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Tell me what you know about dreaming. (harley)

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Harley Weise


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Inclement Earth

MessageSujet: Re: Tell me what you know about dreaming. (harley) Sam 18 Nov - 23:41

dans le présent.
Harley fixa le bout de ses chaussures en silence, levant parfois aléatoirement les yeux sur Luna ou Varian. À cette époque, on vivait dans le ciel Varian. Station gigantesque ou pas, nous n'étions pas sur Terre, parmi ces autres civilisations et ces autres traditions. On était là-haut qu'on le veuille ou non, qu'on en meurt ou pas. Si on pouvait tous clamser ? Mais Varian, le risque ne venait pas d'une pénurie d'air ! Regarde, nous étions mort. Toi et moi, nous étions morts Varian, qu'on l'admette ou non. Les parents, les amis, les gens… Ils avaient fait leur deuil, ils s'étaient échangés toutes leurs condoléances, comme si ça pouvait bien changer quelque chose. Il tenta d'étouffer une sorte de rire mais sans trop de succès. « Libre ? Dans le ciel ? » souffla-t-il, prêt à céder à un nouveau fou rire qui s'avéra parfaitement incontrôlable. Après plusieurs bonnes dizaines de secondes à se tordre de rire, Harley essaya de retrouver un peu de sérieux sous le regard médusé de Luna. « Il dit des bêtises, Varian. Dans le ciel, tu étais libre de la fermer ou de mourir. » Il reprit ses gloussements et se cacha le visage.

dans le passé.
Il eut un geste agacé envers Varian et s'écarta de quelques pas avant de se mettre à tourner en rond. « J'en sais rien moi s'il sait qu'on bosse ensemble. J'ai pas franchement eu le temps de lui faire un interrogatoire hein. » Il savait qu'il pourrait se défendre s'il se prenait une nouvelle branlée mais pas sans difficulté, et pas sans attirer l'attention. Un poignet dégommé et un bleu, ça pouvait passer inaperçu parce que ce n'était qu'un avertissement. Mais plus ? Il aurait droit à des questions gênantes ou pire. « Te laisser gérer ? Standall, s'ils te trouvent, c'est pas à coups de mots qu'ils vont te parler. Et s'ils te... » Harley cessa sa ronde infernale pour se planter en face de Varian, les bras croisés. « J'ai pas envie qu'ils te tombent dessus, c'est tout. » Il sentait que cette fois-ci, son voisin n'allait pas céder. Je savais que tu pouvais te débrouiller mais rien que de les imaginer te frapper par derrière, ça me foutait les nerfs en pelote. Je les connaissais ces types, je savais jusqu'où ils pouvaient aller et crois-moi, on ne risquait pas de tenir la distance. Tu sais, je m'étais toujours cru intouchable, imprenable… Deux fois j'avais réellement flippé dans ma vie : quand t'avais envoyé ces connards me tabassaient quand j'avais onze ans, et aujourd'hui quand ils m'avaient donné leur avertissement. Ces deux fois, je n'avais pas eu l'avantage et c'était deux fois de trop. « Standall... » Il ferma les yeux en crispant les lèvres, vexé du tremblement dans sa voix. « Il y a des fois où je ne sais pas ce que je pourrais faire. Jusqu'où je pourrais aller. » Il montra brièvement ses mains. « S'ils te touchent... »

dans le présent.
Voisins ? Harle contempla le visage abîmé de Varian de ses grands yeux tristes. Si seulement nous n'avions été que voisins… Est-ce que toi aussi, parfois, tu peinais à t'endormir avec la désagréable sensation de sentir mes mains sur ton corps ? Est-ce que parfois… Non, je ne sais pas. Parfois je prenais peur en ayant l'impression de te croiser, et parfois je me sentais pris d'une tristesse infinie en songeant à toi, à moi, à nous. Parfois, quelques souvenirs fugaces me revenaient : une caresse, un baiser, un toucher, un regard… Je pensais à notre premier baiser en me demandant pourquoi j'avais fait tout ça puis je songeais au dernier, là-haut. J'avais cru mourir le jour où on m'avait dit que tu ne rentrerais pas. J'aurais tué pour toi, ça je le savais encore. J'aurais fait n'importe quoi pour qu'on reste ensemble. Une larme discrète coula sur sa joue mais pour une fois, il l'essuya en détournant le regard. « Juste voisins. » Physiquement, moralement, il ne savait plus où il en était. Il était perdu entre passé et présent, entre lui-même et le Harley d'avant. Sans Varian, il aurait pu continuer à vivre comme un mort mais maintenant ?

dans le passé.
Oui, c'était mal d'avoir eu cette idée, d'avoir fait ça. Que d'autres mecs couchent joyeusement entre eux, ça les regardait et il s'en foutait éperdument… Mais c'était ailleurs, dans d'autres lits et dans d'autres vies. Harley Weise n'était pas une tapette et il ne voulait surtout pas entrer dans cette catégorie. « Ouais mal. Tu m'as pris pour une pédale ou quoi ? » Bêtement, il eut une pensée pour ce que pourraient songer les autres s'ils apprenaient ça mais il la refoula rapidement parce que… En fait, il n'avait pas les idées très claires là tout de suite tant il brûlait de désir pour Varian Standall. « Non. Non, me touche pas, s'il te plaît. » Me touche pas ou je vais littéralement me jeter sur toi et te faire des choses que tu ne pourrais pas imaginer. Me touche pas ou je vais prendre feu pour de bon. Malgré son souffle court et la sueur qui lui mouillait les cheveux, il refusait de s'abaisser à ça. Qu'il ait pu embrasser Standall quelques jours auparavant le laissait toujours autant pantois et ça n'avait plus quitté ses pensées depuis ce moment-là. Il avait tout fait pour y échapper mais rien à faire, c'était revenu le harceler en boucle, sans lui laisser la moindre chance. Il n voulait pas y penser mais c'était plus fort que lui et il se reprenait à rêver de ce baiser, une boule d'angoisse dans le ventre. Il avait essayé de penser à ce qu'il pourrait dire à son voisin s'il venait à le recroiser, ce qu'il pourrait faire. L'envoyer chier lui aurait paru être une bonne alternative s'il n'avait pas senti son cœur se tordre chaque fois qu'il envisageait cette possibilité. Au lieu de quoi, il lui avait littéralement sauté dessus en se laissant guider par des instincts primaires dont il ne soupçonnait pas l'existence. Ils avaient fini dans la même piaule et maintenant… Avec un grognement étouffé, il trouva la lumière et repoussa Varian, virant couette et coussins du plumard. « Oh mon Dieu c'est terrible... » gémit-il. Il posa un baiser sur ses lèvres en s'interdisant de réfléchir davantage puis l'embrassa lentement le long de son cou, de son torse, ses mains descendant dans une caresse sur ses hanches. « Je veux voir ta tronche Standall, quand je t'embrasse. » Deux minutes ou deux heures, il n'aurait pas du dire mais ils ne dérobèrent plus.

« J'espère que t'as aimé. » Harley remonta son caleçon et s'entreprit de reboutonner sa chemise avec des mains quelque peu tremblantes. Tu te caches dans tes habits mais au fond, t'as tout aimé de cette nuit Harley. Cette passion, ses gestes, les tiens aussi. Ses baisers, ses caresses, ses yeux… Il boutonna lundi avec mardi et se passa une main dans les cheveux, les joues toujours légèrement rougissantes. « Je… Tu… Enfin je veux dire... » Rien du tout dans l'absolu, s'il n'arrivait pas à sortir une phrase complète. « Enfin peut-être que, euh… Tu vois ? » Varian devait voir à merveille, vu la capacité de synthèse dont Harley faisait preuve en cet instant. « Enfin, s-si ça ne te dérange pas... »
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Varian Standall


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Inclement Earth

MessageSujet: Re: Tell me what you know about dreaming. (harley) Dim 19 Nov - 12:56

« Ça dépendait à vrai dire. »

Pourquoi riait-il ? Les sourcils froncés, les mains toujours posées sur les genoux, Varian l'observait d'un air un peu intrigué. D'accord, là-haut, ils n'étaient pas non plus tous un pied d'égalité. Mais merde quoi, leur vie était vingt mille fois mieux.

« Mais c'est sûr que vu ton foutu caractère...»

Il l'avait tant aimé son foutu caractère pourtant. Mais il lui avait attiré tant d'ennuis. Et à chaque fois, Varian avait maudit Harley d'être aussi... indomptable. Mais peu lui importait, nul sur cette maudite planète ne lui ferait dire que la vie ici était meilleure que celle sur l'Arche. Sur l'Arche il avait tout, ici il n'avait rien, vraiment lus rien. Il était juste Varian l'esclave lâche qui servait de temps à autres de punching-ball. Et il avait horreur d'être cette personne.

Long time ago.
Varian observa son petit ami en pleine réflexion sans prononcer plus un mot. Il le pensait donc incapable de se faire justice lui-même ? Bah merde Harley, je me sentirais presque vexé là... pensa t-il alors. « Harley... » Mais d'un autre côté, c'était dans ses moments là qu'il avait envie de rester gentiment dans son coin et de ne pas provoquer d'autres incidents. Il avait bien envie de lui dire qu'il n'avait pas à s'en faire pour lui, mais il était bien le dernier à pouvoir lui faire de telles remarques ; il s'en faisait toujours – beaucoup – trop pour lui et le lui faisait savoir assez régulièrement. Pourquoi tu me demandes ça, tu sais très bien que j'aime pas quand on te tombe dessus... « Ils ne me toucherons pas. Ne t'inquiète pas, d'accord ? » Tu vas le faire Varian ? Ou tu vas te ranger bien tranquillement ? Fais plaisir à ton petit ami et ne fais rien, pour une fois. « Mais si je fais rien, tu me promets de... de faire profil bas aussi, d'accord ? Au moins le temps que tout ça se calme. » Et après, j'aviserais. Quand ils penserons que tout sera terminé. C'est toujours mieux d'attendre et de frapper quand ils s'y attendent le moins. Donc c'est d'accord Harley, je ne ferais rien. Dans l'immédiat. « Te voir comme ça, ça me fou mal à chaque fois, tu le sais ça ? »

Aujourd'hui.
Tu croyais que j'allais lui dire quoi Harley ? Que nous étions ensemble là-haut ? Que nous formions un couple heureux et épanouis ? Bah non. Non parce que c'était faux. Notre couple était tout ce qu'il y avait de plus chaotique, illogique... Enfin, je crois ? En réalité c'était la version qu'il préférait se ressasser encore et encore. C'était bien plus facile de dire qu'il avait perde quelque chose comme ça que le contraire. Bien sûr qu'au début il n'avait pas arrêté d'y songer. Avec Kimi, sa relation avec Harley était la chose la plus belle qu'il avait abandonné en arrivant sur terre. Et ça, il le savait, il ne s'en remettrait jamais. Et c'était en le revoyant il y a quelques semaines qu'il avait compris que son rêve de revivre tout ça un jour, pouvait être définitivement enterré. Oui, parfois il avait eu envie de pleurer comme un môme en y repensant, mais il avait gardé le peu de contrôle qu'il avait de lui même pour ne pas céder. Il avait essayé de se souvenir des pires moments de leur relation pour relativiser... Et c'était dix fois pire, parce que même ce genre de chose lui avait manqué cruellement sur terre.

Long time ago.
"Pour une pédale..." Oh Varian, barre toi d'ici, et vite. Pourquoi il fait tout ça aussi l'autre courge si ça le dégoutte ? Si ça se trouve, demain il aura hurlé sur tous les toits ce que vous venez de faire et tu peux dire adieu à ta réputation de gars bien, sympa et et.... Les mots se bousculaient dans sa tête, allant du "bah je sais pas, c'est toi qui m'a embrassé la première fois" au "non pardon", bref, c'était pitoyable mais de toute façon, aucuns de ces mots ne franchirent ses lèvres. Il se contenta de baisser un peu la tête, l'air presque penaud et honteux. Bah merde Varian, il a réussit à te faire te sentir mal là... C'était peut-être parce que lui se foutait éperdument de ce genre de chose. Il ne s'était jamais trop posé de questions à ce sujet non plus à vrai dire. Il laissa tomber sa main en marmonnant un vague « « 'scuse... » et ses yeux balayèrent la pièce dans laquelle il se trouvait. C'était maintenant qu'il devait se barrer en se maudissait pour toujours de l'avoir touché, c'était ça ? Et soudain, clic. Lumière en plein dans sa tronche, plus de draps, plus rien. « Harl-aaargh... » Il n'eut pas le temps de se recroqueviller pour cacher ce qu'il y avait à cacher – si seulement – que son voisin l'embrassait à nouveau. Ok, j'arrive plus à te suivre moi... Mais maintenant qu'il avait plongé son regard dans le sien, c'était à nouveau panique à bord dans tout son être. « Mmh mmh... » Son cœur battait la chamade et il ne pu s'empêcher d'esquisser un sourire heureux, l'attirant un peu plus contre lui. Tu vas me rendre dingue Harley, vraiment. Après une énième caresse un peu trop brûlante il se retrouva cloué sur le matelas et laissa échapper un petit grognement en sentant les lèvres d'Harley descendre le long de son torse. Vraiment Harley ? C'est si mal que ça ?
« Ça va. » Quelle question, tu sais que je te taquines. J'ai aimé, évidement, je crois que j'ai été assez clair là-dessus pendant que l'on... bref. « Où sont mes affaires... »  marmonna t-il. Il hésitait entre fuir son regard et affronter comme un grand ses propres décisions. Est-ce que t'as déjà été aussi gêné Varian ? Non, non je ne crois pas. Il s'était redressé, toujours en évitant son regard et se pencha par dessus le lit, toujours en quête d'affaires à se mettre sur le dos. « Mmh ? » Trop tard, il avait levé les yeux au mauvais moment. « Si ça me dérange pas de... de ? » Sa voix avait cafouillé au moment de prononcer cette phrase et il chopa son caleçon qu'il enfila à la va vite. Le regarde pas dans les yeux, c'est terrible. Il voulait savoir s'ils allaient remettre ça ? « Ah heu... » Dire non serait mentir. Bien sûr qu'il en avait envie. Il ne savait pas pourquoi il en avait envie, mais c'était un fait. « Je heu... non ça ne me dérange pas... » Et lui qui pensait que les pires moments de gêne étaient passé. C'était tellement plus simple avec les filles tu sais Harley... D'accord, c'était peut-être parce qu'avec elles je n'avais pas d'autres idées derrière la tête alors qu'avec toi, les questions affluent à chaque secondes.
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Harley Weise


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MessageSujet: Re: Tell me what you know about dreaming. (harley) Dim 19 Nov - 19:03

dans le présent.
Harley cessa de rire et resta silencieux un moment. Il sentait Luna à ses côtés qui les fixaient avec intérêt,. Il sentait aussi le regard de Varian qui lui brûlait la peau, qui le faisait ressentir une honte et une gêne dont il ne voulait pas. L'esclave qu'il était se cacha derrière ses mèches de cheveux collées les unes aux autres par les saletés et il garda le silence, cédant de temps à autre à de nouveau excès de rire. A posteriori, l'idée que l'Arche puisse être un bel endroit continuait de te paraître risible. Même à toi, qui refusait de penser à avant, de te rappeler tout ce que tu avais perdu, ça te semblait surréaliste. Ici bas, tu avais trouvé une chose que tu n'avais jamais eu là-haut, dans les étoiles : un but. Il était e qu'il était mais tu donnais tout pour cela, tout pour servir Nei. Tu connaissais les règles parce qu'elles étaient claires, évidentes et faciles. On t'avait dit de ne plus réfléchir, de te soumettre entièrement et c'est ce que tu avais fait. Devant Azgeda, ta sauveuse, tu avais cédé puis tu avais dévié de nouveau avec les nomades. Et face au paradoxe de Nei, tu t'étais incliné une fois de plus. Elle voulait parfois te voir la regarder en face mais tu t'y refusais parce que tu connaissais le jeu : si tu croisais son regard, elle frapperait. C'était facile, comme jeu, tu pouvais y jouer. Sur l'Arche, les dés avaient toujours été pipé et il n'y avait pas de bonne réponse. Il s'essuya le nez avec sa manche et resta enfin silencieux.

dans le passé.
« J'y peux rien. Tu n'as pas, parfois, l'impression d'être pris au piège ? L'impression que peu importe ce que tu fais ou dis, les gens réagiront de la même manière ? Qu'ils te rendront toujours coupable ? » Moi oui. Que je dise oui ou non, c'était pareil, ce serait moins le responsable, le fautif. Kimi, ton beau-père, toi… Vous étiez sans doute les seuls à me considérer vraiment. Ensuite il y avait l'immense masse de ceux qui en avaient rien à foutre – et je les comprenais – et puis venaient ceux qui se prenaient pour Dieu. « Je suis quelqu'un de prévisible. C'est toujours facile de jouer avec moi. Mais toi... » Varian, c'était son exact contraire, son parfait opposé. « Si on ne fait rien, ils me tomberont dessus tout de même. Ou sur toi s'ils savent qu'on travaille ensemble. Je… Je veux juste que, si tu as une idée pour nous sortir de là, tu ne me demandes pas de rien faire. Enfin o-on n'est pas toujours obligés de tout régler seuls et... » Il ne trouvait pas ses putains de mots pour donner le fond de sa pensée. « T'es le cerveau du duo, Standall, mais je ne suis pas juste bon à casser des dents et à m'énerver. Balance tes idées, on les exécutera. Je... Je t'obéirai. Mais ne me demande pas de ne rien faire. » Il en serait incapable et il le savait. Si on lui tombait dessus, si on le provoquait… Il perdrait à coup sûr.

dans le présent.
Pourquoi pleurait-il encore ? Pourquoi faisait-il toutes ces choses étranges depuis qu'il l'avait revu ? Pourquoi est-ce qu'il se sentait cassé, brisé de l'intérieur, quand il côtoyait Varian ? Et pourquoi son cœur continuait-il de lui faire aussi mal ? Parce que ce n'était pas ton Varian que tu avais retrouvé il y a quelques semaines. C'était un Varian erroné, mis en échec par cette vie ici bas. Ce n'était plus le garçon qu'il avait aimé, à qui il avait fait l'amour tant de fois, qu'il avait autant détesté qu'aimé. Ce n'était plus celui qui l'appelait voisin, celui qui vivait juste en face de chez lui, celui qu'il avait maudit un milliard de fois, et à qui il avait susurré de jolis mots un autre milliard de fois. Ce n'était plus celui qu'il fallait cacher… Pourtant si, ils continuaient de se cacher même ici, alors qu'ils n'existaient même plus. Même ici, Varian refusait d'admettre ce qu'il y avait eu entre eux un jour. Est-ce que tu crois que, quelque part au fond, il pourrait t'aimer encore Harley ? Est-ce que tu crois que ce qu'il te racontait avant, c'était vrai ? Tu crois qu'il était sincère quand il t'avait dit qu'il t'aimerait toujours, même des années après, même défiguré ? Avant, tu y avais cru, ses paroles t'avaient apaisé et tu t'étais enfin senti tranquille. Harley franchit la courte distance entre lui et Varian et quatre pattes et pencha la tête pour regarder ses yeux. « Et il est où, mon voisin ? » demanda-t-il dans un souffle. Oui, il était où, ce voisin que Varian se targuait d'être ? Il était où, celui qui lui avait chuchoté toutes ces choses ? Il était où ? Harley ne le voyait pas. « Moi je le vois pas, le voisin. » chuchota-t-il.

dans le passé.
Reprends-toi, reprends-toi, REPRENDS-TOI. Harley cessa de tourner le dos à son voisin pour le regarder de haut. « Ok, cool. » D'accord, c'était le grand retour des phrases débiles et mal placées. Dire qu'en lui, il sentait son cœur battre à tout rompre, le laissant prêt à défaillir d'excitation devant la perspective de… Il avait déjà eu des plans culs mais avec Standall, ça n'avait rien à voir. C'était beaucoup plus que quelque chose de simplement charnel. Il y avait des sentiments, de la passion… Et pour une fois, il se sentait prêt à dire qu'il avait trouvé de l'amour dans les actes. Il avait voulu lui faire plaisir, il avait voulu qu'il l'aime et qu'il aime. « Enfin je veux dire que… J'ai beaucoup aimé aussi. Euh, c'était une bonne nuit quoi. Et, euh… Je suis content que tu sois partant pour remettre ça, et… Enfin voilà. » Il se tourna d'un geste un peu guindé à la fois pour dénicher son pantalon et pour se donner une contenance.
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Varian Standall


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MessageSujet: Re: Tell me what you know about dreaming. (harley) Dim 19 Nov - 20:51

Il se surprit lui même à n'avoir aucun mouvement de recul s'approcha. Seul ses yeux se plissèrent un peu plus alors qu'il essayait de comprendre où Harley voulait en venir. Où était son voisin ? Et bien, de toute évidence, il avait finalement retrouvé la parole. C'était quoi ça encor,e un test ? Le début d'une longue tirade sur leur passé à tous les deux ? Pas de longues tirades, non, le Harley qu'il avait sous les yeux n'était plus un grand bavard contrairement à celui qu'il avait connu sur l'Arche.

« Il est mort il y a longtemps ton voisin Harley. Il a essayé de s'accrocher, tu sais. »

Pas longtemps, c'est vrai. Parce que j'ai très rapidement compris que si je ne la fermais pas, si je jouais au plus malin avec eux, je ne ferais pas long feu. Et quand je te vois aujourd'hui, je me béni d'avoir été aussi lâche et trouillard. Je n'aurais pas aimé finir comme toi Harley, vide. Au fond il espérait toujours pouvoir redevenir le garçon qu'il était sur l'Arche, mais la route pour y arriver serait longue. Et il n'avait pas encore posé le pied dessus.

Long time ago.
Mais moi ? Moi j'étais quoi Harley ? Imprévisible ? Parfois tu te plaisais à penser que oui, que tu étais au-dessus de tous ces guignols. Mais il suffisait qu'on te connaisse un peu pour qu'on comprenne comment tu fonctionnais. Tu ne te donnais pas vraiment la peine d'être fin quand tu étais agacé.
Varian haussa les épaules, le regard subitement dans le vague. Il voulait faire un truc, tous les deux ? C'était nouveau, et ça ne t'enchantais pas vraiment. Mais d'un autre côté, tu étais sûr que comme ça, Harley ne finirais pas à nouveau dans la pièce d'à côté. Ou du moins, pas avant que d'autres embrouilles lui tombe dessus. « Bon heu... » Ne pas toujours tout faire tout seul. « D'accord... » Il était très moyennement emballé, Harley avait du le sentir. Mais comprend moi Harley, je veux pas qu'il t'arrive quelque chose, moi aussi je ne sais pas de quoi je serais capable si un jour tu finissais aux portes de la mort. Il hocha de la tête  au moment où Victor réapparus. Tu en as mis du temps dis donc… « On voit ça demain, ok ? » glissa t-il à Harley avant que son beau père ouvre la porte du cabinet. « On y va les garçons ? »

Aujourd'hui.
Varian baissa la tête pour regarder le sol sans grande conviction. Pourquoi tu me regardes comme ça, hein Harley ? Tu veux que je m'excuse ? Que veux-tu que je fasse au juste ? C'est vrai qu'il y a longtemps, je t'avais juré de toujours être là pour toi mais aujourd'hui ? Regarde toi. C'était beaucoup trop compliqué. C'était trop dur pour moi, désolé. Et puis, au fond, tu n'étais plus vraiment Harley, hein ? C'est ça Varian, c'est toujours plus simple de penser des trucs comme ça que d'affronter ta propre lâcheté, hein ? Il fut un temps où l'avoir ainsi en face de lui lui aurait donné envie de poser ses lèvres sur les siennes. Et aujourd'hui ? Il n'en avait aucune envie. Parce que tout ce qu'il voyait, c'était un Harley qu'il n'aurait jamais pu aimer par le passé, par le Harley dont il était tombé fou amoureux.

« Recule, s'il te plaît. »

Long time ago.
« Une bonne nuit ? » Il enfila son débardeur en prenant grand soin de ne pas l'enfiler à l'envers. « Ouais, voilà, à refaire. » Bon dieu mais tu t'entends Varian ? Est-ce que tu t'entends vraiment ? Il avait une folle envie de se téléporter très loin de cette chambre. Entièrement rhabillé, il se tourna vers son voisin, ouvrit la bouche pour débiter encore une phrase sans sens mais la referma sans dire un seul mot. « Bon ben heu... » Ses yeux firent la navette entre les draps défaits, le voisin et la porte de chambre et il sentit de nouveau son visage prendre cette teinte tomate dont il avait horreur. « Cool. J'espère que heu… non rien. Aller, il faut que j'y aille parce que… voilà. » C'était tout à fait clair ce que tu viens de dire tient. Il se pencha vers Harley pour lui déposer un baiser rapide sur les lèvres. Putain, tu viens de faire quoi là ? Varian ! Varian reprend toi bon sang ! « Merde pardon... » Ok, il n'en pouvait plus, il tourna les talons et fonça vers la porte de sortie (qui semblait briller de mille feu, telle une belle porte menant au niveau final d'un super jeu vidéo) et fonça chez lui avant de gaffe encore une fois ou de cafouiller des phrases sans aucun sens.

Une semaine. Bon sang ça faisait une semaine. Qu'il le voyait presque tous les jours, dans les couloirs, en sortant ou en rentrant chez lui… Et à chaque fois, c'était la même chose. Il piquait un fard tellement violent qu'il avait l'impression de fondre du visage. Il ne disait pas un mot – il ne lui en avait pas dis un seul depuis cette fameuse nuit – et fuyait son regard. Et c'était étrange, parce que tu n'avais jamais eu ce comportement avec personne d'autre avant. Même avec Cara quand vous l'aviez fais la première fois, le lendemain avait été un lendemain normale, comme les autres, idem pour les jours qui avaient suivis et vous étiez restés amis même après coup. Et là… Tu savais que tu étais comme ça parce qu'il s'agissait de lui. « Crotte... » Et ce jour là la porte de la cabine des Standall refusait de s'ouvrir du premier coup. Et il l'avait clairement vu à l'autre bout du couloir. Il l'entendait se rapprocher et comme à chaque fois il… ne pouvait pas le voir. Les yeux rivés sur sa porte, attendant qu'il passe et entre chez lui, Varian se sentait franchement con. Il est derrière toi, je crois qu'il ne bouge pas d'ailleurs… « S-salut Harley. » fit-il sans se retourne pour autant. Bon sang, ça faisait du bien de lui parler, juste un peu. C'était les premiers mots qui lui lâchait depuis cette nuit-là. Putain, mais tu vas t'ouvrir foutue porte de merde ? Il donna un violent coup de pied dans ladite porte avant de jurer une nouvelle fois dans sa barbe.  
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Harley Weise


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Inclement Earth

MessageSujet: Re: Tell me what you know about dreaming. (harley) Lun 20 Nov - 21:46

dans le passé.
« Mais c'est bon, y a personne. Ramène-toi qu'on en finisse. » Harley attrapa Varian par les hanches et le tira en arrière, le forçant à refermer la porte qu'il était en train d'ouvrir. Il avait envie de sentir son dos contre son torse là tout de suite, de lui embrasser la nuque sans plus s'arrêter, de plonger son visage dans ses cheveux et tout oublier. Il ne voulait plus attendre, plus maintenant qu'ils étaient seuls, tous les deux, sans personne pour venir les emmerder. Les faux-semblants et les jeux de rôle de la journée lui pesaient tout au long de la journée, pendant qu'il prétendait n'être que le voisin en mauvais termes avec Varian. « Tu sais combien j'ai rêvé ça toute la journée ? » Il lui glissa un baiser à la naissance du cou, marmonnant les mots dans son oreille. « Me fais pas languir plus Standall, s'il te plaît. » Il lui glissa d'autres baisers, absolument persuadé d'être seul avec son petit-ami, seul jusqu'au lendemain où il pourrait s'esquiver discrètement au matin. « Aller, s'il te plaît… » Il chuchotait toujours, son nez frôlant l'oreille de l'autre garçon. « Aller Varian... » Varian, juste pour lui, juste pour eux, dans leur intimité la plus profonde. C'était un cadeau pour toi, le Varian, juste pour toi, parce que ça me donnait l'impression qu'on était plus proches que jamais. Jamais dehors, et jamais dans nos conversations normales, je ne t'aurais appelé ainsi.

dans le présent.
Mort ? Mort ? Il était mort, mon voisin ? Il n'était pas mort, il était juste là, juste sous mes yeux, tout près. Si près que j'aurai pu le toucher, le caresser, effleurer ses mains meurtries. Il n'était pas mort puisque je pouvais le voir et me sentir si bizarre à ses côtés. « … Mo-mort ? » Trop proche, beaucoup trop proche pour que ce soit communément acceptable, Harley continua de fixer Varian entre ses mèches rebelles, les yeux grands ouverts sur les tréfonds de son incompréhensions. Non, il ne comprenait pas, son cerveau bizarre refusait de saisir le sens et les nuances des propos de son ancien voisin. Recule, s'il te plaît. Tu l'as entendu, Harley ? Il veut que tu recules, que tu le laisses. Que tu obéisses. Toi aussi tu as envie d'obéir, regarde comme tu trembles de rester là, de refuser d'obtempérer... Tu sais ce qu'il se passe quand tu fais ta mauvaise tête Harley ? Tu sais ce qui arrive ? Mais oui tu le sais, tu es intelligent pour cela, Harley. C'est bien, recule Harley, bon garçon. Gentil Harley. Il asséna une violente pichenette sur le nez de Varian et se redressa d'un coup. « C'est pas vrai, t'es pas mort ! Tu me l'as dit. Tu m'as dit « Mais putain, ferme-la, je suis pas mort » ! Tu me l'as dit ! » couina-t-il dans un bizarre mélange de colère et de désespoir. Il les planta là pour se réfugier dehors, près du brasier. Assis tout près du corps en flamme du géant aux yeux de glace, je fixai l'apocalypse à échelle réduite que j'avais créée. Parfois j'y songeai, à me jeter dans les flammes ou du haut du falaise, à tailler mes veines pour en finir. Pour me sentir enfin tranquille, enfin mort. Je ne le faisais pas pare que j'étais un lâche et un trouillard, et parce que quelque part je continuais de rêver de demain, de ce qui pourrait arriver. Je n'avais pas beaucoup d'espoir mais j'avais toujours été un rêveur et même aujourd'hui, même avec toutes ces limites, je continuais d'attendre la fin de la nuit.

dans le passé.
« Euh ouais, à refaire… euh, un jour. » En slip devant un Varian Standall paré de pied en cap, il rougit de nouveau et se hâta d'enfiler son pantalon, le mettant d'abord à l'envers. « Merde... » Il se battit inutilement contre le traître vêtement et fut pris par surprise par Varian qui lui colla un baiser sur les lèvres. Il balança deux-trois autres trucs pas clairs avant de décamper pour de bon, laissant Harley seul au milieu de ses draps défaits. Pourtant, le jean toujours à l'envers et à moitié enfilé, celui-ci finit par se fendre d'un grand sourire bientôt suivi d'un petit rire. Il se laissa tomber sur le lit et fixa le plafond. « Harley ? Toujours au lit ? » Jan Weise ouvrit sa porte et fixa son fils avec son habituelle et exaspérante perplexité. « Qu'est-ce que tu fabriques ? » « Je baise. » Le paternel leva les sourcils et sa perplexité laissa place à la phase deux, une sorte de mélange entre l'exaspération et le dégoût. « Ton pantalon est à l'envers. » « Ouais. » « Et ne ramène plus de fille chez moi, Harley. » « Pas de soucis. » Du coup, un mec…?

une semaine. Pressé, Harley traversa la moitié de la station pour rentrer chez lui. Une semaine qu'il avait tripoté Standall dans sa piaule, une semaine que ça lui hantait l'esprit, une semaine qu'il s'arrêtait au coin du couloir pour vérifier qu'il n'y avait pas d'embûches, qu'il pourrit rentrer chez lui discretos pour ne plus en sortir avant le lendemain matin. En gros, Harley Weise évitait son voisin parce qu'il ressentait un mélange de honte, de gêne et d'excitation qui ne lui disait qui vaille. Mais cette fois-ci, il lui manquait un truc important, toujours caché sous son lit, et il lui fallait illico ou sa vente foirerait. Et ça, pas question. Au détour du couloir, il l'entrevit bien et il fut bien tenté de faire volte-face comme toutes les autres fois, d'attendre un peu… Hé mec, prends ton courage à deux mains quoi, merde. T'as des couilles ou pas ? Rougissant légèrement par avant, Harley se lança dans le couloir en fixant le sol, priant pour que Standall ouvre cette putain de porte et rentre chez lui. Qu'est-ce que tu branlais à la fin, à tripoter ta porte ? Trop tard. « Euh ouais salut. » répondit-il d'un ton bourru. Okay t'es grillé, tu peux plus te cacher. Harley se retourna lentement et s'appuya contre sa porte tout en regardant Varian foutre un grand coup de pied dans la sienne. « T'es coincé dehors mec, pas de bol. » Éviter le sujet, éviter le sujet, avant de… Trop tard, il rougit encore davantage. « Euh… Tu veux venir chez moi en attendant que quelqu'un d'autre rentre chez toi ? » EXCELLENTE IDÉE, HARLEY. L'inviter chez toi, parce que l'ambiance gêne n'était déjà pas à son maximum tiens. Bravo, bravo. « Enfin, euh… Si tu veux... »
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MessageSujet: Re: Tell me what you know about dreaming. (harley) Lun 20 Nov - 22:58

Long time ago.
« Toute la journée ? T'es insatiable voisin. » Il esquissa un sourire en sentant un nouveau baiser d'Harley sur sa nuque. Seuls, ils l'étaient, il en était sûr et certains. Et puisque Harley semblait penser la même chose… Sa sœur était chez une amie, ces parents étaient partis travailler il y a moins de dix minutes et ne rentrerais que le lendemain, en toute fin de matinée. Bref, ils avaient largement de temps. Il se retourna, plantant un baiser avide sur ses lèvres. « Mais j'aime ça. » Moi aussi j'y ai pensé toute la journée. Parfois j'me dis que c'est terrible à quel point j'aime être avec toi. Je n'ai jamais tenu aussi longtemps avec quelqu'un tu le sais ça Harley ? J'aime chacun de ces moments passés avec toi, tous sans exception. « Viens par là... » Il l'entraîna dans sa chambre, claqua sa porte sans la moindre douceur et se retrouva de nouveau collé à son petit ami, ses mains se faufilant sous son haut. De temps en temps il lui arrivait de penser à leur première fois. Il en riait presque, parce qu'aujourd'hui la gêne s'étaient envolée pour de bon. « J'crois que j'vais te faire attendre encore un peu Harley, j'aime bien te voir dans cet état. » Il le cloua sur son matelas, multipliant les baisers sur son torse et dans le cou. « Pis ce soir, tu me laisses faire. » murmura t-il au creux de son oreille.

La jeune fille était un peu triste que son amie soit tombée malade. Du coup, pas de chouette soirée entre filles. Tant pis, elle avait son frère, peut-être joueraient-ils tous les deux à un de ces jeux ? Quand elle entendit la porte de leur appartement claquer, elle releva la tête de ces livres de cours. Ah, enfin, il était rentré ! Alors qu'elle s'apprêtait à l'accueillir à coup de câlins elle entendit une autre voix. Harley ? Tu fais quoi ici à cette heure ? Finalement Kimi Standall ne sortit pas de sa chambre. Elle n'en eut pas le loisir. Rouge tomate et gênée comme jamais elle se glissa sous sa couette avec un livre, l'air de rien. Faire comme si de rien n'était, faire comme si elle n'avait rien entendu dans le couloir… Trop tard. Elle attrapa son casque, son baladeur audio et se l'enfonça sur les oreilles. Elle monta le volume à fond et opta pour une musique bien rock. La dernière chose qu'elle voulait entendre c'était son grand frère chéri s'envoyer en l'air avec son nouveau meilleur ami.

Bip. Bip. Bip. Bip. Sa montre sonna à neuf heures pétante. C'était au cas-où, pour éviter de se faire surprendre quand les vieux rentreraient du boulot vers midi. À contre cœur il se détacha de son petit ami et il assena un coup un peu brutal à sa montre et se retourna vers le garçon qui dormait (encore?) dans son lit, juste là, à ses côtés. Il lui passa une main sur la joue, dans les cheveux et se perdit instants sur ses omoplates. Les lendemains comme ça était les meilleurs. Parce qu'il commençait sa journée avec la plus belle des choses que cette capsule flottante dans l'espace ait pu offrir. Lui. « Faut s'lever... » chuchota t-il. « J'ai genre, trop faim. » Nouvelle myriade de baisers sur le haut du dos. On peut en profiter Harley, on est rien que tous les deux, toi et moi… si c'est pas génial.

Aujourd'hui.
La pichenette d'Harley sur son nez encore endoloris lui arracha un petit couinement de douleur et Varian fronça les sourcils.

« Mais tu le fais exprès d'être con ou quoi ?! »

Sa voix avait de nouveau grimpé, malgré tous ses efforts pour se contenir. S'il ne pouvait même plus saisir de simples images… Merde Harley, mais merde quoi ! C'est à croire que tu le fais exprès ! Il s'était relevé pour le suivre dehors et le retrouva planté devant le brasier qu'ils avaient gaiement allumé un peu plus tôt. Les bras croisés, Varian s'arrêta à une distance raisonnable de son ancien voisin.

« C'était une… métaphore. »

Bon sang. Il se sentait bête d'expliquer ça à haute voix. Mais tu te sentais obligé, hein Varian ? Va savoir, tu ne voulais pas le laisser avec des idées étranges en tête. Tu ne voulais pas qu'il s'en fasse, qu'il ne soit plus mal qu'il ne le soit déjà.

« L'ancien moi n'est plus là, c'est tout. Comme toi, c'est la même chose. »

C'est qu'il t'avait donné envie de chialer comme une fillette en plus de ça. Les yeux rivés sur le dos d'Harley, il hésitais entre poursuivre son monologue ou retourner à l'intérieur. Sans doute qu'il le faisait bien chier, quoi que… Il n'en savait rien. Ce n'était pas comme autrefois où il arrivait à deviner le fond de ses pensées. À peu près du moins. Là, c'était compliqué.

Long time ago.
Sa porte devait comprendre tout l'enjeu qui se jouait dans ce couloir. Elle était de mèche avec son voisin. Tout ça, ce n'était qu'un complot… Est-ce que tu t'entends penser Varian ? C'est une porte. Une stupide porte. Si elle bloque, c'est juste que son système est défectueux. « C-chez toi ? » Les images de leur dernière soirée ensemble défilèrent à toute allure dans sa tête et Varian du prendre sur lui pour ne pas fondre littéralement avant de se jeter dans ses bras. Il resta calme (ou du moins, d'un point de vue extérieur) et se pivota lentement pour lui faire enfin face. Il passa une main dans ses cheveux pour se donner un air décontracté (mais il ne l'était pas, il fallait être aveugle pour ne pas le remarquer) et prit une petite inspiration avant d'enfin formuler une réponse claire. « Je veux bien, merci, c'est très gentil de ta part. » Il avait envie de se foutre des baffes. Vraiment, mais au lieu de ça sa démarche de robot avait pris le dessus et il entra chez les Weise, une nouvelle fois. Je n'aurais jamais mis autant les pieds ici qu'en une semaine… « Tu… Tu as passé une bonne journée ? » Il avait essayé d'avoir l'air cool le moins gêné possible et s'était installé sur une chaise dans la cuisine. Il n'osait pas aborder ce qu'il avait fait l'autre jour. Il n'y arrivait pas. Pourtant, ils allaient bien devoir en parler. Il t'a même proposé de remettre ça, et tu étais loin de ne pas vouloir… « Bon, aller je... » C'est bien, prend les devants Varian. « Je me jette à l'eau. Je t'ai ignoré pendant une semaine, mais c'est qu'en réalité j'étais juste mal à l'aise de ce qu'on avait fais. » Tu n'avais pas bégayé une seule fois. Et tu en étais fier. « J'ai pas envie d'être un simple plan cul. » Ah, c'était donc ça qui te tracassait Varian ? Le voilà le fond de ta pensée. Le reste, tu t'en foutait un peu, mais ça, ça c'était important ! Tu voulais être quelqu'un pour lui. Et tu voulais qu'il devienne également quelqu'un pour toi, c'était aussi simple que ça. Voilà.
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MessageSujet: Re: Tell me what you know about dreaming. (harley) Sam 25 Nov - 11:04

dans le passé.
« Salopard... » marmonna-t-il en serrant les dents, excité comme une puce au contact du torse de Varian sur le sien. Il le voulait plus près, encore plus près, jusqu'à fusionner avec lui, ne faire plus qu'un avec le seul capable de le mettre dans un état pareil. Tu étais l'une des seules choses de bien dans ma vie Varian, et tu étais ma seule faiblesse aussi. Qu'on me frappe, qu'on démolisse mon corps, qu'on me casse et qu'on me disperse au vent, je m'en fichais. Qu'on tue mon père, qu'on me l'enlève, qu'on me laisse plus seul que je ne l'étais déjà, je pouvais dire oui. Qu'on me rende dingue, qu'on me détruise, je pouvais l'admettre. Mais toi ? Tu sais, parfois j'imaginais qu'on t'enlevait à moi pour une quelconque raison. J'imaginais qu'on te jetait dans l'espace comme ma mère des années auparavant, te laissant dériver dans la solitude la plus extrême au milieu de l'infini… Tu sais alors ce qui me venait à l'esprit ? Rien. Rien, parce que ce rien serait ce moi sans toi. Je n'existerais plus si tu n'étais plus là, je serais mort, pour de bon, pour de vrai. Je n'avais jamais su me passer de toi Standall, jamais, et je n'en serai jamais capable. Si tu disparaissais, je disparaîtrais avec toi, quand bien même mon corps existerait toujours.

« Putain de montre... » Harley se retourna sous la couette en bougonnant quelques mots incompréhensibles et se cacha sous un oreiller dans le mince espoir d'atténuer le bip stridente de cette stupide montre que son voisin s'obstinait à porter. En soupirant, il balança le coussin hors du lit et resta étendu sur le ventre, les yeux fermés. J'esquissai un léger sourire en sentant ta main effleurer ma joue puis balayer doucement mes cheveux. C'était les matins comme ça que je préférais, avec juste le sentiment d'être aimé, d'avoir ma place quelque part, avec toi. Je ne te le disais jamais vraiment mais j'aimais chaque instant avec toi. Quand on s'échangeait un sourire discret, quand on faisait un truc tous les deux, quand on bavardait, quand on dealait, quand on faisait l'amour… Faire l'amour, c'était ça. Avec tous les autres, ça n'avait été que des parties de baise, pour les sensations, parce que ça occupait et que c'était drôle. Avec toi, tout prenait du sens, je pouvais comprendre pourquoi on donnait un aussi joli nom à quelques acrobaties dans un lit. Harley frémit sous les baisers de Varian et roula vers lui sans douceur, un petit sourire de gamin sur le visage. « Trop faim de quoi ? De moi ou de p'tit déj' ? » Écrasant vaguement son voisin de pallier, l'Archéen se redressa sur un coude et posa un baiser furtif sur les lèvres de Varian… avant de recommencer, encore et encore. Dans un rire léger, il se blottit enfin contre lui. Oui, on avait le temps. On n'allait que très peu chez moi à cause du paternel imprévisible, toujours prompte à rentrer à des heures indues et à ne pas se gêner pour venir jeter un coup d’œil dans ma chambre. Chez toi en revanche, c'était beaucoup plus safe avec tes parents réglés comme des horloges. Quant à ta sœur, je savais toujours où elle se trouvait vu qu'elle me racontait tout. « Tu ne me quitteras jamais, hein ? » La question était sortie toute seule, avec au fond une légère touche d'inquiétude. Harley se redressa d'un coup et se fendit d'un nouveau sourire. « Enfin allons déjeuner, j'entends ton bide qui crie famine là-dessus. » Pour changer de sujet et appuyer ses propos, il tapota le ventre de son petit-ami en ricanant.

dans le présent.
Il ne faisait pas exprès d'être con, c'était ce qu'il était devenu pour se protéger, et peut-être aussi parce que le fragile équilibre qu'il avait vainement protégé sur l'Arche avait enfin fini par se rompre. À quel moment j'avais perdu Harley pour devenir cet esclave de vingt-quatre ans qui se comportait comme un petit garçon ? Je ne sais pas. Je ne sais pas quand est-ce que Harley avait choisi de se cacher, de s'effacer juste au cas où, pour ne plus voir, ne plus entendre et ne plus comprendre. Moi je savais, je savais tout. J'étais à la fois Harley et Harley, l'ancien et le nouveau, le vrai et l'enfant. J'étais le Harley des deux temps, l'intelligence violente et la naïveté enfantine. J'étais cet étrange mais acceptable Harley du passé et cet insaisissable du présent. Moi je voyais ce que j'avais perdu et ce qui restait inaccessible. Une métaphore. L'esclave ne bougea pas d'un pouce aux mots de Varian mais quelque part, il se sentit reconnaissant qu'il l'ait suivi dehors. « Ah... » Sa voix trembla un peu alors il se tut de nouveau. « Mais il reviendra un jour ? Varian reviendra ? » demanda-t-il à voix basse, comme s'ils parlaient d'un secret bien gardé. Dans sa voix aux accents enfantins traînait la même inquiétude que des années plus tôt, sur l'Arche. Pas une inquiétude, une angoisse. Une violente angoisse. « Parce que moi… Moi je l'attends. » Et si... Il hésita, suspendit son geste un instant puis se retourna pour lever les yeux vers Varian. « Si tu n'es pas Varian, alors… Alors tu es qui ? » Et moi, je suis qui si je ne suis plus l'ancien Harley ? Si je ne suis plus moi, alors qui je suis ? Qui sommes-nous, sinon deux inconnus ? Il frissonna dans l'air glacial de la nuit typique d'Azgeda. « E-et moi ? »

dans le passé.
« Euh oui, chez moi... » Voilà, je me sentais déjà gêné d'avoir proposé ça et maintenant je me sentais en prime idiot. Varian accepta d'une manière fort guindé et Harley ouvrit sa porte avant de s'écarter pour le laisser passer, le cœur battant et des idées un peu déplacées – et franchement gênantes – en tête. Il suivit son voisin jusqu'à la cuisine, restant planté au milieu de la pièce minuscule pour regarder partout sauf le principal sujet. Qui prit la parole pour asséner une bonne claque à Harley. Mal à l'aise de ce qu'on avait fait ? Il n'aurait jamais voulu ressentir cette déception qui lui creusa un trou dans le cœur aux paroles de Varian et pourtant… Elle était là la vérité. Il attendait la suite en silence, le visage complètement inexpressif et les yeux posés sur un vulgaire aimant girafe que son paternel avait déniché des années plus tôt. « Un plan cul ? » demanda-t-il d'une voix blanche. « Tu crois franchement que je me tape des mecs toutes les semaines histoire de passer le temps ? Tu m'as pris pour quoi au juste, Standall ? » C'était assez étrange de voir Harley parler avec une voix aussi douce, aussi basse. « Désolé pour toi si t'as cru que t'étais un coup d'un soir pour moi, ou que je me couchais avec des hommes juste pour le fun. » Tu m'as pris pour quoi, Standall ? Je te donnais vraiment l'impression d'être du genre à baiser des gars parce que ça me plaisait, et que j'avais trouvé ça drôle de faire ça avec mon cher voisin ? Parce que je ne touchais pas aux hommes moi, j'étais pas comme ça. Plan-cul. Le mot l'avait blessé et ça se voyait dans son regard. Enfin je croyais que j'étais pas comme ça. Il attrapa ce fichu magnet girafe et le retourna entre ses doigts, regardant ailleurs.
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MessageSujet: Re: Tell me what you know about dreaming. (harley) Sam 25 Nov - 14:48

Long time ago.
« Mmh, des deux je suppose. » murmura t-il. Je t'aime Harley, tu le sais ça ? Que je suis amoureux de toi ? Je ne te l'ai encore jamais dis, sans doute parce que… Je sais pas, j'attends le bon moment. Je ne sais pas quand il viendra ce bon moment. Peut-être que j'ai peur aussi de te balancer ça comme ça ? De mal le dire, de tout bâcler… Du coup, j'attends. Il le laissa l'embrasser encore et encore, un sourire heureux sur les lèvres. « Nope, jamais. » Et comment pourrait-il hein ? Il était gaga d'Harley comme un enfant de son doudou. Chaque jour la perspective de pouvoir le serrer contre lui une fois sa journée terminé faisait de lui le garçon le plus heureux de l'Arche. « Ouais... » Il se leva avant d'enfiler un caleçon et un de ces tee shirt trop large. Il se pencha pour lui déposer un baiser furtif sur les lèvres. « On mange un truc et si t'es sage... » Petit clin d’œil avant d'ouvrir la porte de sa chambre. « Non parce que j'avoue que j'ai bien env… Kimi ? »

Sa sœur se tenait là, assise à la table de leur petite cuisine, un bol sous les yeux, un livre dans une main et une cuillère dans l'autre. Attend… Elle est pas censé être chez son amie là ? « Kimi ? » « Salut frérot ! » Il hésita deux secondes à refermer la porte de sa chambre et à y rester cloîtrer toute la journée. Mais après tout, peut-être venait-elle juste de rentrer ? Peut-être que… Il se sentit devenir blême mais ne se laissa pas démonter. « Alors ta soirée ? » Sa voix était… étrangement basse, avec un poil de gêne. Mon dieu Harley reste dans la chambre… « Oh, mon amie est tombée malade, je suis resté là et j'ai pu finir le livre qu'Harley m'avait prêté. » « Qu... » Soudain, ce fut comme si des milliers de regards étaient braqués sur lui, attendant une réaction. Sauf que sa bouche s'ouvrit sans qu'aucun son n'en sorte. Elle. Était. Restée. là. Toute. La soirée. Sa petite sœur. Sa gentille, douce, innocente petite sœur était… Clairement sa peau n'était plus pâle comme la mort mais rouge tomate. Il n'arrivait pas à déchiffrer l'air qu'elle avait sur le visage en cet instant. Elle cherchait visiblement ses mots, tout comme lui. Peut-être qu'elle a rien entendu ? « Tient, coucou Harley ! J'ai adoré ton livre ! » C'est bon, il avait définitivement envie de s'enterrer vivant quelque part loin d'ici.

Aujourd'hui.
« Est-ce qu'il... »

Les mots restèrent bloqués dans sa gorge.

« Tu l'attends ? »

Oh bordel Varian. Varian… Tu avais sentis les larmes te monter aux yeux de manière presque immédiate quand il avait prononcé ces mots. Et tu avais lutté pour qu'elles ne se versent pas. Pleurer ça ne te ressemblait pas. Tu avais pleuré quand il t'avait frappé, mais c'était légitime. Là ? Pleurer pour ça ? Pourquoi tu devais endurer ça, pourquoi ? Pourquoi est-ce que le mauvais sort s'acharnait-il contre toi ?

« Il… Tu... »

Ses mots se perdaient avant même qu'il ne puisse les prononcer. Rendez moi mon Harley. Pitié. Rendez le moi. Je serais prêt à tout pour ne voir ne serait-ce qu'une partie de lui. Regarde Varian, tu pleures. T'as l'air sacrément con aussi, planté comme ça avec cet air dévasté sur le visage. En fait c'est ce que tu es, con. T'es con d’espérer qu'un jour ta vie redeviendra comme avant, con d’espérer qu'Harley refasse surface. T'es un connard, juste un hypocrite et tout ce qui t'arrive, tu l'as bien cherché. C'est pour tous les gens que tu as pu blesser sur l'Arche, ceux que tu as envoyé à la dérive et pour t'être enrichis en te servant des merdes des autres. Tout ce qui arrive, ce n'est que le juste retour des choses. Tu aurais du écouter ta mère, être sage, et rester dans les rangs. Il essuya ses larmes avec un bout de sa manche.

« Au fond, on a peut-être eu que ce que l'on méritait... »

long time ago.
Varian secoua la tête. En fait, il n'en savait rien. Il se baisait sur ces propres expériences, autant dire, aussi courte que rare parce qu'il avait toujours été trop compliqué comme garçon et sur la réputation de son voisin. Ce n'était un secret d'état pour personne qu'Harley enchaînait les conquêtes. « Tu…. Tu m'apprécie pour de vrai ? » Il peinait à y croire. Il fallait que tu ouvres les yeux, que tu comprennes que ce soir là, tu n'avais pas été le seul à vraiment aimer tout ça, à être vraiment heureux dans le lit de quelqu'un. Son regard s'était perdu sur le bibelot qu'Harley tenait entre ses doigts et l'étrange gêne qu'il avait traîné jusque là se dissipa lentement. « J'me sens terriblement con là. Bon, je le suis. Un peu. » Mon dieu, de l'autodérision. Tu as autre chose de surprenant en stock Varian ? Il se leva de sa chaise pour regarder ses pieds.  « J'étais confus l'autre soir. La tête ailleurs et.. » Pourquoi tu te sens toujours obligé de tout justifier, hein Varian ? « Je suis désolé, d'accord ? » Oui Harley j'ai terriblement envie d'être avec toi, voilà tout. C'est juste que moi j'arrive pas à mettre des mots dessus, à me faire à l'idée. Et toi visiblement… Je sais pas, mais toi aussi y'a quelque chose qui te gène là-dedans, non ? Ou je suis seul à me triturer l'esprit alors que tout est pourtant si simple. Pourtant durant cette longue semaine il s'était surpris à y penser plus d'une fois. De se demander ce que cela faisait de vivre quelque chose avec le garçon qu'il avait aimé détester pendant tant d'année. Et ça faisait drôle, de penser à tout ça. Être en couple avec Harley Weise, ça faisait quoi au juste ?
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MessageSujet: Re: Tell me what you know about dreaming. (harley) Sam 25 Nov - 19:40

dans le passé.
« Et c'est moi qui suis insatiable ? Tu parles... » Il bougonnait pour la forme tout en enfilant un caleçon et un sweat trop grand qu'il laisserait de toute façon grand ouvert quand Varian s'interrompit pour balancer un prénom. « … Quoi Kimi ? » La vérité, c'est que d'un seul coup, il n'avait aucune envie de savoir. Il ne voulait pas avoir à imaginer pourquoi son petit-ami balançait le nom de sa sœur comme ça, de bon matin, en ouvrant sa porte. Il ne voulait pas songer à ce que ça pouvait signifier, à ce que… Mais si, Harley Weise avait très bien compris. Et là, tu t'es senti baisé – sans mauvais jeu de mots – c'est ça Harley ? Vous deux et vos précautions redoutables, vos plans limite machiavéliques pour cacher votre relation… Tout ça tombait à l'eau d'un seul coup, vous laissant comme deux cons dans la cabine de Varian. C'est bien cela ? Et puis la voix de Kimi, pour de vrai, démolissant les minces et stupides espoirs qu'Harley avait pu avoir. Parler de gêne pour décrire ce qui envahit l'Archéen à cet instant serait un euphémisme. De sa vie, il n'avait ressenti cela qu'une seule fois : le lendemain de sa première fois avec son voisin de pallier. Il jeta la capuche trop grande de son sweat sur sa tête dans l'idée naïve de cacher ses pommettes cramoisies et résista à grand peine à tirer sur les ficelles pour disparaître à jamais dans les méandres du vêtement. « Salut Kimi… Euh, content de savoir que ce livre t'a plu. Je te prêterai volontiers la suite si tu le désires et, euh, je peux aller la chercher tout de suite si tu veux. Je venais rendre un livre de classe à ton frère. » Un livre de classe. À Varian. À neuf heures du matin. Alors qu'ils avaient tous les deux fini leurs études. Le tout vêtu d'un simple caleçon et d'un sweat grand ouvert. Oui, bien sûr Harley. Oscar de la meilleure excuse de l'année. Sans parler de son ton guindé et des mots jetés à toute allure, comme une récitation. « Hum du coup… Je peux peut-être rentrer chez moi et, euh... » Disparaître à jamais… Mourir, c'était une plutôt chouette alternative là tout de suite.

dans le présent.
S'ils avaient eu ce qu'ils méritaient… Pourquoi ? Qu'avions-nous fait susceptible de nous jeter en Enfer ? Quel pêché pouvait être assez grave pour mériter un tel avenir ? Qu'est-ce qui, dans nos vies passées, avait pu nous mener à l'esclavage et à notre disparition la plus simple ? Est-ce qu'on avait mérité nos vies ici bas ? Est-ce que j'avais mérité d'être moi sans être moi, et de revoir un Varian qui n'était plus Varian ? Le silence donna l'impression de s'éterniser entre eux tandis que Harley fixait les flammes sans ciller. « Oui, je l'attends moi Varian. » Il hésita un grand moment avant de se lever et de s'approcher de Varian. « Mais sois pas triste. Il reviendra, il me l'a dit il y a longtemps. » Il renifla et afficha un petit sourire candide, renversant de naïveté. « Il m'a dit qu'il ne me quitterait jamais… Alors tu vois, il reviendra, non ? Je l'attends. » Harley contourna Varian pour rentrer à l'intérieur. Nous n'étions plus personne, ni l'un pour l'autre, ni pour les autres, mais je pouvais attendre que Varian revienne. Je pouvais aussi apprendre à te connaître, qui que tu sois, et tu pouvais faire de même avec moi. Nous pouvions bien être nous, en attendant le retour de ceux du passé. S'ils ne s'étaient pas définitivement perdus en chemin. Le cœur plus en paix, Harley rejoignit Luna qui tapota sèchement le sol à ses côtés. Bonne nuit Varian, où que tu sois.

dans le passé.
Harley se renfrogna un peu plus. « Tu veux une preuve écrite, peut-être ? » Il croisa les bras, serrant fort l'aimant dans le creux de sa main. « Mais bon, si tu étais confus l'autre soir alors... » Un sourire moqueur lui échappa. « J'imagine que je peux accepter tes excuses. » Il se sentait toujours mal à l'aise mais ce n'était plus vraiment de la gêne maintenant que les choses étaient dites. Et puis reprendre une conversation plus normale l'aidait aussi à reprendre contenance. Une conversation normale. Comme s'il pouvait y avoir une conversation normale entre deux garçons ayant couché ensemble et mettant les points sur les I. À quel moment t'étais devenu ce type, Harley ? À quel moment tu t'étais dit que c'était une bonne idée de coucher avec Varian Standall, de lui offrir n amour dont tu ne te pensais jusque là même pas capable ? Et pourtant tu l'avais fait. Pour la première fois de ta vie, tu avais offert un amour inconditionnel et généreux le temps d'une nuit, dans l'unique désir de faire plaisir à ton partenaire. Que celui-ci soit un homme et qu'il s'agisse en prime de Varian Standall… Est-ce que cela avait une véritable importance ? Pour toi oui, et ça en aurait aussi pour les autres, tu le savais. Tu aimais pour la première fois mais personne ne le saurait jamais. Il prit brusquement son courage à deux mains et s'approcha de Varian, perché sur l'un des tabourets de la minuscule cuisine, pour lui déposer un baiser délicat sur les lèvres. « Voilà, comme ça c'est officiel... » Il recommença plus longuement, et alla en s'enhardissant. Tu aimais quand je t'embrassais, Standall ? Parce que tu ne pouvais pas imaginer ce que ça me faisait à moi. Je trouvais une vraie tendresse là-dessus, et beaucoup plus de plaisir, beaucoup plus… d'attirance. Ce n'était pas quelque chose de forcé, de t'embrasser Standall. Non, c'était naturelle, comme si ça avait toujours fait partie de moi, de nous. J'avais embrassé une tonne de filles avant toi mais je n'avais jamais eu cette petite étincelle qui faisait que. Maintenant, je comprenais beaucoup mieux.
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MessageSujet: Re: Tell me what you know about dreaming. (harley) Sam 25 Nov - 22:18

Long time ago.
Kimi reposa sa cuillère et le livre qu'elle avait entre les mains pour leur jeter un regard amusé. Parce qu'elle trouvait ça drôle peut-être ? Harley débita la pire excuse du monde (mais il ne pouvait pas lui en vouloir, lui-même n'avait aucune idée de comment se sortir de là brillamment) et il sentit ses joues s'embraser de plus belle. Oh bon sang… c'est un rêve, hein ? Dites moi que je suis toujours dans mon lit, et que tout ça n'est qu'un vilain rêve. Il secoua la tête, déconcerté et tira une chaise. « Je vois... » Et elle avait éclaté de rire. Pas un rire méchant, pas un rire pour se payer leur tête. Mais le rire d'une personne vraiment amusé par la situation. « Heu je… » Il regarda Harley, un air confus, gêné au possible sur le visage. Sans trop s'en rendre compte il s'était placé devant lui et zippa son sweat en vitesse. T'en a déjà trop vu à mon goût sœurette. Et trop entendu. Et merde. « S'il te plaît Kimi. Ne… ne dis rien. » Elle leva un sourcil avant de hausser les épaules, étouffant un nouveau rire. Bon, on est si drôle que ça ? Non, au fond il sentait qu'elle était un peu gêné elle aussi, mais pas autant qu'eux. « Je ne ferais jamais ça à mon meilleur ami voyons... » Et moi alors, je compte pour du beurre ? Je suis ton frère ! Moi aussi j'étais dans cette piaule ! « Restez pas planté là, j'ai fini de toute façon. » « Ah heu… déjà ? » Ça, c'était une remarque complètement débile, il ne savait pas depuis combien de temps elle était là, dans la cuisine. « Mais du coup, V., juste un truc…. » N'importe quoi, il ferait n'importe quoi si cela pouvait… le faire se pardonner. « Remettez pas l'couvert juste après, j'aimerais bosser. » Il lâcha le verre qu'il tenait entre les mains, et ce dernier alla se fracasser par terre.

Aujourd'hui.
Varian resta longtemps devant les restes du géant. S'il avait séché ses larmes, de nouvelles avaient pris le relais et cette fois-ci il ne prit pas la peine de les arrêter. De toute façon, à quoi bon. Il l'avait eu le con. Il avait réussis à le rendre triste comme jamais il ne l'avait été sur terre. Et pourtant, il pensait que lors du combat un certains pallier avait été atteint. Visiblement, il lui réservait d'autres surprises. Il n'eut aucune idée du temps qu'il passa seul dehors, les yeux levés vers le ciel. Est-ce que l'ancien moi va refaire surface pour de bon un jour ? J'y suis presque, je sens que j'y suis presque. C'est peut-être que tu m'as trop tapé sur la caboche Harley, mais tu as réveillé quelque chose en moi. Quelque chose qui était éteint depuis longtemps.

Un courant d'air froid s'engouffra par un des nombreux trous que comportait son habit et le réveilla en sursaut. Dormait-il vraiment ? Ou s'était il juste mis à veiller devant le reste de leur bûcher macabre ? Il frissonna et se leva pour rentrer de nouveau dans la petite demeure du géant. Harley était bien là avec Luna mais Varian opta pour se poser à l'autre bout de la pièce. Avec un peu de chance, il ne les avait pas dérangé ou réveillé, quoi qu'ils soient en train de faire. Il avait ramassé la petite montre au passage et la serra fort contre sa poitrine. Elle avait fais resurgir des souvenirs magiques. Des moments qu'il avait voulu oublier pour éviter la tristesse. Et aujourd'hui il entendait de nouveau la voix de son Harley qui râler après chaque sonnerie de la montre.

« Au fond, je suis sûr qu'il l'aimait c'te montre... » murmura t-il tout bas.

Long time ago.
Officiel. L'avait-il seulement cru capable de telles choses un jour ? Non. Avait-il seulement un jour imaginé Harley Weise lui procurant de telles sensations ? Non. Il avait toujours été du genre à vouloir que tout soit bien carré, rangé. Être en couple avec quelqu'un, bien, mais il fallait que tout se fasse dans un certain ordre, net et précis. Ce n'était peut-être pas pour rien que tu n'avais jamais trop pris la peine de t'engager dans de telle situation. Une fois t'avais suffis. Après il y avait eu les simples coups d'un soir, et là aussi, il avait toujours pris garde à ne pas mélanger envie, plaisir et amitié. C'était bien simple, la vie de Varian était parfaitement calibrée, sur tous les points, jusque dans ses choix de partenaires qui, de manière assez étrange, se ressemblaient toutes. Et puis… Harley. Harley la tâche sur le tableau, celui qui avait tout balayé comme ça, d'un simple baiser. D'ailleurs il l'embrassait encore en ce moment même. Et une fois de plus, il se sentait transporté. Complètement ailleurs. Son corps tout entier semblait vibrer et ses lèvres en redemandait, encore et encore. Ce qu'il voulait s'était se perdre à nouveau contre lui, encore et encore. « Oh Harley, ne t'arrête pas s'il te plaît. Jamais. » Tu as les lèvres si douces Harley, elles ont un goût parfait. Le joue sur ses joues avait définitivement disparu maintenant qu'il avait passé une main sous son tee shirt pour l'attirer contre lui. Plus tard tu y repenserais, à ce baiser dans la cuisine. Tu l'avais presque supplié pour qu'il ne s'arrête plus. C'était aussi le moment où tu avais commencé à faire le point sur tes sentiments. Avant, tu t'en moquais, tu n'avais jamais vraiment pris de plaisir dans tout ça. Là, c'était différent. Avec lui, c'était différent. Et tu avais voulu le lui prouver, lui rendre tout l'amour qu'il te donnait. Plus tard tu te poserais aussi la question de pourquoi tu n'avais pas lâché les petits mots magiques que tout les couples se murmurait à ce moment très précis. Peut-être parce que tu avais beau être cliché sur certains points, tu ne l'étais pas pour ça. Pour une fois tu dérogeais à la règle.
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MessageSujet: Re: Tell me what you know about dreaming. (harley) Jeu 30 Nov - 22:39

dans le passé.
Quelque part, Harley se sentit heureux de l'entendre dire qu'elle ne dirait rien, parce qu'elle ne ferait pas ça à son meilleur ami. Bien sûr, il était aussi soulagé et tout le tralala qu'elle n'aille pas en toucher un mot à la mère de Varian, ou à son beau-père, ou à quiconque mais… C'était peut-être la première fois que quelqu'un utilisait le terme meilleur ami devant lui pour le qualifier. Ce n'était pas moqueur, ce n'était pas insultant, c'était… Vrai. Juste vrai. Avant d'être son amant, Varian avait aussi un temps été comme un ami pour lui, ou du moins un proche avec qui il pouvait échanger quelques phrases sans que cela ne tourne au vinaigre. Mais ça n'avait jamais été son meilleur ami. Quant à Kimi, il s'était toujours un peu interroger sur ce qu'elle pouvait penser de lui. Il l'aimait, comme un frère, comme un meilleur ami, d'un amour tout à fait familial et dépourvu de la moindre arrière-pensée… Mais elle ? Là-dessus, ils avaient toujours gardé une certaine pudeur. Ils riaient ensemble, ils passaient ce qu'il aurait bien appelé ses meilleurs moments – sans compter ceux avec Varian qui entraient dans une toute autre catégorie, parfaitement incomparable – mais Kimi… Mais avec toi, j'étais resté dans le flou. Tout était étrange entre nous : notre amitié, si sincère et si soudaine, si parfaite, si enfantine, tes réactions quand je te parlais, les miennes quand tu me répondais. Beaucoup allaient imaginer d'étranges choses entre nous : tu sais, j'avais déjà entendu ces bruits de couloir, comme quoi je te mettais régulièrement dans mon lit parce que je n'étais bon qu'à ça et que tu étais une jeune fille fragile. J'avais entendu dire beaucoup de choses mauvaises, autant à ton propos qu'au mien quand nos noms étaient liés. Et rien n'était vrai. Tout était merveilleusement, fantastiquement, faux. Les autres ne savaient pas, ne comprenaient pas. Mais toi oui. Toi tu savais, toi tu pensais par toi-même, sans te laisser aller aux commérages et au poison des gens. Toi, tu étais sans doute l'une des seules filles qui savaient se défendre sur cette putain d'Arche. Le sourire vaguement niais qui naquit sur les lèvres d'Harley au mot meilleur ami fondit presque aussitôt quand la situation lui sauta à nouveau au visage, comme une bonne douche froide. Kimi savait. Ce n'était pas vraiment un secret entre eux – qu'il se tapait joyeusement son frangin, et par extension qu'il était gay – mais il n'avait jamais posé de mot là-dessus et elle ne lui avait jamais posé la question non plus. Disons que c'était resté à l'état de non-dit et que cette charmante nuit passait pour l'équivalent d'un coming-out désastreusement indiscret. Kimi les acheva par sa dernière phrase et Varian fit tomber un verre pendant qu'Harley se ratatinait en partant se réfugier sur une chaise, caché dans l'ombre de sa capuche trop grande et désireux de presque disparaître sous la table de la cuisine. Paie ta matinée.

Harley regardait en silence Kimi débarrasser son petit déjeuner, un sourire flottant toujours sur ses jolies petites lèvres, quand il osa enfin – enfin ! – parler. « Euh… Pardon pour hier soir… Enfin cette nuit… Enfin on pensait pas que t'étais là, sinon on n'aurait jamais… Enfin tu vois quoi. » Et puis le plus difficile… « Et, euh… J'espère que ça ne te dérange pas pour… Enfin, avec Varian, que… Voilà. » Il glissa un regard à Varian en train de ramasser les débris de verre. Il aurait rêvé disparaître par terre pour nettoyer des morceaux de verre lui aussi. À quatre pattes, loin du regard bleuté de Kimi, loin de l'amusement gentil qu'il pouvait lire dans ses prunelles. « Euh voilà quoi. » Il se détourna pour mettre le couvert – en terme de petit déjeuner – pour deux et farfouilla dans un tiroir dans grande motivation pour cueillir deux petites cuillères. « Tu bloques le passage, bouge ton joli cul de là où je le croque. » chantonna-t-il en poussant une fesse de Varian du bout du pied, transporté par un instant d'inconscience et d'oubli. Il se figea sur le champ en réalisant ce qu'il venait de balancer au milieu de la salle de vie des Standall, portant une main à sa bouche en fermant les yeux, et hésita sérieusement à se planter le couteau à beurre dans le cœur.

dans le présent.
« Debout ! Aller le moche, on se lève ! » Harley grimaça quand la main de Luna secoua son manteau dans tous les sens, faisant désagréablement frotter le cuir retourné contre son dos meurtri. « Aller Harley, le soleil est levé depuis longtemps ! » Elle disparut de son maigre champ de vision pour crier un agréable matin à… Et là, tu sentis ton cœur se serrer désagréablement, hein Harley ? Tu avais dormi d'un sommeil sans rêve parce que l'épuisement t'avait emporté mais les souvenirs de la veille, ou même de ces dernières semaines, te revenaient en masse. Et puis surtout, tu n'avais aucune idée de ce que tu pouvais penser de tout ça. Déjà, beaucoup de choses t'échappaient, rendues incohérentes et étranges par son cerveau et ses déviances. Varian était là, sous tes yeux, mais il était mort il y a longtemps. Pourtant, tu avais promis au Varian-bis que tu l'attendrais le temps qu'il faudrait, juste parce que lui te l'avait promis. Et le Varian devant toi, qui était-ce ? Harley glissa les doigts dans sa tignasse emmêlée et tira dessus dans l'espoir de faire taire ces pensées trop compliquées. Mais trop tard, il avait croisé le regard de Varian, ou de celui qui jouait le rôle de Varian en attendant que le vrai revienne parmi eux, et il se sentit mal à nouveau. Et honteux. J'avais honte d'être moi devant Varian. J'avais honte de ressembler à ce Harley-là, d'être ce Harley-là dans le moindre geste et dans la moindre de mes paroles. J'avais honte d'être, voilà. Jusque là, je n'y avais pas pensé, passant chaque journée dans la simple attente de la suivante… Mais maintenant? Non, ce n'était pas vrai. Pendant un temps, quand on l'avait considéré comme un humain, il avait un peu retrouvé sa personnalité et avait vaguement recollé les morceaux pour se retrouver lui. Et Nei avait tout démoli à nouveau pour modeler un Harley à son image. « Bon les gars, va falloir sérieusement qu'on se bouge le derrière pour Ockefell et le reste, sinon le retour ne va pas être joyeux ! » Ignorant joyeusement Harley, elle se planta devant le Varian pas encore opérationnel et croisa les bras. « Tu nous as perdu une fois, tu crois pouvoir nous déperdre pour qu'on arrive un jour ou il faut qu'on fasse autrement ? »

dans le passé.
Sa respiration s'accéléra en sentant Varian l'attirer contre lui. Il se hissa sur la pointe des pieds et glissa ses mains sous son tee-shirt, caressant son torse, son dos, ses hanches, avec un désir évident. « T'inquiète... » souffla-t-il avant de l'embrasser encore. Ses baisers se perdirent sur sa mâchoire puis son cou et il se pressa contre lui, le souffle court. « Harley, je suis rentré ! T'es là ? » Harley repoussa Varian brutalement, manquant de faire tomber le tabouret à la renverse. « Putain pourquoi t'es là ? » demanda-t-il avec colère à son père qui passait tout juste le petit vestibule. Le paternel regarda Varian avec des yeux ronds, visiblement surpris de le trouver là. Dieu soit béni, il n'avait rien vu mais il s'en était fallu d'un cheveu. Le pire dans l'affaire, c'est que je n'avais même pas entendu la porte s'ouvrir. S'il n'avait rien dit en entrant... Le cœur toujours battant d'excitation et le corps vibrant de désir, il tourna le dos à son très cher géniteur et jeta un regard bizarre à Varian. « Nous étions en train… de nous préparer à partir, euh... au sport. » Jan passa la tête par-dessus la porte du frigo qu'il venait d'ouvrir. « Je ne savais pas que tu faisais de la danse, Varian. » Harley sentit ses joues s'empourprer et réprimer une envie brutale d'étrangler son père. Il s'appuya nonchalamment contre le mur en éventant son t-shirt d'un geste compulsif.
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MessageSujet: Re: Tell me what you know about dreaming. (harley) Ven 1 Déc - 11:05

Le réveil fut assez brutal. Il avait mal dormis, par terre, sur un sol pas vraiment confortable et dans l'humidité. Mais cela faisait des années que Varian avait arrêté de geindre à propos de ses conditions de vie et de sommeil. Il était en vie, voilà, c'était tout ce qui comptait. Qu'il dorme par terre ou dans un vrai lit, quelle importance ? Cela en avait, avant, pour le Varian qui vivait sur l'Arche. Le Varian actuel s'en foutait. Avoir un toit au-dessus de sa tête, c'était déjà bien. Pourtant parfois il se souvenait des matins où il traînassait sous sa couette. De temps en temps il se souvenait de tout ça, de son petit confort auquel il avait renoncé en arrivait sur Terre.

« Ouais ouais j'arrive... »

Son regard croisa celui d'Harley – en plein réveil – et il soupira. Bah oui, au fond, il avait espéré que tout cela ne soit qu'un énième rêve où son ex petit ami aurait choisis de faire une apparition. Mais non. Tout cela était bien réel. La veille ils avaient joyeusement brûlé un homme vivant avant de se hurler dessus et de finir en larme. La seule qui avait l'air assez énergique ce matin était Luna. Et étrangement, cela ne l'étonnait pas tant que ça. Varian se demandant d'où elle puisait autant d'énergie celle-là. Quand elle se planta devant lui pour le questionner à nouveau sur l'itinéraire il baissa les yeux quelques secondes, s'autorisait à réfléchir. Il y avait déjà mis les pieds, dans cette foutue ville. Il savait comment y aller. Hier, les conditions ne lui avaient pas été favorable. Peut-être qu'aujourd'hui... Aujourd'hui était un jour nouveau.

« Ouais. Je vais vous y conduire. »

Le Varian qui avait horreur de l'échec était de retour et se leva avant de s'étira rapidement. Ce n'était pas compliqué en soit. Il n'avait qu'à... se souvenir du chemin, puis définir où ils se trouvaient actuellement pour ensuite reprendre leur route. Il ramassa ses affaires et se dirigea dehors, bien décidé à trouver cette maudite ville, effectué ses transactions et revenir sain et sauf chez lui.

Long time ago.
À quatre pattes Varian ramassait les débris de son verre brisé en silence. Il entendait Harley baragouiner quelques plates excuses et il pouvait de là imaginer sa sœur sourire jusqu'aux oreilles. Oh, il pouvait être sur qu'un jour où l'autre, elle allait lui faire une petite remarque. Pas mesquine, pas dans le but de le faire chanter ou autre, juste... comme ça. Parce que c'était Kimi. Kimi était tout l'inverse de lui là-dessus, elle était gentille, si elle remettait le sujet sur le tapis ce n'était pas dans un but néfaste, mais dans celui de papoter tranquillement entre frère et sœur. « Ça ne me dérange pas Harley... Au moins ça me change des blondes débiles chez qui il partait faire des excursions nocturnes. » Il s'étouffa et ramassa un nouveau morceau microscopique de verre. « Kimi... » « J'te taquine frangin, elles ne l'étaient pas toutes. » Diantre, où puis-je aller m'enterrer vivant là tout de suite ? Mais la suite fut pire, enfin, pire, façon de parler. Il entendit Harley se lever, sans doute pour attraper quelques affaires, et termina sa petite pile de bout de verres. Cependant il en chercha d'autres – au cas où – et aussi parce que rester par terre le temps que sa sœur parte enfin l'arrangeait. La voix de son petit ami lui parvint à nouveau aux oreilles suivit d'un léger coup de pied sur le derrière. « Bah je t'attends, vas-y chér... » Il s'interrompit au même moment où Kimi éclata une nouvelle fois de rire, mais cette fois-ci en se tenant les côtes. Putain. Il jeta un regard noir (mais tout sauf méchant, plus plein de honte une nouvelle fois) à Harley et se ratatina par terre. « Mon dieu les garçons, trop drôles... » ajouta t-elle avant d'enfin disparaître dans sa chambre.

Finalement il parvint à s'asseoir à table sans prononcer une seule phrase gênante en plus. Il regarda avec peu d’appétit la nourriture pré-fabriquée sous ses yeux et lâcha enfin un sourire. « On peut dire qu'on a connu mieux comme lendemain, hein ? » Il était sûr que, d'ici quelques semaines, ils s'en amuseraient tous les deux. Comme beaucoup de chose au fond. Il avait attrapé l'une de ses mains avant de l'embrasser et de l'attirer son sa joue. « Mais ces matins avec toi sont les meilleurs Harley. » murmura t-il. Il avait souvent du mal à se reconnaître les rares fois où il balançait de telles phrases. Et pourtant... Nouveau sourire avant de se concentrer sur son piètre petit déjeuner. Sa mère allait encore râler en voyant qu'une portion avait disparue mais au fond, il s'en foutait. Il trouverait une nouvelle excuse.

Aujourd'hui.
Il avait envie de s'arracher touts les cheveux qu'il avait encore sur le crâne. Une carte. Une putain de carte. Est-ce que sa mère avait voulu le tester ? En la plaquant de la sorte, dans un recoin de son sac où il ne penserait jamais à regarder ? Il avait déplié la carte avec un air agacé, manquant de la déchirer au passage.

« Hé, je viens de trouver une carte. »

Ne me tapez pas, s'il vous plais... pensa t-il très fort. Les yeux plissés il examinait à présent la carte, déjà annoté par sa mère à de nombreuses reprises. Elle avait entouré les foyers loin de la ville dans laquelle elle se rendait pour ses interventions médicales. Et enfin, la ville d'Ockefell. Punaise, je sais où on est...

« Je... Je crois savoir où nous sommes. »

Il n'avait aucune idée de pourquoi hier, rien ne lui avait parut familier ici. Pourtant ils se trouvaient non loin de l'endroit où il avait été attaqué par un ours avec Orion, un grounder bourru et insupportable qui l'avait tout de suite pris en grippe. Il avait envie de se mettre des claques pour le moment et de se maudire encore et encore d'avoir été aussi mauvais. Maintenant tu arrêtes de penser à tout ça Varian. Oublie le deux minutes et concentre toi comme tu sais si bien le faire. Fais le.

Long time ago.
J'avais l'impression de sombrer. Pas dans quelque chose d'atroce, bien au contraire. Dans quelque chose d'incroyablement agréable que je refusais d'arrêter là, maintenant. C'était la troisième fois que tu m'embrassais comme ça et j'en voulais encore, et encore. Mais la réalité le rattrapa rapidement quand Harley le repoussa violemment, manquant de le faire trébucher. « Qu'est-ce que... Oh. Bonjour monsieur Weise. » Il avait repris aussi vite son air de grande garçon sage et formel qu'il s'était laissé emporté quelques secondes auparavant. Il avait passé une main dans ses cheveux, un air à l'aise sur le visage avant de le saluer d'un signe de la main. Au fond de lui, il brûlait toujours. S'il évita de regarder Harley à nouveau, c'était pour ne pas fondre immédiatement. Mais trop tard, leurs yeux se croisèrent à nouveau et il se sentit redevenir un poil fébrile. Contrôle toi. Fais comme si de rien n'était. Tu sais faire semblant. Le sport ? Pourquoi pas, il acquiesça, l'air enjoué. Et il croisa les doigts pour que le père d'Harley n'en touche pas un mot aux siens. Sa mère tout comme son beau-père savaient qu'il avait une sainte horreur du sport. Mais la remarque du père le fit émerger de ses pensées. « De la... » Danse ? Il était sérieux là ? Il regarda Harley avec des yeux ronds, amusés, choqués, re-amusés, re-choqués avant de se reprendre. « Oui, je voulais faire une séance d'essai. » Oh mon dieu petit cachottier. Trop tard, un large sourire avait émergé sur son visage et il avait du mal à s'en défaire. Si j'avais su ça un peu plus tôt Harley... Tu n'imagines pas tout ce que j'aurais pu en faire. Mais là, j'ai juste très envie de te surprendre pendant une de tes séances tu vois ? « On y va ? On va être en retard sinon. » ajouta t-il.

« De la danse ? Tu sais, tu me surprends de jour en jour toi. » dit-il une fois sortit de la cabine. Il avait du mal à imaginer, Harley, le garçon dont une des principales passions étaient de se foutre sur la gueule des gens, en train de... danser. Oui non, il avait du mal.
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MessageSujet: Re: Tell me what you know about dreaming. (harley) Lun 11 Déc - 23:41

dans le passé.
Harley fixa la nourriture fade de son assiette et la tapota du bout de sa cuillère d'un air sombre. La gêne s'effaçait maintenant que Kimi avait gentiment débarrassé le plancher pour laisser place à la honte – ce qui revêtait une différence plutôt importante à ses yeux. « On a vu mieux, oui. » Ce n'était en soit pas la perspective que Kimi ait tout entendu (quoi que si, aussi) mais qu'elle sache. Qu'elle sache pour de vrai, officiellement, qu'elle les ait vu dans cette posture. Ça relevait de l'ordre de ce que qu'Harley aurait pour la première fois catégorisé d'intime. Sa relation avec Varian, c'était de l'ordre de l'absolument privé. C'était à lui, c'était ses moments, ses instants de bonheur. Parfois oui, il aurait aimé que tout soit officiel, qu'il puisse le crier au monde entier, qu'il puisse s'affirmer comme amant de Varian Standall. Il le laissa prendre sa main et la serrer contre sa joue sans le moindre sourire. « Tu n'as pas peur que ce soit terminé un jour, Varian ? » Tu n'avais pas peur qu'un jour, quelqu'un de moins innocent que Kimi ne découvre tout cela ? Les relations secrètes étaient interdites sur l'Arche et ce que nous faisions à la tombée du jour semblait bien entrer dans cette catégorie. Nous couchions ensemble comme des dépravés avant de nous chuchoter des mots doux. Nous échappions à tout contrôle et ça nous plaisait… Mais toi comme moi, Varian, nous trempions dans l'illégalité à de multiples niveaux. De jour comme de nuit, nous nous riions du danger, nous adressions de magnifiques doigts d'honneur à toutes les règles de la Station. Dans mes grands moments, je nous sentais invisible et je vivais un optimisme démentiel… Et puis comme toujours, ça retombait et je me rendais compte de ce que nous étions tous les deux : rien. Nous n'étions rien. Nous avions l'impression d'être importants, que nos vies et nos actions ne pouvaient qu'être couronnées de succès uniquement parce que nous le voulions… Mais avouons-le Varian : à force de jouer, nous finirions par perdre, non ? Harley se dégagea et reprit sa cuillère pour manger en silence sa mixture avec un appétit forcé, là-bas caché sous l'ombre de sa capuche.

dans le présent.
Tout était terminé maintenant. Ils avaient bel et bien joué pour perdre un jour, peut-être à cause de ce qu'on appelait parfois le Karma. Ils s'étaient cru rois d'un monde qu'ils pensaient contrôler et ils étaient aujourd'hui relégués aux fonctions les plus basses et les plus sales de la société terrestre. Dans un geste qu'il avait accompli des milliers de fois, ici ou sur l'Arche, Harley rabattit sa capuche en fourrure sur son visage pour se protéger à la fois du froid et de V. Je trébuchais dans la neige et Luna m'attrapa par le manteau pour me pousser en avant, par habitude. Je me demandais souvent comment elle faisait pour continuer comme ça à marcher droit, les yeux levés, bien droite. Elle avançait toujours sans hésiter Luna. Elle savait s'incliner devant les maîtres, faire de jolis hochement de tête respectueux, voire quelques petites révérences devant le maître de la maison. Mais elle aussi savait être forte et porter avec dignité une double casquette de maître et d'esclave, s'insérant sans peine dans une hiérarchie officieuse. J'obéissais à tous, et Luna n'obéissait qu'aux maîtres de la maison. Aux vrais maîtres. Pas Nei, et pas son petit frère. « Comment tu as fait ? » Harley dévisagea Varian avec une curiosité sincère. Comment au milieu d'une forêt de neige, Varian avait-il fait pour trouver une carte des lieux ? La logique aurait pu lui souffler qu'il l'avait trouvé dans ses affaires – et c'était de loin la solution la plus évidente – mais il se contenta de rester sur le petit bout de papier fortuitement apparu. L'esclae barbota dans la neige molle et se planta juste à côté de Varian pour regarder l'objet par-dessus son bras. « On est où ? » Tu savais quoi, V. ? Moi aussi j'avais envie de me foutre des baffes devant ces questions qui m'échappaient sans que je puisse les retenir. Elles me brûlaient les lèvres parce que je voulais la réponse, parce que je savais que sans elle, ça me trotterait en boucle dans la tête pour m'emmener très loin. Trop loin. Les gens se disaient qu'il n'y avait rien dans ma tête mais c'était faux, il y avait trop de choses. Des fois, j'aurais aimé m'assommer, me percer le crâne pour laisser toutes ces bêtises partir et pour retrouver le souvenir que j'avais de moi. « On s'en fout d'où elle vient, on bouge, je crève de froid moi. » Luna poussa Varian avec impatience pour prendre la carte et y jeter elle-même un coup d’œil.

dans le passé.
Les joues rouges, Harley marchait à folle allure dans les couloirs, écumant de rage contre son père. Les paroles de Varian le stoppèrent net et il se retourna vivement pour l'attraper par le col et le plaquer avec violence contre le mur. « Ta gueule. Si tu le dis à qui que ce soit, je... » Il ferma les yeux sans pour autant le lâcher et inspira profondément. Ses doigts se crispèrent un peu plus sur le tissu du t-shirt de son voisin. Moi aussi je me demandais parfois. Je me demandais comment vous faisiez quand vous sentiez la colère monter en vous, fourmiller partout, vous exploser le cœur. Et puis je me demandais comment je faisais moi. Tu sais que j'étais vraiment à deux doigts de te frapper, Varian ? Tu sais comment je suis dans ces moments-là. Même moi je me fais peur, et pourtant je continue. Je cogne, je casse, je mors, je griffe, je crache, je cries… J'aimerais dire que c'est pas moi ça, et pourtant. Il rouvrit les yeux, la poitrine se soulevant à folle allure.

dans le présent.
Ils marchaient de nouveau au milieu des arbres, esquivant les congères et les plaques de glace. Harley finit par se glisser à côté de Varian en silence, laissant Luna une dizaine de mètres en arrière. « V. ? Si Varian n'est pas là, il est où ? » La question lui avait oppressé l'esprit toute la matinée et même s'il avait longuement réfléchi à la question, il ne parvenait à aucune conclusion satisfaisante. Alors demande-lui... Voilà, c'était fait.

Il trottinait toujours à côté de Varian, dans ce paradoxe loufoque qui consistait à rester avec lui mais sans accepter d'échanger le moindre regard, quand Luna hurla. « Attention ! » Les flèches se mirent à pleuvoir autour du petit groupe. « Des… » La jeune esclave se tut parce qu'elle ne savait pas qui venait les attaquer. Brigands, habitants d'Azgeda furieux, Camelotiens, ou aux Grounders...
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Varian Standall


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MessageSujet: Re: Tell me what you know about dreaming. (harley) Mar 12 Déc - 19:27

Long time ago.
« Non, pas vraiment... » Il s’efforçait de ne pas y penser et d'appliquer à la lettre la philosophie de certaines personne qu'il avait bien du mal à comprendre : ne planifions rien, seul l'avenir nous dira de quoi il est fait ! Et pour sa relation avec Harley, c'était ce qu'il faisait. Il ne voulait pas penser au jour ou -potentiellement- tout pouvait brusquement s'arrêter. Au jour où quelqu'un sur l'Arche autre que sa sœur saurait. Ou bien où leur relation prendrait fin comme pour beaucoup de couple, tout simplement. Ou, autre alternative, ou l'un d'entre eux finirait en taule pour manque de respect envers le règlement de l'Arche. « Toi oui ? » Sa voix se cassa légèrement et il s'empressa d'avaler ce qu'il restait de son petit déjeuné. Il faut pas Harley, il faut qu'on profite de ce que l'on a. Que l'on continu à se voir comme on le fait, en restant prudent, mais que l'on continu. Je ne me vois pas arrêter le premier, sache le. Impossible de décrypter le visage de son petit ami, planqué sous sa capuche alors il prit son mal en patience.

Aujourd'hui.
Il ne prit pas vraiment la peine de lui répondre. Après tout, si c'était pour balancer un simple "j'ai juste fouillé dans mon sac...", il pouvait le deviner tout seul, comme un grand. Quoi que. Bref. Luna regarda à son tour la carte et ils se mirent en route. La neige tombait à gros flocon et il sentait son visage se raidir. Le froid gagna ses mains qu'il agita comme pour ne pas les laisser s'engourdir d'avantage.

« On est vraiment pas loin, je dirais, quinze minutes de marche si on s'active. »

Et au vu de la température actuelle, ils allaient s’activer pour ne pas finir congelé sur place. Il avait beau être dans cette région frileuse depuis trois ans,il y avait toujours ces moments où la température arrivait à le surprendre. Il n'avait jamais été un grand fan des baisses brutales de températures. Varian c'était un grand frileux alors ici, c'était l'enfer. Et on ne pouvait pas dire que les habits qu'ils portait étaient de bonnes qualité contrairement à ceux des habitants d'Azgeda qui eux, paraissait très à l'aise.

Schrouk schrouk schrouk. Des bruits de pas un peu pressés lui parvient aux oreilles et bientôt il vit Harley se hisser à la sa hauteur. Sans ralentir son rythme il continua de marcher, ses yeux plissés alertant entre la carte et le chemin sur lequel ils se trouvaient. Quelques mètres derrière eux, la jeune femme fermait la marche. Ils n'étaient plus très loin. Si le temps étaient différent du jour où il s'était retrouvé ici avec Orion, le paysage lui restait inchangé.

« Euh... »

Il hésitait entre l'ignorer – c'était tellement plus simple et Varian en avait l'habitude – ou lui répondre quelque chose de simple pour qu'il lui fiche la paix. Et une réponse simple lui éviterait de se creuser un peu trop les méninges. Tu as vraiment envie de lui raconter des trucs complètement con Varian ? Oh non, tu avais juste envie qu'il arrête avec ses questions débiles. Elles l'étaient carrément pour toi. Peut-être étaient-elle pleine de sens pour lui mais toi... C'était autre chose.

« Bah il... »
« Attention ! »

La voix de Luna ainsi qu'une nuée de flèches l'interrompirent aussitôt et il tira Harley hors de leur trajectoire. Bordel, bordel c'pas possible... Luna, tu vas bien ? Il se retourna pour s'assurer qu'aucune flèche n'avait traversé la petite esclave et fut soulager de la voir toujours en vie. Le cul dans la neige il se releva tant bien que mal et attrapa l'une des flèches plantées dans la neige. Bientôt, un petit groupe d'homme fit son apparition au milieu des arbres, arcs et flèches en main.

« Qu'est-ce qu'on a là ? »

Oui, exactement, il pouvait leur retourner la question. C'était qui eux, ils voulaient quoi ? Il avait l'impression de se retrouver face à de vulgaires brigands venu terroriser les premiers venus dans leur coin. C'était le moment où tu t'étais mis à cogiter à toute allure. Tu avais un tas de possibilités face à toi : leur dire que tu n'était qu'un simple voyageur venu de Missi, un esclave effectuant des courses pour son maître. Tu pouvais leur hurler dessus, et foncer dans le tas comme l'aurait fais Eliza mais aujourd'hui, tu avais décidé d'être assez intelligent et de ne pas perdre un membre ou une fonction vitale.

« Trois esclaves, c'est notre jour de chance... »

Il porta aussitôt la main à la brûlure sur sa joue qui venait de le trahir. L'homme (qui devait être plus ou moins la chef de cette charmante bande) avait pris la parole avant lui, s'avançant de quelques pas.

« Et je serais curieux de voir ce qu'ils trimbalent avec eux... »

Leur langage était compliqué à comprendre. C'était bien celui de la région, mais teinté d'un accent étranger très fort qui rendait sa compréhension délicate. Pas de bol, il ne transportait rien de valeur. En tout cas, pour sa part. Il allait justement faire ses courses, pas l'inverse. Mais les deux autres, il n'avait pas demandé au début de leur périple la raison de leur excursion à Ockefell.

Long time ago.
« Hé ! hé...! » Son cœur s'était emballé à la minute ou Harley l'avait attrapé par le col. Il n'avait pas eu le réflexe de s’extirper de là avant d'être plaqué contre le mur. Durant la seconde qui suivit il s'attendit à se recevoir une slave d'insulte ou pire, un poing dans la tronche. Ce n'était encore jamais arrivé, alors pourquoi pas aujourd'hui, après tout... « J-je dirais rien hein ? C'était de... » L'humour, une pique, rien de méchant. Je suis comme ça, c'est tout. « Lâche moi. » Il ravala le « crevard » qu'il aurait volontiers ajouté pour ponctuer le tout et essaya de dégager sa main. C'est vraie qu'à une époque, tu ne te serais pas fais prier pour t'en servir, hein ? Tu avais le chic pour prendre les bonnes informations, les murmurer à qui voulait bien les entendre et les laisser les rumeurs se répandre, enfler de leur côté jusqu'à les voir exploser. Dans les meilleures des cas, la personne visé était au fond du trou, dans le pire, juste triste sur l'instant de voir sa vie privée étalée au grand jour. Et toi tu avais toujours trouvé ça très réjouissant. Parce qu'on ne pensait jamais que de telles choses pouvaient venir de ta personne. « Harley ? » Alors c'était ça ? Tu vas m'embrasser puis m'insulter ? J'ai peine à imaginer ce qu'on faisait dans ta cuisine il y a moins de deux minutes tu vois en nous voyant ainsi. C'est ça que tu veux comme relation ? Parce que pas moi. J'ai aucune envie de te faire du mal Harley, plus maintenant.

LANCER DE DÉS
1à2 × les flèches qui jaillissent sont celle de brigands de passage dans la région.
3à4 × les flèches qui jaillissent sont celle des habitants de Ockefell qui patrouillait aux abords de la ville.
5à6 × les flèches qui jaillissent sont celle de marchands d'esclaves.
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Harley Weise


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MessageSujet: Re: Tell me what you know about dreaming. (harley) Jeu 14 Déc - 22:05

dans le passé.
Harley planta sa cuillère dans son petit déjeuner et constata qu'elle tenait toute seule, comme un petit piquet perdu au milieu d'un océan d'amertume. Il se fit la réflexion idiote qu'il partageait les mêmes sentiments que cette cuillère, figé comme il l'était au milieu d'il ne savait quoi et incapable de s'en défaire. Un jour, il avait agit sans réfléchir et depuis il se contentait d'en subir les conséquences. Bonnes comme mauvaises. Le garçon plongea un doigt dans ce qui ressemblait vaguement à du porridge pour s'éviter de répondre tout de suite à Varian. « Oui. J'y pense. Tous les jours. » Il eut un petit rire sans joie. « J'attends le jour où, toi ou moi, on se fera pincer, pour ça ou pour le commerce. Ou le jour où ils en auront marre de moi… » Harley esquissa un petit sourire pince-sans-rire qui sonnait faux parce que sans doute trop vrai. « ... ou le jour où tu me largueras. » termina-t-il à mi-voix en reprenant sa cuillère pour aplatir assidûment son petit déjeuner. Je sais, tu m'aimes. Tu en me quitteras pas et moi non plus. On a tous nos défauts, toi et moi les premiers. Et on a le droit de faire ce que l'on veut. N'empêche que… Qui me dit qu'il n'y aura pas un jour une fin à nous deux ? Que tu ne feras pas quelque chose qui me mettra hors de moi au point de te toucher ? Ou que tu ne diras pas quelque chose de trop dur à entendre ? Ou l'inverse ? Je… Je suis tout seul sans toi Varian, tout seul. Alors bien sûr que j'ai peur tous les jours de ce qui arrivera demain.

dans le présent.
Au attention de Luna, Harley sursauta et tomba dans la neige avec un grognement de douleur quand Varian le tira en arrière. Des silhouettes émergèrent des arbres en brandissant des arcs et des armes qui suffirent pour l'angoisser. Il ne connaissait que trop bien que cette impression de s'être fait avoir, d'avoir marché sans se douter qu'ils étaient épié et en danger. « Qu'est-ce qu'on a là ? » Assis par terre, empêtré dans mon manteau et à moitié caché sous ma capuche, je choisis de garder la tête haute, comme Luna qui se tenait quelques mètres plus loin. J'avais aussi envie de... Sous le regard inquisiteur du brigand le plus proche, le jeune esclave capitula et baissa la tête, l'esprit à moitié occupé par ses mitaines en laine qui s'imbibaient lentement d'eau et lui gelaient les mains. « Trois esclaves, c'est notre jour de chance… » Ne pas bouger, garder les yeux baissés, ça finissait toujours par passer… Les gens se lassaient toujours au bout d'un moment. Harley sentit le regard des hommes effleurer son visage, traçant sur sa peau comme une brûlure. Bien sûr qu'ils savaient déjà qui nous étions : c'était écrit sur notre visage, comme une trace de notre condition indigne. On était marqué comme des animaux à un endroit qu'on ne pouvait pas vraiment cacher, histoire que tous sachent du premier coup d’œil à quoi ils avaient à faire. « Et je serais curieux de voir ce qu'ils trimballent avec eux... » Harley plissa les yeux avec l'effort évident de comprendre ce que ce type baragouinait avec son accent à couper au couteau. Un autre, un barbu au visage maculé de crasse, s'approcha de Luna avec un sourire goguenard.

dans le passé.
Tu ferais vraiment ça, Harley ? Même pour calmer la tempête qui t'habitait là tout de suite ? D'habitude tu mettais toute ton énergie dans tes coups jusqu'à te sentir soulagé ou à perdre la bataille. Ce n'était pour rien qu'on te comparait à un petit démon dans tes plus jeunes années : tu cognais, cognais, jusqu'à avoir les doigts en sang. Et tu ferais ça à… lui ? Lui qui lui avait dit oui, qui l'avait embrassé comme personne d'autre, qui avait… C'est ça Kimi, t'es contente ? T'avais sans doute raison. Harley relâcha avec brutalité et se retourna pour flanquer un violent coup de poing au mur derrière lui avec le bruit étrange d'un hurlement réprimé à grand peine. Il agita sa main endolorie mais sans oser regarder Varian. « Je-pardon, excuse-moi, je voulais pas... » Réagir comme ça...

dans le présent.
L'un des hommes attrapa Harley pour le fouiller sommairement avant de le repousser dans la neige en secouant la tête et en marmonnant des mots incompréhensibles. Celui qui s'était approché de Luna ouvrit son manteau sans faire de manière et lui attrapa les poignets pour l'observer en détail, l’œil brillant. « J'sais pas s'ils ont des trucs sur eux, mais elle a de beaux nibards en attendant. » Harley se sentit rougir de gêne et baissa de nouveau les yeux, observant la scène par en-dessous, le cœur battant. Et là, tu crevais de trouille. Comme souvent ces derniers temps en fin de compte alors peut-être que tu aurais dû t'y habituer à force ? Peut-être que tu aurais pu prendre sur toi au lieu d'être à deux doigts de faire dans ton froc. L'homme ricana en passant une main sur les hanches de la jeune esclave et pinça sa poitrine avec un sourire tordu. « L'abîme pas, Hawk, s'ils ont rien, on peut toujours les revendre à... » « J'vais pas l'abîmer mais elle est tellement jolie que ce serait dommage. » Il plaqua un baiser sur les lèvres de Luna qui faisait tellement sale qu'Harley se cacha les yeux dans sa manche. Et puis elle a eu peur et tu l'as senti. Peut-être qu'elle a dit quelque chose, qu'elle a giflé le gars ou quoi… Mais bêtement, tu t'es interposé. Voilà. « Quoi, tu es jaloux, l'épouvantail ? » Harley se retrouva à gesticuler avec des bruits de respiration effrayés sous le poids du brigand – qui n'avait définitivement pas une tête de local – quand un rire gras s'éleva et que des lèvres se posèrent sur les siennes avec brutalité. Réflexe : il mordit dedans à pleine dent et ne lâcha pas prise quand l'autre chercha à reculer son visage avec un beuglement de surprise. Un poing lui cogna la tempe, lui faisant voir trente-six chandelles, et il mordit plus fort, suffoquant au goût de rouillé du sang qui lui coula dans la gorge. Faites un truc, faites un truc... Un autre coup l'envoya voir quelques paillettes et il lâcha la lèvre du gars pour se tortiller dans la neige.

Paf. Il sentit qu'il avait touché sa cible en pleine tête avec son pied, juste assez pour se dégager et patauger maladroitement dans la neige. Ils n'étaient pas tellement nombreux, ces Grounders, peut-être trois, mais ils semblaient maintenant beaucoup moins aimables. Mais ils n'habitaient pas ici, ces gens. Ils ne vivaient pas dans la neige quasiment à l'année ni dans le froid. Ils ne savaient peut-être pas se déplacer en forêt comme nous et... Luna de son côté avait sorti son couteau.
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Varian Standall


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MessageSujet: Re: Tell me what you know about dreaming. (harley) Ven 15 Déc - 10:17

Long time ago.
Ne soit pas comme ça Harley...
Le jour où ils en auront marre de lui ? Comme ils en avaient eu marre de sa mère ? Il n'arriverait pas. Il n'était pas sa mère et de toute façon, Varian refusait d'imaginer ne serait-ce qu'une seule seconde Harley être balancé dans l'espace. Même s'il en avait fortement rêvé fut un temps. Mais c'était du passé, voilà. « Je ferais jamais ça, soit pas con... » marmonna t-il. En réalité tout ça le mettait mal à l'aise. Il n'était plus un môme de quatre ans naïf à qui ont disait que le premier amour était le bon, et qu'on restait avec lui toute sa vie. Il avait grandit vite et il y a bien longtemps Varian, il avait rapidement compris que les couples, c'était toujours compliqué. On ne restait pas toujours avec la même personne, on se disputait, on se rembarrait, se séparait, se remettait ensemble... Pas nous. J'en ai pas envie. J'ai pas envie que ma vie se barre en cacahuète là-dessus. Je le pense sincèrement Harley, j'ai jamais aimé quelqu'un autant que toi avant, je ne savais même pas qu'un sentiment pareil existait. « Et ne redis jamais ça, ok ? » Il se leva pour débarrasser son couvert et resta quelques instants figé face aux placards de la minuscule cuisine. Il t'avais vexé, hein ? T'avais pas aimé l'entendre et maintenant, ça n'allait plus te quitter pendant un bon bout de temps.

Aujourd'hui.
Les nouveaux venus en perdirent pas trop leur temps avant de les inspecter un par un.  Ils fouillèrent son sac quelques secondes avant de réprimer quelques grognements mécontents et se détournèrent de lui comme ils le firent d'Harley. Sa flèche bien aiguisée toujours dans la main il se laissa faire. À une autre époque, il aurait probablement ouvert sa gueule pour dire quelque chose, lancer une insulte et régler le soucis rapidement. Mais là... Là c'était différent, il était intimidé, oui, et parfaitement incapable de faire ou dire quelque chose.  C'était peut-être les événements de la veille qui continuait de le hanter mais... L'homme qui parla de Luna le coupa net dans ses pensées. Sérieusement ? S'en suivit d'un dialogue qu'il n'aurait jamais aimé entendre et... Harley s'interposa. Tu l'aurais fais aussi fut un temps, non ? Mais là t'étais trop occupé à cogiter. De quoi, pourquoi, t'en savais rien. Et tu t'en voulais d'avoir hésité. Il semblait en avoir presque oublié sa présence, quand son ex petit ami s'interposa. Ils devaient se demander ce que leur voulait cet esclave débraillé qui ne payait pas de mine.

Soit pas con Harley. Soit pas con...
Soit...
Hein ?

Il ne sut pas lui même à quel moment il avait décidé de se bouger les fesses, mais c'est qu'il venait – une fois de plus lors de ce charmant voyage – de se foutre dans la merde pour lui. Et pour Luna, par extension. Oh. Mon. Dieu. Il regarda la flèche qu'il avait enfoncé de toute ses forces dans le haut du dos du pervers dégueulasse et recula d'un pas alors que celui-ci poussa un hurlement à la fois de douleur et de surprise. Voilà, tu n'as plus d'arme maintenant. Mais tu l'as eu. Et maintenant il... Ses deux autres camarades se sont rappelés de ta présence.

« Lui j'me le fait ! »

Et merde. La flèche toujours planté dans le dos le brigand n'arrêta pas pour autant de gesticuler. Et maintenant qu'il lui faisait face... Du coin de l’œil il avait vu Luna sortir son petit couteau. Avec un peu de chance... Ils n'étaient pas d'ici, eux oui. Harley l'avait amoché et troublé dans le même temps. Quant à sa flèche, il l'avait planté avec plus ou moins de précipitation dans le feu de l'action mais le cou ne resterait pas sans conséquences. Bah vas-y, avance gros porc, avance qu'on se marre un coup. Et quand tu pourras plus tourner la tête j'vais me marrer aussi, tient.

« Je t'attends fils de pute. »

Il avait parlé dans un anglais tellement clair qu'il s'étonna lui même, parce qu'avec le temps, l'accent du pays avait pris le dessus sur sa langue maternelle. Faut croire que t'as pas retenu la leçon, tu tournes encore le dos au danger...

long time ago.
Harley le lâcha brusquement avant de flanquer un coup de poing dans le mur derrière lui, le faisant sursauter. « Har... ! » Il sa calma aussitôt en comprenant que le coup ne lui était pas destiné mais ses yeux s'étaient fermés un bref instant dans cette optique. Est-ce qu'il venait de te faire peur Varian ?  Non, bien sûr que non. C'est ça. « C-c'est... » Reprends ton souffle. « C'est pas grave. » Bien sûr que si c'était grave. Mais il eut le réflexe débile de penser que cela n'arriverait plus ou que, la prochaine fois, il saurait gérer mieux que ça. Au fond si, c'est grave, t'es pas censé craindre quelqu'un comme lui, tu ne l'as jamais fais... mais là, va savoir, c'était peut-être l’enchaînement de toutes ses situations qui t'avais fais paniquer. Il n'osait plus vraiment bouger, attendant la suite. Il se contenta de le regarder le regard presque éteint et termina par baisser la tête. Pourquoi il faut que tout soit toujours compliqué dans ma putain de vie, hein ? J'aurais pas pu ressentir des trucs comme ça envers quelqu'un d'autre ?
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MessageSujet: Re: Tell me what you know about dreaming. (harley)

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Tell me what you know about dreaming. (harley)

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