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[15/04/2482] Don't ignore me this time [Lexa]

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Alkaia


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MessageSujet: [15/04/2482] Don't ignore me this time [Lexa] Dim 18 Juin - 22:02

Spoiler:
 


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Don't ignore me this time
Lexa & Alkaia

« Même les gens bien font parfois des erreurs […].
Mais ce n'est pas pour autant qu'on arrête de les aimer. »


C'était tout le temps silencieux. Plus un seul regard, plus une seule lueur dans ce regard vert. Plus d'amusement. Rien. C'était vide entre nous. J'avais perdu ma meilleure amie. Je ne devais pas trop me plaindre, j'avais toujours mon boulot. Mais je n'avais plus cette relation que j'aimais tant. Des mois, bientôt un an que nous ne nous parlions plus. C'était douloureux, c'était triste ... ce n'était plus nous. Souvent, j'avais hésité à lui en parler, à lui dire ma façon de penser comme je l'avais souvent fait. Mais je n'avais pas osé. La blessure était trop récente, la perte encore trop grande. Alors j'ai attendu. On ne savait pas ce que la vie nous réserverait.

Et rien. Ça ne c'était pas amélioré, que du contraire ! Petit à petit, notre relation était passée de meilleures amies à une relation strictement professionnelle. J'étais, tout au plus, une de ses Yazhu. Évidemment que ça m'avait blessée, j'ai essayé de lui faire comprendre ... mais Lexa, c'est ma Heda, je n'avais pas de grandes marges de manœuvres. Alors, je me suis tue. J'ai enduré ces regards froids et neutre, parfois triste et coupable. Costia, c'était l'élément déclencheur. J'avais fais une erreur, pire que ça même. J'aurais pu mourir pour elles deux, parce que c'est mon travail mais aussi parce qu'elles étaient des amies.

Pendant un moment, j'ai fais des aller retour dans une chambre que je pouvais occuper lorsque je n'avais pas le temps d'aller me reposer chez moi, à Cyston. Je ne parvenais pas à trouver le sommeil, à me reposer comme je devais le faire. Le jour d'avant était celui du Grand Abandon, et ça avait été un honneur d'accompagner mon Commandant à cette fête. Ça aurait été un double honneur d'y accompagner mon amie. Mais je ne pouvais rien faire, n'est-ce pas ? Qu'y avait-il à faire ? Lexa détenait un droit de vie et de mort sur chacun d'entre nous. Si j'allais lui parler et qu'elle décidait de ... je ne sais pas moi, me renvoyer ? Me bannir ? Je ne pouvais pas risquer tout ça ... risquer ça pour une amitié probablement perdue à jamais. Je m'étais posée sur le lit un instant. Cela ne me ressemblait pas d'être défaitiste. Je ne voulais pas perdre cette bataille, mais comme faire pour la gagner ? Anya m'aurait probablement dit d'aller lui parler, de régler nos comptes. Peut-être même en entraînement comme elle l'avait fait avec moi. Ce ne serait pas beau à voir, entre Lexa et moi.

Je repris mes aller retour d'un pas un peu moins vif. Je secouais la tête, pensive. Heureusement que j'avais gardé mes cheveux noués avec ces petites tresses ; ils m'auraient embêté. Manquerait plus que je décide de me couper les cheveux simplement parce que je suis contrariée ... Libérée du poids de mon épée et de mon arc que j'avais laissé à côté de mon lit, ainsi que de ma veste, j'allais observer Polis. La vue était belle, l'extérieur était reposant. Peut-être que cela m'aiderait à me concentrer, à savoir ce que j'allais faire. Les mains sur le muret, j'observais simplement. Mes pensées n'y étaient pas, dérivant sur cette relation devenue chaotique. Au fond, je savais ce que je devais faire ; je ne savais pas si j'aurais assez de cran pour le faire. Nuance. Moi qui ait pourtant une grande gueule ... Lexa était Heda, je n'avais pas choisi ma meilleure amie pour rien. Je n'avais pas choisi du tout, en fait. Nos parents étant amis, c'était normal pour nous. Je me demande s'ils avaient, eux aussi, connu des périodes difficiles dans leur amitié. Probablement.

Je fis soudain demi-tour, attrapa ma longue veste noire (je suis toujours toute habillée de noir) et sortis de la pièce. Je savais qu'elle serait gardée, pas besoin de prendre mes armes avec pour ça. Je n'étais pas si loin que ça de Lexa. Tournant dans le couloir vers ses quartiers, j'inspirais longuement tout en me demandant si c'était une bonne idée. Je fonçais pour éviter d'y réfléchir, mais je ne fonçais pas encore assez. Je savais qu'il fallait crever l'abcès, c'est tout. Arrivée devant sa chambre, je laissais échapper à ses gardes que je devais voir Heda. J'évitais de l'appeler par son prénom. Je ne sais pas pourquoi, mais je faisais encore attention à cela. On m'ouvrit les portes et je m'engouffrais dans la pièce.

Il était rare que j'y vienne sans y être invitée ... depuis l'incident. Rare que j'y vienne sans mes armes, mais je ne devais pas prendre mon service avant plusieurs heures. J'avais donc le temps de lui parler et de retourner chercher mes armes. Si je n'étais pas virée d'ici là. Je restais figée, l'observant, méfiante. Je n'étais pas souvent méfiante. Je relevais le menton, prenant du courage. Il fallait que cela cesse.

« Lexa, il faut qu'on parle. Ça ne peut plus durer. »

Oh, elle saurait de quoi je voulais parler. Si elle n'était pas trop butée, elle saurait que ça n'allait pas. Je continuais néanmoins, avant qu'elle ne m'interrompe ou qu'elle ne me regarde avec son regard inexpressif, comme elle a su le faire dès la mort de Costia.

« Il faut que tu arrêtes de m'en vouloir pour Costia. Je m'en veux déjà assez moi-même, et tu sais que j'aurais préféré mourir à sa place. »

J'avais lancé le pavé dans l'étang, j'espérais qu'il ne coulerait pas trop vite. Je ne voulais plus de cette relation froide et impersonnelle. Peut-être que ça ne reviendrait jamais comme avant, soit, mais au moins pas comme ça. Plus comme ça. C'était bête, mais je voulais récupérer mon amie, et je crois que je ferais n'importe quoi.

 
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Lexa


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MessageSujet: Re: [15/04/2482] Don't ignore me this time [Lexa] Mar 20 Juin - 5:16

Don't ignore me this time
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Aujourd'hui, comme tous les jours depuis dix mois, je suis pensive, toujours loin dans mes pensées. Et je ne dors plus exception faite lorsque je suis vraiment exténuée et encore... Même dans ces cas la, il suffit que je pense au calvaire que Costia à du vivre et ma fatigue s'envole tel un faucon. Preuve en est, je devrais supposément dormir en cet instant au regard de la grosse journée qui a eu lieu hier. C'était la cérémonie du grand Abandon, cette année elle a eu lieu à Algo, en territoire Trikru. J'étais doublement honorée de saluer la mémoire de nos disparus et d'être sur mes terres natales même si je n'étais pas dans mon village à proprement parler. Mais d'un autre côté forcément tout me ramenait à Costia dans le sens ou je ne faisais que penser au fait que cette pourriture d'Azgeda à empêcher le retour de son corps  et de ce fait l'a privée des derniers hommages qui lui aurait permis d'avoir l'esprit totalement libéré.
Enfin, autant dire que j'étais partagée hier, partagée entre l'honneur que représente cette cérémonie pour moi en tant que commandant et entre le désespoir total qui m'habite depuis bientôt un an. Et pour couronner le tout, Alkaia était présente hier, forcément elle fait partie de mes Yazhu alors ça parait évident mais sa présence reste très difficile à gérer pour moi depuis... Depuis que je l'ai vue revenir seule, en sang accompagnée de son désarroi le plus total et du faucon de la femme que j'aime, à moitié mort. Quand je repense à cet instant je me rends compte que j'ai été soulagée qu'elle soit toujours en vie, mais toutes les mauvaises pensées sont venues après qu'elle m'ai tout raconté, c'est bête mais je n'ai pas pu m'empêcher de lui en vouloir, de la maudire presque tellement j'aurai aimé voir Costia revenir à ses côtés.
Qu'on soit bien d'accord, jamais je n'aurai souhaité la mort de mon amie, mais j'avais tellement foi en elle, que j'ai eu le sentiment de tomber du haut de la tour de Polis tellement le contre-coup s'est avéré violent.

Toujours est-il que les choses sont ainsi depuis des mois, à la différence que c'est moi que je maudis à présent, je m'en veux à mort de n'avoir pas su protéger Costia, de ne pas lui avoir tenu tête plus longtemps, tout comme je m'en veux a mort d'avoir mis une telle distance avec mon amie d'enfance, inconsciemment je crois car mon but n'est pas de la faire souffrir, je ne veux faire souffrir personne, je voudrais simplement être apaisée et c'est impossible je le crains...

Hier Alkaia osait à peine me regarder, je crois qu'elle est autant blasée que moi pour des raisons différentes, mais ça n'enlève rien à la finalité, entre elle et moi une cassure s'est opérée et je l'admets, si aucune communication ne s'installe c'est parce que je m'évertue à la fuir. Je ne la regarde quasiment pas ou bien de manière excessivement froide et détachée, je fais en sorte de ne pas mon trouver dans son champ de vision dès que cela est possible et je met un point d'honneur à ne pas lui adresser la parole. Alors inconsciemment ou non je n'en sais rien, il se pourrait bien finalement que je lui en veuille seulement ce qu'elle ignore c'est que je m'en veux doublement.

Je suis allongée sur mon lit et penser à tout ça me donne la migraine, je me lève pour rejoindre mon balcon et très vite je m'aperçois que le ciel est de même humeur que moi, maussade, grisonnant, terne. La pluie ne va pas tarder a tomber sur la capitale, et cette perspective me ravit car le bruit de la pluie m'aide à dormir, on va dire que c'est un somnifère naturel. Je m'en retourne à l'intérieur et j'attrape un verre que je bois d'un trait quand j'entend du bruit venant du couloir.

Je m'approche légèrement pour savoir ce qu'il se passe quand les portes de ma chambre s'ouvrent et m'offre une vue d'ensemble sur la dernière personne que je m'attendais à voir ici, sans armes, sans mission mais avec visiblement un certain besoin de s'exprimer. Je sentais bien qu'elle cherchait une certaine contenance dans son attitude et que les mots allaient fuser d'un instant à l'autre. Tout en lui jetant un regard qu'elle à l'habitude de recevoir venant de moi depuis tout ce temps, je reprends un verre, d'alcool cette fois, quelque chose de fort car je sens que ce qu'Alkaia s'apprête à me dire ne va pas forcément me plaire. Et au fond de moi tout en me servant ce verre, j'ai une certitude, je connais la raison de sa présence alors je me décide finalement à lui faire face sans trop y mettre du mien faut l'avouer.

Et voilà qu'elle me lance qu'il faut qu'on parle, que ça ne peut plus durer ! Je serre les dents, je bois, vite et bien puis je pose mon verre. Et alors que je cherche mes mots, que je cherche au fond de moi ce que je pourrai bien lui répondre, elle enchaîne :

]-« Il faut que tu arrêtes de m'en vouloir pour Costia. Je m'en veux déjà assez moi-même, et tu sais que j'aurais préféré mourir à sa place. »

Et ben ! C'est ce qui s'appelle mettre les pieds dans le plat ! Je sens qu'une boule se forme au niveau de ma gorge telle une météorite, je fulmine et même si j'essaie de me contenir, les mots qui sortent de ma bouche ne sont pas des plus tendres :

- Il faut qu'on parle ?? Tu sais à qui tu t'adresses ou bien faut-il que je te le rappelle ? *Je joue la carte Heda, c'est d'une extrême mauvaise foi je sais*

Je prend une grande inspiration avant d'entamer les cent pas dans la pièce afin de ne pas me manquer, même si je sais que je risque de déraper, dès que ça touche à Costia de toute façon je divague, pitoyable je suis. J'inspire et j'expire profondément plusieurs fois avant de reprendre la parole :

- Ecoute Alkaia, tu débarques comme ça et tu me dis qu'il faut que j'arrête de t'en vouloir ? Tu crois que je ne sais pas que tu t'en veux et que tu te serais sacrifiée pour que Costia ai la vie sauve ? Tu viens dans mes quartiers pour me dire des putains de trucs que je sais déjà ! Mais toi tu sais si moi je m'en veux ? Si je me sens coupable ? Tu sais rien de rien, et si je te parle pas c'est bien qu'il y a une raison et tu sais très bien que je déteste être prise au dépourvu !

Je la regarde froidement mais cette fois, mon regard est des plus francs, il n'est pas furtif, pas entre deux feux, il est saillant voire tranchant et j'espère qu'elle va vite le comprendre.

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Dernière édition par Lexa le Sam 1 Juil - 20:39, édité 1 fois
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Alkaia


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MessageSujet: Re: [15/04/2482] Don't ignore me this time [Lexa] Jeu 22 Juin - 21:00

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« Pour cacher quelque chose, le meilleur endroit était souvent le plus visible.
En général, les gens ne voient pas ce qui leur crève les yeux. »


J'aurais du m'attendre à ce genre de regard. Ce n'est pas parce que je débarquais sans prévenir dans ses quartiers qu'elle allait mieux me regarder. Et ça me blesse une une nouvelle fois. J'ai presque envie de lever les yeux au ciel mais je ne le fais pas. Je me contiens, et ne bouge plus. Je la regarde se servir de cet alcool que j'ai déjà goûté. Oh, elle sent qu'elle va avoir besoin de courage pour parler avec moi ? Oui, il lui en faudra, et à moi aussi. Mais il était temps qu'on parle, je ne pouvais plus laisser cette situation s'envenimmer. Je ne savais pas trop ce qui se passerait à la fin de cette entrevue. Ça passerait ou ça casserait, en fait. Peut-être que je me ferais virer, ou peut-être que nous aurions apaisé les tensions qu'il y avait entre nous. Chacune de nous souffrions de la perte de Costia, à un degré différent, et ça nous avait détruit.

Quand je la vois me faire enfin face, elle semble blasée, et n'a pas du tout envie de me voir. Comme toujours. Je suis habituée maintenant, serrant les dents. Voilà qu'elle se met à presque s'énerver. Je la vois se contenir, je vois presque les flammes dans ses yeux. Oh, je l'énerve ? Elle ne cherche pas à être douce, non, ses mots claquent fort. Font mal. Voilà qu'elle joue a être Heda, devant moi. Enfin, jouer est un grand mot bien sûr, mais c'est ce qu'elle fait depuis ces derniers mois. Elle se protège derrière son titre d'Heda. Elle se protège de quoi ? De sa peine ? Sûrement. Mais j'aurais pu être là pour elle, si nous ne nous étions pas éloignées. Je croise les bras et hausse les sourcils. Elle veut le jouer comme ça ? Parce que j'étais prête à parler calmement, mais si elle commence comme ça ... Pourquoi ne veut-elle pas aller au bout des choses ? Finalement, je hausse les épaules.

« Pas besoin de me le rappeler. En fait, je m'adresse surtout à mon amie, Lexa. Laisse donc Heda de côté pour le moment, ce n'est pas elle que je veux. »

Oh, je sais ce que je risque. Elle va peut-être s'énerver encore plus ou se calmer. C'est l'un ou l'autre. Je ne partirais pas avant que tout soit réglé. Nos problèmes de communication, par exemple. Il fallait que nous arrangions cela, ça s'en ressentait dans l'équipe. Anya avait tenté de me faire cracher le morceau -et avait réussi. Je savais que Gustus s'inquiétait. Il nous avait toujours vue fourrées ensemble, il n'aimait pas notre distance. Lexa se met à faire les cent pas, visiblement énervée. Je l'ai vu tenter de se calmer. Je ne bougeais toujours pas de ma place, pas que j'aie peur, mais pour l'instant, il ne valait mieux pas que je bouge. Elle me dit qu'elle sait tout ça, qu'elle sait que je me serais sacrifiée, qu'elle sait que je m'en veux. Et me demande si je savais qu'elle s'en voulait également. Qu'il y avait une bonne raison pour qu'elle ne me parle pas. Ah oui, j'aimerais bien qu'elle me la donne. Je ferme les yeux quelques secondes. Je savais que cette discussion serait difficile.

« Je sais que tu t'en veux aussi, évidemment ! Je sais que tu te sens coupable, et j'aurais été là pour toi si tu ne m'avais éloignée par la suite. Alors, éclaire moi : pourquoi tu ne veux plus me parler ? » Je fais un pas en avant, les bras à nouveau le long du corps. « Je t'ai laissé du temps pour aller mieux, je pensais que tu en avais besoin. Tu n'avais pas besoin de moi à tes côtés à ce moment là, et je comprends. Mais aujourd'hui, ça n'est plus possible. La distance qu'on a mis entre nous se remarque. »

Lui murmurais-je. Je ne voulais pas hausser le ton. Je ne voulais pas m'énerver contre elle. C'était Heda, je lui devais un minimum de respect (ce que j'avais enfreins il y avait quelques minutes à peine) et ça ne servait à rien de s'énerver. Le ton monterait très vite, trop vite, entre nous et je ne voulais pas de ça. Ce n'était pas pour ça que j'étais venue. J'en venais presque à me demander si elle me voulait toujours comme Yazhu à ses côtés. Si ça lui fait tant de mal que ça que je sois là, peut-être que je devrais partir ? Faire autre chose. Être Yazhu, c'était ma vie, j'avais toujours rêvé d'être à cette position, pour rendre mes parents fiers, mais le bonheur de Lexa passerait toujours avant tout. Elle n'était plus seulement mon amie, mais aussi ma Heda. Si m'effacer de son paysage lui rendait heureuse ... Je ne devais pas penser comme ça. Je secouais la tête pour tenter de rester connectée à la réalité. Il ne fallait pas que je loupe une minute. Tout pourrait partir si vite !

Je passe une main dans mes cheveux tout en l'observant. Je suis triste. Son regard est si froid, tellement épris de colère ... Je réalise que mon amie d'enfance est si loin de moi pour l'instant, hors de portée. Je ne savais pas ce que je devais faire pour la retrouver. Mais est-ce que je la retrouverais ? C'est une autre question.

« Tu me manque. »

Dis-je simplement en la regardant dans les yeux. Mon amie d'enfance me manquait. C'était difficile d'être tenue éloignée, sans pouvoir rien lui confier. Nous avions passé tellement de temps ensemble que ça me faisait bizarre ces quelques mois sans elle. Oh, quand elle était partie pour Polis, c'était encore plus long, mais là c'était pour une bonne raison. Aujourd'hui, je ne sais plus. Je regarde dehors, la nuit commence doucement à s'installer, il ne fait pas encore trop frais.

« Ça ne sera sans doute plus jamais pareil, mais j'aimerais qu'il n'y ait plus autant de distance entre nous. Et ne me dis pas que ça été facile pour toi, parce que je ne te croirais pas. »

Ce n'était pas un affront, je savais juste que c'était la réalité. Pourquoi nous mettions de la distance entre nous alors que ça ne faisait mal à toutes les deux ? En sachant que nous nous en voulions toutes les deux, que nous nous sentions coupable. Je n'avais plus d'autres idées pour l'instant. Tout ce que j'espérais, c'est qu'elle ne me jette pas dehors. Elle serait bien clémente de m'accorder cette soirée.

 
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MessageSujet: Re: [15/04/2482] Don't ignore me this time [Lexa] Sam 1 Juil - 22:04

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Je fulmine devant Alkaia car je me sens piégée, c'est vrai. Mais d'un autre côté je ne peux m'empêcher de me dire que si elle fait cette démarche c'est que la situation actuelle n'a que trop duré pour elle. Je sais que c'est frustrant pour elle et qu'il lui semble important de mettre les choses à plat, de jouer carte sur table... Mon regard est pourtant loin d'être avenant et ne lui laisse guère une marche de manoeuvre confortable. Je vois bien qu'elle est blasée, que le fait que j'utilise mon statut pour m'adresser à elle la blesse réellement. Pour le moment elle se contient, elle encaisse mais la connaissant cela risque de ne pas durer.
J'ai mon caractère, bien trempé parfois très dur, mais Alkaia possède le sien également. Nous nous connaissons depuis notre enfance et je sais qu'elle est loyale envers sa famille et ses amis mais que lorsque la situation l'agace, elle ne passe pas par quatre chemins pour dire sa façon de penser. Et à en juger par son comportement actuel, je sens que la tempête n'est pas loin.
Devant les propos que je tiens elle reste immobile, mais réceptive. Seulement je sens que la colère l'envahit à chacun des mots que je prononce, j'imagine qu'elle se pose un tas de questions, qu'elle ne comprend pas, pourquoi j'agis de cette façon alors qu'il serait certes plus raisonnable que je lui laisse sa place à mes cotés en tant qu'amie pour faire face à la perte immense que représente la mort de Costia. Au fond de moi j'ai bien conscience que je me punis depuis dix mois, et que cette punition touche énormément Alkaia par incidence mais je suis comme tiraillée par tout ce que je ressens. Je m'en veux, je lui en veux alors que je sais qu'elle a fait tout ce qu'elle pouvait mais j'ai peur de ne pas trouver la paix en la sachant à mes cotés ce qui est en somme totalement ridicule et je le sais. Seulement l'être humain réagit parfois de façon extrêmement contradictoire et j'en suis la preuve vivante.

Alkaia fini par hausser les épaules comme pour me montrer qu'elle n'adhère pas à ma façon de lui présenter les choses et elle me dit :


« Pas besoin de me le rappeler. En fait, je m'adresse surtout à mon amie, Lexa. Laisse donc Heda de côté pour le moment, ce n'est pas elle que je veux. »


Elle n'a pas tort, je l'admets. Me servir de mon statut alors qu'elle est finalement dans une situation plus délicate que la mienne en tant qu'amie et Yazhu ce n'est pas très fair play de ma part. J'essaie de relativiser un instant et de me calmer même si finalement c'est davantage la panique qui m'habite qui me rend désagréable plutôt que le fait de devoir affronter mon amie de toujours. Mais je ne sais pas par ou commencer, je ne sais pas comment lui expliquer véritablement ce que je ressens. Je suis maladroite en tentant de le faire et ça lui rend encore plus la tâche difficile. Elle ferme d'ailleurs les yeux quelques instants, elle est touchée, cette discussion est certes nécessaire mais douloureuse pour elle comme pour moi. Et pourtant Alkaia n'hésite pas à me dire qu'elle sait que je m'en veux, que je me sens coupable mais qu'elle aurait pu être la pour moi, me venir en aide si je ne l'avais pas éloignée. Elle veut savoir pourquoi je refuse de lui parler.

Mes cent pas se sont interrompus, mais je suis encore debout sans savoir vraiment quoi faire quoi dire surtout que mon amie fait un pas de plus en ma direction. Mes jambes menacent de se dérober sous le poids de ma culpabilité et de la panique et les mots qu'Alkaia prononce n'arrangent en rien les choses mais je l'écoute...

« Je t'ai laissé du temps pour aller mieux, je pensais que tu en avais besoin. Tu n'avais pas besoin de moi à tes côtés à ce moment là, et je comprends. Mais aujourd'hui, ça n'est plus possible. La distance qu'on a mis entre nous se remarque. »

Je ne sens aucune haine, aucune tension dans ses mots. Elle parle avec un ton relativement neutre, sans hausser la voix, sans me laisser entendre toute sa peine que je devine pourtant. Mais je suis une entêtée et je ne me refuse à laisser paraître le moindre signe qui pourrait laisser penser que cette situation me fait de la peine. C'est pourquoi je la regarde toujours de façon très froide et détachée. Elle semble d'ailleurs comme perdue dans ses pensées l'espace d'un instant, j'aimerais tellement savoir à quoi elle pense mais il est hors de question que je le lui demande, hors de question que je fasse preuve de la moindre faiblesse du moindre geste de compassion quel qu'il soit.
Nous nous regardons comme deux étrangères et j'en souffre tellement moi aussi.

Elle passe sa main dans ses cheveux, une manie qu'elle a toujours eu aussi loin que je me souvienne. La voir aussi triste vise à me faire flancher, parce que c'est un fait nous sommes en froid, mais elle restera toujours mon amie peu importe finalement ce qu'il adviendra de notre relation. Elle fera toujours partie de moi, même si aujourd'hui mon comportement ne fait que tout gâcher.
Mais la carapace que je m'efforce de conserver ne tarde pas a s'effriter lorsque mon amie me dit spontanément que je lui manques.

Devant son regard plein de détresse mais à la fois de détermination, je baisse la tête, je baisse les armes pour finalement me détourner et m'asseoir sur l'un des fauteuils qui se trouve dans la pièce. Le crépuscule fait son entrée progressivement et Alkaia l'a vu elle aussi puisqu'elle regarde dehors. Je tourne la tête rapidement pour fuir son regard et de nouveau tête baissée j'attends... J'attends parce que je connais mon amie et elle n'en a pas terminé, surtout si elle a perçu que ses mots ont fait écho au plus profond de moi.

« Ça ne sera sans doute plus jamais pareil, mais j'aimerais qu'il n'y ait plus autant de distance entre nous. Et ne me dis pas que ça été facile pour toi, parce que je ne te croirais pas. »

Et j'avais raison une fois de plus, elle sait trouver les mots pour me toucher, elle l'a toujours su.

Je garde pourtant la tête baissée, scrutant un objet sans importance qui se trouve sur la table près du fauteuil. Je cherche mes mots, moi qui m'étais juré de rester dans la transparence et le retrait le plus total je me sens doublement piégée mais en cet instant il n'y a qu'une personne à laquelle j'en veux profondément et cette personne n'est autre que moi-même. Plus les minutes passent, plus je me demande comment j'ai pu laisser la situation se détériorer à ce point.
Je décide finalement de rompre le silence, de parler pour une fois depuis tant de temps à coeur ouvert. Je dois le faire, pour moi mais aussi parce que je le dois à mon amie.

Je relève doucement la tête, mon regard à changé et n'est plus aussi foudroyant que précédemment, c'est même tout le contraire car mes yeux brillent, prêts à laisser échapper des larmes d'une seconde à l'autre.

-Excuse moi, t'as raison on va laisser Heda de côté pour le moment.

Je prends mon temps pour formuler les choses et pour contenir toute la souffrance que je ressens.

-Ecoute je...je t'ai dit qu'il y avait une raison au fait que je ne te parle pas et je te dois la vérité. C'est pas seulement parce que je t'en veux de façon inconsciente pour ce qui est arrivé à Costia. Les larmes commencent à perler sur mes joues... - Si je te tiens aussi loin de moi c'est parce que j'ai peur, j'ai peur de te perdre. Tu es mon seul véritable soutien et ce depuis toujours et si je te tiens tant à l'écart c'est pour éviter que mon statut ne te mette en danger tu comprends ? Etre Heda est un honneur pour moi, mais ça représente un danger énorme et constant et nombreux sont ceux qui sont assez cruels pour s'en prendre au gens que j'aime afin de m'atteindre indirectement. Et crois bien que j'aurai préféré mourir pour Costia autant que je préférerai mourir plutôt qu'il ne t'arrive quelque chose.

Mon monologue est criant de vérité, je ne vois comment je pourrais davantage me livrer sur les réelles raisons de ma distance envers mon amie. D'un revers d'une main, j'essuie les quelques larmes échouées sur mes joues avant de me lever pour aller en direction du balcon. J'ai besoin d'air, d'un second souffle avant de savoir qu'elle va être la réaction d'Alkaia.


Dernière édition par Lexa le Ven 14 Juil - 22:25, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [15/04/2482] Don't ignore me this time [Lexa] Dim 9 Juil - 0:48

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« Ne réclamons pas sans cesse de l'amitié, de la bonté, le plus dont elle est capable, mais soyons toujours reconnaissants pour le moins dont elle dispose ; le peu qu'elle a et nous donne. Et sachons attendre. L'instant vient où la grâce de l'ami lui sera et nous sera rendue. »


C'était triste de nous voir comme ça, si loin l'une de l'autre, nous regardant en chiens de faïence. La situation était tellement tendue qu'il ne fallait pas que quelqu'un rentre pour l'instant. Ce n'était clairement pas une bonne idée. Je voulais régler ça maintenant, tout ça avait trop duré. Lexa semblait plus tendue que moi, faisant les cent pas, son regard étant froid. Pourtant je sais que je peux arriver à la toucher, ne serait-ce qu'un peu. Je sais que cette situation ne l'amuse pas plus que moi. J'avais avancé d'un pas, mais je n'avais pas l'impression que la discussion avançait. Elle semblait plutôt stagner. Lexa interrompit soudain sa marche pour se figer. Elle n'est pas à son aise, je peux le deviner. Il était temps que l'une de nous se dévoue pour en parler à l'autre. Lexa était sans doute plus têtue que moi, même si j'étais une sacrée championne parfois.

Je sais que je l'ai touchée quand je lui ai avoué qu'elle me manquait. Et c'est vrai, elle me manquait ! Pas seulement pour la confiance qu'elle pouvait m'accorder parfois, mais pour ces petits moments que l'on pouvait partager parfois. Ces doutes, les miens, nos confidences. Même Heda a besoin de se confier parfois. Et moi, je ne me voyais pas me confier à quelqu'un d'autre. Je pouvais lui parler de tout ; ou presque. Il y a quand même quelques petites choses qui restent de l'ordre du privé. Surtout concernant la couleur de mon sang. Mon amie ne devait jamais savoir. Si elle venait à le découvrir, elle ne serait plus simplement Lexa, mais Heda devant punir un de ses gardes du corps. Et je ne veux pas que cela arrive. Alors bien sûr que j'en subirais les conséquences, mais là, ce serait de ma faute. Et je ne voulais pas que Lexa s'en veuille pour ça.

Je la vois soudain se détendre. Les épaules moins tendues, la tête baissée. Je crois que j'ai enfin toucher un point sensible. Je crois que, enfin, nous allions pouvoir parler. Et j'allais enfin savoir pourquoi elle me tenait obstinément à l'écart. Elle va s'asseoir dans un fauteuil tandis que le jour décline. La voir ainsi, la tête baissée, presque fragile, me rend triste. Je ne voulais pas qu'elle se sente mal. Ce soir, elle n'était plus vraiment Heda face à moi. Je voyais surtout Lexa, cette jeune fille destinée à un brillant destin. Cette jeune femme qui a une des plus lourdes responsabilités. Je voyais enfin celle qui se cachait derrière le Commandant de la Coalition. Et c'était ça que je voulais voir. Elle devait baisser sa garde pour que nous puissions parler. C'était tout ce que je voulais. Mon amie garde la tête baissée pendant quelques instants, semblant dans ses pensées. Je ne sais pas ce qu'elle va me dire, mais nous allions pouvoir enfin avancer. Sauf que moi, je ne bouge pas. J'attends de voir ce qu'elle va me dire. Elle pouvait prendre le temps nécessaire, je m'en fichais. Elle allait enfin me dire ce qui n'allait pas et pourquoi elle ne voulait plus de moi.

Quand je croise à nouveau son regard, il n'est plus froid. Plus du tout en colère. On dirait que les larmes menacent de couler. J'ai rarement vu Lexa comme ça. La voir dans cet état me rend moi-même vulnérable et j'ai envie de la serrer dans mes bras. Lui dire que je suis désolée et que je ne voulais pas que ça se passe comme ça. Pourtant, je ne fais qu'un pas avant de m'arrêter brusquement. Je ne veux pas compromettre mes chances qu'elle me dise enfin ce qui se passe. Je ne veux pas compromettre nos chances de réconciliations ; nous sommes sur la bonne voie. Elle s'excuse et me dit qu'on va laisser Heda sur le côté pour le moment. Dois-je tiquer sur les derniers mots ? Est-ce que cela veut dire que je dois toujours faire attention à ce que je dis ? J'essaye de faire abstraction et de l'écouter attentivement. Elle prend son temps et je la laisse faire, m'appuyant sur le lit. Je ne lui met pas de pression, je ne lui en ai jamais mis. Je sais que de toute façon, elle va me dire quelque chose. Je ne sais pas encore si ça sera bon ou mauvais. Je la vois, elle souffre, ça me fait mal. Je dois me retenir de ne pas bouger. Ah, alors elle m'en veut bien, au moins inconsciemment, pour la mort de Costia. Je le savais, d'un côté, je l'avais compris, mais ça fait toujours mal de le réaliser. Pourtant, je ne dis rien et la regarde. La voilà qui pleure ! J'ai moi-même ma gorge serrée et les yeux brillant. Voir quelqu'un que j'aime être émut, cela m'émeut. Elle avoue qu'elle a peur de me perdre, qu'elle a peur de me mettre en danger à cause de Heda. Qu'elle sait que beaucoup profiteraient de  cette faiblesse, parce qu'au fond, c'en est une. Je suis en quelque sorte sa faiblesse, et elle est la mienne. Même si je lui serai loyale jusqu'au bout, je mourrai pour elle et pas seulement parce que je suis sa Yazhu. Je ne sais pas ce que je pourrais faire si on tente de lui faire du mal. Je hoche la tête, tristement. Oui, je comprends, bien sûr. Et au moins, je sais enfin pourquoi elle me met à l'écart. Je peux lui pardonner ça. Elle m'avoue qu'elle aurait préféré mourir à la place de Costia, ce qui me semble censé en sachant qu'elle était l'amour de sa vie. Mais elle avoue aussi qu'elle aurait pu mourir pour moi. Pour moi. Cela me choque, m'intrigue, me peine mais aussi me ravit. C'est une preuve d'amour -quel qu'il soit- de pouvoir mourir pour quelqu'un. Et je crois que ça me touche tellement que moi-même, j'en verse une larme.

Je l'ai perdue de vue une seconde, mais je vois son mouvement. Elle essuie sa joue rapidement et je fais de même. Je ne pensais pas que nous passerions par cette émotion. En fait, je pensais que nous nous engueulerions, comme nous avions si bien commencé. Enfin, tout sauf pleurer. Cela ne nous ressemble tellement pas ... Et tandis qu'elle marche jusqu'au balcon, je reprends mes esprits. Je ne m'attendais pas à ce genre de révélation. Lexa me mettait volontairement de côté pour me protéger. Je ne savais pas quoi répondre. C'était une grande révélation d'un coup et cela m'avait bouleversé. Je m'éloignais du lit, marchant jusqu'au balcon pour me trouver aux côtés de mon amie. Je laissais un silence s'installer. Mais pas le silence gênant qui régnait depuis plusieurs mois. Je m'y appuie pour regarder la capitale. On y voit encore des natifs, on peut y voir du feu. Les quelques lumières que l'on voit m'hypnotisent un instant.

« Quand j'ai accepté de devenir ta Yazhu, je savais que ce serait dangereux. Certains connaissent déjà notre amitié et d'autres, pas encore. Cela finira par se savoir. Je n'ai pas peur, je suis prête à prendre le risque. » Je me redresse en réfléchissant. « On fera attention en public, comme on l'a toujours fait, si cela peut te rassurer. » J'évite à présent très clairement son regard. « Ou alors, tu as d'autres solutions ? »

Je savais que ça pouvait jouer en ma défaveur. Elle pouvait me demander d'abandonner mon rang de Yazhu, et je le ferai sans doute pour elle. Même si c'était toute ma vie. Je ne voyais pas vraiment d'autres solutions, si ce n'est continuer à s'ignorer, mais je ne voulais pas de ça entre nous. Je la connaissais trop bien que pour l'éviter. Je baissais le regard vers le bas de la tour en regardant certains marchands remballer leurs affaires. Je voyais Lexa du coin de l'oeil et j'étais ravie que nous ayons pu parler, même si je sais que c'est loin d'être fini. J'étais prête à abandonner mon poste pour elle. Si ce n'était pas une preuve de mon amitié, je ne sais pas ce que c'était.

 
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MessageSujet: Re: [15/04/2482] Don't ignore me this time [Lexa] Ven 14 Juil - 23:44

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Ce moment que j'avais tant redouté s'est présenté alors que je ne m'y étais pas vraiment préparée. Les larmes qui ont perlées sur mes joues en sont d'ailleurs la preuve inéluctable. J'avais bien conscience qu'il me faudrait à un moment m'expliquer sur mon comportement, sur cette distance qui, je le sais, a causé tant de tort à mon amie. Mais voila, mon rôle de commandant et mes obligations m'avaient permis de faire abstraction tant bien que mal de cette situation, or Alkaia de son coté a essoufflé son réservoir de patience et c'est pourquoi nous en sommes la ce soir. La discussion avait très mal commencé, il faut dire que ma mauvaise foi avait légèrement contrarié les plans d'Alkaia et qu'elle est loin de mâcher ses mots quand quelque chose ne lui convient pas. En l'occurrence elle avait raison, me cacher derrière mon statut était à la fois très maladroit et injuste. Ca n'avait que trop duré, et son intervention finalement, aura au moins permis que je lui ouvre mon coeur, chose que je ne faisais plus depuis la disparition de Costia.

Le fait que je sois heurtée par ce qui se passe ne la laisse pas indifférente, je vois bien dans son comportement qu'elle ne veut  en rien m'interrompre, qu'elle ne veut rien faire qui pourrait compromettre ma démarche de confession. Elle est donc relativement stoïque, en retrait mais pas trop. Je peux sentir qu'elle limite ses mouvements alors qu'au fond elle aimerait faire plus, pour me marquer son soutien face à mon affliction, si grande en cet instant.

Je la sens toutefois intriguée lorsque je déclare que Heda n'a pas sa place pour le moment au coeur de cette discussion. Elle s'interroge sur la portée de mon propos mais ne relève pas pour autant, elle se contente de s'appuyer sur le lit afin de me laisser poursuivre ce que j'ai commencé. Et les mots qui suivent sont lourds de sens, je ne peux retenir mes larmes lorsque je lui avoue que ma distance résulte du fait que j'ai atrocement peur de la perdre. Je lui explique bien que nombreux sont les esprits tordus capables de me faire du mal en blessant les personnes que j'aime. Je n'en ai que trop souffert par à Costia et le fait d'imaginer qu'un sort similaire pourrait lui être réservé me glace le sang. J'essaie de me montrer la plus claire possible, l'heure n'est plus aux faux semblants. Le moment est venu pour nous de mettre les choses à plat et de clarifier une fois pour toute cette situation plus qu'oppressante qui dure depuis des mois.
Je ne lui dis pas, sans doute par fierté ou parce que je ne ne me sens pas prête, mais j'ai limite envie de la remercier d'avoir voulu crever cet abcès une bonne fois pour toute. Se libérer est parfois salvateur, et même si je suis quelqu'un qui à horreur de perdre le contrôle, je me rends compte que c'est parfois une nécessité absolue.

Rare sont les moments ou j'ai pu me détacher totalement de ce contrôle omniprésent, dans mes souvenirs seule Costia avait droit à ce privilège.

Mes mots touchent Alkaia, au point qu'elle en vient a verser une larme elle aussi. Je ne pensais pas que mes mots l'atteindraient à ce point, je sais ce que je représente pour elle c'est vrai, mais je crois que ces dix mois qui viennent de s'écouler étaient un lourd fardeau à porter, pour elle comme pour moi. Une fois mes larmes sommairement séchées, je me lève et me dirige vers le balcon. J'ai besoin de respirer, de prendre la mesure de ce que je viens de dire à mon amie. Et surtout, je me prépare à toute éventualité, à ce qu'elle va me dire, à ce que moi je vais lui dire... Parce que lui ouvrir mon coeur n'était que le point de départ, et je sais qu'il est temps que je lui fasse part de mes intentions.
Elle me rejoint et un léger silence s'installe, je ne ressens pas durant ce silence, ce que j'ai pu ressentir tout ce temps ou nous étions en fuite perpétuelle. Quelque part je me sens apaisée d'avoir réussi à libérer mon coeur de ce poids si lourd à porter et Alkaia de son coté semble totalement happée par les lumières qui recouvrent Polis. Je la regarde du coin de l'oeil, elle est appuyée sur la rambarde du balcon, elle me donne l'impression de puiser les mots qu'elle va me dire, de les choisir précautionneusement. Je fais face à l'immensité qui se trouve devant nous et Alkaia se décide enfin à me parler.

« Quand j'ai accepté de devenir ta Yazhu, je savais que ce serait dangereux. Certains connaissent déjà notre amitié et d'autres, pas encore. Cela finira par se savoir. Je n'ai pas peur, je suis prête à prendre le risque. »

J'aurai pu deviner qu'elle allait me dire tout ça, son courage n'a d'égal que sa valeur, et c'est aussi pour ça qu'elle est mon amie. Elle est pensive un court instant avant de poursuivre et de me dire que si cela peut me rassurer, on fera davantage attention quand nous serons en public. Je sais qu'elle est prête à tout, et a d'énormes sacrifices pour que les choses se passent pour le mieux. Elle me demande d'ailleurs si je vois d'autres solutions à ce problème et à cet instant mon coeur se serre, je sais qu'il va falloir que je me montre honnête même si cela risque de fortement la perturber.

Je suis Heda, mais encore plus important, je suis son amie et je me dois de lui dire les choses telles que je les ressent et maintenant que j'ai fais la moitié du chemin, je ne dois pas m'arrêter, je dois aller au bout des choses quitte à réveiller certaines foudres ou je ne sais quelle bourrasque dans le coeur de mon amie.
Elle me fuit du regard clairement, et c'est un jeu du chat et de la souris qui semble s'engager parce que je sais que mes propos ne vont pas me rendre la tâche facile et qu'il sera difficile pour moi aussi de lui faire face. Toutefois je décide de me lancer en ayant toujours le regard figé loin vers l'horizon sombre et lumineuse que nous offre la capitale.

- Je te connais et je sais que le risque ne t'effraies pas, tout comme je sais que si tu as accepté d'être ma Yazhu c'était en toute connaissance de cause et je te remercie de me faire l'honneur d'assurer ma sécurité sincèrement.

Je ne bouge plus, je suis limite tétanisée par ce que je m'apprête à dire, moi qui pensait que jamais je n'aurai besoin d'en arriver la, je me dis qu'au moins je dois lui en parler, quitte à ce qu'elle m'en veuille pour le reste de ses jours. Alors je prends mon courage à deux mains et je poursuis :

- Tu sais cette peur que j'ai de te perdre m'a mené à une certaine réflexion ces derniers mois et je crois qu'il est temps que je t'en fasse part... J'y ai beaucoup pensé tant la peur qu'il t'arrive quelque chose est immense et je me demande si je ne devrais pas te libérer de ton rang de Yazhu... Je...Je suis désolée de t'annoncer ça comme ça mais je crois qu'il n'y a pas de meilleur moment pour en parler que maintenant.

Cette fois je regarde mon amie, j'essaie de lui montrer que prendre ce genre de décision n'est pas simple du tout pour moi, et par dessus tout, j'attends de savoir ce qu'elle en pense parce que certes je suis Heda et je n'ai pas besoin de son approbation, mais je ne veux pas lui faire de coup en traître, elle ne me le pardonnerai jamais.


Dernière édition par Lexa le Sam 30 Sep - 0:59, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [15/04/2482] Don't ignore me this time [Lexa] Jeu 20 Juil - 0:35

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Je sais qu'elle sait que je n'ai pas peur. Je l'aurais toujours défendue, quoiqu'il advienne. Même si je n'avais pas été sa Yazhu. Peut-être que nous n'aurions jamais été en froid si je n'avais pas été une de es gardes du corps. Je n'aurais pas accompagné Costia ce jour là et je n'aurais pas vu mon amie être emportée par les Azgedakru. Je n'aurais jamais assisté à mon échec. Mais d'un autre côté, j'étais si fière de ce statut que je me voyais mal faire autre chose. Que deviendrais-je ? Je ne voulais pas être une simple combattante ; je ne voulais pas rester mes journées à ne rien faire. Ce travail n'était pas monotone, il était divertissant -bien que nous devions exécuter des natifs de temps en temps-. Si je n'étais plus Yazhu, je ne serais plus rien.

Je la sens qui se tend, à côté de moi. Je la vois aussi, du coin de l’œil, mais je feins de ne rien voir. Qu'avais-je dit pour qu'elle se crispe ? Je n'allais sans doute pas tarder à le savoir, en sachant que nous étions sur la bonne voie pour parler tranquillement. Allais-je le regretter ? Peut-être. Et ce serait entièrement de ma faute, je ne pourrais blâmer personne d'autre que moi. C'est moi qui était venu ici lui parler. La forcer à me parler. C'est moi qui avait commencé les hostilités, qui l'avait obligée à se confier. Au moins, j'avais découvert qu'elle tenait à moi, tellement qu'elle ne voulait pas que je sois blessée à cause d'elle. Je n'avais pas tout perdu, en fin de compte. Je ne m'attendais pas à cette révélation. Je ne me serais jamais doutée de ça si elle ne m'en avait pas parlé.

J'observe la forêt qui s'étend devant nous, silencieuse. Lexa ne tarderait pas à reprendre la parole, et je ne tenais pas à parler en même temps qu'elle. J'étais tendue moi aussi. Quelle idée de lui demander si elle avait d'autres solutions. Je savais qu'elle en avait une. Je n'avais pas besoin d'être Heda pour le savoir. N'être que son amie me suffisait à penser comme elle devait penser à ce moment là. Elle me dit qu'elle sait que le risque ne m'effraie pas, que je savais ce à quoi je devais m'attendre en la servant et qu'elle me remerciait sincèrement. Ce n'était pas de bonne augure pour la suite, je pense. Pourquoi me remerciait-elle si elle ne comptait pas continuer dans sa lancée ? Je savais qu'elle allait continuer. Elle avait juste du mal à me le dire, même si elle tentait d'être honnête.

Lexa semble figée, comme si elle s'apprêtait à dire un truc qui ne me plairait pas. Elle me connaissait, et si elle ne se sentait pas bien, je devrais être prudente. Ce qu'elle allait me dire ne me plairait sans doute pas. À mon tour, je me tendais, dans l'attente de la suite de ses paroles. J'en serais presque les dents, refusant dans la regarder en face. La voilà enfin qui commence, me révélant qu'elle a eu le temps de réfléchir. Elle avait trop peur pour moi, et considérait à me ... libérer de mon statut de Yazhu. Même si je m'y attendais, je me figeais. Ça ne pouvait pas arriver, n'est-ce pas ? Ce n'était pas possible. Je me redressais d'un geste brusque, passant une main dans mes cheveux avant de regarder les étoiles.

« Ais-je le choix ? »

Lui demandais-je en murmurant. Je considérais avoir le choix. Elle m'en parlait comme si elle avait pensé à ça depuis longtemps et comme si je pouvais donner mon avis. Devais-je le lui donner ? Je fermais les yeux. Le choix était trop cornélien. Si ça permettait à Lexa d'aller mieux, je ne voulais pas être égoïste, ni profiter de mon propre bonheur. Je ne pouvais pas choisir entre ma vocation, un travail de toute une vie, et son bonheur. Enfin, si, bien sûr que si je pouvais choisir. Si j'écoutais mon cœur, je choisirais de partir. Si j'écoutais ma tête, je voudrais rester à tout prix.

Je me retournais lentement, m'appuyant contre la rambarde. Jeux dangereux, je sais. J'observais l'intérieur des appartements de la Commandant. Il était luxueux, tout était beau ici. Et j'avoue, cela me donnait quelques instants en plus pour réfléchir tout en évitant, pour le moment, le regard de Lexa. Il n'y avait pas de meilleur moment pour parler que maintenant. Effectivement, nous nous réconcilions. Je ne pouvais pas en vouloir à mon amie d'avoir pensé à cette solution, parce que si j'avais été à sa place, j'aurais sûrement pensé à la même chose. Me donnerait-elle le choix, malgré son envie ? Ou m'imposerait-elle de partie ? Elle pourrait bien le faire. Lexa avait déclaré qu'elle ne serait plus Heda pour le moment. La Commandant de la Coalition reviendrait-elle à la charge ? Il fallait que je me prononce. C'est la gorge serrée que je me mis à parler.

« Si je peux te donner mon avis, alors je vais le faire. Je suis née pour me battre, je suis heureuse en tant que Yazhu. Je ne saurais pas quoi faire si je ne l'étais plus. » Commençais-je doucement. Je lui parlais calmement. Comme deux adultes. « Mais si tu veux vraiment que je m'éloigne, alors je ... je le ferai pour toi. »

Les derniers mots avaient été durs à sortir. Je ne voulais pas renoncer, mais je ne voulais pas non plus devenir une faiblesse pour Lexa. Je me fichais bien d'être prise pour cible parce qu'elle était ma meilleure amie, et que l'on se connaissait bien. Mais si elle ne pouvait pas le supporter, et bien, il ne me restait pas grand chose comme choix. Ces mots me déchiraient, mais qu'importe. J'essayais de garder un visage neutre quand je croisais, pour la première fois depuis quelques minutes, le visage de Lexa. Je finis par baisser la tête. Je dépendais d'elle, si elle l'avait décidé autrement, je ne pouvais pas aller à l'encontre de ses ordres. Croisant les bras, j'observais mes pieds quelques secondes avant de relever le regard et de croiser celui de Lexa.

« Mais c'est toi Heda, c'est toi qui décide. »

Et contre Heda, je ne pouvais rien faire.

 
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MessageSujet: Re: [15/04/2482] Don't ignore me this time [Lexa] Sam 30 Sep - 2:00

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Tout ce que je souhaitais au fond de moi, c'était agir de façon responsable, sans pour autant blesser les gens qui me sont chers. Le simple fait de livrer mes ressentis à mon amie de toujours me mettait dans une situation délicate. Je savais pourtant qu'il le fallait, que j'agissais comme il se doit malgré toutes les conséquences qui pouvaient s'ensuivre. Perdre Costia était déjà une terrible épreuve pour moi, une épreuve telle qu'elle a mis en péril mon amitié avec Alkaia. Mais ce n'est pas tout, ce drame m'a également fait perdre pied et même si aux yeux de tous je semblais garder le contrôle absolu, il n'en était rien. Cette fêlure en moi était trop importante pour que je la surmonte aisément.

En cet instant encore, j'en ressent pleinement les effets dévastateurs, et cela ne s'arrange pas quand j'observe Alkaia. Elle semble anéantie à l'idée que je ne lui permette pas de conserver son statut de Yazhu. La stupéfaction passée, elle s'agite, passe une main dans ses cheveux et tout en regardant les étoiles me demande si elle a le choix ?

Voila une excellente question ! En tant qu'Heda, je sais que je ne devrais laisser personne décider pour moi mais en tant qu'amie et c'est ce que je suis en ce moment même, évidemment que j'attend de sa part qu'elle me rassure, qu'elle m'aide à entrevoir une lumière au fond de ce trou noir qu'est devenu mon quotidien.
Je la regarde donc s'appuyer contre la rambarde du balcon et scruter l'intérieur de mes appartements et j'attends limite impassible un avis de sa part concernant cette situation délicate.
Je sentais bien qu'elle faisait tout afin d'éviter de croiser mon regard, et pour ne pas la contrarier davantage, je me décide à retourner à l'intérieur pour me réfugier dans mon fauteuil que j'affectionne particulièrement. Il en a vu passé des torrents de larmes, des doutes, des incertitudes, de la fatigue extrême. Ah ! S'il pouvait parler, il en dirait des choses !!
Et il a ce petit plus non négligeable, celui de se trouver dos au balcon, ce qui aidera probablement mon amie à digérer ce que je viens de lui dire, du moins je l'espère...


« Si je peux te donner mon avis, alors je vais le faire. Je suis née pour me battre, je suis heureuse en tant que Yazhu. Je ne saurais pas quoi faire si je ne l'étais plus. »

En entendant ces mots, je quitte mon fauteuil pour me diriger vers elle, je n'aimerai pas qu'on me tourne le dos durant une discussion très importante alors je n'impose pas ce fait aux autres, question de principe. Je marche lentement dans sa direction lorsqu'elle fini par ajouter :

« Mais si tu veux vraiment que je m'éloigne, alors je ... je le ferai pour toi. »

Ces dernières paroles me touchent tellement. Mais elles ont ce coté paradoxal qui consiste à me faire du bien et à me heurter en même temps. D'une part elles me confortent dans l'idée que la fille qui se trouve en face de moi est indéniablement une amie fidèle qui serait prête à tout pour assurer mon bien être. Mais d'autre part ce même sens du sacrifice me met mal à l'aise  car je ne me sens pas le droit d'imposer pareil choix à celle qui à toujours été présente pour moi. Et même si lorsque nos regards se croisent elle fait mine d'aller bien, je remarque très vite dans sa posture que ce n'est pas le cas. Elle fini d'ailleurs par baisser la tête, comme résignée d'avoir du prononcer ces mots.

Puis au bout de quelques secondes, elle relève de nouveau la tête et me dit simplement que c'est moi qui suis Heda et que de ce fait c'est moi qui décide. L'amertume est présente dans chaque parcelle de son être, c'est fou comme je peux le ressentir. Je ne l'ai pas quitté des yeux, sa détresse fend la carapace si ardue que j'avais dressée en barrage depuis Costia...

- Je sais que tu es née pour ça et que si demain tu devais renoncer tu ne t'en remettrais sans doute jamais. Et crois moi si je t'en parle ce n'est pas pour t'imposer quoi que ce soit mais bien pour que tu comprennes que ton avis compte pour moi. Je suis Heda c'est vrai, mais depuis que nous sommes petites je suis Lexa à tes yeux et avant d'être Yazhu tu es Alkaia à mes yeux.

Je fais des allers et venus devant mon amie, c'est difficile pour moi de me livrer à ce point et de trouver les mots justes, les mots qui feront écho à son coeur.

- Tu as toujours eu ce sens du sacrifice au fond de toi, et rien que pour ça je sais que j'ai fait le meilleur choix en te nommant à mes cotés, je ne peux t'enlever cette responsabilité qui semble être un tel privilège pour toi.

Je cherche de nouveau à ce que nos regards se croisent, car ce que je m'apprête à lui dire sonne comme une déclaration solennelle. Très vite je trouve son regard, attentif à mes propos et je lui dis :

- J'aimerai une chose Alkaia, une seule, que tu me pardonnes et que l'on reparte sur de bonnes bases toi et moi, c'est possible tu crois ? ...Je ne sais pas ce que l'avenir nous réserve, mais je te promets de faire en sorte qu'on s'apporte une protection mutuelle et qu'on fera tout pour ne plus être éloignées l'une de l'autre. On doit se faire confiance comme on l'a toujours fait auparavant, alors s'il y a quelque chose que je ne sais pas te concernant c'est le moment de me le dire.

Je la regarde dans les yeux, très déterminée à ce que notre relation redevienne celle qu'elle à toujours été par le passé. Et même si je crois en elle, une part de moi même ne peut s'empêcher d'avoir peur, mais de quoi ? Telle est la question.
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MessageSujet: Re: [15/04/2482] Don't ignore me this time [Lexa] Ven 17 Nov - 23:56

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Je l'avais regardé faire des aller retour, être presque aussi anxieuse que moi. Elle ne le montrait pas, mais rien que ses allées et venues prouvaient que j'avais raison. Ce n'était facile pour aucune de nous, mais j'étais heureuse. Enfin nous mettions le doigt sur ce qui n'allait pas. Enfin nous parlions à cœur ouvert. Je me sentais libérée d'un poids. Tout ce stress, peut-être cette rancune, cette peur, tout cela semblait s'envoler pour le moment. Je ne connaissais pas la fin de notre entrevue, et peut-être que ça ne se passera pas aussi bien que maintenant, mais au moins, nous avions fait un pas. Je ne sais pas si je risquais quelque chose. Mon amie restait Heda, et je ne savais pas toujours quand être franche, même si je l'étais la plupart du temps. Elle ne pourrait pas toujours me faire de traitement de faveur. Et je ne voulais pas pousser le bouchon trop loin.

En la voyant s'installer dans son fauteuil, dos à moi, je me demandais ce que ça faisait d'être elle. D'avoir cette sorte de dualité en soi. Elle ne pouvait pas être entièrement mon amie, celle que je connaissais depuis que j'étais toute petite. La gona Lexa avait du laisser la place à Heda qui était privilégiée. Et même si j'étais fière, j'étais parfois triste de cette distance qui s'était installée. Bien sûr, j'étais souvent à ses côtés, et nous partagions de nombreuses choses avant la mort de Costia. Je n'étais pas mise de côté, non, mais il y aurait toujours ce mur invisible qu'elle ne pourrait franchir, et je ne pourrais jamais rien faire pour l'atteindre à nouveau. Alors on allait se contenter de ce qu'on avait. De ce qu'elle me donnait, et de ce que je voulais lui donner en retour.

Je l'ai regardée se lever et se diriger vers moi. Ça ne m'aurait pas dérangé qu'elle reste assise dans son fauteuil. Peut-être n'avais-je pas envie de croiser son regard désolé quand elle m'annoncera qu'elle se séparait de moi. Ou peut-être que je n'avais pas la force de la regarder après ce que je venais de lui dire. Même si je lui avais fait comprendre que je ne souhaitais pas partir, elle avait le pouvoir de ne pas me laisser le choix. En userait-elle maintenant ? Ou est-ce que cette demande aboutirait à quelque chose d'autre ? Je sais qu'elle me regarde depuis que j'avais commencé à parler. Et maintenant, alors que j'attendais sa décision avec anxiété, elle me regardait encore. Si je croisais ses yeux, que me diraient-ils ? Relevant le regard, je croisais effectivement ses yeux. Ressentait-elle ma détresse comme j'avais ressenti la sienne ?

Elle m'avoue qu'elle sait que j'étais née pour ça, que je ne m'en remettrais peut-être jamais si je devais renoncer à ce poste. Elle continue, m'annonce que ce n'était pas pour m'imposer son choix, mais pour que je comprenne que mon avis compte pour elle. Mes épaules se relâche subitement. Comment mon avis pourrait-il compter pour elle ? Je n'étais pas une de ses conseillères, je n'étais que une de ses gardes du corps. Notre amitié me donnerait un avantage ? Je ne savais pas trop comment le prendre, mais je pensais effectivement qu'elle m'écouterait si j'avais quelque chose à lui dire. Ceci n'était pas un avantage, juste de l'amitié. Une forte amitié. Une de ces amitié que je croyais avoir perdue. Un faible sourire naquit sur mes lèvres alors qu'elle me révélait qu'elle avait été Lexa à mes yeux avant d'être Heda, et que j'étais Alkaia avant d'être son amie. Cette phrase n'aurait pas pu me faire plus plaisir.

Je l'observe continue ses aller et retour qu'elle avait cessé un instant. La voir ainsi n'était pas habituel. Elle semblait chercher ses mots. Se livrer n'était facile pour aucune de nous deux. Nous étions parfois deux femmes bien têtues. Elle m'annonça qu'elle ne pourrait pas m'enlever cette responsabilité, et qu'elle avait fait un bon choix. Effectivement, c'était un honneur pour moi. Servir mon Commandant, et mon amie, était un honneur. Je n'aurais pas pu rêver mieux comme avenir. Un avenir bien dangereux et peu prometteur si mon sang se mettait à couler. La voilà qui se stoppe et qui cherche mon regard. Étonnée, je plante mes yeux dans les siens. C'était beaucoup trop solennel. Avais-je besoin d'être sur la défensive ? Elle voulait que je lui pardonne, et que l'on reparte sur de bonnes bases. Elle me promet une protection mutuelle et de se faire confiance comme on se faisait confiance avant. Devrais-je accepter ce genre de promesse ? Lexa ne pouvait pas risquer sa vie pour moi, mais l'inverse était normal. Elle finit sa tirade en me demandant si elle savait tout ce qu'il y avait à savoir sur moi. J'aimerais dire que je ne m'étais pas figée, mais ce n'était pas vrai. Savait-elle ... ? Non, c'était impossible. Je le détendis, ne prenant qu'un problème à la fois.

« Évidemment que je te pardonne, tu n'avais même pas besoin de le demander. » dis-je en haussant les épaules et en souriant. « C'est possible si on s'en donne les moyens. Je ne souhaite que ça : repartir sur de bonnes bases. »

Et maintenant le problème le plus épineux. Que pourrais-je bien lui dire ? Il était évidemment exclu que je lui parle de la couleur de mon sang. Elle était mon amie, mais ce que je faisais était une trahison. Je ne voulais pas mourir maintenant. Je voulais encore vivre des années, ou mourir au combat en la protégeant par exemple. Il ne me restait qu'une solution. Je grimaçais, m'éloignant du balcon. J'avais eu besoin de bouger. Je ne savais pas si ce que j'allais lui annoncer lui plairait ou pas. Si ce que je dirais mettrait fin directement à cette nouvelle amitié même pas encore née. Je ferme les yeux un instant et me retourne pour lui faire face.

« Je crois que si je suis venue te voir pour mettre les choses au point, c'est parce que j'étais en colère. Contre nous deux, contre mon échec concernant Costia, mais aussi à cause de cet homme que je voyais depuis des années et que je viens de laisser tomber. » Je lui laisse un instant pour digérer. Je ressens toujours cette colère contre Orion, et cette tristesse aussi peut-être. « Il s'appelait Orion, et venait ... d'Azgeda. » Bien sûr que je n'étais pas fière, et je savais que la pilule serait difficile à avaler. Mais quand on aime, peu importe les frontières, n'est-ce pas ? Je baisse la tête, la secouant doucement en même temps. « Il ne m'aimait pas, et je viens seulement de m'en apercevoir. »

Si ça n'était pas se confier, alors je ne savais pas ce que c'était. Je n'en avais pas encore parlé à quelqu'un. Je ne m'étais pas imaginée non plus que j'en parlerais à Lexa. Elle pourrait ne pas accepter le clan d'origine, et je ne pouvais plus rien y faire.

 
Emi Burton
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[15/04/2482] Don't ignore me this time [Lexa]

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