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[08/04/2482] Just you and me against the world - Rigel

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Orion
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Inclement Earth

MessageSujet: [08/04/2482] Just you and me against the world - Rigel Sam 8 Juil - 0:57

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Father and son
Orion & Rigel

Lorsqu’Orion était chez lui et qu’il n’avait pas grand-chose à faire, il ne pouvait s’empêcher de partir voir ce qu’il avait perdu : la tombe de son enfant qui n’avait même pas pu vivre. Cet enfant qu’il avait perdu des années plus tôt. Il se souvenait encore de la scène comme si c’était hier, ça l’avait marqué au plus profond de son être… Alkaia frappait à sa porte alors qu’il allait dormir après une journée chargée, elle saignait de l’utérus, c’était une fausse couche… Elle était à peine à quelques mois de grossesse, et ça n’avait pas pris, les Dieux avaient décidé que cet enfant ne viendrait pas au monde. Alors, après l’expulsion du fœtus, ils avaient été l’enterrer, comme s’il avait été réellement vivant, dans le plus grand des secrets.

Par la suite, il avait connu une véritable crise de démence, il avait craqué, impossible pour lui de parvenir à se calmer avant un long moment. Alkaia en avait fait les frais, et aussi Rigel, si jeune à l’époque, qui avait assisté à quelques instants de ça, avant qu’il ne se fasse renvoyer dans sa chambre par son amante. Orion lui en avait été reconnaissant, d’ailleurs, il refusait que son enfant soit le témoin de ces pires espèces de transes, il n’avait d’ailleurs jamais été présent à ces moments-là, heureusement.

En marchant, alors que cette journée était encore à son zénith, Orion vit du coin de l’œil qu’il était suivi. Il comprit très vite que c’était Rigel. Forcément… Cela faisait des années qu’Orion venait ici, et il n’avait jamais réellement expliqué à son fils ce qu’il venait y faire. Généralement, il y faisait une halte en passant, quand il allait chasser, ou cueillir des plantes, mais là, c’était venu comme une envie de dormir, il en avait besoin. Et puis… C’était peut-être l’occasion de parler de tout ça, au bout de sept ans, il serait temps. Sept ans… Les années passaient à une vitesse qui le rendait parfois atteint de vertige. Et puis… Il allait attendre que Rigel fasse son apparition de lui-même.

Il arriva alors au lieu de l’inhumation. Comment savoir que c’était là ? Aucun moyen de le deviner, qu’un être était enterré là, non, pas de signes, de bois particulier… Juste un buisson, qu’Orion entretenait afin qu’il ne disparaisse pas. Un point de repère, le seul, étant donné que la terre avait pu se tasser depuis, faisant partir la terre retournée du fameux soir. Il savait tout ce qu’il y avait dans cette tombe… Le fœtus, soigneusement enrobé d’un tissu, accompagné d’un couteau, pour se défendre lorsqu’il traversera le temps, contre les mauvais esprits, des mèches de cheveux de ses deux parents, et surtout… Un prénom. Il l’avait nommé Telep, comme ce meilleur ami disparu alors qu’il était tout jeune môme, quand il avait été enlevé par ces vendeurs de chair humaine, d’enfants.

C’était dans ces moments qu’il regrettait que les années soient passées sans qu’Alkaia n’ait pu remettre au monde un autre enfant. Il aurait tant désiré un nouveau fils… Pas pour remplacer Rigel, ni Telep. Mais bien un fils, un bien portant, qu’il aurait pu élever avec elle. N’y voyez pas la preuve d’un amour pour son amante, non, il y était attaché, mais pas à ce point. Il savait simplement que c’était une femme fiable, une gona hors pair, et surtout une personne qui saurait inculquer des valeurs et de la force à son descendant. Et il avait appris avec Rigel, il pouvait désormais faire mieux encore.

Agenouillé devant ce buisson, il baissa la tête, laissant ses cheveux longs lui chatouiller le nez. La pluie commençait à tomber, légère en ce temps, reflétant un peu son humeur en ce moment. Il ne pouvait pas s’empêcher d’être triste, quand bien même cela faisait des années. Puis, après quelques secondes de recueillement, il parla, sans tourner la tête :

« Rigel, je sais que tu es là. Viens, nous allons parler un peu. »


Il leva le bras, pour ensuite le poser sur les épaules de son fils. Il aimait le prendre dans ses bras, le serrer contre lui. C’était sa façon de lui dire qu’il l’aimait, même si parfois ça ne se voyait pas vraiment. En même temps, Orion était un père et un professeur strict, droit, qui ne laissait pas la place à l’erreur. Car à la chasse comme en soin, l’erreur pouvait être fatale, pour lui ou le patient. L’erreur n’avait pas sa place dans ce monde, et il espérait l’avoir fait comprendre à son enfant, qui devra se débrouiller seul une fois que le père ne sera plus là pour ça.

« Tu es bien curieux, de m’avoir suivi jusqu’ici… »




Dernière édition par Orion le Mer 23 Aoû - 23:27, édité 1 fois
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Rigel


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MessageSujet: Re: [08/04/2482] Just you and me against the world - Rigel Ven 14 Juil - 11:46

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Just you and me against the world

Just the two of us, we can make it if we try. Just the two of us, just the two of us, building castles in the sky. Just the two of us, you and I.
Rigel & Orion

Il est parfois dur de comprendre la vie, elle qui est si complexe et si énigmatique. Elle nous met très souvent à rude épreuve sans que l’on en discerne vraiment la cause et, très souvent, les choses arrivent avec beaucoup d’injustice.  La mort, par exemple. Elle est un obstacle, une lourde épreuve à surmonter dans la vie, même pour les plus fort d’entre eux. Perdre un ami, un fils, un père, une mère ou une sœur n’est jamais facile. Qui à dit que cela devait l’être ? Qui a dit que le destin devait être clément avec le monde ?

Je n’ai jamais vraiment été comme tout les autres petits garçons et petites filles d’Azgeda, Papa me l’a d’ailleurs bien souvent fait remarqué. Mais pour être tout à fait honnête avec vous comme avec moi, ça ne m’a jamais vraiment dérangé plus que ça. J’aimais assez l’idée d’être différent des autres et j’étais loin d’avoir peur de cette différence. Peut-être était-ce une maturité ou une intelligence un peu trop prononcés qui me faisait penser ainsi, mais en tout cas, le plus important résidait dans le fait que Papa semblait tout de même m’aimer, malgré cette faiblesse –- comme il se plaisait à l’appeler, qui faisait partie de moi. Et cet amour, évidemment, je le lui rendais bien –- ce qui est toujours le cas.

Lui et moi, on a toujours été très proche, le fait que ma mère soit morte quelques mois après ma naissance joue peut-être là dessus étant donné que je n’ai jamais pu profiter d’un amour maternel, mais je n’en n’ai jamais souffert, Papa me donnant bien assez d’amour pour mille, au moins. Une complicité indéfinissable nous lie, il ferait absolument tout pour moi, je le sais, je le lis dans ses yeux quand il me regarde même si, chaque fois que je plonge mes iris dans les siens, j’ai peur d’y lire de la déception car je ne serais pas le fils qu’il aurait toujours voulu avoir. Le fils qu’il voudrait que je sois. Après tout, je suis plus intelligent que la moyenne, je ne suis pas un chasseur, pas un tueur, pas un guerrier.. Je suis juste un pauvre Fisa qui a peur de devoir se battre un jour.

Se rend-il compte à quel point j’ai peur de le décevoir ?


————


C’était une journée grise, de lourds nuages s’étaient installés dans le ciel, laissant présager une journée bien noire, comme si elle annonçait quelque chose de triste. J’étais assis à ma fenêtre, songeant à diverses choses tandis que diverses images venait se frayer un chemin à l’intérieur de mon esprit. Ne sachant même pas pourquoi, je songeais soudain qu’il serait bon si je pouvais avoir un frère ou une sœur pour accompagner mes journées. Peut-être pourrais-je lui apprendre ce que je sais déjà et peut-être même pourrais-je trouver le courage nécessaire pour apprendre à me battre au cas où cet enfant se trouverait un jour en danger. Mon coeur se remplierait d'une joie intense si je pouvais avoir un compagnon qui aurait mon sang. Pour lui, je serais sûrement prêt à tout, tout comme Papa l'est pour moi.

Ces songes en tête, j’aperçus alors une silhouette bien familière sortir de la maison ; Papa. En général, quand il sortait, c’était pour se rendre à Polis ou dans d’autres clans afin d’enseigner, de guérir ou de vendre et quand il sortait, il me demandait de l’accompagner ou s’il ne le faisait pas, me prévenait au moins. Mais régulièrement, il sortait, sans prévenir et revenait peu de temps après, et moi, évidemment je ne posais pas de questions, sait-on jamais ce qu’il pourrait me dire. Bien que je sois d’une nature assez curieuse, jamais je n’avais suivit papa dans ses expéditions mais aujourd’hui… Aujourd’hui quelque chose était différent.

Dans un geste rapide, je pris donc la décision un peu bête de suivre mon père, curieux de savoir où il se rendait et ce qu’il allait y faire. Bien sûr, je n’étais pas très discret et il m’avait déjà remarqué mais ça, je n’en avais pas vraiment conscience, du moins pas pour l’instant. Je me croyais fort, invisible, discret. Une fois que Père s’arrêta, mes sourcils se froncèrent inconsciemment, je n’arrivais pas à comprendre pourquoi il se trouvait là, pour il avait cet air triste collé sur son faciès ni pourquoi il était agenouillé. J’attendais qu’il fasse quelque chose ou même que quelqu’un le rejoigne, sait-on jamais mais rien. Il restait agenouillé là, sous la fine pluie qui commençait à se déverser sur nous devant mon air d’incompréhension.

« Rigel, je sais que tu es là. Viens, nous allons parler un peu. »

Je sursautais en entendant sa voix grave. Comment avait-il su ? Le coeur battant, je finis pourtant par le rejoindre, m’attendant à me faire fâcher pour l’avoir suivit. Étonnamment, il n’en fit rien, au contraire, il m’accorda une étreinte dont je profitais. J’aimais ces moments où il me serrait dans ses bras, je me sentais alors plus fort et aimé.

« Tu es bien curieux, de m’avoir suivi jusqu’ici… »

Je baissais la tête une demie-seconde, quand même légèrement honteux d’avoir osé le suivre jusque ici mais finalement, je relevais la tête vers lui, le regardant droit dans les yeux.

« Excuse moi, Père, je ne voulais pas t’importuner. J’étais juste… Je voulais juste… Désolé. »

J’avais soufflé ce dernier désolé parce qu’en fait, je n’avais aucun raison pour l’avoir suivit jusque ici. Seule la curiosité m’avais poussé à venir là et ça, Père le savait très bien. Si là je venais de l’appeler « père », il m’arrivait aussi de l’appeler « papa », évidemment. Tout dépendait de notre humeur à tout les deux et pour l’instant, ma seule peur était celle de faire un faux pas, ce qui n’était pas envisageable. Regardant le buisson ou mon père était agenouillé quelques secondes plus tôt, je finis par prendre mon courage à deux mains et lui poser la question.

« Pourquoi es-tu venu jusque ici ? »

Une simple question, qui, même si je ne le savais pas, était lourde de conséquences…

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Orion
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MessageSujet: Re: [08/04/2482] Just you and me against the world - Rigel Dim 16 Juil - 5:40



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Orion & Rigel

Orion avait entendu les pas de son fils derrière lui. Peut être était-il vieux, peut être même état-il déjà fatigué par la vie, alors qu'il allait avoir bientôt la quarantaine, mais ses oreilles avaient été épargnées par le temps. Après tout, elles étaient les meilleures alliés du chasseur qui traquait sa proie. Et il avait une très bonne formation de chasseur... Puis, ce n'était pas son fils qui allait le surprendre. Autant il aimait son fils, très fort, autant il était capable de reconnaitre à l'oreille sa façon de marcher de très loin. Et de toute façon il n'allait pas lui reprocher de l'avoir fait, la curiosité pouvait autant être une qualité qu'un défaut. Alors, lorsque Rigel commença à s'excuser, Orion le fit s'arrêter d'un claquement de langue autoritaire. Un Azgeda ne s'excusait pas, qu'il soit en tort ou en son bon droit. Surtout pas pour une faute aussi petite. Et de toute façon, il n'était pas venu le temps où Orion ne parviendrait pas à pardonner une faute à son enfant.

La relation qui les liait était certainement assez étrange dans ce clan où les enfants étaient élevés pour être de bons soldats de la Reine Nia, ou de bons chasseurs, de bons fisa... Certainement pas pour être de bons enfants. Orion n'avait pas vu les choses comme ça, pas seulement. Rigel était sa chair, son sang, et il avait souhaité le protéger des horreurs de la vie, de ces évènements qui durcissent les natifs. Qui l'avaient durci lui. Peut-être avait-ce été une erreur, de le couver ainsi, de lui offrir cet amour si rare dans ce monde, mais Orion s'en moquait. Il s'en moquait parce que c'était son fils et il pouvait bien faire ce qu'il voulait, ayant supprimé la seule personne qui pouvait avoir voix au chapitre.

Il avait tué la mère de Rigel, peu après la naissance de leur fils, car il s'était rendu compte qu'elle n'était pas digne d'être mère, de porter ce bébé qui n'attendait que de grandir. Il l'avait donc aidée à quitter ce monde. Et il avait pu assister à chaque petit pas, à chaque babillement, à chaque moment de joie et de peine de son Rigel, de façon exclusive, il avait appris sur le tas, et s'en était bien sorti, faisant de son gamin un fisa d'excellence, peut être même meilleur que lui. C'était sa grande fierté, Rigel pouvait cesser d'avoir peur de le décevoir, car sur ce point, nulle crainte n'était admise. Il arrivait parfois à ce vieux papa gâteux de sourire en le voyant officier. Fierté, joie, quand tu nous tenais...

Mais la suite sera nettement moins joyeuse, il fallait l'avouer, car Rigel avait posé la question qu'il fallait pour démarrer ce qui allait être une grande discussion, entre père et fils. Une discussion qui avait bien trop tardé à venir, et qui allait avoir de grandes conséquences. Orion devait parler de Telep à Rigel. Mais avant... Il devait lui parler de son enfance, de ses origines.

"Avant de t'expliquer ce que je fais ici... Je devrais te parler un peu de mon enfance. Tu as certainement dû en entendre des bruits, par ci par là... Et je pense qu'il est temps d'arrêter les mystères."


Dans Ockefell, certains se souvenaient encore de la disparition d'un an de celui qui allait devenir leur fisa, durant son enfance. Les paris allaient bon train sur ce qui était arrivé, mais la réalité était toute autre. Certains imaginaient une fugue, d'autre qu'il avait été esclave à Boudalankru par exemple. C'était amusant pour Orion d'entendre ces rumeurs ridicules, mais ça l'était moins quand il devait subir ces crises de paniques, ces cris dans sa tête, qui le rendaient fou parfois, le plongeant dans des transes pouvant être violentes. Son fils avait été témoin de certaines d'entre elles, bien qu'Orion ait toujours tenté de l'éloigner de celles-ci.

Néanmoins, il se lança dans son histoire. Il expliqua son enlèvement, par ce camelotien. Puis par l'horreur, avec son meilleur ami, de vivre dans une cage durant plusieurs mois à voir des hommes vendre d'autres enfants, à des cannibales. Enfin, la mort de Telep, découpé en morceaux devant lui. L'incendie, qui avait donné ces cicatrices sur son épaules, son pied. Il raconta tout cela à son fils, qui ne connaissait pas la vérité. Il raconta aussi sa colère d'avoir été remplacé par ce bébé nommé Sirius, cet oncle que Rigel ne voyait plus vraiment depuis quelques années. Cette colère pouvait expliquer cette indifférence crasse qu'Orion avait opposée à son petit frère, le peu de cas qu'il faisait de lui. Et aussi pourquoi il préférait largement Roan, son meilleur ami, son frère de sang.

Après avoir fini son histoire, il regarda son fils, attendant une réaction, afin de voir s'il avait tout bien compris.


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Rigel


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MessageSujet: Re: [08/04/2482] Just you and me against the world - Rigel Mar 18 Juil - 21:24

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Je faisais apparemment tout de travers, aujourd’hui et je m’en voulais pour cela. Non seulement je n’avais pas été capable d’être discret en suivant Père étant donné qu’il m’avait sûrement découvert en moins de temps qu’il n’en fallait pour le dire mais en plus, je m’excusais, chose qui semblait inadmissible aux yeux de mon paternel, si j’en croyais l’expression qu’il abordait ainsi que sa manière de claquer la langue, comme pour me rappeler à l’ordre. Depuis quand les Azgedas s’excusaient-ils ? Nous ne le faisions pas en général. Tout simplement parce que nous étions censés être des brutes sanguinaires, des Hommes violents et sans pitié. Nous étions des Itharo, des buveurs de sang. Mais j’étais loin d’être comme ça et Père en était plus que conscient lui qui, depuis ma plus tendre enfance, m’avait toujours couvert et protégé de tout de son mieux — ce dont je ne me plaignais pas, au contraire. J’avais eu une enfance à la fois banale et agréable, douce et disciplinaire et celle-ci m’avait parfaitement convenu bien que je ne sois pas sûr que la Reine Nia aurait été du même avis si elle s’était intéressée à mon éducation, moi qui était loin d’égaler tout ses guerriers les plus redoutables.

En voyant le visage de Papa, je me retint de lâcher un sourire. Je connaissais tellement bien mon père que je pouvais parfois prédire la moindre de ses réactions, ou de ses paroles et en l’occurrence, j’étais heureux de voir qu’il ne m’en voulait pas pour ma curiosité poussée ainsi que ces excuses à la noix. Après tout, il faut dire qu’il me pardonnait toujours tout, la moindre de mes petites erreurs, la moindre chute, la moindre faiblesse ; tout. Là encore se trouvait ma chance, la chance d’avoir été élevé par un père comme Orion qui me couvrait plutôt que par une brute sanguinaire qui m’aurait sûrement tué à cause de mes trop nombreuses faiblesses.

Un long silence s’en suivit après que j’ai posé la question fatale à mon père, un silence qui ne présageait rien de vraiment bon. Je connaissais ces silences, ces regards et ces situations, je les avais bien nombre de fois connus dans mon enfance ; j’étais donc à peu près sûr que nous allions avoir une discussion père fils, ce que j’avais d’ailleurs du mal à comprendre. Certes, j’aimais beaucoup ces moments que je passais avec lui pendant lesquelles notre complicité et notre amour père / fils se dégageait plus qu’à l’accoutumée mais pourquoi maintenant alors que je ne posais qu’une simple question anodine sur le pourquoi de la présence de Papa ici ? Bien évidemment, celui-ci n’étant pas quelqu’un qui faisait durer les choses, il éclaira bien vite mes interrogations…

« Avant de t'expliquer ce que je fais ici... Je devrais te parler un peu de mon enfance. Tu as certainement dû en entendre des bruits, par ci par là... Et je pense qu'il est temps d'arrêter les mystères. »

Un air légèrement choqué sur le visage, je me repris pourtant bien vite, effaçant immédiatement cette expression de mon visage bien que mon esprit, lui, soit toujours aussi… Perturbé par l’annonce de mon père. Après 20 ans d’existences, allait-il vraiment me parler de son passé et de son enfance ou n’était-ce qu’une vaste blague ? Non, ça n’en était pas une, Père n’était pas du genre à faire des blagues sur ce genre de choses. L’enfance de Papa avait toujours été un mystère pour moi. J’avais bien sûr entendu des rumeurs, des bruits concernant son enfance mais j’étais toujours resté dans une sorte de brouillard, refusant d’écouter les divers ragots qui seraient sûrement loin de la vérité même. J’avais souvent songé à poser la question à mon père mais chaque fois, je m’étais désisté, prenant l’excuse que, lorsqu’il serait prêt, il m’en parlerait. Et apparemment, ce jour-là était arrivé. Ne voulant pas le couper dans son élan ou quoi que ce soit d’autre, je me contentais alors de hocher la tête à son encontre, lui signalant que j’étais prêt à l’écouter, restant près de lui en cas de besoin car, raconter toutes ces choses ne serait certainement pas une partie de plaisir pour lui, j’en étais convaincu. D’un geste hésitant, je vins même poser une main sur son épaule, comme pour l’ancrer dans la réalité, avec moi.

Alors, je l’écoutais parler pendant de longues minutes, peut-être même des heures, je perdais toute notion du temps à cet instant. Je l’écoutais me raconter son enfance, les misères qu’il avait vécut, les obstacles qu’il avait dût affronter, les horreurs qu’il avait eu à voir. Tout le temps, je gardais un visage très  neutre bien qu’à l’intérieur, mon coeur ne devienne sans doutes encore plus glacé qu’Azgeda –- et croyez-moi, c’était difficile à faire. À travers les mots de Père, j’avais l’impression de vivre aussi ce qu’il avait vécut, j’avais l’impression de me retrouver devant un film, comme si les images défilaient devant mes yeux à mesure qu’il les racontait et bien sûr, je pouvais sentir la douleur, la colère et toutes ces autres émotions présentes dans la voix de mon paternel qui me brisait le coeur. J’étais un Azgeda, mais mon coeur, lui, n’était pas aussi dur que la pierre. J’avais été épargné toute ma vie par Papa et savoir qu’il avait vécut tout cela, des choses que jamais je n’aurais ne serait-ce qu’osé imaginer dans mon esprit me faisait frissonner.

Une fois son récit finit, je restais de longues minutes silencieux tandis que lui, posait son regard sur moi. Je n’avais pas les mots, ils étaient comme bloqués dans ma gorge, peut-être s’en rendait-il compte. J’aurais aimé m’excuser, mais cela n’aurait servit à rien. Je n’avais pas été un de ses bourreaux, je n’étais pas son frère. Que pouvais-je alors dire ? Ma main toujours sur l’épaule de Père, je la lui pressais avant de lui donner une légère étreinte. J’avais beau avoir 20 ans, je me sentais maintenant comme si j’en avais 10. Je finis pourtant par hocher la tête, signifiant à mon paternel que j’avais bel et bien compris et assimilé tout ce qu’il venait de m’apprendre et, finalement, je finis par prononcer quelques mots, décidant d’être honnête, même si cela devait mettre Père en colère.

« Je t’avoue que ces révélations m’atteignent plus que je ne le voudrais. Je suis peiné que tu ai dut vivre tout cela, et encore plus si jeune.  — Je m’interrompis une seconde avant de reprendre d’un ton à la fois doux et honnête. –- C’est toi la personne la plus courageuse que je n’ai jamais rencontré, Papa. La moitié des hommes d’Azgeda n’auraient pas eu ta force, j’en suis convaincu. »

Je me sentais stupide en disant tout cela mais les mots étaient sortis tout seuls de ma bouche. Mais d’un autre côté, je ressentais une sorte d’admiration folle pour mon Père. Plus encore, bien que jamais je n’aurais voulu vivre ce qu’il avait vécu, je ressentais l’envie et le besoin d’être comme lui. Dur comme la pierre, impénétrable, puissant, fort, et surtout courageux, lui qui semblait ne jamais faiblir ou alors si peu. Fronçant légèrement les sourcils, je repris la parole, encore une fois sans avoir réfléchis au préalable.

« Puis-je te poser une question ? –- sachant que, normalement, Père ne refuserait pas, je poursuivis. –- Qu’est-il arrivé des Camelotions ? Est-ce qu’ils ont périt dans le feu ? »

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Orion
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MessageSujet: Re: [08/04/2482] Just you and me against the world - Rigel Dim 23 Juil - 19:42

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Parler de son enfance était une épreuve pour Orion, mais avoir la main de son fils sur son épaule, c'était un soutien qu'il n'aurait jamais refusé, même si en temps normal, avec un inconnu, ou du moins quelqu'un n'ayant pas cette importance, ça aurait fini avec un type les quatre fers en l'air. Mais c'était son fils, et il avait besoin de sentir cette présence. Et parler, au final, soulageait. D'autant que la réaction de son fils lui plaisait. Il aimait savoir qu'il était le plus fort aux yeux de son enfant, c'était comme une consécration, une preuve d'amour filial qu'il adorait. Alors quand il souligna que la moitié des hommes d'Azgedakru n'auraient pas eu sa force, il eut un sourire fier, gonflant presque le torse. Bien évidemment.

Il secoua les cheveux de son fils, pour lui montrer qu'il était content, écoutant alors la suite, qui était surtout une question, concernant les camelotiens. Ceux qui avaient fait de sa vie un enfer, qu'étaient-ils devenus ? Bonne question. Il n'en savait pas grand chose, à vrai dire il était surtout concentré sur sa propre survie, et n'avait jamais revu quiconque dans les années qui avaient suivi, quand bien même  Mais pour répondre à cette question, il essaya tout de même de faire un effort, pour se souvenir du moment de l'incendie, du moment où il était sorti en catastrophe, hurlant de douleur face aux langues de feu qui l'avaient touché. Il se souvenait vaguement avoir vu des personnes sortir aussi, mais qui étaient-ce ? Il ne s'était jamais réellement posé la question. En fermant les yeux, il pouvait presque distinguer les silouhettes du coin de l'oeil. Qui voyait-il ? Aucune idée... Il avait longtemps songé à contacter un Ntha pour l'aider à y voir plus clair, ayant besoin d'aide. Mais il n'en avait jamais eu l'occasion, vraiment. Et puis, il avait trouvé un moyen de se... défouler.

"Je n'ai pas la moindre idée de ce qu'ils sont devenus. J'ai le souvenir d'avoir vu quelqu'un s'en aller, mais qui ? Aucune idée. Mais parfois... Je vois en Véronica le camelotien de mort qui m'a enlevé. Dans ses traits, ses mimiques, comme si c'était son père... Le sang parle. Tout comme tu as en toi un peu de moi. Ces yeux qui sont les miens, ces cheveux aussi. Et parfois même quand tu ris certains pensent que c'est moi."


Il eut un sourire fier, un peu entaché par la pensée que son fils n'avait pas été dégouté de son père, de sa façon d'agir avec son esclave. Après tout, Orion déversait toute la haine qu'il ressentait en cette femme, l'abusant, la tuant à la tâche et la traitant comme la merde qu'elle était. Et parfois en la soignant, lui apprenant les rudiments de l'art des fisa. Il ne savait d'où venait cette violence, enfin, si il  savait, mais il ne se controlait pas. Et il était surpris de ne pas avoir encore vu son enfant se lever contre lui. Lui disant qu'il allait trop loin. Car parfois, c'était ce qu'il pensait, qu'il allait trop loin. Mais c'était tellement bon ! Comme une thérapie lui permettant d'évacuer ce trop plein de haine.

Mais ce n'était pas de cela qu'il voulait parler. C'était de pourquoi il était ici, alors il reprit la parole :

"Arrêtons de parler d'eux, pour le moment. Ce n'est pas important. Ce qui est important en revanche, c'est une chose dont peut être tu te doutes mais dont tu n'as pas eu les tenants et les aboutissants. Comme... Cette tombe."

Il se tourna vers cette terre plate, que rien ne distinguait par rapport aux autres, à part ce buisson désormais un peu défraichi. On pourrait se demander pourquoi Orion parlait d'une tombe ici mais pourtant il n'était pas fou, du moins pas totalement. Il baissa la tête, se pencha, pour baiser le sol, puis se redressa, pour lever les yeux au ciel. Il était étranglé par l'émotion.

"Telep..."
Il fit une pause, sa voix s'étant cassée, puis racla sa gorge pour reprendre : "Telep, mon meilleur ami, à cette époque, n'a pas vécu longtemps, n'a pas eu le temps de parcourir cette terre, et de grandir. Tout comme mon enfant qui se trouve là."

C'était abrupt, mais il devait faire sortir ça de lui. Prononcer ce prénom était une épreuve, surtout depuis qu'Akaia et lui avaient donné ce prénom. C'était leur lien, un enfant mort avec le prénom d'un autre enfant mort, et il faisait tout juste son deuil. Ou plutôt, il songeait à le commencer, car ces sept dernières années n'avaient été que pensées pour lui, quelques larmes orphelines lâchées. C'était là la sensibilité d'Orion, qui avait cette façade, cette apparence, ces actes de brutes sanguinaires, qui en était une, quelque part, mais qui gardait cette capacité d'amour en lui. Un amour paternel, fraternel, notamment.

"Il y a sept cycles, Alkaia est arrivée en pleine nuit, le sang entre les jambes. Elle venait de faire une fausse couche, et je l'ai aidée à expulser cet enfant qui n'avait pas tenu. C'était mon enfant. Peut-être t'en souviens-tu, de cette soirée... Tu étais venu voir ce qu'il s'était passé, mais nous t'avions repoussé. Car nous ne voulions pas que tu voies ça."


Il renifla légèrement, passant la main sur cette terre plate qui cachait ce foetus dissimulé dans une couverture. Comment était-il maintenant ? Ca rendait Orion fou que d'imaginer qu'une partie de lui était désormais disparu, sans doute même n'existait-il plus, si jamais il avait eu le temps un jour d'exister. Cessont-on réellement d'exister, ou avons-nous une véritable vie après avoir quitté l'enveloppe charnelle ? C'étaient là des angoisses qu'il avait en permanence, se demandant si l'Enfer n'était finalement pas tout simplement l'annihilation de l'existance...

"J'ai perdu un fils. Tu es toujours là, heureusement."
Il serra son fils dans ses bras, lui communiquant tout l'amour qu'il avait pour lui dans ce geste. "Mais il est un autre enfant sorti des entrailles d'Alkaia qui est un de mes plus grands regrets. Et il est là, et je viens le voir, car même si je n'ai pas pu le tenir dans mes bras comme je l'ai fait avec toi, il me manque."

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MessageSujet: Re: [08/04/2482] Just you and me against the world - Rigel Lun 31 Juil - 13:41

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Just you and me against the world

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Rigel & Orion

Bien que je sois entièrement conscient que me parler de son enfance est une épreuve immense pour Papa, je suis extrêmement fier qu’il me fasse partager ça, ça me donne l’impression d’apprendre à le connaître un peu plus, lui qui est habituellement si secret sur son enfance, sur sa vie avant moi. Et puis, ça me donne l'impression qu'il me fait un cadeau précieux ; celui de sa confiance. Une bouffée de fierté et d’amour me traverse en cet instant. Je suis fier d’être le fils d’Orion, celui qui a survécut à de nombreuses épreuves, celui qui est fort, le grand Orion. Fier qu’il m’ait confié ça et surtout fier de ce qu’il a pu accomplir et je ne mentais pas quand je lui disais ces quelques mots réconfortants il y a un instant. Et je sus que j’avais trouvé les mots juste quand je vis sa réaction, il était content de mes mots. Avec un sourire en réponse, je lui pressais une nouvelle fois l’épaule alors que lui, me secouait les cheveux. Mais bien vite, le ton de la conversation redevint sérieux. Je voulais ou plutôt j’avais besoin de savoir ce qu’il était arrivé à ces hommes, à ceux qui avaient torturés mon père. Je le regarde alors qu’il semble se plonger dans les souvenirs douloureux du passé et pendant une seconde, je regrette de lui avoir poser la question quand je vois ce visage, quand j’imagine ses pensées, quand j’imagine à mon tour le feu brûlant qui lèche les murs de la maison, quand j’imagine le visage de mon père, beaucoup plus jeune qui tente de s’échapper. Alors qu’un frisson parcourt mon échine, je m’apprête à ouvrir la bouche afin de lui dire que ce n’est pas grave, qu’il n’a pas à répondre mais il me devance.

« Je n’ai pas la moindre idée de ce qu’ils sont devenus. J’ai le souvenir d’avoir vu quelqu’un s’en aller, mais qui ? Aucune idée. Mais parfois…. Je vois en Véronica le camelotien de mort qui m’a enlevé. Dans ses traits, ses mimiques, comme si c’était son père…. Le sang parle. Tout comme tu as en toi un peu de moi. Ces yeux sont les miens, ces cheveux aussi. Et parfois même quand tu ris certains pensent que c’est moi. »

Les paroles de Père me laissèrent pantois et le regard perdu dans le vague, je réfléchis à ses mots pendant un long moment. Une fois de plus, la fierté s'empara de mon être entier en réponse aux derniers mots de mon père. J’étais heureux de l’entendre me dire que je lui ressemble et que même les autres pensent et disent que je lui ressemble alors même que nos deux âmes et nos esprits sont si différents.Je lui ressemble plus que je ne le pensais et cette constatation me serre le coeur d'une manière plus qu'agréable. Pourtant, cette fierté disparut bien vite pour laisser la place à une vague de colère et de haine qui s’empara soudainement de mon coeur et de mon âme, me surprenant moi-même. Je ne pouvais concevoir que ces hommes avaient pu blesser mon père et qu’ils soient toujours en vie. Mais je fus encore plus surprit de moi-même quand je songeais au fait que j’aimerais les voir mort. Et que je les tuerais de mes propres mains s’ils étaient face à moi, en vie. Ce n’était pas dans mes habitudes de penser ainsi. Jamais je n’avais imaginé tuer un homme, c’était presque inconcevable pour moi et puis de toute façon, étant donné ma piètre force et mes piètre capacités à la chasse, je n'en serais sûrement pas capable mais là, la colère pensait pour moi. La colère de savoir que les bourreaux de mon père pouvait être encore en vie. Mais cette colère se transforma vite en une espèce de… D’hésitation penaude. Je ne voyais pas beaucoup Véronica ou alors très brièvement. En général, Père me refusait l’accès à sa chambre, « voulant s’en occuper lui même », comme il me disait. Pourtant, je ressentais un espèce de truc bizarre pour cette femme. Pas de la pitié, non, je détestais la pitié. Peut-être plus de la peine. J’étais peiné que cette femme subisse tant d’horreur de la part de mon père — car oui, je n’étais pas stupide, je savais parfaitement ce qu’elle subissait alors qu’elle semblait être une femme correcte. Père s’était-il jeté sur la première Camelotienne qu’il avait pu voir pour se venger des Camelotiens qui l'avaient enlevé alors qu'il était plus jeune ? J’étais persuadé que cette femme ne méritait pas d’être là emprisonnée, mais peut-être était-ce ma différence qui parlait. Après tout, cela semblait sûrement normal pour tout les autres Azgedas. Alors que je m’apprêtais à me « rebeller » et à dire ma façon de penser à Père au sujet de Véronica, je me ravisais au dernier moment. Ce n’était pas le moment propice pour créer un conflit avec lui alors qu’il venait tout juste de me raconter des souvenirs douloureux. Pourtant, je me fis la promesse intérieure d’aborder très sérieusement le sujet avec Père dans peu de temps. Le lendemain ou le surlendemain, peut-être. Ça ne devait pas se passer comme ça et ça ne devait pas continuer ainsi.

« Arrêtons de parler d’eux, pour le moment. Ce n’est pas important. Ce qui est important en revanche, c’est une chose dont peut être tu te doutes mais dont tu n’as pas eu les tenants et les aboutissants. Comme…. Cette tombe. »

Tiens, avec toutes ces révélations, j’avais presque oublié pourquoi j’étais venu ici, pour suivre Père. La bouche légèrement ouverte, j’abordais un air légèrement.. stupéfait par la nouvelle révélation que Papa venait de m’offrir. Jamais je n’aurais pensé au début qu’une tombe se cachait ici. Je compris vite qui était disposé ainsi, offert à la Terre. L’enfant que Père n’avait pas pu avoir. Le frère que j'avais perdu avant même de le connaitre. J’avais assisté à quelques minutes de la fausse couche d’Alkaia, la compagne de mon père avant que ceux-ci ne m’éjectent, il y a 7 ans de cela, si mes souvenirs étaient bons. Je comprenais mieux à présent la nouvelle douleur qui abîmait le visage de mon paternel. Bien que la pluie s’amuse à tomber plus abruptement, comme pour refléter la peine de Papa, je tombais à genoux à ses côtés et m’approchais de lui, tâchant de lui apporter tout le réconfort dont je pouvais être capable même si je savais que jamais je ne parviendrais – seul, à refermer la plaie béante de la perte d’un enfant.

« Telep… Telep, mon meilleur ami, à cette époque, n’a pas vécu longtemps, n’a pas eu le temps de parcourir cette terre, et de grandir. Tout comme mon enfant qui se trouve là. »

Alors j’avais vu juste, il avait perdu un ami, un fils, deux sortes d’amour infinis et perdus prématurément. La douleur dans sa voix, la douleur qui déchirait son visage, elles me brisaient le coeur. Je pouvais entendre dans sa voix à quel point cela était dur de prononcer ces mots, ce prénom jamais oublié, toujours vif dans son esprit. J’avais le sentiment qu’il n’avait pas finit et qu’il ne fallait pas que je l’interromps alors, encore une fois, je me rapprochais de lui et lui offrit mon épaule, mon étreinte et mon amour pour lui, attendant la suite de l’histoire.

« Il y a sept cycles, Alkaia est arrivée en pleine nuit, le sang entre les jambes. Elle venait de faire une fausse couche, et je l'ai aidée à expulser cet enfant qui n'avait pas tenu. C'était mon enfant. Peut-être t'en souviens-tu, de cette soirée... Tu étais venu voir ce qu'il s'était passé, mais nous t'avions repoussé. Car nous ne voulions pas que tu voies ça »

Je me contentais de hocher la tête et de prononcer un très léger « Oui, je me souviens... », sans doutes caché par la pluie accouplée au vent qui semblaient tout deux crier leur détresse.

« J'ai perdu un fils. Tu es toujours là, heureusement. Mais il est un autre enfant sorti des entrailles d'Alkaia qui est un de mes plus grands regrets. Et il est là, et je viens le voir, car même si je n'ai pas pu le tenir dans mes bras comme je l'ai fait avec toi, il me manque. »

Alors qu’il me serre dans ses bras, je le serre plus fort encore. Je tâche de le consoler, de lui faire parvenir tout mon réconfort, tout mon amour, toute ma peine pour lui qui est infinie. J’aurais moi aussi aimé connaître ce frère. J’aurais aimé lui apprendre la vie, le consoler, le rendre fort, le voir grandir. J’aurais aimé avoir un frère pour combler les quelques vides de ma vie et pour combler ceux de Papa, pour combler ses blessures.

« Je suis désolé, papa. Je me souviens de cette soirée et je comprends mieux, à présent. Je comprend la douleur qui sommeille en toi comme elle vient de se réveiller en moi. J’aurais aimé que Telep vive. J'aurais aimé le connaître. Je suis sûr qu’il aurait été un fils et un frère formidable et parfait. »

Je m'arrêtais là, ne pouvant rien de plus, ma gorge me serrait et était douloureuse. Je ne l’avais pas connu mais c’était tout comme, je comprenais la douleur de Papa. Il avait perdu son fils, et moi un frère. Je jetais un coup d'oeil à la tombe, et, tout comme lui quelques minutes auparavant, je penchais la tête afin de me baisser pour donner un baiser au sol, à Telep.

« Je prierais Raesia, la Nature toute puissante pour être sûr que tu trouves la paix, mon frère. »

Je me relevais pour faire face à Père, lui accordant de nouveau une étreinte, légère, ne sachant pas vraiment s’il avait entendu mes quelques mots que j’avais après tout presque murmurés. Nous restâmes un certain moment silencieux, côtes à côtes, avant que je ne décide de reprendre la parole, peut-être pour rien dire mais tant pis, je cherchais une forme de réconfort à donner à Père.

« Je suis persuadé qu'il veille sur nous d'une manière ou d'une autre. Ils auraient tout les deux été fier de toi comme moi je le suis. Je t'admire, papa. Et je t'aime. »

Un effort ultime de réconfort qui, je l'espérait, marcherait au moins un petit peu et qui, avec un peu de chance, boucherais au moins un minimum les plaies de son coeur grandes ouvertes.


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MessageSujet: Re: [08/04/2482] Just you and me against the world - Rigel Ven 11 Aoû - 9:53

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Voir son fils perdu et inquiet était une image d’enfer pour un père tel qu’Orion. Il était une brute, il fallait le dire, une brute même sanguinaire lorsqu’il avait une victime sous la dent, une personne qui l’avait généralement cherché. Il n’était pas homme à reculer devant un combat, cependant il était démuni face à la souffrance de son propre enfant. Il appréciait cependant le soutien qu’il lui offrait, cette simple main, présente, mais pas oppressante. Et surtout ces mots, où Rigel exprimait cette nouvelle souffrance qu’il avait en lui, ce deuil nouveau d’une mort si ancienne qu’il portait. Cela n’avait pas été le but de cette discussion, mais Orion acceptait cette souffrance, car ç’en était une qui partira bien vite.

« J’en suis sûr aussi. »

La souffrance du deuil était une chose courante sur une Terre aussi hostile et marquée par ce qu’elle avait probablement connu de pire, de mémoire de natif. Les animaux, la nature, les hommes, tout semblait se liguer afin de faire de cet endroit un Enfer pour certains, un paradis pour d’autres. Orion participait à la violence qui faisait partie du décor désormais, car c’était la loi du plus fort qui primait. Et il ne comptait pas faire partie de ceux qui se faisaient manger, non, il voulait rester parmi le sommet de la chaîne alimentaire, et emmener avec lui ceux qu’il aimait. C’était cela qui le motivait. Alors, le deuil était un ami fidèle qui l’avait accompagné tout au long de son existence, qui lui enserrait le coeur et alimentait sa rage de vivre, de vaincre. C’était une bonne, très bonne chose.

Puis il observa son fils faire de même que lui, priant pour Telep sur la tombe. Baiser le sol, embrassant donc l’âme de son frère, lui souhaitant de trouver la paix. Orion espérant tant qu’il soit bien là où il était. Il se posait beaucoup de question sur l’après-vie, si on se réincarnait de suite, si une… Attente se mettait en place. C’était parfois une souffrance pour Orion d’y réfléchir, car quel autre moyen avait-il de connaître la réponse qu’en mourant à son tour ? Il n’aimait pas avoir à choisir entre ses deux fils, alors il attendait, patiemment, que la vie le fauche d’elle-même. Il avait après tout un certain nombre d’années, combien ? Aucune idée, mais pas mal. Il était bien plus proche de la tombe que de sa naissance, à vrai dire… Beaucoup d’hommes de son âge avaient péri ou périraient bien vite. Il ressentait donc une sorte d’urgence, un besoin vital. De quoi ? Aucune idée.

Il se sentait comme au crépuscule de sa vie. Oh, il était en pleine forme, là n’était pas le problème, il se sentait capable de beaucoup de choses. Cependant, il le sentait, parfois, quand il voyageait, il ressentait des douleurs parfois à des endroits dont il ignorait qu’il pouvait avoir mal. Il se savait moins rapide, il sentait ses réflexes s’émousser. C’était subtil, mais déjà bien trop pour un homme tel qu’Orion. Il se préparait donc déjà à ce que son corps le trahisse un jour, il préparait le terrain pour que finalement, son absence impacte le moins possible ses proches. Et Rigel allait devoir grandir. Il le faisait déjà fort bien. Forcément, c’était son fils...

Néanmoins, debout face à son fils, avec lui qui le serrait dans ses bras, il commençait à se rendre compte que sa propre souffrance s’atténuait. Savoir qu’il la partageait avec lui, c’était comme une façon de couper en deux cette pomme, pour mieux en supporter le poison. Il faisait appel aux croyances des natifs, rappelant à Orion que Telep veillait réellement sur eux et qu’il devait être fier de lui. Tout comme Rigel l’était. Et il l’aimait.

Orion eut une bouffée de cet amour qu’il partageait avec son fils. Ce sentiment qui l’avait probablement rendu encore plus enragé envers le monde, encore plus cruel avec ceux qui se mettaient en travers de sa route. Il se souvenait de ces personnes qui l’avaient accusé - à raison - d’avoir tué sa femme. Il s’était défendu bec et ongle, mentant comme un arracheur de dent, créant la confusion et le doute dans la tête de ses plus grands détracteurs, juste pour ne pas que Rigel souffre du déshonneur d’un père meurtrier et d’une mère victime. Une génitrice suicidée était déjà bien suffisant, n’est-ce pas ?

Il en oublia presque le sujet de conversation qui était celui qui les occupait depuis quelques instants, il observa juste son enfant. C’était un homme à présent, même s’il était tellement frêle qu’on se demandait s’il avait fini son dwensa. Il ne lui avait jamais dit pourquoi il n’avait plus de mère et parfois il se demandait si c’était un réel manque. Alkaia était la seule personne plus ou moins stable qu’Orion avait dans sa vie, et ne parlons même pas de la femme qui vivait dans la maison. Veronica n’avait rien d’une femme aux yeux d’Orion, si ce n’était l’utilité nocturne. Autrement dit, Rigel n’avait que son père comme véritable modèle. Orion n’avait pas eu sa mère non plus, et on ne pouvait pas vraiment dire qu’il était sain d’esprit, n’est-ce pas ? Il n’était pas vraiment le meilleur exemple possible.

Bref il se demandait s’il avait bien fait d’épargner à son fils cette mère ridicule qui n’aurait fait qu’accentuer la faiblesse qu’elle avait transmise à leur enfant. Il se rendait compte, la vie de parent n’était qu’un enfer dont même la mort ne le soulagera pas. Tout en étant un bonheur complet.

Décidant que ç’en était assez, Orion attrapa le bras de Rigel pour le diriger vers la maison. Et durant ce trajet, il eut une pensée. C’était une de ces pensées que chaque parent natif au cours de sa vie : est-ce que son enfant était heureux ? Allait-il se marier ? Orion avait pensé que Rigel le ferait bien plus tôt. Là, il était un célibataire sans enfant très vieux, comme Alkaia, surtout lorsqu’on savait que la moyenne était entre treize et dix sept ans pour le mariage et la descendance. Un peu ce que lui-même avait fait. Certes, cela n’avait pas fait son bonheur, à Orion, mais au moins il avait eu son fils. Alors il voulait savoir… Quand est-ce que Rigel se lancera lui aussi ? Il avait envie d’être grand père. De voir sa lignée continuer, savoir qu’Ockefell aura toujours cet hôpital debout, que le père de son père avait bâti pour remplacer un autre tombé au combat.

“Je pense qu’il serait temps de parler de toi. Raconte-moi ce que tu fais durant mes absences. Personne en vue ?”

Orion n’était clairement pas une personne très subtile. Il ne perdait pas espoir de voir Rigel tomber dans les bras d’une femme forte, une guerrière, une vraie Azgedakru, sinon une native qui faisait honneur aux principes de survie. Une personne aux bons gènes qui fera un bon enfant. Un enfant fort, grand, qui aura à son tour d’autres enfants, jusqu’à rendre finalement ses ancêtres fiers.


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MessageSujet: Re: [08/04/2482] Just you and me against the world - Rigel Jeu 30 Nov - 17:58

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Etait-il seulement possible que père et moi soyons plus proches que nous ne l’étions déjà ? Cette expérience et ces révélations, aussi tristes eurent-elles été, nous liaient dans la souffrance et l’amour, plus que jamais. Nous partagions un deuil nouveau, un deuil installé chez le plus vieux de nous deux depuis des années déjà. Et l’étreinte que nous partagions semblait sceller un pacte. Le pacte d’une solidarité plaisante et d’une proximité bien plus puissante que celle qui nous liait jusqu’à aujourd’hui. Du moins, c’était comme ça que je voyais les choses. J’aimais cette complicité qui me liait à Père. D’une certaine manière, il n’y avait toujours eu que nous deux, cela nous poussant à nous serrer les coudes et à être très proche l’un de l’autre, bien que je sois certainement un peu trop éloigné du fils qu’il aurait aimé avoir, et pourtant, ça n’était pas sa faute, loin de là. Je n’avais jamais connu ma mère et j’étais tellement… reculé des autres personnes qu’il était alors la seule figure adulte sur laquelle je pouvais me reposer depuis toujours, bien que nous soyons sensiblement différent l’un de l’autre et la vie fit que je ne suivis pas totalement ses traces en matière de caractère. Quoi qu’il en soit, une chose était indéniable : il était mon père, et j’étais son fils, voilà tout. Et malgré notre différence, je l’aimais plus que quiconque sur cette planète.

Après cette séquence émotion, je me laissais faire quand Père attrapa mon bras et c’est en silence que nous nous dirigions vers chez nous bien que je reconnaisse cet air sur le visage de mon père tandis qu’il marchait : il réfléchissait. Et je sentais qu’il me ferait très vite une remarque bien que je n’arrive pas à discerner quel sujet sérieux il pourrait bien aborder, après tout ce que nous venions d’évoquer. Bien heureusement, la réponse arriva assez vite et c’est au bout de quelques minutes qu’enfin, Père reprit la parole. « Je pense qu’il serait temps de parler de toi. Raconte-moi ce que tu fais durant mes absences. Personne en vue ? » Je ne peux m’empêcher de piquer un fard quand j’entend la question de mon père. Nous n’avions jamais évoqué ce genre de sujet, l’amour, le mariage, les enfants… Et voilà qu’il me demandait si j’avais quelqu’un en vue. Fronçant les sourcils, je balbutiais quelques mots incompréhensibles avant de me racler la gorge et reprendre, plus fermement. « La plupart du temps, je m'occupe des patients à l’hôpital, quand tu n’es pas là. Ou bien je me rends dans les forêts voisines afin de parfaire notre stock de médicaments. Alors… ça ne me laisse pas beaucoup de temps pour batifoler. » Je me doute que ma réponse le décevra bien que j’espère me tromper. Je n’ai jamais eu de relation jusqu’à aujourd’hui alors me marier ? Avoir des enfants ? Si je ne sais pas si j’en ai envie, une chose est sûre : je veux trouver quelqu’un que j’aimerais et qui m’aimera en retour. Je sais que ce sont des envies et des pensées bien traditionnelles, peut-être un peu trop pour ce monde dans lequel je vis et encore plus pour ce clan dans lequel je suis né mais c’est ce que je veux, n’en déplaise à mon père, à Nia ou nos ancêtres.

Je me demandais d’ailleurs parfois si j’avais ma place sur cette terre. J’étais si… Si différent qu’il m’arrivait de ne pas me sentir à l’aise avec ce monde brutal, vif, et sanguinaire. Je n’étais rien, personne, et je ressentais parfois l’impression de ne pas mériter cette vie, ce clan qui était le mien. Parfois, je ne savais même pas qui j’étais. Aurais-je eu une vraie place si j’étais né à une autre époque, sur une autre Terre, ou si je n’étais pas venu au monde du tout ? Des questions et des pensées qui emplissaient parfois mon esprit et qui, aujourd’hui, maintenant, après la question de Père, taraudaient mon esprit. Alors que nos pas se confondaient sur le sol mouillé, je m’arrêtais soudainement et levait mon regard vers celui de Père, ne me souciant guère des gouttes de pluie qui coulaient sur mon visage. « Je sais que tu aimerais parfois que je sois différent. Ou alors moins différent que je ne le suis déjà. Je ne suis pas le fils idéal… » Je grimaçais à la fin de mes paroles. En général, je n’avais pas une si mauvaise estime de moi. Mais là… J’avais la soudaine impression d’avoir vécu ma vie de travers. Un instant après, ne laissant pas le loisir à Père de répondre, je repris. « Je sais que tu attends que je me marie et que j’ai des enfants. Tu attends aussi de moi que je sois quelqu’un de fort. J’espère ne pas te décevoir. » Sourcils froncés, mauvaise manie qui m’habitais lorsque je réfléchissais ou que j’étais anxieux, en colère, triste et diverses émotions, je finis par baisser le regard dans un dernier soupir. Pouvais-je vraiment donner à Père ce qu’il voulait ? Je n’en étais pas sûr. Il aimerait que je sois avec une femme forte, combative, pas une faiblarde. Mais comment pourrais-je le rendre fier quand moi-même je ne savais pas ce qui pourrait me plaire ? Dansant sur mes pieds, je finis pourtant par secouer la tête et reprendre ma route, regardant à peine si Père me suivait. La seule question qui habitait mon esprit était « Qui suis-je ? ». Surtout ce soir.

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Orion
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MessageSujet: Re: [08/04/2482] Just you and me against the world - Rigel Sam 2 Déc - 16:49

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Orion n'aimait pas les séquences émotions qui s'éternisaient. Ce n'était pas son truc, ça non. Alors, il avait préféré dévier sur autre chose, sur ce que Rigel faisait en son absence, ce qui devenait régulier, et s'il avait quelqu'un en vue. Il avait été direct dans le vif du sujet, ce qui l'intéressait, car il avait l'espoir de pouvoir mourir en sachant qu'une descendance était assurée. Car si la mort ne l'effrayait pas, la fin de sa lignée était autre chose. A la réponse de son fils, Orion eut un bruit appréciateur, il savait que Rigel était un fisa responsable qui savait ce qu'il avait à faire. Bien pour ça qu'il lui laissait la main à présent, et qu'ils travaillaient ensemble sans qu'il mette son nez dans les actes médicaux de son associé. Il fallait avouer que Orion lui-même prenait réellement le temps de voir Alkaia, ou quelques amantes, uniquement parce qu'il savait que son fils assurait. Peut-être s'appuyait-il trop sur lui ? Il devrait certainement laisser un peu de temps à son enfant pour chercher. Il était vieux à présent, un vieux garçon non marié. Il n'était même pas certain qu'une femme aie déjà partagé sa couche. Veronica n'y avait pas été en tout cas, Orion était possessif, il ne partageait pas. Néanmoins, il fut déçu d'apprendre cela. Encore du temps à attendre... Peut-être devrait-il prendre les choses en main ?

Orion y réfléchissait tandis que Rigel reprenait la parole, mettant le doigt sur cette déception d'Orion. Car il aimait son fils, il était sa chaire, son sang. Mais les gènes de son ex-femme avait prit le dessus. Quelle connasse... Ce n'était pas de la faute de Rigel. Et il était fort, à sa façon. Il était capable de sauver les vies de personnes qui seraient condamnées sans lui. C'était une force. Orion se souvint de cet apprenti qu'on lui avait foutu dans les pattes, qui s'évanouissait à la moindre vue du sang, d'une chair à vif, il y avait quelques années. Rigel était d'ailleurs présent à de nombreuses colères d'Orion, qui avaient été légendaires dans le village. Il eut un léger rictus à ce propos, tandis que Rigel continuait, parlant de l'attente du père pour un mariage et des enfants. Qu'il voulait un fils fort... Qu'il espérait ne pas le décevoir. Ce fut un crève coeur pour Orion.

"Ce n'est pas de ta faute, Fils. C'est celle de ta mère, que j'ai si mal choisie... D'un autre côté, c'est bien que tu prennes ton temps. Pour trouver celle qu'il te faut. Car je me suis emballé, j'ai cru qu'elle était parfaite, et voilà..."


Orion ne voulait pas parler du suicide de son ex-épouse, qui était un mensonge, ni de son meurtre, qui était la vérité. Rigel n'en savait rien, heureusement. Seule la soeur, la tante de Rigel, avait des doutes, et en cela elle avait refusé de faire la moindre apparition dans la vie du petit. Encore heureux, Orion l'aurait éloignée si vite qu'elle n'en aurait certainement pas survécu. Alors il reprit la parole à nouveau, rapidement, ajoutant :

"J'attends juste de toi de te poser avant que je ne finisse par trouver une autre vie. Cela viendra, vite. Sinon, je t'y aiderai... Je connais une paire de jeunes filles qui seraient acceptables."


Orion ne laissait nulle place à l'amour, pour lui c'était totalement ridicule. Bien qu'il aie en tête de demander Alkaia en mariage, il ne pouvait pas reconnaître ce sentiment, tout juste parlait-il d'un attachement. L'amour, il ne pouvait le donner qu'à son fils, de toute façon, que connaissait-il d'autre ? Cette sensation d'aimer et d'être aimé lui était totalement inconnue, il n'avait jamais connu cela autrement que par son fils. Alors que dire d'Alkaia, qui était son amante depuis tant d'années au point qu'il s'était habitué à l'avoir dans les parages, persuadé qu'elle serait toujours là de toute façon ?

Il prit ensuite son fils par l'épaule, continuant à rentrer vers l'hôpital. Ils avaient du travail après tout, en espérant qu'aucun patient n'aie crevé durant la nuit. Ce qui était peu probable.
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MessageSujet: Re: [08/04/2482] Just you and me against the world - Rigel Jeu 28 Déc - 11:34

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Rigel & Orion

J’avais beau comprendre les doutes de Père, j’avais beau l’aimer et vouloir qu’il soit fier de moi, il n’en restait pas moins que je me sentais incapable de changer pour lui. Comment aurais-je pu ? Comment le pourrais-je ? Devenir quelqu’un d’autre, quelqu’un que je ne suis pas seulement pour le satisfaire ? Cela me semblait bien dur et j’imaginais, au fond de moi, ou du moins j’espérais, que ce n’était pas ce qu’il voulait pour moi, lui non plus. Et, si jamais une femme n’avait partagé mon lit et que je me voyais mal me marier et avoir des enfants avec une personne que je ne connaissais ni d’Adam, ni d’Eve, je comprenais cependant le désir de mon père à être rassuré quant à une descendance. Après tout, quel homme fort et digne de ce nom ne souhaiterait pas voir sa lignée perdurer ? Poussant un léger soupir, mes yeux se posèrent sur Père, qui semblait en pleine réflexion. Etrangement, je savais déjà à quoi il pensait. Ma génitrice. Celle que je n’avais jamais osé appeler « maman », pas même dans mes rêves. D’après ce que m’avait dit Père, elle s’était suicidée, seulement quelques mois après ma naissance, m’abandonnant lâchement. Quelle mère est capable d’une telle chose ? Et, malheureusement, toujours selon les dires de Père, j’avais hérité de la faiblesse de celle qui m’avait mis au monde. J’en venais parfois à me poser de questions, à me demander si c’était bien à cause d’elle et de ses gênes que j’étais comme j’étais ; faiblard, différent, calme et posé contrairement à Père, ou aux autres Azgeda en général.

Comme je m’y attendais, il évoqua ma génitrice. Toujours le même refrain, elle n’était pas bien, il l’a mal choisie. Elle était… pitoyable ? Etais-je comme elle ? Etais-je un pauvre petit gars pitoyable, bon a pas grand-chose ? Au moins, il ne voulait pas que je fasse les mêmes erreurs que lui, c’était déjà ça. Un nouveau soupir s’échappa pourtant de mes lèvres, tout semblait si… difficile. Je manquai de m’étouffer quand mon père reprit la parole, bien que je tentasse de lui cacher. L’observant, j’ouvrais grand les yeux, espérant voir une trace d’humour sur son dur faciès, mais non. Il semblait sérieux et la simple perspective qu’il veuille me marier, m’obliger à épouser une femme dont je ne voudrais même pas me serrait douloureusement le cœur.

Une fois le choc passé, la première pensée qui traversa mon esprit fut qu’il était bien aveugle, lui qui parlait de mariage arrangé, lui qui semblait croire que l’amour était inutile, inconcevable alors que je voyais si bien qu’il ressentait des choses pour Alkaia. Un sourd, muet et aveugle saurait le voir, l’entendre, et le dire. Et pourtant, les Dieux même savaient que je n’avais jamais eu de relation et que je n’étais pas doué avec tout ça. Mais Père… Je devinais sans mal ses émotions, ses pensées, ceci dût à des années et des années d’entraînement. Quoi qu’il en soit, il était bien mal placé pour me dire cela, ce pourquoi je décidais de garder le silence, tandis que Père attrapait mon épaule et m’entraînait vers notre hôpital. Demain serait un autre jour, j’aurais, de toute façon, tout le temps de lui parler à nouveau…

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[08/04/2482] Just you and me against the world - Rigel

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