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a million dreams are keeping me awake (harley)

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Varian Standall


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Inclement Earth

MessageSujet: Re: a million dreams are keeping me awake (harley) Mer 7 Mar - 16:18


AUJOURD'HUI
Trop occupé à râler dans son coin, à pester sur à peu près tout ce qui l'entourait, il ne le sentit pas revenir vers lui. C'est qu'il était terriblement motivé, plus que lui en tout cas. Lui ne voulait pas, il voulait une pause. Le quitter pour le reste de cette journée... Qui avait été trop pleine en émotion, comme depuis le début du mois en fait. Revoir ta sœur, ça avait été terrible, et là... Là vous vous enfonciez. Il voulait juste avoir la paix, quitter le Harley chouineur pour le reste de sa journée et... « Lâ... » Lâche moi tout de suite. Ne me touche pas avec tes mains sales et glacées. « Lâche. Moi. Tout. De. Suite. » Et là Harley, tu la sentais mon envie de t'envoyer valser ? Il s'était figé sur place, incapable de dire autre chose que ces mots là. Tu refusais qu'il s'approche de toi. Qu'il te touche. Qu'il s'accroche à tes habits, il le faisait déjà, mais... Mais là c'était de trop. Il le repoussa une première fois d'un geste un peu brutal, puis une seconde, une troisième fois plus mollement. « Pardon... Pardon ! Merde ! » Sa voix grimpa dans les aigus. Tu n'allais pas recommencer avec tes moulinets, hein ? Visiblement si, ça t'empêcher de lui en coller une.


LONG TIME AGO (sur l'Arche)
Tout ce que Varian voulait, c'était que la voisine arrête de parler, qu'elle entende leurs excuses et qu'elle retourne dans sa cabine. Qu'elle foute le camp. Il voulait aussi ne plus jamais la croiser, plus jamais. Mais non. Elle continua de parler, en face de deux garçons rouge de honte, et la gêne présente dans la cabine était palpable à des kilomètres à la ronde. Comme Harley, il répéta ses excuses, la voix de plus en plus basse, les yeux rivés sur ses paumes de mains. Clairement, il était incapable de la regarder en face et d'affronter son regard. « Oui oui nous comprenons... Nous... » Tu n'allais pas lui promettre que vous ne recommenceriez pas, parce que c'était faux, et tu le savais. « P-personne n'est au courant. » finit-il par lâcher de manière un peu plus audible. Enfin, si, sa sœur mais c'était différent. Si... Si elle venait à en parler à Jan, Victor ou sa mère... Ils étaient morts. Il osa relever un peu les yeux, captant le regarda désespéré de son voisin. « Oh ? » Pour le coup, Giselle eut l'air surprise. Elle fronça légèrement les sourcils avant de pencher la tête sur le côté. « N-ne dites rien si c'est... possible... s'il vous plaît... » Et il se retint de rajouter un "et je vous file ce que j'ai en boutique et qui vous tente", parce qu'il n'allait pas aggraver son cas.


AUJOURD'HUI
« Mais tu comprends jamais rien... ! » Il ne faisait pas non plus beaucoup d'efforts pour être clair, mais ça, il ne s'en rendait pas vraiment compte. De son point de vue, Harley s’embrouillait tout seul avec les mots qu'il voulait bien lui lâcher de temps à autre, et le tout menait à des confusions pas permises. « Tu compliques tout. » Pas comme autrefois. Autrefois c'était mignon, chiant par moment, mais j'avais toujours le don de trouver ça mignon chez toi. De te voir bouder pour un rien... « Y'a pas de méchant V., de gentil Varian, de promesses pas tenues de de... de tout ces trucs là ! » Tu vas finir par m'embrouiller moi-même. « Je suis Varian, je suis là, ok ? V. et Varian c'est moi ! je... je... raaah ! » Pitié Harley, arrête de me rappeler qu'avant, j'étais un type cool. Que je n'étais pas ce mec moche, pouilleux qui passait sa vie dans les jupons des Grounders à satisfaire leur moindres désirs.


LONG TIME AGO (sur l'Arche, harley 18 ans, varian 19 ans)
« Tu m'fais chier Harley... » avait-il lâché d'une voix un peu trop molle. Ils se disputaient... Encore. De toute façon, Harley trouvait toujours des trucs à redire. À critiquer, à commenter, des sujets sur lesquels se plaindre... Et là... Tout était partis d'un truc bête – comme d’habitude – pour prendre de nouvelles proportions. Les prises de becs avec lui le faisait rager sur le coup, mais il avait tendance à rapidement les zapper pour passer à autre chose. Parfois il trouvait ça marrant, parce que ça finissait toujours bien... C'était comme dans tout les couples – et puisqu'ils en étaient un, qu'ils le veuillent ou non – ils en avaient également. Il fallait dire que vous aviez deux caractères compliqués, deux personnalités par vraiment faites pour s'entendre à la base. Et là... Il élevait la voix et Varian hésitait à faire de même. C'était pas son genre, en temps normal il lui rabattait le clapet, puis Harley recommençait, puis il lui retournait la politesse, mais Varian ne criait jamais – ou presque. « Que je... Pardon ?! » Sauf là, aujourd'hui tu t'étais sentis de faire une exception. « Hypocrite ? Moi ? » Il afficha expression outré et plissa les sourcils. Bien sûr qu'il l'était. Et il le savait mais là... C'était le contexte. Le tout. L'ensemble de ce qu'il te balançait à la figure. « Mais barre toi Harley ! Barre toi si t'es jamais content ! Si je suis si mal fichu à tes yeux ! Casse toi pauv'con ! Va... va... » T'avais mal digéré la remarque sur le physique. C'était toujours pareil, ça te piquait toujours au vif. « Tu sais ce qu'il te dit le "pédé" ? - il mima des guillemets – d'aller voir ailleurs ! De te barrer et de trouver des minettes qui feront aussi bien l'taf que moi ! » Tu avait regretté aussitôt ce que tu venais de lui dire mais... Il s'en  foutait. Sur le coup, Varian Standall était remonté et il ne voulait qu'une chose, lui faire comprendre et lui faire peur. Bah aller, c'est le moment où tu dois t'excuser, ou te barrer en lançant un truc classe, non ?

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Harley Weise


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Inclement Earth

MessageSujet: Re: a million dreams are keeping me awake (harley) Mer 7 Mar - 17:29

dans le présent.
Face à la réaction complètement imprévue de V., Harley se ratatina à vue d’œil, le fixant avec de grands yeux. Il le laissa le repousser sans réagir, et battit des paupières par réflexe à chaque nouveau moulinet de bras de son ancien voisin. C'était plus fort que toi ça, hein Harley ? À chaque bras qui se levait, tu avais cette idée solidement ancrée qu'on allait te gifler, te toucher pour te faire mal. Alors à chaque fois, tu fermais les yeux en te crispant un peu plus, attendant des coups qui ne venaient pas… Et puis tu te disais que c'était lui, qu'il ne lèverait jamais la main sur toi et que c'était pour ça que tu gardais une confiance aveugle en lui… Mais devant ces déferlantes de réactions inattendues que pouvaient avoir ce sournois V., il doutait de plus en plus. Chaque fois qu'il le repoussait, qu'il lui parlait mal ou qu'il l'embrouillait un peu plus, c'était encore un peu de cette confiance envolée. Après… Il ne resterait rien entre vous. S'il démolissait cette dernière chose, tu ne saurais plus quoi dire ou penser et toi, Harley, tu ne garderais que de la peur.
Et derrière cette agitation physique, il y avait les mots de V. Pourquoi est-ce qu'il s'excusait lui aussi ? Parce qu'il était méchant, qu'il le savait et qu'il voulait que tu lui pardonnes ? « P-pa… Pas g-gr-grav... » commença-t-il à articuler péniblement dans l'espoir de le calmer, sans parvenir à détacher son regard de son visage énervé. Tu sais que je ne t'avais jamais vu avec ce genre de visage avant la Terre ? C'était propre à V. ça, parce que Varian ne m'avait jamais fait peur comme toi tu le faisais. Toi, tu bougeais dans tous les sens, avec des gestes qui me faisaient frémir le cœur à chaque passage, et un visage déformé par la colère. Pourquoi est-ce que tu étais aussi fâché, V. ? Qu'est-ce que je t'avais fait pour t'énerver à ce point à chaque fois que je faisais ou disais quelque chose ? Et surtout, pourquoi ne me le disais-tu pas une bonne fois pour toute ? Toi, les mots étaient toujours sages, bien en ordre quand tu leurs demandais de s'exprimer. Il n'y avait pas de rebellions au sein de tes phrases… Et pourtant je ne pouvais pas les suivre. Pourquoi ? Pourquoi, pourquoi, pourquoi ?

dans le passé.
Malgré sa panique et sa gêne monstrueuse, Harley glissa un regard mauvais à son voisin. Quelque part au fond de lui, il gardait l'espoir qu'elle n'ait pas vraiment compris, ou qu'elle n'est pas réfléchi plus loin que le sujet du bruit. Qu'elle puisse l'imaginer lui, couchant avec un autre mec, ça le… Non, c'était pire que d'être entendu. Elle allait s'imaginer trop de choses, et faire des déductions fausses, et me cataloguer dans sa tête comme… Cette idée le fit rougir et il se contorsionna sur sa chaise, croisant les jambes dans une position surréaliste pour cacher ce qu'il avait à cacher. « Euh, mais n'allez pas… Enfin, on est pas… On n'est pas gays ni rien, hein... » Harley eut l'étrange impression de les enfoncer un peu plus alors il observa ses ongles avec attention le temps de trouver quoi rajouter. « Mais, euh… C'est bien si ça reste secret… Pour que, euh… Pour que les gens n'imaginent pas des trucs faux comme vous êtes sans doute en train de le faire vous-même à cet instant précis. » D'où il trouva le souffle de pondre une phrase aussi longue, tarabiscotée et mal fichue… L'inspiration par la peur, sans doute. Mais c'était ta pire hantise ça : que les autres s'imaginent des choses et te classent dans la catégorie des pédés juste parce que tu t'envoyais en l'air avec Varian Standall. Qu'ils puissent t'imaginer comme eux là... Une légère grimace de dégoût marqua son visage.

dans le présent.
« M-mai-mais... » Mais non, il ne comprenait pas. Il ne comprenait rien. Jamais. C'était la faute à sa tête ça, il savait qu'elle s'était cassée avec la Terre et qu'elle refusait de lui faire dire ou faire des choses comme avant. Il la voyait bien, cette satanée différence entre l'avant et le maintenant. C'était même le pire, de savoir. Il aurait pu ne pas s'en rendre compte et le vivre bien, en se disant que les autres étaient tous des abrutis… Mais non. Non, Harley savait que le fêlé – littéralement – dans le tas, c'était lui. Sauf pour V. La plupart des gens ici étaient un mystère pour lui mais il n'avait pas de point de comparaison alors il laissait passer. Mais V… V., il savait comment il était avant. « J-je… Je comprends p-pas q-qu… q-qu… y... » Il n'y avait que du désespoir dans sa phrase. Il se désespérait de comprendre, de savoir ce qui se passait autour de lui et pourquoi il restait planté là, à toujours dire ce qu'il pensait juste mais qui ne faisait que mettre V. un peu plus en colère… « M-m-mais… Mais V-Varian, c-c'e… est V. ? Mais Va-rian, il est mort... » L'esclave recula d'un trois petits pas, sans quitter son ancien voisin des yeux. « M-mais... » Non, tu ne comprenais pas, Harley. Ça n'avait absolument aucune logique, il manquait quelque chose, ou il te manquait quelque chose peut-être… Ou V. oubliait quelque chose lui aussi...

dans le passé.
« De toute façon, Standall, t'es juste un putain d'hypocrite. Tu l'entends, ça ? Et vas-y que je te regarde de haut, que je te file tous mes fantastiques conseils… Suivez Standall, suivez ses idées à la con, suivez ce sale pédé, il vous emmerdera jusqu'au bout avec ses yeux de traviole et ses lèvres de meuf… ! » Il braillait tout seul, juste en colère. À la base, ce n'était même pas envers son petit-ami qu'il était énervé mais… Ils s'étaient retrouvés dans la même pièce et pour une raison X ou Y, les choses avaient choisi de partir en couille. « Parfaitement, un sale hypocrite. Un putain de lèche-cul même. » Mais Varian qui s'énervait pour de bon… Surpris – et visiblement blessé – Harley resta planté sur place à le fixer…
« Ah oui ? Tu veux que je me casse, Varian ? » Il avait cessé de crier et pour une fois – la première sans doute – les rôles s'inversaient. « Tu veux que je me barre ? D'accord. D'accord, je me casse. Je me casse définitivement même. » acheva-t-il d'une voix sourde, les dents serrés. Il se dirigea comme un robot vers la porte de la chambre, qu'il claqua d'une violence rare. « Je me CASSE ! » Tu te sentais fou de rage et… Tu savais que cette fois, ce n'était pas comme les autres. Cette fois… Cette fois, tu n'avais aucune envie de revenir.
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Varian Standall


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Inclement Earth

MessageSujet: Re: a million dreams are keeping me awake (harley) Mer 7 Mar - 22:37


AUJOURD'HUI
« Mais mais mais… Mais réfléchis ! » Il fallait qu'il se calme. Qu'il respire un grand coup, que la tension redescende. Ce n'était pas lui ça, ça ne pouvait pas être lui. Jamais sa mère n'aurait voulu avoir un hystérique comme fils. Ni l'une, ni l'autre d'ailleurs. « Il. N'est. Pas. Mort. » Il ferma les yeux, et plaqua ses bras le long du corps, les poings serrés. Harley recula et Varian pencha légèrement la tête. Vraiment, c'était toi qui reculais là ? Tout foutait vraiment le camp. « Ce que j'ai dis c'était... » Il chercha la mot qui mit quelques bonnes secondes à revenir. C'était toujours agaçant de s'arrêter au milieu de ses phrases comme ça, de devoir réfléchir à la suite. Il avait l'impression que tout tournait au ralentit chez lui et… Ça t'agaçait encore plus. Tout t'agaçait. Tout, absolument tout. T'avais l'impression être une de ses nanas insupportable en plein dans ses périodes. « Une métaphore. » C'est toi le littéraire de nous deux, non ? Je me trompe ? Tu étais le gars qui dévorait les livres compliqués et sans intérêt à mes yeux pour son bon plaisir. Et tu t'étais toujours moqué de moi qui me plaignait de l'absence d'image dans tes romans. Alors tu devrais comprendre non ?


LONG TIME AGO (sur l'Arche)
« Harley... » Putain Harley j'y crois pas, tu ramène ça sur le tapis. Maintenant. Sérieusement ? Toi et tes complexes de merde tient… Il avait bien vu le regard de sa voisine directe changer. Elle était à la fois surprise d''entendre une excuse pareille et… Et il sentait aussi qu'elle cherchait à comprendre le fin mot de l'histoire. « Admettons... » Elle examina ses ongles avant de relever les yeux vers ses deux jeunes voisins. « Je ne dirais rien. Tant que ma fille peut se reposer en paix, et moi passer de bon moment chez moi dans le silence complet, je garderais tout ça pour moi. » Elle afficha un petit sourire que Varian ne su pas trop comment interpréter. Alors quoi, elle allait leur filer son emploi du temps et ils aviseraient avec ? « C'est d'accord les garçons ? » Il hocha de la tête en silence, ne sachant de toute façon pas trop quoi répondre de manière constructive. « Ah et, je tiens à ce que vous le sachiez, je n'ai aucun soucis avec ça. » Elle agita une main en leur direction, ce mystérieux sourire toujours sur le visage. Oh non, mais écoutez le donc madame, ce n'est qu'une phase pour monsieur tient. Monsieur n'est pas homo du tout !


AUJOURD'HUI
« Tu piges ? Ou faut que j'te fasse un dessin ? » Mauvaise idée, il avait toujours été terriblement mauvais dans ce domaine. Tu avais vraiment envie de te mettre des claques. D'être aussi venimeux avec lui… tu l'avais déjà été, mais le contexte était différent. Tu lui avais déjà mal parlé par le passé, sur Terre aussi d'ailleurs mais aujourd'hui c'était encore quelque chose de différent. Vous étiez passé d'un moment presque doux et amical à ça et… Tu avais l'impression d'avoir fais un bond de dix mètres en arrière. C'était un peu comme autrefois en somme. Vous étiez capable de passer du tout au rien comme ça, en un éclair. Une discussion, une dispute, un câlin, re une dispute, re un câlin… Mais là, hein ? Il manquait une phase, l'essentielle même. Il te manquait ton Harley, celui qui au final savait toujours balancer les bons trucs pour te faire revenir vers lui. Il te manquait son sourire, sa chaleur pour te réconforter… Tu avais tout perdu il y a trois ans, et aujourd'hui, tu avais définitivement une croix dessus pour retrouver tout ça.


LONG TIME AGO (sur l'Arche, harley 18 ans, varian 19 ans)
« C'est ça, aller, du vent ! Ça dégage ! » Il lui adressa un doigt d'honneur au moment où il tourna les talons. « Et puis c'pas la peine de revenir pleurer dans deux minutes ! » C'est ça, barre toi pour de bon, idiot, tu tiendras pas deux jours sans moi, pensa t-il. Il en était tellement persuadé et tellement en colère que sur le coup, il se sentit bien d'appuyer ses propos et de l'encourager à prendre la porte. « Va t'faire sucer par d'autres tafioles dans ton genre ! » La porte claque dans un grand bruit et Varian lui donna un grand coup de poing dans la foulée. « PUTAAAAIN ! » Il criait tout seul dans sa chambre à moitié conscient de faire un bruit monstre qui devait sûrement gêner le voisinage.Tant pis. Qu'ils aillent se faire voir s'ils n'étaient pas content. Si la garde passait par là pour faire ses habituelles rondes, elle allait sérieusement se demander ce qui lui passait par l'esprit.

Une semaine plus tard.
Étrangement… Il était toujours en colère. C'était une chose rare. De ne pas se réconcilier dans la même journée ou le lendemain. C'était même… Du jamais vu. Mais là, il l'avait cherché. Voilà. Tant pis pour lui. Il avait pris grand soin de ne pas le regarder dans les yeux quand il l'avait croisé les jours qui avaient suivis, de le snober comme jamais. Tu faisais le gamin, voilà tout. C'était facile de jouer. Mais après, à la fin de la semaine, un étrange sentiment t'avais soudain envahi. Il n'avait pas vraiment pris tes paroles au pied de la lettre hein ? Il n'était pas vraiment partit loin de toi, c'était… Juste une phase, non ? « Tant pis, de toute façon, c'est con. » dit-il à voix haute comme pour se rassurer. Il attrapa sa vieille console qui n'allait pas tarder à rendre l'âme s'il ne l'amenait pas à réparer bientôt et se lança une nouvelle partie de son jeu. « Pis, tu me manques a-b-s-o-l-u-m-e-n-t pas d'ailleurs. Mes journées sont très belles sans toi. » lâcha t-il toujours à haute voix, continuant son monologue. Bon, ça, il n'en pensait pas un seul mot même si Varian essayait de se persuader du contraire en cet instant.



Dernière édition par Varian Standall le Mar 13 Mar - 18:00, édité 1 fois
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Harley Weise


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Inclement Earth

MessageSujet: Re: a million dreams are keeping me awake (harley) Jeu 8 Mar - 0:02

dans le présent.
Harley regardait l'autre esclave comme s'il allait le sauver, comme s'il allait brusquement sortir une formule magique qui résoudrait tout et qui lui offrait les clefs de la compréhension. C'était un mode d'emploi qu'il attendait, Harley, un miracle… et surtout quelque chose qui n'arriverait pas. Métaphore. Il savait ce qu'était une métaphore, même s'il était incapable de mettre assez de mots à la suite pour composer une définition correcte et correspondant à l'image pensée du concept. « Ah... » V. le lui avait déjà dit mais la lumière ne s'était pas faite comme aujourd'hui. « M-mais... » Réfléchis, Harley, RÉFLÉCHIS ! « Ah... » Ses yeux s'agrandirent sous l'effet d'une compréhension soudaine. Les mots de son camarade mettaient du temps à s'imprimer dans sa tête mais il y venaient tous à un moment donné. « M-mais… A-al… A-alors... » Harley plissa fronça les sourcils et regarda V. avec méfiance. « V-Varian est m… m… Mort po-pour de f-f… F-f… F-faux… ? » Ses lettres partaient en courant, indisciplinées et fuyantes, mais il avait envie d'aller jusqu'au bout cette fois-ci, quand bien même ce serait long, pénible et laborieux. « Ah… M-mais j-je s-sa… Je s-sav… Je savais p-pas... » Tu sais combien le Harley que tu étais autrefois t'aurait détesté, Harley ? Il t'aurait regardé avec pitié avant de tourner les talons, refusant de te voir plus longtemps, de s'infliger ça. Tu sais, il ne l'aurait pas supporté : se voir comme ça, aussi faible d'esprit, aussi lent, à se comporter comme un gamin de six ans dans un corps d'homme de bientôt vingt-cinq… Ça aurait été trop. Il ne s'aimait déjà pas trop, l'ancien Harley… Alors il t'aurait sans doute tué, quitte à se tuer lui-même. « Ah... » Derrière ses « ah » à répétition, Harley envisagea toute la chose sous un angle nouveau, peinant à en voir tous les tenants et les aboutissants. « M-mais… M-mais tu dev… Tu devrais dire « j… j-je » al… a-a-alors... » Sinon, c'est sûr que tu ne pouvais pas comprendre, pauvre petit Harley stupide.

dans le passé.
Elle ne l'avait pas cru. Harley voyait bien qu'elle ne l'avait pas cru et qu'elle le voyait comme un pédé, surpris en pleine action avec son copain tout aussi gay. Concernant Standall… Non, il en avait rien à foutre que Standall aime les hommes, les femmes, les deux ou les cornichons. En revanche, qu'on le voit lui comme une pédale, c'était… Tu te sentais humilié en fait. Tu avais l'impression que ça démolissait ton état d'homme, que ça t'émasculait, que… Être une tarlouze, c'était… une honte. Ce n'était même pas une question de gêne, c'était juste une tare, un échec. Enfin tu ne savais pas sur quel pied danser : Standall, c'était toute ta vie, ton ancre, et une folle passion. Tu brûlais de désir et d'amour pour lui… Mais juste pour lui, hein. Ce n'était qu'une passade, une exception, et si tu l'avais voulu, tu aurais pu mettre ça de côté et revenir à tes vieilles passions féminines. Cours toujours Harley, t'as raison. « Vous ne nous entendrez plus... » marmonna-t-il, écrevisse. Elle agita la main, et son fard s'accentua. « Fantastique ! » Il était sarcastique. Il lui faudrait de toute façon quelques années supplémentaires et une bonne dose de prise de confiance et de maturité pour, éventuellement, envisager de s'afficher comme homosexuel aux yeux des autres… et des siens. Giselle l'observa avec son petit sourire mystérieux en hochant la tête. « Je comprends. Bon, je suis contente que nous ayons pu parler, les garçons. N'hésitez pas si vous avez des soucis ou des ennuis… Ou juste parler… Vous restez les bébés Varian et Harley pour moi ! » Elle se releva et lissa sa jupe avec un gentil sourire qui mit Harley mal à l'aise. Personne, sauf Kimi et son père, ne lui souriait avec autant de gentillesse et de bienveillance. « Ouais, c'est ça... » Il se releva le plus naturellement dans l'idée de la mettre – gentiment – à la porte… Et se rassit instantanément. « La porte est là-bas... » couina-t-il. La honte… La putain de honte...

dans le présent.
Et puis soudain… Il éclata de rire. De son rire simple, enfantin, qui n'avait pas changé depuis l'Arche. Il avait toujours eu un rire très honnête, Harley, très joueur et bébé, et la Terre n'avait pas réussi à changer ça. « Un d-de… Un dess-dessin ? » Il rit de plus belle. Tu ne riais plus pour les mêmes choses par contre, et toujours avec un sacré temps de retard, mais tu savais encore rire. Quelque part, même toi ça te rassurait. Il se cacha les yeux avec un grand sourire et gloussa de plus belle. « T-tu… Tu sais… Pas des-dessiner... » Un petit silence suivit tandis qu'il souriait toujours à pleines dents puis il jaillit soudain de la cachette infaillible que constituaient ses mains. « Sauf les z… les z-zizis. » Dans une espèce de fente avant, il planta son doigt dans l'entrejambe de son voisin, sans doute dans l'idée absurde d'illustrer, ou simplement sans vraiment réfléchir, puis recula sans jamais quitter son grand sourire candide. « T-t-tu… T'en as… C'ét-était pour ga-gagner au d-d… Au d-dessiner c-c… C'est gagné… Mais t'as j-jamais gagné... » Il repartit dans son fou-rire. Non, le Harley de l'Arche n'aurait même pas pu supporter ce genre de scène tout compte fait. Il aurait pudiquement regardé ailleurs en priant pour que quelqu'un ait la gentillesse de virer ça définitivement. Mourir, seul dans l'espace, c'était finalement bien aussi, et une petite partie du Harley présent le pensait sincèrement aussi. Alors tue-moi, Varian, tue-nous, fais quelque chose…?

dans le passé.
Il venait de claquer la porter avec une rage rarement égalée mais… Les derniers mots de son petit-ami le piquèrent au vif. Il rentra chez lui en fureur et claqua la porte de sa propre cabine. « Harley, tu tombes bien, j… » « TA GUEULE, MAIS TA GUEULE PUTAIN ! » Ce n'était pas vraiment à toi que je parlais, Papa… Tu tombais juste mal, encore une fois... Jan s'écarta machinalement en ouvrant une bouche interrogative et Harley se glissa entre lui et le mur pour s'enfermer dans sa chambre. Je te détestais, Standall. Je te détestais, toi, tes principes et ta connerie. Je te détestais d'être un gros enculé doublé d'un bel enfoiré, et je me détestais d'être fou de toi. Je… Ça aurait été tellement plus simple sans les sentiments, ou si ma vie n'avait pas tourné exclusivement autour de ma relation avec toi. Ça me tuait, ce qu'on avait. Ça me tuait parce que je ne pouvais pas vivre avec, et je ne pouvais pas survivre sans. Il se jeta sur l'un des murs de sa chambre en hurlant des insanités et en distribuant les coups de poing. Tu sais que je voulais te faire mal, sale merde ? Je voulais te cogner, te démolir pour tout ça, pour que tout s'arrête. Je voulais te saigner, littéralement, et te casser en mille petits morceaux. Il hurla plus fort encore, face au mur, les doigts en sang.

Deux semaines plus tard.
« Harley, je peux entrer ? » Sans vraiment attendre de réponse, Jan entra dans la minuscule chambre de son fils. Vide. Mais ce n'était pas vide, hein Harley ? Je savais où tu te cachais quand tu disparaissais, où est-ce que tu choisissais de te réfugier, comme le petit garçon de sept ans que tu n'avais jamais vraiment arrêté d'être. Le jeune père traversa la chambre jusqu'à la couchette et ouvrit la petite porte secrète du placard tout aussi secret. « Casse-toi. » « Je peux ? » Il était là… son fiston. Glissé dans le minuscule espace du placard clandestin, à lire un bouquin improbable sur les figures de style. Harley le toisa un instant avant de lui faire de la place et Jan s'incrusta comme il put avant de refermer la petite porte et verrouiller la minuscule serrure. Ce placard… Je le détestais, Harley. Toi tu le chérissais comme un trésor, à t'y cacher, à y coller quelques photos, à y mettre ses vieux dessins à elle… Moi pas. Tu sais, je l'avais fait pour que tu te caches, quand elle était fâchée… Mais ça me rendait triste qu'encore aujourd'hui, tu ressentes le besoin de disparaître dans un placard. Il fixait un dessin de Maman quand il se rendit compte que son fils pleurait. Mais tu ne parlerais pas, Harley. Tu ne parlais jamais de rien. Il posa juste sa joue sur l'épaule de Harley. En attendant ?

Je ne pouvais pas te le dire, Papa. Je ne pouvais pas te dire que le garçon que j'aimais… Je l'avais perdu. Pour de vrai, je crois. Je n'ai pas envie de continuer avec lui, de lui demander pardon ou de lui accorder le mien. Je n'ai pas envie de poursuivre ça… Mais je suis vraiment amoureux, Papa, et personne ne le saura jamais. Pas même lui. On s'ignore quand on se croise, et j'ai même baisé des filles et un autre mec pour voir… Et pour le faire enrager. Il l'a su, Papa. Il a forcément su pour ces filles parce que tout le quartier est au courant… Et il sait pour ce gars parce que je l'ai embrassé sous ses yeux avant de le prendre par la main pour l'amener ici. C'était même sympa comme soirée, Papa. Toi tu travaillais mais moi, ça m'a fait du bien d'être vraiment moi, et d'aimer un inconnu juste pour un soir. Sauf que je ne l'aime pas. Je ne suis pas amoureux de ce mec. J'aime l'autre, celui que j'ai quitté.


Dernière édition par Harley Weise le Ven 9 Mar - 23:55, édité 3 fois
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Varian Standall


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Inclement Earth

MessageSujet: Re: a million dreams are keeping me awake (harley) Jeu 8 Mar - 1:05


AUJOURD'HUI
Merde, il avait compris ? Genre, vraiment compris? Pour de vrai ? Non, c'était bien trop beau pour être vrai. Il devait y avoir un piège, quelque part, qu'il ne saisissait pas encore. « Ouais ouais… voilà. Oui je suis Varian. » Il se trouvait aussi très bête à sortir ce genre de phrase mais si cela pouvait aider son ancien voisin à encore mieux comprendre… D'un côté, il était prêt à tout pour qu'il arrête de le dissocier comme ça. De créer deux lui à chaque fois qu'il ouvrait la bouche, de le rendre confus, de le gêner… En tout cas quelque chose avait changé – pour le meilleur comme pour le pire – et Varian s'était calmé. Un peu seulement, mais le ton était redescendu d'un cran. Ne dis rien de plus où tu risques de le perturber encore pour les trois mois à venir. N'ouvre pas la bouche, ça vaut mieux pour toi, au moins, là, tu tiens quelque chose.


LONG TIME AGO (sur l'Arche)
« Au revoir madame... » bafouilla t-il en la regardant s'éloigner. Bébés Varian et Harley. Envie de parler. Des ennuis. De… quoi ? La porte elle la trouva comme une grande, Varian n'eut pas le courage de se lever à nouveau pour la faire sortir et il se força à lui adresser un sourire et un geste de la main qui se voulait poli. Une fois la porte close, la voisine disparue pour de bon, il se tourna vers son voisin et le fusilla du regard. « Putain. » C'était un putain général. Un putain on s'est fait prendre mais on a eu une chance magistrale. Un putain c'est quoi ces trucs que tu lui sors comme ça ? Un putain de soulagement. « Pas gays hein ? » ricana t-il, un peu amère. Oui, clairement, ça t'était un peu resté en travers de la gorge. Il haussa les épaules. « Mais enfin s'il s'agissait d'une excuse... » Son regard se perdit légèrement au dessus de l'épaule de son voisin.


AUJOURD'HUI
« Ouais un dessin... » Pourquoi il riait comme un âne ? Pourquoi il… Ah. En souvenir du bon vieux temps. Il agita la main, vaguement agacé. « Ouais ouais je sais... » Il n'avait jamais su, parce que le dessin, il n'en avait jamais eu rien à faire. C'était pour les mômes le dessin. Un art inutile. Le souvenir de Cara dessinant pour lui en classe de maternelle lui revint en mémoire soudainement. Il se revoyait encore lui dessiner les trucs que la maîtresse voulait pendant qu'elle avait le dos tourné. Ah, cette Giselle. Un léger sourire lui échappa mais se volatilisa dans la seconde à venir. Harley riait toujours et soudain… « BORDEL ! » Varian fit le bond du siècle en arrière avant de tomber sur les fesses dans a poudreuse qui recouvrait le sol. « NE ME TOUCHE PAS ! » Le seul mec qui avait le droit, il a perdu le droit de le faire. C'était là-haut, et y'a longtemps et je… Je ne veux pas qu'on me touche. « Mais putain t'es con ! » Et c'était quoi cette tête ? Cet air niai ? Lui avait l'air totalement retourné, prêt à égorger des chatons, rien à voir avec son ancien voisin. Si tu n'avais pas fais ce bond, et que tu ne t'étais pas ramassé comme une merde, sans doute que tu aurais faillis à ton code d'honneur le concernant en lui en foutant une bonne dans la figure. Tu lui aurais arraché son air candide, tu lui aurais fais ravaler son sourire… Il se releva, époussetant ses vêtements trempés. Tu en avais toujours envie. Mais tu prenais sur toi. Tu… Oh putain tu avais vraiment envie de te le faire. Et pas dans le sens que tu appréciais tant autrefois.


LONG TIME AGO (sur l'Arche, harley 18 ans, varian 19 ans)
« Tu dors toujours grand frère ? » Pas de réponse. Kimi poussa la porte de chambre de Varian pour y entrer à pas de loup. Elle n'avait pas l'habitude de le voir là. C'était elle la fille qui passait sa vie dans sa cabine. Pas lui… Lui avait une vie, des amis à voir, un stage en cours qui pouvait lui permettre d'obtenir une bourse importante et là… Son frère ressemblait à une larve. Au début elle avait pensé à une phase stupide, juste de quelques jours et puis… les jours étaient devenus trop longs pour elle. Varian était insupportable de jour en jour. Et cette semaine, ça avait encore empiré. Elle osa s'asseoir sur un coin de son lit et tapota la couette sous laquelle son grand frère était enfouis. Elle entendait le bruit de sa console. « Ha ha… ça va faire au moins cent fois que tu refais ta parte, hein ? » Tentative de détendre l’atmosphère = raté. Pas de réponse, aucun bruit hormis un soupire et la musique d'un game over. « Tu viens manger ? Tu veux venir sortir un peu avec moi ? Si tu veux ils diffusent un film sympa ce soir, j'ai eu des crédits pour le voir et... » « Nan. » « Sors de là-dessous au moins... tu t'es douché aujourd'hui ? Ils remettent l'eau et si tu veux... » « Dégage. » « Non. » « Si Kimi, dégage de là. » « Bon. Je reviendrais demain si tu veux pas parler aujourd'hui. » Pas de réponse. Juste le bruit d'une partie qui recommençait. Encore. Pour la cinquantième fois de sa journée.

« Salut grand frère ! » Cette fois-ci elle ne passa pas par quatre chemin et bondit sur son lit. « Aller, hop hop, une nouvelle journée débute ! » Elle tira la couette pour découvrir un Varian visiblement claqué, à moitié zombie. Tu avais de ces cernes… T'avais du trafiquer la batterie de ton jeu, pas moyen qu'elle tienne aussi longtemps sinon… « Dégage. » « Non, aujourd'hui on bouge de là. On va voir du monde, on... » J'étais inquiète tu sais ? En fait, je souriais, comme une idiote, je disais à papa et maman que tu sortais de temps en temps, que tu faisais bien ton stage mais… Je mentais pour toi, et je m'en faisais pour toi. « Bon, ça suffis. Ça va faire deux semaines. Alors tu vas voir Har... » « TA GUEULE. » Il s'était redressé violemment avant de la repousser. « Je veux pas voir sa tête de fils de pute. » « Mais... » « Mais, mais mais... » Il l'imitait terriblement mal et la mine de Kimi se renfrogna. Elle se sentit rougir. Varian n'était jamais méchant avec elle. « Mais regarde toi à jouer la petite sœur parfaite ! La meilleure amie au grand cœur ! Tu lui as parlé à c'te pédale récemment ? Hein ? Tu lui as parlé ?! Répond ! » « Je heu…» Il avait haussé le ton. C'était rare chez toi grand frère. Et j'aimais pas de voir comme ça…  « Non je... » Je suis restée là pour toi Varian. Parce que je t'aime, et que je suis inquiète pour toi je… « Bah alors ? On est pas au courant des dernières frasques de monsieur ? Hein ? Aller, on se secoue, on réponds à son grand frère chéri ! » « Pardon... » Non, si, oui, non, elle ne savait plus. Elle voulu s'en aller, et vite avant qu'il n'explose pour de bon mais…. Je n'avais aucune idée de pourquoi je restais là t'écouter me dire tout ça. « Il se prend pour qui, hein ? Même moi chui pas descendu aussi bas ! Mais tu vas me dire, il met en pratique son seul talent c't'enculé ! » Non, au lieu de ça, tu t'habille mal, tu ne prends plus soin de toi et tu ressemble à un épouvantail. Tu es sortis quoi, deux fois pour aller chercher des rations ? Et c'est à peine si tu étais reconnaissable Varian…Et ne dis pas toute ces choses sur lui... « Bah j'pourrais tient. J'pourrais baiser sa meilleure amie juste pour le faire chier tient. C'est tout à fait mon genre de fille, et puis, on s'en fou hein ? On est pas vraiment frère et sœur ! Ha ha ! Super ! » Et il retourna sous sa couette sans rien dire de plus. Et Kimi éclata en sanglot. Elle claqua la porte de sa chambre avec toute la force qu'elle avait en stock pour pleurer, encore et encore pendant des heures. Même Harley ne m'avais jamais rien dis d'aussi horrible. Même… Je… Varian… Comment tu as pu me balancer des horreurs comme ça ?

Qu'est-ce que tu venais de lui balancer à la tronche là ? Ça ne t'avais pas suffis de balancer des obscénités à ton voisin qu'il avait visiblement suivis à la lettre ? Il fallait en plus que tu te mettes ta propre sœur, la prunelle de tes yeux à dos ? Varian planta ses ongles – rongés jusqu'au sang pour la plus part – dans son matelas et ferma les yeux, dans l'espoir de calmer les battements précipités de son cœur. Elle pleurait. Il sentait qu'elle ne voulait pas qu'il entende mais… Ou alors ce n'était juste pas ses pleurs que tu entendais, mais juste les tiens. Il se boucha les oreilles avant de se recroqueviller encore un peu sur lui-même. Je n'arrive même plus à penser ton prénom là, tout de suite.Si tu savais à quel point je te hais d'avoir fais ça. Parce que tu penses que je vais rien dire ? Rien faire ? Mon pauvre gars. Jp'eux rester chez moi et te pourri la vie si c'est ça que tu veux. Et je le ferais, parce que je t'aime, et que je veux que tu saches que tu m'as blessé. Ça n'a aucun sens, aucun…

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Harley Weise


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MessageSujet: Re: a million dreams are keeping me awake (harley) Sam 10 Mar - 0:45

dans le présent.
Il riait comme un con. Littéralement. Il était éclaté de rire, avec un grand sourire sur son visage réjoui, parce que ça l'amusait vraiment. Les souvenirs l'amusaient, le mot « zizi » l'amusait, le contexte le faisait rire, et la tête de Varian-V. encore plus. L'insulte de son voisin le coupa net et il le fixa sans rien dire, sans plus rire ni rien exprimer. Tu étais juste pensif, Harley. Ça se voyait que tu réfléchissais pour de vrai, que tu faisais un effort pour savoir quoi dire ou comment réagir. Parce qu'elle était là, la véritable question, n'est-ce pas ? Comment réagir et comment rebondir. D'ordinaire, tu étais juste toi-même, à suivre le gré de tes humeurs et de tes émotions… Mais avec Varian-V., ça ne fonctionnait pas. Lui-même n'obéissait à aucune logique, passant d'une bonne humeur rassurante à une agressivité effrayante. Vous étiez deux électrons libres, Harley, deux garçons ayant partagé une belle histoire il y a longtemps… Mais il n'en restait plus rien, de cette histoire. Tout était à enterrer, à oublier, et ça aurait été plus simple si vous aviez pu vous y résoudre. Sauf que tu n'oubliais rien, Harley. Tu n'oubliais ni le passé ni le présent et tu avais toutes les répliques en tête. « Oui… Désolé. » Désolé d'être stupide, Varian-V., désolé d'être con. Mais pour une fois, les lettres avaient été sages. « Désolé, j-je suis pas ce qu… Ce que tu voudrais qu-que je s-sois. » Non, il ne replongeait pas dans le mélodrame ou les larmoiements… Simplement, l'autre esclave l'avait arrêté net dans son élan de bonne humeur pour lui jeter une fois de plus au visage tout ce qui avait disparu. « Mort, peut-être, ou j-juste pas là. » Comme avant, Varian. Tu aurais voulu que je sois autre chose parce que la réalité t’embarrassait. Avant, tu aimais Harley, mais tu n'aimais pas l'image qu'il projetait sur toi. Aujourd'hui, tu aimais encore l'idée de Harley, le souvenir, mais tu n'aimais pas ce que tu avais sous les yeux. « Tu me p-parles pas. Je sais pas c-ce… Ce que tu p-penses. Et t-tu demandes r-ri… Tu demandes rien non p-plus. » Alors comment est-ce que tu veux que je sache ? Comment veux-tu que je fasse ou dise quelque chose qui te plaise ? Comment veux-tu qu'on existe à deux ? Mais il n'y avait plus de deux, et il n'y en aurait plus. « A-av… Ava... » Ses doigts se crispèrent légèrement. « A-a-av… Avant, j'avais le droit d-de te t-toucher. »

dans le passé.
Dans trois secondes, Standall allait lui reprocher quelques choses. La porte se referma sur Giselle et son voisin se tourna vers lui en lâchant un juron qui voulait tout dire. Et il n'avait pas besoin de voir le regard qui lui lançait pour ne pas le sentir sur sa peau. Le visage fermé, Harley croisa les bras et affronta son petit- ami. « Quoi, tu as quelque chose à y redire ? Je n'avais pas envie qu'elle se fasse des idées fausses sur moi, ça te pose un problème ? » Dis-moi une fois, une seule fois… Insulte-moi une seule fois, Standall… « Tu me prends pour une pédale, Standall ? » Il maudit son timbre de voix qui grimpa dans les aigus sur le dernier mot. Cette conversation, ils l'avaient sans doute déjà eu des dizaines de fois mais... En vérité, il avait peur. Il avait peur d'entendre son propre copain qualifier leur relation ainsi. Que Kimi fasse des sous-entendus, ça le vexait et ça l'humiliait mais il pouvait faire avec parce qu'elle ne savait rien. Mais lui… Il quitta sa chaise et traversa rapidement la cabine pour partir en exploration de la chambre de Varian, en quête du caleçon disparu. À quatre pattes à moitié sous ton lit, à chercher ce stupide sous-vêtement, j'avais l'avantage de ne plus voir ta tronche et ça m'allait très bien comme ça.

dans le présent.
Avant, tu m'aurais tout permis, Varian-V. Avant, tu aurais été gentil avec moi, même caché derrière tes grandes leçons de vie et tes remarques blessantes. Avant, j'aurais su que tu étais dans mon camp et que rien ne nous séparerait jamais. Enfin je le croyais, et c'était très bien comme ça. J'aurais cru que tu m'aimerais quoi qu'il arrive, quoi qu'il advienne, et qu'on se soutiendrait mutuellement. Peut-être pas pareil, peut-être différemment… « J-je suis mort pour toi. » Non, je ne me lamentais pas, Varian-V. Je constatais. J'énonçais des faits. J'étais mort pour toi, et... « Et t-tu n'en v-va… Tu n'en valais pas la peine. » Oui j'étais triste, mais non il n'y avait aucune méchanceté. Vas-y, ose dire que c'était faux, que tout était de ma faute à moi ou que j'avais été con. Tu étais méchant, Varian-V., dans le premier sens du terme. Tu ne méritais pas toutes ces choses que tu avais eu. Tu ne méritais pas que je t'aime comme je t'avais aimé. J'étais loyal, fidèle, ton chien très obéissant, et amoureux. Il renifla, sans lâcher cet air de constat qu'il arborait depuis qu'il avait cessé de rire.

dans le passé.
« Ta gueule sale chienne. Si je te prends par derrière, c'est pour ne plus voir ta gueule de conne. » Paf. La gifle claqua sèchement sur sa joue, le plantant comme un con devant chez lui. « T'es mignon, Harley Weise, mais j'espère que tu crèveras seul. » Trop en colère pour voir honte, il lui adressa un doigt et entreprit d'ouvrir la porte de sa cabine. Il avait vu Kimi passer et rentrer sans le saluer pendant que cette imbécile étalait à voix haute ses « exploits » sexuels et… Quoi, tu choisissais ton camp, Kimi ? Tu étais à son image – à leur image à tous : une connasse ? Je n'avais rien dit, rien fait moi. C'était ton enculé de frère qui m'avait soigneusement invité à aller me faire foutre. Mais non, c'était à moi que tu ne parlais plus. Il se glissa chez lui en silence avec l'étrange sensation d'être mort.

Inconsciemment, Harley pouvait compter les jours. Il savait directement combien de semaine, combien de temps, s'était écoulé depuis qu'il l'avait envoyé balader. Appuyé contre le mur du couloir – vide – il laissa l'autre garçon l'embrasser avec tendresse et lui caresser les hanches, le pantalon défait. « T'es parfait. » Je t'aimais bien, Harry. Juste bien, mais c'était déjà pas mal. Tu étais sympa, discret et normal, et tu ne jugeais pas. Tu étais beau, plus âgé, gentil et expérimenté. C'était bien, cet espèce de plan régulier qu'on avait… Je t'aimais bien, mais tu sais, il y avait toujours ce gouffre immense dans mon cœur. Je couchais avec toi pour le sexe, et pour me sentir bien, mais il n'y avait rien derrière. La porte d'en face s'ouvrit sur la seule personne qu'il ne voulait pas voir… Mais pour qui il s'exposait volontairement, juste là, à la vue de tous. « Qu'est-ce que tu mates, toi ? »

J'avais envie de te faire pleurer, Standall. J'avais envie que tu vois que je ne perdais rien, que tu étais remplaçable. J'avais envie que tu me regardes te prendre au mot, aller sucer, enculer et baiser qui je voulais. Non, tu n'avais rien d'unique et ce qu'on avait – perdu – je pouvais le trouver ailleurs. Tu n'étais pas le seul mec capable de me faire vibrer, Standall, et j'avais déjà dit « je t'aime » à ce gars. Je le lui avais chuchoté, devant toi, juste comme ça. Je l'avais pris par la main sous le nez de Kimi. Je l'avais embrassé dans mon lit, dans mes draps. Sauf que ce gars, je ne l'aimais pas. Il était bien, idéal, mais je n'étais pas amoureux de lui. Celui que j'aimais m'avait cordialement invité à aller me faire foutre. J'avais envie de te faire mal, Varian, et de me fusiller.
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Varian Standall


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MessageSujet: Re: a million dreams are keeping me awake (harley) Sam 10 Mar - 11:32


AUJOURD'HUI
Oh non, arrête Harley, arrête... Varian époussetait toujours son grand manteau avec agacement. Que devait-il lui demander au juste ? Il ne voulait rien venant de lui. Rien du tout hormis un peu de normalité. C'était trop demander ? Ou juste d'être amis ? Voilà, être amis, tirer pour de bon un trait sur ce passé beaucoup trop douloureux pour l'un comme pour l'autre. « J'ai pas l'habitude de demander, c'tout. » En fait il n'avait pas le droit d'ouvrir la bouche sauf pour répondre. « Oui mais avant on était ensemble. » C'était assez important comme nuance, non ? Tu ne trouves pas ? Là, nous ne sommes plus ensemble. Pouf, envolé le terrible couple Harley/Varian. Je n'avais jamais rien voulu de ça. C'était les autres, les gens sur l'Arche qui nous avait séparé de force et au bout de trois ans et bien, oui, il ne restait plus rien de nous. « T'étais mon p'tit ami et c'était normal de... » ...de me toucher, de m'embrasser, de faire tous ces trucs. On était plus jeunes, plus cons peut-être, mais bon sang ce que je regrette de ne pas en avoir profité d'avantage. Je me souviens, quand on se frittait parfois, j'avais l'impression que c'était la fin du monde mais en comparaison à ce qu'on a aujourd'hui... J'ai clairement envie de recommencer mille fois nos dispute puériles de l'Arche. On était toujours nous, au moins.


LONG TIME AGO (sur l'Arche)
Oh bon sang Harley, comment c'est possible d'être buté à ce point ? Hein ? Ça relève presque de l'impossible là... Cependant, Varian ne dit rien, il se contenta de le regarder se lever pour sans doute aller chercher quelque chose à se mettre sur le dos et le suivit en silence. Je haïssais t'entendre te qualifier ainsi. Je haïssais t'entendre parler aussi mal de toi, et par extension, de nous. En fait, tu te dégoûtait, hein ? Tu te répugnais toi-même c'est ça Harley ? Ce qu'on faisait avant que cette Giselle vienne tout gâcher, ça te répugnait aussi ? Tu cachais juste bien ton jeu ? Tu sais, pourquoi je pouvais me le demander. « Non, je te prends pour mon petit ami. » Tu l'étais aux dernières nouvelles ? non ? Petit ami secret, mais petit ami quand même. Tu voulais pas que je le dise, l'autre truc, et je n'avais clairement pas envie de rentrer dans ton jeu aujourd'hui. « Il est là ton calbute. » Il le lui lâcha sur le dos en soupirant légèrement. Il attendit qu'il se redresse pour le prendre dans ses bras. Tu avais juste eu envie de le sentir contre toi, comme ça, subitement. De le serrer fort, de lui dire à quel point tu l'aimais, que ce qu'il était, tu t'en fichais tant qu'il restait avec toi et juste toi. « Désolé pour tout à l'heure, c'juste partie remise, promis. »


AUJOURD'HUI
« Que je... Pardon ? » Qu'il n'en valait pas la peine ? Outch, touché en plein cœur – encore une fois – n'est-ce pas Varian ? Son visage sembla se décomposer lentement. « C-comment ça... » Non, en fait il avait très bien compris, il remplissait juste les blancs pour l'empêcher de dire un mot de plus. « Je... Nous... On en valait pas la peine ? Hein ? » T'avais envie de monter la voix mais elle restait étrangement plate, et presque trop basse. Pourtant t'avais envie de lui hurler ces mots à la figure, non ? « Tu... Tu as pas idée de ce que j'aurais fais pour toi. » De ce que j'ai fais pour toi. J'étais peut-être un connard, un piètre petit ami par moment mais je t'aimais comme un dingue Harley. Et comme pour tous les gens que j'aimais à cette époque, j'étais prêt à tout. J'ai fais des trucs horribles pour toi, tu le sais ça ? J'avais envoyé un type à la dérive sans le moindre remord, j'ai... j'ai dupé, mentis, volé pendant des années et c'est moi qui en valait pas la peine ? Excuse moi d'avoir fait tout ça dans l'ombre sans jamais rien te dire. « J'm'en fou, tant pis. Je suis un gros con méchant, voilà. » Si c'est ce que tu voulais entendre.


LONG TIME AGO (sur l'Arche, harley 18 ans, varian 19 ans)
Tu n'avais rien trouvé de mieux à faire que d'aller pleurer dans les jupons de ton ex. Mais en même temps... Tu t'étais mis Kimi à dos, tes parents n'étaient au courant de rien, et puis... Cara était la seule qui avait toujours là. Pour à peu près tout et n'importe quoi. Et autre détail qui avait son importance, tu étais toujours en bons termes avec elle. « J'peux rentrer ? » La mâchoire de Cara sembla se décrocher subitement et elle plaqua une main sur sa bouche grande ouverte, avant d'ouvrir un peu plus la porte pour le laisser passer. Sans un mot de plus il fila dans sa chambre. « Avant toute chose... » Elle l'avait rejoins, cet air de surprise toujours présent sur le visage. « T'es un p'tit con Varian Standall. » Oh non, tu n'allais pas t'y mettre toi aussi... « On disparaît comme ça, et là... Qu'est-ce que c'est que ça ? » Elle agita la main en sa direction. « Des habits. » « Non... Non ça c'est pas des habits. » Si aux dernières nouvelles... Oh, Cara, je suis pas venu ici pour me faire critiquer sur mon style vestimentaire, pitié. Il se laissa tomber au pied du lit et chopa un coussin avant d'y enfouir sa tête. « C'est un jogging. C’est moche. Ça ne te va pas. Et ça... Tu m'écoutes ? » Au fond... Il releva les yeux vers sa meilleure amie. Peut-être que toi et moi on aurait du rester ensemble ? Que tout aurait été plus simple comme ça ?  Sans doute que ouais tient. Mais je ne t'aimais pas alors... Enfin, pas comme un couple devait s'aimer. « Tu... Varian ? » Il plongea de nouveau la tête dans son coussin. Bordel, j'étais venu pour parler, et j'étais juste incapable d'aligner trois mots. Il la sentit s'installer juste à ses côtés et le prendre par les épaules. « Chéri... Tu peux parler hein ? » Oui, je voulais te parler. Je voulais te dire que j'étais amoureux et que j'étais en train de tout perdre à mesure que les jours filaient. Je voulais rester avec toi, dans cette cabine, juste pour fuir le regard de ma sœur, pour ne pas le croiser lui. Mais si j'ouvrais la bouche... J'voulais pas chialer devant toi.  « J-je peux rester ici ce soir ? » « Mi casa es tu casa. Tu restes là autant que tu veux. » Tu avais déjà été amoureuse Cara ? J'veux dire, pas amoureuse parce que tu regarde souvent le même garçon et que tu penses à lui de temps en temps en te disant qu'il est gentil et mignon. Non, tu sais, le genre d'amour qui faisait mal. Celui qui te faisait penser tous les jours à une personne, celui qui faisait que tu n'avais envie que d'une personne dans ta vie, et de personne d'autre. Le genre qui te poussait à dire ou faire des horreurs. Le genre qui te faisait devenir con, aveugle terriblement niai. Tu l'avais déjà ressentit ça ? Moi je voulais plus. Je voulais juste retourner à ma vie d'avant. Celle d'avant lui. Celle de quand je me fichais bien de sa vie à lui, de qu'il foutait avec qui et comment... Je voulais juste m'enlever ce poids des épaules, et j'en étais incapable.

« Voilà, tu es beau comme un cœur. » Elle mentait, mais elle savait qu'il le savait également. Et puis au pire, je m'en foutais, tu voulais juste me remonter le moral. Elle termina de passer une main dans ses cheveux, dans l'espoir de faire tenir ses cheveux raides en place. « J'ai croisé ta mère. Elle m'a beuglé de lui rendre son fils. » « Ah. » Elle n'avait jamais aimé Cara de toute façon. « Tu devrais rentrer... Juste pour donner signe de vie. » C'était juste deux pauvres jours. Mais... « Ouais je... » « Varian... » « D'accord. » « Même si c'est pour revenir ici juste après. » « Merci Cara. Tu sais que tu es parfaite ? » « Ouais, mais merci, je prends le compliment. » rigola t-elle un peu. Tu vivais toujours dans ton p'tit monde toi, hein Cara ? Toi qui ne semblait avoir aucun moment triste dans ta vie, toi qui semblait heureuse à chaque fois que je te croisais... « Aller, file mon petit ! » Il lui déposa un baiser sur la joue et tourna les talons.

Mère, absente. Il en avait même oublié ses horaires et il se retrouvait seul comme un con dans sa cabine. Enfin, Kimi devait être là, mais elle devait être cloîtrée dans sa chambre, comme d'habitude. Tant pis, il repasserait demain. Parce que tu n'avais pas envie de passer une minute de plus ici, en sachant que Kimi pouvait sortir à tout instant et te fusiller du regard. Il fit l'effort de changer de haut avant de prendre ses cliques et ses claques. Et la porte, tu la referma presque aussitôt. Parce qu'il était juste, là, sous tes yeux, et que ton regard avait croisé le sien. Tu aurais pu rougir de le voir comme ça. Avec un autre. Tu aurais pu balancer une vacherie, quelque chose pour te faire te sentir bien. Au lieu de quoi tu refermas aussitôt la porte après en avoir beaucoup trop vu, t'enfermant une nouvelle fois dans ta cabine. Tu espérais juste que la garde fasse sa relève maintenant, et qu'ils se fassent pincer, tous les deux. Et qu'ils prennent cher. Il se laissa glisser le long du mur de l'entrée et enfouis sa tête dans ces genoux. Tu voulais juste me voir chialer Harley ? Ben c'était raté. Pas devant toi. Même si je l'avoue, c'était moins une. La gorge nouée il retenait à grande peine les larmes de couler. Calme toi. Calme toi Varian. Prend sur toi. Prend sur toi et penses à autre chose. La porte de sa cabine s'ouvrit et il eut la peur très bête de voir le voisin débarquer. La vérité c'est que j'avais envie de te voir partout. « Varian ? » Au lieu de ça, ce fut sa mère qui fit irruption. Sans doute avait-elle du voir le cirque d'en face et rouspéter, comme à son habitude, peut-être même se manger une remarque peu courtoise. Il ne répondit pas, sans relever la tête. Mais elle était ta mère. Alors elle savait. Elle savait quand tu étais heureux, triste, quand tu cachais des choses... C'était l'instinct ça. Elle s'était installée juste à côté de toi avant de te passer une main dans les cheveux, tu l'avais attiré contre toi avant de pleurer pour de bon. « Mon bébé... » Tu n'avais pas pleuré avec elle comme ça depuis des années. Et ça t'avais manqué. De te lâcher complètement, de sentir ta maman contre toi, de la sentir rien que pour toi, et pas pour un autre. De l'entendre te murmurer des mots réconfortants. « Tu sais que tu peux tout me dire V., absolument tout... » Vraiment ? Tout maman ? Même que j'aimais le voisin ? « J-j-je... je veux juste t'entendre. » Que tu me parles. Que tu chantes aussi, un peu comme tu faisais quand papa est partis. Je me souviens plus de lui, tu sais ? Mais je me souviens de ces moments où tu pensais que j'étais triste et où tu chantais juste pour moi. Je me sentais bien dans ces moments là, et mes peines s'envolaient. Alors May s’exécuta.

Kimi avait pris son courage à deux mains. Et elle profita de ce jour où ses poumons étaient plutôt cléments pour sortir de sa chambre, de sa cabine pour aller frapper à la porte d'en face. Elle voulait le voir. Parce qu'il lui manquait. Il lui manquait comme son frère, mais pour ce dernier, elle avait fait un croix dessus pour le moment. Elle ne s'était toujours pas remise de ses mots, de toute cette fureur dans sa voix. Non, elle voulait le voir lui, le voisin, l'autre parti. Elle ne savait pas trop si elle venait pour s'excuser de ne pas être venue plus tôt, où si elle venait juste pour le prendre dans ses bras et se sentir mieux après. « Monsieur Weise ? Harley ? » Dire ton prénom, pour la première fois depuis des jours, et des jours, et des jours et des... Tu sais, il refusait de l'entendre. Alors j'avais fini par ne plus le prononcer. « C'est Kimi... »  

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Harley Weise


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MessageSujet: Re: a million dreams are keeping me awake (harley) Sam 10 Mar - 23:26

dans le présent.
Il y avait les réponses interminables et laborieuses de Harley, et celles incroyablement concises de Varian. Et eux au centre, flottant dans un océan d'incompréhension. Ils pourraient parler des heures durant sans jamais cesser de tourner en rond… Parce qu'ils ne se comprenaient plus. Autrefois, chaque mot aboutissait à une compréhension tacite, à un univers de pensées reliées. Une simple phrase voulait tout dire, comme l'un comme pour l'autre, et ils en avaient automatiquement la traduction, avec les tenants et les aboutissants qui allaient avec. Mais maintenant… Maintenant, il ne restait plus rien. Maintenant, tu parlais dans le vide, Harley, sans espoir qu'il te comprenne vraiment. Et c'était la même chose dans l'autre sens : tu n'avais absolument aucune idée de la façon dont tu devais comprendre ce qu'il te disait. « Si… O-on est e-en… ensemble. » Au fond de lui, il savait que ce n'était pas ce que voulait dire Varian-V. Il savait qu'il parlait d'autre chose, que cet « ensemble » représentait ce qu'ils avaient avant et qui n'existait plus… Mais par bêtise ou pas tristesse, Harley refusait de le comprendre. « Tu es là, et m-moi aussi. On est en-ensemble. » Pas comme avant, et sans doute pas comme tu le voulais, mais nous étions ensemble quoi qu'il en coûte. Même s'il n'existait plus rien entre toi et moi mis à part quelques souvenirs douloureux et une cruelle incompréhension. « Oui... » marmonna-t-il face aux explications de l'autre. Oui, tout était à l'imparfait, rayé de la carte. Il avait été beaucoup de chose qu'il n'était plus aujourd'hui, pour Varian ou pour lui-même. « Oui, j-je sais... »

dans le passé.
Harley se figea, le regard mollement posé sur un mouton de poussière sournoisement caché sous le lit. Ton petit-ami ? La répartie l'avait pris par surprise pour la simple et bonne raison qu'il n'y avait rien à répliquer là-dessus. Qu'ils soient ensemble, c'était implicite mais ils le savaient aussi bien l'un que l'autre. Harley n'aurait jamais été voir ailleurs et vice-versa, et c'était de l'amour qu'il y avait entre eux. Et pourtant, je ne suis pas sûr qu'on se soit souvent dit ce genre de mot à l'oral, Standall. J'ai défini notre relation par des tonnes de mots, des tonnes de déclarations et des quantités de promesses… Mais ce genre de phrase ? Je ne sais pas, c'est particulier, c'est... Ça lui procurait un plaisir inattendu, voilà. À moitié sous le lit, il se retrouva à sourire légèrement, bêtement heureux. C'est d'ailleurs en tentant de cacher cette satisfaction qu'il se redressa pour enfiler le caleçon retrouvé et se retrouva dans les bras de son petit-ami. « J'espère bien. » Il atténua le piquant de ses mots par un baiser dans son cou et s'appuya un instant contre lui. Ce n'était pas toi que je voulais blesser, Standall, c'était moi. Je t'aimais à la folie mais je détestais ce que nous faisions, à nous cacher, à nous embrasser comme ça. Mais peu importe, non ? Il s'écarta, démolissant ce petit moment d'union. « Aller, laisse-moi me rhabiller. Ta mère va bientôt débarquer. » Il enfila son caleçon et dénicha même la suite de ses habits dans un coin. « Demain, viens chez moi, le paternel bosse de nuit. »

dans le présent.
Touché, coulé. Ces petits mots mesquins lui vinrent à l'esprit immédiatement, sorti des tréfonds de sa mémoire par il ne savait quel miracle. Touché, coulé. C'était parfaitement ça. Il ne savait même pas pourquoi ça lui faisait plaisir mais c'était réellement le cas : inconsciemment, il cherchait à blesser Varian depuis un bon moment, à trouver une faille, à le forcer à montrer autre chose que de l'agacement, de la colère ou de la lassitude. Peut-être que c'était une légère réminiscence de leur ancienne relation, ou juste une petite vengeance pour tout le reste mais… Oui, tu t'es senti puissant l'espace de quelques secondes, Harley. Tu as vu son visage changer lentement et tu t'es senti mieux. Moins idiot, moins largué peut-être. En fait, tu étais exactement le même qu'avant : un petit con faiblard qui se faisait face comme il pouvait en bousillant tout le reste. Démolie, votre ancienne relation. Tu te cachais derrière des répliques d'attardé avec toujours une petite idée en tête et l'envie de lancer des piques. Le même. Il s'humecta les lèvres avec anxiété et recula d'un pas face à son ancien voisin. « N-n… N-non. Je croyais m-mais non. » Je te l'ai déjà dit. Je croyais en notre histoire et en notre relation. J'y avais cru pendant des années, même ici sur Terre, et c'était la seule chose qui me faisait tenir au quotidien. Sans elle, l'Arche m'aurait tué bien plus tôt… Mais tout était faux. J'ai passé huit ans dans un mensonge, Varian. Huit ans. J'ai cru à tous tes jolis mots et toutes tes belles promesses, à toutes mes belles phrases à moi et mes grandes idées. J'ai cru que nous serions éternels, que toi et moi, ça durerait toujours. J'y ai vraiment cru. Pour découvrir que ce n'était que des mensonges, de la poudre aux yeux. L'auto-apitoiement déguisé de Varian ne fit naître qu'un vague haussement d'épaules de sa part. « Oui. Mais m… M-mo… … Moi non p-plus j'en valais pas la peine. » Il avait envie de parler pour de vrai pour la première fois depuis longtemps, de sortir du placard tous ces mots qu'il prenait plaisir à manier il y a si longtemps. Il avait des idées de phrases et de discours, de tournures… Mais il savait que ça ne viendrait pas. Tu étais un emmuré vivant, Harley Weise, plein d'idées mais incapable de parler. « On s'est r-raconté que du v-ve… Que du vent pendant huit ans. On s'est d-dit plein de b-bel-belles choses pendant c-cinq ans, et on s'est d-donné le beau rôle pendant encore trois… Mais tout était faux… » Harley fit une pause pour s'essuyer le nez, au summum de la concentration. « Tu comprends ç-ça… ? Que tout était f-faux ? »

dans le passé.
La porte se referma aussitôt, le laissant là, amer. « On s'en fiche de ce qu'il en pense, Harley. Tu t'en fiches. » murmura Harry en poursuivant ses caresses. Je n'allais pas rester à te pleurer éternellement, Standall. Je n'allais pas t'attendre, et je n'allais pas venir te chercher non plus. Je n'étais pas de ceux qui venaient pleurnicher à la porte pour s'excuser ou passer l'éponge. Tu m'avais mis dehors ? J'y resterai. Par fierté, et parce que cette dispute plus que les autres l'avait vraiment blessé. Ça avait été une véritable rupture, dans tous les sens du terme… Assez pour qu'il prenne ses cliques et ses claques et s'en aille pour de bon, sans intention de revenir. Qu'il en pleure ou qu'il en crève, il ne voulait pas revenir en arrière… Par contre, il voulait le lui faire payer. Parce que tu étais la seule chose bien que j'avais à perdre et je l'avais perdue. Je t'avais perdu bêtement, sur une prise de bec anodine, comme ça. C'était stupide et idiot, à notre image. « Viens. » marmonna-t-il à Harry avant d'entrer chez lui pour retrouver l'obscurité de sa chambre. Pour cacher mes larmes. Mes putains de larmes. Même après tous ces jours, j'avais encore envie de pleurer quand je te croisais sans t'embrasser. J'avais envie de toi, Standall, j'avais envie d'être avec toi tous les jours mais ça n'existait plus et… Je n'en voulais plus, de ce qu'on avait.

Harley le regardait en train de lasser ses chaussures quand on toqua à la porte. Mais ce n'était que toi, n'est-ce pas, Kimi ? C'était ta voix, que je n'avais absolument pas envie d'entendre, et certainement pas à ce moment-là. Harry se redressa et lui glissa un regard hésitant mais Harley ouvrit grand la porte, jeta à peine un regard méprisant à l'adresse de sa – supposée – meilleure amie et embrassa son plan-cul avec tendresse. C'était une fausse tendresse, matinée de colère, mais relativement sincère. Il n'était pas amoureux de ce garçon mais il l'appréciait réellement. Tiens, tu le voyais, ça, Kimi ? J'avais envie de te le jeter au visage en mémoire à tous tes sous-entendus. Tu l'avais voulu ? Tu l'avais rêvé ? Tu l'avais. Mais peu importe puisque tu ne me causais plus depuis des jours et des jours, à regarder ailleurs à chaque fois qu'on se croisait. « Euh… Je file... » bredouilla Harry en se glissant dehors, mal à l'aise devant cette situation bizarre. « Et, euh… Enfin bonne journée Harley. Bisous. » Il s'enfuit presque en courant et Harley s'appuya contre le montant de la porte. « Qu'est-ce que tu veux ? » Pourquoi tu avais disparu, Kimi ? Nous étions amis avant que quoi que ce soit n'existe entre lui et moi. Je pensais qu'il y avait plus entre nous, Kimi, et que tu ne disparaîtrais pas si jamais ça venait à mal tourner. Je pensais que tu serais là, quoi qu'il arrive. Plus qu'en colère, Harley était surtout blessé.
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Varian Standall


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MessageSujet: Re: a million dreams are keeping me awake (harley) Dim 11 Mar - 11:52


AUJOURD'HUI
Bien sûr que si, tu en valais la peine. Autrefois tu en valais la peine, ne me demande pas pourquoi, je crois que moi-même je serais incapable d'expliquer pourquoi. C'était peut-être parce que j'étais amoureux mais... Notre couple valait la peine qu'on se batte un peu. Bon sang Harley, avant qu tout ne vole en éclat, nous étions à deux doigts de tout dire, d'enfin vivre notre histoire au grand jour de... d'avoir une relation normal et légale. « Pour moi s'en était pas. Penses ce que tu veux, ce qui peut te faire sentir mais pour moi, ce n'était pas du vent. » Enfin, sur le coup. Sur le coup il avait balancé toutes ces belles choses parce qu'il y croyait vraiment, qu'il se disait que rien ne pouvait leur arriver. Après tout, Harley le répétait sans cesse sur l'Arche, qu'il était invincible, et qu'il ne leur arriverait rien. Mais le karma s'était bien foutu de leur gueule, et leur avait fait ravaler leur fierté d'un seul coup. Quelque part, ce n'était que le retour de toutes ces choses qu'ils avaient fais là-haut. De leurs erreurs, de leur mensonge... On ne pouvait pas toujours passer entre les mailles du filet. Ils avaient réussi pendant des années, riant au nez des autorités et puis, plus rien. « Et puis, ce vent comme tu dis... » Pourquoi tu continu de lui causer Varian ? Vous ne vous comprenez plus de toute façon. Tourne les talons, et barre toi. « … il m'a fait rester en vie depuis que je suis ici. » Parce que je crois que sans ça... Je sais pas en fait. Je ne sais pas si j'aurais pu survivre sans avoir ses souvenirs en tête.


LONG TIME AGO (sur l'Arche)
« Va, va... » Il s'assit sur le bord de son et se massa la nuque. Ouais c'était pas tout mais que ma mère débarque à son tour... On avait pas besoin de ça pour aujourd'hui. Déjà que je n'allais plus pouvoir regarder ma voisine en face pendant un long moment... Oh bon sang, j'avais encore son regard lourd de question et surtout surpris en tête. « C'est noté, demain sans faute chez monsieur. » De toute façon, il n'oubliait jamais ses rendez-vous chez le voisin. Avec un peu de chance, Victor et sa mère serait aussi de service la nuit, et il n'aurait pas à se justifier de partir comme ça, pour ne rentrer que le lendemain. Il fallait dire que son alibi number one en avait un peu marre de mentir pour lui alors qu'elle même ne savait pas ce qu'il traficotait. « Attend, attend... » Il l'attira contre lui une dernière fois pour lui déposer un petit baiser sur les lèvres. « Voilà, maintenant tu peux y aller ~ » A demain voisin, je t'aime ne l'oublie jamais.  


AUJOURD'HUI
D'ailleurs ces souvenirs c'était la seule chose qui te rappelait que c'était toujours lui. Sous ces cheveux trop longs, sous cette crasse, sous cet air un peu bêta... Si vraiment tu avais tenu parole, tu te serais arrangé pour le pousser du haut de la première falaise venue, non ? Tu lui avais promis autrefois de ne jamais le laisser devenir ce qu'il haïssait le plus : une personne faible, incapable de réfléchir et bête comme ses pieds. Mais ça, il devait bien comprendre que tu serais incapable de le faire, non ? « Mais... Mais tu sais que ce que je ressentais ça ne l'était pas, hein ? Que ce n'était pas faux ? » Va te pendre Varian. Va te pendre si tu penses que c'est important de savoir, si tu penses que sa réponse changera quoi que se soit entre vous, là, maintenant. Pourquoi tu t'acharnais, hein ? Pourquoi tu ressassais le sujet, encore et encore ? Tu avais réussi à tourner la page, presque pour de bon. Au fond, c'était un peu comme autrefois : il était arrivé de nouveau dans ta vie, et y avait foutu le boxon.  


LONG TIME AGO (sur l'Arche, harley 18 ans, varian 19 ans)
La petite Standall leva les yeux vers son meilleur ami qui venait d'ouvrir la porte. Elle salua d'un bref signe de la main l'autre garçon qui  s'éclipsa  presque en courant avoir l'avoir embrassé et du prendre tout son courage à deux mains pour garder la tête haute et son air gentil et souriant. « Premièrement... Salut Harley, je peux entrer ? » En fait elle ne lui laissa pas vraiment le choix. S'il y avait bien une chose qu'elle avait appris avec lui, c'était de s'imposer. Elle entra donc, consciente que oui, elle venait peut-être d'arriver au mauvais moment mais... Tant pis. Il n'y avait pas d'heure pour visiter son meilleur ami. « Deuxièmement... » Kimi Standall se retourna rapidement et avisa où elle pouvait poser ses fesses pour se sentir plus à l'aise. « Je veux m'excuser. J'aurais du me montrer plus gentille, sortir te voir plus souvent, prendre de tes nouvelles, être là. » De temps en temps elle n'avait plus l'impression d'être cette gamine de treize ans. Mais d'être de son âge à lui, au cœur d'affaire de grands qui ne la touchait pourtant pas... Mais de temps en temps, la réalité la rattrapait : elle restait une fillette de treize ans qui croyait dur comme fer à l'amitié inébranlable. De toute façon, si je te dis que je suis restée chez moi tout ce temps à cause de ma santé, tu vas me croire ou penser que je me chercher des excuses ? Certes, il avait aussi besoin de moi, mais il m'a tellement envoyé chié que... Ce n'était plus le principal facteur de mon absence. « J'veux juste retrouver mon meilleur ami... » Elle avait envie de se lever, et de le prendre dans ses bras, comme avant, mais se retint. Au fond, j'avais peur que tu me jette comme mon frère. Ou pire, que tu rivalises d'imagination avec lui pour m'insulter, me blesser... Quoi que, c'était compliqué de faire pire. « Et troisièmement... Il a l'air gentil lui. C'est quoi son prénom ? » Là c'était la fillette de treize ans qui parlait. Celle qui se fichait pas mal qu'il soit heureux avec son frère ou avec un autre. De toute façon Harley, il est tellement imbuvable que je suis heureuse que tu trouves mieux ailleurs. Oui, clairement, j'aime mon frère, mais j'en viens à penser ça. Et puis, si il est gentil... Gentil, c'était bien son maître mot ça.  

« Varian, si t'es tant en manque que ça, t'as qu'à t'envoyer en l'air. Chui là si besoin. » « C'est à ton tour. » J'avais pas envie de coucher avec toi Cara. Pas le moins du monde. Et puis d'abord, pourquoi tu parlais de ça ? « Voilà, ma dame mange ton valet. » Elle ramassa le paquet de carte, visiblement fière de son coup et relança la manche suivante. « Mais puisque monsieur fait son compliqué... » Je n'étais pas compliqué. Personne ne pouvait te dire non Cara, ou alors il fallait être sacrément con. Ou aveugle. Mais moi j'étais toujours avec lui, voilà. Et je refusais de le quitter pour de bon. « Ferme là un peu, joue... Chui pas en manque. » Il avait enfin réussi à passer une bonne après midi, sans y penser. Presque. En fait tu le savais Cara, parce que tu me connaissais par cœur. Et puisque je passais mon temps à venir me plaindre auprès de toi, il était normal que tu me balance ce genre de chose à la figure. « Encore gagné. On est nul aujourd'hui chéri ! » Il leva les yeux au ciel et Cara ramassa un nouveau paquet de carte. Tu sais, ça me faisais du bien de passer tout ce temps avec toi. Un peu comme autrefois avant que je ne sorte avec lui. J'étais heureux que tu veuilles encore de moi, même si je t'avais ignoré par mal de temps, même si j'étais devenu le mec le plus chiant et le plus dépressif de tout le quartier. Je l'avais cherché, d'accord. J'aurais pu moins aussi vivre ma vie, comme si de rien était mais... Je sais pas. Ce jour là tout s'était effondré et je n'avais plus eu envie de rien. Et puis avec le temps l'envie de vouloir l'avoir contre moi était revenu au grand galop, et c'était terrible. Je crois qu'il n'y a pas un soir où je ne l'ai pas imaginé couché avec avec moi. Tu n'imagines pas le nombre de fois où j'ai essayé de ressentir à nouveau ça. Le frisson de sentir ses mains sur ma peau, ses lèvres sur les miennes, son souffle près de son visage... Je me revois encore, en train d'essayer de ressentir un truc, tout seul dans mon pieu, putain, c'est pathétique. Mais il n'y a rien, pas de sentiment, pas de plaisir, juste le vide. Parce que à chaque fois je le revois, c'est avec ce gars que j'ai envie d'emplâtrer et tout s'envole.
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MessageSujet: Re: a million dreams are keeping me awake (harley) Dim 11 Mar - 23:16

dans le présent.
Peut-être que oui. Peut-être qu'ils avaient été sincères sur le moment, à dire et à penser toutes ces poésies. Peut-être qu'ils avaient vraiment cru en l'amour éternel, en l'amour quoi qu'il advienne, en toutes ces choses de façade. Peut-être que Varian avait vraiment cru pouvoir l'aimer en dépit de tout, y compris du bon sens, et peut-être que Harley avait vraiment eu confiance en lui et avait pensé pouvoir lui rendre la pareille. Peut-être. Mais qu'ils l'aient cru ou non, c'était faux. Aujourd'hui, ils ne pouvaient pas. Varian ne pouvait pas, Harley ne pouvait pas, et il n'y avait plus rien. Que les deux aient réellement pensé pouvoir le faire n'y changeait rien. « Mmh. » Et ça, c'était un mmh pour faire plaisir, pour couper court à cette conversation qui, comme toutes les autres, tournerait inlassablement en rond. Pourquoi refusais-tu d'admettre, Varian ? Pourquoi ne voulais-tu pas voir la vérité en face et avouer que oui, nous nous étions mentis pendant huit ans ? Tout était faux dans nos croyances mais… Ce n'est pas grave, Varian. Je peux vivre avec si seulement tu l'admettais enfin. Harley glissa les mains sous son manteau et regarda enfin ailleurs. Qui était le menteur ici, Harley ? Toi, à te dire que tu aurais bien mieux vécu s'il n'avait pas été là ? Lui, pour inlassablement dire l'inverse de tes propos ? Vous deux ? Pourtant… « M-moi aussi… P-par… Parce que je savais p-pas que c'était f-faux. » Il avait eu ces belles images et ces mots souvenirs dans leur éclat premier, quand il les croyait encore vrais et inaltérables. Ces souvenirs, ils représentaient l'amour absolu avant, des moments beaux, plein de promesses et de partage. Mais maintenant… Maintenant, il y avait tout l'autre pan de la chose : il savait qu'ils étaient faux. Parce qu'avant, quand tu repensais à Varian, tu te disais que s'il l'avait pu, il aurait été là quoi qu'il arrive et il t'aurait aimé quoi qu'il advienne. Et tu aurais fait la même chose. Mais aujourd'hui Harley, tu savais qu'il était juste bon à te lancer des regards dégoûtés ou à regarder ailleurs, à ne pas te répondre, à t'ignorer comme si tu n'étais qu'un inconnu.

dans le passé.
« Je peux réessayer, Harley, mais il a l'impression que tu te paies sa tête... » Au fond de lui, Harley se sentait franchement con à insister pour ces cours de maths inutiles. Il savait déjà l'intégralité de son programme et grâce à Standall, il avait même commencé un peu la suite… Pourquoi est-ce que j'avais envie de te voir comme ça, Standall ? J'avais jamais pu t'apprécier et maintenant, je ne rêvais plus que de toi. Tu sais, j'avais l'impression de débloquer ces derniers temps, de devenir complètement dingue. Te voir suffisait à me remplir la tête d'images interdites, et c'était pire encore quand on ne se croisait pas pendant un moment. J'imaginais beaucoup de choses, Standall, et… Putain que j'ai honte. « Oui ben… Juste, demande-le lui. »

Harley se glissa dans la cabine des Standall, profitant que Kimi était chez lui pour choisir un nouveau livre de chevet. L'idée lui était venue comme ça, aussi bête que désespérée : s'il pouvait entrer, il pouvait toquer à la porte de chambre de son voisin et… Et rien, il n'y avait même pas de suite dans son plan. Juste l'idée saugrenue de te voir à tout prix, le tout agrémenté de pensées que je n'oserais même pas décrire. Même moi, je m'appliquais à penser à autre chose, à croire autre chose, mais... Mais son corps débloquait, et sa tête avec. Il ne voyait pas d'autre bonne raison à tout ça. Il toqua à la porte une fois, deux fois, jusqu'à ce qu'elle s'ouvre. « Salut Standall ! » C'était quoi, cette putain de voix enjouée ? « J'ai rien à faire alors je me disais qu'on pourrait... » Et là, le blanc. Le blanc le plus absolu dans ma tête. Le vide intersidéral parce qu'en dehors des maths... La bouche ouverte, prêt à poursuivre, Harley resta planté en face de son voisin, à la recherche d'une porte de secours. « Enfin, qu'on pourrait... » Panique à bord, panique à bord! Par hasard, ses yeux se posèrent sur des magasines. « Qu'on pourrait se branler ensemble… ? ... » Son visage se décomposa petit à petit à mesure qu'il se rendit compte de la connerie monumentale qu'il venait de balancer. Non… Tu n'avais pas vraiment pu dire ça Harley… Si ? « Euh... » Dis-moi que je n'ai pas dit ça… Dis-le moi...

dans le présent.
Sous son manteau, il tripota le petit bracelet bleu de ses doigts glacés. « N-non. Tu pensais qu… Que ce n'était pas f-faux. C'pas pa-pareil. » Il soupira. Harley s'apprêtait à tendre une main pour effleurer les fourrures de Varian mais se ravisa au dernier instant, le visage traversé par une expression de crainte. À la place, il écarta quelques mèches de cheveux. « Mais c'est p-pa… C'est pas grave, on pe… On peut faire c-comme si, et r-re… Et repartir à z-zéro. » On peut se dire que c'est du passé, que ça ne compte plus aujourd'hui, et se comporter comme deux inconnus. On peut, Varian, se donner bonne conscience en se disant qu'on a fait et qu'on fait encore ce qu'on peut, et qu'il y a tout à regretter mais rien à changer. On peut faire tout ça et continuer de regarder ailleurs avec pudeur.

dans le passé.
« Je t'en prie, fais comme chez toi, salope. » Le salope lui brûla les lèvres et il s'en voulut à l'instant même où il le prononçait. Et pourquoi je m'en voulais ? C'était vrai, non ? Il m'avait foutu à la porte et tu avais cessé de me regarder, de me parler. Du jour au lendemain, j'étais devenu l'invisible, le nuisible, celui à qui on n'adressait même plus un seul regard. Et pourquoi ça, Kimi ? Parce que ton enculé de frère me foutait dehors ? Il allait mal à cause de Varian, et il allait encore plus mal à cause de Kimi. Les Standall démolissaient sa vie à grands coups de pieds en ce moment. Il l'a laissa terminer son speech en silence, le visage fermé et les bras croisés. « Retrouver ton meilleur ami ? Mais Kimi, tu n'avais qu'à pas le perdre déjà. » Pourquoi est-ce que j'avais envie de pleurer, hein ? Pourquoi est-ce que ces putains de larmes débarquaient toujours dans le plus mauvais moments ? Ses lèvres se tordirent sur une grimace mais ça ne suffit pas et il s'essuya les yeux avec brutalité. « Putain. » Avec Harry, je passais mon temps à les retenir, à faire comme si, à passer du bon temps et à baiser pour baiser, pour me sentir vivant, pour me sentir bien. Je baise, j'embrasse, je glisse des mots doux et d'autres plus méchants… Juste pour ne pas chialer comme un gosse, Kimi. Alors pourquoi est-ce qu'avec toi, ça ne marche pas ? « Mais je ne vois pas pourquoi j'espérais. Tu n'es qu'une gamine de treize ans après tout, hein ? Juste une mioche qui se prend pour une grande. Té, paie l'image que ça donne de moi ça. »

Pourquoi est-ce que je ne pouvais pas passer à autre chose, Standall ? Pourquoi quand j'embrassais Harry, c'était à toi que je pensais ? Pourquoi le matin, en me réveillant, je ressentais ce pincement au cœur en voyant que c'était un autre en face de moi et pas toi ? Tu m'avais volé mon cœur, Varian, mais je voulais que tu me le rendes.


Dernière édition par Harley Weise le Lun 12 Mar - 20:56, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: a million dreams are keeping me awake (harley) Lun 12 Mar - 0:02


AUJOURD'HUI
« Laisse tomber... » Oui, voilà. C'était peut-être plus simple comme ça en fin de compte. Il haussa vaguement les épaules et soupira. Il avait retourné toute la neige à ses pieds à force de piétiner depuis quelques minutes et Varian s'était perdu dans ce constat, quittant son ancien voisin des yeux. « De zéro... » répéta-il à voix basse. Évidement que tu voulais repartir de zéro. Il en te restait plus qu'à le lui dire. Tu sais, ouvrir la bouche et balancer un "ouais, moi aussi j'aimerais bien, soyons amis Harley, oublions le passé, oublions les merdes qui nous sont arrivés depuis nos retrouvailles, oublions tout ça !" mais... Premièrement faire une telle phrase t'étais impossible sans te couper pour savoir si les mots étaient les bons, s'ils n'allaient pas le perturber ou tu ne savais trop quoi. Et deuxièmement... ça te faisait mal de le dire. De dire que oui, toi aussi tu voulais te reprendre de zéro. Pour toi ça sonnait un peu comme faire table rase du passé. Un passé que tu avait chéris, et que tu chérissais encore aujourd'hui quand tout allait mal. Ça voulait dire oublier cinq années mouvementés mais géniales de ta vie. Avec les hauts et les bas mais... Il releva les yeux vers Harley. N'était-il pas déjà trop tard pour faire comme si ? On s'était à peine retrouvé qu'on avait recroisé nos anciens démons, tous les deux. Sans le vouloir, et dans de différentes circonstances mais toi et moi... Ensemble juste dans le sens le plus simple nous étions tout simplement une putain de bombe à retardement. Il n'avait pas oublié, cette excursion à Okcefell et tous les malheurs qui leurs étaient tombés dessus. Il porta une main à sa bouche, soudain dégoûté en se souvenant du géant dans les flammes. Il peuplait mes cauchemars la nuit Harley, je n'arrivais pas à me l'ôter de la tête. Oh bon sang, c'est horrible... « Ten... ten-tons... » Pourquoi y avait-il repensé, maintenant il avait du mal à s’enlever cette image de la tête. Bon sang il avait encore l'impression de sentir cette odeur immonde de... « Tentons le. » Ils avaient eu du mal à sortir ces mots, vraiment du mal. Tentons, que pouvons nous perdre de toute façon, hein ? Que pouvons nous perdre ? Il fouilla dans ses poches et en ressortis les gants d'Harley qu'il avait gardé depuis tout à l'heure. « Tient » fit-il en les lui tendant. Va savoir, j'aurais pu te serrer la main, juste pour faire un pseudo geste symbolique, mais non.


LONG TIME AGO (sur l'Arche)
« J'ai plus envie. » « Mais... Mais pourquoi ? » « Parce qu'il se moque de moi, voilà tout. » Et Varian croisa les bras pour se donner un air sérieux et concentré face à sa sœur qui tentait (encore) de ramener le voisin chez eux pour des pseudos cours de mathématiques. D'ailleurs, qu'est-ce qu'elle gagnait dans l'histoire elle ? Pourquoi faisait-elle tout cela ? Par amitié avec ce gars qui avait un pète au casque ? Tu sais Kimi, souvent, je ne te comprends vraiment pas. Toi et moi, on est tellement différents... J'ai aucune idée de comment tu fais pour le supporter comme ça, aussi souvent. À voir sa tronche aussi souvent, je pense que j'aurais fini par m'arracher les yeux.

Quand il ouvrit la porte, Varian ne s'attendit à tomber sur un Harley... enjoué ? Salut Standall. SALUT STANDALL. D'accord, clairement, il avait du manger une ration périmés, ou quelque chose dans le genre parce que ça, ce n'était pas normal. En dehors de l'expression de surprise qui s'afficha sur son visage, il ouvrit la bouche pour lui balancer une vacherie, mais rien ne pu sortir. « Hein... ? » Il n'avait rien à faire alors il venait... Ici ? Oh bon sang Kimi, si c'est un de tes plans foireux, tu vas le regretter. Il attendait la suite, à moitié choqué et curieux de voir ce que le voisin allait lui débiter comme excuse. J'avais dis que je ne souhaitais plus te donner de cours de maths, alors tu venais me faire chier juste pour ton bon plai... « Pardon ?! » Il se tapa le plus grand bug de l'histoire des bug, si bien qu'il eut l'impression que son cerveau arrêta de fonctionner pendant les dix secondes qui suivirent. Est-ce que j'ai bien entendu ? C'est pas mon esprit qui me joue des tours au moins ? Non mais attend, il est sérieux là ? Les yeux grands ouverts (et ce n'était pas possible de les avoir plus grands ouverts à ce stade là) il attrapa la première chose qui lui passa sous la main (qui se trouvaient être de malheureux magasines qui n'avaient rien demandé à personne) et lui en asséna un grand coup sur la tête, se félicitant d'être toujours bien plus grand que son voisin. Vlan. « MAIS CA VA PAS ?! » Vlan, vlan, vlan. Il lui redonna un coup pour s'assurer de bien se faire comprendre. « Mais t'es complètement débile ! Vieil obsédé ! Gros dégueulasse ! Dégage ! » Sa voix avait grimpé dans les aigus comme ça, sans prévenir mais dans l’immédiat, il n'en eut rien à faire. Il venait de recevoir la PIRE et la plus INDÉCENTE des propositions venant de son voisin. Du garçon qu'il ne pouvait pas voir en peinture. Qui lui proposais de passer un bon moment ensemble, comme ça, en toute impunité. « Mais tu m'as pris pour qui ???? »  


LONG TIME AGO (sur l'Arche, harley 18 ans, varian 19 ans)
Le salope lui fit monter les larmes aux yeux, mais Kimi tenta de ne pas se laisser démonter. Allons Harley, tu m'as habitué à bien pire par le passé... Mais la suite... La suite me fit pâlir de rage, pour de vrai. J'en avait marre moi. Marre de rien comprendre à vos sentiments, à vos humeurs. Vous saviez quoi les garçons ? Vous me faisiez penser à ce genre de filles agaçantes qui avaient leur règles qui changeait d'humeur toute les quatre matins. Une chance pour vous, ce glorieux jour n'était pas encore arrivé pour moi, vous aviez encore quelques mois de répit devant vous. « Non mais... » Elle sauta du siège sur lequel elle était assise et s'avança vers Harley, levant un doigt menaçant en l'air. Tu crois quoi toi ? Hein ? Tu sais qui m'a rendu forte comme ça ? Le gars qui pleurniche en face de moi. Merci Harley de m'avoir insulté, traîné dans la boue pendant des années. Grâce à toi, j'ai grandit vingt fois plus vite que toutes les petites filles de cette Arche. « Je... Je ne te permets pas. » Sa voix trop aiguë lui cassa elle même les oreilles. « J'ai peut-être que treize ans mais mais... Mais je suis deux fois plus mature que vous deux ! Voilà ! » Elle agitait toujours son doigt sous le nez de son voisin deux fois plus grand qu'elle. « Tu te soucis encore de ton image ? Non mais ! Hé ! » J'en avais marre. Marre de voir mon frère être un zombie. Marre de me faire insulter. Marre de... de tout ça. Je voulais juste retrouver mon frère et mon meilleur ami. Qu'ils soient ensemble, peu m'importait, je voulais mes deux meilleurs amis, comme autrefois. Elle posa son poing contre le torse d'Harley et fronça ses minuscules sourcils blonds. « Je... Je suis venue en amie. Alors soit gentil. S'il te plaît. » Elle baissa sa main pour regarder ses chaussures, soudain un peu penaude de s'être énervé aussi subitement. Alors oui, ça n'avait pas été une crise à la drama queen comme Varian ou un une de ces choses terrifiantes que pouvait faire Harley mais... Elle s'en voulait un peu d'avoir haussé le ton. Même après ces mots assassins. « Parle moi, c'est tout... Plus personne ne me parle, tout redevient comme avant, je veux pas. » Tu as raison Harley, je suis juste une gamine de treize ans qui veut en paraître plus.
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Harley Weise


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MessageSujet: Re: a million dreams are keeping me awake (harley) Lun 12 Mar - 21:50

dans le présent.
C'était vraiment ce que tu voulais, Harley ? Tirer un grand trait une bonne fois pour toute sur ce passé qui t'encombrait la tête et le cœur pour repartir sur de meilleures bases ? Oublier toutes ces années si précieuses et faire comme si elles n'avaient jamais existé ? Oui, il en avait besoin et envie. Il voulait oublier qu'il avait été ce Harley Weise amoureux et heureux, et oublier qu'il avait été complètement différent. En laissant tout ça derrière, il pouvait se concentrer sur ce qu'il était aujourd'hui et s'en contenter, sans chercher à comparer avec son ancienne vie ou ses anciennes relations… Ce serait plus facile, ou du moins il avait envie de le croire. Mais tu savais que c'était faux, n'est-ce pas Harley ? Tu savais que jamais tu ne pourrais oublier vingt-et-unes années de vie sur l'Arche et presque autant passées à haïr ou aimer Varian Standall. Tu voulais y croire pour de bon mais ça n'existait pas, l'oubli volontaire. Non, mais il pouvait encore faire semblant. Il était doué pour faire semblant, Harley, pour se fondre dans un rôle et le jouer jusqu'à y croire lui-même. Alors pourquoi est-ce que ça faisait aussi mal… ? Varian te traitait comme de la merde, pas comme celui qu'il t'avait juré d'être à jamais, mais tu n'avais pas envie de faire semblant, de jouer ce fameux rôle que tu proposais. Tu n'avais pas envie de laisser derrière une relation qui avait eu tant d'importance, de faire comme si ça n'existait plus. Harley recommença à se ronger les ongles, une expression de bête traquée sur le visage. Tentons. il battit des paupières et tendit mollement la main pour attraper les gants que Varian qui tendait, pour les lâcher aussitôt. À la place, il posa une main sur sa propre poitrine, à l'emplacement du cœur. « C-Ce… Ça fait mal là, t-toujours, qu-qua.. Quand je te v-vo-vois... » Et ça, ce serait ta dernière confidence en tant qu'ancien Harley Weise, lié à un passé dont tu ne voulais plus, Harley. Ce serait ton dernier aveux, une petite phrase de rien du tout, où les mots se faisaient la malle, pour exprimer toute la douleur qu'il te causait chaque fois. Avec ce simple tentons, il avait approuvé votre séparation officielle et l'enterrement de huit ans de rêves et d'espoir. Ça te piquait le cœur, Harley ? Non, ça le poignardait de l'intérieur. Il prenait au pied de la lettre cet accord tacite de laisser en plan ce qu'ils avaient été à deux pour embrasser une nouvelle relation ; et pour lui, c'était un peu comme tout laisser en plan, pour de bon, pour toujours. Ce Varian serait lié avec ce Harley, pas celui du passé, et il aurait à le prendre comme il venait. D'un geste un peu mécanique, il frôla son ancien voisin et pataugea dans la neige comme un robot, le visage défait. Pourquoi je pleurais encore, Varian ? Pourquoi je pleurais chaque fois un peu plus depuis que tu étais réapparu dans ma vie ? Pourquoi je me mettais en colère, je criais, j'avais si mal ? Hein, pourquoi ?

dans le passé.
Je n'ai pas pu prononcer une phrase aussi conne… Si…? Il était le champion des phrases stupides, sorties sous le coup de la panique ou de la colère, et qui venaient généralement empirer la situation en cours. Mais là ? Là, il s'épatait lui-même. Assez pour rester littéralement vissé dans le sol à fixer son voisin d'un air ébahi, quand bien même celui-ci était en train de l'imiter juste en face. J'avais envie de mourir, Standall. J'avais réellement envie de mourir, là immédiatement, en m'enfonçant dans le sol pour ne plus jamais revenir. Je venais ici… Je ne sais pas pourquoi je venais ici, mais certainement pas pour ça. Cette phrase, je ne l'avais pas pensé une seule seconde, je te le jure… C'était juste la première chose conne à m'être passée par la tête et… J'avais envie d'être avec toi, Standall. J'avais envie qu'on passe du temps ensemble, juste pour me convaincre que je n'étais pas dingue et que je n'avais aucune chance avec toi. J-je… Je ne sais même pas pourquoi j'avais ces idées, mec, je te jure que je n'en voulais pas le moins du moins ! Mais ça m'obsédait. C'était toujours là, dans un recoin de mon esprit, à guetter le moment où je me mettrais à fantasmer. Je ne voulais pas penser à toi en train de me toucher, ou moi en train de te faire l'amour putain… C'était… C'était juste plus fort que moi, et... Et il trouvait toujours le moyen de tout foutre en l'air, et chaque fois avec un peu plus d'originalité. Un coup de magasine, suivi de plusieurs autres, atterrit sur sa tête. « J-je… Ce n'est pa ce que je voulais dire… ! Je… Arrête, attends, je peux... » M'expliquer ? Putain non, je ne pouvais pas ! Pourquoi je t'avais dit ça, Standall ? Parce que je rêvais de toi nu, avec l'envie de t'embrasser ? Paf, un nouveau coup le fit reculer précipitamment. « Arrête de crier... » gémit-il, paniqué. « Je suis désolé ! Je suis désolé ! Je ne voulais pas dire ça, je voulais juste... » Il esquissa un pas dans sa direction pour lui attraper les poignets – par prudence ! histoire d'éviter ces putains de magasines – et leva la tête vers son – beaucoup trop grand – voisin. Ils n'avaient qu'un an d'écart mais là tout de suite, il passait pour un mioche du haut de son mètre soixante même pas atteint et sa tronche de gamin. « Je ne voulais pas dire ça ! Désolé ! » Et voilà que tu t'excusais en boucle à présent... Peut-être, mais peu importe. Il avait le cœur qui battait trop fort et une grosse boule dans la gorge. Et la folle envie de se taper la tête sur les murs.

dans le présent.
Laisse-moi, Varian, laisse-moi te dire adieu pour de bon. Laisse-moi dire au revoir à ceux que nous étions et qu'on choisit d'oublier. Je peux te dire tout ce que je veux, Varian, ce sont ces souvenirs qui m'ont fait tenir pendant trois ans. Ce sont eux qui m'ont réchauffé le cœur quand je me sentais seuls, et eux encore qui m'ont réconforté quand j'avais mal. Quand j'étais triste ou que j'avais envie de me laisser aller, ils étaient là pour me rappeler qui tu étais et qui moi j'étais. J'imaginais le jour où on se reverrait enfin, même si je te croyais mort, et je rejouais la scène en boucle dans mon esprit. J'ai laissé tomber par la suite parce que j'ai perdu tout espoir… Et tu es réapparu.

dans le passé.
« De mon image ? Tu me causes de mon image, Kimi ? » demanda-t-il d'une voix beaucoup trop douce. Il s'emporta enfin pour de bon et esquissa un pas dans sa direction. « Mais bordel, bien sûr que je me soucies de ma putain d'image ! Tu sais ce qu'ils disent, les autres ? Ce qu'ils balancent sur moi h24 ? Que je te baise en douce depuis des années et que je kiffe ça, que je prends mon pied à rouler une mioche, et que ce n'est même pas étonnant de la part de Harley Weise ! » Sa voix dérailla sur la fin et il s'essuya de nouveau les yeux dans un geste plein de rage. Tu étais peut-être trop petite pour entendre ces choses, Kimi, ou tu ne sortais pas assez souvent de ta cabine… Mais moi, je les entendais tous, ces propos assassins. J'entendais chacun d'entre eux, chaque accusation, chaque moquerie. C'était moi qui me prenait les brimades, les méchancetés et les reste dans la gueule, juste parce que j'étais Harley Weise, le taré de la section médicale. Je t'aimais, Kimi, à la folie, et tu étais ma meilleure et ma seule amie… Rien que pour ça, j'aurais supporté toutes les médisances pour te garder près de moi.  Mais tu restais une mioche de treize ans, même si je l'oubliais trop souvent. « Tu es venue en amie ? Mais quelle générosité ! Trois semaines après la bataille ! Et tu étais où avant, hein ? Occupée à regarder ailleurs ? Tu parles d'une amie. » Il croisa les bras sans cesser de la fusiller d'un regard de glace.
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Varian Standall


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MessageSujet: Re: a million dreams are keeping me awake (harley) Lun 12 Mar - 22:29


AUJOURD'HUI
Toi aussi ça te faisais mal. Et ça continuerait de le faire tant qu'il serait là, mais... ça va valait la peine d'essayer hein ? D'essayer de faire semblant pour que tout ailles mieux pour la suite. De faire semblant pour ensuite se complaire dans un nouveau mensonge, de vivre peut-être à nouveau sans penser à ton ancienne vie ? Tu le souhaitais, plus que tout. Tu voulais juste oublier les images du passé qui te faisaient souffrir, oublier sa voix que tu entendais encore après tout ce temps, oublier tout. Tout serait plus simple. Et tu avais toujours aimé que les choses soient simples pour toi. Tout devait être simple pour monsieur, tout devait avoir du sens, être parfaitement carré, droit... Et pas de travers. Il ne répondit rien aux mots de son voisin, hormis un regard un peu peiné. Il pouvait le regarder avec cet air de chien battu pendant des heures, pendant tous le reste de leur vie d'ailleurs. Il pouvait le regarder juste comme Harley, l'esclave de Nei. Harley l'esclave un peu étrange. Juste lui. Et rien d'autre. Faire mien qu'il ne connaissait rien de sa personne. Faire comme si. Après tout, tu avais fais comme si pendant des années sur l'Arche, non ? Varian ? Et ça ne te posais pas vraiment de soucis au départ. Sur la fin, tout te pesait, mais au tout début, quand tout avait commencé... Alors pourquoi maintenant c'était plus compliqué ? C'était à cause de ces cinq ans, il le savait, passer outre serait le plus grand de ces défis.  


LONG TIME AGO (sur l'Arche)
Varian continua de lui donner des coups de magasines au fur à et mesure que son petit voisin se confondait en excuse. « Mais... mais... ! » Rien à foutre, avait-il envie de lui cracher à la figure. Tu l'avais dis ! Tu avais dis ça et ça... ça me répugnais bon sang de bon soir ! « Oh non monsieur, je vais encore te hurler dans les oreilles, jusqu'à. que. tu. te. barres. » Avec le recul il trouverait cette situation étrange; Harley complètement gêné et pas à l'aise dans ses baskets et pas en train de lui balancer des méchancetés. Comme l'autre jour pendant son soutient de mathématique. Harley lui chopa les poignets sous doute pour l'empêcher de lui donner un nouveau coup de magasines sur la tête et Varian lui lança le regard le plus dégoûté qu'il avait en stock. « Mais lâche-moi putain ! Me touches pas ! » Pas après ce que tu viens de dire gros dégueulasse. Il voulu se dégager, tordant ses poignets dans tous les sens pour se défaire de son emprise. « Lâche moiiii ! » Tu étais un peu hystérique là. Tu voulais qu'il te lâche, parce que dans l'immédiat, tu avais des images parfaitement dégoûtantes de vous en tête et ça te donnait envie de vomir.

AUJOURD'HUI
« Tu... On... On retourne vers le camp... Harley ? » Il enfonça ses mains dans les poche, un air un peu maussade sur le visage, les yeux rivés vers ses bottes, encore. J'avais même perdu l'habitude d'avoir des amis, et les discussions normales qui allait avec. Il y avait bien cette fille avec qui j'avais atterris à Missi, et qui était sympa avec moi. Elle avait hérité d'un maître plutôt clément, et patient, alors évidement, elle n'était pas aussi brisé que nous. Elle me parlait quand Ada m’emmenait dans sa boutique, et j'avais l'impression d'avoir une amie. Mais c'était une amie faite par nécessite, parce que tout le monde avait besoin d'un ami. Avec toi... Se comporter comme un ami... Je ne sais pas. Je n'avais jamais réussi à le faire avant. Avec toi c'était ou noir, ou blanc. Ensemble pas ensemble. Amoureux, ou ennemis. Il n'y avait pas eu d'entre deux.


LONG TIME AGO (sur l'Arche, harley 18 ans, varian 19 ans)
« Tu es horrible... » chuchota Kimi à voix basse. Vous vous étiez passé le mot pour me balancer des trucs crades tous les deux ? Non ? Hé bien j'étais ravie de vous dire que vous aviez encore un point commun : vous étiez méchants tous les deux quand vous n'étiez pas dans un bon jour. « C'est que je... » Tu t'en fiches de ce que je vais répondre, non ? Ou tu vas te mettre en colère dans tous les cas... « Je suis tou-toujours ton amie Harley... » Elle recula de quelques pas, les yeux toujours plongés dans les siens. Il fallait qu'elle tienne bon. Qu'elle ne se laisse pas démolir. Qu'elle... Bon sang, elle n'en savait rien de comment elle devait réagir. « Je voulais comprendre avec lui mais... » Mais il m'a envoyé chier. Et après, je suis restée par habitude, parce que mon corps ne me laisse pas le choix, tout simplement. « J'ai été un peu malade, et après je... je voulais pas me faire jeter par toi aussi. Je me suis dis qu'attendre était peut-être mieux, je voulais pas... pré-précipiter les choses. » Je l'avais fais avec Varian et maintenant je refusais de lui parler parce qu'il avait été odieux.

Varian poussa la porte de chambre de sa sœur pour n'y trouver... Personne. Et son cœur avait fait un bon, par réflexe. Parce que Kimi ne sortait jamais de sa chambre que pour aller voir leur voisin, c'était un fait. Il s'était soudain sentit très mal, à l'idée de la la savoir dans la cabine d'en face, juste avec lui. Peut-être à se plaindre de tout ce qu'il lui avait dit, ou juste à vouloir recoller les morceaux ou... ou... Non, il ne voulait pas savoir. Elle voulait renouer avec lui ? Qu'elle le fasse. Elle était grande pour prendre ses propres décisions. Mais au fond,, tu étais juste jaloux. Comme ça. Pour un rien. Parce qu'elle trouvait le courage de le confronter, et pas toi. Que elle se tenait dans la même pièce que lui, et pas toi. Que elle aurait le droit à quelques mots de sa part, et pas toi. Tu étais jaloux de ta propre sœur, et pour rien. Tu étais jaloux et tu allais encore t'enfoncer, parce que tu ne savais faire que ça. Varian sortit en furie de la cabine et alla flanquer un grand coup de pied dans la porte de celle des voisins. « IDIOTE IL VA PAS TÉCOUTER, IL ÉCOUTE JAMAIS ! » hurla t-il à plein poumons. Et puis tu étais partis chez Cara comme ça, sans demander ton reste, avant même leur laisser le temps de réagir, d'ouvrir la porte, de répliquer ou quelque chose comme ça. Et puis, sait-on jamais Kimi, hein ? Va pas lui balancer trop de choses, il prend tout au pied de la lettre.
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Harley Weise


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MessageSujet: Re: a million dreams are keeping me awake (harley) Lun 12 Mar - 23:22

dans le présent.
Voilà. Toi et moi, c'était terminé. Aujourd'hui, plus de dix ans après que notre histoire écrite à quatre mains ait commencé, nous y mettions enfin un point final. Nous abandonnions Harley Weise et Varian Standall pour de bon. Alors pourquoi est-ce que je ne me sentais pas mieux, Varian ? Pourquoi j'avais toujours toutes ces images dans la tête et toutes ces émotions dans le cœur ? Je voulais que ça disparaisse pour de bon, que ça me laisse tranquille, que je puisse enfin être Harley l'idiot, Harley l'animal au service de ses maîtres. J'en avais envie, Standall, j'avais envie de disparaître pour de bon, à jamais… Et cette seule volonté, on me l'interdisait. Il s'arrêta après quelques pas et se retourna vers l'autre esclave pour lui adresser un grand sourire aussi faux que forcé. « O-ou… O-ou-oui, d'accord. » Nous étions quoi désormais l'un pour l'autre ? Amis ? Étrangers ? Quel était le titre de notre relation, Varian ? Est-ce qu'on doit le tirer à pile ou face pour le désigner ? L'inventer ? Ou tu le sais et je n'ai pas compris… Je peux sauter, encore et encore, jusqu'à ce que tu me le dises, remuer mon cerveau méchant pour qu'il me donne la réponse... Il prit son élan pour faire un premier bond à pieds joints, suivi d'un autre, et d'un autre, et d'une infinité d'autres dans la neige molle. Pile… Et face. Et pile… Et face. Et pile… Et face. Et pile… Quand tu me parlerais, Varian, j'aurais ma réponse. Pile, tu étais mon ami. Face, tu étais à éviter. Pile… Et face. Et pile...

dans le passé.
Me touche pas. Les lettres s'inscrivirent en lettres de feu dans sa tête. Me touche pas. Si, bien sûr que si, il ne rêvait que de ça. Il rêvait du jour où il pourrait lui caresser le corps, lui embrasser le corps, et faire bien d'autres choses. Il imaginait très bien la scène, assez pour lui mettre le rouge au jour et faire grimper une intense sensation de désir dans son bas-ventre. Pourquoi c'était comme ça, hein ? Pourquoi fallait-il que ce soit toi ? Je n'avais jamais rien demandé, Standall, et encore moins une chose pareille. Je ne voulais pas de ces pensées, de ces idées, de ces envies. Je voulais baiser des filles à la pelle, plus tard, et en trouver une pas trop laide pour avoir la paix ensuite. Je voulais écrire des histoires, seuls dans mon coin. Mais avoir envie de te sauter ? Putain, non... C'était un supplice de ne pas le voir, et c'était encore pire d'être juste là, à essayer vainement de le maîtriser. Sauf qu'il ne faisait pas le poids Harley, entre sa gêne, sa honte, et son corps qui réagissait n'importe comment. Tu te rends compte que j'avais du mal à faire le tour de tes poignets avec mes doigts, Standall ? Que je ne t'arrivais même pas à l'épaule ? Et je me consumais pour toi, dans ma tête et pour de vrai. C'était là aussi un complexe de taille – sans aucun jeu de mots. « Mais putain mais écoute-moi ! S'il te plaît ! » Il suppliait maintenant.

« Pourquoi faut-il que ce soit toi, hein ?! » lui cracha-t-il au visage, une aigreur profonde transparaissant dans cette phrase sans le moindre sens. Tu n'imaginais même pas quelle torture c'était, Standall, et tu n'en saurai jamais rien parce que je m'y refusais. Ils en étaient là de leur bataille de chiffonniers quand la porte de la cabine s'ouvrit. Harley venait de hurler sa question à la gueule de son pire ennemi... Et May Standall rentrait chez elle.

dans le passé.
Putain de larmes de merde ! Elles continuaient de lui mouiller les yeux malgré ses efforts désespérés pour les cacher au fur et à mesure. « Ah ou-oui ? » Il voulait cette question agressive mais elle sonna de façon complètement pathétique, à mi-chemin entre l'exclamation tremblante d'un désespéré, et la vraie question d'un pauvre type qui aurait besoin d'être rassuré. J'étais faible, j'étais con, et j'étais lamentable, Kimi. Et toi, tu étais un bébé. Alors dis-moi, qu'est-ce que nous foutions ensemble, tous les deux ? Pourquoi étions-nous amis, comme ça, sans raison ? Rien ne nous rapprochait, toi et moi : on n'avait pas d'autres centres d'intérêt communs que ceux que je t'avais transmis, nous n'avions pas le même âge ni le même genre, et je t'avais fait du mal. Alors pourquoi…? Il resta appuyé contre le mur, à se serrer lui-même dans ses bras et à fixer Kimi sans plus cacher ses larmes… Et puis sa voix s'éleva derrière la porte.

Je ne sais pas, ça a débloqué. Un peu comme un interrupteur on/off, Kimi. J'étais malheureux, j'avais besoin d'un câlin… Et sa voix m'a comme électrocuté de l'intérieur. Ses mots, sa présence… Ça m'a rendu fou de rage, Kimi, assez pour que je te pousse brutalement pour me jeter dans le couloir. « ENFOIRÉ ! » Le couloir était vide, il avait déjà dû tourner au coin… « REVIENS-LÀ, SALE CREVARD. » Pourquoi est-ce que je hurlais comme ça ? Pourquoi je me jetais dans ce couloir, à me prendre le mur d'en face dans mon élan, pour ensuite m'élancer en braillant comme un dégénéré? « ENCULÉ, VIENS LE DIRE EN FACE ! » Ce n'était que des tous petits mots en plus… « REVIENS ! REVIEEEENS ! » Il se plia en deux pour hurler plus fort au milieu du couloir.

J'avais envie de te démolir la gueule, Standall, de te faire payer toutes ces années, enfin. J'avais envie de me laisser aller à mon plus vieux fantasme : celui de te fracasser, d'ouvrir les vannes pour de bon et de me libérer d'un fardeau trop lourd. J'avais envie de te faire l'amour aussi, parce que je n'attendais que ça et que tu étais le seul à savoir m'embraser de la sorte. Il n'y avait qu'avec toi que j'allais aussi bien et aussi mal, Varian. Qu'avec toi.


Dernière édition par Harley Weise le Mar 13 Mar - 0:21, édité 1 fois
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Varian Standall


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MessageSujet: Re: a million dreams are keeping me awake (harley) Mar 13 Mar - 0:03


AUJOURD'HUI
« Bien ! » Il avait tenté de mettre un peu de... d'entrain dans sa voix. C'était ça, de l'entrain. Un "bien, allons y très cher ami !" même si pour le moment il sonnait un peu faux. Mais c'était à perfectionner. Comme tout ce qui allait suivre, comme tout le reste mais il n'y avait pas de raison qu'il n'y arrive pas. Il regarda Harley s'éloigner en faisant de petits bonds dans la neige et le suivit, les mains toujours dans les poches. « Par contre... c'est d'l'autre côté. » fit-il en haussant les épaules. Il n'était pas question de se perdre alors qu'ils n'étaient pas si éloigné que ça de Missi, non ?  Il n'avait pas vu le temps passer, à l'heure qu'il était deux solutions : ou Aya était toujours en train de pleurer dans les bras de sa chère et tendre parce qu'elle était capable de faire ça pendant deux heures, ou bien les deux jeunes femmes attendaient chacune leur esclaves en râlant et en mettant au clair un plan pour les punir tous les deux d'être partis comme ça. Et comme pour les punir un peu en avance le vent se leva pour souffler comme il avait l'habitude de faire ne cette saison glaciale. « Oh super... manquait plus que ça... » ronchonna t-il dans son coin. Juste ce qu'il fallait pour rendre la situation moins fun, plus dramatique. Parfois j'ai juste l'impression que le monde entier m'en veux. C'est terrible comme sensation. Il attrapa sa capuche mollement pour l'abattre sur sa tête. « Fais trop froid... » chuchota t-il à lui-même. Bah oui, même après tout ce temps, tu avais du mal à t'y faire. Et lui, avec ces vêtements en piteux état, il faisait comment pour tout endurer sans jamais se plaindre...   


LONG TIME AGO (sur l'Arche)
« Pourquoi moi ? » Il ne répondait pas vraiment à sa question mais... mais je n'avais aucune idée de quoi te répondre. Je ne voyais pas le rapport avec la situation, pas du tout, et j'étais à des années lumières de savoir ce que toi tu voulais vraiment dire. Et encore heureux, crois moi. Ils se débattaient toujours comme des cons quand sa mère choisit ce moment pour rentrer de l'infirmerie. « Varian ? » Elle mit petites secondes pour capter que oui, il s'agissait bien de Harley là, dans la chambre de son fils. Varian se dégagea pour de bon, les joues légèrement teintée de rouge. « Qu'est-ce que tu fais ici Harley ? » Il connaissait sa mère, et Harley quand même un peu, et dans deux minutes l'un ou l'autre allait exploser. « Rien, il fait rien. Il allait partir. » N'est-ce pas ? Il lui jeta un regard mauvais. Tu vas partir et ne plus JAMAIS remettre les pieds dans ma piaule, c'est clair ? Ça, il n'y avait pas besoin qu'il le prononce à voix haute pour qu’il le capte. Je ne veux PLUS de voir m'approcher. Eurk. Dégoûté, il l'était. Pourtant j'étais le garçon le plus ouvert du monde sur biens des sujets, mais là... hé bien, c'était toi quoi. Et c'était creepy comme proposition.


LONG TIME AGO (sur l'Arche, harley 18 ans, varian 19 ans)
La voix de son frère s'éleva de derrière la porte et Kimi crut mourir de honte pour de bon. Non, Varian... tu es vraiment... « … le pire des gamins. » acheva t-elle de dire à voix haute alors que Harley se jetait déjà sur la porte pour hurler à sont tour dans le couloir. Elle se massa son épaule douloureuse et sentit les larmes lui monter immédiatement aux yeux. Tremblante et soudain encore plus mal à l'aise que jamais elle osa pourtant pointé le bout de son nez dehors. Il hurlait, il hurlait à plein poumons sur un garçon qui s'était déjà barré pour sans doute rejoindre sa poupée Barbie si parfaite. Pourquoi tu fais des trucs aussi bêtes Varian ? « Harley... » Elle tendit une main qui se voulait réconfortante. Je ne savais pas si je pouvais te toucher Harley. Après ce que tu m'avais dis, après ces semaines d'absences... Mais tant pis. J'étais buté, et je t'aimais aussi. « Vient Harley... » Elle posa sa petite main sur l'épaule de son meilleur ami. « Il est juste con. » Elle n'aurait jamais cru le dire un jour, à voix haute devant lui. L'admettre pour une fois. Elle qui avait toujours su trouver les bons mots pour protéger son grand frère chéri.

Cara ouvrit la porte après que Varian eut frappé pendant une longue minute, sans la moindre délicatesse. Un garçon s’éclipsa à moitié habillé et en jurant des mots incompréhensibles. « Putain V... » « J'te dérange pas ? » Si, il savait qu'il dérangeait, il l'avait vu de ses propres yeux. Et la Cara en petite tenue en disait long, mais tant pis. « Ben heu... » S'en était trop. T'avais encore joué au con et tu n'assumais plus du tout cette situation ? Tu n'avais même pas trouvé l'envie de t'excuser auprès d'elle. Tout ce que tu trouvas à faire, ce fut de te jeter dans ses bras. Et de pleurer. Pleurer comme tu avais envie de le faire bien trop souvent, comme tu le faisait bien trop souvent, quand tu étais tout seul. Elle te serra longuement dans ses bras, une main dans tes cheveux, l'autre autour de tes épaules. « Ça va aller, ça va aller... » « N-non ça va pas aller... j-je veux juste.... » Il renifla juste au niveau de son oreille avant de reprendre. « Je veux remonter le temps et l'embr... l'embrasser. Et lui dire à quel point de je suis désolé de tout ça... que je suis con, que je suis... »... éperdument amoureux de toi Harley, et que tu me manques. Voilà. Juste ces petits mots. « Alors va lui parler à c'te fille bon sang Varian, porte tes couilles un peu, va causer... » Pfft, est-ce qu'il en avait le cran de faire ça ? Oui, je le devais.
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Harley Weise


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MessageSujet: Re: a million dreams are keeping me awake (harley) Mar 13 Mar - 1:42

dans le présent.
Et face. Et pile... La voix de Varian le coupa net dans son élan et il agita les bras pour garder son équilibre. Pile, il était ton ami, Harley. Ce serait ça, vos prochains jours : une relation née du hasard, littéralement jouée à pile ou face au milieu d'une multitude de petits bonds. La respiration sifflante, il fait l'effort d'inspirer calmement pour calmer son cœur qui battait trop fort avec l'effort. « S-su… Super ! Pile, on est a-am… On est amis… ! » Et cette fois-ci, le sourire qu'il adressa à son ancien voisin en lui emboîtant le pas était plus sincère. On avait toujours été doués pour faire semblant, Varian. Mentir, imiter, improviser… On savait le faire, quitte à nous tromper nous-même, alors peut-être qu'on pourrait le faire cette fois encore ? Se dire qu'on était amis jusqu'à le devenir vraiment ? Le hasard avait choisi pour nous et nous avions plus qu'à nous appliquer pour lui obéir.

Il ne pensait pas encore à Missi, Harley, ni à ce qui les attendait. Il avait laissé sa mission en suspens en suivant Varian dehors, oubliant qu'il devait terminer ça et faire bien d'autres choses après… C'était peut-être mieux ainsi, de marcher dans la neige sans avoir à angoisser pour ce qui l'attendrait ensuite. Un vent glacé se leva sur les deux esclaves, agitant les cheveux lourds de crasse de Harley et lui gelant le visage. Il se cacha ses mains nues sous ses aisselles et lutta pour faire tenir sa capuche sur sa tête. Tu sais Varian, moi je n'avais pas toujours été dans la neige. J'étais arrivé ici, dans le froid et la glace, et Azgeda y vivait aussi… Mais j'avais été vendu et j'avais beaucoup voyagé avec la troupe. J'avais vu d'autres endroits, sans neige, sans froid, j'avais vu Neylakru, et d'autres kru dont je ne connaissais pas le nom. J'avais vu des endroits presque sans esclaves, des villages, de l'herbe aussi. De l'herbe et des fleurs vivantes. Il y avait des arbres sans épine parfois, avec des vraies feuilles, et des lacs sans glace… Si on avait atterri ensemble, Varian, est-ce que ça aurait changé quelque chose ? « BAH ! » Il se donna une pichenette sur sa capuche, fâché contre lui-même. C'était rayé de la mémoire, ça, Harley. Tu l'avais toi-même dit. Il peina pour se maintenir à la hauteur de son camarade. « M-mo… Moins que la n-nuit. » répondit-il sans savoir si les mots lui étaient adressé. « Qu-quand je suis arr… Arrivé sur Terre, je-j'y voyais rien. » Il faisait allusion à la blancheur éclatante de la neige, partout autour, qui lui brûlait les rétines sans pitié. Il avait passé les deux premières semaines à souffrir le martyr et à pleurer sans discontinuer, s'irritant les joues et les paupières. Après… Il avait passé des semaines chez Azgeda, dans le noir, à attendre… Le calvaire était revenu en pire ensuite, à plisser les yeux, à pleurer, pleurer, à marcher les yeux fermés quand elle l'avait vendu. Et puis petit à petit… « M-maintenant ça v… ça va. Mais dans le n-noir j-j-j… » Il se coupa pour trouver le courage de poursuivre. « J'y v-vois plus rien. » Ses yeux bleus, la neige les avait cassé pour de bon. Mais voilà qu'il te prenait l'envie de faire la conversation, Harley, de vraiment répondre et d'engager un dialogue. En dehors des discussions importantes qui avaient eu lieu entre lui et toi… Ça faisait longtemps que tu n'en avais pas eu l'idée. La vérité, c'est qu'il avait froid mais qu'il mettait tout ça de côté dans sa tête, par habitude et parce qu'il n'avait pas le droit de se plaindre ni même de constater un désagrément. « T-tu veux mon man-man… M-manteau ? » Il sortit l'une de ses mains de leur cachette pour écarter ses cheveux rebelles et un pan de la capuche, juste pour l'observer. C'était de la vraie gentillesse, mais aussi un peu d'automatisme : quand Nei exigeait des choses, elle passait souvent par le biais retord de sous-entendus dans le genre.

dans le passé.
Oui, pourquoi toi. Pourquoi pas la première fille venue, même moche ? Pourquoi toi ? Pourquoi un mec ? Pourquoi ces fantasmes et ces envies ? J'explosais de désir rien qu'à t'imaginer Standall, et ensuite j'avais honte. Tu sais, ce genre de honte sournoise qui débarquait toujours, même dans les bons moments, pour te souffler quelques mots désagréables à l'oreille. Je ne pouvais pas t'en parler, Standall, parce que je te haïssais et parce que tu te foutrais de ma gueule. J'étais condamné au silence, voilà. L'arrivée de May Standall les coupa net dans leur dispute et Harley fut bien contraint de le lâcher. Le regard mauvais que Varian lui jeta le rendit plus triste qu'en colère et il détourna le regard, peiné. Tu vois ? Je n'avais plus le contrôle sur rien. Je n'avais même pas d'idée de répartie parce que j'étais trop occupé à me sentir blessé par tes regards et tes paroles. J'avais envie de te faire fermer ta grande gueule une bonne fois pour tout, mais je ne voulais pas me donner encore une fois en spectacle devant toi. Putain mais pourquoi est-ce qu'il lui avait dit ça ? À quel moment sa langue avait-elle pu déraper assez pour lui faire prononcer des mots pareils ? « J'enculais votre fils, pétasse. » Voilà, quitte à te dégoûter pour de bon… Je sais que je te dégoûtais, Standall, et que tu n'aurais jamais des idées pareilles… Alors pourquoi j'espérais stupidement qu'un jour… Enfin, pourquoi je continuais à rêvasser à ce propos ? Ses paroles… ne cinglaient pas autant que d'habitude parce qu'il était gêné. Le bide terrassé d'envie pour son voisin et la tête en vrac, il regarda à peu près partout sauf dans sa direction. Kimi profita de ce charmant instant pour entrer. « Je t'emprunte ça, Harley, et ton père t'attend dans le coul… Oh. » Sans doute qu'elle eut l'impression de débarquer au milieu d'une bien curieuse ambiance.

dans le passé.
Il hurlait toujours quand Kimi lui toucha l'épaule. « Me touche pas, sale... » Il suspendit ses mots juste à temps. J'allais dire des choses que je ne pensais pas, Kimi. Je t'en voulais toujours pour ton silence-radio mais j'avais besoin de quelqu'un… Non, j'avais besoin de toi. « Non, tu crois ?! C'est un putain d'emmerdeur, un...un... » Une porte s'ouvrit dans le couloir pour laisser passer la tête agacée d'un voisin. « Va brailler ailleurs, branleur. » Elle se referma en claquant et Harley fondit en larmes pour de bon. J'aurais pu fracasser cette porte pour lui éclater la tête. Ça m'aurait fait du bien, de frapper, frapper, frapper jusqu'à faire disparaître toute cette tension et toute cette haine. J'aurais tapé à m'en briser les doigts, hurlé à m'en écorcher la voix… Et voilà. Je me serais senti bien quelques secondes. Mais peut-être que pour une fois, je pouvais juste pleurer au milieu de ce couloir, en silence, avec des petits sanglots d'adultes.

une semaine plus tard.
« Peut-être que cette fois-ci, c'est le bonne ? Qu'on va enfin te balancer pour de bon à la dérive ? » Menotté à sa chaise, Harley adressa un doigt au garde qui se pavanait devant lui en bavardant depuis cinq bonnes minutes. Il lui parlait de la dérive, d'un peu d'enfermement avant, de toutes ces choses-là… Et comme toujours, le jeune Weise se demandait si c'était vrai. J'avais déconné à cause de toi. Enfin je voulais le penser et m'en convaincre. J'avais déconné parce que j'étais tout le temps en colère en ce moment, à fleur de peau comme on dit, et qu'un garde m'avait traité de fillette. Je ne sais pas… C'est parti tout seul. Résultat, c'était Harley qui était assis là, le visage tuméfié de partout et les cheveux en vrac. L'autre garde n'avait rien, mais lui s'était bien fait latter la gueule comme il fallait. Tu sais que c'était mieux, depuis que j'étais avec toi ? Tu te plaignais, j'enchaînais les conneries… Mais il y avait eu du mieux. J'étais heureux et je ne pensais qu'à toi alors forcément, le reste suivait. Mais tu n'étais plus là, Standall. Tu avais mis fin à ce qu'on avait, tu avais failli détruire mon amitié avec Kimi, tu m'avais rejeté et tu m'avais insulté… J'étais parti. Et tout ça pour ça ? Pour finir attaché comme un chien dans un bureau miteux, à attendre... Pas grand-chose. Il se demandait chaque fois si cette fois-ci, c'était la bonne, s'ils allaient l'assassiner, enfin… Et chaque fois non. C'était un branleur, un fouteur de merde, mais ça ne suffisait pas à tuer quelqu'un. Pas encore.

« Varian ! » Plus énervé qu'en colère, Jan rattrapa la grande silhouette dégingandée à quelques mètres de lui et l'attrapa par la manche. « Désolé si tu vas chez Cara ou ailleurs mais… Enfin je suis pressé, j'ai une urgence absolue à l'infirmerie et l'abruti qui me sert de fils a eu la bonne idée de déconner maintenant. » Il lui fourra un papier dans la main. « Je peux te demander d'être garant pour moi et de le ramener dans sa chambre sans faire d'émeute ? Tu n'as qu'à dire que tu viens de ma part. De tout façon, t'as le message pour le récupérer. » Consigné pour les prochains jours dans la cabine. C'était ça l'idée, planter Harley dans sa chambre pour les deux semaines à venir histoire de… Histoire de le faire réfléchir au sens de la vie sans doute. « Ça fait huit heures qu'il est là-bas alors… Enfin désolé, urgence, merci Varian. » Jan planta son voisin là et fila en maudissant son gosse et tout ce qui allait avec.

Il n'en pouvait plus, voilà. Les minutes s'écoulaient avec une lenteur exaspérante, même s'il était tout seul maintenant. Il se passa délicatement la langue sur les lèvres et grimaça face au goût écœurant du sang séché. Harley se leva de la chaise en grimaçant. « C'est bon là ? Je peux me casser putain ? » Il préférait à la limite quand l'autre con de garde était là pour l'insulter… C'était quoi son nom à lui… Rodez... « OHO ? Je peux me BARRER ? » Il ne pouvait même pas faire les quatre cents pas pour se calmer. C'était quoi le nouvel objectif, me faire mariner dans cette pièce à jamais ? Attendre que le paternel vienne me récupérer ? Non parce qu'il ne viendrait sans doute pas. « Il ne viendra pas ! HO ! IL NE VIENDRA PAS ! ÉHO ! LE PETIT OISEAU VA SORTIR ! » Aucun sens. Harley flanqua un coup de pied dans la chaise et le bracelet des menottes lui cisailla le poignet. « PUTAIN ! » Peut-être que tu avais raison, Standall. Que ça allait finir par me jouer des mauvais tours, que j'allais perdre un jour. Enfin peu t'importait maintenant, hein ? Tu étais où, là ? Dans les bras de ta petite pute blonde, à la baiser encore et encore ? À lui chuchoter des mots doux et couiner avec bonheur ? Hein, tu étais où ? « RAAH. » Il fila un deuxième coup de pied dans la chaise, et encore, et encore, juste pour effacer ces images de la tête.
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MessageSujet: Re: a million dreams are keeping me awake (harley) Mar 13 Mar - 11:23


AUJOURD'HUI
« Oui ça... » la nuit c'était terrible. Ça l'avait toujours été. Les premières nuits dans cette région… Il avait cru mourir de froid. Il s'était sentit obligé d'accepter la veste d'une homme trop petit qu'il ne connaissait même pas pour ne pas crever de froid. Lui qui sur l'Arche c'était toujours appliqué à porter ces mêmes débardeurs légers, la climatisation de l'Arche – souvent défaillante dans leur secteur de toute façon – il avait fini par s'y faire. Mais le reste du temps, c'était un douillet, le genre qui aimait bien rester dans son cocon pendant des heures. Et ici… Le changement avant manqué de le tuer dans les premiers jours. « Moi non plus... » Pourtant il avait essayé. De vivre avec les yeux limite fermés. De trouver un parade pour que la blancheur du sol, et d'à peu près tout ce qui l'entourait arrête de lui péter la rétine. En vain. En plus des coups de soleil qui avait brûlé sa peau lors des premiers moi, avant qu'elle ne se fasse au changement brutal de température et de climat, sa vue avait baissé. D'ailleurs, je m'étais toujours dis que j'en avait un, problème de vue. Mais une fois sur terre, ça c'est vérifié. Et quand Harley parla du noir… Ouais, moi aussi. Enfin, c'est pas que je ne voyais plus rien c'était… Difficile. Je devais me concentrer pour percevoir les objets, les gens qui n'étaient pas en mouvement. Qui l'eut ru hein ? Que ces yeux bleus que j'aimais tant chez toi seraient un tel fardeau à porter ? « Ça aurait pu être pire, au moins… On voit toujours, non ? » C'était… plus ou moins dis sous le sens de l'humour. Même se faire des blagues, il n'en avait plus vraiment l'habitude. Il disait cela, mais au fond il avait maudit lui aussi ces yeux verts trop clairs pour résister aux rayons du soleil. Il avait vite compris l’intérêt des lunettes de soleil que certains vendaient au marché sur l'Arche. Il n'avait jamais vu l'utilité d'en avoir chez soi, mais maintenant… Harley lui proposa son manteau et il lui jeta un regard un peu étonné, surpris d'une telle proposition. « Heu… Non, t'en fais pas… heu… ça va aller. » Il avait le sien, et il n'allait pas la dépouiller de ses habits. Déjà qu'ils étaient en triste état. Si les siens tenait "aussi bien" c'était uniquement parce qu'il s'appliquait à recoudre, encore et toujours. Il se félicitait d'avoir appris tout ça sur l'Arche, et puisque Ada l'avait bien compris, elle ne se faisait pas prier pour lui dire que repiquer lui-même ses habits si besoin. « C'est gentil sinon... » Il faisait de gros efforts pour sortir des phrases pareilles, vraiment. Pour essayer de donner un air naturel à tout ça aussi.    


LONG TIME AGO (sur l'Arche)
Varian regarda sa mère ouvrir des yeux ronds, prête à répliquer à son tour quand Kimi apparut dans l'encadrement de la porte, un livre dans les mains, visiblement contente de sa trouvaille mais aussi surprise de les trouvez tous les trois dans la même pièce. « Heu... » Et visiblement elle ne savait pas quoi dire. Sa mère cherchait toujours ses mots, trop choquée par la répartit du voisin pour dire quoi que se soit pour le moment et Varian fini par céder le premier. Il le chopa par le col sans aucune délicatesse et le tira hors de sa piaule. « Ne t'avise plus de venir ici, plus jamais… Et touche as à ma petite sœur. » siffla t-il entre ses dents. Oui parce que visiblement tu as un gros soucis mon pauvre vieux, un gros, gros soucis ! Il le lâcha juste là, devant l'entrée. Tu… tu… Je ne savais plus quoi penser de toi, vraiment. Et dire que je commençait à croire que ça allait un peu mieux entre nous. Non pas qu'il y ait un nous, il n'y en aura pas, mais je pensais qu'on pouvait au moins se voir sans se balancer des méchanceté, sans finir par un conflit. Je me trompais, encore une fois…


LONG TIME AGO (sur l'Arche, harley 18 ans, varian 19 ans)
Elle retira aussitôt sa main, de peur sans doute de se prendre un coup dans la foulée. C'était très bête de penser ça mais… tu faisais enfant Harley. Enfant qui avait besoin d'une mère pour le prendre dans ses bras, pour le comprendre et le réconforter. Je sais pas, c'est peut-être parce que je suis une fille que je pense à tout ça mais… Un voisin agacé lui répondit de la fermer avant de claquer sa porte de cabine et Harley fondit en larme pour de bon. Je t'avais alors pris dans mes bras sans trop réfléchir. C'était l’instinct il fallait croire, et peut-être parce que j'étais beaucoup trop gentille pour te laisser là, tout seul, à pleurer dans le couloir. Elle avait enfouis la tête dans la poitrine de son voisin, et le serra un peu plus fort entre ses petits bras. Je sentais ton cœur battre à mille à l'heure Harley. Et le mien se serrait juste encore un peu plus. « Vient Harley, on reste pas là... » Triste spectacle qu'ils offraient une fois de plus dans ce couloir.

Une semaine plus tard.
Varian referma la porte de sa cabine quand le voisin père l'attrapa par la manche. Avant de lui débiter un truc à tout allure, et de le laisser planter là, une papier de haute importance dans les mains. « Heu je… d'accord ? » Jan partait déjà et de toute façon… avait-il le choix ? Il appréciait monsieur Weise. C'était un homme sympa, proche de ses parents, poli et gentil. Mais là, tu ne le sentais pas. Tu voulais aller lui parler. Depuis le début de la semaine. Mais tu… tu avais peur, bêtement. Voilà, tu avais peur de te faire jeter avant même de t'excuser ou de faire quoi que se soit. Tu avais peur de te prendre des coups, parce qu'il était imprévisible. Et tu avais peur de ta propre réaction. Tu avais les larmes aux yeux à chaque fois que tu le croisais. Tu pleurais dès que tu pensais un peu trop fort à lui. Alors faire ça, maintenant…

« Je suis venu chercher quelqu'un, j'ai heu… ça. » Il tendit le papier de Jan au garde qui devait se charger du cas de son voisin et ce dernier y jeta un bref coup d’œil. Oui, il devait se dire que c'était étrange. De le voir débarquer lui, ici, pour ça. « Ouais. D'accord. Je vais le chercher, bouge pas gamin. » Le gamin qui devait faire une tête de plus que le garde en question opina quand même et se cala contre le mur en attendant. Bon, c'était… le moment de pas jouer au con. D'être brillant. De garder la tête haute. De faire comme si… comme si de rien était. De jouer la comédie à merveille, de pas chialer, de ne rien laisser paraître. La porte s'ouvrit et le garde revint, visiblement agacé, avec son voisin.  Son regard croisa le sien juste une micro seconde, mais assez pour le faire se sentir mal d'un seul coup. J'avais mal parce que je te voyais, et j'avais mal parce que tu étais dans un sale état. « Voilà. Fais attention, il mord ce con. » Le garde poussa son voisin sans la moindre douceur vers la sortie, manquant de lui donner un coup de pied dans la foulée. « Je heu… merci... » Le regard fuyant et ne sachant franchement pas comment procéder pour la suite Varian esquissa un geste de la main pour dire au revoir et tourna les talons.

« C'est… ton père qui m'a envoyé. » Voilà. C'était ça les premiers mots pas méchants que tu lui balançais depuis des semaines. Un mois exactement. « J'dois te raccompagner chez toi et… et voilà. » Et ne me parle pas, le chemin est court, ne le rallonge pas, ne fait rien de gênant, ne dit rien de… T'avais envie de te flinguer, de disparaître à jamais. Par précaution tu marchais à une distance raisonnable de lui. Juste au cas où. Varian marchait en regardant ses pieds, et ça lui donnait le tournis. Mais je préférais avoir le tournis plutôt que de te regarder. Voilà. Parce que dans l'immédiat, j'avais envie de faire tomber les barrières et d'examiner ton visage, de te demander si tu allais bien, où tu avais mal et de m'occuper de toi. Tu n'avais pas idée d'à quel point j'étais mal de te voir comme ça. De ô combien je prenais sur moi pour ne pas te faire une de mes morales à deux balles. « A-apparement tu es consigné pour les prochaines jours... » murmura t-il. Ok, le silence lui pesait plus que tout en fait. Et t'avais besoin de parler, voilà tout. Enfin, tu n'avais pas fondu en larme ni lâché de remarques pleines de venin, c'était déjà ça.
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Harley Weise


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MessageSujet: Re: a million dreams are keeping me awake (harley) Mer 14 Mar - 0:29

dans le présent.
Oui, ils voyaient toujours… Mais à vrai dire, Harley ne se posait plus trop la question. Sa mauvaise vue de jour et sa cécité dans le noir faisaient autant partie de lui désormais que la marquage sur sa joue ou la quantité monstrueuse de traces sur son corps. Il avait fait le deuil de son ancien physique, de ses cheveux impeccables et de son beau teint, de sa peau douce et de son joli sourire. Tout ça… Il l'avait laissé derrière parce que ce n'était pas important sur Terre. Être beau ou moche ne remplissait pas un estomac et ne vous faisait pas rester en vie, pas plus qu'être bien habillé. L'important, c'était d'y voir un peu pour savoir où aller, et avoir assez chaud pour ne pas mourir. Le reste, Varian, on s'en fichait… Mais je crois que tu le savais aussi. Nos anciennes préoccupations, là-haut dans les étoiles, étaient vraiment bêtes : on n'avait jamais compris l'essentiel, à savoir être en vie, bien nourris et en bonne santé... « D'accord. » Il lâcha sa capuche et se reconcentra sur son chemin. S'il avait perdu la vue… Harley se cacha les yeux et ralentit automatiquement le pas, trop occupé à chercher où poser les pieds pour réellement avancer. « Je v-veux être gentil av-avec toi. » finit-il par dire en baissant les mains pour le regarder. « J-je pourrai jamais t-tout oublier, mais… Mais je peux être mieux qu-que… Que celui q-que j'étais av… Avant. » Je pouvais être gentil, Varian, et te proposer plein de services si c'était ça que tu voulais. Je pouvais te donner mon manteau ou te parler, ou juste t'écouter. Les gens étaient contents quand j'obéissais alors… Alors peut-être que toi aussi, tu le serais ? Je voulais juste que tu arrêtes de regarder ailleurs ou d'être méchant parce que ça me brisait le cœur à chaque fois. J'avais envie d'oublier, Varian. Vraiment. Je voulais tout laisser derrière, effacer les vingt-et-unes premières années de ma vie pour me faciliter la tâche, je voulais t'oublier toi, et nous oublier nous… Mais ça ne marcherait pas et je le savais alors à la place, je pouvais juste être gentil et faire tout ce que tu voulais. « J-j'ai envie de f-f-faire pipi... »

dans le passé.
Il ne pouvait pas s'échapper. Entre Standall derrière lui, cette salope de May en face, et Kimi en plein entre lui et l'entrée, il était coincé… et il se voyait mal slalomer entre eux tous en toute simplicité. Et puis tu avais peur aussi, Harley. Tu avais peur de marcher pendant une éternité jusqu'à la sortie, leurs regards posés sur toi qui fuirait honteusement cet endroit. En fait… En fait, tu étai incapable de contrôler ton corps, tes pulsions, tes envies et tes paroles. C'était ça, ton problème : tu n'avais strictement aucun contrôle sur toi-même et ça te jouait de sales tours tous les jours. Harley se rendit compte qu'il fixait le bout de ses chaussures mais n'eut pas le temps de s'en sentir choqué : déjà son voisin l'attrapait par le col, ignorant son glapissement (qui se voulait) outré (mais qui faisait juste bébé), et le traînait jusqu'à la sortie. « Lâche-moi, vieille merde ! » Le col de sa chemise l'étrangla à moitié et il se la ferma pour de bon.

« Je lui fais ce que je veux, à ta sœur. Je la baise si je veux, je la touche si je veux, et toi là... » Il lui planta un doigt dans la poitrine. « J'en ai rien à branler de ce que tu penses. » Il lui crachait les mots au visage, plein de venin et de méchanceté… Sauf qu'il n'en pensait absolument aucun. Tout était faux dans sa phrase, du début jusqu'à la fin, et s'il trouvait ça jouissif de le faire sortir de ses gonds, il ressentait aussi une pointe de tristesse. Une main asséna lui une gifle monumentale et il se sentit brutalement tiré en arrière, assez pour tomber à la renverse, sur les fesses, sur les chaussures de… Son père, qui l'attendait donc toujours dans le couloir et qui avait tout entendu. Assis par terre, la bouche entrouverte, Harley porta lentement une main à sa joue déjà rougissante. Ça… Tu t'étais tourné en ridicule tout seul en balançant des conneries à Standall, mais ça… C'était de l'humiliation. C'était te jeter au rang de gamin pas sage et capricieux, puni par son papa. Jan pointa la cabine des Weise d'un doigt impérieux qui ne souffrait aucune réplique. « Dans ta chambre. » Il releva une main, assez pour faire renaître chez Harley une vieille peur irraisonnée, et le regarda détaler en se cognant à moitié à la porte d'entrée. Weise père ferma les yeux une demi-seconde puis un sourire se fendit sur son visage d'un sourire un peu las. « Il ne pensait pas ce qu'il a dit, mais je m'excuse tout de même. » Je m'excusais une fois encore pour mon fils et pour tout ça. Rien n'était excusable dans son comportement, et rien n'avait de sens. Alors pourquoi est-ce que, inlassablement, je devais me plier en quatre devant le voisinage, les profs, les gardes, pour tenter de justifier tout ça ? « Il n'a pas très bien pris que tu ne veuilles plus lui donner de cours de maths, et... » Non, mais non ! Désolé Varian, je n'avais aucune excuse plausible à te donner et je me doutais que j'ignorais encore la moitié de l'histoire. Tant mieux d'ailleurs. Le pire là-dedans, c'est que je me sentais coupable. Coupable d'avoir comme un seul moyen d'obéissance de jouer sur les peurs de mon gosse, ses craintes de s'en prendre une, de me voir lever la main sur lui. « J'espère que Kimi n'a rien entendu mais… Tu sais, il ne lui fera rien, hein ? Il crie très fort mais ça s'arrête là. Généralement. » Avec toi et avec elle, en tout cas. Moi il me faisait honte un peu plus chaque jour. Jan salua son jeune voisin et rentra chez lui, plus fatigué qu'en colère.

dans le passé.
C'était toi que je voulais, Kimi, juste contre moi. Je voulais d'avoir avec moi chaque jour parce que quand tu disparaissais... Rien. Ça ne faisait rien quand elle disparaissait. Il continuait sa vie misérable de petit dégueulasse idiot comme si de rien était. Mais si, tu me manquais et te voir m'ignorer me faisait mal. Après tout, qu'est-ce que notre relation pouvait bien t'apporter, hein ? Un peu de compagnie ? J'étais ça alors ? Un animal de compagnie que l'on sortait de sa cage quand ça l'arrangeait ? Remarque, beaucoup me traitait de chien alors peut-être qu'ils n'avaient pas vraiment tort... Et il se détestait d'avoir ce genre de pensées cyniques et méchantes, et complètement déplacées de surcroît. Il savait bien qu'elles étaient fausses, que Kimi l'aimait vraiment et qu'ils entretenaient une relation beaucoup trop forte pour être honnête depuis près de dix ans, mais… Ça me faisait du bien de penser ça, putain. Il la laissa l'entraîner dans la cabine, loin des regards méprisants du quartier.

une semaine plus tard.
« Assieds-toi, Weise. » lança le garde à travers la porte du bureau qui lui servait de cellule. « Quoi, vous avez peur que je vous agresse ? » « Assieds-toi bordel, sois pas con ! » L'idée de l'attendre juste derrière la porte pour lui sauter dessus et lui refaire le portrait était tentante mais… Il se laissa tomber sur la chaise en soupirant. Le garde entra, sa matraque de service à la main et s'approcha pour le détacher. « Quoi, je te fais si peur que ça ? » Un sourire narquois lui traversa le visage. « Bouh ! Ouuuh ben quoi, t'as peur que j'te casse les dents ? Bouh. Bouh ! » Harley fit mine de frapper, le visage mauvais, mais la matraque du garde le dissuada. « Ferme-la Harley. Ça t'avance à quoi de jouer à ça ? » C'est vrai ça, ça t'avançait à quoi Harley ? Parce que ce garde, ce n'était même pas le même que tout à l'heure et il n'avait pas l'air de t'en vouloir, celui-là. Harley fit la première chose qui lui passait par la tête : lui cracher à la gueule. Tout ça parce qu'il t'avait posé une question pertinente et que tu n'avais pas la réponse. Il regarda ailleurs et laissa le garde – nettement moins bien disposé – le relever brutalement pour le pousser vers la sortie.

Il le balança littéralement dehors, l'envoyant trébucher sur ses lacets mal faits, mais avant… Je t'avais vu. Juste avant qu'il me jette dehors, j'avais croisé ton regard. J'avais vu tes yeux, qui me manquaient tant, et tes lèvres, si parfaites, et… Non, je n'avais pas été content. Je n'avais pas senti l'espoir me réchauffer le cœur ni l'amour me parcourir le corps. Je… J'étais juste fou de rage de te voir planté là. Il adressa un bras au garde, suivi d'un geste agressif, puis tourna les talons. J'avais vu ce garde lever sa matraque, juste au cas où sans doute que je ne l'attaque vraiment. C'était ça qu'ils pensaient tous ? Mais ça, ce n'était qu'une pensée annexe. Son corps et son esprit tout entiers étaient dirigés vers lui qui lui emboîtait le pas, qui le suivait pour le ramener chez lui comme un geôlier. Mon paternel délègue la tâche maintenant ? À toi en prime ? Je touche vers le fond du fond, enculé. Il marchait à vive allure, Harley, d'un pas décidé et plein de colère, raide comme la justice. Se soucier des gens dans le couloir ? Peu importe de toute façon, ils se poussaient d'eux même parce qu'il était lui et parce qu'il s'était fait refaire le portrait bien comme il fallait. Il se passa la langue sur chacune de ses dents, la mâchoire douloureuse. C'était peut-être même la première fois qu'il avait aussi mal, à autant d'endroits à la fois, sans avoir pu se défendre. Je n'avais pas envie de t'entendre, sale con, ni de te voir. Je voulais juste me casser de là, te semer, courir n'importe où mais pas chez moi. Aller danser tiens. Quand je dansais, je n'avais pas besoin de réfléchir au reste, de me dire que je te haïssais tout en ayant envie de toi, et que toutes ces mauvaises ondes entre nous me faisaient bien plus mal que le reste. Il s'arrêta brusquement et fit volte-face, manquant de percuter son voisin. « Ah oui, chez moi ? Fantastique, tu n'auras pas à me croiser comme ça, hein ? Casse-toi maintenant, je sais où j'habite putain. Demeuré mais pas à ce point quand même. » L'idée de te cracher à la gueule à toi aussi était si belle que je ne résistai pas.
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Varian Standall


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MessageSujet: Re: a million dreams are keeping me awake (harley) Mer 14 Mar - 1:08


AUJOURD'HUI
Mieux comment ça ? Mieux sans le sale caractère ? Mieux sans les sautes d'humeur quasiment permanentes ? Mieux sans les disputes, sans les bleus partout sur le corps sans les remarques désagréable, sans la honte d'être soi-même... sans tout ça ? Mais tu l'avais aimé comme ça. Et tu le savais, même si là-haut tu avais passé des années à te lamenter dans ton coin à ce propos, tu ne serait jamais tombé amoureux d'un autre Harley. Tu l'avais pris comme il était, et même si tu avais demandé du changement, tu n'avais jamais trop voulu qu'il change du tout au tout. « Je ne te force à rien... » C'était la dernière chose qu'il voulait. Je n'avais jamais réussis à le faire par le passé alors, tu sais, j'avais encore ce petit doute d'y arriver ici, sur Terre, même si tout était différent. Il remonta son col pour braver le froid, le vent, et les gros flocons qui lui arrivaient dans la figure, et couvrit une partie de son visage déjà gelé par le froid. « Bah heu... » Et là ? Quelle réaction normale devait-il avoir ? Il aurait bien eut envie de lui balancer un "bah trouve toi un arbre, vu l'endroit ça devrait pas être compliqué, et pisse, idiot" mais... Non. Des efforts. Il devait faire des efforts. Il avait juste envie d'une chose : qu'il ne se refasse pas dessus comme la dernière fois. D'ailleurs cet épisode tu voulais à tout prix l'oublier pour de bon. Ce n'était pas le genre de souvenirs que tu voulais garder de lui, non ? « On s'arrête et je t'attends ici s'tu veux. Tu n'as qu'à aller un peu plus loin... » Il n'avait aucune idée de pourquoi il se sentait obligé de préciser ce genre de chose à son ancien voisin. En temps normal, les gens réagissaient tout seul avant et prenait les devants. « Pas trop loin hein... faut pas se perdre non plus... » précisa t-il. Juste au cas où. Sur une mini touche d'humour. Mais un humour préventif quand même.


LONG TIME AGO (sur l'Arche)
Varian dégagea le doigt de Harley planté dans sa poitrine d'un geste vif. « Qu'est-ce que tu... » Il n'eut pas le temps d'en dire plus que le père arriva à la rescousse. Il le vit se prendre la baffe du siècle et en tomber à la renverse, sur les fesses, aux pieds de Jan Weise, qui n'avait rien raté de la scène. Si sur le coup il se sentit jubiler devant une telle scène, il eut du mal à en pas éprouver un peu de peine devant tout ça. Tu le voyais te balancer des trucs obscènes, fanfaronner, et tout ça pour finir littéralement aux pieds de son père. Il entendait la voix de sa mère un peu plus loin dans la cabine qui tentait de rassurer sa fille. Et c'est ça ton meilleur ami ? Wouah, Kimi, c'est triste. « Des cours de maths ? Vous rigolez ? Nan il est juste vénère parce que j'ai refusé sa partie de branlette collective tient ! » Tu étais bien trop en colère pour peser tous les mots que tu venais de lui balancer à la figure. Et bien trop en colère pour te montrer poli, alors ce fut ta mère qui sembla arriver au grand galop pour prendre le relais. Et bla bla bla, ce n'est pas grave Jan, vous n'y êtes pour rien, excusez mon fils il est encore sous le choc, bla bla bla... Varian tourna les talons pour étreindre sa sœur dans ses bras et lui caresser les cheveux. « Tu me le dirais hein Kimi s'il tentait des trucs, hein ? » « Promis. » Elle était étrange. Il y avait quelque chose dans sa voix... Mais il n'arrivait pas à savoir quoi exactement.


LONG TIME AGO (sur l'Arche, harley 18 ans, varian 19 ans)
« Bah c'est con, j'habite en face, et je rentre aussi chez moi. » répondit-il d'une voix sèche. Non, en fait il n'avait pas l'intention de rentrer chez lui. Son but était au départ d'aller chez Cara mais il avait croisé la route de Jan et... changement de plan. Et puisqu'il lui avait promis de ramener son fils à bon port... « Aller avance. S'il te plaît. » M'oblige pas à te pousser, à te faire une scène ou dieu sais quoi. Il avait toujours autant envie de fuir son regard mais à présent, le faire était plus compliqué. Parce qu'il était juste en face de toi, et que tu ne pouvais pas te dérober. Et qu'il savait au fond que Harley ne rêvait que de lui en mettre une. Ça se lisait presque sur ton visage. Même s'il était dans un sale état.

« Bon ben... Voilà. » Ils y étaient. C'était le moment où tu devais tourner les talons et faire genre de rentrer chez toi pour ne plus le voir pendant les deux prochaines semaines. Sauf que non, tu restais là, planté comme un con en attendant qu'il ouvre sa porte et que... bah tu ne savais pas en fait. Tu attendais qu'il se passe un truc, n'importe quoi. « Je peux entrer ? » Il avait glissé les mains dans ses poches de pantalon pour pas qu'il ne les voient trembler. « Pour parler. » rajouta t-il aussitôt. Je voulais m'excuser, et je sais pas, parler ? Juste parler. Ce qu'on avait pas fait pendant un mois. Un mois qui m'avait parut durer une éternité crois moi. S'il te plaît, ne me hurle pas un grand non à la figure. Il le voulait, vraiment. Essayer de prendre les devants, d'engager un dialogue, de se faire comprendre de... Même si c'était intenable de l'avoir comme ça en face de lui. Surtout dans cet état. Tu voulais aussi t'assurer qu'il irait s'occuper de son visage. Et qu'il aille bien. Tu voulais pas que quelqu'un d'autre s'en charge. Et que... En fait tu voulais le dorloter comme le copain trop gaga que tu étais. Et tu avais envie d'aller te pendre aussi, pour avoir pensé ça.
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MessageSujet: Re: a million dreams are keeping me awake (harley) Jeu 15 Mar - 0:15

dans le présent.
Non, il ne le forçait explicitement à rien, en effet. Mais Harley ne voulait pas d'un ennemi, et encore moins que ce soit lui. Même s'il voulait tout oublier, tout rayer de sa petite tête mal-faite, une grande part de lui rêvait de cette ancienne relation qui les avait unis si longtemps et de tout cet amour qu'il gardait encore pour Varian. Alors oui, il voulait lui faire plaisir, être gentil et être au maximum de ses capacités. Il voulait lui faire oublier qu'ils n'étaient plus comme avant et que rien n'était possible entre eux désormais. Je voulais juste que tu ne regrettes pas celui que j'étais, Varian, et que tu m'apprécies. Que tu sois gentil. Tu n'imaginais pas comme ce mot avait de l'importance pour moi sur Terre, combien ça pouvait sauver quelqu'un et lui donner envie de voir le lendemain. Et puis au nom de tout cet amour qui transparaissait dans mes souvenirs, je voulais te donner ça. Tout simplement. Sans raison.

Il était planté là, dans la neige, à se triturer les doigts en attendant… Il ne savait pas trop ce qu'il attendait en fait. L'aval de Varian peut-être, ou le droit d'aller faire pipi, de s'écarter du chemin, de… Peu importe. La phrase lui avait échappé comme une constatation (il avait envie de faire pipi), sans plan précis derrière. « Euh... » L'esclave regarda son ancien amant avec un mélange de méfiance et de perplexité, se demandant s'il était vraiment sérieux… Puis ses yeux sourirent pour lui, avec un air rieur franchement inhabituel. « Ah… Héhé, d'accord, j-je vais faire at-attention. » À l'humour, il avait répondu par de l'humour. À l'humour, il avait répondu par de l'humour ! Un humour très discret mais bien réel. Harley s'éloigna de quelques pas avant de s'arrêter de nouveau. « Tu m'at… Tu m'attends vr-vraiment, h-hein ? » Tu n'allais pas partir sans moi et me laisser là, dans cet endroit que j'aurais dû reconnaître mais qui ne me disait rien, hein ? Tu n'allais pas profité que je m'éloigne pour partir à toutes jambes, comme un méchant ? Il lutta contre l'angoisse qu'il sentait monter et trouva le courage de poursuivre sa route jusqu'au premier bosquet venu. Et là Harley, tu aurais pu en faire le tour. Tu aurais dû en faire le tour même. Mais non. L'ancien Harley se serait fracassé la tête devant cette scène – encore. Tu pouvais faire preuve d'une vivacité d'esprit remarquable dans des tonnes de situations, et tu pouvais même t'avérer vraiment utile… Mais c'était les choses simples qui buguaient dans ta tête. Les trucs du quotidien, les actes évidents, les comportements sociaux de base… Tu savais allumer de très beaux feux et réparer des choses fantastiques mais tu étais incapable d'avoir assez de présence d'esprit pour… te planquer pour pisser. Tant pis, au moins lui n'était-il pas gêné en baissant son pantalon, trop occupé à se dire qu'il allait avoir froid. C'était un peu bizarre sur Terre, Varian : ils n'avaient pas de toilettes.

dans le passé.
Merci Varian, il y a des choses que j'aurais préféré ignorer… Les gens adoraient me jeter à la figure les phrases que Harley, au sommet de sa poésie et de son art, pouvait leur sortir mais… Non, ça ne me faisait pas rire et non, ça ne me mettait même plus en colère. Certains me sortaient ça comme si c'était une bonne blague, d'autres comme une horrible chose. Moi je voyais juste que c'était mon gosse et ça me rendait triste. Je voulais qu'il ait une vie normale, qu'il finisse ses études, qu'il fasse quelques stages réussis puis qu'il travaille de façon honnête. Je lui souhaitais une épouse gentille et douce, bien accrochée mais amoureuse, et un enfant paisible. C'est vrai, en dépit de tout, je continuais de vouloir le meilleur pour lui, et de l'aimer à la folie. Mais personne ne me laissait jamais le droit de rêver, pas même une journée, ni de lui inventer une excuse, juste pour une fois. Jamais il n'était pardonné ou pardonnable, et personne ne semblait réaliser que… Que c'était mon fils unique, mon petit garçon, et que ça faisait mal d'entendre tout ça. Jan soupira et laissa échapper un sourire triste et fatigué. « Je… J'en suis désolé Varian. Vraiment. » Il l'était pour de vrai, désolé. Il était désolé d'apprendre que Harley avait encore une fois été faire quelque chose d'improbable (Une partie de branlette collective ? Vraiment, Harley ?!) auprès d'une personne toute aussi improbable (Avec Varian ?!). « N'y accorde pas trop d'importance, d'accord ? » Il acquiesça ensuite mollement quand May débarqua dans le couloir et réitéra ses excuses à nouveau avant d'enfin rentrer chez lui. Il se glissa derrière la porte de la chambre de son fils et s'assit, le regard dans le vide. « … Harley ? Je suis désolé, je ne voulais pas te toucher. » Parfois, il préférait encore quand il hurlait comme un fou, c'était moins angoissant que de ne plus rien entendre du tout. Tu étais dans ton placard, c'est ça ? Tu devais être en train de lire un livre avec une expression horrible sur le visage. Lire à toute allure, tourner les pages sans vraiment les voir, à attendre que le temps passe. « Tu me le dirais… Si quelque chose n'allait pas, hein ? Si tu sentais que... » Jan se tut mais resta assis un long moment, le regard perdu dans le vide.

dans le présent.
Harley remonta son pantalon et fit volte-face en adressant un coucou à Varian. « On p-peut y aller ! » Scroutch scroutch scroutch, il pataugea jusqu'à son ami et passa même devant pour retrouver la route qu'ils avaient suivie à l'aller. Il ne sentait fatigué et triste, là, tout au fond de lui, mais il s'appliquait à faire bonne sourire et à garder un léger sourire aux lèvres. « A-ava… Av... » Le sourire en question s'envola en même temps qu'il réalisait que les mots se faisaient encore la malle, à la fois dans sa tête et dans sa bouche. Vexé, il accéléra le pas en resserrant les pans de son manteau autour de lui. Il avait hâte de rentrer maintenant, de pouvoir faire plein de choses seul, avec le silence autour de lui et dans sa tête, loin de Varian. C'était à double-tranchant d'être avec lui : ça voulait dire se sentir vivant et quelque peu important pour quelqu'un (et ça, mine de rien…) mais c'était aussi s'épuiser trop vite, sans savoir quand est-ce qu'il s'effondrerait à nouveau soudainement. « O-o-on r-rr... » Il abandonna l'idée de raconter une histoire (avant, quand il marchait beaucoup avec les conteurs, c'était bien) ou de dire un simple « on rentre » et leva plutôt un pouce faussement joyeux dans la direction de son ancien voisin. Le vent était insupportable et les flocons de neige venaient leur percuter le visage à toute allure.

dans le passé.
« Haha. Haha. Haha. » Harley adressa un sourire parfaitement méprisant à son voisin. « Tu es vraiment super marrant, comme mec. » Pourquoi tu t'étais donné la peine de venir si c'était pour jouer au con, hein ? Tu aurais pu dire non au paternel et me foutre la paix, ça aurait arrangé tout le monde tiens. « Sinon quoi ? Tu pleures ? Tu appelles à l'aide ? Tu chouines ? » Enfin Harley connaissait déjà la suite : sinon ça finirait mal et il retrouverait ce charmant bureau où il venait de poireauter pendant des heures comme un criminel. Après un geste grossier, il laissa tomber et repartit à vive allure dans le dédale de couloirs de la station. J'avais envie de te tarter, Standall. De te faire mal et de te voir pleurer ta mère comme un bébé. Je voulais te voir supplier, t'excuser, larmoyer. Et te voir avec une gueule moins parfaite aussi, moins tirée à quatre épingles, moins insupportable à voir. Je pouvais te cogner tiens, pour que tu vois ce que ça faisait… ! Leur dispute originelle ne valait tellement pas toutes ces… Toutes ces complications…

Harley déverrouilla la porte de sa cabine et se raidit en entendant sa question. Si tu pouvais entrer ? À ton avis, Standall, à ton avis. Tu croyais que je te voulais chez moi, à t'entendre, à te voir ? Mais tu voulais nous torturer tous les deux ? M'achever ? Te lancer dans une belle et grande morale dont toi seul avait le secret ? Ou tu voulais vraiment que j'échoue à me contrôler et que je te démonte la gueule. Tu savais combien d'efforts je faisais, là tout de suite, pour me taire, pour ne pas te regarder et pour rentrer sagement chez moi ? Mais non, il n'allait pas le lui dire. Harley ouvrit la porte d'un coup de pied sans un regard à son voisin et se glissa dans la petite pièce principale. « Fais ta vie, j'en ai rien à branler. Je ne vois pas en quoi ça me regarde. » Je te l'avais dit, non ? Je me cassais définitivement et à partir de là, tu pouvais faire ce que tu voulais, je m'en foutais comme de ma première couche. Il n'en pensait pas un mot : l'imaginer avec la pétasse blonde l'enrageait comme rien d'autre, le savoir dans l'appartement d'à côté suffisait à l'électriser… Mais non, il voulait se convaincre qu'il ne restait rien. Il entra dans sa chambre et en referma la porte du pied, l'envoyant claquer brutalement. Puis il se laissa tomber à la renverse sur son lit avec un gémissement de douleur et ferma les yeux. J'avais même pas fermé la porte d'entrée, et je n'avais pas allumé une seule lumière… Mais j'avais une migraine d'un autre monde et l'impression d'avoir des lèvres en pâte à modeler. Et mal aussi.
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Varian Standall


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MessageSujet: Re: a million dreams are keeping me awake (harley) Jeu 15 Mar - 1:05


AUJOURD'HUI
« Oui oui... » Il le regarda s'éloigner de quelques et détourna le regard, un peu perplexe. Non je n'allais pas partir en riant et te laissant planter là comme un con. Peut-être qu'à une époque, celle où tu avais toute ta tête, j'aurais tenté la blague. Du genre, si on avait atterris ensemble sur Terre. Juste pour plaisanter un coup. Mais aujourd'hui ? Je ne prendrais pas le risque, crois moi. Il tripotait un bout de son gant droit qui commençait à se découdre, songeur, quand Harley revint vers lui, souriant. C'était un peu comme un enfant... Il n'avait pas compté le nombre de fois où cette réflexion lui avait effleuré l'esprit depuis qu'il l'avait revu mais... Tu détestais t'occuper des enfants. En fait tu ne les aimais pas tout court. C'était bruyant, et inutile au possible. Sur l'Arche, tu avais toujours tenté de les fuir et JAMAIS il ne t'étais venu à l'idée d'en avoir. Et puis, il était arrivé sur terre. Il n'avait pas eu le choix quand Ada lui avait collé son mouflet de douze ans à moitié handicapé – elle le niait toujours, et pourtant – et trop enfantin dans les bras. Et maintenant il y avait Harley. Alors c'est comme ça que je dois te voir ? Un ami, mais aussi un môme ? Je te promets Harley de faire un effort, de prendre sur moi mais... bordel. C'est tellement dur de te voir comme ça. « Oui, rentrons, aller ! » Il termina ses phrases, peiné par tout le mal qu'il avait à prononcer deux mots.


LONG TIME AGO (sur l'Arche)
« T'es sérieux là ? » « Ouais. » Cara le regardait avec des yeux ronds, à la fois amusée et choquée. « Pouah je l’imaginais pas comme ça dis donc le terrible Harley... » « Pitié, prononce plus son prénom... » Tu avais fais mine de passer outre mais en fait, tout ça, son cirque, sa proposition débile... Tout ça t'avais vraiment perturbé.  Franchement, qui... qui... ? « Faut passer à autre chose chou, tu sais comment il est. Il t'aime pas, et il fait tout pour te faire chier. » Oui ça, ce n'était pas un scoop. Mais honnêtement, ça ? Et pourquoi je restais bloqué dessus, hein Harley ? Pourquoi je ne pouvais pas passer à autre chose comme d'habitude  c'est ce que je faisais à chaque fois que tu trouvais un truc pour me faire grincer des dents. Non là c'était différent, je l'avais sentis. J'étais incapable de mettre le doigt dessus, mais ce n'était pas comme ces autres fois où tu te contentais de me balancer des trucs dans les couloirs, ou comme avant quand tu t'en prenais à ma sœur. Là tu avais été mal à l'aise, presque gêné et... je sais pas. C'était bizarre. « Aller, vient par là, j'vais te changer les idées moi ! » Mais tu sais quoi Harley ? J'allais écouter ma copine et prendre sur moi. Passer outre ta tentative de me faire chier encore une fois. Répondre à ses baisers, m'envoyer en l'air et juste t'oublier, j'y arrivais très bien en temps normal.

AUJOURD'HUI
« Je viens de penser mais... » Enfin, non, il se faisait cette constatation depuis tout à l'heure, mais il avait la subite envie de la faire partager à son ancien voisin. « Je crois que c'est la première fois qu'on passe un moment ensemble sans que des natifs fou furieux, des loups, une fille enragée ou d'autres trucs bizarres nous tombent dessus. » Il ponctua le tout par un haussement d'épaule, poursuivant son chemin. En fait, je m'étais fais cette réflexion en pensant à nous sur l'Arche ; nous n'avions jamais – ou presque – la paix. Il y avait toujours des gens, des trucs pas possibles qui nous tombaient dessus pour tout gâcher. Et sur Terre... j'avais l'impression que tout recommençait. Notre relation avait beau être différente, quelqu'un là-haut devait nous en vouloir pour nous mettre autant de bâtons dans les roues. Sauf aujourd'hui. Si, tu avais vu ta sœur. Et ça avait été pire que que tout. Mais, personne n'avait été blessé. Physiquement du moins. Tu avais ignoré celle qui avait été ta meilleure amie pendant plus de vingt ans, et ta petite sœur adoré, mais elles avaient permis sans le vouloir un rapprochement entre vous. Là aussi, certaines choses ne changeait jamais.


LONG TIME AGO (sur l'Arche, harley 18 ans, varian 19 ans)
Il ne s'était pas retrouvé face à une porte fermée, c'était un grand pas. Un trop grand pas d'ailleurs, parce que maintenant il hésitait grandement à aller jusqu'au bout. Mais bordel, secoue toi pauvre con... Il entendit une porte claquer au fond de la cabine et se risqua donc à entrer, refermant la porte d'entrée le plus doucement possible. Bon. Et maintenant je me sentais comme un con. Il fit rapidement un état des lieux, et se rappela alors que oui, cela faisait bel et bien un mois qu'il n'avait pas mit les pieds ici. Cette cabine qui était presque devenu un refuge et une deuxième maison pendant si longtemps... Son regard un peu triste se porta sur le frigo et les magnets qui y étaient toujours accrochés. Putain, j'ai l'impression que ça fais un baille mais... c'était ici que tu avais tout officialisé. Avant que ton père ne rentres et ne gâche tout. Et dans cette entrée que tu m'as sauté dessus pour la première fois.

Il ouvrit sa porte de chambre aussi doucement et lentement que possible, comme si cette dernière s'apprêtait à exploser. Tu permets hein, je rentres... En silence il posa quelques affaires – cotons et désinfectants – qu'il avait pioché dans leur salle de bain près de son lit – si l'envie te prenais de t’occuper de son visage, Harley - et alla se caler contre l’unique armoire de la chambre.  « Je suis désolé. » finit-il par lâcher après un moment de silence un peu trop long – et trop lourd. Bordel, toi aussi tu as dis et fais des trucs pas cool. Mais non, c'est moi qui m'excuse, putain je... Je dois sacrément être con ou juste am... bref. « Pour ce que je t'ai dis. Je me suis emporté et... » ...ça m'arrive JAMAIS bon sang. Jamais ! Mais non, la seule fois où je veux moi aussi ouvrir ma gueule pour crier un peu, tout se barre en sucette. Au fond je suis peut-être juste bon à me la fermer et à agir en douce. « Tu me manques. » Il pouvait rajouter un "énormément" derrière, ainsi qu'une longue suite de synonyme juste pour appuyer ses propos. En attendant, tu avais réussis à ne pas chialer, à ne pas verser une seule larme, et tes lèvres ne tremblaient pas.
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Harley Weise


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MessageSujet: Re: a million dreams are keeping me awake (harley) Jeu 15 Mar - 22:46

dans le présent.
Harley regarda rapidement son ancien voisin avant de revenir au rideau de neige autour d'eux. « O-oui... » C'était vrai, il avait raison de te dire ça, Harley. Depuis vos retrouvailles, rien ne s'était passé correctement ou facilement. Vous aviez essuyé une grosse pluie, vous vous étiez battus, vous aviez rencontré Eliza et des tonnes de loups… Et le géant aux yeux de glace aussi. L'esclave se crispa en repensant aux hurlement du géant. Ces sons… Ils allaient te poursuivre pour toujours et tu le savais. C'était la souffrance personnifiée, son apparition sur Terre incarné dans cette voix qui hurlait. « Mais on a vu K… K-Ki… Elle... » Elle n'était pas enragée ni étrange mais sa présence ici-bas, sur Terre, était cent fois pire que les loups ou des brigands. Mourir… Harley ne le voulait pas mais c'était relativement facile et rapide. Mais revoir Kimi ? « J-je voulais pas... » La revoir. Repenser à elle. La retrouver. Qu'elle te voit, et qu'elle te parle. Et bien sûr, il ne souhaitait pas la vie sur Terre pour elle mais ça venait après. Il était complètement ego centré, Harley, à ne plus voir ce qui l'entourait qu'à travers ce que ça lui faisait à lui, ou ce qu'on allait penser de lui. Le reste, non pas que ça ne l'intéresse pas mais il n'y pensait juste pas.

Voilà, le village se dessinait enfin devant eux, entre les flocons de neige qui tombaient drus désormais. Caché sous sa capuche trop grande, les mains glissées sous ses aisselles (ses gants avaient disparu à un moment donné, moment dont il ne gardait aucun souvenir) à la fois pour les garder au chaud et pour empêcher les pans de son manteau de battre au vent. « C-c'est Missi. » en informa-t-il son ancien voisin sur le ton de la confidence. Je me doutais que tu le savais, Varian, mais dans le doute, je préférais te l'expliquer. Tu avais des réactions bizarres des fois, et tu ne comprenais pas tout… Alors juste au cas où, je préférais te le dire. Les deux esclaves pénétrèrent dans le village et Harley s'arrêta net pour essayer de s'y repérer. Missi n'était pas exactement un petit village, plutôt quelque chose de moyen qu'il connaissait assez mal. Et avec la tempête de neige qui leur tournait littéralement autour, il avait du mal à savoir quelle destination prendre. « T-tu habites où ? » Tu n'avais aucune idée de où toi tu habitais alors tu lui demandais son adresse à lui, juste pour te donner contenance et te laisser le temps de réfléchir, de trouver une indication quelque part ou d'improviser. Dans le pire des cas, tu errerais dans le village... Il sortit l'une de ses mains rouge vif de son manteau et se rongea les ongles en regardant autour de lui. Il n'y avait personne dehors mais ce n'était pas spécialement étonnant vu la météo. Et puis quelque part, Harley préférait lorsque aucun natif ne traînait dans les parages. Ils n'avaient pas le droit de le toucher mais il n'aimait pas les regards qui pesaient sur lui quand il marchait dehors. Non, toi tu préférais ta couche, derrière la maison des maîtres, où tu pouvais te rouler en boule en attendant que le temps passe. Quand Luna venait dormir, ça rajoutait encore un élément rassurant et… C'était ça ton chez-toi, Harley, une vieille couverture trouée et sale que tu chérissais plus que tout le reste.

dans le passé.
« Salut le nain ! » Harley sentit sa propre capuche s'enfoncer brutalement sur son crâne et lui cacher les yeux. Il la rejeta d'un geste agacé et fusilla le nouvel arrivant du retard. « C'est bon, la ferme. » J'aurais voulu t'en dire plus, Murray, te faire ravaler tes moqueries… Mais je ne pouvais pas. Et rien que ça suffisait déjà à le mettre de mauvaise humeur. J'avais eu cette idée absurde il y a quelques mois au cours d'une fête, en voyant un type sortir des médocs de sa poche pour les refiler à une fille en échange d'une contrepartie… et je m'étais dit que je pouvais faire pareil. Ce n'était pas difficile en soit de se procurer les produits si je pouvais accompagner le paternel au boulot ou rendre visite à Victor… C'était plus dur en revanche pour la suite du commerce que j'avais monté avec soin. « Tiens, voilà tes trucs. Fais gaffe Nano-Weise, la fête sur Walden est pas sûre ce soir, y a moyen que des gardes viennent y faire un tour. » L'information n'était pas gratuite mais… On avait nos accords, Murray et moi. On ne s'aimait pas spécialement mais j'avais appris à lui rendre service, même si ça ne me plaisait pas. « Ouais, ok. Voilà ce que tu voulais. » Harley lui refila une petite boîte avec un sourire moqueur. « Pas facile à trouver, dis donc. » « Ta gueule Weise. »

le lendemain matin.
Les mains dans les poches, il poussa la porte d'un coup de pied et se glissa dans l'un des services hospitaliers, le visage morne. Harley n'avait absolument aucune envie d'être là et s'il estimait que la médecine était intéressante… Il se foutait en revanche comme une guigne de l'accompagnement aux personnes âgées et de toutes les tâches qui y étaient associées. Pire que ça, ça le faisait même fuir en courant. Sauf que manque de bol, le seul stage qu'avait pu dégoter le paternel était là. Stage de découverte à ce qui paraissait. « Bonjour, je viens pour un stage, je suis... » « Oui oui, assis-toi là. » Ok. Ça commençait bien, on l'envoyait balader dés sa première phrase. Harley se laissa tomber sur l'une des chaises de l'accueil… Et là, tu es rentré. Ici, de bon matin, dans cet endroit pourri qui sentait la mort et la vieillesse. Harley se planqua sous la capuche trop grande de son sweat et baissa la tête, gêné par avance. Je n'avais pas envie d'une scène, Standall, je n'avais pas envie que tu me craches dessus ou que tu me jettes un regard dégoûté. Je n'avais pas envie… Pas envie de te voir en fait.

dans le présent.
« C'est l-là ! » Il l'avait reconnue ! La maison des maîtres se dressait juste là, un peu en retrait et de guingois. « T-tu-tu… Tu devrais venir, p-peut-être que ta maîtresse est encore l-là ? » Harley observa le pallier de chez lui en se demandant s'il devait directement aller derrière se coucher ou s'il devait faire autre chose avant ; mais le temps qu'il se pose entièrement la question et qu'il médite sur une éventuelle réponse, la porte d'entrée s'ouvrit brusquement sur… le maître. Instinctivement, j'avais envie de reculer quand je le voyais, de m'aplatir sur le sol en priant pour qu'il ne me voit même pas. Quatre-vingt-dix pour cent du temps, ça fonctionnait parce qu'il avait autre chose à faire de plus important… Pas là. Le maître se planta en face des deux esclaves et croisa lentement les bras. « Où étais-tu ? » « Euh... » Dehors, avec Varian, loin, devant Kimi, et jouer avec les neige, et… Fâchés… Et froid aussi... Il le savait déjà, il allait… Paf, la gifle attendue lui brûla sa joue frigorifiée, suivie d'une seconde toute aussi sèche et sonore. J'avais oublié la cheminée… Et le reste des missions… J'avais oublié toutes les missions et j'étais parti dehors… J'avais pas le droit d'aller dehors... « Ta maîtresse t'attend dedans, toi. » siffla le maître à l'adresse de Varian avant de revenir sur Harley, lequel leva des mains terrorisées devant son visage.

dans le passé.
Les poings appuyés sur son front qui jouait du tamtam, il était allongé en travers de son lit, les yeux fermés. Pourquoi est-ce que je tendais l'oreille, hein ? Pourquoi est-ce que j'essayais de savoir si tu me suivais ou non, si tu étais rentré chez toi, si… Les « si » me tuaient, Standall. Si tu ne revenais pas dans ma vie, à quoi allait-elle ressembler ? Si je m'excusais, qu'est-ce que tu dirais ? Si je te haïssais, est-ce que ça allait me tuer ? Si, trop de si, toujours de si. Ma vie avec toi n'était faite que de ça, depuis toujours, avec toutes les grandes questions que ça soulevait. Le léger bruit de la porte de sa chambre le fit soupirer d'un air excédé. Mais je n'en pensais rien. Putain Standall, je te voulais près de moi, avec moi, toujours. Je voulais te toucher, te caresser et t'aimer, tous les jours. Avec toi, c'était… spécial, j'imagine. Peut-être parce que je t'avais désiré si longtemps avant d'oser faire le vrai premier pas et... Il s'excusa. Harley sentit sa gorge se nouer douloureusement. Et maintenant, j'étais censé faire quoi, hein ? T'envoyer chier ? Te pardonner ? Te dire que tout était oublié ? C'était faux. Tu t'étais emporté et tu m'avais foutu dehors mais il n'y avait pas que ça qui clochait entre nous, Standall, ça aurait été trop simple. Toute notre relation était bancale. Passionnée certes, mais bancale. Harley laissa le silence s'étirer à l'infini, lui donnant l'opportunité de devenir insupportable et étouffant. « Mmh... » finit-il par marmonner d'un air peu convaincu. Tu vois, je jouais encore un rôle. Chaque fois que je parlais, ça n'avait rien à voir avec ce que je pensais vraiment et tout le monde se laissait berner. J'étais faux de A à Z parce que je ne savais pas comment réagir, Standal, ni quoi dire. « Casse-t… Casse-toi. » Il se sentit furieux de voir sa voix se casser au milieu et d'entendre ce ton si peu convaincu… Casse-toi, fous-moi la paix, laisse-moi méditer dans cette piaule jusqu'à ce que mort s'en suive, et laisse-moi avoir mal. J'avais mal, Standall, mais surtout à cause de toi. C'était toi, toujours toi, qui me blessais, qui me touchais, qui me martyrisais. Ses lèvres se serrèrent pour ne pas pleurer. Tu vois, j'allais entre chialer comme un demeuré à cause de toi.


Dernière édition par Harley Weise le Jeu 15 Mar - 23:41, édité 1 fois
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Varian Standall


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MessageSujet: Re: a million dreams are keeping me awake (harley) Jeu 15 Mar - 23:35


AUJOURD'HUI
Et ils allaient la revoir. Il le sentait. Kimi ne pouvait juste pas disparaître comme ça, pour toujours. Il connaissait sa sœur. Sur le bout des doigts. Et même si elle était accompagné de Cara qui les avait complètement oublié, elle ne renoncerait pas à les retrouver. Pour quoi faire, il n'en savait rien, mais elle reviendrait jusqu'à eux. Et peut-être que tu allais prendre ton courage à deux mains ce jour là, et lui parler. La serrer dans tes bras comme tu avais rêvé de le faire plus d'une fois à ton arrivée sur Terre, lui expliquer la misère dans laquelle tu t'étais enfoncée... Ouais. Tu parles. Tu en avais envie là maintenant, ça te plaisais d'imaginer la scène, mais il n'y aurait jamais rien de tel. Harley l'arracha à ses pensées pour préciser qu'ils étaient revenus au village et Varian hocha de la tête en silence. « Heu je... par là... » D'un geste un peu vague, les yeux plissés pour voir quelque chose à travers la pluie de gros flocons qui leur tombait dessus, il lui désigna l'une des rues principales du village. On habitait pas si loin l'un de l'autre Harley, tu le sais ça ?


LONG TIME AGO (harley 15 ans, varian 16 ans, sur l'Arche)
"Montre ta motivation Varian. Il n'y a que comme ça que tu pourras avoir ta bourse. En t'y prenant tôt, ils verrons à quel point tu es motivé, et il ne pourrons pas te la refuser." C'était sur les conseils de sa mère qu'il avait accepté de partir à la découverte d'à peu près toutes les branches du médicale de l'Arche. De toute façon, il voulait toucher à tout, pour choisir le meilleur plus tard. Et aujourd'hui c'était... la déprime. Supporter des enfants qui gémissaient et pleuraient pour le moindre bobo insupportait. Mais traiter des patients âgés ? Et bien il se tâtait franchement, à dire que c'était tout aussi pire. Mais puisqu'il le fallait...

Il poussa la porte du service pour aller attendre patiemment comme lui avait gentiment demandé une dame en blouse blanche et baya rapidement l'accueil du regard. Personne, juste une personne qui... Oh non dite moi que je rêve. Il avait beau se planquer sous sa capuche de sweat, il connaissait beaucoup trop cette silhouette. Pas un bonjour, rien, il alla s'asseoir en diagonale, loin de lui, aussi loin que la configuration de la pièce le permettait. Bon sang... je devais passer une journée tranquille. Et évidement, tu es là. Pourquoi il faut que tu sois toujours dans mes pattes ? Pourquoi ? « Harley ? Varian ? » Une grande femme d'une trentaine d'année avait fait son apparition, entre ses mains un petit classeur, un stylo coincé derrière son oreille droite. « On me suit ? C'est moi qui suit en charge de vous aujourd'hui ! » annonça t-elle tout sourire. Varian se leva pour lui serrer la main et la saluer rapidement et glissa ses mains dans les poches en attendant la suite. Super. On nous avait collé la même nana à suivre toute la journée. Qu'on me fasse pas croire que cette pauvre femme travaille seule ici, pourquoi je dois me coltiner mon voisin ? Pourquoi ? Elle avait l'air ravie en revanche. Il ne savait pas trop pourquoi mais... Sans doute était-elle pressée de faire découvrir son "fabuleux" métier à des jeunes de l'Arche.

AUJOURD'HUI
« Oui, je te suis... » Ils avaient marché dans les rues complètement désertes de Missi, preuve que la météo avait même dissuadé les locaux de sortir le nez de chez eux. Il y allait presque en traînant des pieds. Il était partit un peu comme pour un caprice même si Aya avait clairement explicité qu'elle ne voulait plus de lui. Il n'avait pas de fleurs pour elle – il les avait toute laissé tomber – et... Et il avait clairement pris son temps, là, dehors. La porte s'ouvrit sur le père de Nei – que Varian trouvait toujours aussi peu commode – visiblement agacé de les voir rentrer aussi tard. Figé Varian regarda Harley se manger deux baffes dans la figure et baissa les yeux par réflexe. Il allait lui en coller une aussi dans la foulée ? « O-oui... » Ni une ni deux il glissa un regard désolé à son ancien voisin et fila à l'intérieur.

Aya l'attendait, les bras croisés, les sourcils froncés et un air agacé sur le visage. Plus de larme, juste un profond agacement. Il nota qu'elle avait pris le temps de se recoiffer entre temps et...  « C'est pas trop tôt. » Il avança vers elle, presque au ralentit. « Vous étiez où ? » « Dehors. » « Où dehors ? » « Devant le village. » Je voulais rentrer. Et vite. Avant que tu ne me fasses une scène. Ou que ta copine blonde en fasse une aussi. Ou que vous vous y mettiez à deux carrément. Je voulais pas que tu prennes ton pieds à me frapper ici, devant lui, ni qu'il s'en prenne plein la figure parce que... Vous nous aviez mis dehors. Pour de vrai. Nous n'avions fais qu'obéir. Elle s'était rapproché, beaucoup trop près, et toucha du bout des doigts son manteau complètement trempé. « C'est dégoûtant. » C'était plus fort que toi mais... tu avais baissé les yeux à cet instant. Ce regard celui qui te jugeais en permanence, tu ne le supportais plus. Celui qui te faisait comprendre qu'une fois seul avec cette dingue, tu allais passer un sale quart d'heure. « Tu t'es roulé dans la neige ou quoi... » souffla t-elle. Plus ou moins. On m'en a lancer dessus. Et après il s'est mis à neiger très fort. « Au moins cette fois-ci, vous êtes revenus entier. » Oui, c'était une première.


LONG TIME AGO (sur l'Arche, harley 18 ans, varian 19 ans)
Mmh ? Mmh quoi ? Non, les « mmh » c'était moi ça, pas toi... Je voulais que tu me réponde un vrai truc moi, un vrai truc qui... La suite ne lui plu pas. Toujours appuyé contre l'armoire de son voisin il prit sur lui pour ne pas tourner les talons. Une partie de moi avait vraiment envie de partir d'ici, crois moi. Cette partie de moi refusais de t'adresser la parole, de venir faire des excuses, de venir chialer à tes pieds... Et puis il y avait l'autre. L'autre qui me pourrissait bien la vie d'ailleurs en ce moment. « Non. » Il avait voulu répondre d'un ton un peu sec, limite autoritaire mais rien de tout ça n'avait fini par transparaître dans sa réponse. Finalement il se laissa glisser le long du meuble pour terminer assis par terre, les bras enroulés autour des jambes. « Je vais rester là. Que ça te plaise ou non, on doit bien parler... » De ce que tu veux, je m'en fou. T'entendre c'est tout ce que je veux. « Ou alors, tu me le dis. Clairement. Tu me le dis, que tu veux plus de moi, que c'est vraiment terminé entre nous que... » ... que  j'étais juste une phase une je ne sais quoi pour t'affirmer, j’en sais rien, je veux pas avoir. Que c'était sympa mais que tu voulais passer à autre chose, un truc du genre... « … et promis, je m'en vais pour de bon. Je m'appliquerais même à redevenir le voisin juste chiant que j'étais avant si c'est ça que tu veux. » Et je pourrais aller me pendre en suivant, parce que je ne sais pas si j'en serais vraiment capable. Je le savais d'avance : 'il me faudrait plus que quelques jours pour m'en remettre. J'avais tout mis en suspend pendant un mois, parce que pour moi, notre histoire était juste en pause. Javais juste attendu, en me disait qu'au bout de quelques jours, puis quelques semaines, on en aurait marre de se bouder comme des mômes et voilà... Mais non. Toi tu avais continué de ton côté, alors si tu le voulais vraiment, je pouvais continuer du mien également.
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Harley Weise


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MessageSujet: Re: a million dreams are keeping me awake (harley) Dim 18 Mar - 22:48

dans le présent.
Il avait oublié les missions. Vraiment. Quand Varian lui avait proposé de lui suivre et qu'il lui avait emboîté le pas sans réfléchir, il avait instantanément mis de côté tout ce qui concernait les maîtres ou le travail. Ça avait été immédiat, et cette perspective l'effrayait. Bien sûr, il lui arrivait d'oublier de temps à autre une tâche ou une étape dans une mission – et c'était assez sévèrement puni pour qu'il s'en veuille après pour le reste de la journée – mais jamais il n'avait complètement laissé en plan ce qu'il était en train de faire pour… Eh bien pour aller ailleurs, tout simplement, et jouer en oubliant tout le reste. Tu n'étais pas comme ça, hein Harley ? Toi tu étais appliqué et dévoué, et tu aurais tout fait pour que les maîtres soient contents, pour qu'ils te disent que c'était bien et que tu pouvais aller te coucher. Tu le faisais d'abord parce que ça voulait dire que tu aurais à manger, et ensuite parce que tu les aimais vraiment et que tu rêvais de leur faire plaisir... À la terreur qu'ils lui inspiraient se mêlait un amour profond et infini pour Nei, pour le maître et pour son épouse. Loyal à jamais, comme on dit. Rien à voir avec Azgeda, qu'il érigeait à un autre rang, plus grand et plus parfait, mais certainement supérieur à Varian, Luna ou Kimi. Au fond de moi, j'aurais dû être triste de ça, de ce fait qui à lui seul trahissait toutes nos vieilles promesses. J'avais toujours dit que tu passerais en premier, Varian, que je t'aimerais pour toujours et que rien d'autre n'aurait d'importance. J'avais placé Kimi sur un piédestal et j'en avais fait ma première dame, la seule avec Maman à vraiment compter. J'aurais aimé Luna aussi sur l'Arche… peut-être. Mais aujourd'hui, c'était à eux que je devais tout, Varian. C'était eux qui comptaient, qui avaient de l'importance, qui composaient le centre de mon univers, et c'était eux qui étaient au centre de mes préoccupations. Ça devrait être eux. Mais aujourd'hui, tu m'avais demandé de venir avec toi et je les avais oublié le temps d'un après-midi en ne pensant plus qu'à toi et à nous. Tout était simple quand Varian-V. N'était plus là, qu'il le croyait mort et qu'il avait fait son deuil. C'était simple d'appartenir corps et âme à des maîtres quand on avait plus rien à perdre… Mais maintenant ? Maintenant, Varian le déréglait, le cassait lentement en lui rappelant trop de choses.

dans le passé.
Il s'installa à l'opposé de lui, sur la chaise la plus éloignée possible, et Harley continua de fixer ses baskets sans un mot, sans un regard. Je voulais rester loin de toi, Standall, ne plus te voir pour que tu arrêtes de me rendre dingue. Je n'en pouvais plus de ces pensées intrusives, de cette littérale obsession pour toi qui me donnait l'impression d'être complètement en train de dérailler. Je voulais que tout redevienne comme avant, quand je ne pouvais juste pas te voir en peinture et que je rêvais de t'insulter. Je le vivais mal tout ça, mais c'était largement plus supporter que cette perte de contrôle de mon corps. Mais qu'est-ce que je pouvais y faire, hein ? Qu'est-ce que je pouvais y faire ? Tu n'avais qu'à me le dire, toi que ça dégoûtait tant, toi qui refusait même d'envisager d'être dans la même pièce que moi ! Donne-moi une solution, une méthode, et je te promets que je la suivrais à la lettre pour guérir et pour ne plus penser à toi à chaque minute. Dis-moi comment t'oublier et je disparaîtrais. Vraiment, Standall, dis-le moi.

Une grande femme revint dans la salle d'attente avec un grand sourire et leur tendit une main aimable que Varian serra aussitôt. Harley resta en retrait, les mains dans les poches de son sweat, en se contentant de lui jeter un regard sauvage. Le sourire de la femme vacilla légèrement mais parvint courageusement à rester sur ses lèvres et elle tripota son stylo dans une série de clic clic sonores. « Bon, enchantée les garçons, je suis Mylene ! On vous a confié à moi pour une semaine de découverte de cette section médicale ! Vous êtes… ? » Dans un nouveau sourire qu'elle voulait sans doute encourageant et franchement gentil, elle commença se tourna vers Harley. « On a qu'à commencer par le plus jeune ! Tu dois être Harley, c'est ça ? Eh bien mon petit, j'espère que cette semaine te plaira ! » Elle pivota dans un mouvement raide vers Varian et leva des yeux rieurs vers lui. « Et toi tu es Varian, c'est bien ça ? J'aime beaucoup ton prénom, c'est très joli ! » À moitié caché derrière Varian, Harley fusilla ses chaussures du regard comme si tout était de leur faute. « On part visiter ? » l'acheva-t-elle d'une voix enjouée.

dans le présent.
Varian rentra dans la maison après lui avoir glissé un regard désolé que Harley ne vit même pas, trop absorbé dans sa contemplation malheureuse du sol boueux. La porte se referma et le maître lui attrapa les cheveux pour coller son visage au sien. « Tu prends beaucoup trop la confiance ces derniers temps… Tu sais ce qui arrivera si… ? » Harley hocha frénétiquement la tête en sentant son cœur lui remonter dans la gorge. Il savait. Il savait ce qui arrivait si on le jugeait trop téméraire, trop désobéissant, trop sauvage. La dernière fois, il y avait laissé beaucoup de choses et il n'était pas prêt à recommencer. « Tu le sais ? » « O-ou-oui... » glapit-il dans un filet de voix presque inaudible. Le maître le lâcha enfin, le laissant tomber à genou dans la bouillasse enneigée pour entrer dans la maison sans plus lui jeter un seul regard. Parce qu'il t'avait déjà oublié, Harley. Il t'avait déjà rayé de son esprit pare que tu n'étais rien d'autre qu'un animal de labeur, une bête de somme doublé d'un bon chien obéissant, et qu'il avait beaucoup mieux à faire que de se faire du mouron pour toi. Une fois les choses mises au clair, le maître repartait vers ses tâches de grandes personnes, te plantant là, toi et tes inquiétudes animales. Après de longues minutes, Harley leva enfin une main molle vers son visage endoloris pour y passer ses doigts glacés. Mais tu le remerciais, ton maître, hein Harley ? Tu le remerciais parce que s'il s'était chargé de te recadrer, Nei n'aurait plus le droit de le faire et ça se plaçait en sécurité. Tu préférais encore un jeûne de trois jours et quelques paires de baffes à un charmant jeu avec la jeune maîtresse. Le maître était honnête : s'il punissait, tu savais parfaitement que c'était justifié, que tu le méritais, et que c'était la seule chose à faire. Mais Nei… Nei, elle avait toujours toutes ces idées, tous ces jeux qui te laissaient terrorisé, à deux doigts de la crise de nerf et de l'épuisement. Nei, elle pouvait te faire courir pendant des heures dans la forêt pour te brûler à la fin ou te demander d'endurer des « épreuves » jusqu'à ce que tu craques. Nei, elle n'avait pas tous les droits mais elle l'avait l'imagination.

À l'intérieur, Nei regarda Varian entrer et esquissa une mine boudeuse en constatant que Harley ne lui suivait pas. Son père avait dû l'intercepter dehors, le privant au passage du droit de se charger elle-même des réprimandes. Derrière ses lèvres si serrées qu'elles en étaient réduites à une mince ligne, la jeune fille bouillait de frustration : elle n'aurait pas le droit de s'amuser un peu ce soir avec Harley, d'inventer une nouvelle chose distractive et marrante en le faisant courir ou en regardant ses yeux lutter pour ne pas se remplir de larmes. Elle le trouvait beau quand il pleurait, quand il serrait les dents pour garder un air impassible et ne pas crier. Harley… Il avait un charme d'ailleurs que n'avait aucun garçon dans ce sale village. Il était exotique et amusant, avec son léger accent et sa stupidité effarante. Et puis il n'était plus vraiment un homme et ça lui plaisait beaucoup. C'était drôle. « Roulés dans la neige ? Mais va savoir ce qu'ils ont fait, ces sales porcs… ! » Pour le coup… Elle le pensait parfaitement. Au même instant, Harley entra en silence dans la maison, une volaille encore vivante sous le bras, sans doute dans l'idée de la plumer et de la préparer Luna, pour qu'elle puise la leur cuisiner ensuite. « Hein Harley ? Vous avez fait quoi dans la neige ? » Nei posa un regard entendu sur son manteau et son pantalon détrempés et haussa les sourcils d'un air entendu. Vous aviez fait quoi dehors, vieux dégueulasses ? Vous vous étiez enfuis dans quel but, au juste ? Et toi, le moche d'Aya, qu'est-ce que tu avais mis dans la tête de Harley ? Qu'est-ce que tu lui avais dit pour qu'il s'en aille comme ça, sans une pensée pour nous ?

dans le passé.
Je te disais de te casser, putain ! De te barrer de ma chambre, de ma cabine et de ma putain de vie de merde. Je voulais que tu disparaisses pour de bon : c'est quoi qui n'était pas clair dans cette phrase, Standall ? Tu ne comprenais pas quoi dans ces mots ? Mais non, il s'ancrait un peu plus ici s'en s'asseyant contre son armoire et en refusant clairement de débarrasser le plancher. Une larme de frustration glissa sur la joue de Harley mais le garçon ne fit strictement aucun effort pour la retenir. Si Standall voulait le voir chialer, grand bien lui fasse, il avait réussi. Et sa tirade… Tu fais quoi, Standall ? Pourquoi est-ce tu voulais absolument tout compliquer, tout rendre plus difficile que ça ne l'était déjà ? Un long silence succéda à ses menaces – parce que Harley voyait ça comme une menace : celle de renoncer pour toujours à ce qu'ils avaient partagé, de tout laisser derrière pour passer à autre chose – et Harley chercha quoi répondre, quoi répliquer. « Ben alors cause. » Au fond de lui, il s'en voulait de ne faire aucun effort, de faire sa tête de mule et de jouer au plus con. Il jouait avec le feu et il le savait : Varian pouvait très bien choisir de tout envoyer bouler et le planter là comme un idiot, une fois de plus. Et après… Après, tout serait foutu pour de bon, il le sentait. « Tu veux qu'on cause de quoi ? De toi, le gros con ? De moi, le sale dégueulasse ? Du fait que j'ai couché encore et encore avec un autre type ? Hein ? Tu veux qu'on cause de quoi ?! » Voilà, il avait perdu son faux ton blasé de la vie qui s'en branlait de tout et il s'était mis en colère.


Dernière édition par Harley Weise le Lun 19 Mar - 22:17, édité 1 fois
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Varian Standall


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MessageSujet: Re: a million dreams are keeping me awake (harley) Dim 18 Mar - 23:44


AUJOURD'HUI
Il s'était demandé de nombreuses fois comment Aya pouvait être amie avec une fille pareille. Et puis finalement… Il avait compris qu'elles étaient pareilles. Pas physiquement, non, et elles n'avaient sans doute pas les mêmes idées tordues pour s'amuser, mais elles aimaient toutes les deux faire mal. Peu importe comment, mais elles aimaient ça. Aya aimait blesser, taper, le chaos le plus total. Il n'avait aucun idée de si Nei était malade comme Aya, ou si elle se donnait un genre pour casser son image de fille fragile mais… « Varian ? » Aya lui donna une tape sur l'épaule, comme pour le rappeler à l'ordre. Tu attendais une réaction à ce qu'elle venait de balancer, c'est ça ? Je n'en avais aucune à t'offrir Aya. Je pouvais juste baisser les yeux, et attendre que ça passe. Rien de plus. Harley entra, une volaille dans les bras, et elle en remit une couche. Comme si ça ne suffisait pas, hein ? « Bah ouais, racontez-nous ! » Et elle suivait, évidement, comme toujours. Il l'avait vu dans ses yeux, ce soudain regain d'amusement. Oublié la mort du frère et les fiançailles, hein Aya ? On avait trouvé ses souffres-douleurs pour la soirée ?


LONG TIME AGO (harley 15 ans, varian 16 ans, sur l'Arche)
Mylene marquait un point, elle était gentille et venait de lui faire un compliment. Il ne lui en fallait pas plus pour se dire qu'elle allait être très gentille, et qu'elle allait sans doute lui faire oublier le fait qu'il soit accompagné de Harley pendant toute la semaine. « Je vous suis ! » Faire comme si de rien était. Faire comme si… En sois tout était parfaitement normal. C'était juste lui le point noir du tableau. Enfin, c'est ce que toi, tu avais décrété. Tu te compliquais toi-même la tâche en t'inventant des soucis Varian… « Vous pensez bosser dans le secteur, dans quelques années ? » Varian hocha la tête, d'un air affirmatif. À vrai dire, il n'avait jamais pensé à faire quelque chose d'autre de sa vie. C'était ça, ou rien. Il ne se voyait pas ailleurs. Et puis, l'Arche ne recelait pas non plus de tonnes de métier très divers… Il tourna par réflexe la tête vers son camarade. Et toi Harley ? Tu te voyais où dans quelques années ? Toujours à me faire chier ? Toujours à vouloir causer des crises cardiaques à ma mère ? Est-ce que tu seras toujours parmi nous au moins… Parfois, ça me rend triste de penser que le meilleur ami de ma sœur sera peut-être enfermé à vie à sa prochaine connerie. Kimi ne s'en remettrait jamais, moi si, mais elle…

AUJOURD'HUI
« Je suis curieuse de savoir aussi. » Elle pencha la tête sur le côté, le fixant droit dans les yeux. Évidement que tu voulais savoir, toi et ta curiosité malsaine… Tu voulais tout savoir de moi. C'était pas comme ça que tu allais y arriver. Avec toi je pouvais esquiver. Tu n'étais pas encore au niveau de ta mère, crois moi. À elle, on ne pouvait rien cacher. J'avais peut-être plus peur de toi, mais au moins, il me restait encore des choses que tu n'avais pas réussi à me voler. Elle adressa un sourire qu'il ne sut interpréter à Nei – sans doute un truc de fille, ou un de leur code d'amies, il n'en savait rien – et reporta son attention sur Harley. Tu savais qu'elle ne l'aimait pas… Pas depuis qu'elle avait compris ce qu'il y avait eu entre vous. Elle faisait partis des rares à ne pas comprendre ça Aya. Elle faisait partis de ces gens sur Terre, comme sur l'Arche qui était récitent à comprendre les sentiments de certaines personnes. Elle s'était rapprochée de Nei pour se pencher vers son oreille. Sans doute lui chuchotait-elle ses propres idées, le tout agrémenté de quelques petits commentaires bien sales dont elle avait le secret.


LONG TIME AGO (sur l'Arche, harley 18 ans, varian 19 ans)
« C'pas une réponse claire ça. » Il bouillonnait littéralement, partagé entre l'envie de partir pour de bon en balançant une phrase classe (encore en cours de réflexion) et rester ici, et s'enfoncer, encore et encore. Ah, et il avait envie d'insulter ce pauvre garçon sans doute très gentil qu'il ne connaissait pas aussi. En réalité, tu aurais pu passer des heures à l'insulter, à le rebaisser, et à le pourrir lui. Mais le ton venait de monter, il avait enfin haussé le ton alors non, ce n'était peut-être pas le bon moment de… « Lui je l'emmerde. » Trop tard. « Et le gros con il t'emmerde aussi tient. Voilà. » Tu devais parler. Gentiment. Mais non, ça avait été plus fort que toi. Lui venait de se mettre en colère, et toi tu recommençais avec ce ton méprisant. Le tout sans pouvoir empêcher quelques larmes de rouler sur tes joues. « Pis merde tient.. si tu le prends comme ça... » Il se releva en essuyant d'un geste les larmes sur ses joues. « Visiblement t'en a rien à péter de nous… rien du tout !! J'me barre, voilà. Je me barre et puis… et puis... » J'étais un peu à court de mots. J'étais juste agacé, je balançais tous les premiers trucs qui me venais à l'esprit sans même réfléchir à leurs conséquences… « Bon sang, tout ça à cause de quoi, hein ? » D'une prise de bec de rien du tout, voilà à cause de quoi. Je me souviens même plus du sujet de notre discussion ce jour là ! « Putain. » Et il avait tourné les talons. Mais tu n'avais fais que trois pas, que déjà tu le regrettais. Tu avais atteinte sa porte de chambre que déjà tu sentais que c'était une énième connerie à ne pas faire. Tu avais posé ta main sur la poignée que les larmes t'avaient à nouveau échappé. La vérité était que tu refusais de le laisser partir. Tu ne voulais pas le voir avec quelqu'un d'autre, peu importe qui, tu ne le voulais pas. La jalousie te consumait littéralement rien que d'y penser. Tu n'avais jamais aimé à ce point Varian, et tu le savais très bien.

« J-je veux juste que tu m'aimes comme avant. » murmura t-il, la main toujours posée sur la poignée. Enfin, si m'as vraiment aimé, hein voisin ? Tu m'aimais vraiment ? Tu m'aimes toujours ?
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a million dreams are keeping me awake (harley)

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