rendre visite à Octavia, dans l’après-midi. C’est bien un des rares moments où j’ai l’sentiment d’aller à peu près bien, d’pas juste être une marionnette, qui continue à s’agiter, sans trop savoir pourquoi. D’nouveau, j’ai l’impression d’retrouver presque ma vie d’avant, à tel point qu’j’retrouve presque un semblant d’réels sourires. Semblant, pour la simple et bonne raison qu’dans un coin d’mon esprit, il reste toujours la connaissance d’la réalité. Et ça n’cesse de tout détruire. D’grignoter morceaux par morceaux les rares moments où l’oubli bienheureux m’entoure, c’qui arrive surtout les 1ères secondes suivant mon réveil. Aussi est-il logique que mon esprit soit ailleurs, quand j’suis sur l’point d’voir Octavia. Et aujourd’hui n’fait pas défaut à la règle. Ma capacité à rester concentré sur c’que j’ai à faire est assez compliqué à maintenir. Mon esprit s’égare régulièrement sur mon entrevue à venir, avec ma frangine. C’est d’ailleurs comme ça qu’m’est venu l’idée d’lui acheter une pomme – chose que j’ferai avant d’aller la voir – car j’sais que ça lui fera plaisir. Et qu’j’savais pas quoi lui amener pour la faire sourire. Un d’mes collègues, croisés au boulot c’matin, m’a fait savoir qu’les pommes étaient à un tarif à peu près abordables, aujourd’hui, plus qu’la plupart des fruits, du moins. O. adore les pommes, et comme j’peux pas lui amener un livre à chaque fois, bah, faut bien que j’varie un peu. Surtout qu’à la base, j’voulais lui amener une nouvelle brosse à cheveux, vu que j’sais qu’la sienne commence à être trop vieille pour être efficace. Manque de chance, celle que j’voulais acheter a été prise, avant que j’n’ai pu mettre assez d’argent d’côté pour l’acheter ! Oui, j’sais, c’était pas une idée « cadeau » d’génie, mais j’ai pas des masses d’possibilités non plus : entre mon p’tit salaire et l’fait qu’O. soit emprisonnée, bah… C’est la galère !

Aujourd’hui est un des jours où j’vais me retrouver dans la cellule d’Clarke. Et y’a bien que pour cette occasion qu’j’arrive à rester à peu près concentré. C’est pourtant pas la seule personne détenue qu’j’croise, alors qu’j’nettoie sa cellule, aujourd’hui, ni la seule que j’connaissais, plus ou moins, avant son emprisonnement ! Non pas que j’m’occupe d’beaucoup d’autres cellules, mais j’en ai quand même d’autres à ma charge ! Quelques prisonniers qu’j’appréciais, plus ou moins, les connaissant – quelque peu – d’avant. Etrangement, Clarke est la seule pour qui j’éprouve autant d’empathie, et d’compassion face à sa situation. Non pas qu’j’m’en foute, des autres : loin d’là, même ! Mais j’sais pas trop pourquoi, à l’encontre d’la blonde, c’est différent. J’mets ça sur l’fait qu’c’est bien la seule personne à laquelle j’ai à refaire face dans une cellule, que j’ai contribué à arrêter, dans des conditions aussi particulières. Elle venait à peine d’voir son père être envoyé à la dérive, qu’on m’a ordonnée d’l’arrêter. Une seconde auparavant, j’tentais d’la réconforter face à l’exécution à laquelle elle venait d’assister, et la seconde suivant m’voyait obligé d’la conduire en Prison. Au Niveau 2, en plus de ça ! Sachant qu’elle ne ressortirait donc jamais libre d’ici. Ma 1ère arrestation effectuée dans des conditions aussi particulières, et ma 1ère arrestation menant au N2… Autant dire qu’elle a d’quoi marquer, et contribuer à ma difficulté à comprendre pourquoi ma compassion à son encontre diffère de celle envers les autres. C’est jamais facile d’comprendre les raisons qui font qu’on apprécie plus une personne à telle autre, quand, comme moi, on en est encore à faire de lourds deuils : de son 1er amour, de sa mère et de sa vie d’avant. Sans oublier que moi, contrairement à d’autres, j’suis pas du genre à arrêter d’aimer quelqu’un, pour une autre personne, rien qu’en quelques jours, encore moins après avoir eu à affronter la mort brutale de l’être aimé. Et même quand l’deuil sera fait, et qu’j’pourrais tourner la page « Elizabeth », j’doute fortement que j’l’oublie totalement. Nul ne pourra jamais prendre sa place, ça sera juste différent, mais elle restera à jamais mon 1er grand amour. Enfin, pour l’instant, ça m’parait juste improbable, que j’puisse tomber d’nouveau amoureux. A tel point que j’refuse même d’accepter la signification du fait qu’la blonde soit la seule fille qu’j’ai embrassé, en dehors d’Elizabeth, et sans qu’ça n’soit pour m’détruire et oublier Beth. Car, étrangement, une partie d’moi a conscience qu’si j’avais passé cette fameuse soirée avec une autre, l’issue n’aurait pas été identique, loin d’là, même ! Mais ne m’en demandez pas plus ! C’est déjà pas mal que j’sente bien qu’c’est étrange, d’me sentir aussi « touché » par l’avenir (ou plutôt, l’absence d’l’existence de celui-ci !) d’la jeune Griffin. S’attendre à plus, en c’moment, c’est inutile, car trop tôt, sur plein d’niveaux. J’ai pas la tête à ça. Et puis, ça sert à rien : les jours d’la Phoenicienne sont comptés. Et rien n’pourra la sauver. D’tous les résidents d’la Sky Box qu’j’ai à côtoyer pour l’boulot, elle est également la seule dont l’exécution soit si proche… Bref, tout ça juste pour dire qu’il y a plein d’choses qui font qu’il m’est difficile d’considérer Clarke comme les autres détenues.

Aujourd’hui est un jour qui n’va clairement pas m’aider à y voir plus clair, concernant l’pourquoi du comment j’n’arrive pas à mettre une étiquette sur c’qui m’lie véritablement à l’apprentie doc’… Et ce, même s’il s’agit – en théorie – d’l’une des dernières fois où on sera amenés à s’voir. D’ailleurs, honnêtement, et sans même le chercher, j’évite de penser à ça, au moins autant qu’j’évite de penser à O., en train d’dériver. Oui, je sais, même ça, j’refuse de l’voir comme un signe révélateur, concernant la façon avec laquelle j’peux bien voir Clarke. Trop compliqué, ma vie, en c’moment, d’toute façon, et la sienne n’est guère mieux : pas l’moment. Et par la suite, ça sera au moins tout autant complexe ! Mais nous n’en sommes pas à là, pour l’instant. Nan, là, j’m’apprête à aller la voir. Enfin, à aller nettoyer sa cellule, ça serait plus correct, en fait. Et c’est pas mon 1er ménage d’la journée, Mme Griffin s’est assurée d’ça. J’suppose qu’c’est un des rares moyens qu’il lui reste, pour prendre soin d’sa fille : lui permettre d’avoir quelques heures de sommeil dans la matinée, sans être décanillée pour une raison aussi triviale que l’ménage. Privilège partagé par de très rares captifs : à croire qu’ça doit contribuer à leur servir de punitions, d’voir quelqu’un débarquer à l’aube pour nettoyer leur cellule. Afin d’éviter le désagrément survenu y’a quelques mois d’ça, alors qu’c’était mes 1ers pas en tant qu’agent d’entretien, j’toque à la porte, d’une façon qu’on a défini au préalable, Clarke et moi. Faut dire aussi qu’c’est la seule Phoenicienne qu’j’croise, dans la Prison, et qu’ça doit jouer, niveau heure du réveil d’la jeune femme, et donc, du moment où elle est « présentable ». Car je n’bosse qu’en matinée (même si pas toutes !), en Prison, l’reste de mon temps s’compose d’ménage, dans quelques logements. Bon, dans l’fond, on s’en fout, de c’qui a mené à une telle situation, toujours est-il qu’à présent, j’veille soigneusement à frapper avant d’rentrer. Non qu’ça m’dérangerait tant qu’ça, d’la surprendre, une fois encore, comme la dernière fois. J’suis un mec, après tout, j’vais pas dire non à voir une nana à moitié dénudée, quand même ! Cela dit, j’préfère largement quand j’suis celui qui contribue à cet effeuillage, ou que ce dernier m’est destiné, plus que de débarquer à l’improviste… C’est bien parce que j’voulais pas qu’la jeune femme s’mette en tête qu’j’avais fait exprès d’rentrer sans frapper, qu’j’ai proposé d’mettre en place un tel système. J’vous raconte pas comme j’étais gêné, sur le coup ! Car, au risque de vous décevoir, j’ai pas prémédité cette entrée en scène, c’jour-là !

Aujourd’hui, c’est bien la 1ère fois que j’frappe à cette porte, en ayant comme un pincement au cœur, assez « puissant » pour l’ressentir, sans qu’il ne s’noie sous la chappe du voilage de face que j’ai inconsciemment mis en place. Sans doute parce que l’échéance tragique ne m’a jamais paru aussi « palpable » qu’aujourd’hui. Car aujourd’hui, j’ai aussi à gérer la difficulté inhérente à une visite auprès d’Octavia. Passons… Je n’peux retenir un léger soupir, après avoir terminé d’exécuter l’code indiquant qu’c’est moi qui m’apprête à rentrer. Je n’réfléchis cependant pas plus, et finis par ouvrir la porte. La force de l’habitude me guide. Il n’y a bien que lorsque j’rentre dans la cellule, refermant la porte derrière moi, que j’me fige brièvement. Rien qu’parce que mon regard s’pose, presque automatiquement, dans un réflexe morbide, sur le décompte que tient la blonde, pour voir le temps qu’il lui reste à vivre. Décompte qui s’trouve au-dessus du lit d’la prisonnière, et qu’elle tient soigneusement à jour. Visiblement, au saut du lit, car à chaque fois qu’j’arrive dans sa cellule, le trait d’la nouvelle journée qui vient d’démarrer, est déjà mis. J’secoue la tête tandis qu’ma mâchoire se crispe, tout en détournant l’regard de c’pan d’mur, funestement attirant, et inconsciemment méprisé. Juste à temps, visiblement, car c’est à c’moment qu’Clarke regarde dans ma direction. Pour n’pas changer, elle est assise au sol, occupée à dessiner. « Salut. », me lance-t-elle, d’une voix monotone, délaissant son dessin. Elle semble à bout, c’matin. Ou peut-être est-ce juste une impression, un reflet d’l’état dans lequel je suis. Retour du voilage de face, et d’mon désir d’croire qu’c’est purement platonique, c’qui m’lie à Clarke, et qui contribue à ma « facilité » à la comprendre. Bien décidé à tenir la résolution qu’j’ai pris, en m’préparant pour la journée, j’m’efforce d’afficher un semblant d’sourire sur mon visage. Cela fait des mois qu’j’ai opté pour n’plus jamais laisser voir à quiconque – du moins, pas autant qu’avant ! – que j’peux être affecté, par leurs mots, ou par ce qu’il peut leur arriver. Et en c’qui concerne donc ma résolution prise dans la matinée – en fait, une résolution prise bien avant, dès qu’j’ai senti qu’j’étais, étrangement, trop attaché à Clarke – j’ai choisis d’faire comme avec O. : tenter d’avoir l’sourire, dès que j’suis avec. Parce que les deux ont pas franchement l’moral, Clarke nettement moins qu’ma frangine, par ailleurs. Pas l’même délai avant leur mise à mort, aussi, faut dire… C’est donc dans c’but que, avec un p’tit sourire en coin, j’lui demande : « Ca t’réussit pas de t’lever trop tôt, Princesse ! ». Connerie lancée dans l’vaine espoir d’lui arracher un semblant d’sourire. Surnom qu’j’emploie depuis des années à son encontre, pour tenter d’lui faire oublier – l’espace de quelques secondes au moins – sa situation, et la ramener à l’insouciance d’antan. Mais j’aurai p’têtre dû éviter, car ça m’rappelle qu’j’lui ai déjà balancé une telle phrase, lors d’son dernier anniversaire passé en liberté. Ignorant qu’il s’agirait d’son dernier anniversaire, d’ailleurs, en tant qu’future Conseillère. J’l’avais croisé, c’jour-là, dans les couloirs d’Phoenix, devant y effectuer une mission – sans grand intérêt, du moins, j’m’en souviens plus réellement ! – en compagnie d’Aaron, pour n’pas changer. Si j’fais pas d’erreur, à cette époque-là, elle était plongée dans des révisions intensives pour ses études, à tel point qu’elle dormait peu. Elle en parlait durant les quelques repas qu’on partageait ensemble, assez pour que j’la vanne à c’propos, par ailleurs. « Ca t’réussit pas de t’lever trop tôt, Princesse ! », lui avais-je fais savoir, lorsqu’elle avait manqué d’me rentrer dedans, l’nez plongé dans ses cours, l’air visiblement fatigué d’une nuit passée à potasser. Bien entendu, ça m’avait valu une belle répartie d’la part d’la Phoenicienne, mais ça m’avait bien amusé. Nous avions échangés, avec mon meilleur ami, quelques mots rapides : les deux gardes que nous étions avions quand même du pain sur la planche, et l’étudiante devait aller j’sais pas trop où. « Oh, au fait… », avais-je déclaré, alors que nous nous apprêtions à vaquer à nos tâches respectives, et qu’la blonde avait même commencé à s’éloigner. J’avais attendu qu’elle s’retourne, intriguée, pour ajouter un p’tit : « Bon anniversaire, Princesse. », amusé. Macy et elle avaient parlé d’l’anniversaire à venir de la blonde, au préalable, assez pour que j’finisse par entendre la date d’cet anniveraire. J’l’avais appris l’année d’avant encore, mais à c’moment-là, l’anniversaire d’la blonde était déjà passé. Donc, cette année-là fut la 1ère fois où j’eu l’occasion d’le lui souhaiter, même si ça avait été fait d’la sorte. Alors que celui d’Macy, j’avais pu le lui souhaiter bon nombre de fois : disons qu’ça aide d’avoir filé un coup d’main à Aaron, à maintes reprises, afin d’trouver une idée cadeau pour la brune !

Aujourd’hui est l’jour où j’prends conscience qu’décidemment, et étrangement, j’ai bien trop réussi à m’attacher à Clarke. Au point d’me sentir désolé de n’pouvoir lui souhaiter d’autres anniversaires : quel mauvais goût ça serait, d’lui souhaiter l’prochain, étant donné qu’elle ne devrait pas tarder à mourir. Et cela m’fait réaliser qu’ça m’manque presque, nos prises de tête, pour tout et n’importe quoi. Nos conversations, bien souvent enflammées, qui rendaient quasi-fous notre entourage. Non pas qu’nous n’en partageons plus, à présent. Il arrive qu’on en ait d’nouveau, à l’occasion. Mais c’est pas pareil. Sans doute moins « vif » qu’autrefois. Sans doute parce qu’on n’a plus d’témoins, aussi, notamment plus Aaron ou Macy, pour échanger des regards en coin, qu’avaient le don d’m’énerver. Aujourd'hui, j'réalise, sans vraiment l'réaliser, qu'il n'y a bien que depuis que j'suis dans cette cellule, que ma concentration est à peu près de retour, alors qu'elle se fait en générale la malle, lorsque j'suis à quelques heures de retrouver ma sœur.  Bref, évitons de s'prendre la tête pour comprendre cela… Alors qu’mes mots en sont encore à résonner dans la minuscule pièce, j’dépose les quelques produits d’entretien qu’on a mis à ma disposition par terre. Ce faisant, j’avise alors un dessin, qui m’fait esquisser un nouveau sourire. Une représentation du Colisée d’Rome. Un des lieus, sur Terre, qu’j’ai avoué regretter d’jamais pouvoir voir un jour, durant une d’nos dernières conversations. Quand j’vous dis qu’on parle d’tout et de rien, quand j’viens ici… « T’aurais au moins pu m’dessiner en train d’l’observer ! », fais-je mine de râler, préparant mon matos : j’suis là pour bosser, quand même ! Et Clarke est une artiste plutôt prolifique ! Bien entendu, j’regrette pas vraiment qu’elle ne m’ait pas représenté : ça m’aurait fait trop bizarre d’me voir, dessiné d’sa main. « C’est quand même glauque, quand on y pense : nos ancêtres visitaient c’monument, alors qu’ça servait pas qu’à des choses joyeuses… ». Perso, c’est pas pour ça que j’aimerais avoir la chance d’le voir un jour, mais juste pour le plaisir de contempler un vieux bâtiment, et d’m’étonner d’la créativité de l’Homme. Et c’est bien l’côté ancien, et surtout, en vieilles pierres, qui fait qu’j’préfère un tel endroit, à un truc comme la Tour Eiffel, par exemple ! Jolie Tour, d’après les photos qu’j’ai pu voir, mais trop métallique à mon goût. Et un matériau aussi « impersonnel », trop « humain », j’en ai bien trop vu, avec l’Arche ! « Il doit plus rester grand-chose, maintenant, d’toute façon ! », que j’finis par ajouter, quand j’prends conscience qu’la note « morbide » du passé du Colisée est trop palpable. Et qu’c’est pas ainsi, du coup, qu’j’vais parvenir à faire naître un semblant d’sourire sur l’visage d’la détenue. Bon, j’avoue qu’pour le coup, c’est pas forcément mieux que d’parler des dégâts qu’ont pu faire, sur la Terre, la Guerre Nucléaire, survenue des siècles plus tôt. Mais j’ai rien trouvé d’mieux. Et mieux vaut ça que l’silence auquel elle est habituée, la plupart du temps. Mieux vaut ça que l’silence, qui n’accentuera que trop l’fait que les dessins qu’j’efface soient parmi les derniers que j’fasse disparaître, avant qu’l’Espace n’engloutisse la blonde.


Aujourd’hui est un jour où j'réalise que j'arriverais sans doute pas à faire sourire celle qui aurait dû siéger un jour au Conseil. Car j'sais pas quoi dire d'à peu près amusant, pour l'moment. Pire même, j'ai une nouvelle à lui annoncer qui, je l'sais bien, risque de l'inquiéter : « J'ai appris que Macy a été mise en quarantaine, au fait... », dis-je en soupirant. « Elle est malade, visiblement. Mais j'suis sûr que c'est 3 fois rien ! Juste une précaution pour éviter qu'elle ne contamine d'autres gens ! », ajouté-je, espérant la rassure. Pas facile, alors qu'j'ai juste l'impression d'en remettre une couche, en mettant involontairement en avant l'fait que la brune soit normalement libre de voir des gens, dont les autres détenus, ce qui est interdit à Clarke... Aujourd'hui, j'raconte que d'la merde, en fait... J'vais p'têtre me taire, ça vaut mieux ! Allez, on s’concentrer sur ma tâche : rendre cette cellule propre. Et surtout, faire en sorte que Clarke ait d’nouveau de la surface libre, sur laquelle dessiner… Car c’est bien l’seul moyen qui lui reste, pour s’évader et s’distraire. Et, dans l’fond, c’est bien là tout c’que j’puisse véritablement lui « offrir ».

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Inclement Earth

MessageSujet: Re: [02/04/2482] Just give me something I’ll miss before I go. | Bellarke Dim 2 Juil - 1:11

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Living is too hard right now. Dying is easy. Let me die.

No matter how strong we try to stay, we all have those days when we don’t wanna be strong anymore. Giving up doesn’t always mean you are weak, sometimes it means you are strong enough and smart enough to let go. The girl who seemed unbreakable, broke. The girl who seemed strong, crumbled. The girl who always laughed, cried. The girl who never stopped trying, finally gave up. She dropped a fake smile as a tear rolled down her cheek & whispered to herself "I can’t do this anymore".

Non, je ne vais pas laisser le privilège à mes bourreaux de voir à quel point je vis mal ces derniers jours qu'il me reste à vivre. Non, ils ne verront pas non plus à quel point mes nuits sont mortellement courtes. Même si je n'ai pas conscience du temps qui passe ni de l'heure qu'il est, je sais pourtant que le simple fait de se réveiller en sursaut, de grosses suées perlant sur mon visage et à quatre voire cinq reprise par nuit, n'est clairement pas une bonne chose. Un sommeil chaotique pour une fin de vie qui l'est tout autant. Voilà ce qu'il m'arrive depuis deux nuits. Non, je ne laisserai personne constater à quel point j'ai peur de mourir, moi qui, au début de mon emprisonnement, ne redoutais clairement pas ce jour comme en ce moment. J'en ai mal au ventre. A un tel point que le peu de nourriture qui m'est accordée fini sa course dans cette sorte de salle d'eau improvisée, dans cette minuscule cellule. Combien de fois, ces derniers jours, je me suis creusée la tête pour trouver une façon d'échapper à cette mort programmée pour décider quand mon heure sonnerait, de moi-même ? Un nombre incalculable de fois. Au moins, je partirai quand je le voudrai avec une telle idée. Et non pas quand les Gardes viendront me sortir de cette cellule pour de bon. Seule ombre au tableau : l'impossibilité de passer à l'acte. Cette cellule, que je déteste au plus haut point, ne permet aucun geste fou et désespéré. Me voilà donc contrainte à agoniser, littéralement, le cœur bien trop lourd de devoir abandonner Macy, Zack et ma mère. Et Bellamy, certes. Oui, aussi. Finalement, ma souffrance ne sera que momentanée. Celle de ma mère ou de Zack risquent de perdurer bien plus longtemps que ça. Et c'est ce qui me rend dingue. Ils ne trouveront clairement pas le calme alors que pour moi, il ne restera rien de plus que mon corps perdu dans l'espace. D'ailleurs. A quel moment meurt-on ? Du moins, physiquement ? Dès l'ouverture sur cette immensité noire ? Une fraction de seconde plus tard ? Se voit-on seulement mourir ? Est-ce qu'on a le temps d'adresser un dernier regard à nos proches, avant de fermer ses yeux à jamais ? Si seulement mon père pouvait venir me rassurer. Me dire que non, je ne vais pas souffrir autrement que mentalement, pas plus qu'actuellement au final. Que ce déchirement sera instantané. Malheureusement, cela n'arrivera pas. Juste parce qu'il est .. Mort. Un état que je vais bientôt à nouveau partager avec lui. Joie. Quand je vois à quel point il me manque et que les images qui me reviennent, sans cesse, en tête, de son envoie à la dérive, je redoute horriblement que ma propre mort amène cette même à mes proches. Ils ne méritent tout simplement pas de souffrir par ma faute.

Mes traits sont clairement moins précis qu'il y a quelques jours encore. Même le dessin ne me transporte plus au-dehors de cette peur des conséquences sur mes proches face à ma mort, c'est dire à quel point mon moral est au plus bas. A moins que je ne me voile la face, une fois de plus, pour ne pas reconnaître que si, finalement, je suis juste terrorisée face à ce qu'il va m'arriver d'ici une poignée de jours. Je n'ai même pas ouvert l'un de mes livres que ma mère m'a fait parvenir, histoire que je constate à quel point je passe à côté de choses passionnantes à découvrir. Si certains détestent leur métier, je dois avouer que j'ai eu énormément de chance d'entreprendre des études qui me correspondaient réellement et qui m'aurait apporté un emploi par lequel j'aurai pu me sentir impliquée et utile aux autres. Une sorte de vocation, très certainement aidée en accompagnant très souvent ma mère durant mon enfance. J'aurai tant aimer pouvoir faire pareil avec mon propre enfant.. Malheureusement, cela n'arrivera donc jamais. C'est sans doute un mal pour un bien. Je crois que je ne suis pas faite pour être mère, aimant sans doute un peu trop donner de ma personne pour les autres. Ce qui aurait été incompatible, pendant les derniers mois de grossesse, avec la dépense d'énergie et de stress qui accompagnent ce métier, pourtant si passionnant. Je me voyais bien plus comme docteur que comme Conseillère, d'ailleurs. Une fonction qui ne m'a jamais réellement attiré plus que ça et qui, je le sais, ne m'a pas apporté que des amis. Mais, aussi, des personnes jalouses de mon futur et d'autres qui étaient prêtes à tout pour se rapprocher de moi, juste pour être proche d'une fille de. Alors, oui. Prisonnière de cette cellule bien trop étroite et qui me donne l'impression de suffoquer toujours un peu plus, avoir une mère Conseillère, cela apporte quelques petits avantages. Rien de bien fou pour autant. Je sais que mon procès donnera le même verdict que celui pour n'importe quel prisonnier du Niveau 2. C'est ainsi, rien de nouveau. Personne, à cet étage, n'est épargné. Seuls ceux du Niveau 1 ont des chances de s'en sortir. Forcément, j'espère que Zack et Macy en feront partis. Après tout, si mon amie est emprisonnée, c'est de ma faute. Je n'ai pas été là pour dissuader sa tempête de jalousie par rapport à son gars. Et concernant Zack, disons que j'ai du mal à comprendre pourquoi il a, volontairement, détruit des plantations. Presque sur un coup de tête, de ce que j'ai compris. Cela ne lui ressemble tellement pas -et à Wells non plus, mais j'espère bien que ce n'est pas un coup monté de sa part pour faire arrêter Zack après avoir balancé mon père !-. Il doit me manquer un élément plus qu'important pour pouvoir déchiffrer ses intentions. En tout cas, j'espère qu'il n'a pas fait la connerie de se condamner à l'emprisonnement par ma faute. Cela ne ferait qu'un peu de culpabilité en plus sur mes épaules, qui ne sont plus assez fortes, aujourd'hui, pour supporter tout ce qui arrive, que ce soit à moi comme à mon entourage. Et, forcément, dès que quelque chose m'échappe, ça me rend dingue. Malade, même, tant j'essaie d'imaginer toutes les pistes possible pour résoudre ce mystère. Il faut que je comprenne tout ce qui m'entoure, sinon ça ne va clairement pas. J'ai trop l'impression, dans un tel cas, de ne pas contrôler ma vie et ce qui gravite autour. Et, s'il y a bien quelque chose que je ne comprends pas, c'est bien ce qui me relie à Bellamy. Autant dire que ces prochains temps, dès qu'on sera sur Terre, cela va grandement me bouffer d'en être victime sans rien comprendre, sans réussir à analyser ce qu'il va se passer entre nous. Parce que même si ce lien plus qu'étrange nous lie déjà, alors qu'on ne s'en rend même pas encore compte, je suis à des années lumières de l'imaginer. Juste parce qu'il y a beaucoup trop de choses entre nous, des barrières qui tomberont, pourtant, au fil du temps. La principale, pourtant, c'est Zack. Peut-être que s'il n'était pas entré dans ma vie, j'aurai pu, dès à présent, avoir une petite idée de ce qui se trame entre cet ancien Garde et moi. N'allez pas dire que je n'aime pas mon petit-ami, ce serait une grave erreur. Je tiens à lui, grandement, même s'il est aujourd'hui, lui aussi, dans une cellule. Ce qui nous empêche, du coup, de passer du temps ensemble. Contrairement à ce Blake, lequel me fait le plaisir de sa présence bien souvent. Forcément, ça doit jouer.. Si je prenais le temps de replonger dans ces mauvais souvenirs reflétant la mort de mon père, alors je verrai un petit indice sur ce lien mystérieux. Mais, c'est bien trop difficile pour moi, de remonter le temps au jour de cette exécution qui a, en plus, marqué ma propre perte. Un sentiment certainement normal, non ? Pourquoi voudrait-on revivre le jour où tout est parti en vrille dans sa vie ? Et encore, je me trompe très certainement. Puisque ce fameux lien remonte encore à avant ce jour. Mais, disons qu'il a su confirmer tout ce qui se passe, inconsciemment, entre nous. J'ai tout de même chercher une sorte de protection entre ses bras dès lors que le corps de mon père était hors de vue. C'est même lui qui a su me gérer au mieux pour me conduire dans ma super cellule. Et encore aujourd'hui, lorsqu'il me rend visite pour nettoyer ces murs sur lesquels je ne cesse de dessiner encore et toujours, j'ai cette impression-là, que je n'analyse pas complètement pour autant. J'ai pourtant l'intime conviction que lorsqu'il est là, rien ne peut m'arriver.

Mais, ça : c'était avant. Aujourd'hui, c'est différent. Simplement parce que ce décompte que je tiens, tous les matins, sonne presque ma fin. Ce que je pouvais encore compter en mois, au début, puis progressivement plus qu'en semaines, ne tient maintenant qu'en une vulgaire poignée de jours. Bientôt, ce ne seront plus que des heures. Puis des minutes qui ne rimeront plus à rien. Et ça, même si Bellamy est là -ou, certainement, Zack !-, il n'y pourra rien. Ce n'est pas lui qui pourra me réconforter en me prenant dans ses bras. Personne ne le pourra. A part l'immensité de l'Espace qui m'arrachera à la vie. C'est comme ça. Quand j'étais gamine, ce n'était clairement pas comme ça que j'imaginais ma fin de vie. Je n'y pensais même pas, en fait. J'en soupire, doucement, m'attardant sur quelques détails sur ce nouveau dessin devant moi. Les fameux coups résonnent alors à la porte. Et si, habituellement, ils arrivaient à m'arracher de ce que je faisais alors, aujourd'hui, il n'en est rien. Je tarde à redresser ma tête, me contentant, silencieusement, de compléter l'un de ces nombreux traits dégradant une fois de plus cet espace. « Ca t’réussit pas de t’lever trop tôt, Princesse ! » Voilà ce qu'il me lance en guise de salutation. Relevant la tête vers lui, voir ce sourire sur ses lèvres me laisse presque un effet anesthésiant en tête. Encore un symptôme que je n'ose pas interpréter. De toute façon, à quoi bon ? Cela ne sert plus à rien. Tout comme le fait que cette phrase, mot pour mot si mes souvenirs sont bons -et s'il existe un Dieu dans cet univers, lui seul sait à quel point ma mémoire ne me fait pas défaut !-, m'a déjà été adressé, venant de lui. Mais, j'ai du mal à replonger dans ce passé qui me semble si lointain, lorsque tout allait encore bien dans ma vie bien écourtée. Mon regard ne le quitte pourtant pas, alors que je revois tout de même ces images d'un passé révolu à mesure qu'il s'avance dans ce minuscule endroit. Détournant finalement le regard, je pose mon crayon, sur ce sol sur lequel je suis assise alors que je me fais littéralement bouffé mentalement par ce temps ancien. « Ça ne me réussit pas de ne pas dormir, ce serait sans doute plus juste.. » que je rectifie alors, un semblant de sourire s'emparant de mes lèvres. Un sourire sans grande saveur pourtant, puisque je n'ai même plus envie de sourire, tout simplement. Mais, Bellamy n'y est pour rien. Il n'a pas à subir ma mauvaise humeur en accord avec ce foutu temps qui passe. Bien au contraire. A chaque fois qu'il vient, j'ai bien conscience qu'il fait au mieux pour se montrer de bonne compagnie. Finalement, étant dans cette même position assez inconfortable depuis un bon moment déjà, je profite de ne plus être sur mon dessin pour m'étirer un peu. Je le vois, alors, détaillé l'un des dessins. Celui que j'ai fait, d'ailleurs, sans trop savoir pourquoi. Enfin, si, mais il a été fait sans m'en rendre réellement compte. Et oui, Bellamy m'en a déjà parler de ce fameux Colisée.. Peut-être est-ce d'ailleurs pour lui que je l'ai fait ? J'en sais trop rien. Mais, je sais qu'une fois qu'il sera parti, aujourd'hui, alors que cela risque d'être l'une de ses dernières visites -si elle ne va pas être la dernière plus justement-, je vais m'efforcer d'avoir sa silhouette en tête pour la représenter sur ce sol qui sera à nouveau transparent du moindre dessin passé. Et ce sera clairement volontaire, cette fois-ci. Un peu comme un petit clin d’œil d'adieu, puisque je me doute que ce sera lui qui nettoiera à nouveau cette cellule lorsque je n'y serai plus. Un dessin qui me prendra un temps fou, d'ailleurs, tant le moindre détail sera représenté pour qu'il puisse se reconnaître, même de dos. Un dessin dont le décor ne sera même jamais terminé, les Gardes viendront me chercher pour me transférer dans un autre endroit bien avant .. Par surprise, d'ailleurs, puisque mon crayon sera alors sur le sol, comme il l'est actuellement. Un dessin qui fera bien entendu écho à ce qu'il vient de me dire, en regardant celui qui se trouve sous ses yeux. « T’aurais au moins pu m’dessiner en train d’l’observer ! » Même s'il va être de dos pour ne pas être reconnu par n'importe qui, il devrait voir qu'il sera dessiné, lui, et personne d'autre. Mais, pour le coup, cette remarque m'arrache un sourire, un peu plus marqué que le précédent. Haussant les épaules, je passe le bout de mon index -gauche, et oui !- sur l'une des nombreuses traces de crayon devant moi pour l'estomper un peu. Penchant la tête sur le côté, histoire de regarder le rendu, je me contente de répondre le plus simplement possible. « T'as raison. Ca aurait pu rendre ce dessin un peu plus intéressant. » Me rendant compte de ce que je viens de lâcher, je baisse rapidement la tête tout en me mordant la lèvre. C'est sorti tout seul ! Bon, après, je l'ai dit assez bas. Avec de la chance, il n'aura peut-être pas entendu ? J'ai de l'espoir : la chance m'a quitté depuis bien longtemps. Bref. « C’est quand même glauque, quand on y pense : nos ancêtres visitaient c’monument, alors qu’ça servait pas qu’à des choses joyeuses… » Si ma curiosité est sans faille, je dois bien reconnaître que je n'ai jamais vraiment eu le temps de fouiller les archives évoquant l'Histoire sur Terre de A à Z. J'étais toujours bien plus occupée à dévorer les ouvrages scientifiques, même si quelques autres lectures sont passées entre mes mains. Dont l'une avec une illustration de ce fameux bâtiment qui m'avait marqué et que j'ai tenté de reproduire de tête. Mes yeux se reportent vers ce dessin qui semble bien l'intriguer mine de rien. Je pince les lèvres alors, en me souvenant de ces fameuses choses pas très joyeuses. « Il doit plus rester grand-chose, maintenant, d’toute façon ! » Malheureusement. Et pourtant, qu'est-ce que cela devait être.. Impressionnant ! Les dimensions de cette structure étaient tout de même assez affolantes ! Tout en reprenant mon crayon en main, je lui réponds simplement. « Il parait que bien souvent, ils n'avaient pas le temps de formuler leurs derniers vœux. Ou clairement pas de les réaliser. Me suis dit que j'aurai très bien pu mourir dans un tel endroit. » D'où sa présence sur ce sol ? Peut-être. Mais, sans doute que ce n'est pas la seule explication. Comme dit, Bellamy m'a déjà dit être comme fasciné par cet endroit, donc bon. Je soupire alors que j'entreprends un nouveau trait, la tête quelque peu penchée sur mon épaule. « Je les envie presque. Eux, ils avaient un p'tit espoir de survivre en gagnant leurs combats. » Et moi, non. L'issue est connue d'avance. « Fin, remarque. Je n'sais pas me battre, donc ils m'auraient directement trancher la tête. C'est peut-être pas mieux, en fait. » Parler de sa mort à venir d'une façon qu'on désire la plus détachée possible, c'est assez complexe mine de rien. Surtout qu'avec ces quelques mots pour lesquels je n'ai pas grandement réfléchi avant de les balancer, je lui montre clairement que je suis résignée face à mon propre sort. Or, il ne m'a jamais connu ainsi.. J'avais toujours les crocs et la langue bien pendue. Comme quoi, tout peut changer.

Et si je me fais, difficilement, à ce qu'il va m'arriver et bien, j'ai nettement plus de mal à accepter ce qui pend au nez de mes proches qui se retrouvent eux aussi enfermés. Franchement, si en étant envoyée à la Dérive je pouvais prendre pour moi ce qu'on leur reproche, histoire qu'ils soient graciés, je mourrai deux fois de plus si je le pouvais. Malheureusement, c'est une chose impossible. Et je ne peux que compter sur un élan de grâce du Conseil à leur sujet. Il est clair que je n'ai pas envie que Macy et Zack suivent mon chemin .. D'ailleurs, en parlant d'elle, Bellamy a une bien mauvaise nouvelle a me transmettre. « J'ai appris que Macy a été mise en quarantaine, au fait... » Et voilà ma mine qui se retrouve littéralement explosée face à un appui beaucoup trop fort sur ce qui me sert de crayon, ruinant au passage ce fameux trait devenu bien grossier. Macy, mise en quarantaine ? Franchement, cela n'indique rien de bien réjouissant. Et ça m'inquiète autant que cela m'énerve. Je suis bien placée pour savoir que les prisonniers de l'Arche n'ont pas un accès au soin aussi suffisant qu'en dehors de ces murs. Surtout que j'ai entendu parler, très vaguement, de ces personnes mises en quarantaine qui n'en ressortent jamais. Personne ne sait pourquoi. « Elle est malade, visiblement. Mais j'suis sûr que c'est 3 fois rien ! Juste une précaution pour éviter qu'elle ne contamine d'autres gens ! » Lâchant mon crayon, je porte l'une de mes mains sur mon front avant de la passer sur mon visage, accusant la nouvelle. D'autant plus que mon exécution approche et qui dit quarantaine dit aucune visite. Est-ce que je vais devoir partir avec l'inquiétude mordante vis-à-vis de la santé de ma meilleure amie ? Cela m'étonnerait fortement qu'elle sorte de là avant.. « Forcément, fallait qu'un truc du genre arrive maintenant. » Tout en parlant, je remets une mèche de cheveux derrière mon oreille. Des cheveux bien plus sales qu'ils n'en avaient l'habitude avant cette case prison. Là, un mur de plus s'écroule. Et j'ai un mal de chien à passer au-dessus de ces débris qui s'ajoutent à cette montagne face à moi. Même si ces larmes qui me montent aux yeux ne sont pas encore tombées, je limite la casse et les risque en passant cette même main dessus, histoire de balayer toute trace menaçante. Après tout, je n'ai plus la force d'aller de l'avant. Et, clairement, je n'ai jamais autant pleurer ces derniers jours qu'au cours de ces dernières années. J'en soupire, ayant la gorge nouée face à cette nouvelle. Perte de contrôle totale ..
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MessageSujet: Re: [02/04/2482] Just give me something I’ll miss before I go. | Bellarke Ven 28 Juil - 17:26

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Bellarke
We find each other in the stars. In the far off galaxies where the stars shine brightest. In the ones shining above our heads, lighting the way through the darkness. I find the stars in your smile, in the gleam in your eyes when you look to me. I find a supernova burning through my veins when you touch me. I find a black hole drowning me when you leave. I find myself a north star, the point that always guides us home, in your voice calling out my name. [Texte de Abby S.]

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Pas facile d’essayer d’être relativement enjoué, quand l’atmosphère s’fait pesante, mortellement pesante. Ou p’têtre que cette atmosphère oppressante, je n’la ressens qu’parce qu’elle concerne une certaine blonde. N’comptez pas sur moi pour résoudre c’mystère. D’toute façon, et très sincèrement, j’pourrais avoir une tonne d’indices, explicites, sur ce qu’j’peux bien ressentir en réalité depuis la blonde, et qu’a commencé y’a quelques années d’ça en réalité, que j’serais toujours pas en mesure d’comprendre véritablement c’que ça signifie. Pas facile d’accepter qu’notre cœur ait pu commencer à battre pour une autre, alors que cet étrange organe était pourtant déjà pris ailleurs ! Et pourtant, la vérité est là. Et ça a sans doute sommairement commencé, bien avant même Elizabeth, même si ça n’était qu’naïvement et puérilement, sous la forme d’un attachement intrigué pour cette p’tite blonde, une Phoenicienne pas forcément comme les autres. J’ai pas oublié son étonnement, quand nous étions bien plus jeunes, et qu’j’étais ausculté par sa mère, alors qu’la blondinette passait la journée avec elle. Stupéfaction d’la môme d’découvrir qu’les traitements donnés aux Archéens variaient en fonction du secteur d’naissance ! Ca a sans doute posé les fondements d’l’intérêt qu’j’ai pu ressentir pour elle, même si j’l’ai jamais clairement avoué. Et qu’j’vais pas l’avouer avant un très long moment ! Pas vraiment par fierté. Mais par difficulté à l’admettre, alors qu’j’fais encore l’deuil d’Elizabeth et qu’plus qu’jamais, tout nous sépare. Puis, même quand j’commencerais à ouvrir les yeux, y’a d’fortes chances pour que j’ne cesse d’redouter qu’ma « contribution » à son emprisonnement n’soit un autre obstacle, en plus des obstacles « basiques » : secteurs natales différents, et autres préjugés… En résumé : ça va être un gros merdier. Même si, en un sens, ça l’est déjà. C’est juste qu’on en a pas encore conscience !  Et j’sais pas si l’pire, c’est maintenant, ou s’il est encore à venir. Tout c’que j’sais, c’est qu’ça m’laisse pas indifférent, d’la sentir aussi mal.

J’n’ai pas à l’observer des heures pour m’rendre compte qu’elle est fatiguée. Ses traits sont tirés, ses lèvres n’s’étirent pas en l’habituel sourire, plus ou moins amusé, qu’elle me lance en général à mon arrivée. N’comptez pas sur moi pour avouer qu’ça m’manque, d’la voir sourire, car ça fait déjà quelques jours qu’celui-ci s’fait d’plus en plus rare ! Même si là, j’constate également qu’la fatigue la « ronge » peu à peu. Pas besoin de la détailler du regard des plombes. J’le détecte d’un simple et rapide coup d’œil. Encore un truc qui devrait m’mettre la puce à l’oreille, cette facilité, déconcertante, d’déchiffrer son état d’esprit assez aisément. Sans vraiment l’chercher, en plus de ça ! Mais là, encore une fois, j’fais pas savoir qu’ça m’désole, d’la voir, et d’la sentir, aussi mal qu’ça. « Ça ne me réussit pas de ne pas dormir, ce serait sans doute plus juste.. », m’rétorque-t-elle. Et bien entendu, ça ne m’surprend pas. Si elle avait été enjouée, là, par contre, j’aurai été étonné. Cela n’signifie pas pour autant qu’ça ne m’touche pas. Mais ça n’signifie pas non plus qu’j’vais la prendre dans mes bras pour la réconforter. Comme j’ne cesse de l’dire : c’est compliqué. C’est aussi très platonique hein… On va dire qu’ça aide, d’être pas mal observateur, même si, faut l’admettre (ou être en mesure d’le faire !), j’ai tendance à l’être bien plus quand il s’agit d’décrypter l’comportement d’une certaine Phoenicienne ! J’pousse un soupir, tâchant d’trouver un truc à répondre, en mesure d’lui donner un semblant d’sourire, mais c’est loin d’être facile, en fait. N’oubliez pas qu’son espérance de vie est désormais un compteur, qui diminue d’plus en plus, approchant du « zéro » tellement redouté… « Tss, j’ai déjà dit d’pas trop penser à moi, voyons ! ». Et voilà. C’est la seule connerie qui m’vient à l’esprit. J’me félicite pas, j’compte pas sur vous pour l’faire à ma place, alors, vous forcez pas hein ! Et ça m’est sorti sans vraiment qu’j’ai pu réfléchir avant d’parler. Par pur réflexe. Car un tel truc, j’aurais bien pu lui sortir quand on s’vannait, à l’extérieur. Surtout devant son « mec », j’avoue. Mais  bon, à ma décharge, faut dire qu’ce jeu d’vannes à la con, ça fait un moment qu’on y joue, Clarke et moi. J’y jouais déjà, quand bien même j’étais avec Elizabeth : ça n’m’a pas arrêté ! Alors fallait surtout pas s’attendre à ce qu’j’l’arrête à cause d’son amourette hein ! Désolé, mais pas tellement désolé qu’ça, face au mot qu’j’ai utilisé pour définir leur relation. Avant qu’elle ne s’fasse emprisonner, ils étaient ensemble depuis une poignée d’mois, alors qu’Zack avait passé un sacré long moment à la dévorer des yeux. Ouaip, quand on est Garde, on est un peu obligé d’faire attention à tout, donc, y’a des trucs qu’les gens « normaux » n’voient pas forcément, qu’j’détecte assez facilement. Sans oublier qu’quand on a eu mon enfance, l’observation est un talent qu’il faut développer, duquel votre survie et celle d’votre famille peut grandement dépendre. Etre ainsi en mesure d’voir si quiconque peut avoir des doutes sur notre secret, s’poser simplement des questions sur notre vie qui peuvent représenter un risque…. Ca forge les capacités d’observation, tout simplement ! On va éviter d’regretter qu’j’sois doué pour mieux comprendre les autres qu’pour m’comprendre moi-même, merci bien ! Bref, du coup, j’avoue qu’j’ai un peu d’mal à prendre leur histoire au sérieux, à mes yeux : sans l’emprisonnement d’la blonde, j’pense pas vraiment qu’leur couple aurait tenu. Parce que j’les trouve pas crédibles, ensemble, c’est tout, comme s’il y avait un déséquilibre, niveau sentiments, entre eux, et qu’ils s’sentaient plus obligés qu’autre chose d’se foutre ensemble. Cela dit, y’a des gens qu’ça dupent, c’genre d’histoires, à tel point qu’des couples d’pacotilles finissent par être vénérés, alors bon… Ma foi, si ça les amuse… Bref… J’pourrais feindre d’regretter ce qu’j’viens d’dire, mais j’n’en fais rien. A l’extérieur, j’l’aurais assumé, pourquoi vais-je paraître désolé, entre ces murs ? De plus, ça montre – du moins, j’l’espère – qu’j’vais pas changer d’attitude avec Clarke, en dépit d’son exécution qu’approche à grands pas ! Qu’malgré tout, j’continuerais à l’emmerder, dès qu’possible, même si elle est déprimée. Et qu’j’espère bien qu’elle parviendra à se « reprendre » un minimum, pour m’envoyer paître, comme elle le faisait avant ! Comme j’l’ai déjà dit : ça m’manque, notre jeu d’ping-pong verbal. Disons qu’pour une fois qu’une Phoenicienne a d’la répartie, intelligente et sans tomber dans l’vulgaire ou le mépris, c’est cool ! (Et l’voilage de face, c’est cool : j’sais ce qu’vous pensez !).

La suite d’la conversation m’voit m’étonner d’la présence d’un certain dessin. Et ouais, c’est pas qu’j’suis pas ici qu’pour papoter, mais en fait, bah, si ! J’ai un temps limité, pour tenter d’nettoyer sa cellule, alors autant s’y mettre. Après, j’avoue qu’ça m’arrangerait bien si, tout en bossant, j’parvenais à dérider un peu l’apprentie doc’, mais bon, dans la vie, on peut pas tout avoir ! J’suis habitué à ça, d’toute façon ! « T'as raison. Ca aurait pu rendre ce dessin un peu plus intéressant. », répond la détenue. Ou est-ce juste l’fruit d’mon imagination ? Faut dire qu’elle s’est exprimée à voix basse, alors ça reste assez indistinct. C’est sans doute pour ça qu’la seule réponse qu’j’parviens à fournir est un truc débile, parlant du triste sort qu’subissait les gens qui s’retrouvaient au cœur d’l’arène. Un truc relativement neutre, du moins, sans trop d’rapport avec qui m’semble avoir entendu d’sa part. Mais un truc merdique, vu l’thème, et la situation d’la blonde. J’ai jamais dit qu’j’étais super doué pour les enchaînements « neutres » d’conversation hein ! Par contre, il est encore heureux que j’sois adroit, et qu’il m’en faut beaucoup pour perdre mes moyens, car sans ça, j’aurai sans doute fait tomber un produits ménager, avec les paroles, énigmatiques et incertaines, d’la blonde. Au lieu d’ça, mon emprise autour du flacon s’est juste fait un peu plus vivace, alors qu’mes sourcils s’sont froncés, et qu’j’ai pris la décision d’occulter cette phrase d’mon esprit. Et vu la tournure qu’j’ai – stupidement – donné à la conversation, j’ai pas vraiment l’temps d’chercher à comprendre c’qu’elle a bien pu – et voulu – m’dire : « Il parait que bien souvent, ils n'avaient pas le temps de formuler leurs derniers vœux. Ou clairement pas de les réaliser. Me suis dit que j'aurai très bien pu mourir dans un tel endroit. Je les envie presque. Eux, ils avaient un p'tit espoir de survivre en gagnant leurs combats. Fin, remarque. Je n'sais pas me battre, donc ils m'auraient directement trancher la tête. C'est peut-être pas mieux, en fait.». J’pousse un soupir, m’insultant mentalement d’tous les noms pour n’avoir rien trouvé d’mieux à dire qu’ça… Attrapant un chiffon, j’tente de m’motiver à nettoyer tout ça. Loin d’être facile, j’ressens toujours une pointe d’culpabilité à devoir faire disparaître les œuvres d’la jeune femme. Même si j’suis payé pour. Pas simple d’se dire qu’en frottant à plusieurs reprises, avec l’bon produit, j’efface c’qu’elle a pu mettre plusieurs minutes, voire plusieurs heures parfois, à faire naître, d’son imagination et d’la précision d’ses coups d’crayon. J’lance un regard dans la direction d’la Phoenicienne, absorbée par son dessin. Sans l’sentir, un p’tit sourire, bien éphémère, vient fleurir mes lèvres, en la voyant concentrée sur son office. « T’songes à demander à c’qu’on instaure la réalisation des dernières volontés ici ? », demandé-je, arquant un sourcil, sincèrement intrigué. Ma foi, autant continuer sur la lancée, hein ! Si jamais ça venait à s’faire sur la Colonie, j’suis sûr qu’ça resterait encore sectaire…. Les derniers vœux des Phoenciens n’seraient jamais réalisés, ceux des Arcadians, ça dépendra d’leur niveau d’vie, et concernant ceux des Phoeniciens, par contre, c’est limite si y’aura pas du rab ! J’dois avouer que si j’devais m’retrouver dans la situation où j’ai mes dernières volontés à faire partager, j’saurais même pas quoi demander. Y’a pas grand-chose qui soit faisable, d’toute façon. Sincèrement, j’rêverais d’revoir Elizabeth, même qu’une poignée d’secondes. D’la tenir d’nouveau dans mes bras. D’pouvoir sentir ses lèvres contre les miennes, une fois encore. D’savourer la chaleur d’son corps contre le mien. Mais c’est impossible. Rien ni personne ne m’la rendra. Jamais. J’aimerais qu’Octavia soit libérée, mais les lois en vigueur n’vont pas rendre ça possible avant un long moment, si tant est que cela soit possible ! J’serais pas contre l’fait qu’O. puisse connaître une vraie vie d’famille, avec une mère digne de c’nom. Mais avec une mère morte, ça rend les choses compliquées…. J’pourrais m’rabattre sur du basique : un dernier plat précis. Mais ça n’aurait pas grande utilité. Autant qu’cette dernière volonté soit encore utile, par la suite, pour les gens qui m’survivront. ‘fin, c’est comme ça que j’vois les choses, du moins ! D’toute façon, vu mon passé, vu qui j’suis, j’dois bien être la dernière personne à qui on permettra la réalisation d’ses dernières volontés. J’suis sans doute moins qu’un cafard, pour la Colonie, faut juste arrêter d’se voiler la face sur ça ! « Oublie : ça n’sera autorisé qu’pour une minorité ! Pis, ça sert qu’à faire oublier aux gens c’qui les attend…. », ne puis-je m’empêcher d’râler, avant d’pousser un nouveau soupir, l’esprit un peu alourdit par la pensée d’Elizabeth, qui s’est imposé un peu plus tôt….. « J’doute qu’ils avaient vraiment un espoir, t’sais. On leur faisait croire, mais on devait toujours trouver un moyen d’leur proposer d’autres combats, en cas d’éventuelles victoires. » Ca m’n’étonnerait pas, du moins. « Faut bien divertir l’élite…. », dis-je, amer. Un tel système, ça m’étonne qu’ça n’ait pas été mis en place ici, tiens. Ca serait un moyen idéal pour asseoir, encore plus, la suprématie des fortunés sur les autres, la basse populace ! J’évite d’imaginer Clarke s’retrouvant dans une telle situation. Car, clairement, elle n’ferait pas l’poids. Après, j’sais pas c’qui est l’plus cruel comme mise à mort, en fait. Et j’vais éviter d’me pencher sur la question. Car ça m’fera penser, immanquablement, à c’qui attendra O. un jour ! J'pourrais essayer d'poser la question à Clarke, savoir c'qu'elle demanderait, mais... Mouais, on va éviter hein. Disons qu'j'ai une p'tite idée de c'que ça pourrait bien être : un p'tit moment avec son gars. C'qui peut s'comprendre (même si, franchement, j'comprends toujours rien à leur histoire, mais bon !)

Alors qu’j’essaie de m’motiver à commencer à bosser, tentant d’définir par quel dessin commencer, j’opte pour une autre solution : repousser l’moment du choix, en jouant l’porteur d’mauvaise nouvelle à la blondinette… Mais j’ai toujours tenté d’la tenir au courant des événements pouvant toucher ses proches, jusqu’à présent, et j’me vois mal m’arrêter aujourd’hui. Elle n’voit pas grand monde, après tout, même si – Phoenix permet d’bons privilèges, plus encore quand on est fille d’Conseillère ! – elle n’est pas coupée du monde comme les autres prisonniers du Niveau 2 ! Et puis, j’avoue, j’tente de m’débarrasser des mauvaises nouvelles dès maintenant, comme ça, ça devrait être un peu plus détendu, par la suite, nan ? « Forcément, fallait qu'un truc du genre arrive maintenant. », déclare la jeune femme, accusant l’coup. J’pousse un nouveau soupir, en m’accroupissant, pour commencer à nettoyer l’sol. Depuis l’temps qu’j’bosse à nettoyer sa cellule, j’ai appris à reconnaître les dessins qu’elle a fini d’ceux sur lesquels elle a prévu d’revenir plus tard. Bon, c’est pas une science sûre à 100%. Mais disons qu’j’ai nettement moins à lui demander régulièrement si c’est bon ou pas, avant d’m’y mettre, qu’au tout début. Et puis, en cas d’doute, j’lui demande, bien entendu. Il arrive quelque fois qu’j’sois obligé d’lui rappeler qu’j’peux pas tous les lui laisser, si elle veut avoir assez d’surface exploitable, d’ici à c’que j’revienne faire le ménage ici ! Là, j’me mouille pas trop : j’m’attaque à un dessin qui est là depuis 2-3 d’mes visites déjà, et qu’j’sais être terminé, étant donné qu’elle m’a dit c’qu’elle voulait faire… « Et oui, la vie est une pétasse, c’est comme ça, Princesse ! », n’puis-je m’empêcher d’rétorquer. « Ta mère doit certainement veiller à c’qu’on s’en occupe bien. », ajouté-je ensuite, me concentrant soudainement sur ma mission, évitant soigneusement d’la regarder. Un peu coupable du ton précédemment utilisé pour lui faire part d’ma façon d’voir la vie. Pas facile d’lutter contre l’habitude, quand on a une image assez sombre d’la vie, aussi… Secouant la tête, j’tente un nouveau changement d’sujet d’conversation, espérant alléger un peu l’atmosphère…. « Si ça t’dérange pas d’trop, j’vais laisser l’Colisée, t’pourras corriger ton erreur, comme ça ! ». Nul besoin d’préciser d’quelle erreur j’parle hein ! Bien entendu, j’déconne, j’ai pas tellement envie qu’ça qu’elle m’dessine. Comme dit plus tôt, ça m’ferait trop bizarre. Non, il s’trouve juste qu’j’ai pas l’cœur à effacer c’dessin précis. Sans doute parce qu’il m’parle plus qu’les autres. Et qu’inconsciemment, j’aime à croire qu’elle l’ait fait en pensant à moi. Préférant cependant n’pas savoir c’qu’il en est en réalité. Une fois d’plus, on en revient au merdier qu’c’est, tout ça…

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Inclement Earth

MessageSujet: Re: [02/04/2482] Just give me something I’ll miss before I go. | Bellarke Sam 21 Oct - 23:30

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Living is too hard right now. Dying is easy. Let me die.

No matter how strong we try to stay, we all have those days when we don’t wanna be strong anymore. Giving up doesn’t always mean you are weak, sometimes it means you are strong enough and smart enough to let go. The girl who seemed unbreakable, broke. The girl who seemed strong, crumbled. The girl who always laughed, cried. The girl who never stopped trying, finally gave up. She dropped a fake smile as a tear rolled down her cheek & whispered to herself "I can’t do this anymore".

S'il y a bien une chose qui a changé dans mon petit quotidien, c'est bel et bien la façon avec laquelle je peux regarder ces petites barres au-dessus de mon lit. Une pour chaque jour passé dans cette cellule. Cruel rappel du temps qui passe tellement elles se font nombreuses. Mais, je n'ai même pas besoin de les compter pour savoir à combien elle trônent sur cette surfasse qui n'est pas si lisse que ça. Si avant, je n'avais pas conscience que la mort était à deux pas de moi, c'est clairement différent maintenant. Et, franchement, j'aimerai juste que cela se finisse une bonne fois pour toute plutôt que de me laisser végéter dans cet endroit qui me donne la nausée. Bon, j'exagère un peu. J'ai presque appris à l'apprécier, cette cellule. Simplement parce que je n'ai pas le choix. Et parce que ma mère veille à ce que je m'occupe de la déco des lieux. Sans ça, sans cette petite liberté qu'elle me laisse, je détesterai cet endroit comme nul part ailleurs. Ou peut-être autant que le sas dans lequel se trouvait mon père peu avant son exécution. Cette foutue porte vers l'extérieur, vers l'Espace, qui m'a privé de sa présence. J'adore ma mère. Vraiment. Mais, je crois que c'était tout de même bien plus fort, ce qui me reliait à mon paternel. Déjà parce qu'il était quand même plus présent pour moi que ne l'est ma mère, n'ayant pas à s'occuper des histoires de l'Arche en plus de son boulot, puis.. C'était mon père. Il n'y a juste rien à ajouter lorsqu'on connaît l'importance d'un père dans la vie de sa fille. J'aurai tellement aimé qu'il me voir grandir et devenir une vraie doc. Me marier, sans doute avoir un gamin. Tout pour le rendre fier de moi, même si ce n'étaient pas une urgence pour lui. Il aimait bien Zack et je me doute qu'il le voyait bien dans ce rôle. On aurait pu et on aurait du avoir un tas d'années encore pour tout ça. Mais, rien ne se fera. Ma mère va finir par perdre son mari et à une petite année près, sa fille. Elle va être seule. Elle l'est déjà, dans un sens. Je ne suis plus qu'un poids mort pour elle. Donc oui. Il faut que cela se finisse et vite. Autant pour moi que pour elle. Qu'elle puisse enfin tenter de reprendre sa vie en main. Le seul point positif que je trouve à cette situation un peu bancale, c'est que j'échappe au poste de Conseillère. Me lancer là-dedans, très franchement, ça ne m'a jamais vraiment intéressé. Alors, oui. Je l'aurai fait pour ma mère. Mais, je ne suis pas une de ces nanas qui rêvent de gloire. Au contraire. Plus je passe sans me faire repérer et mieux je me porte. Je crois. Disons que je n'ai jamais vraiment compris pourquoi certains auraient pu donner n'importe quoi pour être à ma place et ainsi succéder à ma mère, et que d'autres au contraire, me dévisageaient à peine ils me croisaient. Et ce n'est pas plus mal que je ne comprenne pas ça.. Ma mère a raison de penser que si je savais plus de choses parmi toutes celles qu'elle me cache, j'aurai fait en sorte que les choses changent. Peut-être qu'inconsciemment, je l'aurai fait non pas pour moi. Mais, pour un de ces gars de Walden qui m'intrigue bien plus que je n'ose me l'avouer. Dans l'idée d'attirer son attention sur moi ou tout simplement pour lui rendre la vie un peu plus facile.. Il est tout de même passer du statut de Garde à celui d'un gars obligé de nettoyer mes horreurs graphiques. Comme quoi, tout ne tient parfois qu'à de petits détails ou des prises de conscience qui sont encore bien trop timides, pour le moment.

Toujours est-il que je ne me suis toujours pas relevée malgré l'arrivée de Bellamy. Toujours sur ce sol assez froid mine de rien. Un peu comme une représentation de mon moral qui est lui aussi, à terre. Ce n'est pas par gaîté de cœur que je rends les armes, en quelque sorte. Mais, c'est juste pour que je n'oublie pas ce qui m'attend d'ici quelques petits jours. Et même si j'avais envie d'en rire, je n'y arriverai pas. Pourquoi nourrir de faux espoirs, d'une quelconque grâce, alors que je suis à ce Niveau 2, qui n'a jamais vu le moindre de ses occupants reprendre sa vie en mains ? J'ai beau être la fille Griffin. Ils n'ont pas fait de cadeau à mon père, ils ne m'en feront pas plus à moi. D'autant plus qu'en ce moment, je ne le sais pas, mais c'est bien ma mère qui est derrière mon emprisonnement.. D'habitude, lorsque Bellamy arrive pourtant, je finis toujours par me relever assez rapidement et m'asseoir sur mon lit. Il voit, d'ailleurs, très rapidement que quelque chose ne va pas aussi bien qu'habituellement. Il est loin d'être con, il en est même tout le contraire. « Tss, j’ai déjà dit d’pas trop penser à moi, voyons ! » qu'il me lâche alors, m'arrachant un très léger sourire. J'en viens même à relever la tête puis mon regard vers lui, afin de croiser le sien. Comme bien souvent. Un peu comme si mon regard cherchait à accrocher le sien, surtout face à de tels mots. Le genre de remarque qu'il m'a toujours lancé, en fait. Et le genre de mots qui peuvent réussir à me sortir un peu de cette noirceur aveuglante. Juste parce qu'ils me donnent l'impression que tout va bien. Que tout est normal. Posant ma main tenant le stylo sur ma cuisse, je finis par hausser doucement les épaules, avant de lui répondre avec le peu d'humour qu'il me connaît et qui reste au fond de moi. « Et j'ai déjà dit que je fais ce que je veux. Si je veux trop penser à toi, je le ferai. C'est tout. Que ça te plaise ou non. » J'aurai pu le remballer méchamment, n'appréciant pas vraiment que des personnes autre que Zack disent de telles choses. Mais, pas quand ces mots viennent de Bellamy. Juste parce que c'est habituel comme je l'ai dit. Et qu'il s'attend très bien à une réponse de ma part. Soit l'envoyant gentiment ch*er ou soit en entrant subtilement dans son jeu. Disons que ça dépend pas mal de mon humeur sur le moment. Et là, s'il y a bien une chose que je ne veux absolument pas, c'est de me prendre la tête avec lui. J'aurai bien ajouté que si je pense trop à lui, il doit aussi beaucoup penser à moi pour oser dire une telle chose. Puis, il est vrai que mes pensées arrivent à s'égarer, par moments, jusqu'à lui. Alors pourquoi le contredire ? J'ai tendance à faire tourner des images passées en boucle dans ma tête pour repousser celles plus sombres qui se profilent un peu plus chaque seconde qui passe. Donc, ouais. Il en fait partie. Comme cette fameuse soirée à Walden, qui remonte à un petit moment déjà, mais que je n'ai pas oublié.

Finalement, la conversation dérive jusqu'à l'interprétation de l'un de mes dessins. Bellamy se surprend même à noter qu'il manque un détail pour le rendre plus complet qu'il ne l'est. Et un détail de poids, mine de rien. M'étant remise à compléter quelques traits sur celui se trouvant devant moi, cette fichue idée de lui laisser un petit quelque chose se fait bien présente. Et je sais déjà quoi faire. J'ai juste envie que ce petit dessin, que lui seul devrait réussir à interpréter dans son intégralité, le fasse sourire comme il s'évertue à vouloir le faire avec moi depuis que je suis emprisonnée. Moi non plus, je ne suis pas conne -juste vraiment aveugle pour ne pas tout voir, mais bon, hein!- et je sais très bien qu'il tente de rendre cette attente moins assommante qu'elle ne l'est en vérité. Bon, si ça se trouve, il s'en moquera totalement. Mais, j'ai envie d'imaginer sa tête lorsqu'il verra ce dessin le représentant. Cela m'aidera sans doute à m'évertuer pour le rendre le plus réussi possible. Après tout, c'est grâce à lui qu'il m'arrive encore de sourire, de plaisanter. D'avoir des nouvelles de Macy. Et bien d'autres choses. Alors, pourquoi ne pas lui laisser un petit quelque chose ? Nos échanges prennent à nouveau un léger virage, pour se tourner vers ces fameuses derniers vœux. Une simple chose qui devrait être possible pour tous condamnés. Si déjà on a le droit de vie ou de mort sur eux, pourquoi ne pas les autoriser à profiter d'une dernière fois de se sentir vivant ? Personnellement, je ne saurai même pas quoi demander avant qu'on m'ôte la vie une bonne fois pour toute.  Une vérité qui se perd doucement alors que je continue de donner forme à ce nouveau dessin face à moi. Et je ne sens même pas le regard de Bellamy sur moi. Trop perdue entre concentration et angoisse face à ce qui m'attend, alors même que je me compare à l'un de ces gladiateurs. « T’songes à demander à c’qu’on instaure la réalisation des dernières volontés ici ? Oublie : ça n’sera autorisé qu’pour une minorité ! Pis, ça sert qu’à faire oublier aux gens c’qui les attend… » Une question, simple en apparence, qui a le mérite de me faire redresser la tête vers lui. Est-ce qu'une telle parade aurait sa place au sein de la Colonie ? Bonne question. Me mordillant la lèvre, je pèse le pour et le contre dans ma p'tite tête de blonde. Cela pourrait permettre d'alléger des consciences, d'avoir un dernier souvenir normalement plus agréable d'une vie allant à sa perte un bref instant plus tard. Mais, ce serait aussi une façon de montrer au condamné ce qu'il ne connaîtra plus. De le faire vivre ses toutes dernières secondes dans le regret de ne pas d'être allé jusqu'au bout de ses rêves. « J'en sais rien.. Il y a du bon et du moins bon comme tu le dis. » Prenant le temps de me redresser un peu, j'incline la tête à gauche puis à droite, pour examiner mon dessin, avant même de me remettre à grossir et à combler certains traits, à en atténuer ou à en retirer d'autres du bout du doigt. « Certains pourraient mal le supporter. De goûter à un plaisir une dernière fois, leur laissant le temps de regretter tout ce qu'ils auraient pu avoir, mais qu'ils n'auront finalement jamais. » Et oui, c'est une question assez compliquée où aucune réponse n'est meilleure qu'une autre. Certains pourraient trouver une certaine paix intérieure, alors que pour d'autres, cela n'aurait que pour seul effet de remuer le couteau dans cette plaie qui n'aura jamais le temps de guérir. Si c'est mon cas ? Sans doute. Du moins, tout dépendrait des dernières volontés que j'exprimerai en une telle occasion.  En tout cas, je ne comprends vraiment pas son allusion aux différences sociales régnant sur l'Arche, raison pour laquelle je tarde un peu à rebondir dessus. « Ce ne serait pas juste si seulement une minorité en aurait le droit.. » que je lâche dans un soupir. Ah, si seulement je savais que la vie de la Colonie est tout sauf égalitaire.. Pourtant, c'est très loin d'être le cas. Bien sûr, je sais qu'il y a des différences de richesse. Sauf que pour moi, elles sont surtout la cause de l'héritage de chaque famille ou de leur évolution sur l'Arche. Jamais je n'irai jusqu'à penser que pour le Conseil, aucune vie n'a la même importance. Que chacun est réellement différent. Cela n'aide pas de baigner depuis toujours dans ces vérités cachées. Et là, pour le coup, il est évident que je suis encore si naïve.. « J’doute qu’ils avaient vraiment un espoir, t’sais. On leur faisait croire, mais on devait toujours trouver un moyen d’leur proposer d’autres combats, en cas d’éventuelles victoires. » Malheureusement, je suis bien d'accord avec lui. Leurs bourreaux devaient s'évertuer à leur trouver de nouveaux adversaires. Pour la renommée, pour l'argent aussi. Sans doute aussi pour une certaine forme de pouvoir, je n'en sais trop rien, mais cela ne m'étonnerait même pas, en fait. « Faut bien divertir l’élite… » J'hausse simplement les épaules. Est-ce qu'il n'y avait que l'élite qui participait à de tels.. jeux ? Il faut dire que je n'ai pas vraiment eu le temps ni même l'occasion de me poser davantage sur ce sujet. Puis, ce n'était pas vraiment dans mes priorités de savoir, en fait. J'aurai peut-être du. C'est malheureusement trop tard. Ma soif de connaissance n'est de loin pas assouvie. Dommage. « Tu crois qu'il n'y avait qu'eux pour assister à de telles choses ? Je suis presque certaine que même les personnes qui étaient à la base de cet esclavagisme organisaient des combats même pour les plus pauvres. Un peu en douce.. » Comme cette face de l'Arche que je ne soupçonne même pas d'exister. Toutes ces choses qui se font en douce, au nez même du Conseil et de ses lois plus que sectaires. Et c'est une vraie question que je lui pose. Peut-être sait-il plus de choses que moi à ce sujet. C'est possible. Je ne possède pas la science infuse, même si cela ne me déplairait pas. Tout savoir. Ce serait un peu le but ultime à mes yeux.

Comme à chaque fois qu'il vient me voir, j'ai le droit à quelques infos concernant Macy. Cela aide pas mal, après tout, que son gars soit le meilleur ami de Bellamy. Une petite chance, même. Bien que les nouvelles, depuis son emprisonnement, sont nettement moins sympa qu'au début du mien, lorsqu'elle était encore libre. Je sais très bien pourquoi elle a fini par rejoindre une cellule à son tour. Et je m'en veux tellement.. Un caractère aussi trempé et explosif que le sien, il faut pouvoir la gérer en quelque sorte, pour éviter qu'elle ne s'attire des ennuis. C'était mon rôle. Malheureusement, j'ai là aussi échoué. Et, oui, c'est de ma faute si elle est dans cette merde-là. J'aurai du être la pour elle, et l'aider à maîtriser ses poings. Donc, bon. J'échoue sur tous les points. Zack, Macy. Tous les deux ont fini en cellule. Comment est-ce que je dois seulement faire pour ne pas m'en sentir coupable ? Sérieusement ? « Et oui, la vie est une pétasse, c’est comme ça, Princesse ! » Baissant les yeux, puis ma tête, je me sens encore plus mal qu'avant. Alors, oui. Ce n'est pas de ma faute si elle est malade. Mais, je suis bien placée pour savoir qu'elle n'aura pas la même attention dans sa cellule que si elle avait été libre. Sa remarque m'oblige à m'en mordre la lèvre, me demandant s'il dit ça à cause de ce qui lui est arrivé. Je dois jouer de sang froid pour ne pas me risquer à lui poser la question. Disons que je sens que ce n'est vraiment pas une bonne idée. Pour seule réponse, j'en soupire, avant de relâcher un peu ma prise autour de mon crayon. « Ta mère doit certainement veiller à c’qu’on s’en occupe bien. » Sans doute. Mais, quand même. Elle ne peut quand même pas faire ce qu'elle veut. Si tel était le cas, je pense que je ne serai plus dans cette cellule depuis longtemps. Du moins, c'est ce que je crois.. Ne sentant plus son regard, je me risque à lui en lancer un, le regardant ainsi s'occuper de sa pénible tâche. Tâche qui ne devrait pas lui appartenir. C'est mon bordel après tout. Pourquoi devrait-il s'évertuer à le nettoyer ? J'ai déjà tenté de lui prendre son matos des mains, mais.. Il ne m'a pas laisser faire. Toujours en le regardant, je me décide à lui répondre un petit « Certainement, oui.. » avant de retourner à la concentration imposée par mon dessin en cours. Nous voilà, ainsi, tous deux absorbés par nos occupations du moment. A peine étrange, non ? Mais, heureusement pas pour très longtemps. « Si ça t’dérange pas d’trop, j’vais laisser l’Colisée, t’pourras corriger ton erreur, comme ça ! » A mon tour de secouer doucement la tête, alors que je le regarde, une fois de plus, une lueur d'amusement dans le regard. « Comme tu veux. » Après tout, je n'ai clairement pas envie de lui dire ce que j'ai en tête. Autre que le Colisée, d'ailleurs. Mais bon. Autant faire diversion, non ?

Après quelques brèves minutes de silence, je finis enfin par me lever. Et mon regard fuit Bellamy pendant un petit moment. Une sensation étrange s'impose en moi. Une grosse tristesse, avec un peu d'espoir tout de même. Une envie plus que spéciale. Peut-être me prendra-t-il pour une folle, pour une cinglée. Mais, qu'importe. Je doute, longuement même, avant de passer une main dans mes cheveux dans un geste montrant à peine mon hésitation. Et je finis par me lancer. « Bellamy ? » Ma voix est aussi subtilement sur la réserve, même si je me donne une baffe mentale pour me reprendre et ne surtout pas me démonter. « Tu sais.. Au sujet des dernières volontés. » Me mordant la lèvre, doucement, je finis par me diriger vers mon petit lit pour m'y asseoir. Cela vaudrait mieux pour ce que je m'apprête à lui demander. Mon petit cœur, pour la première fois depuis un bon moment, se remet à battre et le sentir, finalement, si vivant, me donne presque mal au ventre. Je cherche mes mots, même si j'essaie de ne surtout pas le montrer. Je brise sans doute l'image de la nana sûre d'elle qu'il peut avoir de moi, quoique.. Je ne sais vraiment pas comment il me voit. Moi-même, je ne sais pas quelle étiquette lui donner. Il n'est plus vraiment une connaissance, pas vraiment un ami. Je ne sais pas. Pour ne pas être sans savoir quoi faire de mes mains, je les pose simplement toutes deux à côté de moi, sur le bord de mon lit. « Histoire que j'oublie un peu.. » Est-ce qu'il en a seulement quelque chose à faire ? Je m'emballe sans aucun doute pour rien. Mais quand même. Mon regard se pose sur la porte de ma cellule, sans réussir à croiser celui de Bellamy. Je redoute vraiment sa réaction face à ce que je m'apprête à lui demander, le plus naturellement du monde. « Pour m'aider à croire en quelque chose.. » Ou du moins, pour m'aider à penser que tout n'est pas encore fini pour moi. Que j'ai encore des choses à vivre. Que je suis encore bien vivante. Bien entendu, il ne me doit rien. Il serait totalement libre de refuser, même si c'est ce que je redoute. Je me décide alors à croiser à nouveau son regard, mes joues doivent certainement être doucement teintées de rose. Une couleur qu'il me connaît, je le sais. Il l'a déjà vu, sans doute plusieurs fois, sur mon visage. Mais, qu'importe. Ma voix devient de plus en plus basse à mesure que les mots m'échappent. Je ne réfléchis même plus sur ce que je dois dire. J'en ai juste .. envie. « Mais.. Pas juste une simple distraction. » Petite référence à ce qu'il a pu me dire juste avant, au sujet des dernières volontés. Mes doigts se resserrent sur ma couverture. « Tu.. Enfin. Je peux te demander quelque chose ? » Me voilà qui tourne autour du pot. Le genre de délire qui ne me ressemble pas, et je me déteste sur le coup de me montrer aussi intimidée face à lui. Inspirant un bon coup, je me décide à lancer, plus que dans un murmure, mais tout de même assuré. « Embrasses moi. S'il te plaît. » Juste une dernière fois. Voilà ce qui est sous-entendu. Je ressens cette douce chaleur, la même que lors de cette soirée à Walden, qui m'entoure à nouveau. Il n'a même pas à me répondre ni même à accepter ce qui serait comme ma dernière volonté. En fait, même si cela fait un moment que cette fameuse soirée a eu lieu, c'est comme si j'avais juste à y repenser pour sentir à nouveau ses lèvres contre les miennes. Oui, c'est de la pure folie. Même ce que je lui ai demandé. Je ne peux pas, cependant, me résoudre à fuir son regard. Je ne le quitte tout simplement pas, tant mon espoir de me sentir réellement vivante est dépendant de sa seule réponse. Pourquoi lui avoir demandé ça ? Parce que j'ai envie de ressentir une dernière fois ces choses. Peut-être aussi parce que j'en ai envie. Mais, est-ce seulement son cas ? Cette courte attente me broie intérieurement tellement je suis dépendante de sa réponse. Dans tous les sens du terme. Même si je n'en ai pas encore pleinement conscience. Bien entendu.

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MessageSujet: Re: [02/04/2482] Just give me something I’ll miss before I go. | Bellarke Jeu 7 Déc - 1:26

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We find each other in the stars. In the far off galaxies where the stars shine brightest. In the ones shining above our heads, lighting the way through the darkness. I find the stars in your smile, in the gleam in your eyes when you look to me. I find a supernova burning through my veins when you touch me. I find a black hole drowning me when you leave. I find myself a north star, the point that always guides us home, in your voice calling out my name. [Texte de Abby S.]

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Cette matinée est bien trop bizarre. Elle a un goût d’routine, d’une routine qui a commencé depuis en Août dernier, et qui m’semble pourtant bien plus vieille que ça, tant elle s’est comme « ancrée » en moi. Elle a un goût d’routine qui touche à sa fin, comme quand on s’apprête à terminer un livre, dont on a aimé chaque page, et que l’on va quitter – ainsi que ses héros – avec l’plus grand des regrets. Regret d’autant plus intense qu’sur l’Arche, à moins d’être d’l’Elite, les livres, on n’les garde pas, quand on parvient à mettre la main dessus… Et là, cette matinée, elle a c’goût étrange. Ca n’fait que peu d’temps que j’ai commencé à m’faire à cette routine, à cette vie dans laquelle j’suis passé de Garde à agent d’entretien, à ce train-train duquel ma mère et ma sœur sont étrangères, à cette absence déchirante dans ma vie d’une certaine brune qui m’a fait connaître mes 1ers émois amoureux. C’est tout récent, et pourtant, alors qu’ça va encore changer, j’réalise que – en parti du moins – ça m’manquera. Ca m’manquera d’plus toquer à la porte d’la cellule d’la Griffin. Ca m’manquera plus découvrir les nouveaux dessins qu’l’apprentie doc’ a bien pu faire. Ca m’manquera d’plus tenter d’lui faire esquisser un p’tit sourire, ni d’lui arracher un léger rire. Ca m’manquera d’plus m’amuser à la pousser dans ses derniers retranchements, au cours d’conversations nous opposant l’un à l’autre, comme on en avait l’habitude, avant tout ça. Ca m’manquera. Et pourtant, j’aurai pas conscience qu’ça m’manquera. J’voudrai pas en prendre conscience, plutôt. C’est déjà l’cas maintenant : j’sens qu’c’est bizarre, mais j’parviens pas à voir d’où ça provient. J’me refuse d’voir d’où ça vient !, serait plus exact… Trop compliqué à tout analyser, trop d’choses à prendre en considération, trop d’barrières à faire tomber, trop d’œillères à détruire… Alors, avec un goût d’bizarre en bouche, j’m’active. Comme tous les jours. Alors qu’ce jour est loin d’être comme tous les autres : j’vais pouvoir voir O., et ça va être une des dernières fois où j’vais nettoyer la cellule d’la Griffin. Pourtant, rien dans mon attitude n’laisse à paraître l’fait qu’j’ai conscience d’ça. J’n’ai, d’toute façon, pas l’moins du monde conscience d’à quel point ça peut m’toucher, donc… Et p’têtre qu’c’est l’côté étrange d’la journée, celui dont j’ai conscience sans avoir vraiment conscience, qui fait que j’taquine la blonde sur l’dessin du Colisée qu’elle a fait. Sans percuter vraiment qu’la vanner sur celui-ci revient à admettre que j’me souviens parfaitement qu’on a pu parler d’ce bâtiment, au cours d’mes dernières visites. Sans être prêt à admettre qu’ça peut laisser à entendre que j’garde un peu trop en mémoire les instants qu’on peut partager, aussi fugaces soient-ils, aussi peu importants sont-ils sensés être, vu que j’ne suis ici qu’pour bosser, et elle, qu’en attendant qu’l’Arche s’décide à l’envoyer rejoindre les étoiles. Sans vouloir assumer l’fait qu’à présent, j’peux pas parler du Colisée, ni l’voir dessiné/photographié, sans penser à cette conversation passée. Conversation qu’a pourtant pas duré des heures et des heures, et qui n’a eut lieu qu’une fois. Une fois, une seule. Pour l’résultat qu’vous voyez. Et oui, j’me voile encore la face, malgré tout ça. Mais mettez-vous en tête, une fois pour toute, qu’y’a tout un tas d’choses qui font que c’est putain d’compliqué ! Pas l’temps, ni l’courage. Au lieu d’ça, j’poursuis notre jeu d’joute verbale, comme si de rien n’était, comme si j’n’étais pas qu’un agent d’entretien, comme si elle n’était plus qu’une prisonnière. « Et j'ai déjà dit que je fais ce que je veux. Si je veux trop penser à toi, je le ferai. C'est tout. Que ça te plaise ou non. » C’est banalement routinier, entre nous, c’jeu débile. Et ça m’amuse. Autant qu’il puisse exister quelque chose, dans cette méprisable Colonie, capable d’m’amuser, alors qu’ma vie n’a plus de sens, depuis longtemps. J’esquisse un sourire, tout en détournant la tête et mettant ainsi un terme à notre échange d’regards. Faut qu’j’bosse, moi, que j’sois un peu sérieux. Et p’têtre qu’une partie d’moi a pas vraiment envie d’lui laisser voir la p’tite lueur d’fierté que j’peux bien ressentir, à la simple idée qu’elle puisse vraiment s’laisser aller à penser à moi, même si qu’occasionnellement. Ni même qu’elle n’puisse détecter qu’moi, en tout cas, il m’arrive d’voir, bien malgré moi, sans même que j’en prenne véritablement conscience, mes pensées s’égarent d’son côté. « Déstresse Princesse, j’t’ai jamais interdit d’trop penser à moi, j’t’ai juste déconseiller de l’faire trop souvent : ça t’déconcentre un peu trop, sinon ! Tu l’sais parfaitement pourtant ! », finis-je par balancer, tâchant d’paraître sérieux, comme si j’étais on n’peut plus sûr de c’que j’avançais. Faut dire qu’on a déjà eu c’délire, avant qu’elle n’finisse entre ces 4 murs. Et la dernière fois, c’était quelques mois avant qu’elle n’soit déclarée comme traître. Comme ça lui arrivait parfois, elle bossait à l’hôpital, pour peaufiner sa formation, et apprendre sur le « terrain ». J’avais dû passer une visite de routine, en tant qu’Caporal, pour voir si j’étais encore apte à porter l’uniforme. Si la blonde m’avait croisé à mon arrivée, ça n’est pas elle qui s’était occupée d’m’ausculter, par contre. Et alors que j’m’apprêtais à repartir, j’avais entendu un toubib demander un truc après la jeune Griffin, qui, visiblement, avait un peu d’mal à suivre la cadence. P’têtre qu’on lui avait demandé trop d’choses, c’jour-là, ou qu’elle était un peu HS, et un poil moins efficace qu’à l’accoutumée : j’en sais rien. Toujours est-il que c’jour-là, elle paraissait avoir un peu d’mal. Et l’vieux l’avait bien remarqué, lui faisant savoir qu’elle devait arrêter d’rêvasser. Fait exprès, à c’moment précis, y’avait l’Zack qu’a fait son apparition dans les parages, pour rendre visite à sa blonde et la « kidnapper » pour une pause d’midi bien méritée. L’vieux doc’ avait ajouté qu’il comprenait mieux pourquoi Clarke paraissait d’moins en moins concentrée, cette dernière heure. Bien entendu, j’avais pas pu m’empêcher d’vanner l’apprentie doc’, d’un p’tit : « J’savais qu’t’allais avoir du mal, dès qu’tu m’as vu torse nu, tout à l’heure. T’as trop pensé à mon torse d’Apollon, et comme je t’l’avais dit : ça t’a trop distraite ! », m’étant arrangé pour qu’son p’tit copain l’entende. En effet, en venant donner des documents au doc’ qui s’occupait d’moi, elle m’avait aperçu, torse nu. Et j’l’avais vanné sur les « risques », pour elle, d’une telle vision. Plus par envie d’détendre l’atmosphère, qu’avait gagné une teinte un peu déroutante, les quelques brèves secondes précédentes, qu’par vantardise. Quittons c’passé (et l’regard peu amène qu’avait bien pu m’lancer Zack), pour revenir au présent, et à mon ton railleur (qu’était aussi présent, lors de c’jour évoqué un peu plus tôt.). Bon, après, j’fais plus mon fanfaron qu’autre chose, hein. Trop compliqué, comme j’vous l’ai dit. Puis, d’toute façon, j’suis réaliste : j’passe inaperçu, sur l’Arche. J’ai tout fait pour, aussi, j’le reconnais. M’fondre dans la masse, l’plus possible, pour éviter qu’on m’remarque trop, et qu’on s’intéresse un peu trop à moi, et, par extension, à ma famille. Encore un truc où mon histoire – si particulière – a apposé sa marque, dans mon caractère, pour aboutir en un manque de confiance chronique, touchant aussi bien l’image que j’ai d’mon apparence physique, que d’la personne que j’peux bien être. M’suis toujours demandé, d’ailleurs, ce qu’avait bien pu m’trouver Elizabeth. Alors, imaginer, une seule seconde, qu’une fille comme la blondinette puisse êtreréellement troublée par moi, sans s’arrêter à mon physique, à mon caractère, ni à mon secteur natal, c’est impossible pour moi. Rentrez-vous le dans l’crâne : pour moi, Clarke et moi, on n’joue pas dans la même cour. Encore un truc qui va rendre les choses bien plus compliquées qu’ça ne l’est naturellement, plus tard…

Mais n’allons pas trop vite en besogne. D’toute façon, entre elle et moi, ça n’peut aller trop rapidement, bien au contraire : c’est comme le bon vin, ça devient meilleur avec du temps, et beaucoup d’patience. Trop précipiter les choses risquent juste d’faire tomber la bouteille, pour qu’elle soit pulvérisée au sol. Nan, nous, faut nous laisser l’temps d’nous apprivoiser, d’nous libérer aussi d’nos chaînes et d’nos préjugés hérités d’la Colonie. Et ça, bah… Pas facile… Mais bon, ça pourrait être pire : déjà, on parvient à s’parler. On l’a toujours fait, en fait. Juste pas forcément comme tout l’monde. Ca a toujours été un subtil mélange d’prises de becs, et d’vannes. C’est plus fort que nous. Comme une routine. Sorti d’un passé lointain, révolu depuis des siècles, résurgence d’une histoire compliquée, qu’aurait mérité d’traverser les siècles dans la mémoire Humaine, dont ni la blonde, ni moi, n’pouvons avoir conscience. Dommage. Histoires relativement similaires dans leurs complexités, sans s’ressembler totalement pour autant. Comme nos « aînés » méconnus, on est tout autant joueurs. Et tout autant capables d’mêler des sujets d’conversations plus sérieux, sous des dehors un peu plus débiles, ou inversement. Là, cependant, si on était plus dans l’jeu, tout à l’heure, on est dans un thème plus sérieux, à présent. Sans doute l’thème qui nous sépare – et séparera encore un p’tit moment – l’plus : la distinction qu’il peut exister sur l’Arche, entre certains secteurs. Certes, c’est pas vraiment l’sujet d’conversation direct’, mais on l’effleure quelque peu : si les dernières volontés venaient à être autorisées au sein d’la Colonie, elles n’seraient permises qu’à l’Elite. Du moins, y’aurait moins d’choix, pour les autres. « J'en sais rien.. Il y a du bon et du moins bon comme tu le dis », est c’qu’elle déclare finalement, après un p’tit temps d’réflexion. Un poil frustré d’sa réponse – bien trop facile à mes yeux – un soupir m’échappe. Préférant n’pas rétorquer pour l’heure, j’me concentre sur la mission pour laquelle on m’a demandé d’venir dans cette cellule. Pendant c’temps, la Phoenicienne pousse sa réflexion un peu plus loin. « Certains pourraient mal le supporter. De goûter à un plaisir une dernière fois, leur laissant le temps de regretter tout ce qu'ils auraient pu avoir, mais qu'ils n'auront finalement jamais. » Là, par contre, j’peux qu’hocher la tête, approuvant ses dires. « Ca s’comprend aussi… », dis-je, dans un murmure. Perso, ça m’rendrait fou, qu’on m’autorise une dernière volonté, avant d’mettre fin à ma vie. Quel intérêt, d’avoir un dernier plaisir, pour crever quelques heures plus tard ? Prendre encore plus conscience qu’on va mourir ? Merci mais non merci ! « Ce ne serait pas juste si seulement une minorité en aurait le droit. », termine ensuite la blonde. C’qui m’vaut d’me tourner vers elle, pour la jauger du regard. Est-elle sérieuse ? Regrette-t-elle réellement c’qu’il adviendra forcément ? Ou n’a-t-elle juste pas conscience qu’ça finira ainsi ? Après tout, j’avoue qu’avec elle, j’ai jamais su trop quoi penser. Alors qu’la plupart des privilégiés sont clairement méprisants envers les gens moins aisés, et usent et abusent d’leurs innombrables privilèges, elle, elle… bah, j’sais pas trop, en fait. Elle paraissait un peu planer, on va dire. Comme le jour où, alors qu’elle était gamine et passait un peu d’temps avec sa mère, au boulot d’celle-ci, elle a paru stupéfaite d’voir qu’en tant qu’Waldénite, je n’pouvais pas bénéficier du même traitement qu’les plus riches Archéens. Même lors d’la fête qu’elle a passée sur Walden, y’a quelques p’tites années d’ça, elle paraissait assez étonnée d’entendre qu’il existait des différences entre les fêtes données sur son secteur, et sur le mien. Elle n’paraissait pas comprendre réellement les raisons qui faisaient que certains la foudroyaient du regard. C’était une vraie biche, perdue au milieu d’un troupeau d’chasseurs, avec la candeur qu’parait avoir l’animal (aujourd’hui disparu d’la surface d’la Terre, à mon avis !), qui fait face pour la 1ère fois à des prédateurs, du moins, différents d’ceux dont elle a l’habitude. Une des raisons qu’a fait qu’j’ai pas pu m’résoudre à la laisser évoluer seule, c’soir-là, dans c’bar clandestin. Une des raisons qui fait qu’j’ai du mal à la cerner, et qui, du coup, fait qu’elle m’rend curieux à son sujet, avide d’en apprendre plus. Désireux d’parvenir à percer « l’mystère Griffin ». Loin d’comprendre, dans l’même temps, l’attraction qu’elle exerce sur moi, sans même l’avoir cherché. J’pousse un soupir, exprimant aussi bien d’l’agacement face à l’injustice qui nous entoure, qu’par fatigue d’ce monde si sectaire. « Ca restera pourtant cohérent avec c’qui s’fait déjà, en dehors des murs d’la Prison… ». Conclusion réaliste. Oh combien tristement réaliste, même. Bienvenue dans ma réalité. Une réalité où vous pouvez faire tout c’que vous voulez, pour prouver votre valeur, au final, on n’retiendra qu’une chose d’vous : votre lieu d’naissance. Et ça vous explosera tôt ou tard à la gueule. J’ai quelques exemples en ce sens, des gens d’mon milieu, qui s’sont hissé, à force d’travail, jusqu’à tutoyer les Phoeniciens, voire à gagner leur place dans c’secteur. Certains y étaient même depuis plusieurs années, via leurs parents, ou leurs grands-parents. Et à cause d’une erreur, d’une seule, parfois pathétiquement insignifiante, ils ont tout perdu, et s’sont vus (re)envoyé à Walden. Foutrement dur, pour ceux qu’ont grandi dans l’luxe des privilégiés. Foutrement atroce, pour ceux qu’ont trimé comme des fous pour qu’leur vie puisse devenir meilleure. Et bien entendu, on voit d’nombreux membres d’cette putain d’Elite hautement méprisée, faire des conneries parfois bien pires qu’les gens dont j’vous parle, et n’rien avoir. Du moins, pas d’sanctions aussi violentes qu’les gens du p’tit peuple…. La vie est une connasse, mais qu’envers certains individus, sinon, ça s’rait pas drôle ! « Tu crois qu'il n'y avait qu'eux pour assister à de telles choses ? Je suis presque certaine que même les personnes qui étaient à la base de cet esclavagisme organisaient des combats même pour les plus pauvres. Un peu en douce… », m’interroge la blonde. J’m’interromps dans mon boulot, pour observer la blonde. Une fois d’plus. Tâcher d’voir si elle est sérieuse. Elle n’parait pas jouer d’ironie, pour accentuer la discrimination d’l’Arche. Etrange. J’ai vraiment du mal à la comprendre. Ca m’énerve. Ca m’intrigue. Ca m’énerve qu’ça m’intrigue. Secouant la tête, j’me remets à bosser, tout en lui répondant : « Princesse… », commencé-je, d’un soupir, indiquant bien mon état d’esprit actuel, « donner un accès à la basse populace, à des distractions similaires à celles de l’Elite, et donc, d’moindres qualités, c’est le meilleur moyen de faire croire aux bouseux qu’ils ont autant d’valeurs qu’les gens pour lesquels ils s’tuent à la tâche. Et leur ôter, l’air de rien, tout envie d’révolte contre les discriminations qui les bouffent au quotidien ! ». Ca s’voit, qu’j’ai réfléchi au sujet, hein ? Pas qu’lors de cette conversation, du moins. Et oui, j’parle surtout d’l’Arche, là où la blonde est visiblement qu’dans encore qu’dans l’hypothétique d’la discussion.

La conversation s’poursuit, sans doute un poil trop entaché par mon pessimisme. Pourtant, j’tente de m’montrer rassurant, quand j’dis à la blonde qu’sa mère soit sans doute veiller sur Macy. En fait, j’lui ai même pas sorti ça qu’pour la rassurer. Mais c’est aussi parce que j’suis sûr d’moi. Suffit d’voir les quelques p’tits privilèges qu’la Conseillère parvient à faire passer à sa fille. Un peu plus d’couvertures que c’qui est normalement permis. D’quoi dessiner également. Alors oui : c’est pas grand-chose. Mais quand on sait qu’dans les cellules, normalement, y’a qu’une couverture par détenu, et certainement pas d’quoi les distraire, bah, ça fait une grosse différence. Ou pas tant qu’ça, quand, comme moi, on est habitué à la chose. Une Colonie. Une loi. Deux poids, deux mesures, quant à l’application d’celle-ci. C’est ainsi. Mieux vaut s’y faire, tant bien qu’mal, car d’toute façon, rien n’changera cette triste situation. Ceux qui l’ouvrent tous finissent en taule, et rapidement jeté dans l’immensité d’l’Espace. « Certainement, oui… ». J’me retiens d’lui dire qu’c’est même obligé. Qu’si elle pense qu’sa mère va laisser la meilleure amie d’sa fille, une gosse de riche également, s’retrouver sans un minimum d’confort, en quarantaine, c’est qu’elle connaît bien mal sa mère. Qu’elle devrait ouvrir un peu les yeux, et regarder plus attentivement sa cellule. Même ma présence ici est une preuve qu’sa mère œuvre, à l’ombre, pour qu’sa fille ait un minimum d’vie sociale. Car ouais, les détenus du Niveau 2 sont en général dans une autre pièce, genre isolement ou autre, quand on va y faire l’ménage. Ils sont enfermés avec interdiction d’voir des gens, j’veux dire. Et croit-elle vraiment qu’les visites d’tous les nouveaux arrivants du Niveau 2 sont autorisés aussi rapidement qu’ça a pu être l’cas pour elle ? Car ouais, j’sais aussi qu’son mec a pu venir la voir assez vite, après son arrivée ici. L’sujet a été abordé, rapidement, lors d’mes 1ères heures d’boulot. C’est fou d’voir à quel point les privilégiés sont tellement privilégiés, qu’pour eux, tous leurs p’tits avantages sont des choses basiques. Ca rejoint c’dont on parlait avec O., y’a des années d’ça : quand on a tout, on prend même plus conscience qu’on a tout, et on n’savoure plus rien. Avoir tout, c’est cool. Avoir tout, ça vous anesthésie d’plein d’choses, ça vous coupe de la réalité. Et ça m’énerve : j’arrive pas à déterminer si c’est ça, qui s’manifeste, là, avec la blonde, ou si elle est juste bien trop naïve. Si nous avions eu une conversation de c’genre, à l’extérieur, avant qu’elle n’finisse en prison, c’est clair qu’nous aurions sans doute fini par nous prendre la tête. C’qui aurait rendu nos potes complètement barges. Comme à chaque fois qu’on en venait à s’confronter, à voir qui ferait plier l’autre à son opinion. Mais là, j’ai pas la force d’partir en débat. Ou plutôt, j’prends sur moi. Inconsciemment. Car j’ai pas envie d’l’emmerder avec ça. Pas alors qu’elle… Soupir mental. Vif hochement négatif d’la tête – mental lui aussi. Arrêt brutal des pensées. Refus d’terminer cette phrase. Trop d’implications, par derrière. On va s’contenter d’dire qu’j’ai juste l’envie d’pas trop la faire chier. Sans réfléchir plus qu’nécessaire. (D’toute façon, j’suis qu’un Waldénite, j’ai pas l’droit de réfléchir, on m’demande pas ça, mais juste d’laver l’Arche….) Allez, un sujet plus léger. Et m’voilà donc à lui signaler que j’vais pas faire disparaître sa représentation du Colisée. Avec une pointe d’humeur : ça lui permettra d’rectifier l’odieux oubli qu’elle a osé faire, en ne m’représentant m’délectant du spectacle de cette ancestrale bâtisse ! « Comme tu veux. », déclare-t-elle. Mais en réalité, j’sais pas trop c’que j’veux. Hormis arrêter d’voir mes pensées s’égarer un peu trop dans tous les sens, quand j’viens ici, j’veux dire. M’suis jamais réellement autorisé à réfléchir à ça, d’toute façon. J’pouvais pas. Quel intérêt ? J’ai la réputation d’être un putain d’enfoiré égoïste, alors que d’toute ma vie, j’ai même jamais pu penser, n’serait-ce qu’une seule seconde, à ma gueule, et rien qu’à ma gueule. J’me suis toujours fait passer en dernière. Après ma frangine, après ma mère, après Elizabeth. J’sais même pas c’que ça fait, d’penser à soi, en fait. Sinon, j’aurai tout envoyé paître, y’a longtemps, pour m’installer avec ma p’tite amie. Sinon, j’m’amuserais pas, dans quelques jours, à m’laisser manipuler par un enfoiré, pour m’retrouver sur Terre, dans l’espoir d’garder un œil sur ma frangine ! Un égoïste n’relègue pas son bonheur et son bien-être à l’arrière-arrière-arrière (x 3000)-plan ! Ou alors, c’est un égoïste qui connaît pas la définition d’ce mot. Pas d’bol, j’ai un minimum d’culture… Même là, ma connerie, c’est pas forcément un truc que j’veux vraiment. Ou si c’est l’cas, c’est loin d’être conscient. Mon but réel, et assumé, c’est d’arracher un semblant d’sourire à la blonde en sursis.

Voilà pourquoi j’aime pas être ici. Ca m’amène toujours un flot d’pensées, même si disparates, mais qui restent dans ma tête, par la suite. A croire qu’sans l’vouloir, la blonde m’force à m’interroger sur bien des choses. Sans l’souhaiter non plus. Maudite Griffin. Plongé dans mes pensées, j’frotte, d’toutes mes forces, pour effacer certains dessins d’la toubib en herbe. Les produits qu’on utilise sont pas forcément des plus efficaces. Faut d’l’huile de coude, pour qu’le résultat soit à peu près convaincant. Ca m’dérange pas : ça m’oblige à rester à peu près concentré sur c’que j’fais. Et j’m’efforce d’occulter mes pensées, d’filtrer les moindres réflexions qui pourraient tenter de s’immiscer dans mon esprit ! Là, par contre, l’silence a une saveur un peu plus oppressante que les silences qu’ont bien pu parsemer, précédemment, cette « entrevue ». Mais c’est parce qu’on doit sans doute retourner beaucoup trop d’choses dans nos esprits, l’un comme l’autre. Et soudain… « Bellamy ? » Véritable décharge électrique qui parcourt ma colonne vertébrale. A cause d’la p’tite voix avec laquelle elle vient d’s’adresser à moi. A cause aussi d’l’utilisation d’mon prénom. Jamais elle ne m’a appelé par mon prénom. Quand elle avait besoin d’m’interpeller, c’était toujours par le biais d’mon patronyme. C’est donc déroutant. Et pas déplaisant, c’est même plutôt sympa, la façon dont elle a d’prononcer mon prénom, mais on va virer cette pensée, OK ? Alors que j’me tourne pour lui faire face, ayant cessé d’bosser – des plus étonnés par sa façon d’m’appeler – elle poursuit : « Tu sais.. Au sujet des dernières volontés. ». Mes sourcils se froncent. Elle parait toujours… incertaine ? mal à l’aise ? gênée ? J’saurai pas quel mot choisir, mais bordel, c’est pas la Phoenicienne que j’connais. Celle capable de s’rendre, comme si de rien n’était, sur Walden, pour une soirée, à laquelle elle n’a pas envie d’aller. Croisant mes bras contre l’ventre, toujours un chiffon dans la main, et l’produit nettoyant dans l’autre, j’l’observe, intrigué, alors qu’elle s’assied sur son lit. « Histoire que j'oublie un peu. Pour m'aider à croire en quelque chose. ». Mes sourcils s’froncent encore plus qu’ils ne l’étaient jusqu’alors. Mais où elle veut en venir ? Sa voix baissait progressivement d’intensité, j’en viens à tendre l’oreille, l’visage légèrement penché dans sa direction. « Mais.. Pas juste une simple distraction. Tu.. Enfin. Je peux te demander quelque chose ? » M’demander quelque chose ? A moi ? En rapport avec les dernières volontés ? Pas sûr qu’j’sois vraiment la personne la plus habilité pour ça hein ! Cela dit, comme l’enfoiré d’égoïste que j’suis, j’hausse les épaules d’un air indifférent, rétorquant ainsi, d’un simple geste, que j’peux tenter d’l’aider. Laissant indiquer, à quiconque veut bien lire entre les lignes, qu’elle fait ainsi partie des rares personnes que j’accepterais d’aider avec plaisir. Peu importe c’qu’il m’en coûte. Mais ouais, faut lire entre les lignes. Entre les difficultés et tout c’qui nous sépare, aussi. Et passer outre un puissant voilage de face, sans doute. Bref, comme elle parle d’moins en moins fort, j’suis – littéralement – pendu à ses lèvres. Plutôt drôle, quand on sait c’qu’elle compte me demander… « Embrasses moi. S'il te plaît. », parvient-elle finalement à souffler, dans un murmure bien peu audible. Ou plutôt : sa demande est tellement inattendue que j’ai du mal à croire que j’souffre pas d’hallucinations auditives. (Mais bon, dans c’cas-là, on va éviter d’se demander pourquoi mon cerveau parait vouloir l’entendre sortir une telle chose. MERCI BIEN !). Et voici comment j’me retrouve figé. J’vous jure, à côté d’moi, les statues d’cire qui peuplaient les musées d’autrefois font bien pâles figures ! (statues – figures… Avouez, j’suis un génie des mots !). En fait, y’a qu’mes yeux qui bougent. Qui clignent, pour être plus précis. Ouais, moi, c’est même pas vrai d’dire que j’en crois pas mes oreilles, là, c’est plutôt qu’j’en crois pas mes yeux. (Bon, OK, j’suis p’têtre pas un génie des mots, en fait. Mais j’m’en tape !). Et quand, enfin, au bout d’quelques secondes – ou minutes, j’sais pas trop ! – mon cerveau s’remet en marche (ouais, plantage amorcé avec son « Bellamy » puis sa demande !), c’est à peine si j’parviens à sortir un : « Que… Attends… Quoi ? ». Bon, OK, j’triche, dans les faits, c’est plus un mélange d’tout ça, et il m’faut du temps pour que ces mots ne s’entremêlent pas et soient donc « audibles ». Allez, Bell, remets ton cerveau correctement en marche, s’te-plaît, c’est pas qu’t’aies l’air con comme ça, mais en fait, si, un peu, si c’n’est totalement même ! Nouveau « secouage » de tête, pour tenter d’revenir sur Terre. Ou plutôt sur l’Arche. Et un : « Tu t’fous d’moi, c’est ça ? » franchit finalement l’seuil de mes lèvres. D’manière un peu trop bourrue. Et un poil trop forte, mais ça, c’est qu’une impression, après le decrescendo vocale d’la blonde… Mon regard se rive sur la blonde, tâchant d’voir un sourire apparaître sur ses lèvres. Un signe quelconque indiquant qu’elle plaisante. Mais non. Pas la moindre esquisse d’sourires, amusés ou railleurs, sur ses lèvres. Au lieu d’ça, elle mordille sa lèvre. Et tente d’afficher un air innocent. P’tain, elle veut ma mort, ou quoi ? Merci de compatir avec des bruns malmenés par des viles blondes, c’est plutôt courant en fait !

Ok… Quelqu’un a vu mes neurones, s’vous plaît ? Encore un « secouage » de tête (merde, ça va finir par sonner vide à la longue hein !). J’transfère l’chiffon dans la main tenant déjà l’produit, afin qu’ma main – désormais « vide » - s’déporte sur l’arrête d’mon nez, pour l’pincer. Besoin d’réfléchir (et pas d’fléchir trop rapidement aux desideratas d’une p’tite blonde !). Les yeux clos, j’inspire profondément. C’est moi, où on a un problème d’oxygène, là ? Ca doit tourner au ralenti, nan ? Bon…. Pensons… La blonde m’demande de l’embrasser. Enfin, d’la réembrasser, si on veut être plus correct, vu qu’nos lèvres s’sont déjà trouvées, lors d’la soirée précédemment évoquée. Ca pourrait être pire. Et non, par là, j’veux pas dire qu’la demande aurait pu être émise par une autre personne qu’elle, loin d’être aussi agréable à regarder qu’elle (et à embrasser aussi, du coup, vu qu’ça, j’sais qu’c’est plutôt sympa à faire, avec elle. J’viens d’m’indiquer mentalement la sortie d’mon propre cerveau, pas la peine d’tenter d’le faire vous-même, merci bien !), ni qu’ça aurait pu être par quelqu’un que j’supporte vraiment pas. Non, j’veux dire par là qu’elle reste assez « sage » dans sa demande. J’suis sûr qu’y’en a qui s’seraient pas privé pour demander plus. Des barges, vous savez, y’en a partout hein… Ma main finie par couvrir partiellement mon front, et masquer mes yeux dans l’même temps. C’est l’grand bordel dans mon cerveau. Bon, OK, celui-ci n’a jamais été particulièrement bien rangé, j’vous l’concède parfaitement ! Mais là, c’est Hiroshima ! Merci bien, Clarke ! Inspiration. Expiration. P’tain, j’suis doué, j’sais comment s’fait le cycle d’oxygénation du corps humain. Ouais, il fait froid, en dehors de mon cerveau, j’me suis fait re-rentré, j’ai eu pitié d’moi ! Bon, allez, on va dire qu’ma décision est prise, hein. J’peux juste pas faire ça. Profonde inspiration, voyant ma main déserter mon visage, pour pendouiller contre mon flanc. J’ouvre les yeux, et dans mon expiration, j’balance : « Mauvaise idée. » Avec motivation. Conviction. Mais y’a plus rien d’tout ça quand mon regard s’repose sur la blondinette. Soupir. « J’veux dire… T’peux pas demander ça à quelqu’un d’autre ? ». J’ai consciemment évité d’parler d’son mec ? Moi ? Vraiment ? C’est pas mon genre, voyons ! « ‘fin, j’veux dire… ». C’est à mon tour de m’mordiller la lèvre. Parce qu’il m’faut rassembler mes neurones (j’en ai vu un bout là-bas !). « C’est… » C’est quoi, Bell ? Allez, dis-le ! Sors-le, ton « Mais pourquoi MOI ? », qui t’intrigue tant. « totalement cinglé. » Que t’es lâche, mon vieux ! (Oui, je m’parle tout seul ! J’ai l’droit, me semble-t-il, c’est pas encore inscrit dans la Doctrine Gaïa nan ?). Et ma main qui tenait mon nécessaire à nettoyer fini par tout laisser tomber. L’merdier s’écroule au sol, comme ma bonne résolution. Car c’est là, l’fond du problème, celui-là même que j’refuse d’voir véritablement : j’ai pas envie d’refuser d’lui accorder cette « volonté ». Parce que j’suis un mec serviable, moi, que voulez-vous ? Oh, la vérité… Ok, alors… P’têtre, et j’dis bien p’têtre, qu’j’ai envie d’l’embrasser une nouvelle fois (et j’préfère pas penser « une dernière fois », et j’vous emmerde !). P’têtre que j’ai eu cette envie dès qu’elle en a fait la demande. Ou qu’j’en ai ressenti – réellement – l’envie, qu’elle était étouffée, jusqu’à présent. Enfouie sous un tas d’complications en tout genre. Celles évoquées tout à l’heure. P’têtre bien qu’j’ai juste envie qu’si mes lèvres en rencontrent d’autres, ça soient les siennes, et pas celles de… Mara, qui m’sert pour oublier une certaine brune. Elizabeth, la seule nana qu’j’ai embrassé par amour. Clarke, la seule nana qu’j’ai pu embrasser sans qu’ça n’soit pour oublier Elizabeth, mais bien par réelle envie platonique. Même si pas totalement assumé à l’époque. Et même si là, ça n’sera pas plus assumée. Joli merdier : on y revient. Inlassablement. Tout comme mon regard s’fixe un peu trop souvent à mon goût, sur les lèvres d’la blonde, qu’elle continue à malmener. Bordel de merde…

Nouveau soupir. D’agacement. Contre moi-même. D’aveu d’faiblesse aussi, et surtout, en fait. Et sans un mot, j’me dirige vers la blonde. D’un pas décidé. Qui m’fait un peu ressembler à un prédateur, par quelques égards (et ouais, du coup, elle, c’est plutôt… bah, une gazelle, tiens…). Toujours sans décrocher un seul mot, j’m’arrête, une fois face à elle. Mon regard toujours fixé au sien, j’abaisse ma main droite vers elle, lui faisant comprendre, sans un mot, d’attraper celle-ci, afin d’se lever. Ma mâchoire s’crispe, quand elle finit par « obéir ». On va dire qu’c’est surtout à cause d’l’énormité de c’qui va s’produire, et pas parce que sa main est dans la mienne. Fronçant les sourcils, j’affiche désormais un air un peu plus… enfantin ? indécis ? soucieux ? - un mélange de tout ça, j’pense – quand elle m’fait enfin face. « T’es sûre de toi ? », demandé-je, en lâchant sa main, pour éviter qu’elle ne s’sente « prisonnière ». Et derrière ma question, y’a d’multiples sous-entendus, tels que : « Si t’as changée d’avis, dis-le moi maintenant, j’serais pas vexé. » ou « J’suis clairement pas l’meilleur des choix pour un dernier baiser, t’sais. J’suis qu’un agent d’entretien. Pire : un Waldénite. ». Mais la résolution d’la blonde n’a pas chancelée, visiblement. J’tiens en effet à être sûr qu’elle le veut bien toujours, car il est hors de question qu’j’l’embrasse si elle n’en a pas envie, j’suis pas comme ça, j’l’ai jamais été, et j’le serais jamais ! Et là, dans ma tête, à Hiroshima s’ajoute Nagasaki. Et j’parle même pas d’mon cœur qui s’en mêle et tambourine comme un pauvre demeuré. A cause de c’que j’m’apprête à faire. A cause des quelques malheureux centimètres qui nous séparent, et qu’j’réduis à néant, en l’attirant vers moi, d’ma main droite qu’j’ai posé sur l’bas d’son dos. D’un geste loin d’être possessif, bien au contraire même. C’en est même presque risible, en fait, d’voir l’peu d’confiance en moi qu’on peut ressentir via c’geste. Comme si j’lui donnais là une nouvelle occasion d’tout interrompre. Au cas où qu’elle ait fini par prendre conscience qu’sa potentielle blague, j’l’ai pris au sérieux, moi. Mais elle m’repousse pas. Et c’est d’plus en plus l’bordel dans ma tête (d’ailleurs, j’crois qu’mon cerveau vient d’sauter par un SAS de l’Arche : merci des années d’service, mon vieux !). Et c’est d’plus en plus un vacarme sans nom, dans ma poitrine, à cause d’mon débile d’organe vitale qui s’agite dans tous les sens Demeuré va ! Et ça va pas en s’arrangeant, quand mon autre main s’pose sur la joue d’la blonde. Puis là, j’pense qu’c’est 500 fois la Guerre Nucléaire dans mon esprit quand – enfin – mes lèvres s’posent – de nouveau (p’tite dédicace à Zack, j’sais qu’il va aimer ça !) - sur celles d’Clarke. C’est tellement l’bordel que j’me demande presque comment mon corps arrive à continuer sa routine (respirer, faire circuler l’sang, tout ça quoi !), car moi, là, bah… J’suis plus là hein ! Une fois l’baiser terminé, j’me râcle la gorge, avant d’faire remarquer à la blonde : « Toujours cerise, à c’que j’vois ! ». Avec un p’tit sourire. Un peu gamin. Un peu rempli d’fierté aussi. Un peu teinté d’malice également. Faut bien qu’j’m’efforce d’revenir à moi et à un comportement un peu plus normal, hein. Et ce, même si j’ai toujours l’apprentie doc’ entre les bras, et qu’j’lui lance un regard taquin. Et j’assume l’allusion faite à la soirée qu’on a pu passer ensemble, sur Walden, y’a des années d’ça. Et au goût d’son baume à lèvres qu’elle portait alors. Et qu’elle n’semble pas avoir délaissé, depuis l’temps. Et p’têtre qu’j’avais juste envie d’lui faire comprendre que j’me souvenais d’cette soirée. D’notre conversation. D’nos baisers. Car ouais, y’en a pas eu qu’un, vous vous doutez bien. Mais là n’est pas l’histoire. Là, j’veux juste qu’elle sache que j’m’en souviens. Et que j’me souviendrais d’ce baiser aussi. Même s’il est survenu dans des circonstances plutôt étranges. Ouais, j’ai p’têtre merdé, là, par contre, car j’viens quand même d’sous-entendre qu’elle continuera à hanter – à sa façon – mes pensées, même par la suite… Et p’têtre qu’en plus d’ça, ma voix – un peu rauque à présent - a trahi un peu trop c’que mon esprit n’est pas prêt à admettre. Qu’elle est sans doute la seule nana qui pourrait m’faire tourner la page d’mon histoire avec Elizabeth. Et p’têtre qu’mon regard l’indique aussi, dans l’intensité qu’il peut avoir en c’moment. Et indéniablement, l’fait que j’ai encore mes mains sur elle, achève d’indiquer tout ça. Mais, comme j’vous l’ai dit, là, mon cerveau est pas vraiment actif, l’enfoiré….

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Inclement Earth

MessageSujet: Re: [02/04/2482] Just give me something I’ll miss before I go. | Bellarke Lun 5 Fév - 16:21

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Living is too hard right now. Dying is easy. Let me die.

No matter how strong we try to stay, we all have those days when we don’t wanna be strong anymore. Giving up doesn’t always mean you are weak, sometimes it means you are strong enough and smart enough to let go. The girl who seemed unbreakable, broke. The girl who seemed strong, crumbled. The girl who always laughed, cried. The girl who never stopped trying, finally gave up. She dropped a fake smile as a tear rolled down her cheek & whispered to herself "I can’t do this anymore".


Me voilà dans ma chambre, à lire un nouveau libre récemment acquis aux échanges. Il ne raconte pas ce genre d'histoires que d'autres jeunes enfants de mon âge peuvent être tentés de lire, si seulement ils appréciaient de parcourir des mots couchés sur une page autant que moi. La voix de mon père se fait doucement entendre, me tirant de ma lecture alors que je discerne mon prénom mêlé à cette conversation, même si je reviens rapidement à mon livre étant bien loin de me douter que je suis devenue l'objet de leurs préoccupations du moment. Et que ma mère raconte ce qui a bien pu se passer quelques heures auparavant. Je n'ai pas eu école en ce jour, non. Je suis restée avec ma mère. J'adore tellement la voir s'occuper des gens, se montrer utile à d'autres. Soigner toutes sortes de choses. De simples maladies courantes à ces blessures, qui ne sont pas toujours très agréables à regarder. Et pourtant, j'étais près d'elle. Juste pour voir ce qu'elle faisait, comme très souvent. Dès que je ne suis pas avec Wells ou entrain de faire mes exercices avec le plus grand des sérieux -je suis obligée de me surpasser si je compte suivre les traces de ma mère !-, je la suis comme son ombre à son travail. Il me fascine, alors que je n'ai qu'un regard d'enfant à son sujet, loin de toutes ces préoccupations de doc {i]adulte[/i], même si cela n'est pas un jeu pour moi. Pire encore, vivant sur l'Arche, avec des ressources se trouvant être limitées. Rationnées. Et pas forcément d'une façon très juste et équitable. Mais, je prends toujours chaque tâche m'étant confiée -pourtant minime !- avec un sérieux qui fait sourire les collègues de ma mère. Pourtant, ma mère sait très bien qu'elle prend un risque à me laisser dans un tel environnement, face à toutes ces différences entre secteurs. Elle prend tellement soin de me préserver de tout ça, parce qu'elle sait que je suis différente pour une Phoenicienne. Pire encore : pour une future Conseillère. Elle en a eu encore la preuve, cet après-midi. Alors que ce Bellamy était là. Ayant déjà vu ma mère soigner une telle blessure, je me suis empressée de chercher dans les armoires de stockage ce qu'elle avait utilisé pour soigner cet autre, quelques semaines auparavant. J'étais sûre de moi. C'est ce qu'il lui fallait ! Revenant près du brun, je n'avais même pas idée que son identité même ne permettait pas de tels soins. Lui adressant un léger sourire, sans lâcher le moindre mot -et oui, je suis une enfant bien timide face à quelqu'un que je ne connais pas réellement-, je restais près de lui, attendant sagement ma mère qui terminait avec un autre patient. Je n'osais même pas réellement le regarder, je ne sais même pas pourquoi.. Mais, quand ma mère est venue nous rejoindre, je n'ai pas pu m'empresser de lui donner ce qu'il fallait pour soigner ce Blake à la perfection. Bien entendu, ma mère ne s'y attendait pas. Mon sourire ne pouvait que s'agrandir, elle devait être surprise que j'arrive à cerner ce qu'il fallait, mais elle ne souriait pas, elle. S'abaissant face à moi, elle n'a pas tardé à reprendre ce que j'avais en main tout en s'empressant de les ranger à nouveau. « Ce n'est pas exactement ce qu'il faut à ce jeune garçon, Clarke. » Mon sourire s'est évanouit, alors que ma tête se baissait. J'étais pourtant si sûre de moi. Secouant doucement la tête, mon caractère de Griffin était obligé de se manifester. « Mais, c'est exactement comme le monsieur de... » Et c'est en fronçant les sourcils que j'ai compris que je m'étais sans doute planter face à son regard, qui m'imposait le silence alors même que je n'avais pas fini ma phrase. Pourtant, je restais persuadée qu'elle se trompait. Oui, c'était vraiment ce que j'ai pu penser. Je n'avais pas d'autre chose à faire que de me mettre un peu de côté, non sans quitter ma mère du regard. Un regard dérivant de temps en temps vers lui. Vers Bellamy.

Quelques années plus tard, enfermée dans cette cellule, pas grand chose n'a changé. Ma mère a réussit à me faire garder ces œillères face à ces injustices de secteurs, se débrouillant pour que ma route croise le moins possible celles de Waldénites. Elle a presque réussi. Presque, simplement parce que malgré ces quelques années qui se sont écoulées, mon regard continue de dériver vers ce Blake, ce qu'elle ne peut pas m'empêcher de faire et ne pourra pas le faire par la suite non plus. Et s'il y a bien un Waldénite qui peut avoir une dent contre le système en place, il ne fait aucun doute que ce soit celui-là. Ce qui est encore plus fou lorsqu'on voit d'où lui comme moi venons, et ce qu'on va pouvoir être amenés à devenir. Platoniquement -enfin, pas trop- et ensemble. Même si, dans ma tête, ce n'est plus seulement mon regard qui finira par dérivé, mais toute ma personne. Et d'ici quelques jours seulement. Ce compte à rebours au-dessus de mon lit est bien là pour me le rappeler. Ce qui était encore avant une histoire de quelques mois, n'est plus qu'une simple questions d'heures, c'est comme ça. Forcément, quand je le regarde, j'en viens à me demander s'il va continuer de nettoyer cette cellule comme il est amené à le faire en ce moment. En y réfléchissant bien, Bellamy est sans doute une personne qui amène des sentiments si variés et différents dans ma tête, si mes pensées se risquent à s'égarer vers lui, que je ne sais même pas si cela peut me soulager de me dire qu'il arrêtera de venir ici. Il y a ce souvenir d'enfance. Cette fête à Walden et sa fin de soirée. Toutes nos interactions qui ont suivies. L'exécution de mon père. Mon arrestation. Il a toujours été là, et c'est assez déstabilisant de le voir alors qu'il ne me reste plus beaucoup de temps à vivre. Mais, je sais surtout qu'au fond de moi, sa présence arrive à m'apaiser. N'allez pourtant pas jusqu'à penser que j'en suis consciente, de loin pas. Alors le lui dire, clairement, j'en serai incapable. Pourtant, j'ai la cruelle impression d'être ramenée des années en arrière, durant cette fameuse fête lorsqu'il pose son attention sur moi. C'est un sentiment qui ne m'a jamais réellement quitté, même s'il est loin d'être aussi marqué, aussi fort qu'il ne va l'être sous peu. Lorsque je vais finir par craquer, en cherchant dans son regard que j'existe encore. Comme toujours, on finit par laisser nos deux p'tits caractères bien affirmés s'illustrer. Et j'en viens même à me griller, sans même me rendre compte des mots que j'ai pu lui balancer. Ils sont sortis tout seuls, sans même que j'y réfléchisse. J'aurai peut-être dû.. Quoique, son sourire est contagieux, même si je lutte pour qu'il n'emporte pas le mien aussi facilement que ça. « Déstresse Princesse... » Décidément, il n'y a vraiment que lui pour m'appeler ainsi. J'en roule des yeux, faussement blasée par ce qu'il va s'apprêter à me répondre. « … j’t’ai jamais interdit d’trop penser à moi, j’t’ai juste déconseiller de l’faire trop souvent : ça t’déconcentre un peu trop, sinon ! Tu l’sais parfaitement pourtant ! » Sans même avoir un verre sous la main, j'en suis presque à m'étouffer sous ce qu'il vient de me renvoyer. Instinctivement, mon regard dérive -oui, c'est le thème du moment !- sur son torse, sachant pertinemment de quoi il veut parler. Directement, je sens mes joues me picoter alors que je détourne prestement mon attention pour... tenter de me concentrer sur mon dessin, comme une petite fille prise en flagrant délit. Je croise les bras, par contre, histoire de me donner un peu de contenance et surtout ne rien laisser paraître du trouble qu'il a invoqué. « Tu dis n'importe quoi. » Ou plutôt est-ce moi ? Même si je ne lui réponds pas, je n'ose pas croiser son regard, tentant de rassembler toute mon attention sur mon dessin.. qui n'avance pas d'un trait pour autant. « C'est pas une merveilleuse idée de prendre tes rêves pour une réalité, tu sais, Blake. C'est pas parce que t'as envie de croire qu'en pensant à toi, je me déconcentre, que c'est bien le cas. » Et comme si le message n'était pas suffisamment clair -surtout pour moi, en fait-, j'en rajoute une couche. « Et je suis toujours parfaitement concentrée pour ton information. » que je lâche, relevant ma tête vers lui, croisant à nouveau mes bras. A se demander qui j'essaie de convaincre en disant tout ça. Lui ou moi ? Ma capacité de concentration, plus importante que la moyenne, n'a aucune raison de fléchir face à lui. Pas vrai ? Et le tout accompagné d'un regard de défi. Auquel je ne crois même pas moi-même. Mais, je fais genre. Hors de question que je m'avoue vaincue sur cette manche, qui concerne ma concentration qui ne peut -et ne doit- pas être affaiblie face à lui. C'est impossible. Compris, Clarke ? J'en soupire, tout en roulant des yeux face à ce que je dois considérer comme une grosse connerie de sa part, très loin de la réalité. Et qui, pourtant.. Non ! Ne pas regarder son torse! Interdit ! Je sens mes joues rougir un peu plus, et me voilà à passer une main dans mes cheveux. En faisant genre de les remettre en ordre, bien entendu.

Aussi étonnant que cela peut paraître, il nous arrive de parler normalement, donc sans tenter de balancer des piques à l'autre. Des piques platonique. Innocentes. C'est tout. Et même si je ne sais absolument rien de la vérité concernant la vie sur l'Arche, je ne peux pas m'empêcher de réfléchir au sujet de conversation actuel. Tout cela est parti d'un monument historique, existant déjà bien avant la Guerre. Et pourtant, il subsiste tout un tas de mystères à son sujet. J'essaie de mettre de l'ordre dans ce que je pense de ce sujet des dernières volontés, tout en sachant très bien que je pourrai être à la place de ces demandeurs, puisque je ne vais pas mourir de maladie ou de vieillesse. Mais, bien en étant jetée hors de l'Arche. Exécutée. Comme mon père.. Et je ne peux pas m'empêcher de parler de tout ça tout en me mettant dans le tas. Un peu comme si je parlais pour moi. Personnellement, je ne pense pas que je supporterai une telle chose. Partir avec le regret de ne plus pouvoir vivre, voir ou sentir ce qu'on chérie le plus, même en y ayant droit une dernière fois.. Du moins, c'est ce que je pense sur l'instant. Je me prouverai le contraire d'ici peu. « Ca s’comprend aussi… » Son murmure me fait redresser la tête vers lui, alors que cette conversation commence à prendre une saveur qui ne me plaît pas vraiment pour ces derniers moments de vie. Mais, elle est intéressante. D'autant plus qu'elle me prouve -si j'en avais encore besoin-, que Bellamy est loin d'être con ou idiot. Non, vraiment. Autant j'aime bien l'embêter et le taquiner, autant lorsqu'on parle de choses plus sérieuses, je découvre qui il semble réellement être. Encore que, j'ai cette impression de ne toujours pas connaître le vrai Bellamy Blake. Je ne peux pas ignorer ce regard qu'il me lance, lorsque j'évoque l'idée d'une injustice sur ce droit. Sans arrière pensée, vu que je ne sais rien de ce qu'il se passe réellement sur l'Arche et que je suis à des lieux de me douter que cela est pourtant quotidien. Merci, m'man. Aucune trace d'ironie, de mesquinerie ou autre sur mon visage. Juste l'expression d'un total détachement sur cette question d'injustice puisque je n'en ai tout simplement pas conscience. « Ca restera pourtant cohérent avec c’qui s’fait déjà, en dehors des murs d’la Prison… » N'imaginant pas ce que sous-entend ces mots, je finis juste par hausser doucement les épaules. Pour moi, la seule injustice qu'il peut y avoir, ce sont de petits détails comme physiques ou comportementaux, qui servent ou déservent un individu par rapport à un autre sur ses envies de vivre sa vie ou ce genre de choses. Pas de cloisonnement social ou autre, je n'imagine juste pas une telle chose. C'est inconcevable dans ma tête, et pourtant.. la chute risque d'être assez brutale lorsque je vais savoir la réalité des choses. « J'en suis désolée, vraiment. » que je réponds, étant vraiment persuadée qu'il parle de son propre cas. Qui est parfaitement injuste, c'est évident. Passer du statut de Garde à l'occupation de nettoyer des cellules.. Surtout la mienne, qui lui demande à chaque fois énormément de patience et de boulot. Je m'en veux, même, de ne pas lui faciliter les choses. Finalement, je ne tarde pas à m'interroger sur tout autre chose. « Princesse… » Encore ce surnom, qui est comme un appel à ce que nos regards se croisent. Mais pas cette fois, puisqu'il s'évertue à la tâche. « … donner un accès à la basse populace, à des distractions similaires à celles de l’Elite, et donc, d’moindres qualités, c’est le meilleur moyen de faire croire aux bouseux qu’ils ont autant d’valeurs qu’les gens pour lesquels ils s’tuent à la tâche. Et leur ôter, l’air de rien, tout envie d’révolte contre les discriminations qui les bouffent au quotidien ! » Je prends ses mots, les uns après les autres, sans comprendre leur sens caché. Comment est-ce que je le pourrai, puisque je ne soupçonne absolument pas notre société actuelle d'être ainsi rongée par la discrimination quelle qu'elle soit ? Je me mets à mordiller le bout de mon crayon, réfléchissant à tout cela tant c'est obscur et ancien à mes yeux. « Ça ressemblait juste une manipulation de masse si ça se passait comme tu le dis. Heureusement que les choses ont évolué depuis ces années antiques. » J'en tapote le bout de mon crayon sur mes lèvres. « Il semblerait que l'Histoire n'a pas vraiment de secret pour toi, en fait. » Nouvelle preuve que je ne pense absolument pas aux temps actuels.. « Comme les étoiles.. » A mon tour de faire une évocation de notre passé commun. Avec ce petit cours improvisé qu'il m'a offert au sein même de l'Observatoire de l'Arche. Durant ses heures de fermeture, bien entendu. Et qui.. Ouvrant les yeux un peu plus grand en comprenant ce que je viens de dire, je me rabats à nouveau sur mon crayon, que je malmène pour ne pas m'en prendre à mes lèvres directement. Tout cela me prouve que j'ai raison : il me reste tellement à découvrir de lui. Manque de chance pour moi ? Je n'en aurai jamais le temps. Pas plus que j'en aurai pour revoir Zack ou.. Macy. Ma meilleure amie qui soulève des craintes en moi, surtout en apprenant qu'elle n'est pas au meilleur de sa forme. Puis ce Colisée.. J'en souris, doucement, tout en le regardant représenté tel que je l'imagine avec ce que je sais à ce sujet. Tout en tentant de ne pas trop m'imaginer une silhouette ajoutée.

S'il y a bien une chose qui s'est implantée dans ma tête pour le coup, c'est bien ce vœu de dernière volonté plus que fou. Je ne sais pas pourquoi cela m'est venu, il n'empêche que ces mots dépassent la capacité de mon cerveau à comprendre ce que je dis. Ma voix, devenant de moins en moins forte n'est de loin pas pour me porter secours. Au contraire. J'ai tellement conscience de prendre un risque en le voyant fuir de cette cellule pour de bon. De risquer de ne plus jamais le revoir. Pas plus que je ne verrai plus jamais Macy ou Zack. Ma mère, quant à elle, c'est sans doute différent. Elle risque d'être là, comme elle était présente lors de la mise à la dérive de son propre mari. Pour me voir partir loin d'elle à mon tour, aussi. Sincèrement, je n'ai aucune envie de faire fuir la dernière personne qu'il m'est possible de voir dans cette cellule. Je ne sais que trop bien qu'une fois que cette porte se refermera derrière Bellamy, ce sera pour m'exécuter qu'elle s'ouvrira à nouveau, autrement que pour de simples repas.  Après, pour le peu que je mange ces derniers jours, j'ai même tendance à penser qu'ils peuvent m'oublier. Histoire d'économiser quelques repas. Ils viendront pour me faire sortir de cette pièce qui m'est devenue étrangement trop familière. Et je regrette presque que cela ne va pas être les mêmes bras qui me mèneront vers ma fin, que ceux qui m'ont mené jusqu'à cette prison. Sans doute est-ce aussi avec cette pensée que je lui demande une telle chose. Un peu comme si je regrettais d'avance de ne pas être conduite hors de cette cellule par Bellamy. Lui qui a réussi, pourtant, à contenir toute ma rage au moment de mon arrestation. Juste parce qu'il a été doux et prévenant avec moi. Je savais que si je ne me laissais pas faire, les choses auraient pu tourner bien plus mal que ça. Après tout, il avait su trouver les mots pour m'apaiser autant qu'il le fallait pour que je ne me débatte pas. Et bien entendu, je ne lui en veux pas. Ce n'est pas lui qui a décidé de m'envoyer croupir dans cette cellule. L'ordre venait de plus haut, il n'a fait qu'y obéir, tout en m'épargnant de tomber sur l'un de ses collègues d'alors qui ne m'aurait pas ménagé. Que ma mère ait été présente ou non. Lorsque je repense à ce sombre jour, je n'arrive pas à imaginer d'autres bras que les siens pour me sortir de là. Pourtant, il n'y aura même pas le choix. Il n'est plus Garde. Jamais ils le laisseront m'accompagner jusqu'au sas qui a englouti mon père dans cette immensité stellaire. Qu'est-ce que j'aimerai, pourtant, que ce soit lui et personne d'autre. Qu'il me glisse à nouveau quelques mots à l'oreille, qu'il me garde un court instant contre lui. Tout ça ne se fera jamais.. Alors, sans doute égoïstement, je m'y prends en avance. Et je lui demande de m'accorder ce que j'aurai voulu avoir avant de partir loin de cette Arche. Je n'arrive plus à compter ces larmes qui se pressent aux portes de mon regard, mais je me fais la promesse silencieuse de les contenir le plus longtemps possible. Ce n'est pas de sa pitié dont j'ai besoin. Lui comme moi, on sait très bien ce qui m'attend. Je ressens juste ce besoin incompréhensible de profiter de cette chose indescriptible qu'il a en lui, en plus, et qui arrive à m'apaiser et à me rassurer. Après tout, même lorsqu'il m'a raccompagné jusqu'à Phoenix lors de cette soirée à Walden, et qu'on a du s'engouffrer à l'improviste dans cet Observatoire déserté pour ne pas croiser de ces collègues, il semblait contrôler cet imprévu qui m'inquiétait. Même si je n'avais pas été très à l'aise au début, il a réussi à détourner mes craintes d'être repérés. Un sentiment et un ressenti qui ne me sera donc de loin pas étranger une fois sur Terre.. J'ai beau être une vraie Griffin avec toute la force de caractère que cela implique. Il n'en reste pas moins que je ne suis qu'une humaine. Et que là, avec le spectre de ce compte à rebours au-dessus de mon lit, j'ai besoin de réconfort tout en mettant mes sombres pensées de côté. Juste pour tenter de me sentir vivante. Peut-être aussi me sentir désirée par quelqu'un. Évidemment, un coin de ma tête me pousse à me dire que c'est loin d'être correct vis-à-vis de Zack. Je ne suis pas ce genre de personne à aller voir ailleurs, lorsque je suis avec quelqu'un. Mais.. Zack n'est pas là. Il ne peut pas me donner ce dont j'ai besoin, avant de partir. Ou peut-être est-ce que j'essaie de me convaincre de ça, sans même oser penser que tout cela est la seule et simple volonté de profiter d'un petit moment avec Bellamy et juste lui ? A mes yeux, c'est impossible. J'essaie juste de me dire que si c'était mon petit-ami qui était face à moi, je lui aurai demandé exactement la même chose. Inutile de trop réfléchir, c'est maintenant dit. Comme je m'y attendais, alors que je m’assois sur mon lit, toute la surprise de ma demande se déchiffre sur son visage ainsi que sa gestuelle. Forcée de me mordre la lèvre, je ne sais pas quoi penser de tout ça. La peur qu'il parte d'ici sans m'adresser un regard me glace le sang, bien qu'il soit déjà très froid depuis ces longs mois d'emprisonnement. Bellamy est quelqu'un d'imprévisible, et l'espace d'une brève seconde, j'en viens à regretter mon idée qui paraît loin d'être lumineuse. Ma tête se baisse sensiblement alors qu'il semble accuser le coup de cette demande lui d'être prévisible alors qu'il garde le silence pendant ce qui me semble être presque une éternité. « Que… Attends… Quoi ? » Des brides de mots emmêlés les uns aux autres qui m'obligent à relever le regard vers lui. J'espère qu'il ne va pas me forcer à me répéter, même si j'en meurs d'envie. Oui. Je serai  prête à me répéter autant de fois qu'il le faudrait pour qu'il prenne ma demande au sérieux. « Tu t’fous d’moi, c’est ça ? » Ce qui ne semble pas être le cas, vu sa réponse. J'ai l'impression que ce barrage humide menace de s'effondrer s'il fuit. S'il me fuit. Mes mains sur les cuisses, j'en suis à pincer ce tissu qui les recouvre tant elles me semblent inutiles sur le moment, et que je ne sais absolument pas quoi faire d'elles. Et pourtant, elles n'ont presque jamais été aussi vivantes que maintenant. Elles rêvent juste d'une chose qui risque de ne pas m'être accordé. Se perdre dans ces cheveux de jais qui les attirent un peu trop, comme un aimant. Je secoue doucement ma tête de gauche à droite, même si j'ai du mal à soutenir son regard. Je regrette presque de m'être laissée aller à un tel vœu. Comprenant que c'est sans doute rater pour elles, mes lèvres retournent mon audace contre elles. Je fais au mieux pour ne pas qu'il remarque trop à quel point ça me ronge et à quel point j'en ai pourtant besoin.

Gardant le silence, je relève doucement la tête vers lui alors que mes mains tombent de part et d'autres de mes cuisses, sur ce matelas bien trop dur à mon goût. Je n'arrive pas à détacher mon regard de lui, même si ce n'est que du coin de l’œil. Est-ce qu'il va me traiter de folle ? Me dire qu'il n'a absolument pas envie de ça ? Que j'aurai tout simplement dû oublier ce qui a pu se passer durant cette soirée à Walden ? Cette pointe cruelle de cerise sur mes propres lèvres, que je n'ai même pas teintées de cette saveur par préméditation, me rappelle forcément ce moment-là, me narguant presque sur ce qui a pu être et ne sera finalement plus ? « Mauvaise idée. » J'en étais sûre. Pourquoi donc mon regard semble se voiler, alors que c'était couru d'avance ? Pourquoi accepterait-il seulement une telle chose ? Malgré tout, je fais au mieux pour qu'il ne puisse pas lire à quel point je regrette. Je n'ai pas envie qu'il me fuit, pas plus que j'ai envie que ma volonté jette un froid entre nous. Pas avant.. l'irréparable et inévitable. Pourtant, au fond de moi, je garde espoir. Il a surtout l'air de vouloir se convaincre de lui-même, avant moi. Voilà pourquoi je reste à l'observer à la volée. « J’veux dire… T’peux pas demander ça à quelqu’un d’autre ? » A mon tour de soupirer, même si je reste silencieuse pour le coup. J'en suis même à secouer la tête de gauche à droite. Il a tellement de mal à comprendre qu'il est le seul qui est capable de m'apporter ça ? Ou plus exactement -mais inconsciemment-, le seul à qui j'ai envie de demander une telle faveur ? Finalement, je me décide à sortir de mon mutisme soudain, qui est loin de me ressembler, alors que la tête de l'un des Gardes patrouillant à ce Niveau 2 -loin d'être un canon de beauté, mais plus un vrai pervers bien fourbe- me vient subitement en tête. Et là, j'utilise un brin d'ironie en plaçant rapidement un « A Bennett et à ses collègues Gardes ? Je préfère partir à la dérive dir.... » Il doit d'ailleurs avoir entendu parler de son comportement parfois.. limite. Après, je me doute qu'il sous-entend que ce serait à Zack de m'accorder une telle chose.. Mais, il n'est pas là. Si cette folie vient un jour jusqu'à lui, j'espère vraiment qu'il me comprendra. Juste un peu. A défaut de me pardonner. Mais, on ne se reverra jamais, de toute façon. Bellamy semble presque en pilotage automatique puisqu'il ajoute d'autres mots alors que je suis encore entrain de parler. Comme si je l'avais coupé dans son élan et dans sa réflexion. « ‘fin, j’veux dire… » Bon dieu ! Qu'il arrête de malmener sa lèvre ainsi ! « C’est … totalement cinglé. » Et là, alors que je vois son matériel tomber sur ce sol froid, mon palpitant s'embrase. Lui, il comprend ce que je n'ose pas m'avouer. Lui, il sait qu'il ne va pas me fuir, bien au contraire. Lui, il a deviné pourquoi ce qu'il avait en main a fini sa course étendu à ses pieds, à l'image de ce pourquoi il tentait de se convaincre. Je ne peux pas m'empêcher de me mordiller la lèvre, à nouveau, face à ce revirement de situation, plus encore en voyant son regard s'y poser. Mon impatience grandit follement alors qu'il soupire, donnant l'image de l'homme qui cesse de lutter contre l'inévitable. Il se tient face à moi. Déjà que lorsque nous sommes tout deux debout, il est plus grand que moi.. là, je suis obligée de pencher la tête en arrière pour croiser son regard. Ce silence est tellement plus grisant que celui qui s'est imposé à nous il y a peu. Même mes mains semblent connaître un bug, alors qu'il me tend l'une des siennes telle une invitation à quitter mon lit. Et c'est sans le lâcher du regard que je lui confie le peu de vie qu'il me reste, en posant si calmement et tranquillement ma main sur la sienne et sans hésiter une seconde de plus. Cette sensation de ce sang qui pulse dans mes veines me force à croire que non, je ne suis pas encore morte. Que non, pas même tous ces mois ainsi à l'écart ne m'ont achevé. Que oui, j'ai gagné cette lutte contre l'enfermement. Que je suis toujours là. Et surtout : qu'il arrive à invoquer toutes ces sensations qui m'en feraient presque perdre la tête tant cela fait longtemps que je ne les ai pas ressentie. Cette tension -purement platonique- qu'il y a toujours eu entre nous, à bien y réfléchir, est bien le meilleur des remèdes pour voir la vie sous un autre angle. « T’es sûre de toi ? » qu'il me demande, m'arrachant un léger sourire. Est-ce qu'il m'a déjà vu parler dans le vent, sans être certaine de ce que je veux ? Alors qu'il lâche ma main, elle ne tarde pas à venir s'échouer contre sa taille, alors que le bout de mes doigts s'évertue à vouloir se raccrocher à lui, en jouant avec ce tissu le recouvrant. Et si ce simple geste peut lui répondre sans que je n'ai besoin de parler, ce serait une très bonne chose. Je confirme tout de même d'un sourire un peu plus marqué. Tout est contradictoire dans ma tête. Entre le bonheur de me sentir plus vivante que jamais durant ces derniers mois, ou la peur de ce qui m'attend très prochainement.. Tout se mélange et se bouscule dans ma tête, alors que je sens sa main se loger dans mon dos. Du temps a passé depuis notre dernier moment de ce genre partagé. Tant de choses ont changé. Pour lui comme pour moi. Et pourtant.. Pourtant j'ai cette impression que ce n'était qu'hier. Que tout a été laisser tel quel en partant de cet Observatoire, pour que cela soit ravivé aujourd'hui. Et encore, ce n'est rien comparé à ce que je ressens à peine ses lèvres prennent possession des miennes. Ou, pour être plus précise, cela a déjà été le cas alors que nos respirations respectives se sont entremêlées avec ce rapprochement plus qu'indécent. Avec, comme point d'honneur, ce contact de sa main réchauffant ma joue sans doute déjà bien rosie. Ma main libre s'aventure jusqu'au col de cette combinaison de travail qui le recouvre un peu trop à mon goût, un peu comme si elle partait à l'expédition d'une zone découverte pour s'y égarer. Et une fois que tout s'arrête, une première fois, je tarde un peu à rouvrir ces yeux, que je ne me souviens même plus avoir fermé ni même à quel moment. « Toujours cerise, à c’que j’vois ! » Je ne tarde pas à laisser un sourire se faire une place sur mon visage, celui-là même qui ne peut que s'illuminer un peu plus face à ce petit souvenir glisser dans des mots d'apparence si innocents. Et voir que lui aussi se souvient de ce qu'on a déjà pu partager il y a un petit moment de ça. Rien n'a changé. Définitivement rien. Du moins, de ce souvenir de ses lèvres sur les miennes. Évidemment, j'ai grandi et lui aussi. Je ne suis plus la jeune ado qui commence à peine à voir son corps changé, non. Cette phase est derrière moi et mon physique n'est plus celui qu'il a pu rapidement commencer à découvrir. Ma main près de son col remonte derrière sa nuque, avant de migrer jusqu'à ses cheveux, restant assez sage sur le coup. Dans ses yeux, j'ai l'impression de retrouver cette lueur qui teintait son regard lors de cette soirée à Walden. Il aurait pu oublier, mais même pas en fait. Après tout, il ne s'est jamais réellement gêné pour évoquer ce fruit, ce goût dès qu'il en avait l'occasion. Surtout face à Zack, Wells et Macy. Forcément, Zack devait comprendre à quoi il faisait allusion.. et si je surprenais ces paroles sous-entendant la douce saveur de mon baume favori dont je suis incapable de me lasser d'ailleurs, même avec les années qui passent. J'adore vraiment ce fruit, et savoir que même sur l'Arche, je suis capable de soigner mes lèvres qui ne tolèrent pas réellement le froid avec le plaisir de goûter à l’arôme de cerise, c'est vraiment le bon plan pour moi. Puis, il semblerait que je ne sois pas la seule à l'apprécier. « Pourquoi est-ce que j'aurai cherché autre chose, alors que tu semblais avoir apprécié la première fois ? » que je lui réponds, mes mots ayant un peu de mal à s'affirmer à travers ma voix bien trop calmée par ce qu'il vient de se passer. Et oui, je fais exprès de laisser traîner l'idée que c'est à cause de lui et de toutes ses allusions aux cerises que je ne veux pas changer mes habitudes. Alors que mes doigts se mettent doucement à jouer avec ses cheveux, à la frontière de sa nuque, je ne peux pas m'empêcher de poser mon attention sur ses lèvres sans même m'en cacher. Une autre chose qui peut se remarquer plus que facilement, c'est mon incapacité à dompter ma respiration ainsi que les battements frénétiques de mon petit cœur, qui se prend d'un plaisir si platonique à me prouver qu'il est toujours là, toujours fidèle au poste, et qu'il continuera de battre jusqu'à la fin. C'est ce que je voulais. Et je savais qu'en lui demandant une telle chose, à lui, ça allait fonctionner plus qu'avec n'importe quel Garde passant devant ma cellule. Et de toute façon, je n'en aurais même pas voulu.. Un sourire taquin étire mes lèvres que je malmène de moi-même. Malgré ces années qui se sont écoulées, je me souviens parfaitement de ces quelques mots qu'il m'a adressé, dans cet Observatoire. Avec l'envie sans doute aveugle et inavouée de lui prouver que je m'en souviens, moi aussi, parfaitement -et pas qu'à cause de ses petits rappels occasionnels et pas forcément très explicites pour les absents de ce moment-, j'ajoute à voix bien basse. Un peu comme si je ne voulais m'adresser qu'à lui si nous n'étions pas seuls dans cette cellule. « Compte pas sur moi pour m'excuser de t'avoir demandé cette dernière volonté. » Il n'en faut pas plus pour que je réduise à nouveau à néant cette courte longueur empêchant mes lèvres au goût cerise à venir voler tout ce qu'il veut bien pouvoir me donner. Je ne sais même pas vers où cette folie pourrait nous mener si on se laissait réellement aller, sans écouter notre bonne raison qui nous oblige pourtant à stopper tout ça. Mais, sur l'instant, je n'en ai vraiment pas envie. Je l'embrasse comme si ma vie en dépendait. Et dans un sens, c'est même le cas. Cela fait depuis de nombreux mois que je ne me suis pas sentie aussi vivante. Ce qui est assez ironique lorsqu'on se dit que j'en suis à son bout, sans aucun espoir de la prolonger de quelques années encore. Ma prise sur sa combinaison de travail au niveau de sa taille se resserre un peu, juste pour éviter qu'il ne sente ma main tremblée. Même avec ma casquette de doc', elles ne tremblent jamais. Pourtant, me sentir ainsi partagée entre ce sentiment de vie et celui d'une mort très prochaine me fait presque craquer moralement, et je sens mon regard se voiler de plus en plus. Mais, je ne peux pas. Je ne peux pas me permettre de laisser ces larmes partir. Pas alors que Bellamy m'a accordé ce que je lui ai demandé. Je devrais sourire et être heureuse de tout ça. Sauf que je me rends bien compte de ce qui finira par m'être arraché d'ici peu. Dans l'idée de me sortir tout ça de l'esprit, je ne peux que me concentrer sur le moment présent. Et je ne sais pas si ce ne sont que de simples secondes ou plusieurs minutes qui se sont déjà écoulées. Tout comme je n'ai aucune idée de qui a initié ce mouvement. Peut-être est-il simplement venu d'un commun accord tacite. Mais, les choses sont devenues telles qu'on a fini déporté sur mon lit, sa carrure flottant au-dessus de moi. Une voix, dans ma tête, me met en garde. Est-ce que j'ai vraiment envie de lui attirer des problèmes si on en vient à être ainsi surpris ? Bien entendu, non. Je crois que je m'en voudrais bien au-delà de mon exécution. Et alors que l'une de mes mains glisse sur son dos, je finis par sentir cette première larme m'échapper alors même qu'on échange toujours l'un de ces baisers, un de ceux d'une étrange douceur contrastant avec bien d'autres. « Merci, Bellamy. » que je lui dis, sentant cette larme dévalée ma joue pour finir sa course sur ce qu'il me sert de matelas depuis tout ce temps. Qu'il est cruel de se sentir si vivante, alors que sa fin approche. Et ce, même en voyant son ultime souhait exaucé.

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Bellamy Blake
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MessageSujet: Re: [02/04/2482] Just give me something I’ll miss before I go. | Bellarke Jeu 8 Mar - 0:58

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Bellarke
We find each other in the stars. In the far off galaxies where the stars shine brightest. In the ones shining above our heads, lighting the way through the darkness. I find the stars in your smile, in the gleam in your eyes when you look to me. I find a supernova burning through my veins when you touch me. I find a black hole drowning me when you leave. I find myself a north star, the point that always guides us home, in your voice calling out my name. [Texte de Abby S.]

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C’moment qu’on partage avec Clarke, il est clairement à l’image d’notre « relation ». Assez indéfinissable. Ou clair, mais pour tout l’monde sauf les principaux concernés, vous vous en doutez bien ! Faut réussir à nous suivre, d’toute façon, tant on passe d’moments où on s’envoie des piques plutôt amicales, d’autres où on s’bouffe littéralement l’nez, pour enchaîner avec des instants où c’est clairement plus flous (même si, comme vous vous en doutez, j’en ai pas conscience, qu’on frôle une limite loin d’être platonique). Surtout qu’parfois, tout ça s’emmêle en un joyeux mélange, alors bon… Un peu comme maintenant, alors qu’j’m’amuse à charrier la blonde, sur l’fait qu’quand elle pense trop à moi, sa concentration fonde comme neige au soleil (ou du moins, comme la neige est sensée fondre au soleil. Pour c’que j’en sais, c’est p’têtre qu’un mythe urbain, allez savoir !). D’autant plus que l’souvenir auquel j’fais allusion s’est déroulé y’a pas forcément si longtemps qu’ça. Mais bien après la soirée sur Walden. Donc, bien après l’dérapage dont a été témoin l’Observatoire d’la Colonie. Et si là, avec ces quelques mots, j’viens d’renvoyer la blonde quelques mois en arrière, moi, c’est carrément quelques années en arrière, que j’viens d’voyager. Ouais ouais, bien à l’époque où on a fini par s’réfugier dans l’Observatoire, pour échapper à des Gardes alors que j’tentais d’la raccompagner chez elle. C’soir-là, mon haut a fini – étrangement – par voler, alors qu’tout aussi étrangement, Clarke et moi étions en train d’nous embrasser. Ainsi donc, avant l’coup d’la visite médicale, la blonde avait déjà vu mon torse. Et ses mains n’s’étaient pas privées pour s’balader dessus. Chez l’toubib, si j’me suis amusé à lancer une telle vanne, c’était aussi parce que j’me souvenais parfaitement de c’qui s’était passé dans l’Observatoire. Un peu trop bien, même. Tout comme j’me souviens encore un peu trop bien, en c’moment-même. Et les 2 fois, si mes mots avaient pour vocation d’charrier la blonde, dans les faits, ils sont surtout troublants pour moi, même si j’prétends l’inverse, et que j’m’efforce d’surtout pas voir à quel point c’est l’cas ! Bien pour ça que j’évite soigneusement son regard. Aussi bien parce qu’j’avais pas envie, en l’entendant feindre d’penser parfois à moi, qu’elle voit la p’tite étincelle d’fierté qu’illuminait mon regard, qu’parce qu’j’veux pas qu’elle remarque que la soirée à l’Observatoire m’a un peu trop marqué. Tellement que j’me souviens un peu trop bien à quel point c’était bien trop plaisant d’sentir ses mains errer ainsi sur mon torse. Nous voici donc, l’un comme l’autre, à éviter soigneusement l’regard du 2nd, et n’prenant même pas conscience de cela. « Tu dis n'importe quoi. », s’offusque-t-elle. Il n’en faut guère plus pour que j’me permette d’remettre ses propos en doute, d’un p’tit : « Menteuse. », bien amusé et lancé dans un p’tit souffle. Mais j’déporte pas mon regard vers elle pour autant, pas même lorsqu’elle enchaîne : « C'est pas une merveilleuse idée de prendre tes rêves pour une réalité, tu sais, Blake. C'est pas parce que t'as envie de croire qu'en pensant à toi, je me déconcentre, que c'est bien le cas. Et je suis toujours parfaitement concentrée pour ton information. ». Là, pour l’coup, j’avoue qu’j’laisse échapper un p’tit rire, avant même qu’elle n’ajoute une p’tite conclusion, qui m’voit rire bien plus franchement. Malicieusement, j’me tourne vers elle, et, en arquant les sourcils, j’lui balance : « Alors, déjà : j’ai jamais dit qu’j’rêvais qu’tu penses à moi et qu’ça t’déconcentres. C’est p’têtre plus toi qui prend tes rêves pour une réalité, pour l’coup. » Oui oui, là, j’fais mon p’tit con qui joue sur les mots. Rien d’inhabituel chez moi, moins encore quand il s’agit d’converser avec la Griffin. C’est même plus fort qu’moi, en fait. Limite, c’est dans mes gênes, d’tenter d’la vanner, dès qu’possible, sur une pseudo attirance qu’elle pourrait avoir à mon encontre. (J’ignore à quel point c’est vrai, ça !). « Et vu la véhémence qu’tu mets dans ton discours, j’vais finir par croire que j’te trouble un peu trop pour qu’ça soit platonique tout ça ! » Et j’suis fier d’ma réplique, pour le coup, même si ça va bien être une des rares fois où l’utilisation du mot « platonique » pour qualifier ma relation avec l’apprentie doc’ m’amuse vraiment, sans arrière-pensée consciemment trop ambiguë. C’est donc sur ces paroles franchement amusées, et un brin provocantes, que j’retourne à mon boulot. Et pourtant, si la conversation s’est déroulée sur l’ton d’l’humour, il n’est pas moins vrai qu’une partie d’moi, partie grandement enfouie sous une tonne d’voilage d’face, n’peut s’empêcher de s’demander si c’est vrai. Si, elle aussi, elle s’demande parfois où on en serait, si nous n’avions pas pris l’parti, après la soirée, d’faire comme si d’rien n’était, comme si ça n'avait été qu’une impulsion sans intérêt, fruit d’une soirée un peu trop perturbante, si l’voilage de face avait pris fin, c’soir-là. Ca aurait sans doute été un gros merdier, car y’avait encore Elizabeth, et mes sentiments pour elle, et… Ouais, non… Heureusement qu’ces questions n’sont pas conscientes, chez moi, sinon, ça serait n’importe quoi !

J’me concentre d’nouveau sur mon boulot, c’est bien mieux, moins dangereux ! Pis, j’suis là pour ça, si jamais j’sors d’ici et qu’on voit qu’j’ai pas fait mon taf, ça va barder pour moi ! Cela dit, la conversation s’poursuit, prenant une tournure moins amusante et légère que ça n’pouvait être l’cas, précédemment. On débat sur les dernières volontés, l’intérêt d’les autoriser, qui y aurait droit ou non. Et j’suis stupéfait d’voir qu’la blonde parait sincèrement persuadée qu’sur l’Arche, tout l’monde serait logé à la même enseigne ! « J'en suis désolée, vraiment. ». Et avec elle, j’vais d’surprises en surprises, visiblement ! Et c’est bien parce que j’suis un peu perdu, que j’finis par lui demander : « Désolée de ? », tout en haussant les sourcils, n’voyant vraiment pas d’quoi elle s’excuse ! D’être née dans une meilleure famille qu’la mienne ? Du fait qu’elle aurait dû être un rouage d’ce système qui n’fonctionne qu’au patronyme ou au secteur d’naissance, reléguant l’mérite à un plan très tertiaire ? D’la vie qui nous a fait naître totalement à l’opposé l’un d’l’autre, avant que j’ne fasse un passage éclair dans les gens dignes d’être d’son milieu, pour qu’finalement elle n’dégringole et que j’n’en fasse de même en réintégrant la place qui n’aurait dû cesser d’être la mienne ? Sincèrement, j’vois pas trop. Et ça m’agace, car en général, j’suis plutôt doué pour cerner les gens, voir où ils veulent en venir, même si j’le montre que rarement ça. Mais avec la Griffin, y’a des moments où mon « don » pour jauger les gens est loin d’être aussi infaillible que d’habitude ! C’est très certainement à cause d’ça que j’peux pas m’empêcher d’être autant intrigué par la Phoenicienne. Ou p’têtre pas qu’à cause d’ça, mais bon… Pour autant, j’prends pas d’gants, alors que j’parle avec elle, et qu’j’exprime des idées qui pourraient m’valoir d’être considéré comme un complotiste. A l’instar de c’qui s’est produit avec mon géniteur, quand il a eu la fausse bonne idée d’buter l’Chancelier… « Ça ressemblait juste une manipulation de masse. », rétorque-t-elle, c’qui m’vaut d’hocher positivement la tête à l’utilisation du terme d’manipulation d’masse, « si ça se passait comme tu le dis. Heureusement que les choses ont évolué depuis ces années antiques. » Là, pour le coup, j’arrête d’approuver d’un signe de tête. Bon, visiblement, elle est plus qu’sérieuse, et vit dans une bulle où tout l’monde est logé à la même enseigne. Elle ne s’rend même pas compte qu’elle est également victime, en un sens, d’cette manipulation d’masse, dont elle nie l’existence, au sein d’la Colonie… J’en ai croisé un paquet, d’privilégiés, certains qui avaient totalement conscience l’inégalité existante sur l’Arche, et d’autres pour qui tout semblait être l’plus normal. Comme la blonde. Quand on grandi en entendant répéter des mensonges, on les gobe, logiquement. Ou y’en a qui sont juste totalement cons (mais même pas dans l’sens péjoratif, ils sont juste totalement dénués d’cerveaux !). Cela dit, j’sais qu’c’est pas l’cas d’la jeune doctoresse ! Elle a juste pris pour argent comptant c’que son entourage a bien pu lui dire, ces dernières années… « Il semblerait que l'Histoire n'a pas vraiment de secret pour toi, en fait. », enchaîne-t-elle. Et j’lève doucement les épaules, n’approuvant ni n’désapprouvant son constat. J’lance un bref : « Mrf… », qui veut tout et rien dire à la fois. « Comme les étoiles.. », ajoute-t-elle. Et là, c’est plus fort qu’moi, mon regard s’détourne du mur que j’suis en train d’nettoyer, pour la regarder. Un peu étonné qu’elle remette cette soirée sur l’tapis, même si on y faisait parfois allusion, à l’occasion, même avec les autres dans les parages. « Ou alors c’est p’têtre juste toi qui n’y connaît rien ! », finis-je par dire, tentant d’détendre un peu l’atmosphère. Bon, elle était pas devenue non plus trop lourde, mais… Entre ça et mon p’tit souvenir précédent d’ses mains explorant mon torse lors d’cette soirée, disons que… Ca fait un peu beaucoup, pour moi, d’un coup, donc, j’tente d’diriger l’sujet sur quelque chose d’moins dangereux. Et d’forcer mes pensées à arpenter un sentier mental moins focalisé sur c’qu’a pu s’passer dans l’Observatoire, à c’moment-là.

Sauf que… bah, par la suite, la Phoenicienne m’fait une demande totalement surprenante. Et qui m’fait méchamment buguer. Bon, ça m’fait autant planter parce qu’avant, y’avait déjà des trucs qui m’ont partiellement fait planter, parfois d’mon propre chef, mais là, c’est carrément l’bordel. Comment on veut décemment qu’mes pensées s’perdent pas d’nouveau du côté d’la soirée sur Walden, avec une telle demande ? Hein ? Comment ? Non, sérieux, y’a pas quelqu’un qu’a vu mon cerveau dans les parages ? J’en aurais bien besoin, là, pour éviter d’faire n’importe quoi. Allez, c’est plus drôle les gars, voler les cerveaux des gens, c’est vraiment pas bien, vous savez ? Et voilà que la blonde en rajoute – inconsciemment (ou pas, c’est fourbe, les p’tites blondes, à c’qu’on dit !) – en s’mordillant la lèvre. Car ouais, même si j’tente de tenir des propos cohérents, pour exprimer à quel point c’est une mauvaise idée, j’la regarde, du coin d’l’œil. Bon, mon regard dévie p’têtre plus que d’raison vers ses lèvres, ça, j’peux pas dire l’contraire, désolé, c’est plus fort qu’moi ! En même temps, ça reste dans l’thème d’la conversation et d’mes pensées, d’un sens, donc, bon, j’suis pas tellement hors-sujet qu’ça. « A Bennett et à ses collègues Gardes ? Je préfère partir à la dérive dir.... », mais j’l’écoute qu’à moitié, la jeune toubib. Et c’est p’têtre pas une si mauvaise chose qu’ça, qu’en cet instant précis, j’sois trop perdu dans ma réflexion pour l’écouter. Car bordel, si y’a bien des types que j’peux pas piffrer, c’est bien Bennett et ses potes. Quand j’étais encore Caporal, ils m’gavaient déjà. D’toute façon, j’ai jamais pu saquer les Majors, donc, bon… J’sais pas c’qu’ils ont, si c’est l’fait d’être cantonné à la Prison ou au Labo, mais ces surveillants sont pas forcément fanas des autres membres d’la Garde. Du coup, la plupart des remarques désobligeantes qu’j’ai pu m’manger à l’époque, dans la Garde, ça venait d’Majors. Surtout d’Bennett & cie… Et j’ai pas forcément entendu d’bonnes choses à leurs sujets, à ces débiles, en plus. J’sais pas si c’est vrai ou pas, j’étais pas Major, mais disons qu’ils paraissent doués pour mettre certains détenus mal à l’aise, en leur parlant, ou juste en les regardant avec un peu d’insistance. Ils seraient carrément du genre à profiter d’leur position pour qu’certains prisonniers fassent tout c’qu’ils veulent…. Du moins, est-ce c’qu’on m’a dit… Du coup, ouais, y’a moyen qu’j’aurai moyennement apprécié la boutade d’la blonde. Pas impossible, même, qu’j’ai pu finir par sortir d’sa cellule pour m’assurer qu’ils n’s’occupaient pas d’elle. Rien qu’l’idée qu’ils puissent la déshabiller du regard comme les gros porcs qu’ils savent si bien être… Non, j’pense que j’aurai pu voir rouge. Et avoir donc encore plus d’quoi m’demander pourquoi j’peux avoir certaines réactions, dès qu’il est question d’la Griffin. Ma réflexion s’poursuit, et c’est clair et net qu’si ça n’avait pas été elle qui m’avait demandé un tel truc, ma réponse aurait été tout autre. Déjà, j’me serais demandé où s’trouvait l’piège. C’est pas qu’j’ai pas des masses confiance en les gens d’Phoenix, mais en fait… Si, c’est juste trop ça. Y’en a qui s’éclateraient bien à sortir d’telles demandes à des pauvres gars comme moi, rien qu’pour s’foutre d’leur gueule, s’ils viennent à accepter. Ou pour finir par appeler après des Majors, pour prétendre qu’y’a eu une tentative d’agression… M’traitez pas d’parano, des histoires comme ça, y’en a eu. Certes, c’es pas hyper courant, mais ça s’est produit quelque fois ! Sauf qu’là, bah, c’est elle, et que… En vrai, là, de suite, j’sais même pas trop pourquoi et comment j’accepte, ‘fin, j’veux juste même pas y réfléchir. Toujours est-il qu’j’en viens à lâcher c’que j’avais en main, pour m’rapprocher d’la Griffin. Mon regard rivé au sien, j’lui demande si elle sûre d’elle, lui offrant une porte d’sortie, si elle a changé d’avis. Sauf que là, j’dois avouer qu’j’le prendrais mal, un changement d’avis, en fait. Après avoir pesé l’pour et l’contre d’très longues secondes, et après en être venu à m’tenir juste en face d’elle comme maintenant, ouais, j’le prendrais mal. P’tain, j’dois vraiment être taré comme mec, pour avoir envie d’l’embrasser, et non pas être en passe de l’faire rien qu’pour lui rendre un quelconque service. Par chance, elle parait n’pas avoir changé d’idées, à croire sa main qui vient s’poser sur moi, et l’sourire qu’elle affiche.

De là, c’est l’bordel dans mon cerveau, dès l’instant où nos lèvres s’rencontrent – une fois d’plus – même si ça fait bien longtemps qu’elles ne s’sont pas posées l’une sur l’autre. Et pourtant, ça n’parait pas trop bizarre. ‘fin, si, ça l’est un peu, en un sens, mais… Ca parait juste…. naturel. Loin d’être aussi incongru qu’ça l’est parfois, avec Mara, où ça parait plus… malsain, pour moi, du moins. Car honnêtement, si j’vais vers Mara, c’est indéniablement parce qu’j’ai un côté autodestructeur qu’a rien trouvé d’mieux d’aller fricoter avec la meilleure pote d’ma défunte petite-amie, peu d’temps après l’décès d’celle-ci. Sauf qu’là, avec Clarke, comme j’l’ai dit, ça semble plus normal. Du grand n’importe quoi, j’vous l’dis, moi ! Et ça continue dans l’n’importe quoi, avec la phrase que j’lance, une fois l’baiser terminé. Car ouais, au lieu d’m’éloigner d’elle, pour tenter d’reprendre mon boulot, bah, j’reste à ses côtés. Plus précisément : j’la garde dans mes bras, frôlant sa joue, du bout des doigts, ayant toujours une main posée sur son visage. Non non, j’suis pas du tout en train d’laisser à entendre qu’j’ai pu apprécier l’baiser. Pas du tout. C’est juste que j’suis gentil, moi. J’travaille à n’pas heurter sa sensibilité en m’barrant dès qu’j’ai rendu l’service demander. En général, les gens l’prennent assez mal, qu’on s’tire, après les avoir embrassés ! Allez comprendre ! Y’a des choses, parfois, ça sert à rien d’tenter d’les comprendre. Comme c’qui s’trame ici-même, en cet instant précis, en fait. Faut juste s’contenter d’suivre l’truc. Parfois, trop réfléchir, c’est usant. Et c’est bien parce que là, en c’moment même, j’ai choisi d’plus trop réfléchir, que j’finis par faire une p’tite allusion sur la 1ère fois où on s’est embrassé, Clarke et moi. Et j’perds d’autres neurones, quand elle s’ingénie à glisser une d’ses mains dans mes cheveux. Pas sympa, ça, j’ai besoin d’mes neurones, moi, mad’moiselle Griffin ! Un simple geste, foutrement anodin en apparence, qu’a pourtant l’sale mérite de m’ramener – une fois encore – à une certaine soirée, durant laquelle elle a souvent laissé ses mains s’égarer du côté d’mes cheveux. C’qui n’m’avait pas déplu, bien au contraire, mais bon… Comme ça n'm’avait pas déplu qu’elle les laisse en liberté sur mon torse. Ouais, y’a un peu trop d’choses qu’j’ai apprécié, c’soir-là ! On va éviter d’le crier sur tous les toits. Même si, théoriquement, sur l’Arche, on n’a pas trop d’toits, en fait… « Pourquoi est-ce que j'aurai cherché autre chose, alors que tu semblais avoir apprécié la première fois ? » Voilà c’que la p’tite blonde s’amuse à m’rétorquer par la suite. Et immanquablement, mon sourire s’fait plus franc, en réponse à ses quelques mots. « Dans c’cas là… » Vous la sentez venir, la connerie ? C’est bien, c’est qu’vous commencez à m’connaître ! « J’vais porter plainte, car j’en ai pas profité beaucoup d’puis ! ». Bon, OK, mon ton malicieux est un peu parti en vrille quand elle a commencé à s’amuser avec mes cheveux. Non non, c’est faux, ça m’perturbe pas du tout. Tout comme ça m’perturbe pas d’voir son regard s’perdre régulièrement sur mes lèvres. Ca m’fait ni chaud ni froid, voyons ! Tout comme j’ai pas du tout une infime partie d’mon inconscient qu’a l’envie – folle et stupide – qu’elle ait conservé l’habitude d’utiliser un tel baume à lèvres, en partie – même si inconsciente chez elle aussi ! – à cause d’moi. D’ailleurs, mes pensées s’sont jamais égarées du côté d’la jeune doctoresse, quand il m’arrivait, depuis cette soirée, d’manger des cerises. Tellement pas mon genre, ça ! Pis, d’toute façon, j’en mangeais bien peu souvent, des fruits, c’est pas c’qu’on peut s’offrir l’plus facilement ! Sans oublier qu’j’suis pas fana d’ces fruits, d’toute façon ! Et non, y’a pas de : sauf quand j’les goûte au travers des lèvres d’une p’tite Phoenicienne, pas du tout ! Vous commencez à vous mettre n’importe quoi en tête, vous, ça va pas, sérieux ! Va falloir songer à s’calmer un jour, quand même, non mais oh ! Ou j’peux juste commencer à arrêter d’me voiler la face, mais j’crois qu’on est plus prêts d’voir venir la fin d’l’Arche qu’la fin d’mon voilage de face ! (Diantre, j’suis devin sans même l’chercher, c’est fou ça !) Bref, tout ça pour dire que j’affiche un grand sourire, et que j’m’efforce d’conserver un air super détaché, style, c’est tout à fait normal pour moi d’avoir échangé un baiser avec la blonde et d’l’avoir encore dans mes bras. Et ça serait plus qu’mal m’connaître que d’prétendre que j’serais pas opposé à l’embrasser d’nouveau. Va vraiment falloir qu’j’vous apprenne à voir quand une relation est platonique, car vous mélangez tout ! Voyons, la Griffin, c’est à peine une amie, pour moi ! Faudrait songer à ouvrir un dico, un jour, ça serait pas superflus pour votre culture perso ! C’est totalement platonique quand l’regard d’la Phoenicienne dérive vers mes lèvres, ou quand l’mien en fait autant vers les siens, ou quand elle s’éclate avec mes cheveux. Mauvaise foi, c’est mon 2nd patronyme, j’vous l’avais jamais dit ? Au temps pour moi ! C’est par pur hasard que j’me mordille d’nouveau la lèvre, pas pour lutter contre mon envie d’reprendre d’nouveau possession d’celles d’ma vis-à-vis ! Et toujours par pur hasard que j’cesse de mordiller ma pauvre et innocente lèvre, après qu’la Griffin ait laissé échapper un p’tit : « Compte pas sur moi pour m'excuser de t'avoir demandé cette dernière volonté. », qui m’voit esquisser un p’tit sourire. Amusé d’la référence qui s’tapie derrière ces mots qui semblent pourtant fortement anodin. Moqueur face au ton utilisé pour dire cela. Et j’me crois limite sourd en la voyant s’rapprocher d’moi. En comprenant c’que ça signifie. Maudit cœur qui s’agite pour un rien ! Maudit cerveau qui r’part j’sais pas trop où ! Si pour mon cerveau, sa disparition doit passer relativement inaperçu pour Clarke, j’doute qu’ça n’soit pas l’cas d’l’agitation d’mon débile de palpitant ! Car à peine nos lèvres s’sont-elles retrouvées qu’j’resserre mon étreinte autour d’elle, c’qui fait qu’elle est désormais littéralement contre moi.

Et là… Bah, là, j’sais pas trop c’qui s’passe. ‘fin, j’veux juste pas y penser, là, de suite. Assez fatale, pour mon cerveau, d’avoir une blondinette dans les bras, en fait, j’crois bien, pas vous ? Et les choses n’s’arrangent clairement pas, quand – j’sais pas quand, ni comment, ni pourquoi – on s’retrouve sur son lit. Car non, sincèrement, c’était pas prévu, ça, j’lui ai pas rendu son baiser pour qu’on s’retrouve là, quand même : m’prenez pas pour Bennett et sa cour débile, par contre, s’vous plaît ! Et là, c’est pas l’voilage de face, qui s’exprime, franchement ! J’ai du mal à penser d’manière cohérente, en c’moment précis, et c’est pire quand j’bouge ma main droite. Pour éviter d’étouffer la blonde en m’vautrant sur elle (ça serait pas super poli, quand même, nan ?). Si ma main gauche s’est placé à côté d’la tête d’la blonde, frôlant parfois sa joue du bout des doigts, mon autre main s’est positionné vers son flanc, mais sur l’lit. A un moment, j’finis par n’prendre appui qu’sur ma main gauche, et par la suite, ma main droite migre vers la blonde. D’manière totalement indépendante d’ma volonté (bon, non, ok, j’avoue, c’est pas l’cas, mais chut !). Et voici comment elle s’retrouve soudainement vers la hanche d’la doc’, voir un peu plus haut. Sauf qu’un truc qu’j’avais pas vu, c’est qu’le haut d’la blonde était quelque peu relevé, par là. Rien d’excessif non plus, mais disons qu’c’est déjà largement suffisant pour vous faire planter, quand vous vous y attendez pas, et qu’vous vous retrouvez donc à frôler un bout d’peau d’la Griffin. Et bien entendu, ça, ça réveille d’autres souvenirs en moi, d’l’Observatoire. D’quand mes mains avaient finis par avoir l’audace d’s’aventurer sous l’t-shirt d’la blonde. Un peu avant qu’elle n’se crispe quelque peu et m’fasse comprendre, sans vraiment avoir à l’dire, qu’ça allait trop vite pour elle. Avant donc que j’finisse par lui faire savoir qu’y’avait pas d’mal à s’arrêter là. Et c’simple contact, en c’moment-même, m’donne envie d’en avoir un peu plus, alors j’finis par glisser ma main contre c’bout d’peau dévoilé, relevant légèrement plus le haut d’la blonde au passage, juste pour qu’ma main soit contre sa peau et non entravée par c’tissu qui – en c’moment précis – devient gênant. Survient un moment où les lèvres s’séparent quelques instants. Besoin d’respirer, vous comprenez, même si on est loin d’échanger un baiser des plus enflammés (bon, y’en a eu, mais là, on s’montre plus doux). Clarke en profite pour glisser un p’tit : « Merci, Bellamy. », qu’a pour effet d’me faire ouvrir les yeux. Sous l’choc. Pas parce qu’elle m’a remercié (j’ai beau n’guère apprécier les Phoeniciens, j’sais qu’parfois, il leur arrive d’être polis.). Non, c’qui m’fait presque planter – encore une fois – c’est l’fait qu’elle m’interpelle par mon prénom. L’fait que décidemment, j’aime un peu trop l’entendre franchir l’seuil d’ses lèvres au goût d’cerise. L’sourire qu’j’affichais sur mes lèvres s’dissipe quand j’vois quelques p’tites larmes couler l’long d’son visage. Migrant vers sa mâchoire, j’y dépose quelques baisers, pour stopper les quelques larmes qui tentent d’y passer, tout en soufflant un mot ou deux entre chaque baisers : « Hey, j’vais finir par être vexé si t’pleures t’sais ! ». Y’a un peu d’malice, dans ma voix. Pour tenter d’détendre l’atmosphère. Y’a un peu d’souffle coupé, aussi, parce que… Bah… Z’avez besoin d’expliquer pour ça ? Y’a un peu d’tristesse, aussi, inconsciemment, par contre, parce qu’c’est tout c’qu’on aura, c’moment. Y’a d’la colère également, consciemment, cette fois, par contre, à l’encontre d’l’Arche et d’ses lois à la con. J’ai jamais été un fervent admirateur d’la législation en cours sur la Colonie, et j’crois qu’j’vais définitivement n’plus l’être, là, en fait.

Ayant terminé ma prétendue complainte, j’m’amuse à lui mordiller l’lobe d’l’oreille. Peu après, mes lèvres s’frayent un chemin vers l’cou d’la blonde, alors qu’dans l’même temps, ma main déambule sur ses côtes. Et j’crois qu’c’est à c’moment-là qu’Clarke m’fait comprendre, gestuellement, qu’ma tenue d’agent d’entretien l’emmerde royalement. J’ricanne contre son cou, en la sentant galérer à déboutonner ma combi’. « J’te croyais plus adroite qu’ça ! », la raillais-je, taquin, avant d’l’aider à la tâche qu’elle s’est donnée. Et c’est sans doute pour m’prouver qu’elle sait s’montrer adroite – par moments ! – qu’elle m’débarrasse du t-shirt que j’porte sous ma tenue, une fois le haut d’celui-ci viré. « Joli lancé ! », dis-je pour la charrier, après qu’elle eut – avec adresse ! (les blondes adroites, ça existe !) – balancé mon t-shirt à l’autre bout d’sa cellule. Bon, j’fais moins l’malin en voyant l’regard qu’elle porte sur moi, et en sentant ses mains s’approprier mon torse, comme dans l’Observatoire. P’tain, c’est insensé, quand même, qu’rien qu’en la sentant glisser ses mains sur moi, ça m’fasse ressentir tant d’choses, m’rendant presque cinglé, quand même. Nan ? A croire qu’ça réveille la moindre d’mes particules, c’est fou ! Mais non, par contre, vous rêvez, j’ai pas d’légers frissons qui m’échappent, j’sais foutrement pas d’où vous sortez d’telles conneries ! Et comme si c’était pas assez, faut qu’y’ait une p’tite lueur de c’qui parait être d’la fierté, qu’illumine l’regard d’la Griffin hein. C’est pire encore quand, par réflexe, j’en viens à m’mordiller – encore – la lèvre. J’crois qu’là, par contre, c’est elle qui déraille, car elle n’tarde pas à m’attirer d’nouveau vers elle, pour reposer ses lèvres contre les miennes.

Quelques secondes, ou quelques minutes plus tard, j’sais pas trop, ma notion du temps tend à devenir un peu compliquée, là, j’finis par grogner, quand elle délaisse mes lèvres pour s’concentrer sur mon cou, ses mains n’cessant leur manège, tantôt sur mon dos, tantôt sur mon torse. « Faudrait songer à s’mettre à égalité, là ! », suggérais-je, en m’attelant à relever son haut, entraînant dans la foulée aussi bien l’p’tit pull qu’elle porte qu’son t-shirt. « V’là qu’est déjà mieux ! », soufflé-je, balançant finalement l’tout, comme elle l’a fait un peu plus tôt avec mon propre haut. Et j’connais un nouveau raté, alors qu’mon regard s’balade sur l’bout d’chaire présentement dévoilé. Mais ça empire quand j’me remets d’manière à pouvoir l’embrasser – encore. Si mon cerveau déraillait alors qu’y’avaient qu’nos mains qui s’montraient curieuses sous le haut d’l’autre, c’est même pas comparable avec maintenant, en sentant mon torse directement contre l’sien. Bon, là, j’crois que j’peux dire adieu à mon cerveau. J’ai été heureux d’t’avoir connu, merci pour les quelques années passées avec moi, c’était sympa ! M’enfin, ça fait longtemps qu’il s’est barré, d’toute façon, car là, ça fait un bail que j’pense plus vraiment à la probabilité qu’un Major débarque dans la pièce, et qu’on n’finisse donc par nous surprendre dans une situation clairement compromettante ! Et si jusqu’à présent, mes mains avaient été assez sages et s’étaient limitées au ventre d’la jeune femme, là, elles s’font plus audacieuses, allant jusqu’à sa poitrine, encore recouverte par son soutien-gorge. « Clarke. », grogné-je, alors qu’elle parvient à accéder, avec ses lèvres, au haut d’mon torse. Déraillage vocal indubitablement, engendré uniquement par ses lèvres et ses caresses. Non mais ça va pas, là, vraiment pas. J’attrape ses mains – pas sages, les mains ! – pour les placer au-dessus d’sa tête. J’les maintiens en place, via ma main gauche, avant d’lui faire savoir, au creux d’l’oreille, que : « Ca mérite vengeance ça ! ». Et j’me soucie pas d’savoir si elle proteste ou pas. D’toute façon, c’est bien simple, j’la fais taire. D’un moyen qu’a fait ses preuves : en l’embrassant. Puis j’dérive, sur son cou, sur sa clavicule – en profitant au passage pour virer sa bretelle d’soutif - le haut d’sa poitrine, puis son ventre. D’là, j’lui lance un regard provocateur, avant d’glisser ma main gauche derrière son dos, pour lui dégrafer un élément qui devient un peu gênant, là (et vous savez tous d’quoi j’parle, on m’la fait pas, à moi !) « On n’est toujours pas à égalité, au cas où t’l’aurais pas remarqué ! », lui dis-je, comme une excuse. Et voilà comment son soutien-gorge fini par rejoindre l’tas d’vêtements qu’ont commencé à voler à travers la pièce. Et voilà comment un sourire d’fierté débarque sur mon visage, même s’il est teinté d’une lueur d’plantage. Un peu difficile d’rester d’marbre avec une Clarke à moitié dénuée sous soi, quand même ! Tâchant d’camoufler mon trouble à la Griffin, j’m’empresse d’retourner prendre possession d’ses lèvres. Ma main gauche s’plaque contre ses reins, alors qu’ma main droite libère celles d’la blonde et s’décide à partir à la découverte d’la partie d’l’anatomie d’l’apprentie doc’ récemment dévoilée.

C’est une poignée d’secondes plus tard qu’un bruit s’fait entendre. Pas provenant d’la cellule. Mais du couloir attenant à celle-ci. Des bruits d’pas. Avec des échos d’conversations. Douche froide. En fait, on n’est pas aussi seuls au monde qu’on avait fini par l’croire. J’sais pas trop comment on en était venu à penser ça, mais, vu les dernières minutes, on en était venu à l’croire vraiment ! J’me fige, comme si j’avais reçu une énorme claque. Et j’pousse un soupir, assez rapidement à la suite de ça. Ma main droite rejoint un endroit un peu plus « sage » qu’son dernier emplacement, et s’loge donc sur la joue d’la blonde. « Heu… je.. On f’rait mieux d’en rester là… », lui fis-je savoir, non sans pousser un soupir. Plein d’frustration. Non sans lui voler un nouveau baiser. Plus bref et « chaste » que ceux qui nous ont unis ces derniers temps. Mâchoire crispée, j’finis alors par quitter l’lit. Frustré. Sachant pertinemment que si j’le fais pas maintenant, qu’si elle répond un peu trop à c’baiser, ça risque de repartir comme précédemment. Sauf que… C’est pas qu’j’en ai pas envie. J’pense qu’elle a pu l’voir, ça, d’toute façon. Mais c’est une très mauvaise idée. Parce qu'on m'enverrait direct' à la dérive si on nous surprenait. Et peu importe à quel point c'était très agréable, être envoyé à la dérive, c'est un peu excessif, comme prix à payer, vous trouvez pas ? Peu importe à quel point ça m'paraissait normal d'm'apprêter à partir plus encore à la découverte du corps d'la Phoenicienne, peu importe à quel point j'ai pas vu mes pensées s'égarer vers Elizabeth, alors qu'quand j'suis avec Mara - car « j'fréquente » qu'elle, depuis Elizabeth ! - durant c'moment passé avec la blonde, bah... c'est juste une fort mauvaise idée. Et ce, même si là, j'me sentais bien, comme j'l'ai plus été, depuis qu'ma vie est partie dans tous les sens, entre l'exécution d'ma mère, l'emprisonnement d'ma soeur, et la mort d'Elizabeth. Pis, sérieux... C'est supposé être platonique, entre nous, alors on va pas tout basculer maintenant, nan ? Bon, OK, j'avoue qu'y'a une p'tite partie d'moi qui pousse un soupir d'soulagement, parce qu'elle sait parfaitement qu'ça aurait été encore plus difficile, après l'exécution d'la bonde, d'devoir arpenter les couloirs d'l'Arche, alors qu'notre relation ait dérapé d'la sorte. Pire encore quand mon inconscient s'réveillera enfin, et m'fera réaliser qu'en fait, j'la voyais p'têtre pas qu'comme une simple amie. Donc, ouais, là, mon inconscient s'estime heureux. Alors qu'mon conscient est frustré. Mais bon, ça, va falloir qu'il s'y habitue, l'coco, car l'avenir va pas mal jouer avec. Et avec mes nerfs. Et avec ceux d'Clarke.

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[02/04/2482] Just give me something I’ll miss before I go. | Bellarke

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