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milli point two just to hurt you. (varian)

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Harley Weise


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Inclement Earth

MessageSujet: milli point two just to hurt you. (varian) Mar 12 Sep - 0:17

Lieu du rp : Une ruelle vide dans Missi.
Date du rp : 16 avril 2 482, en fin d'après-midi.
Participants : Varian Standall & Harley Weise.
Météo : Ciel gris et température froide.
But du rp : Harley et Varian ont pour ordre de se battre l'un contre l'autre.
Résumé du rp : Nei et Aya, les propriétaires d'Harley et Varian, organisent un petit combat « pour le fun ».
Malheureusement, Varian ne se défend pas et Harley gagne haut la main, ce qui risque de causer de nombreux désagréments pour les deux jeunes filles.


dans le passé.
Harley gigota sur sa chaise, incapable de rester assis là à ne rien faire alors que son sang bouillonnait encore dans ses veines. « Lâche-moi Varian, c'est rien, je suis tombé c'est tout. » Il repoussa d'une main impatiente la main de son petit-ami – petit-ami depuis trop peu de temps – pour se redresser et faire les cent pas. Il n'était pas tombé, il s'était pris une sale beigne de la part d'un gars du voisinage et pour tout avouer, il n'avait strictement rien vu venir. Il ne le connaissait même pas ! « En plus ça pique ton fichu truc là, désinfectant, machin bidule bordel... » Un nouveau bleu ornait sa pommette en dessus d'une splendide griffure qu'il essayait de déguiser en agression de la part de son coin de bureau. (Genre quelqu'un serait dupe.) Je dévisageai Varian du coin de l'oeil en tournicotant dans la pièce sans m'arrêter. Je devais bouger, marcher, m'agiter pour que mon esprit reste calme et ordonné. Sinon tout partirait en live encore. Je me connaissais, je connaissais tous mes sales côtés… et je n'avais plus envie de les montrer à Varian. J'avais été le sale type très longtemps et ça m'avait plu de me la jouer mauvaise mais aujourd'hui… Allez savoir, j'avais envie d'être le bon, j'avais envie de faire un effort pour lui, d'être celui qu'il voudrait que je sois. Je ne l'étais pas mais je pouvais toujours le prétendre. « J'ai glissé sur un livre, ça arrive. » Pensait-il réellement qu'il était crédible ? Enfin certes, des livres jalonnaient sa chambre. N'importe qui le prenait pour un branleur, pour un type qui n'avait rien d'autre à faire que de s'attirer des ennuis encore et encore, et qui ne devait certainement jamais ouvrir le moindre bouquin… Pourtant c'était un grand lecteur. Mais glisser sur l'un d'eux… Trop précieux.

dans le présent.
« Ça ne te fait rien ? » Nei jeta son chiffon sale dans le bol le plus proche pour fixer son esclave, les bras croisés. Comme d'habitude, Harley regardait par terre, gardant obstinément les yeux baissés. Il restait silencieux, immobile, comme une statue. « Non, je n'ai pas mal. » Elle savait très bien que c'était faux, elle voyait la douleur dans son regard si bizarre. Pourtant elle hocha la tête et s'installa sur l'un des tabourets en vieux bois, remisés dans la pièce fourre-tout où dormaient les deux esclaves de la famille. « Il y a quoi entre Varian et toi ? » Ce qu'elle adorait par-dessus tout, c'était voir le regard à moitié vide d'Harley briller étrangement quand elle prononçait le nom de Varian. Pour elle, Harley avait été l'esclave à problèmes acheté un an plus tôt à qui il avait fallu réapprendre les bonnes manières. Ça n'avait pas été long et elle avait vite trouvé en lui un garçon doux et docile, complètement débile une fois éteint, qui aurait fait n'importe quoi pour elle. Sauf mourir. Elle n'était pas certaine qu'il pourrait faire ça pour elle et ça l'ennuyait. L'autre esclave, une fille, ne l'intéressait pas : elle n'exécutait les ordres que par obligation , par ennui et parce qu'elle le devait pour avoir son repas du soir. Parce qu'elle le devait, voilà tout, et que c'était sa fonction dans la société d'Azgeda. Harley, c'était par conviction. Bien sûr, Nei savait que quelqu'un avait fait du bon boulot par le passé pour faire de lui ce qu'il était aujourd'hui, mais elle savait aussi qu'aujourd'hui, il était à elle. Il la défendrait par conviction, parce qu'il avait peur mais aussi parce que c'était son unique raison de vivre. Elle était le centre de son univers et elle adorait ça. Quelque part, elle aimait Harley. Et puis il y avait Varian, l'esclave de son amie. Elle savait que si elle le frappait, si elle l'obligeait, il lui dirait tout ce qu'elle voudrait savoir, y compris les détails les plus sordides... Et pourtant elle sentait aussi de la résistance. Avec Varian, Harley s'éloignait d'elle. « Dis-moi ce qu'il y a entre Varian et toi, Harley. » Comme chaque fois quand le nom de Varian entrait dans la conversation, Harley devenait bizarre. Pas bizarre comme il l'était au quotidien – trop direct, parfois même carrément idiot, trop soumis, trop malin – mais bizarre autrement. Il devenait plus humain et plus vivant. Je ne voulais pas parler de ça avec elle. Je voulais lui répondre parce que c'était une habitude : les questions de Nei attendaient forcément une réponse… Mais pas Varian, pas comme ça, pas lui. C'était déjà tellement le bazar dans ma tête, déjà tellement compliqué… Je voulais me contenter de la tranquille monotonie du quotidien mais maintenant... « J'ai une excellente idée ! Je pense que ça te plaira puisque tu ne réponds pas. » Pichenette sur l'oreille, elle l'embrassa sur la joue avant de lui montrer le torchon sale à nettoyer. « Tes affaires que je sache. Fallait pas te battre contre un loup. »

dans le passé.
« Varian ? » Harley regardait par un hublot l'espace infini. Parfois quand il y pensait, il avait le vertige. Sa mère se trouvait là, quelque part, complètement isolée… et morte. Même des années après, il sentait toujours un vide en lui, un petit trou toujours douloureux. Le garçon quitta le noir de la fenêtre pour jeter un rapide coup d’œil à Varian. « Tu ferais quoi si tu vivais sur Terre ? » Pour Harley, l'Arche était une prison. Il n'avait aucune idée de ce que c'était de vivre ailleurs mais il savait aussi qu'il ne pouvait pas échapper à cette vie ou à ces gens. Il était là, soumis à leurs règles, soumis à tout, obligé de cohabiter avec des personnes qu'il ne comprendrait jamais. « J'aimerais bien essayer moi. Je me sentirais moins seul peut-être. » Ou peut-être bien qu'il serait seul sur cette Terre inhabitable… Mais il préférait être seul avec lui-même qu'entouré de ces gens qu'il côtoyait chaque jour. La vraie solitude, ce n'était pas quand il restait des jours durant enfermé chez lui, non c'était lorsqu'il était au milieu des autres, encerclé par les autres qui ne l'aimeraient jamais. Il se réfugia dans la capuche de son sweat et se tourna de nouveau vers le hublot. Aujourd'hui, il ne voyait pas la Terre depuis celui-là mais aujourdhui, il faisait quelques confessions. Il n'était pas de ceux qui parlaient constamment de leur ressenti ou de leurs états d'âme. Avec Harley, tout allait toujours bien tant qu'il n'était pas en colère. Il ne disait rien ou il vous hurlait tout au visage. Les confessions au calme, c'était plus rare. Et oui, il se sentait emprisonné dans une solitude infinie. Tu sais combien tu comptes pour moi Varian ? Tu sais combien notre relation a changé ma vie ? Combien je me sens mieux ? Je rêve toujours d'ailleurs mais plus d'un ailleurs solitaire. Je veux un ailleurs avec toi, ainsi qu'un avenir. Je veux notre monde, pour nous deux, sans eux. À deux on est fantastique, tu sais ? À deux, on peut faire ce qu'on veut. On l'a déjà prouvé. À deux, nous sommes imbattables, intouchables. Je me sens intouchable en tout cas. Quand tu es là, je sais que rien ne peut arriver.

dans le présent.
La décharge de douleur le traversa de haut en bas lorsqu'elle lui asséna une claque sur le cou, sur les blessures toujours à vif causées par les griffes du loup. « Pardon... » souffla-t-il à mi-voix, sans même savoir pourquoi il pouvait bien s'excuser cette fois-ci. « Tu ne les salues pas ? Tu as oublié tes bonnes manières ? » À contre-coeur, Harley se força à jeter un coup d’œil fuyant à Aya puis Varian avant de regarder de nouveau le sol. « Je vous salue. » Nei leva les yeux au ciel. Ça faisait si mal de regarder dans les yeux, de soutenir le poids des regards… J'en avais perdu l'habitude et aujourd'hui j'en avais peur. C'était même physique, j'en étais presque incapable, au cas. Et puis Varian… Je ne voulais pas avoir à croiser son regard. Je l'avais fait des milliers de fois dans ma vie, avec des regards fiers, furieux… Amoureux… « Ça te dit toujours, Aya ? » Harley et Nei avaient croisé Aya et Varian dans une sorte de petite ruelle, dans le village. Harley fixait le sol sale et humide en attendant que ça passe sauf que visiblement, la rencontre n'était pas si fortuite que ça. Nei sourit avec ravissement à la réponse positive de son amie et elle se frotta les mains, au comble du ravissement. « Harley, je t'ordonne de gagner contre Varian. » Il resta planté sur place, incapable de comprendre ce qu'elle lui demandait. Perdu, je finis par croiser le regard de Varian et échangeai même un certain regard perplexe avec lui avant de le fuir de nouveau pour fixer Nei avec angoisse. Elle jubilait complètement. Elle le poussa d'une bourrade sèche vers Varian, l'envoyant trébucher aux pieds de son ex-petit-ami.


Dernière édition par Harley Weise le Mar 19 Sep - 23:06, édité 5 fois
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Varian Standall


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Inclement Earth

MessageSujet: Re: milli point two just to hurt you. (varian) Mar 12 Sep - 0:54

Long time ago.
« Harley... » soupira t-il. Est-ce que quelqu'un croyait encore à ses histoires de chutes malheureuses ? Franchement ? « C'est normal si ça pique. Je sais ce que je fais. » Il reposa quand même tout son attirail de l’apprenti infirmier et croisa les bras. Il ne voulait pas savoir qui lui avait flanqué son poing dans la figure, encore moins pour quel motif (seigneur, ils pouvaient être si nombreux avec Harley!), juste savoir s'il était… En tort ? « Ok, t'as glissé. » répliqua t-il en haussant les épaules. S'il voulait jouer à ça. Son visage se fendit pourtant d'un petit sourire tandis qu'il rebouchait sa bouteille de désinfectant. Honnêtement ? Jouer aux docteurs avec Harley Weiss était bien la dernière chose qu'il pensait faire il y avait encore un mois.

Aujourd'hui.
La mère d'Aya, sa mère terrienne, sa May d'ici, pencha la tête sur le côté et plissa les yeux. Elle avait fini d'examiner l'état de ses blessures. Après toutes ces années elle devait être celle, au sein du foyer, qui connaissait le mieux son état physique, où était ses faiblesses, ses blessures. Certainement pas l'autre. Au fond de la pièce Aya avait les bras croisés sur son torse et attendait que sa mère lui dise que l'esclave de la famille était à nouveau opérationnel. Qu’il soit blessé ne l'avait pas empêché de bosser, mais disons que la May bis avait su se montrer plus raisonnable sur la quantité des tâches qu'il avait à accomplir. Elle fixa quelques instants les cicatrices qu'avaient laissé les coups de griffes et de crocs du loup et soupira.

« Ne te frotte plus aux loups Varian. Rhabille toi, j'ai terminé. »

Un de ces fils pouffa dans le fond de la pièce et Varian se retint de grimacer. Un de ces jours il allait lui en coller une. À lui ou à un de ces frères. S'il tolérait Aya (parce qu'elle était mignonne avouons le, c'était juste pour ça), eux, il n'en pouvait plus. Ils étaient aussi bêtes que laids. Et ce n'était pas peu dire. Aya avait répliqué qu'il avait été très bête ce jour là face aux loups. Comme l'autre esclave. Et le père avait craint de voir Varian perdre encore la fonction d'un de ces membres. Un pouce, ça suffis avait-il dis. Pfft. Cela faisait trois ans que son pouce droit n'était plus fonctionnel, il faisait avec. Il n'avait juste rien trouvé à redire de plus. Et quelques minutes plus tard il se retrouva seul face à Aya, bien décidé à sortir aujourd'hui. Il n'aimait pas vraiment la voir comme ça, mais il n'y pouvait pas grand-chose. Elle avait son regard de "j'ai un sublime idée qui va te ravir au plus haut point tu vas voir" et il savait déjà qu'il allait passer la pire journée de sa semaine à peine commencé.

« J'espère que tu te sens mieux Varian. » avait-elle croassé en anglais.

Il haussa les épaules. Mieux mieux, c'était vite dit. Pourquoi, qu'avait-elle prévu encore ? Elle voulait courir un marathon avec lui ? Le faire repartir chasser ? Non, parce qu'il avait ses limites bien qu'il était toujours prêt à les repousser pour ne pas y passer.

« Toutes ces marques font de toi un homme, un vrai. »

Sans doute parce qu'avec son corps (qu'il avait toujours jugé très bien) d'avant il avait l'air d'être tout à fait autre chose ? Cependant il hocha la tête, comme en accord total avec Aya et le sourire de cette dernière s'agrandit un peu plus.

« Avec Nei, on a prévu un super jeu, tu vas voir ! »

Rien qu'à entendre ce prénom, il avait déjà envie de faire demi-tour. De fuir. Cette fille c'était le diable. Pas comme Aya, non, c'était un autre genre, pervers et méchant. Aya était juste méchante, grande différence. Et puis, si elle mentionnait Nei, sans doute sous entendait-elle que son esclave n'était pas loin, lui non plus. Ils ne s'étaient pas revus depuis leur rencontre avec Eliza. Aya s'arrêta dans une ruelle et lui attrapa la manche, lui intimant de faire autant. Je le sens pas. Je le sens pas. Alors que Varian mettait en sourdine son sixième sens, Nei et Harley débarquèrent. Et ce fut… Comme d'habitude. Une invasion de sentiment tous aussi étranges les uns que les autres devant ce Harley complètement soumis et vide qui leur disait bonjour de la manière la moins naturelle au monde. Varian marmonna un vague bonjour quant à lui mais, sans doute trop excité à l'idée de lui présenter son jeu, Aya sauta l'étape réprimande pour répondre à son amie.

« Pardon ? »

Avait-il mal entendu ? Harley trébucha à ses pieds, Varian se tourna vers Aya et lui jeta un regard un poil perplexe. Que voulait-elle ?

« Et moi je paris que Varian sera le meilleur. »

Alors c'était ça ? Elles voulaient qu'ils leur offre un peu beau spectacle tous les deux ? Aya lui tapota l'épaule (faute de pouvoir atteindre sa tête quand il était debout) comme pour le rassurer mais il ne s'y trompait pas. Elle était ravie. À l'intérieur, elle jubilait. Elle allait s'amuser. Et peut-être aussi parce que les yeux de Varian étaient un peu plus grands ouverts que d'habitude et que ses lèvres s'étaient mises à tremblés.

« Non je… Enfin... »
« Varian ! Fais moi honneur ! »

Hors de question. Frapper quelqu'un par derrière, il savait faire. Pour se défendre, aussi. Mais comme ça ? Pour le plaisir ? Pas encore.

Long time ago.
S'il posait les pieds sur terre ? Ce n'était pas vraiment son rêve, d'avantage celui de sa sœur cadette. Il avait rejoint Harley devant son hublot, se perdant à son tour dans une sorte de contemplation étrange devant cet espace infini. Eux, et plus loin, la terre. Moi je ne me sens pas seul. C'était facile pour lui de dire ça. La vie sur l'Arche lui réussissait plutôt bien. En même temps, il n'avait jamais connu rien d'autre. « J'me trouverais un coin tranquille. Le genre d'endroit qui fait rêver, où personne ne viendrait me faire chier. Avec ma sœur, je l’emmènerais avec moi. » Il pencha la tête, soudain pensif. Au fond, c'était pas bête comme question ça. C'était une interrogation de rêveur, jamais ils ne mettraient les pieds sur terre. « Un p'tit village au bord de la mer. La mer, ou l'océan. Un endroit où il fait chaud, je suis sûr que j'aimerais ça. » Sa peau pâle comme jamais un peu moins mais bon. « Et avec mon petit ami. Je suis sûr que la vie serait géniale. »
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Harley Weise


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Inclement Earth

MessageSujet: Re: milli point two just to hurt you. (varian) Mar 12 Sep - 23:53

dans le passé.
Harley s'arrêta soudain au beau milieu de sa ronde infernale, effleurant la griffure du bout des doigts. Ce sale con, je ne le connaissais même pas et il m'avait attrapé par derrière, m'étranglant à moitié, juste là, au beau milieu d'un des couloirs de l'Arche. Et personne n'avait rien fait. Je serrai le poing, à nouveau prêt à traverser toute la station s'il le fallait pour qu'on s'explique. Et personne n'avait rien fait. Beaucoup avait regardé ailleurs, comme si de rien n'était, comme si voir un type en fracasser un autre était tout à fait silencieux et invisible. Certains avaient regardé sans bouger, presque les mains dans les poches. Et puis quelques autres, des gens vivants proche de chez lui et le connaissait, avaient approuvé. Mais oui, applaudissez le courageux type qui me frappe par derrière ! Après tout, ce n'est que Harley Weise qu'on tabasse, ce n'est pas grave. Qui pourrait bien pleurer pour lui, hein ? Qui ? Il avait conscience de faire de l’auto-apitoiement mental mais au moins il restait planté là plutôt que d'aller foutre son poing dans la gueule de l'autre. D'un autre côté, il s'était senti blessé par l'indifférence générale, voire le sentiment absurde qu'ils étaient heureux que quelqu'un ose enfin lui refaire le portrait. « Pourquoi personne ne te frappe, toi ? Tu vaux pas mieux que moi en vrai. » C'était faux : bien sûr que Varian valait cent fois mieux que moi. Il n'était pas impulsif, il ne cherchait pas à foutre la merde partout, il n'était pas narquois ou mauvais. Il savait être cruel parfois mais ça s'enlevait rien à sa personne. Mais ça me soulageait sans doute de tout rejeter sur lui, d'en faire un sale type à mon image. Ou peut-être que j'entrevoyais déjà le futur, celui-là même où il me rejetterait malgré toutes nos belles promesses et nos jolies paroles. Tu vois Varian ? Tu ne vaux pas mieux que moi, n'est-ce pas ? Tu es peut-être même pire. On peut tout me mettre sur le dos mais je tiens parole si je le peux. Et toi ?

dans le présent.
Planté sur place, Harley dévisagea Varian sans trop comprendre la situation. Que je sois le meilleur ? Meilleur que Varian ? Je… Peut-être qu'il s'agissait encore d'aller chercher les oiseaux. Nei n'arrêtait plus de parler de son stupide piaf, que j'étais trop méchant pour réellement vouloir lui faire plaisir, et trop mauvais pour parvenir à obéir. C'était sans doute ça : une course à l'oiseau. Soudain empli d'une pleine bonne volonté, Harley se tourna vers Nei et lui attrapa la main dans la foulée, dans un geste irréfléchi. « Je vais ramener l'oiseau, promis ! » La jeune fille le regarda un instant, complètement interloquée.

L'oiseau ? De quoi il parlait encore celui-là ? Harley, c'était mon esclave, mon garçon, mais parfois il pouvait se montrer incroyablement bête. Ou illogique. Voire les deux à la fois.

Nei leva les yeux au ciel avant d'asséner une gifle magistrale qui claqua sèchement. « Redescends débile, tu débloques. Je te le donne en clair : dégomme Varian, bats-le, et t'auras à manger ce soir. Ça te va mieux comme ça ? Putain que t'es con. » Putain j'étais excédée. Et honteuse. J'avais parié sur lui, sur Harley, en prétendant posséder un esclave formidable qui m'obéissait au doigt et à l’œil. Et il choisissait aujourd'hui, juste là, pour sortir des âneries avec un sourire candide. Devant Aya. Harley porta lentement une main à sa joue, le coin  de sa bouche se tordant brièvement en un rictus bizarre. Puis il regarda Varian. Je… Il appuya sur ses tempes avec les poings, incapable de réfléchir. J-je ne voulais pas faire ça, pas comme ça, pas pour… Je regardai ma main droite, celle qui l'avait déjà frappé un jour. Je serrai les doigts, tremblant. « Aller, bouge-toi putain. » Bourrade sur l'épaule, il esquissa un pas en s'emmêlant les pieds. « Je… Non... » Et pourtant il avait déjà fait un autre pas en direction de Varian, vaincu par la peur de Nei. Mais Varian… « Bouge ton cul, crétin ! » S'il te plaît Varian, s'il te plaît, bats-toi à la loyale, pas avec des mots. Utilise tes poings, bats-toi, bats-moi. Je ne veux pas gagner, et je ne veux même pas commencer. Pas comme ça, pas pour ça. Tu me connais, si je commence… J'ai pas le contrôle Varian, et la Terre n'a pas changé ça parce que c'est juste moi. Hier ou aujourd'hui, je suis comme ça. Refais-moi le portrait Varian, ce n'est pas grave, Nei le fait bien tous les jours. Mais s'il te plaît, ne me laisse pas te frapper. J'ai promis, rappelle-toi… Mais avec toutes ces promesses, combien en avons-nous démoli d'un coup de pied depuis que nous sommes sur Terre ? Une de plus, une de moins… Et puis tu sais, j'ai peur Varian. De toi, de moi, de Nei, de demain… Alors juste, fais quelque chose. Aide-moi. Ne me laisse pas tout seul avec ça, ne me laisse pas la responsabilité de prendre la décision. Ils se regardaient toujours en chiens de faïence mais sous les cris frénétiques et angoissants de Nei, il mit son cerveau en pause pour sa sauvegarde. C'était aussi facile que ça, faire taire l'émotionnel par l'angoisse la plus complète. Il frappa d'un geste naturel, qu'il connaissait bien pour l'avoir fait des milliers de fois sur l'Arche puis à son arrivée sur Terre. Il frappa, parce que c'était tout ce qu'il savait faire. Tu vois, tu me laisses. Encore...

dans le passé.
Harley médita les paroles de Varian quelques instants, le regard perdu dans les étoiles. Peut-être que c'était une question de rêveur, mais Harley en était un. Il rêvait d'un autre monde, d'une autre vie et d'un autre lui. Il rêvait d'être bien, avec les bonnes personnes. Il rêvait beaucoup pour échapper à l'Arche et à ses proches, pour s'échapper de lui-même. Les rêves, il pouvait les contrôler alors que de lui-même… Il n'avait rien. Il agissait pour le regretter ensuite, pour se dire « et si... ». « J'aimerais bien voir la mer. Et le vent, le vrai vent. La terre, la boue… Ça doit faire des sensations… particulières. » Il s'interrompit à nouveau. « Mais je voudrais vivre avec toi. Je suis sûr que tu détesterais vivre avec moi mais... » Mais moi, j'aimerais pouvoir te toucher tous les jours, sans avoir à se cacher. J'aimerais pouvoir t'embrasser au milieu des feuilles et de la forêt. J'aimerais qu'on puisse se tenir la main sans que tu en ais honte, te toucher devant quelqu'un sans que tu n'inventes un prétexte. J'aimerai tout ça, mais toi ? Pas ici, je l'ai compris. Ici, tu ne m'aimeras jamais dans la réalité. Ici, ce sont juste des moments d'amour qu'on vole chaque jour, en coups de vent, quand tes parents sont absents ou mon père encore occupé quelque part. Ici, on s'aime dans ma chambre ou dans la tienne et puis dehors, c'est l'indifférence totale. On joue une autre vie. Tu n'en as jamais marre toi ? Tu n'as pas envie de le hurler au monde, de leur dire d'aller se faire foutre ? De leur dire que ouais, tu m'aimes moi ? Moi j'aimerais bien pouvoir dire que je t'aime. J'aimerais voir leurs visages ébahis et scandalisés. Mais non. Alors on le dit aux coussins de ta chambre et aux livres de la mienne. Dans les livres, ils finissent toujours par s'aimer au grand jour. Mais nous ? Où est le happy end ?
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Varian Standall


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MessageSujet: Re: milli point two just to hurt you. (varian) Mer 13 Sep - 10:04

« Non, non Aya... »

Harley avait l'air tendu lui aussi. Comment en pas l'être ? Il était peut-être différent ici, sur terre, mais Varian ne doutait pas de ces capacités à le démolir s'il le souhaitait. La bagarre, ça n'avait jamais été pour lui bon sang ! Merde Varian, trouve comment répliquer ! Utilise les mots, utilise ta langue de vipère pour faire changer les choses. Joue le connard. Fais quelque chose. Sauve sa ta peau avant que… Le poing d'Harley s'écrasa sur sa figure et Varian trébucha, recula de quelques pas surpris. Non. Non non non. S'il y a une putain de divinité sur cette terre, qu'elle me sorte de cette merde profonde.  Il vit du coin de l'oeil Aya donner un coup de coude joyeux à sa super copine avant d'applaudir. Comme s'il allait répliquer. Fais quelque chose de tes mains. Elles tremblaient ses mains. Il regarda à nouveau Harley, le regard sombre et brandit ses poings en avant. Et maintenant. Comment tu fais toi, hein ? Imagine que c'est un monstre. Ça, c'était facile. Il avait passé des années à le haïr, à le voir comme le pire des monstres, à vouloir qu'il dégage dans l'espace comme sa putain de dégénéré de mère. Il balança un coup avant de s'arrêter avec stupeur. Mon garçon n'en aurait jamais frappé un autre. Jamais. La voix de sa mère, éteinte depuis des années refit surface. Au prochain coup d'Harley, il tomba à genoux.

Bah vas-y, fais toi plaisir. Savais-tu au combien tu étais pitoyable Varian à présent ? Ne pouvais tu pas mettre ton cerveau sur off deux minutes ? Étais-ce trop te demander ? Sans doute, après toute ses années, il ne fallait pas chercher plus loin.

Long time ago.
« Aïe, ça fais mal ça voisin. » Il ne releva pas tout de suite la tête, fronça les sourcils un poil vexé. Non, en fait l l'était vraiment mais tâchait de ne pas le montrer. Lui ? Pas si différent qu'Harley ? Ils étaient la définition même du mot différence. Non, lui il était gentil, poli et souriant en plus d'être brillant. C'était sa mère qui le lui disait et Varian était fier de remplir ce rôle. Ça lui collait à la peau, pour son plus grand plaisir. « Peut-être parce que je passe pas mon temps à chercher la merde ? Tu devrais essayer parfois, la vie est plus simple. » Et peut-être que les gens assumeraient d'être avec toi aussi… pensa t-il. « Puis ça t'éviterais… tu sais, de revenir couvert de bleus en permanence. » Il posa sa bouteille de désinfectant et croisa les bras. Il comptait lui balancer des phrases vexantes encore longtemps ou il avait fini de s’apitoyer sur son sort ? Patience Varian, soit sympa, il s'est fait taper dessus. Fais un truc gentil. « C'était qui ? Il a commencé ? » Non Varian, pas ça. Pas de vengeance en douce. Mais si, c'était une très bonne idée. Lui, personne ne le soupçonnait jamais. Varian était sage comme une image et mieux que tout, il était doué pour paraître innocent aux yeux de tous.

Aujourd'hui.
Aller, frappe. Encore et encore. C'est le destin. La vie. Et la vie est une pute. Frappe Harley, tu ne sais faire que ça. Alors j'vais te faciliter la tâche, ok ? Si tu vise le visage, c'est 100 points. Alors vise bien. Et tu vas les faire rire toutes les deux.


Où était passé le fier Varian ? Le charismatique Varian ? Pas ici en tout cas. Disparu. Aujourd'hui même s'il avait essayé à plusieurs reprises de se persuader du contraire il ne restait plus que des miettes du Varian qui vivait autrefois sur l'Arche. Aujourd'hui il était allongé sur le sol de la planète terre, le visage rouge, couvert de son propre sang et peinait pour battre des cils. Et il n'arrivait plus à retenir ces larmes. Il avait l'impression d'avoir beaucoup trop pleuré ces derniers temps. Lui qui ne lâchait jamais une larme. Il souffrait comme jamais il n'avait souffert. Le loup de l'autre jour ? Ce n'était rien. Rien comparé à son ex petit ami qui l'avait battu, frappé, violenté et lui se laissant faire. Croulant sous ses coups. Laissant son sang poisseux et collant s'échapper sans rien dire. Le visage d'Aya était penché au dessus du siens et il voyait ses lèvres remuer, mais sans l'entendre. Sans doute lui hurlait-elle de continuer, de se battre pour de bon, comme un homme, d'aller de l'avant. Mais elle pouvait rêver.  Il en était incapable. Et elle avait aussi cet air embêté sur le visage, parce qu'elle savait qu'elle avait fait la connerie de trop. Ses parents n'allaient pas être ravis. Ramener leur esclave, si utile, en miette. Elle avait beau clamer le contraire, il appartenait avant tout à sa mère. Aya avait le droit de faire tout ce qu'elle voulait de lui, mais certainement pas le ramener non-fonctionnel à la maison. Et ça, il le savait. Tu vois Varian, il reste une petite part du vrai toi… Tout n'est pas partis.

« Relève toi Varian ! »

Ça, il ne pouvait pas. Harley avait gagné.  Y avait-il de la frustration dans sa voix ?  

« Je te hais. »

Les mots lui avait échappé et le visage d'Aya se durcit. Elle lui chopa les joues entres ses doigts noueux et fronça les sourcils.

« Je croyais que tu ferais ça pour moi Varian. Parce tu m'aimes bien. Que je t'attire. » 

Peut-être que oui, autrefois. Quand il cherchait à oublier son ancienne vie. Mais là, elle pouvait toujours rêver. Il avait de l'attachement pour elle, mais plus le même qu'avant. Elle lui lâcha le visage, et regarda ses doigts couvert de sang, écœuré. J'espère que t'as été fière de moi maman. Juste un coup.  

« Je veux mourir. »
« Dis pas de bêtise. »
« ... »
« Varian ? »

Elle essaya de le relever, en vain. Oui il avait envie d'en finir, il n'était pas du genre à balancer des phrases en l'air. Mais aujourd'hui, s'en était trop. Il ne pouvait pas continuer. Harley l'avait battu, blessé. Lui qui n'avait jamais osé porter la main sur lui. L'espoir qu'il gardait pour lui, qu'Harley ne soit pas totalement mort intérieurement… Il n'était plus là. Et si Aya avait décidé de lui infliger sa compagnie…

« Nei… »

Oh, elle était confuse, embêté. Mais même là il n'arrivait pas à jubiler intérieurement. Qu'allait-elle faire, hein ? Elle marmonna quelques trucs à propos de sa forme, de sa défaite, de sa future punition pour ne pas avoir bouger. Mais Aya savait que bien pire l'attendait à la maison si Varian racontait tout. Pauvre choute. Tu n'es qu'une sous merde ici Varian. Oui, mais je leur sert. Et ça, ils savent le reconnaître, pensa t-il.

Long time ago.
« Je n'imaginais pas cette vie là-bas sans toi Harley. » Vivre avec Harley. Il était peut-être trop jeune et pas assez adulte pour penser à ce que cela pouvait faire. Mais il était persuadé que la vie serait géniale. Pas comme ici, différente. En bas… en bas ils seraient tranquille, ils pouvaient fuir sa réputation, arrêter tous leurs trucs illégaux pour devenir des personnes totalement différentes. « Et ne redis plus des trucs comme ça. Parce que c'est faux. » Il l'entraîna dans ses bras et le serra longuement contre lui. Vivre avec Harley à la plage. Drôle de rêve. Mais maintenant qu'il avait cette image en tête, il n'allait plus arrêter d'y songer. Parfois c'était beau de rêver.

Aujourd'hui.
« Harley ? »

Aya était toujours en grande discussion avec Nei (elle riait, était-elle en train de faire le récap de la pire bagarre de l'univers) et Varian… Varian attendait. Quoi, il n'en savait rien exactement.

« T'aurais du frapper plus fort. »

Et mettre le coup de trop, le coup bien placé. Parce qu'il refusait de se relever après ça. Pas pour subir cette humiliation, parce qu'il savait qu'il allait devoir le revoir encore et encore après aujourd'hui. Qu'Aya allait lui rappeler chaque jour que son copain esclave l'avait battu. Qu'il n'était rien. Il avait attrapé la main de son partenaire en soupirant. Elles avaient beau être brûlés et couvertes de sang, il arrivait à l'imaginer. Cette sensation de le toucher, lui. Sa main dans sa sienne. Il avait beau tenté d'oublier, il n'avait pas pu. Regarde moi Harley. Je t'en supplie regarde moi. Aya éclata de rire, non loin d'eux. Emporte moi loin d'ici. Allons à la plage Harley.


Dernière édition par Varian Standall le Jeu 14 Sep - 17:51, édité 1 fois
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Harley Weise


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MessageSujet: Re: milli point two just to hurt you. (varian) Mer 13 Sep - 22:58

dans le passé.
C'était à son tour de se sentir vexé. Harley croisa les bras, agitant machinalement la jambe dans un geste compulsif. Cette conversation le mettait mal à l'aise. Il ne cherchait pas la merde, il cherchait… Qu'est-ce que je cherchais d'ailleurs ? Qu'est-ce qui me faisait me lever le matin ? Rien. Je n'avais envie de rien de ce que la vie pouvait m'offrir. Je n'avais voulu que deux choses dans ma vie : ma mère, et l'attention de Varian. Pour la première, c'était fini pour toujours, il n'y avait aucun espoir. Pour la seconde, je l'avais finalement obtenue, sans trop savoir comment. Et maintenant ? Alors c'était ça, je n'avais plus rien, plus d'objectifs, plus d'avenir ? Un brin de tristesse passa dans le regard d'Harley, qu'il chassa bien vite avec un sourire suffisant. « J'y peux rien, les gens me détestent, c'est comme ça. Je suis trop parfait pour eux sans doute, ils sont jaloux. » C'est ça Harley, parle, vante-toi, tu n'en penses pas un mot. Les gens te détestent pour ce que tu es : un petit con violent et prétentieux, sans limite, empli d'orgueil et de fierté. Mais oui, défends-toi, fais comme si tu ne savais pas, comme si ça ne te touchait pas. Joue les cœurs de pierre, fais bien illusion pauvre con. Harley jeta un regard bizarre à Varian devant ses questions. « Tu vois que tu vaux pas mieux que moi dans le fond. » Il se frotta les yeux, le corps toujours plein d'adrénaline, prêt à bouger, courir, taper. « Moi je tape, je suis direct, je suis honnête. Et toi ? » Ça sonnait comme une attaque et peut-être que c'en était une. Pourquoi les gens adoraient-ils Varian ? Il se cachait derrière sa gentillesse, jouait sur son aspect de monsieur-parfait. Et toi tu te plantes derrière une belle façade, tu te planques dans ton château fort et tu fais comme si rien de pouvait t'atteindre, Harley. Et Varian… Tss, parle toujours, c'est une belle flippette Varian. Hein Varian, que tu as peur de tout ? Tu te bats à coups de mots et tu te donnes des airs à ne pas y toucher, tu attaque par derrière, tu fais comme si tu n'avais rien à te reprocher… D'ailleurs, tu y crois à ça. Tu es persuadé que tu n'as rien à te reprocher. Alors tu me reproches à moi, parce que c'est plus facile et que parfois tu as raison.

dans le présent.
Le souffle court, tu essuies une goutte de sueur sur ton visage, traçant un masque de sang sur ta joue. Alors c'est ça que tu es, Harley ? L'esclave qui se pisse dessus devant le maître en arrive à de telle extrémités ? C'est ce dont tu es capable ? Frapper, frapper, démolir, détruire ? Mmh. Tu n'as toujours été bon qu'à tout détruire de toute façon. Ta mère, Kimi, Varian, toi…

Nei hurlait toujours, l'encourageant par des cris sauvages de victoire qui l'incitait malgré lui à frapper encore. Son corps obéissait sans qu'il ait réellement son mot à dire. Le visage, plusieurs fois, le ventre pour le faire tomber à genoux. Il était à ses pieds, là dans la terre. À ses pieds à lui. Harley lui tomba dessus encore pour frapper. Les dents, les yeux, le nez, les bras… Tu le méritais tellement Varian, tellement… Tu te souviens d'avant ? De tout ce qu'on s'était dit ? De tout ce que tu m'avais dit ? Et aujourd'hui, qu'est-ce qui l'en reste ? Rien. Des cendres. Tu ne veux pas de moi alors tu brûles tout ce qui faisait nous. Et puis tu te caches. Mais tu ne sais faire que ça : te cacher. Te planquer parce que tu n'as pas assez de couilles pour oser affronter le reste. Moi j'ai combattu le monde. J'ai perdu, mais je me suis défendu avant. Et toi ? Toi tu n'as rien fait, et tu ne fais encore rien. Rien pour toi, rien pour moi… C'était toute l'importance que tu m'accordais ? Juste ça ? Juste un « Ah tiens, revoilà Harley Weise, comment me débarrasser de lui au plus vite ? » ? Aouch, touché, ça fait mal… Prends ma vengeance dans ta gueule Varian, puisque je ne sais que taper. Tiens, souffre. Et meurs. Je ne t'ai jamais touché mais sais-tu combien de fois j'y ai pensé ? Combien de fois j'ai serré les dents et cogné les murs plutôt que de te cogner toi ? Combien de fois j'ai songé à te démolir ta petite gueule d'ange au sourire de faux-cul ? Combien, combien, combien ? Non, t'en sais rien, parce que t'es un putain d'égoïste et que tu t'en branles. Alors tiens, je t'offre tout ça aujourd'hui, toute ma colère de t'avoir perdu, de t'avoir tué, puis de t'avoir retrouvé pour te perdre à nouveau. À moins que ce soit toi qui m'ait perdu… Quelle importance ? Tiens, souffre. Souffre à cause de moi, ça nous changera des habitudes. Avant, c'était toi qui me faisais si mal mais aujourd'hui, je me mets en pause. Aller, bye.

« Stop, stop, STOP ! » Il hurlait tout seul, serrant les poings et fermant les yeux de toutes ses forces. J-je... Harley regarda ses mains tremblantes, complètement paniqué. À quel moment il avait commencé ? À quel moment s'était-il perdu ? Comme ça ? Tu l'as fait. Tu l'as frappé, et puis encore, et encore. Et une fois de plus. Toi, Harley Weise, tu as levé la main sur Varian Standall jusqu'à t'oublier. Et ce n'était plus à cause des ordres de Nei. « Harley ? Tu aurais dû frapper plus fort. » Un gémissement aigu lui échappa, suivi de sanglots de plus en plus forts, et il resta là à fixer Varian sans vraiment le voir.

Incrédule, Nei regarda Harley fondre en larmes sous ses yeux, se balançant comme un débile en se serrant lui-même. Elle n'avait jamais vu Harley pleurer. Ou sourire. Elle l'avait vu avec un regard de chien battu, elle l'avait vu effrayé, elle l'avait même vu vaguement énervé. Des émotions primaires. Mais pleurer comme ça, même à elle, ça lui fit un effet bizarre. C'était quoi ça, Harley ? Qu'est-ce que tu me faisais ? C'était qui ce type pour toi, ce type qui t'éloignait de moi, qui ne cesser de causer des réponses étranges chez toi ? Tu étais à moi, tu étais mon doux et tendre Harley, mon chien, mon serviteur. C'était moi le centre de ton univers, moi, ta maîtresse, ton unique préoccupation. Tu combattais pour moi, et tu l'avais fait avec brio jusqu'à… ça. Pourquoi? Nei ricana aux paroles d'Aya – pourtant elle avait vu son expression angoissée puis énervée quand Varian n'avait pas bougé d'un pouce face à son adversaire – et répondit par automatisme, balançant quelques phrases au pif sur les coups parfaits d'Harley et se vantant de la qualité de son esclave. Pourquoi tu frappais comme ça, Harley ? Tu étais un soumis et un peureux, une tapette, un grand timide stupide qui fuyait le moindre conflit en s'applatissant sur le sol. Alors pourquoi tes coups étaient si précis, si mesurés ? Destinés à faire mal, à briser, à gagner… Tu m'avais caché ça, Harley, et ça me plaisait autant que ça m'effrayait. Je voulais en voir plus. Pris d'un accès de fureur, Nei rejoignit Harley en trois grandes enjambées et le poussa contre Varian avant de le gifler une fois de plus avec toute la violence qui l'habitait tous les jours. « Pour ne pas m'avoir défendue toutes les autres fois. »

Et maintenant tu pleures. Pourquoi tu pleures, Harley ? Arrête ça, c'est affreux, c'est plein de douleur et de peine, plein de tout ce que tu as gardé depuis que tu es sur Terre. Chut, arrête de pleurer, tu ne pleures jamais… Non, moi, Harley Weise, je ne pleure jamais. Mais aujourd'hui, juste à côté de Varian, je ne peux plus m'arrêter. J'ai le sang de Varian sur mes doigts, tu comprends ?

Toujours secoué par ses pleurs presque silencieux, Harley leva un doigt et effleura le visage de Varian d'un geste doux, presque romantique. « Je suis tellement désolé... » murmura-t-il dans un sanglot, juste assez fort pour qu'il l'entende.

dans le passé.
« Je suis tellement désolée... » Harley se dégagea de l'étreinte de sa mère, à la fois furieux et choqué. Ce n'était pas la première fois qu'elle levait la main sur lui, et certainement pas la dernière, et avec tout son amour de gamin pour sa maman, il lui pardonnait toujours. Même si ça prenait chaque fois un peu plus de temps. Le garçonnet esquiva la main de madame Weise qui tentait de le rattraper vainement, et fuit dans le couloir du quartier. Normalement, il n'avait pas le droit de sortir seul de l'appartement mais il savait aussi qu'il était toujours plus sauf dehors, loin des crises de colère de sa mère. Au coin du couloir, après la porte des voisins, il tomba nez-à-nez sur Varian Standall et sa propre mère.
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MessageSujet: Re: milli point two just to hurt you. (varian) Mer 13 Sep - 23:53


Long time ago.
Jaloux d'Harley. C'était nouveau ça tient. Varian leva un sourcil, amusé. D'un point de vu strictement physique, d'accord, les gens pouvaient complexer. Mais pour le reste ? Personne ne voulait la vie du jeune Weiss. Lui même n'en aurait pas voulu. Jamais Varian n'aurait troqué sa vie, sa routine, son caractère pour le siens. « Encore touché. Décidément, tu t'arrêtes plus. Tu comptes me psychanalyser voisin ? » Il n'avait pas vraiment répondu à sa question. Au fond, il cherchait encore ses mots. Les bons mots, ceux qu'il ne regretterait pas. « Je le suis, d'une manière différente. C'est tout. » Il ponctua le tout d'un haussement des épaules. Et il assumait. Il avait toujours pleinement assumé la personne qu'il était. On pouvait le traiter d'égoïste (si seulement des gens y avait déjà pensé) qu'il se contenterait de sourire. Il se foutait pas mal de ça ; d'être arrogant. Au fond le plus important était qu'il savait faire semblant et se contenir quand il le fallait. N'était-ce pas le plus important ? « Chacun à ses défauts. J'en ai un tas, je suis déjà au courant. » Et au fond, Varian se persuadait chaque jour un peu plus qu'il savait contrôler tout ça. La bonne et la moins bonnes part de sa personne.

Aujourd'hui.
Maman va venir me soigner. May. Ou l'autre May. Elle me soignera. Parce que je suis utile, elle va me soigner… Tu parles. Il sentait Harley secoué par quelques sanglots à ses côtés et Varian.. N'était plus vraiment en état de penser quoi que se soit. Il avait envie de faire un millier de chose en cet instant précis. D'abord d'insulter Aya comme il savait si bien le faire en silence. De la traiter de tous les noms. Mais ces mots de tout à l'heure avaient déjà fais leur effet, elle était mal à l'aise. Et il avait envie de se pendre parce qu'il ne pouvait pas profiter dignement de ce spectacle unique : Aya qui ne savait plus où se mettre, presque morte de honte. Après il y avait l'autre fille. Elle il ne rêvait que d'une chose, lui arracher la langue. Et de lui couper les mains. Lui faire un tas de chose atroce. Tu délire Varian. Tu en serais incapable. Tu parles. Tu parles si j'en suis incapable. Autrefois je n'aurais jamais imaginé pensé à de telles choses. Aujourd'hui, c'est devenu très simple. Et puis il y avait le troisième facteur. Harley. Là c'était la confusion la plus totale.

« Bon tou... »

Il peinait à articuler. Il avait bien visé ce con. Lui avait-il pété une dent ou… ? Déjà il pouvait dire adieu à son nez parfait.

« B-bon toutou. Il a-a b-bien ffra-frappé... »

Pourquoi tu es si méchant Varian ? Il capta ses doigts et attira sa main contre lui. Avait-il seulement la force de continuer à cracher son venin ? À peine. Mais il avait entendus les mots d'Harley. Ils avaient résonné en lui. Désolé de l'avoir battu ? C'était le but du jeu pervers de sa maîtresse. Il n'avait fait que ce qu'il savait faire ici : lui obéir aveuglement.

Au fond, tu pouvais t'en reprocher des choses horribles aussi Varian. Tu l'avais bien assommé ors de vos retrouvailles. Peut-être. Mais jamais tu n'aurais osé lui faire ce qu'il t'a fais, et ça, tu le savais. Jamais tu n'aurais osé faire couler une seule goutte de son sang. Tu avais toujours voulu le voir heureux et maintenant ? Tu avais juste envie que le monde disparaisse autour de vous.

« M-moi au-aussi… Je suis dé-désolé. »

Sa narine gauche laissa échapper une bulle de sang qui éclata quand il renifla, bruyamment. Une nouvelle slave de goût amer et acide lui envahis la bouche et il manqua de tourner de l’œil quand il sentit quelque chose de dur juste là, sous sa langue. Bon sang, est-ce qu'il s’agissait d'une dent ? Il en pouvait pas le voir, mais Aya était en train de tourner en rond non loin d'eux, s'interrogeant à voix haute sur le comment du pourquoi elle allait expliquer ça à ses parents. Sur le comment il avait été plus malin qu'elle sur le coup. C'était sa seule consolation d'ailleurs. Varian ne ressemblait plus à rien avec son nez cassé, ses lèvres en piteux état, son œil droit amoché et sa molaire en moins, mais il avait battu Aya à son propre jeu. Prend ça dans ta gueule ma belle.

« Me quitte pas Har-ley... rest...reste. » souffla t-il tout bas.

Long time ago.
« Tu viens mon chéri ? » Varian fixa sa mère avec un regard noir dont lui seul avait la recette. « Oh, Varian, mon chéri, boude pas, cette fille ne mérite pas qu'on y prête attention. » Elle lui prit la main, lui passa une énième main dans les cheveux – qui lui plaqua ses cheveux blondinet sur le crâne – et l'entraîna dehors. Elle venait de le récupérer de chez une amie qui avait organisé un petit goûter. Elle était jolie cette fille. Elle avait le même âge que lui, des couettes blondes et de beaux yeux bleus. Et elle lui avait dis qu'elle préférait un autre gars,i Alors oui, Varian, huit ans, était vexé. Blessé. Il ne lui fallait pas grand-chose. Sa mère lui avait pourtant dit que tout cela n'était pas grave, il avait le temps pour trouver d'autre filles. Mais non. Il boudait sévèrement. « Mon chéri.. » Il décoiffa ses cheveux à nouveau et lui agrippa la main un peu plus fort. « Oula, attention ! Oh, Harley ! » Le visage de sa mère s'était fendue en un immense sourire et Varian leva les yeux au ciel. Elle était amie avec le père, le mari de l'autre dingue comme disait certains. Et elle semblait avoir de sa la sympathie pour le garçon. « On rentre maman ? » « Varian. » « Pardon. Bonjour Harley. » « Tu courrais où comme ça mon bonhomme ? » Oh non, pas ça… il tira un peu plus sur la main de sa mère mais elle était plus douée que lui à ce jeu là. Si Varian était un garçon impatient qui réclamait toujours l'attention de sa mère, elle savait parfaitement céder ou non aux caprices de son fils. « Tu veux venir à la maison ? Varian a un tout nouveau jeu super sur une console, vous pourriez y jouer ! » Il le savait, sa mère tentait de lui remonter le moral, mais là ? Il fixa ses chaussures sans trop savoir où regarder ailleurs et attendit patient que le voisin décline. Il n'allait pas venir, si ?
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Harley Weise


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MessageSujet: Re: milli point two just to hurt you. (varian) Sam 16 Sep - 0:02

dans le passé.
« Te psychanaliser ? Tiens, c'est une idée. P't-être que tu serais moins parfait après ça. Je suis sûr qu'il y en a de belles à déterrer à ton propos. » Harley croisa les bras et se balança sur sa chaise, refusant toujours de croiser le regard de Varian. Ce n'était pas vraiment une dispute mais la conversation était très loin d'être plaisante. « Au courant ? Si tu le dis... » Un silence s'installa dans la pièce pendant qu'Harley se rongeait les ongles. Tu étais vraiment sûr de connaître tous tes défauts ? Et même si c'était le cas, est-ce que tu faisais un effort ? Ou est-ce que toi, Varian Standall, te jugeais suffisamment parfait pour ne pas avoir à en faire ? Est-ce que tu savais à quel point c'était dur parfois d'être ton petit-ami ? Bien sûr c'était un secret d'état, personne n'était au courant de notre situation, mais sais-tu comme c'est difficile de te fréquenter au quotidien ? Je sais que tu n'es pas blanc comme neige, que personne ne l'est, mais… Je ne sais pas. Parfois, je t'aimais autant que je te détestais.

dans le présent.
Il se laissa faire quand Varian attira sa main contre lui. Il rêvait de se libérer, de ne pas se laisser capturer comme ça parce que c'était trop dur, mais il se laissa faire. Pourquoi es-tu si méchant, Varian ? Pourquoi est-ce que tu ne comprends pas ? Tu devrais savoir pourtant, après tout tu habites sur Terre, à Azgeda, toi aussi. Mais non. Tout semble toujours si facile avec toi, si évident, alors pourquoi ça ne l'est pas pour moi ? Pourquoi je suis toujours celui qui dérape, celui qui perd, celui qu'on bat ? Aujourd'hui c'est toi qui saigne mais c'est moi qui ait perdu. J'ai brisé une promesse tacite entre nous, j'ai franchi une ligne qui j'avais tracé avec soin et que j'avais toujours respecté. Aujourd'hui, j'ai définitivement perdu Harley. Tu comprends ça ? Tu comprends que je fais de mon mieux mais que ça ne marche jamais ? Que j'essaie réellement mais que je ne sais pas, je suis dans l'échec perpétuel ? Je voudrais te parler tu sais, je voudrais reprendre mes vieilles phrases si bien tournées et asséner deux ou trois choses, là, maintenant. Mais non. Rien ne me vient, et même si ça me traverse l'esprit, je ne le dis pas. Tu sais, Nei, au fond de moi je la déteste autant que je l'aime. Je pourrais la tuer ou lui sauver la vie… dans mes rêves. Dans la réalité, j'obéis et je ne sais même pas pourquoi. Alors oui, tu as raison, je suis son chien. Je suis son chien de garde et son chien de compagnie, son plus fidèle serviteur, à ses pieds, toute la journée. Elle m'appelle et j'accours, elle pleure et je la sauve, elle ordonne et j'exécute. Mais elle m'a pris chez elle, elle me donne à manger et, d'une certaine façon, une raison d'exister sur cette maudite planète. Et toi, qu'est-ce que tu as fait pour moi ? Tu m'as abandonné sur cette station. Et puis ici, tu m'as rejeté. J'ai vu comment tu m'as regardé plusieurs fois. Et pourtant... Nei cria son nom sèchement. La fin d'après-midi donnait au ciel des teintes orangées et le froid s'intensifiait. Pourtant, Harley se refusait à obéir ce soir. Elle était tout pour lui mais elle venait de le pousser à quelque chose qu'il n'aurait jamais imaginé faire. Même ici, sur cette planète. Harley, ici bas, c'était son nom de chien, d'esclave. C'était celui qu'on criait pour le voir accourir ou qu'on braillait avec mécontentement quand il avait fait quelque chose de mal. Et pourtant… « Harley ne t'a jamais quitté. Harley, c'est toujours moi. » glissa-t-il à mi-voix. Et c'était toujours Harley qui parlait. Un Harley différent, démoli et reconstruit autrement sur le sol terrestre, mais toujours Harley. « Harley ! » Nei réitéra son appel, avec agacement à présent. « Ramène ton cul, on rentre. »

Nei glissa un regard désolée à Aya. Leur petit jeu avait mal tourné cette après-midi, mais comment auraient-elles pu prévoir que ce stupide Varian ne répondrait pas aux attaques d'Harley ? Pourquoi tu n'accourais pas, Harley ? Je t'appelais pourtant et tu sais que tu dois répondre au premier appel. Deuxième, je sévis, troisième… Je n'ai jamais eu à t'appeler trois fois. Alors pourquoi tu ne viens pas ? Pourquoi tu le laisses te toucher ? Tu ne laisses jamais personne te toucher. Tu ne supportes pas les contacts ou la proximité. La dernière fois, tu as frappé notre autre esclave avec une violence rare lorsqu'elle a voulu t'enlacer. Tu t'isoles du monde. Mais lui, lui que tu as frappé encore et encore, lui que tu as cherché à tuer, tu le laisses te prendre la main ? C'est qui ce putain de mec pour toi Harley ? Hein, c'est qui ? Nei souffla bruyamment par le nez, excédée et se rapprocha d'Harley. « On rentre j'ai dit. Obéis. » Elle lui tordit une oreille.

Maintenant, dis-moi ce que je dois faire Varian ? C'est de ta faute ce qui arrive. Tu me demandes de rester, et je veux rester. Et Nei me demande de rentrer, et elle me fait mal. Alors qu'est-ce que je dois faire ? La défier ? Si tu me supplies de rester, je resterai. Promis. Enfin j'essaierai de rester. Tu sais, je voudrais me rouler en boule contre toi et pleurer, pleurer, pleurer. Je voudrais être juste avec toi et oublier. Te toucher partout pour être sûr que tu es bien là. D'un autre côté, j'aurais bien peur de te toucher comme ça. Hormis Nei, personne ne me touche jamais. Je ne veux pas, c'est toujours trop. Alors, je reste ?

quelques heures dans le futur.
Roulé en boule sur sa couche, tenant ses genoux contre lui, Harley regarda la pluie par la porte perpétuellement ouverte. Dans l'ombre à moins d'un mètre de lui, il sentait la présence de Luna, l'autre esclave de la famille. « Une fois, tu m'as frappé. » « Quoi ? » « Une fois, tu m'as frappé. » « Oui pas qu'une fois d'ailleurs. Et alors ? » « Varian m'a dit que j'aurais dû frapper plus fort aujourd'hui. Toi aussi tu aurais dû. Je serai peut-être mort. » Luna bougea dans l'ombre, sans doute pour le regarder. Qu'est-ce qui lui prenait à cet ahuri ? Je n'avais jamais rien compris à Harley, il était trop bizarre, trop imprévisible et surtout complètement illogique. Il ne me parlait pas – d'ailleurs il ne parlait quasiment jamais normalement, sauf à Nei – et se contentait parfois de me regarder pendant des heures le soir. « Pourquoi, tu voudrais être mort ? » « Nei pourrait me l'ordonner. » La jeune fille se passa une main sur le visage pour sortir complètement du demi-sommeil dans lequel elle était jusque là plongée. « N'attends pas d'ordre pour ça, c'est la seule liberté que tu as encore. » « Quoi ? » « Mourir. » Elle le poussa d'une main contre le mur avant de le lâcher précipitamment en le sentant se raidir, et lui jeta sa vieille couverture à carreaux bleus et verts. « Assez de philosophie pour ce soir, c'est trop compliqué pour toi de toute façon. Pionce au lieu de chercher à réfléchir. » Elle l'entendit se coucher et l'imita en levant les yeux au ciel, néanmoins perplexe.

dans le passé.
Le regard du garçonnet passa de la mère de Varian à Varian qui s'agrippait à elle. « 'Jour. » C'était ses voisins, juste dans l'appartement à côté du sien. Varian avait un an de plus que lui, et il ne l'aimait pas. Normal, Varian avait tout, y compris une super maman. Ma maman aussi est géniale, mais moins que la sienne. La mienne, elle est géniale parfois, et puis après elle se met en colère. Les autres aussi se mettent en colère, mais quand c'est maman, ça fait peur. Elle n'est plus vraiment là dans ces moments, et elle est capable de tout. Quand c'est comme ça, je me cache sous l'évier et puis j'attends. Parfois des heures. Et puis si c'est ma faute ou si je ne suis pas assez rapide, je m'en prends une. C'est comme ça qu'elle dit : « Tu veux t'en prendre une Harley ? ». Ou alors elle cherche où jeter sa colère et si je suis là, ça tombe sur moi. Ou sur Papa. Papa aussi elle le frappe mais lui il ne pleure pas, il la prend dans ses bras en murmurant des choses et il attend que ça passe. J'ai essayé pour voir et parfois ça marche et elle s'excuse. Je déteste ça quand elle s'excuse. Surtout quand j'ai mal à cause d'elle. Par réflexe, Harley porta la main à sa joue rouge vif et détourna le regard. Sa mère débarquerait-elle comme une folle s'il acceptait de jouer chez Varian ? D'ailleurs, il n'aimait pas Varian. Monsieur-parfait. « Je courrais… ailleurs. » Loin de la maison, qui lui faisait peur là tout de suite. Mais il n'aurait jamais rien dit à propos de sa maman, tout simplement parce qu'il avait honte d'elle parfois. Souvent. « Et euh, oui... » Il lança un regard provoquant à Varian, le mettant au défi de dire quoi que ce soit. D'un autre côté, chez Varian, il entrevoyait ça comme un refuge là tout de suite. Il adressa un grand sourire, quoi que toujours au bord des larmes, à madame Standall.
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MessageSujet: Re: milli point two just to hurt you. (varian) Sam 16 Sep - 11:25

Long time ago.
« Moins parfait ? » Il leva les yeux au ciel. Bon sang mais qu'est-ce qu'il voulait ? Si c'était le mettre en rogne il était à deux doigts de réussir. Ah moins que cela ne soit déjà fait. La colère elle montait toujours trop doucement chez Varian. « Je n'ai jamais prétendu être parfait. C'est ma mère qui me colle cette étiquette. » Il parlait rarement de sa mère avec lui. Varian aimait sa mère, même si certains de ces propos, tournures de phrases ou tonalités dans sa voix pouvaient laisser croire le contraire. Mais non, il l'aimait beaucoup, pas autant que Kimi et encore moins qu'Harley, mais il avait toujours eu pour elle un profond respect. « Si les gens sont suffisamment con pour penser que je suis blanc comme neige parce que je suis poli et discret, que veux-tu... » Il donna un petit coup de pied dans la chaise sur laquelle il se balançait pour capter son attention. « Mais crois pas que je vais m'excuser pour ça, Harley. » Et encore moins faire une annonce publique, oyé oyé, moi Varian Standall ait aussi des travers comme vous tous, quel scoop !

Aujourd'hui.
Harley ne t'a jamais quitté. Harley, c'est toujours moi. Serait-ce un sourire que tu venais d'esquisser ? Oui. Ou en tout cas, ça y ressemblait bien Varian. Tu n'avais pas souris franchement depuis combien de temps, hein ? Depuis combien de temps tu n'avais pas souris... Longtemps.

La voix de Nei le ramena sur terre en à peine quelques secondes. Il l'avait entendu se rapprocher et s'il avait pu froncer les sourcils sans avoir autant mal, il l'aurait probablement fait. Putain il ne l'avait pas raté. Il n'avait rien oublié de ces techniques de l'Arche pour mettre quelqu'un KO. Lui qui c'était toujours demandé comment les gens s'en sortaient après une violente altercation avec Harley... Il avait sa réponse. Mal.

« Va te faire empoutrer toi... »

Si Aya ne connaissait pas l'expression elle même, elle compris assez rapidement que ce que Varian venait de déballer dans un anglais trop parfait à ses yeux n'était pas gentil. Pas très correct dirons nous. Ni très classe. C'était du Varian quoi. Alors quoi, même complètement KO t'es capable de déballer des insanités ? Bravo. Elle se rua sur lui et dégagea Harley sans ménagement, lui hurlant de lâcher son esclave.

« Ça suffis ! Tu le lâches ! Et toi tu t'excuses ! Varian !»

Elle était rouge comme une tomate et rien que ça, ça valait tout l'or du monde. Bon sang, pourquoi li n'était pas au top de sa forme pour en profiter ? Au final il avait mal aux côtes, rire ne lui réussissait encore moins. Serre moi la main Harley. Serre la fort.

« Pourquoi tu ris ? Varian ! Varian ! Espèce de petit con ! »
«  J-Je peux pas bouger espèce d'écervelée. »

Ça non plus elle ne connaissait pas. Pauvre conne va. Tu sais quoi Varian, tu te raccroche à ce que tu sais le mieux faire, envoyer balader les gens. Mais tu savais qu'elle n'allait pas apprécier du tout. Tu lui avais appris l'anglais, tu connaissais ses limites et ça, elle le savait. Elle n'avait pas apprécié que tu insultes son amie, et que tu l'insulte elle... Tu allais passer un sale quart d'heure. Mais seulement une fois que ses parents lui auraient fait la moral en lui mettant la raclée du siècle. Et ça, tu en avait tellement hâte. Aya le secoua par les épaules, agacé, excédé, hurlant tout un tas d’obscénités à son tour et Varian se redressa, toujours assis malgré lui.

« Ex.Scu.Se.Toi.Tout.De.Suite.Varian. »
« P-pardon Harley. »
« Non ! Pas à lui, idiot ! »
« Ah. »
« A Nei. De suite. »
« Pardon Nélie. »

La claque qu'elle lui asséna à son tour fut monumentale. Jamais elle ne l'avait frappé aussi fort au visage. Il se plia en deux, de nouveau traversé par cette douleur insupportable. Ma mâchoire, ma  mâchoire... ma dent... Aya avait attrapé la main qui tenait celle d'Harley avait de lui en coller une nouvelle. Mal. Bon sang j'ai mal. Lâche pas ma main, lâche pas. Elle s'était mise à califourchon sur lui et lui en colla une nouvelle. Alors c'est ça, tu veux mon sang sur tes mains Aya ? Elle hurla à nouveau, des tas de trucs, mais il s'en foutait. Oui, il n'avait pas le droit d'insulter Nei, patati patata. Et il avait pas le droit de toucher Harley. Du seul œil qu'il avait encore d'ouvert il pleurait, encore et encore. Comme si elle en avait quelque chose à foutre. Bah vas-y Aya. Bute moi. C'est pas comme si les gens de ton peuple de sauvage trouverait ça dommage. Par contre, va expliquer ça à tes parents.

« Nei, je m'excuse pour Varian. Il est buté, il est pas comme ça normalement. »

Oui normalement il se contentait de la fermer parce qu'il n'avait pas envie de finir en pièce. Mais aujourd'hui ? Aujourd'hui son ex venait de le tabasser. Aujourd'hui c'était différent, une des personnes qu'il aimait le plus en ce monde était détruite, morte à ses côtés et avait son sang sur les doigts. Aujourd'hui il pleurait et Varian ne pleurait jamais. Aujourd'hui il avait insulté Aya et ça il ne l'avait fais qu'une seule fois, à ses débuts sur terre.

Long time ago.
« Oh, c'est parfait ! Aller vient Harley ! » Varian fronça les sourcils, un peu furieux. Il voulait pas jouer avec lui. Il était bien tout seul. Mais bon. C'était pour faire plaisir à sa mère. Ils entrèrent dans leur petit habitacle et sa mère se précipita dans leur cuisine pour dégoter un truc à manger qu'elle tandis à Harley. « Tu vas lui montrer ton jeu mon chéri ? » « Ouais. » Les mains dans les poches (et toujours agacé à cause du râteau qu'il s’était pris au goûté) il le guida jusqu'à sa chambre impeccablement rangée. Il avait déjà une chambre de grand Varian ? Il n'y avait jamais eu de dessin d'enfant sur ces murs, ils avaient toujours été vierges. Sa mère y avait bricolé de jolie étagères avec les matériaux qu'elle récupérait parfois après son boulot et les murs de sa chambre s'en étaient rapidement retrouvé entièrement tapissés. Dessus il y avait disposé ses livres (en grande partie) et quelques rares jouets ou gadgets qu'il aimait fabriquer avec des fils dentaires ou autre objets médicaux que s amère ramenait pour lui. Il attrapa le nouveau jeu en question et se tourna vers Harely. « T'as quoi sur la joue ? » Sa mère n'avait pas fait la remarquer, parce que May était douce et gentille avec les enfants, elle savait comment ne pas les brusquer. Mais Varian ? Il était aussi délicat qu'un éléphant dans une boutique de porcelaine.

Aujourd'hui.
« Aller Varian. »

Elle s'était penché vers lui, sa bouche à deux centimètres de son oreille. Attention Varian, elle t'a attrapé par le col. Ça veut dire que tu vas avoir le droit à un long discours.

« Je crois que tu peux me le dire maintenant, hein ? »

Lui dire quoi ? Il regardait toujours Harley, comme si la vision de son ex petit ami pouvait changer quelque chose à la situation. La vérité c'était que tu n'avais que lui à regarder. C'était la seule personne ici qui te faisait rester conscient. Et vivant. Sinon quoi, tu serais plus là Varian. Qui il était pour toi, tu te souviens ? La question qu'elle avait murmuré à son oreille le fit frémir. Encore. La première fois, lors de la chasse aux oiseaux, il avait esquivé la question et elle s'en était contenté. Mais là ? Mais là il n'avait qu'une envie, se foutre de sa gueule, encore et encore. Rire à s'en décoller les poumons même si cela lui faisait un mal de chien. Elle attendait sa réponse, elle avait encore pris son visage entre ses petites mains et patientait.

« Répond Varian. Alors. Harley ? »
« T-Tu sais... c'est... un peu comme... »

Non Varian. Non. Retiens toi. Par pitié. Ce qu'il en avait envie. D'être lui. Après s'être planqué depuis des années. Non Varian. Pas ça.

« Comme toi et Néli, h-hein... »

Aya ouvrit de grand yeux devant le geste obscène qu'il mima juste après, l'index et le majeur écartés, la langue tirée entre ses deux doigts. Bah quoi, elle ne connaissait pas ce genre de truc ici ? S'il se fiait à son visage, et toutes les expressions qui venaient de s'y succéder, si. Elle lui attrapa sa main brûlé (et manqua de lui choper sa langue au passage) qu'elle serra de toute ses forces, choquée, outrée, agacée, bref, tout le vocabulaire pouvait y passer. Oh ça va, il était réussi mon mime... quelle pudeur. J'peux en mimer d'autre des trucs comme ça, crois moi...

« Comment oses-tu... »

Bien sûr qu'il le savait. Elles étaient justes potes. Mais cela avait été plus fort que lui. Une fois de plus. Aya ne savait plus quoi penser. Était-il sérieux, pas sérieux. Son regard noir se porta alors sur Harley, puis sur Nei, l'air de dire « non mais tu as vu ce qu'il vient de faire ? ».

Long time ago.
« Harley ? » Varian n'était jamais rentré tout seul chez son voisin. Si Harley ne se gênait pas trop pour le faire chez lui, lui avait toujours eu plus de mal. Mais au bout de six mois, il avait enfin franchis le pas. « C'est Varian ! » Il traversa leur cabine, déserte – le père avait du partir bosser – et poussa la porte de sa chambre. « Salut voisin. » Bon, d'accord, il était passé totalement à l'improviste, ce qui ne lui ressemblait pas trop. C'était plus du Harley ça. Varian avait pour habitude de lui envoyer un tas de signaux avant. Au cas où. Avec le temps, ces signaux disparaîtraient. Il referma la porte doucement avant de le prendre dans ses bras. « Je t'ai apporté un truc. » Il lui tandis un petit paquet fais main (certes, ce n'était pas le plus beau paquet du monde mais passons). « C'est heu... hum. Pour nos six mois. Enfin, j'me suis dis que ça te plairais. » Parce que c'était aujourd'hui, que Varian avait presque cette date gravé dans sa tête depuis quelques semaines et qu'il n'avait pas voulu oublier. Pourtant il n'avait jamais été du genre romantique. Mais avec lui c'était complètement différent.
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Harley Weise


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MessageSujet: Re: milli point two just to hurt you. (varian) Dim 17 Sep - 0:02

dans le passé.
Les gens se révèlent dans l'adversité, pas dans la facilité. Harley ne savait pas pourquoi cette phrase lui venait à l'esprit mais elle le réconforta au milieu de cette conversation qu'il n'aurait pas dû démarrer. Sa mère lui avait glissé ses mots longtemps auparavant, après lui avoir lu l'histoire du soir. Encore petit, il lui avait demandé pour une des personnages du récit trahissait ses amis pour rejoindre l'ennemi alors qu'il savait bien que ce dernier faisait le mal. Elle lui avait alors répondu ça, en ajoutant ensuite que ces gens du quotidien, ancrés dans leur petite vie facile – ou moins facile, mais toujours habituelle – se cachaient derrière des masques et ne montraient jamais qui ils étaient réellement. On peut s'ignorer toute une vie soi-même, avait-elle dit pour conclure sa petite leçon de morale. Puis elle avait refermé le livre et lui avait souhaité bonne nuit en éteignant la lumière. Toi maman, je sais que tu étais dans l'adversité au quotidien. Tu étais une bonne personne touchée par quelque chose de pas facile. Moi à côté, j'ai un caractère facile et une patience infinie. Tu sais maman, moi je t'aimais parce que je savais qui tu étais réellement. Je savais que derrière la rage qui pouvait t'habiter, tu pouvais être quelqu'un d'extraordinaire. Toi tu étais comme ça, honnête, sincère et démonstrative. Tu sais, les autres sont juste comme toi, mais leur violence est intérieure ou verbale. Je ne sais pas ce qui est mieux ou pire, mais les mots peuvent tuer. D'ailleurs, ils t'ont tuée. Un jour quelqu'un a dit que tu devais mourir et tu es morte. Assassinée. Toi tu n'avais jamais tué personne, mais eux l'ont fait. Ils se sont donnés le droit de te prendre à nous. Aujourd'hui, tu es une arme contre moi. Les gens se servent de toi et du souvenir de l'imaginaire collectif pour me blesser. Toi tu me blessais avec tes poings mais la douleur ne restait jamais. Eux ils me touchent avec les mots et ça ne part plus jamais. Toi, tu étais parfaite. « Ma mère me disait que j'étais un idiot et un salaud. » Quand Varian donna un coup de pied léger dans sa chaise, il cessa de se balancer, restant en équilibre précaire sur deux pieds. « Tu as raison, on ne va pas s'excuser de ce que pensent les autres. » Tu te rends compte Varian ? Je crois que c'est la première fois que je te parle de ma mère. Ou que tu me dis quelque chose sur la tienne.

dans le présent.
Les yeux fermés mais le visage impassible, il sentit son cœur lui remonter dans la gorge lorsque Nei lui tordit l'oreille. Il avait peur, peur d'une fille qui devait faire trente centimètres de moins que lui. On l'avait bien dressé, à Harley. Il savait parfaitement quand il devait obéir et quand il pouvait fuir. Là tout de suite, il ne pouvait certainement pas fuir donc ne restait que l'autre possibilité : obéir. Mais Varian voulait… Il tressaillit aux paroles de Varian. Comment pouvais-tu parler à Nei ainsi ? Ou trouvais-tu le courage ? L'audace ? Mais peut-être que tu ne savais pas comment elle pouvait faire mal. Moi aussi au début j'avais voulu lui répondre. Après les nomades, je me sentais de nouveau le droit de protester, voire de répliquer. Tu sais, avec Nei, il ne faut pas. Elle sera toujours plus forte, plus maline. Ou alors peut-être que tu es plus intelligent que moi. Je ne sais pas : c'est quoi la véritable intelligence ? Est-ce que c'est l'instinct de survie ? Moi je ne suis pas très doué avec ça, sinon je ne t'aurais pas frappé. Nei, elle sait faire mal avec les poings, mais ça finit toujours par passer. Mais tu sais, elle est bien plus que ça. Toi tu as toujours su me faire sortir de mes gongs avec quelques phrases bien placées. Moi j'ai toujours su démolir quelqu'un en lui éclatant la gueule. Mais je ne suis pas vicieux. Futé, peut-être. Pas gentil, sans doute. Trop sensible, certainement. Mais pas vicieux. Et toi non plus. Elle, elle l'est. Elle sait manier les poings et l'humiliation. Elle sait te pousser à quelque chose qui te donne envie de mourir. Là tout de suite, j'ai envie de mourir. De disparaître définitivement pour ne plus avoir à me supporter. Harley s'entendit rire sans comprendre dans un premier temps que ce son incongru venait de lui. Étais-tu en train de rire Harley ? Étais-tu sérieusement en train de rire ? Tu savais encore produire ce son qui autrefois ne venait qu'avec Varian ? Ce n'était pas un rire heureux, plutôt quelque chose de nerveux, mais ça restait terriblement bizarre. D'ailleurs, ce n'était pas vraiment ton rire à toi. Non c'est vrai, mon mon rire était vrai, honnête et communicatif. Je ne riais pas beaucoup avant mais je riais pour de vrai. Là, c'était tellement étrange, tellement déplacé, que ça mettait surtout mal à l'aise. Nei était mal à l'aise devant ça, ça se voyait dans ses yeux. Elle était désemparée. « Va te faire empoutrer... » Bam, la gifle le coupa net dans son hilarité soudaine. Aya sembla te téléporter à ses côtés pour le pousser avec la douceur légendaire des gens d'Azgeda, tout en lui hurlant de lâcher Varian. Non, jamais. Je ne peux pas, je ne veux pas. Je peux vouloir ? Ou je veux pouvoir peut-être. Nei accourut à la rescousse de sa meilleure amie. « Obéis. Maintenant. » Bam. « Qu'est-ce qui te prend enfin ! »

Mais qu'est-ce qu'il est pour toi ce mec à la fin ? Hein Harley, qu'est-ce qu'il est pour te retourner complètement la cervelle ? Et qu'est-ce que tu es en train de me faire ? Lâche-le, lâche-le, obéis, et je ne serai pas trop sévère. L'instant d'avant tu le frappais à presque le tuer et à présent tu sembles prêt à l'enlacer. Oh. Mais enfin Harley, tu es mien. Tu es à moi. Tu m'obéis car tu sais que ta vie toute entière m'appartient.

Aya frappa Varian et Harley sursauta, avec presque l'impression que c'était lui qu'on avait frappé. Pardon Varian, mais j'ai peur. Trop peur. Je voudrais continuer à te tenir la main, je voudrais la garder contre moi pour que tu sentes mon coeur battre et que tu te rappelles de tout ce qu'on avait avant. Je voudrais rester là à te regarder dans les yeux pour que tu vois tout ce que je ne peux pas te dire. Je voudrais te défendre, je voudrais frapper pour toi. Je voudrais démolir Aya, et même Nei. Je voudrais te tirer en avant et te relever. Je voudrais qu'on parte quelque part, qu'on construise notre maison dans un endroit où il fait chaud et beau. On pourrait faire comme si Kimi était là, et vivre dans un rêve. Mais je te demande pardon, parce que j'ai trop peur pour ça. Pardon de fermer les yeux, pardon de me taire encore une fois et de me mettre à trembler comme ça. Pardon de te lâcher la main. Tu sais, je suis toujours Harley mais parfois, souvent, j'en doute. Je fais de mon mieux mais regarde, j'ai ton sang sur mes mains aujourd'hui.

Nei l'attrapa par le col de sa chemise pour l'envoyer bouler loin de Varian. Faites que ce cauchemar cesse ! Ah tu es persuadé d'avoir perdu Harley, je le vois à tes yeux complètement terrifiés. Mais là tout de suite, tu viens de me coller une cruelle humiliation. Heureusement pour toi, Aya s'en tire encore plus mal mais… Sais-tu comme je suis en colère Harley ? Oui, tu le sais. Tu sais qu'on va rentrer à la main et que je vais te faire passer l'envie de me désobéir. Tu te souviens la fois dernière ? Oui, tu penses à la même chose que moi. C'était un premier avertissement la dernière fois, et aujourd'hui sera le second. Rappelle-toi qu'il n'y en a jamais trois. Rappelle-t-en Harley, tu es à moi. « Ne me regarde pas Harley. » Il baissa les yeux une fraction de seconde, juste le temps qu'elle écoute le début de réponse de Varian à la question qui lui brûlait les lèvres. Un air scandalisé s'inscrivit alors sur son charmant visage. « Oh. Je ne savais pas que tu baisais Aya. » Cette fois-ci, la branlée qu'il se prit le laissa sonné, le nez en sang. Je sévissais pour la forme, parce que tu n'avais pas à parler ni à dire des choses pareilles, mais d'un autre côté, j'étais ravie de t'entendre sortir des phrases avec un ton aussi bête. C'était mon Harley ça, l'inexpressif mais sensible Harley, qui balançait tout ce qui lui passait par la tête sans réfléchir et sans se douter de la portée de ses paroles. C'était comme ça que je t'aimais Harley. Pas ricanant bizarrement ou pleurant. Pas désobéissant pour tenir la main d'un vaurien. « Ta gueule. » Il resta à genou à regarder par terre, sans chercher à arrêter le sang qui lui coulait sur le menton et ses habits déjà dégueulasses. Il ne ferait plus rien sans qu'elle le lui ordonne.

Ton nom avait toujours été synonyme de douleur. D'abord de jalousie, parce que tu me paraissais être un petit chanceux, puis de colère et de désir, et enfin d'une tristesse sans fond. Aujourd'hui, la douleur prenait un sens beaucoup plus primitif et réel. Quand tu étais là, j'avais mal. Je crois que quelque part, le Harley amoureux était toujours là, ivre de toi, mais te savoir à mes côtés m'effrayait. Pourquoi tu faisais tout ça Varian ? Pourquoi tu cherchais absolument à tenir tête ? À les affronter ? Pardon mais on ne peut pas gagner. J'ai essayé, promis. J'ai été un valeureux combattant sur cette terre et puis j'ai compris. Alors pourquoi toi ne comprends-tu pas ? Je t'ai frappé à m'en faire saigner et tu restes là, fier. C'est moi monsieur-fierté normalement. Avant.

dans le passé.
« C'est ça ta chambre ? » Il faisait le fier, juste pour se remonter le moral et se donner du courage. Il inspecta la pièce d'un œil qu'il voulait critique en s'attardant sur les étagères nickel. Lui, tout était en bazar, un véritable champ de bataille. Maman disait que le bazar dans ma tête se reflétait dans ma chambre. En vrai, je passai juste ma frustration sur mes affaires quand c'était trop nul à la maison. Le garçonnet se planta devant une étagère pour regarder en détail les trucs fabriqués artisanalement, reconnaissant ici et là des objets du monde médical. Il porta vivement la main à la joue et se détourna devant la question de Varian. « Rien, qu'est-ce que tu veux que j'ai, hein ? » Il se radoucit légèrement et se redressa pour prendre un air digne. « Je me suis simplement cogné, c'est tout. » Jamais je ne t'aurais dit quoi que ce soit à propos de ma mère. De toute façon, je ne parlais jamais d'elle, encore moins à toi. Toi et ta mère gentille, qui m'invitait gracieusement chez elle. « Mais c'et pas tes affaires de toute façon. C'est quoi ton jeu ? » Il voulait maladroitement changer de sujet et se rapprocha pour voir le jeu en question, gardant obstinément les yeux baissés. Peut-être que ce n'était pas une si bonne idée d'être venu ici finalement.

dans un passé plus proche.
En attendant la voix de Varian, Harley referma le livre qu'il était en train de lire et se redressa pour balayer du regard la minuscule cabine qui lui servait de chambre. Comme d'habitude, tout était sans dessus dessous, sans aucune logique. Mais c'était dans un chaos comme celui-là qu'il arrivait à se sentir bien, à sa place. Recevoir Varian chez lui n'avait rien d'habituel : en temps normal, c'était lui qui se pointait n'importe quand chez son voisin, en braillant « Standall ! » et sans prendre de gants. Mais Varian chez lui… Allez savoir, ça l'avait toujours mis mal à l'aise. J'ai quelqu'un de secret, avec ma bulle personnelle. Ce grand bordel dans ma chambre, c'était mon jardin secret et même toi, j'avais du mal à te laisser y entrer. Pourtant je souris quand tu entras dans la pièce et te laissai m'embrasser. « Un truc ? » Voilà, il se sentait mal à l'aise à présent. Il était d'un naturel romantique Harley, capable de trucs parfois assez incroyables quand on connaissait ses autres travers, mais il avait du mal avec les attentions des autres. « Oh euh… merci. » Il se sentit rougir puis un sentiment inhabituel le gagna : la gêne. Inconsciemment, il avait compté les jours depuis qu'il avait embrassé Varian pour la première fois mais ce n'était certainement pas pour fêter un quelconque anniversaire. « C'est, euh… Enfin je n'ai rien de mon côté et, euh… Je suis désolé, je ne pensais pas que parler d'un quelconque anniversaire t'intéresserait alors… » Enfin d'habitude les trucs idiots comme ça, c'était moi qui y pensais, pas toi. Et puis moi, j'avais juste regardé le temps passer en m'étonnant qu'on soit toujours ensemble.
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MessageSujet: Re: milli point two just to hurt you. (varian) Dim 17 Sep - 18:07

Long time ago.
La mère d'Harley, c'était un sujet tabou. Jamais ils n'en parlaient. Parce que Varian avait toujours eu peur de gaffer, balancer la phrase de trop ou un mot de travers. Et plus que tout, il ne voulait pas s'aventurer sur ce terrain. Il se refusait à parler d'une femme qui battait son fils. Mais qu'elle le traite d'idiot et de salaud... C'était encore autre chose. Cette femme, il ne la connaissait pas. Il ne savait d'elle que ce que disaient les gens (et il se doutait bien que beaucoup d'histoires avait été empiré comme tout bon potin) mais il avait tout de même toujours eu une mauvaise option d'elle. On ne battait pas ses enfants. On ne battait pas quelqu'un qu'on aimait, point barre. Les rares fois où sa mère lui en avait mis une... elles commençaient à dater. Il n'en avait presque plus aucun souvenir. Maintenant il avait dix-huit ans, la question ne se posait même pas. Sa mère en lui disait plus rien. De temps en temps, quelques remarques, mais jamais de rien méchant. « T'es pas un idiot. » Il s'était levé pour poser les mains sur ses épaules et se pencher vers lui. « Un salaud peut-être, dans tes mauvais jours, mais puisque je suis bien mal placé pour te faire la remarque... » Et je t'aime comme ça Harley, ne change surtout pas.

Aujourd'hui.
Quand est-ce que tout avait commencé à dégénérer ? Tu as insulté ta Aya. Et sa pote. C'était une mauvaise idée de déformer son prénom et de sous entendre des trucs comme ça... Harley venait de se prendre une râlé à son tour, Nei avait du être irrité par... sa remarque. S'il en avait eu la force, il aurait probablement lâché un grand rire. Aya s'était redressée, elle fulminait. Son visage avait quelque chose d’absolument terrifiant, là, tout de suite. Il avait beau chercher, il n'arrivait pas à se souvenir d'un jour où elle avait tiré une tête semblable.

« Tu vas tellement le payer sale con... »

Elle était loin d'être bête quand elle le voulait. Aya n'allait pas tarder à faire le lien entre tout, rassembler les pièces de son petit puzzle et comprendre son histoire. Peut-être, mais il s'en foutait. Si ce n'était pas le cas quand il avait retrouvé Harley, ça l'était maintenant. Parce que Varian ne voyait pas ce qui pouvait arriver de pire à Harley, ni à lui. Elles les avaient obligé à se battre. Et elles n'iraient jamais jusqu'à les tuer. Alors peut importe qu'Aya sache, elle avait déjà fait le pire.

Long time ago.
« D'accord. Tu t'es cogné. » Il haussa les épaules. Il n'y croyait que très moyennement, mais il préféra passer sur cette histoire. Sa mère lui avait toujours dis que la curiosité était un vilain défaut. Il allait donc ravaler ses questions et ses remarques. « C'est un jeu de stratégie ! » Ses yeux s'étaient mis à briller – sans trop de raison mais parler d'un jeu intéressant le mettait toujours de bonne humeur – et il déballa son jeu avec précipitation. Sa mère avait mis longtemps avant de lui trouver une console, et Varian prenait soin de la charger durant le laps de temps où son quartier bénéficiait d'un peu d’électricité. « C'est un vieux jeu, mais il est cool. Tu joue un gars qui arrive sur une île dangereuse et inconnue. Il doit résoudre un tas d’énigmes pour se sortir de là. Avec le temps tu peux gagner de l'expérience et des amis sur l'île. Et t'as un tas de fin possible ! Sortir de l'île est super compliqué, tu peux mourir un tas de fois... » Il sauta sur son lit et alluma sa console. « Tu veux commencer ta partie ? » Sa mère n'avait jamais trop aimé son jeu. Trop pessimiste à ses yeux. Mais elle l'y laissait jouer pendant des heures. Dans sa cuisine, May croisait les doigts pour que son fils se fasse – enfin – un nouvel ami.

Aujourd'hui.
Il ne comprit pas comment il avait réussis à accomplir cet exploit, mais il était debout. Debout, mal en point, toujours coincé dans sa ruelle avec Nei et Harley, Aya suspendu à son bras qui brayait encore et encore. Mais en pouvait-elle pas la fermer ? T'es tellement mieux quand tu ne dis rien Aya.

« Si tu t'avises de parler à qui que se soit de toute cette histoire... »

Comme si les gens n'allaient pas se douter de quelque chose. Et comme si les gens en avaient quelque chose à faire d'un combat d'esclave. Il n'y avait aucune loi ici qui interdisait ce genre de chose. Ou bien elle devait être bien planqué. Ah mais non, tu veux parler de l'autre truc... Bah ouais. Ça serait con que je fasse courir des rumeurs débiles, hein Aya ? Cependant il hocha la tête en silence, sans rien trouver à redire sur le moment. Elle marcha à grand pas vers son amie et Varian poussa un léger soupire. Il la regarda s'expliquer à voix basse avec Nei. Aya ne voulait pas mettre son amie dans la merde. C'était touchant. Alors comme ça, elle était prête à tout se prendre dans la gueule ? Adorable. De toute façon, elle n'avait pas trop de le choix. Trois ans qu'il observait cette famille de tarés. Son père le premier refuserait de les voir à nouveau ensemble si c'était pour foutre en l'air leur investissement. Finalement, faire le bon chien pendant trois ans lui servait enfin à quelque chose. Il porta une main à son visage complètement ravagé. Il avait besoin de soin. Il n'était pas stupide, des séquelles, il savait qu'il en garderait. Lesquels, ça, c'était encore une surprise. Et Harley, pense à lui un peu... Oui, lui aussi allait sans doute se faire réprimander. Et une fois de plus, il n'osait pas imaginer comment. Quelle nouvelle punition innovante et fun allait trouver sa folle de maîtresse ?

Long time ago.
Varian sentait sa gêne s'envoler peu à peu. Si Harley était aussi à l'aise que lui alors... Tant mieux d'un côté. Il se sentait moins bête. Et ouais, il était plein de surprise. À vrai dire il n'avait jamais eu l'idée avant d’offrir quelque chose. Ni même l'occasion. Parce que ses rares relations s'étaient terminés avant même d'avoir commencé. Avant lui il se fichait pas mal de tout ça. Mais ça, c'était avant Harley. Et quand il avait vu la broche sur une des étales au marché noir... Il n'avait pas hésité très longtemps. Vous êtes superstitieux mon garçon ? Il avait haussé les épaules en entendant le vendeur. Oui et non. Ils vivaient dans l'espace, les superstitions, les croyances, tout ce qui relevait du spirituel... Beaucoup jugeaient que tout ça n'y avait plus leur place. Il n'y avait que deux choses en laquelle il croyait, lui et le destin. Je n'en ai jamais vu pour ma part, comme tout le monde ici, mais il paraît qu'autrefois, les gens la nommait la bête à bon Dieu. C'est marrant non ? Ouais, c'est marrant, il avait répondu. Non, sur le coup il avait tout simplement trouvé l'objet unique en son genre. Rare et magnifique. Comme Harley. Le vendeur c'était lancé dans une explication bancale sur les souhaits exaucés par l'insecte en question quand il lui acheta. Je l'ai toujours trouvé trop discrète pour la porter ! C'était parfait alors. Sur le coup il ne s'était pas trop demandé si oui ou non Harley trouverait ça chouette. Ou juste con, trop niais, trop... Trop il ne savait pas quoi. « Mais t'as pas à être désolé ! Ne le soit pas, s'il te plaît... » Voilà que la gêne était revenue, puissance mille. Bon sang. Il avait l'impression d'être un gamin de dix ans qui annonçait une grande nouvelle à ses parents ou qui était sur le point de leur demander le service du siècle. Arrête de stresser, c'est Harley. « Ouvre maintenant ! Sinon je vais finir intégralement rouge, comme une tomate. Et après je vais fondre sur place. »  

Aujourd'hui.
Allaient-ils se revoir après aujourd'hui ? C'était la question qui lui trottait dans la tête à présent. Il n'en avait pas eu envie la première fois. Ni la deuxième. Mais maintenant ? C'était complètement différent. Pourtant il l'avait passé à tabac. Pour elle, pour le diable en personne. Et maintenant tu t'inquiétais de sa sécurité. Toi, il t'avait déjà refais le portait, tu avais mal de partout et aujourd'hui, qu'est-ce qui pouvait t'arriver de pire, hein ? Mais lui. Lui il allait rentrer avec Nei et tu n'avais pas envie d'être à sa place. Maintenant il regardait le sol, l'air complètement dépité. Arriveraient-ils un jour à se défaire de tout ça ? Au fond, il n'en avait pas envie. Il était protégé du monde extérieur ici. C'est ce qu'il avait toujours pensé depuis trois longues années. Mais maintenant il y avait cet autre facteur qui avait de nouveau fait irruption dans sa vie. Tout ce qu'il voulait, c'était qu'il reste en vie. Pour le voir à nouveau. Alors ici ou ailleurs, il se sentait prêt à peu près à tout.

« Nei ? »

Aya tourna la tête vers lui, l'air étonné. Oui, il avait fait un effort pour ne pas déformer son prénom. Aya plissa les yeux, prête à de nouveau hurler ou le frapper si besoin.

« Je m'excuse. »

Elle ne le connaissait pas. Mais tout dans sa voix indiquait qu'il ne le pensait pas. Aya leva les sourcils. Voilà, elle avait eu ce qu'elle voulait, elle était heureuse. Même si au fond ses excuses sonnait plus comme un "je m'excuse, espèce de pétasse, va crever en enfer".
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MessageSujet: Re: milli point two just to hurt you. (varian) Lun 18 Sep - 0:13

dans le passé.
Autrefois, la mère de Varian était un réconfort autant qu'un sujet douloureux. Il voyait toute l'ampleur d'une personne normale dans le quotidien de quelqu'un. Il voyait combien elle pouvait prendre la main de Varian ou lui siffler d'arrêter quand il faisait quelque chose de mal. La mesure, la patience, les bons mots pour un gamin. Moi la mienne n'avait pas cet équilibre. C'était du tout ou rien. Elle pouvait aussi bien me gifler à m'en faire voir trente-six chandelles que me caresser pendant des heures ensuite parce qu'elle se sentait coupable. Mais je faisais avec parce que c'était la seule mère que j'avais, même i je savais que ce n'était pas normal. On n'a qu'une seule mère, tout comme je n'ai que toi aujourd'hui. Tu sais, je ne te le dis pas directement mais j'ai peur de te perdre. J'ai peur qu'un jour, quelqu'un te prenne à moi ou que tu t'en ailles, tout simplement. Et si tu pars, qu'est-ce que je ferais ? Je serais tout seul, perdu au milieu des autres dont je n'ai rien à foutre. Ce n'est pas que je ne les aime pas mais c'est qu'ils me craignent, et toi non. Je sais que tu le sais, alors merci Varian, merci d'être là, merci d'être comme tu es, d'être toi, d'être avec moi. « Mmh, je suis sans doute un idiot pour être avec toi. » Il garda une expression sérieuse le temps d'un instant avant de se fendre d'un sourire sardonique. Harley se laissa aller contre Varian et posa la tête sur sa poitrine pour signer définitivement la trêve dans la conversation. « Si tu bouge, je tombe. Ma vie est entre tes mains Standall. » Ne me quitte pas. Jamais. S'il te plaît Standall.

dans le présent.
Harley regarda son sang goutter sur le sol, sans réellement s'émouvoir. La peur, il la ressentait partout, comme des fourmillements sur son corps. Il savait que la douleur sourde dans son nez n'était pas grand-chose par rapport à ce que Nei inventerait. Peut-être que ce ne serait pas ce soir qu'il aurait réellement mal, peut-être que ce serait demain ou dan une semaine, mais ça viendrait. Ça venait toujours. Parfois elle se contentait d'une bonne branlée classique en rentrant puis mijotait sa punition avec soin. Regarde Varian, ton sang et le mien sont mêlés. C'est drôle, tous les sangs semblent identiques, d'un rouge sombre avec une horrible odeur métallique. Je me suis déjà fait le commentaire autrefois : quand tu cognes quelqu'un, tu n'as pas le temps de réellement réfléchir aux expressions et sensations qui traversent cet autre. C'est après, plus tard, que tu t'en rappelles. Tu te rappelles de la colère ou de la peur dans ses yeux. Tu te souviens de ses tentatives pour se débarrasser de toi. Tout, strictement tout, te revient. Et tous les sangs sont les mêmes. C'est drôle quand on y pense : nous sommes tous les mêmes et pourtant, regarde toi et moi. Complètement différents. Qu'est-ce qu'on a bien pu foutre ensemble autrefois ? Comment a-t-on pu s'attirer ? Est-ce que je t'attire toujours d'ailleurs ? Parce que toi, tu me fais peur. Quand je te vois, je tremble, je sais que d'une façon ou du autre, quelque chose de terrible va arriver. « Debout. » Il se leva, sans prêter attention à Aya. Ou plutôt il ne voulait pas y prêter attention. Il resta planté près de Nei, à fixer le sol en silence. « Essuie-toi le pif. » Il obtempéra, plaquant la manche de sa veste contre son visage et l'observant se colorer lentement en rouge. Il songea simplement qu'elle garderait l'odeur écœurante de cet après-midi un long moment désormais. Pardon Varian mais je ne peux rien pour toi. Tu veux te dresser, fier et moqueur ? Ce sera sans moi cette fois. Je ne peux pas le faire, rien que d'y penser la terreur me pétrifie. Et même si l'idée me traversait l'esprit, je ne serai qu'un danger. Peux-tu m'imaginer te trahir ? Non, sans doute que non, mais je sais que je choisirai Nei si j'avais à choisir. Ça me rend triste mais je sais que c'est ce que je ferai, parce qu'elle le demandera et parce que c'est comme ça que je suis maintenant. Avant j'étais libre, plus que la plupart des gens, mais maintenant, je suis quelqu'un d'autre. Je suis toujours Harley, je te le promets, mais plus ton Harley. Je le voudrais pourtant si fort mais je n'arrive pas à me rappeler de ce que ça fait d'être lui pour de bon.

dans le passé.
Harley se sentit soulagé en l'entendant accepter avec grâce son changement de sujet. « D'accord, je peux commencer. » La vérité, c'est qu'il n'avait jamais touché à un seul jeu vidéo de sa vie auparavant mais il n'allait certainement pas l'admettre. Il regarda avec curiosité l'écran de présentation s'afficher et lu le titre à mi-voix. À sept ans, sa lecture n'était pas encore parfaite et fluide, ce qui agaçait son père, et pourtant ce n'était pas faute d'aimer ça. « Tu joues souvent à des jeux comme ça ? » Tenant la console avec soin, il s'assit sur l'extrême bord du lit et appuya au hasard sur les touches pour voir ce qui se passerait.
Une bonne heure plus tard, la frustration l'étranglait. « Pourquoi toi ça marche et pas moi ? J'en ai marre de perdre. » Le jeu n'était pas facile et il perdait constamment, finissant forcément par se tromper de touche et finir piquer par une araignée venimeuse ou il ne savait quelle autre connerie. Je croisai les bras en essayant de garder un air digne mais je me sentais bête de perdre autant de fois d'affilée au même endroit. Et puis j'avais aussi peur que maman ne finisse par me trouver ici. Elle n'aimait pas la voisine, May, et elle n'aimait pas non plus les jeux vidéos qui « transformaient les gosses en branleurs et en petits cons » selon elle. « Il me saoule, ton jeu débile. » siffla-t-il avec colère.

dans le présent.
Varian s'excusa avec tout le mépris dont il était capable et Harley ferma les yeux, pétrifié. Pourquoi tu disais ça ? Tu voulais nous tuer tous les deux ? Ou alors tu t'en fichais bien de ce qui pouvait nous arriver désormais. Pas moi. « Ta gueule, Varian. » Nei ne répliqua pas mais elle resta un long moment à fixer Varian, le visage impassible. Finalement, elle salua sa meilleure amie et l'enlaça brièvement, sans doute pour lui donner du courage. Voilà, tu as trouvé la vraie Nei, celle que j'admire autant que je déteste. Celle pleine de dignité et de malice, pleine de méchanceté et de fierté. « Oh toi, tu pourras surtout t'excuser auprès de ton... » Elle mima le geste grossier que Varian avait fait plus tôt et montra Harley qui avait pâli. Elle se fichait bien de crier avec Varian et elle ne pouvait pas le toucher directement, il n'était pas à elle. Mais à présent, elle savait qu'elle disposait d'autre chose, une chose qu'elle se fichait bien de martyriser. « On rentre, Harley. » Ils s'éloignèrent dans la nuit qui tombait, sans rien ajouter. Je tremblais de peur, le ventre noué, mais une question restait : allait-on se revoir ? Varian, qu'en penses-tu au fond de toi : va-t-on se revoir?

dans le passé.
Le cœur battant, il se sentait nerveux à l'idée d'ouvrir le présent de Varian. C'était complètement débile mais il n'avait pas souvenir que le garçon lui ait déjà offert quelque chose par le passé. Remarque, je ne t'avais jamais rien offert non plus, parce qu'on préférait se détester et puis parce que je n'aurais pas su quoi t'offrir de toute façon. J'aurais eu peur de mal faire, de choisir quelque chose que tu aurais trouvé débile ou qui ne t'aurait pas plu. Alors par pure peur, je n'aurais rien fait. Il toucha la petite broche du bout du doigt, la caressant doucement. « Un, deux, cinq, sept. Dans sept ans viendra le messie. » marmonna-t-il à mi-voix en repensant à une de ces phrases débiles que sa mère pouvait sortir en boucle pour se calmer autrefois. « Merci Varian, c'est... » Il ne savait pas trop. La broche en elle-même était magnifique, belle.

dans le présent, le soir même.
« Chut Harley, chut. Tu sais que ce n'est pas de ta faute. » Nei lui caressa le cou avec douceur et posa un baiser derrière ton oreille en ignorant les violents tremblements qui agitaient son esclave. Elle l'entendait essayer de respirer profondément pour ne pas gémir encore, elle le sentait bander tous ses muscles pour ne pas fuir. Elle voyait tout, Nei, elle observait le moindre signal avec minutie. « Tu sais que ce n'est pas à cause de toi que je fais ça mais à cause de lui. Tu as vu ce qu'il m'a dit ? Comment il m'a parlé ? Tu as vu ce qu'il ta laissé faire ? Toi tu t'es très bien comporté Harley, je suis très fière de toi. Mais lui ? Tu sais que c'est de sa faute, n'est-ce pas ? N'est-ce pas Harley ? Alors ça, c'est juste pour qu'il se rappelle que s'il pose la main sur toi… Tu es à moi, Harley. » Nei recula un bref instant et regarda le dos de son esclave sans cacher une certaine fierté. Avec un couteau chauffé à blanc, elle avait soigneusement travaillé pour que Varian se souvienne. S'il venait à toucher Harley, à imaginer quoi que ce soit, il ne verrait que ces trois grandes lettres sur les omoplates de son ex-petit-ami. NEI.
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MessageSujet: Re: milli point two just to hurt you. (varian) Lun 18 Sep - 11:07

Varian regarda Nei s'éloigner, Harley à ses côtés. Ça allait devenir une habitude de les voir partir ainsi côte à côte. Aya soupira et lui agrippa la manche, lui faisant signe de bouger à son tour. On va se revoir Harley, je te le promet. Tu sais quoi Eliza ? Tes mots avaient fais leurs chemins à présent. Eliza n'avait pas tout à fait tort, du moins, pas sur toute la ligne et tu venais enfin de t'en rendre compte. Ici tu serais toujours considéré comme de la merde, Harley aussi. C'était votre triste rôle dans cette société de barbares. Là où elle se trompait c'était au vu de ton attachement pour ta famille. Si aujourd'hui Aya avait perdu de la valeur à tes yeux, ses parents restaient tes parents. Aujourd'hui Aya t'avais blessé, plus qu'elle ne l'avait déjà fais. Mais ce n'était pas pour autant que tu allais fuir. Tu avais tenu déjà trois ans après tout. Tenir encore un peu pour trouver comment rester Harley te paraissait tout à fait envisageable. Et après, tu réglerais tes comptes avec Eliza. Mais d'abord, s'il fallait faire semblant, sourire et souffrir, tu le ferais.

Long time ago.
« C'est parce que tu ne t'y prends pas correctement banane. » La mère de Varian arriva juste après la baffe que lui asséna Harley. Sur le coup il avait arrêté de le critiquer et de parler, les yeux grand ouvert, complètement choqué. Jamais personne – de son âge ou presque – ne l'avait frappé. « Les garçons, ça va ? » Varian lui arracha la console des mains et leva les yeux vers sa mère. « Varian ? » L'inquiétude se lisait dans ses yeux. Elle était toujours inquiète pour son fils. May s'était toujours fais des films trop vite mais en l’occurrence, aujourd'hui, elle ne se trompait pas. Son regard clair s'était durcis à la vitesse de la lumière. Elle avait les mêmes expressions que son fils dans ces moments là. Varian ne ressemblait jamais autant à sa mère que quand il était en colère. « Harley voudrait rentrer chez lui. » Elle referma sa bouche, elle qui s'apprêtait à défendre son fils et son visage se fendit en un petit sourire. « C'était sympa. » « Oh. Oh bon, tu viens Harley ? Je te raccompagne ! » Varian resta assis dans sa chambre, le visage fermé, totalement inexpressif. De temps en temps, il faisait des efforts. Aujourd'hui il en avait fait un gros pour ne pas tout dire à sa mère. D'ailleurs, May n'en saurait jamais rien. Dans quelques années, Harley deviendrait le petit con d'en face et comme tout le monde à bord de cette foutue navette, son avis sur lui changerait.

Aujourd'hui, une fois rentré à la maison.
Varian était recroquevillé dans son coin, et Aya se faisait gronder. En soit, le spectacle n'avait rien de réjouissant. Il avait presque mal pour elle. Son père lui avait collé une claque dans la figure et elle en était même tombée par terre. Ses frères s'étaient soudain arrêté de jacasser pour partir prendre l'air devant la maison. Aya avait protesté, inventé des histoires mais rien ne tenait la route. Son père lui en avait collé une deuxième et sa mère lui faisait la morale.

« Tu es fière, hein Aya ? »
« Papa je... »

A l’intérieur il jubilait en même temps qu'il pleurait. Si elle se faisait gronder c'était de sa faute. Mais aussi un peu de la sienne. Et un peu celle de Nei aussi. Si cela n'allait pas ébranler leur super amitié...

« Est-ce que tu as vu ? Est-ce que tu crois qu'il va pouvoir nous servir demain ? Et après-demain ? Est-ce que tu as vu !? »
« Il ne s'est pas défendu j'y peux rien je... »
« Dégage de là. »

Elle était partis rejoindre ses frères dehors, en silence. Son père en imposait toujours. Avec son visage dur, sa grosse voix et toute la force qu'il dégageait. Ce fut May qui s'occupa de lui. Quand elle eut terminé de lui nettoyer le sang qui avait coulé un peu partout elle examina chacune de ses blessures. Elle lui murmura qu'il serait prêt d'ici quelques jours. Il garderait des séquelles pendant plusieurs semaines, et d'autres pour plusieurs années. C'était dommage qu'elle disait. Elle avait toujours aimé sa peau lisse et impeccable. May était celle à qui il servait le plus. Demain il l'accompagnerait juste histoire de sortir, pour cueillir quelques plantes. Mais rien de trop physique. Il le savait, d'ici cinq jours sa vie terrestre aurait reprit son rythme normal.

Un peu plus tard, dans la soirée.
Un petit coup sur son épaule le sortis de son sommeil. Aya. Elle était là, accroupis devant lui et lui fit signe de ne pas réagir trop bruyamment. Elle n'avait plus le droit de l'utiliser ou de le toucher. Pendant deux semaines. C'était sa punition. Un peu légère à son goût, mais elle ferait l'affaire. « Pourquoi tu as essayé de m'embrasser Varian ? » « Pardon ? » Sa question l'avait pris au dépourvus, oui. De quoi elle parlait là au juste ? Si c'était de la connerie qui lui avait valu un poing dans la gueule il y a un peu plus d'un an... Il fallait qu'elle passe à autre chose. Il sentait clairement qu'elle cherchait à comprendre quelque chose. Pourquoi, il n'y avait rien à comprendre. Elle avait tout bien saisis tout à l'heure. « C'était pas juste une connaissance, hein ? » Pas de réponse, il se contenta de se rouler en boule et de fermer à nouveau les yeux. Il voulait la paix. Dormir. Oublier cette journée. Oublier les coups d'Harley. « J'ai toujours trouvé ça écœurant. » Parfois il oubliait à quel point l'être humain pouvait être con. Ici, tout était différent. Il l'avait appris pendant ces trois ans de vie sur terre. Les enfants étaient fiancés à sept ans à peine pour beaucoup, et beaucoup étaient même mariés très tôt. À l'âge où Varian lui, était au beau milieu de ses études sur l'Arche. Cette société là l'avait toujours laissé perplexe. Parfois elle était si loin de celle de l'Arche sur ces valeurs. D'ailleurs, Aya était une exception. Toujours pas de fiancé en vu à vingt et un ans, toujours pas de môme. Alors, où ça déconne chez toi Aya ? Pourtant Varian avait observé un peu la vie. Beaucoup de fille se retrouvaient avec des marmots sur les bras à vingt ans à peine, parfois moins. Lui, c'était cette vie là qui l'avait toujours écœuré. « Tu vas me répondre ? » Il se redressa un peu et soupira. Que voulait-elle comme réponse exactement ? Sur l'Arche tout était différent. On se foutait de qui aimait quoi. Lui même s'en foutait. « De là où je viens, les choses ne sont pas pareilles. Par exemple, tu serais déjà morte, là-haut. » Sans dire un mot de plus elle se leva et disparue dans la pénombre.
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milli point two just to hurt you. (varian)

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