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a million dreams are keeping me awake (harley)

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Harley Weise
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MessageSujet: Re: a million dreams are keeping me awake (harley) Lun 19 Mar - 23:06

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dans le présent.
Sa volaille sous le bras, Harley passa la porte et s'arrêta presque aussitôt en sentant trois paires d'yeux converger vers lui. C'était presque physique, ces regards lui intimaient de s'arrêter et l'empêchaient de franchir l'espèce de rempart qu'ils formaient. Les yeux rivés au sol, maintenant tant bien que mal son jeune poulet pour l'empêcher de s'échapper, il renifla en sentant son nez couler de manière alarmante. Nei allait rire si ton nez coulait, Harley. Elle allait sauter sur l'occasion pour te tourner en ridicule et se moquer, pour faire de toi le centre de l'attention plus que tu ne l'étais déjà... Mais Nei était à des kilomètres de ce genre de détails puisqu'elle avait trouvé un terrain de jeu bien plus amusant. « D-dans la neige… ? » marmonna-t-il à voix basse sans la regarder, complètement perdu. Pourquoi est-ce qu'elle voulait savoir ce que vous aviez fait dans la neige, Harley ? En quoi est-ce que ça pouvait l'intéresser et lui offrir du divertissement ? Il ne voyait pas. Elle rirait peut-être parce qu'il était mouillé et qu'il le resterait jusqu'à ce que ses vêtements aient la gentillesse de sécher… Mais ça ne méritait pas une moquerie collective… Pas pour Nei en tout cas. Alors pourquoi… ? Harley parvint à décoller ses yeux du sol pour glisser un coup d’œil perdu à son ancien voisin par-dessus le poulet agité. C'est quoi le piège, Varian ? Je dois dire quoi pour ne pas raconter de bêtise ? Je sais que tu seras encore fâché si je dis quelque chose de travers et que Nei et ta maîtresse sautent sur l'occasion pour s'en prendre à toi. Plus que perdu, il était même vaguement paniqué. Aya se lança dans le jeu elle aussi – Harley comprit parfaitement ce détail – pour interroger Varian. Le poulet roucoula bruyamment dans l'oreille de l'esclave, lui faisant perdre le fil de ses inquiétudes et de sa réflexion en cours. « O-o-on… j-jouait j-ju-juste... » bégaya-t-il finalement d'une voix aigue en serrant sa volaille contre lui de toutes ses forces.

dans le passé.
« Euh... » Harley se racla la gorge pour se reprendre et ne pas poursuivre d'une voix enrouée mais il se sentait comme à l'aube d'un oral, angoissé de ce qu'on penserait de ce qu'il dirait. Et pourtant, qu'est-ce que j'en avais à branler de ce que tu penserais, Standall ? Tu me voyais déjà comme le dernier des losers, sans doute bon à crever d'ici quelques années. Et Harley lui-même pouvait difficilement lui donner tort. « Non… Euh… J'aimerais… écrire des livres surtout… Et avoir un boulot à côté, peu importe quoi... » L'adolescent se sentit rougir devant une confession pareille, se demandant à quel moment balancer la vérité avait pu lui passer par l'esprit. Peut-être parce que je voulais t'impressionner bêtement, Standall, te prouver que je n'étais pas le dernier des idiots et que moi aussi, j'avais envie de faire des choses. C'était loupé avec sa fin de phrase foireuse mais tant pis, c'était trop tard. « Ah, euh… C'est intéressant… ! » Mylene n'en pensait pas un mot mais elle était prétendument sympa donc… « Bon, venez avec moi, je vais vous montrer votre première tâche du jour. Vous aurez la même chose à faire demain matin en arrivant tôt donc regardez bien. » Elle les conduisit dans une petite cabine à part et leur montra comment mettre en place les plateaux-repas des vieux avant de les planter là en leur donnant le nombre de repas à réaliser.

Harley se mit à la tache en silence, balançant X cuillères de ce vieux gruau recomposé qu'ils mangeaient tous sur Arcadia dans chaque assiette. Ce silence était trop lourd… Toi aussi tu pouvais le sentir, Standall ? Il flottait entre nous, étouffant et gênant, à des kilomètres de la sale ambiance qu'il y avait autrefois quand on se croisait. Là... C'était plein de non-dits, de gêne, de questionnements. Au bout de plusieurs longues minutes, Harley n'y tint plus. « Alors, euh… Tu veux travailler dans le médical ? » lança-t-il d'une voix qu'il voulait légère mais qui sonna juste bizarrement dans le silence de la pièce.

dans le présent.
Ils avaient joué dans la neige ? Nei cligna des yeux avec perplexité, se demandant s'il lui tendait une perche pareille aussi simplement ou s'il se fichait d'elle. Mais Harley ne se fichait jamais de moi, jamais. Il était parfois traversé de ces idées sournoises qui lui donnaient l'envie d'interpréter ses ordres en jouant sur les mots, mais jamais il ne se moquait ouvertement de moi. Il ne savait pas faire de sous-entendus ni jouer oralement sur les mots, et encore moins sur le moment. Chaque fois qu'il s'était payé ma tête en jouant avec les ordres, ça avait toujours été après de longues minutes de réflexion. Il était lent, mon Harley, il était attardé, comme un gamin dans un corps d'adulte, et c'était ça que j'adorais chez lui. Il devait penser à complètement autre chose avec le verbe jouer mais trop tard, Nei était sur le coup. Elle échangea un regard entendu avec sa copine avant de marcher droit vers Varian et se planter juste sous son nez. « Jouer ? Vraiment ? Et à quel genre de jeu ? » Harley ne saurait pas, c'est pour ça qu'elle s'adressait à l'autre avec un sourire mauvais sur les lèvres.

Je ne voulais pas qu'elle te frappe, Varian, ni qu'elle soit méchante avec toi. Je ne voulais pas que vous vous battiez parce que tu allais perdre et parce que je ne voulais pas que tu lui fasses du mal. J'avais besoin de Nei, tu sais Varian ? Et j'avais besoin de toi aussi. Droit comme un I, Harley regarda sa minuscule et jolie Nei se planter à quelques centimètres de Varian le géant pour le défier du regard. Qu'est-ce qu'il pouvait bien faire, Harley ? Il ne voulait pas de cette affreuse situation qui lui donnait l'impression de se déchirer en deux, d'être partagé, divisé, au sein d'une guerre qu'il ne contrôlait pas. Alors il lança le poulet.

Il lança simplement le poulet sur Varian et Nei, expédiant la volaille à l'attaque de ces deux êtres qu'il voyait comme ses ennemis à cet instant. Vous me faisiez mal, vous me déchiriez encore le cœur en me demandant d'imaginer des choses que je n'arrivais même pas à discerner. Je devais choisir un camp si vous vous battiez ? Je devais m'allier à Nei au risque que tu redeviennes méchant, Varian ? Ou je devais être ton plus fidèle ami en m'opposant à Nei et en sachant ce qui viendrait ensuite ? Mais… « Buuuh… ! » Ça, c'était le cri d'encouragement à l'attaque du poulet, pour soutenir le volatile comme il aurait encouragé un fier combattant dans un tournoi épique. L'animal voleta en piaillant pour rebondir sur Nei puis sur Varian avant de poursuivre bon gré mal gré sa route… et déposer une fiente sur le front d'Aya. « Oh... » Harley porta lentement ses mains à sa bouche en réalisant que s'il venait d'empêcher une guerre, il en avait probablement déclenché une autre.

dans le passé.
Mais putain, qu'est-ce que tu voulais que je fasse, connard ? Que je te saute dans les bras pour t'embrasser en te suppliant de me pardonner ? Que je me traîne à tes pieds en chouinant comme un morveux et en te priant de bien vouloir de moi, de ne pas me laisser parce que tu étais le centre de ma vie ? C'était ça que tu voulais, Standall ? Que je me mette à genoux en larmoyant et en te promettant toutes ces choses que je ne ferai pas ? Tu pouvais rêver. Mais il ne voulait pas qu'il parte, qu'il débarrasse le plancher pour de bon en le laissant seul dans cette piaule. Il ne le voulait surtout pas, même s'il continuait de prendre ce ton mauvais et blasé insupportable. Casse-toi, Standall. Ne me laisse pas. Barre-toi et fous-moi la paix mais s'il te plaît, ô s'il te plaît, comprends-moi, comprends que je te veux ici, avec moi, pour toujours. Harley l'entendit se lever dans un bruit de tissus et il serra les lèvres pour ne pas en perdre le contrôle. Pleurer, l'insulter, gémir… Dans le doute, il préférait encore rester silencieux. Tu partais, Standall ? Tu te cassais vraiment ? Tu ne pouvais pas… Non, tu... La bouche réduite à une mince ligne blanche, le jeune Weise s'appuya sur les yeux jusqu'à être à deux doigts d'un gémissement de douleur. Tu me demandais l'impossible, Standall. Te vouloir là, avec moi, à t'embrasser, à te dénuder, à te regarder, et souffrir à en chialer de tous ces bleus sur ma sale gueule. Tellement bien qu'il crut s'être imaginer son murmure à lui. « Ah oui ? » Sa voix était lasse maintenant, fatiguée. « S'il n'y a que ça… Embrasse-moi. »

Harley lâcha enfin son visage et contempla son voisin avec un air de défi. Viens, embrasse-moi, montre-moi que tu m'aimes. Viens, sans rien dire, sans rien inventer, juste vers moi. Prouve-moi que tu tiens à moi, que je compte pour ttoi. Fais tes preuves, enculé, et on en reparlera. Il ne tenait plus, épuisé par cette guéguerre aussi bête que difficile à supporter moralement. Viens avant que ça ne me tue.


Dernière édition par Harley Weise le Mar 20 Mar - 22:39, édité 1 fois
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Varian Standall
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MessageSujet: Re: a million dreams are keeping me awake (harley) Mar 20 Mar - 0:17


AUJOURD'HUI
Voilà. Ils jouaient. Et ce n'était même pas un mensonge, ou une manière d'esquiver la conversation c'était... une réponse honnête. Et pour une fois, je ne t'en voulais pas trop de lui répondre aussi franchement. Moi même je n'avais aucune idée de quoi répondre pour nous éviter ne scène. Quoi que tu répondes, quoi que je réponde, elles trouverons quelque chose. Ta Nei sait rebondir sur les mots, et Aya aussi. Et quand elle ne trouve pas, ses poings savent l'aider. On est perdant dans tous les cas. À la réponse de Harley Aya lui jeta un regard faussement agacé, levant les yeux au ciel. Et trente secondes plus tard Nei était sous son nez à lui. Tu sais, à une autre époque, je t'aurais fait ravaler ce sourire mauvais en un clin d’œil. Vraiment. Mais là... Là il restait droit comme un « i », à la regarder qu'à moitié, la tête penchée. Il retint un haussement d'épaule, conscient que Aya guettait le moindre faux pas pour sauter au secours de sa chère et tendre. « Des jeux... » Aya venait de se planter juste là, aux aguets. Et je n'avais pas pu retenir ce sourire, vraiment. Ce sourire qui en disait long, mais surtout un "va te faire cuire un œuf ma belle". En clair, ce que j'aurais aimé te balancer à la tronche, mais ce que ma bouche refusais de dire. « … de neige. » Et à ce moment là, un poulet arriva dans son champ de vision.


LONG TIME AGO (harley 15 ans, varian 16 ans, sur l'Arche)
Écrire des livres ? Il ne parvint pas réellement à cacher la surprise sur son visage, mais se reprit très vite. Il aimait lire, il le savait par le biais de sa sœur qui lui avait raconté ô combien Harley était un grand lecteur. C'était étrange mais... je ne t'imaginais pas du tout faire ça. Mais bon. Mylene débita la suite des consignes et il écouta en silence, acquiesçant de temps à autre.

Le silence se faisait un poil pesant – mais pas encore trop gênant à son goût – quand Harley décida de parler. Il leva à peine les yeux vers lui et haussa les épaules d'un air las. « Ouais. » Fais un effort. Pense à ta sœur, c'est... fais le pour elle, c'est son meilleur ami, et elle sera triste si tu continu d'être con avec lui. « Mais pas dans ce service. Je vise le sommet. » En toute simplicité. De toute façon, il savait déjà où il allait. Ce qu'il lui fallait pour y arriver (les fameuses bourses pour payer ses études) et où il allait terminer. Là-bas, avec ceux qui avaient une belle vie, qui vivaient bien. Fini la misère, la cabine trop étroite et surtout, pas de boulot de merde. « Ça ne devrait pas être trop compliqué... mais bon. » Tu étais trop sûr de toi, peut être trop jeune pour te rendre compte que non, tu n'étais pas parfait, et tu avais un tas de défauts comme tout le monde. Mais pour l'heure, tu y croyais. Et puis de toute façon, comment pouvais-tu savoir que tu n'aurais jamais l'occasion d'y arriver, au sommet ?


AUJOURD'HUI
Aya poussa un cri de surprise, Varian fit un grand geste pour dégager la volaille en liberté, poussant Nei au passage et la bestiole termina par déféquer sur le front de sa jeune maîtresse. Les yeux ronds, la bouche entrouverte tandis que le poulet continuait de pailler dans un coin, voletant par ci par là et semant ses plumes, il dévisageait Aya. Son visage était à deux doigts de se liquéfier quand il se fendit en un étrange sourire, retenant un fou rire subit. La tête d'Aya... valait presque tout l'or du monde sur le moment. Mais quand elle croisa son regard il se reprit immédiatement. Oh oh, on a fait sortir le diable de sa boite... « Va.Rian. » Il s'apprêta à lui sauter dessus pour lui essuyer le front, mais elle avait une tout autre idée. « Va. Chercher. le. poulet. » Que... Le poulet en question n'avait aucune envie de se faire attraper encore une fois dans la soirée, et encore moins de finir à la casserole. Mais tu n'avais pas le choix, c'était ça ou... Ou rien d'ailleurs. Tu allais chercher ce poulet qui poursuivais son petit bonhomme de chemin, paillant dans tous sens, affolé d'avoir été jeté comme un mal propre. La suite qui suivit... Lui sembla longue. Beaucoup, beaucoup trop longue. Et quand il termina enfin par lui attraper maladroitement une aile après s'être fais griffé le bout du nez par le volatile, il se sentit épuisé. « V-voilà... » Il le lui tendait du bout des bras, refusant que cette chose s'approche encore trop près de son visage. Sans trop savoir pourquoi, tu n'avais plus peur qu'elle ne te frappe, là, maintenant. À vrai dire, tu craignais plus pour la vie de ce poulet. Alors certes, il allait de toute façon finir mangé mais... Aya saisit le pauvre animal par le coup et pivota vers Harley, agitant le poulet sous son nez. « Excuse toi. » Et plus tu voyais sa colère monter, plus tu voyais ses petits doigts serrer le cou du poulet qui peinait encore à se débattre.


LONG TIME AGO (sur l'Arche, harley 18 ans, varian 19 ans)
« Je... » Sa main quitta la poignée de porte lentement. Retourne toi Varian, et soit courageux. Juste une fois dans ta vie, affronte tes soucis, fou toi un coup de pied aux fesses. Tu n'as pas envie de le perdre. Jamais. Il pivota lentement et croisa son regard, les yeux toujours brillants. Tu sais, j'aimerai te le dire, vraiment. Avoir le courage de te chuchoter que sans toi je ne ressens plus rien, que sans toi je n'en peut plus, que je craque, que j'ai besoin de toi. Voilà, tout simplement. Mais j'ai jamais été ce genre de mec tu vois, jamais... Pourtant, qu'est-ce que je rêve du jour où j'oserais enfin te dire tout ça. Cela faisait peut-être dix longues secondes qu'il était planté comme ça, sans dire dire, sans bouger. Il sentait ses larmes sécher sur ses joues, lui picotant légèrement la peau. Bordel... Et enfin, il bougea. Trois pas de géant plus tard il trouvait les lèvres de son voisin, l'écrasant à moitié sur son lit. Tu n'imagines pas comme... comme tes lèvres m'avaient manqué. Tu ne le sais pas, mais mon cœur est sur le point d'exploser là, je suis en train de trembler comme si c'était la première fois que je t'embrassais, comme si on avait jamais fais ça avant. Et je retrouve toutes ses sensations que je pensais ne pas retrouver un jour... Est-ce que je t'ai déjà embrassé comme ça avant ? Je ne crois pas non. « Tu... » J'avais un goût de sang dans ma bouche, ton sang. Varian se redressa légèrement, quittant ses lèvres l'espaces de quelques secondes. Il reprit son souffle, épuisé par le baiser qu'il venait de lui donner avant de replonger dans son cou. Je voulais t'embrasser encore et encore Harley. Voilà. J'arrivais à le penser à nouveau ce prénom. Je voulais user mes lèvres sur les tiennes, sentir ta langue glisser sur la mienne, passer une main dans ses cheveux que j'aimais tant et me sentir vivant tout contre toi. Je voulais être le premier, le seul et l'unique à tes yeux. Te faire oublier l'autre, tout balayer sur mon passage, et tout t'offrir. « Harley ? » Non, en fait, j'avais juste envie de sussurer ton prénom, comme ça, pour la première fois depuis un mois.
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Harley Weise
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MessageSujet: Re: a million dreams are keeping me awake (harley) Mar 20 Mar - 23:34

dans le présent.
Ce Varian… Nei le détestait. Je le haïssais du plus profond de mon cœur, ce sale chien. Il était arrivé un beau jour dans la vie de mon esclave et dans la mienne, et depuis, tout partait en couille. Il était perfide et mauvais, prêt à corrompre Harley en jouant sur ce passé commun dont je ne savais rien. Et ça l'énervait à Nei de ne rien savoir, ça la torturait parce qu'elle n'avait plus un contrôle parfait sur sa chose, son jouet, que Varian pouvait lui susurrer des mots à l'oreille qu'elle ne pourrait jamais démentir parce qu'elle ne savait pas. Voilà, elle ne savait pas, elle ne contrôlait pas, et elle haïssait cette sensation. Derrière son joli minois et son physique de poupée, Nei était une vipère à l'intelligence vive mais à l'ego froissé, et Harley lui donnait l'opportunité de réaffirmer chaque jour son ascendant, de montrer ce qu'elle valait, ce qu'elle pouvait dominer. Et quoi qu'on en dise, dominer Harley n'avait pas été si simple. Tu me volais ma victoire, vieux dégueulasse, tu m'arrachais à moi ma conquête, mon esclave, et j'allais te démolir pour ça... Mais alors qu'elle cherchait comment répondre à l'insolent, un poulet lui percuta lourdement le côté du visage, faisant craquer ses cervicales. « Put... » La fin du mot se perdit quand son regard croisa celui, catastrophé, de Harley, et son agacement se changea alors en fureur. Une fureur sourde, froide, maîtrisée, qui lui donnerait des ailes, elle le savait. Et c'était dirigé contre toi, Varian, parce que tout ce que j'imaginais, je venais d'en avoir la démonstration à l'instant. Jamais, jamais, Harley ne m'aurait lancé un poulet à la gueule si tu n'avais pas existé. Ce regard catastrophé qu'il baladait de toi à moi, c'était... Inadmissible.

Planté à côté de Nei, Harley observa le poulet déféquer sur le visage d'Aya et la tête qu'elle tira… Lui arracha un gloussement nerveux. La suite… Était tout aussi drôle. Voir Varian courir dans tous les sens pour rattraper le poulet était une scène tout bonnement à mourir de rire – dans sa tête – et il en oublia momentanément qu'il venait de faire une énorme bêtise. Plus tard, quand il repenserait à la scène, il en viendrait sans doute à se faire mal pour se punir d'avoir été aussi méchant et aussi bête, mais dans l'absolu… Il fit ce que tout enfant aurait fait à sa place : il rit avec bonne humeur, oubliant instantanément l'angoisse qui l'avait poussé à jeter le volatile à la tête de sa maîtresse. Juste à côté de lui, Nei resta de marbre, la bouche légèrement entrouverte mais les sourcils plissés froncés, à regarder elle aussi l'esclave pourchasser l'animal terrorisé. C'était trop drôle de voir l'immense corps de Varian se précipiter à la suite d'une chose aussi minuscule dans un nuage de plumes et de duvet. C'est ça, Harley ? C'était pour ça que tu riais ? Parce que c'était drôle ? Ça ne le serait bientôt plus sans doute.

dans le passé.
« … Ah. » Juste ah. Qu'est-ce qu'il pouvait bien dire, Harley, devant pareil discours ? Quelque part, ça ne m'étonnait même pas de toi, mais… C'était bien, juste bien. Tu allais réussir et te barrer de mon champ de vision, déguerpir de là, disparaître à jamais de ma vie en me laissant dans mon quotidien de merde, à bouffer de la merde et à vivre dans la merde. Tu vivrais chez les richous là-haut, les privilégiés, et tu me chierais à la gueule. Tu le faisais déjà… Mais peut-être que mon putain de cerveau demeuré pigerait que tu n'étais rien d'autre qu'un sale con, que je passerais à autre chose, que... Sauf que non, ça le rendait juste triste, à Harley. Bizarrement bouleux. « Cool pour toi, j'imagine... » La déception transparaissait tellement fort dans sa voix qu'il fit la première chose qui lui passait à l'esprit : il renversa par terre l'énorme baquet de nourriture immonde, répandant sur leurs chaussures la mixture granuleuse et blanchâtre.

dans le présent.
La chasse était fini, et le poulet avait perdu. L'éclat de rire, que Nei avait enfin remarqué, s'atténua quand l'autre esclave tendit le perdant à Aya et que celle-ci l'attrapa sans délicatesse par le cou. Le poulet… Il allait être triste le poulet, d'avoir perdu et d'avoir mal comme ça. Il avait été mon ami le poulet, parce qu'il dormait souvent juste à côté de ma couverture, de l'autre côté des planches... Ce poulet, Harley avait mangé en sa compagnie des dizaines de fois depuis qu'il était sorti de l’œuf et… Ça te faisait un gros pincement au cœur qu'Aya le tienne comme ça, comme une vulgaire chose sans importance. La scène marrante était finie. Ce poulet, Harley l'aurait tué à l'arrière de la maison et l'aurait plumé pour que Luna puisse le cuisiner… Mais ça aurait été lui le bourreau, comme un frère, comme une aide. Il avait choisi ce poulet parce qu'il l'aimait et qu'ils avaient partagé le froid pendant des semaines, et parce qu'il avait voulu abréger sa pauvre vie. En ami, Harley avait rêvé de l'aider et maintenant… Il allait avoir mal à cause de toi. C'est tout. L'animal hoqueta bizarrement en rythme avec le gros poing serré de l'autre moche amie-de-Nei qui lui ordonna de s'excuser. « E-euh... » Harley regarda par terre, les genoux rentrés et les doigts se grattant les petites peaux des ongles encore et encore, jusqu'au sang. Elle faisait mal au poulet, et elle était méchante avec Varian, et elle donnait des idées méchantes à Nei, et... « J-je… Pas e-en… P-pas env-envie... » « R-rou… R-rouh rouh... » fit tristement le petit poulet. Harley ferma les yeux en déglutissant péniblement et s'asséna deux grandes gifles simultanément sur chaque joue. « Arh... » Méchant Harley, tu étais bête de dire ça ! Tu n'avais pas le droit, tu devais pas... « N-non... » Non, il ne voulait pas s'excuser parce que… Parce que Varian était là, et qu'il ne voulait pas avoir à faire comme la dernière fois dans l'Ockefell. Il ne voulait pas que Varian le voit en train de ramper aux pieds d'inconnus en léchant des pieds et en…

Nei passa devant son amie et lui arracha le poulet des mains pour le tendre à Harley, folle de rage mais pleine d'une espèce de joie malsaine. Cette situation, elle la détestait autant qu'elle l'aimait… Limite si ça ne la faisait pas  mouiller. « Tue ce poulet, Harley. En lui faisant le plus mal possible. » Déjà. Si c'était lui ton problème, parce que tu t'y identifiais... « Ensuite… Aya te fera ce qu'elle voudra. Mal aussi j'espère. » Nei coula un regard vers Varian avant de marmonner des trucs à l'oreille de sa meilleure amie.

dans le passé.
Quelque part au fond de lui… Harley pensait qu'il partirait, le plantant comme un con sur son lit. Il ne l'espérait pas, mais il y croyait dur comme fer. Tu allais te barrer après ma belle phrase, comme autrefois quand je ne rêvais que de toi et que tu m'envoyais chier en boucle. Tu sais, je n'avas pas oublié cette période trop longue où je bandais dés que je te voyais, où je t'imaginai m'embrasser parce que ça me faisait du bien et parce que je n'attendais que ça. Je faisais des trucs très bêtes pour être avec toi et pour que tu m'aimes, et chaque fois tu me regardais comme une vieille merde étalée sur le sol. Qu'est-ce qui avait changé, Standall ? Pourquoi ce premier baiser t'avait ensuite poussé à me dire oui ? Pourquoi… Parfois, dans ses mauvais moments, il se disait que tout aurait été pour le mieux si son voisin lui avait foutu une tarte monumentale. Tu sais que ça faisait mal de te regarder en face sans savoir ce que tu allais faire ? D'avoir ce doute et cette peur qui me brûlaient le corps et que me donnaient envie de me cacher ? Oui, j'avais envie de me cacher dans mon placard, Standall, de disparaître pour ne plus jamais ressortir, ne plus jamais te voir. Si tu partais… Ce serait une deuxième perte et ça finirait mal. Je le savais ça, j'en étais sûr : ça finirait mal. Mais il ne partit pas.

Harley grogna de douleur quand son voisin l'écrasa à moitié sur le lit pour l'embrasser. Peu importe que tu me meurtrisses, que tu me fasses mal, c'était... Un sauvetage. Après deux brèves secondes d'hésitation, Harley lui rendit son baiser malgré ses dents douloureuses. « Varian. » chuchota-t-il en réponse avant de le pousser sur le lit à ses côtés pour l'écraser à moitié en l'enjambant. Je te voulais à moi pour toujours, Standall, à moi tout entier. Je voulais ton corps et tes lèvres, tes yeux, tes mains. Je voulais tes sentiments, tout ton esprit et toutes tes envies. Et puis je voulais ton amour, Standall. Je voulais que tu m'aimes passionnément, à la folie, sans plus réfléchir. Que tu m'insultes, que tu m'envoies me faire foutre… Non, je voulais qu'on soit un, ensemble, peu importe le reste. Les autres… C'était toi qui m'embrasais, Standall. C'était tes lèvres et ton corps qui savaient me toucher, me tuer. « Je… » Harley le repoussa, gardant son visage à quelques millimètres du sien. « Je te hais, enculé. » Tu me faisais mal tous les jours, Standall. Toi plus que les autres, tu comptais pour moi et chaque mot, chaque regard, étaient une torture.


Dernière édition par Harley Weise le Jeu 22 Mar - 18:43, édité 1 fois
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Varian Standall
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MessageSujet: Re: a million dreams are keeping me awake (harley) Mer 21 Mar - 15:17


AUJOURD'HUI
Soit pas bête Harley, et excuse toi. Je te promet qu'elle ne te le demandera pas vingt fois avant d'avoir une réponse satisfaisante de ta part. Varian le regardait, les yeux ronds alors qu'il lui répondait un non un peu hésitant. D'un geste rageur Aya s'essuya le front et lui jeta un regard encore plus mauvais. « Non ? » Elle pivota vers Varian, et sur le coup il eut très peur de se prendre un coup de volaille dans la figure. Que voulait-elle qu'il fasse ? Qu'il demande à Harley de s'excuser ? Elle allait passer ses nerfs sur lui et lui demander de s'excuser aussi ? Pitié Aya, dis ou fais quelque chose, ne me laisse pas comme ça, arrête de me regarder avec autant de haine... Ce fut l'autre timbré qui prit la relève pour refourguer le poulet à Harley et... « Avec plaisir. » Tu sais quoi Nei ? J'espère qu'un jour tu vas souffrir. Beaucoup. Et Aya aussi, mais moins, parce que si elle souffre trop, maman sera triste aussi. Mais toi... Le sourire de Aya s'étira au fur et à mesure que la vipère lui chuchotait ses trucs malsains au oreilles. Elle n'a pas besoin d'aide pour trouver comment faire mal, ce n'est jamais très élaboré, mais elle sait taper là où ça fait mal.  


LONG TIME AGO (harley 15 ans, varian 16 ans, sur l'Arche)
« Bah... » Bah quoi il n'en savait rien, il avait déjà oublié ce qu'il s'apprêtait à lui répondre pour combler un trou dans la conversation. Et c'est là que tu as – encore – tout fait foirer, hein Harley ? Bon sang, c'était quoi ton putain de soucis ? « Putain ! » Il leva une de ses chaussures – et éventuellement sa seule paire du moment – pleine de cette bouillie infâme et porta une main catastrophé à sa bouche. « T-tu... Tu l'as fais exprès c'pas possible d'être aussi con ! » Il regarda son pantalon lui aussi touché par la bouillie et manqua de tourner de l’œil. Sa petite amie se serait sans doute bien moqué de lui si elle avait été là. Outch, là, tu te sentais mal. C'était trop crade pour toi, et dans deux minutes tu allais faire ta précieuse et te mettre à chouiner si personne ne faisait rien. « Qu'est-ce qui se passe ici ?! » Sans doute alerté par les bruits et les cris de Varian, Mylene était revenue à la charge et écarquilla les yeux devant la scène qui s'offrait à elle. « Que... Vous n'avez rien ? » « Mes... mes... » Mes habits, mes chaussures, l'odeur, tout je... Il essayait de respirer doucement, de ne plus regarder le sol mais... « Nettoyez moi ça les garçons. Et vous irez vous changer après. » Argh. Non. Je peux pas. Sauf que Mylene n'avait pas trop l'air de plaisanter là.


AUJOURD'HUI
Vraiment Harley ? Tu refusais de t'excuser ? Heureusement pour toi ta maîtresse était pleine de bon sens, elle. La mine toujours renfrognée, les sourcils froncés Aya regarda Nei tendre le poulet à Harley et lui ordonner d'en finir. De toute façon, il est déjà à l'agonie...  Et toi Varian ? Pourquoi tu ne disais rien ? Tu te devais de me défendre ? Tu n'imagines pas à quel point j'avais envie de t'en mettre une. Mais j'avais une consigne, pas le visage, et de manière générale maman ne voulait plus que je te frappe. Elle avait besoin de toi en bon état tu vois. « Hé hé... » Le rire qu'elle laissa échapper aux mots de son amie le fit tressaillir. Toi tu savais déjà, tu me connaissais Varian. Je n'étais jamais très originale quand je voulais rire un peu. Mais au moins, tu devais avouer qu'après, j'étais détendue et je te foutais la paix pour la journée. « Tue ton poulet et je m'occupe de toi. » Je suis un peu jalouse Nei... Moi aussi j'en voulais un comme ça. Avant je m'amusais follement et puis, il y a eu ce jeu, celui de trop. Maman était triste, alors papa était fou de rage. Depuis je dois me limiter, mais tu sais ô combien c'est compliqué de se retenir autant, de tous les efforts que je fais pour ne pas craquer ? Mais là... Elle en avait besoin. C'était plus qu'un envie c'était un besoin. Frapper encore et encore, juste pour oublier son futur époux, Ael...  A ses yeux elle ne méritait ni la mort de l'un, ni les fiançailles avec cet homme qui a au moins le double de mon âge.


LONG TIME AGO (sur l'Arche, harley 18 ans, varian 19 ans)
Dis le encore une fois. Redis le Harley... Parce que j'aime entendre ce prénom dans ta bouche. Je sais que tu ne le chuchote qu'à certains moments, juste pour moi. Je veux que tu me le dise encore comme ça pendant des années. Parce que je veux rester cette année, celle qui suivra et toutes les autres avec toi, ne plus jamais m'éloigner de toi, tu comprends ça ? Harley l'entraîna à ses côtés et il se retrouva à capturer ses lèvres de nouveau. Encore, encore et encore. J'en veux encore et toujours, Harley. Si je le pouvais, je passerai ma vie à rester là, juste avec toi... Si je n'étais pas toujours en colère après ce que tu as fais, je te le dirais aussi. Je te le dirais, que je t'aime. Plus que n'importe qui sur cette Arche. Le visage à deux millimètres du sien, il attendait la suite et son visage s'illumina d'un léger sourire en l'entendant. « Ah ouais ? » C'est pas ce que me disait le reste de ton corps tu sais ? Mais admettons. Continue de me haïr, si tu hais comme ça, je suis prêt à l'endurer. Il passa une main sur la joue rougie de son voisin, y déposant un baiser, puis deux, puis trois sans trop pouvoir s'arrêter. Il ne l'avait pas raté ce type, vraiment pas. « T'veux que je m'occupe de ça ? » De ça, de ses blessures, des bleus qu'il avait un peu partout, de sa lèvre douloureuse, de tout le reste... Il effleura sa lèvre inférieur du bout des doigts. C'était plus fort que toi, il fallait toujours que tu veuilles recoller les morceaux. Tu revenais à la charge à chaque fois, parce que oui, toutes excuses étaient bonnes à prendre pour rester à ses côtés. Au fond, c'était peut-être ça que tu voulais vraiment. Avoir une vie trop simple avec une fille, n'importe laquelle, de cette Arche ne t'intéressais pas. Peut-être que tu étais tout simplement incapable d'avoir une histoire normale ? Il fallait toujours que tout soit compliqué, que tu avances sur un terrain miné. Le fait était que Varian ne pouvait pas se contenter d'aimer simplement.


Dernière édition par Varian Standall le Jeu 22 Mar - 19:41, édité 1 fois
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Harley Weise
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MessageSujet: Re: a million dreams are keeping me awake (harley) Jeu 22 Mar - 19:33

dans le présent.
Interdit, Harley regarda bêtement le poulet qu'on lui tendait en se demandant si ses oreilles avaient clairement discerné les bons mots. Il avait envie de croire qu'elles faisaient comme le reste de son corps et qu'elles aussi choisissaient de tomber en panne… Mais c'était probablement l'unique partie de lui à fonctionner au maximum de ses capacités. L'ordre de Nei s'imprima pour de bon dans son esprit et il laissa échapper un gémissement de détresse. Tu ne pouvais pas le tuer ce pauvre poulet, Harley, pas comme ça, pas sur l'ordre de votre maîtresse commune. Ce serait... Ce ne serait plus un cadeau comme lorsqu'il l'avait choisi pour hâter sa fin et lui épargner encore d'horribles jours dans le froid – encore que le poulet avait à manger en quantité, lui – mais un acte de lâcheté, de faiblesse, de… Ce serait le tuer pour que lui, Harley, n'ait pas mal et contente Nei. Le regard de l'esclave papillonna à droite et à gauche dans l'espoir de trouver une solution miracle, un moyen pour que tout le monde s'en sorte, lui y compris… Mais non Harley, tu avais encore perdu. Tu avais voulu jouer, résister, mais ce n'était pas les bons mots ni le bon moment. Il n'y avait plus de bon moment de toute façon parce qu'il était incapable de le discerner, de savoir quoi dire pour s'échapper d'une pirouette. Il cassa net le coup de l'animal. Mais tu avais entendu, Varian ? Tu avais entendu ce craquement horrible sous mes doigts ? Il n'avait pas du avoir trop mal mais... D'une main tremblante, il tendit lentement le petit corps plumeux à la tête de travers à Nei, effrayé par le silence de mort qui régnait dans la maison. Tu avais fait une bêtise, Harley. Nei, elle voulait du spectacle, du sang et de la violence. Elle voulait te voir faire mal au poulet, le torturer comme elle le faisait avec toi. La détresse dans ton regard, c'était ça qu'elle attendait… Et elle n'avait rien eu parce que tu avais offert une mort rapide au petit poulet.

Dans un réflexe tellement ancien qu'il n'aurait pas su lui-même d'où il venait, Harley faillit attraper la main de son voisin pour se rassurer. À l'instant où tes doigts touchaient les siens, tu as paniqué Harley. Tu as pris peur devant ce geste incontrôlé que tu n'avais jamais voulu mais qui t'aurait pourtant rassuré comme rien d'autre. À la place, il se cacha le visage de ses propres mains.

dans le passé.
Oui, il l'avait fait exprès. Plus ou moins. Sans le vouloir. Je ne sais pas, Standall, j'ai eu peur. J'ai eu peur de tes commentaires ou même d'avoir une conversation standard avec toi. J'ai eu peur que tu me poses des questions ou que tu m'insultes, ou que tu me dises encore une fois combien tu pouvais me détester, me trouver moche, con, inutile et stupide. Tu savais ce que ça faisait, de rêver tous les jours d'un autre quand celui-ci ne pouvait pas te voir en peinture ? Non, bien sûr que non tu ne savais pas. Tu étais avec ta salope blonde et parfaite, personne ne te cherchait des noises parce que tu étais le type parfait, lisse et sans saveur. Tu étais un parfait petit hypocrite menteur et tu te délectais dans ton propre mensonge. Et pendant ce temps-là, Standall, je mourrais de honte à penser à toi, à vouloir de toi, à rêver de toi. Je te détestais, d'accord ? Je te haïssais du plus profond de mon âme alors… Alors pourquoi…? Alors il avait renversé cette immonde mixture sur leurs chaussures, manquant de s'ébouillanter les pieds. C'était bête, c'était nul, mais au moins son voisin lui hurlait-il dessus à juste titre. « Merde… D-désolé, désolé ! » C'est ça, crie, sale chien. Chouine, chiale, insulte Harley Weise. Déteste-moi, dis-le moi, ça sera plus simple. Mylene fit irruption pour leur dire de nettoyer et Harley regarda le sol d'un air catastrophé : trente litres d'immondices continuaient de couler lentement à leurs pieds. « J-je vais nettoyer… Tu n'as qu'à… » Rien, il ne savait pas. Il se détestait lui-même de se sentir aussi gêné alors qu'il l'avait fait exprès, et il crut défaillir quand ses pieds le poussèrent à s'agenouiller dans la bouillie pour en remettre de grandes pelletées dans l'immense marmite. « J-je vais le faire… Je vais le faire... » continua-t-il de rabâcher non stop, rouge écrevisse. « Je suis désolé, je suis désolé... »

dans le présent.
« Tu n'as pas entendu ce que je t'avais dit, Harley ? » Nei détachait bien chaque mot avec soin, un bizarre petit sourire crispé sur les lèvres. « Tu n'avais pas compris ? » Si… Si, il avait compris. Il n'avait juste pas eu envie de faire mal au petit poulet devant Varian et… Non, Varian était une excuse… Je voulais juste pas faire mal au petit poulet… Et je voulais pas être méchant devant Varian parce que je voulais pas qu'il se fâche. Et... La maîtresse s'avança d'un pas et Harley recula par automatisme mais Nei restait sur son idée de base. « Aya va s'occuper de toi. Moi je veux la surprise et je veux que tu pleures. » Elle croisa les bras et son sourire se fit plus franc. Et moi j'avais peur parce que je connaissais pas Aya. C'était la maîtresse de Varian et l'amoureuse de Nei alors elle ne devait pas être gentille du tout… Peut-être même qu'elle jouait comme Nei, je savais pas...

dans le passé.
« Ouais. » J'étais sérieux, Standall. Je te détestais réellement. J'étais fou amoureux de toi mais ça ne changeait rien à notre relation profonde : on se détestait. Qu'on se fasse l'amour, qu'on s'aime tous les soirs… Je crois que quelque part, je continuerai à te haïr tout le reste de ma vie. Ce qu'on avait vécu avant… C'était trop ancré en moi, je crois. D'ailleurs, ce n'était pas pour rien qu'on se disputait autant, tu sais ? Je te détestais et je ne te laissais rien passé. Pas d'excuses, pas de remords, tu serais toujours le fautif. Mais peu importait tout ça, il ne pouvait vivre qu'avec Varian Standall dans les parages. Qu'ils s'aiment ou se haïssent, Harley avait besoin de lui pour se sentir réellement vivant. Il s'écarta de son amant pour s'effleurer le visage avec une grimace. « C'est si moche que ça ? » Tu parles, il ne t'avait pas loupé l'autre, à te frapper encore et encore pour être sûr de...
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Varian Standall
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MessageSujet: Re: a million dreams are keeping me awake (harley) Jeu 22 Mar - 21:05


AUJOURD'HUI
Varian resta là, un air interdit sur le visage. La suite, c'était quoi la suite ? Il allait le tuer son poulet ? Il allait le faire ou allait-il trouver une autre pirouette pour mettre encore plus d'ambiance dans la petite maison ? C'était un peu primaire et animal comme instinct, mais je voulais pas que Aya s'amuse avec toi. Je sais que ta maîtresse est horrible, sans doute plus qu'elle, je n'en sais rien, mais... Je sais pas. Même si elle ne fait que frapper, elle peut accompagner le tout de mot méchants, et vraiment blessants. « Ah bah voilà ! » Elle se frotta les mains en entendant le cou de l'animal se briser et Varian ferma les yeux dans le même temps, par réflexe. Aya souriait toujours, visiblement ravie de la petite scène, au contraire de son amie qui devait fulminer encore intérieurement. La torture des bêtes ça n'avait jamais été son truc, alors que Harley le fasse vite ou non... Elle s'en fichait. Comme si elle attendait une réaction de sa part elle leva les yeux vers son esclave. Quant à Varian... il avait du mal à savoir où poser le regard dans l'immédiat. Ses yeux faisaient la navette entre toutes les personnes présentes dans la pièce, sans savoir sur qui s'arrêter sans savoir comment réagir, ni quoi dire, quoi faire... Harley esquissa un geste avant de se planquer le visage entre ses mains et Varian baissa la tête pour de bon.   


LONG TIME AGO (harley 15 ans, varian 16 ans, sur l'Arche)
« Tu vas... » Oh que oui il allait nettoyer. C'était SA bêtise, donc SA responsabilité. Une des mains de Varian trouva un rebord de lit vide et il s'y cramponna comme si toutes ses forces s'apprêtaient à le quitter. Je vais vomir, pensa t-il alors, je vais vomir... « C'est ça ouais, t'es désolé ! » lâcha t-il dans un drôle de glapissement aigus. « Varian, toi aussi tu nettoie ! » ajouta Mylene qui passa sa tête dans l'encadrement de la porte avant de repartir aussi vite qu'elle était revenue. Il releva la marmite du bout des doigts, dégoûté, amère, agacé et poussa un gémissement écœuré. « C-c'est... aaargh. » Si tu savais à quel point je m'étais détesté de m'être montré aussi puéril et précieux devant toi voisin, si tu savais... Mais sur le coup je n'avais même pas eu la force de prendre sur moi. C'est bon, tu l'avais gagné ton espèce de jeu débile auquel tu jouais tout seul, j'étais hors de moi, et tu m'avais eu. Tu pouvais arrêter de déconner maintenant ?

« C'est terminé... » La voix presque tremblante Varian se releva refusant de regarder son propre bas du corps et ses mains, couvertes de... d'une chose que lui même ne pouvait pas qualifier. Je me sens si sale.... si sale ! Dans l'immédiat, il avait envie de prendre une douche. Puis la dure réalité le rattrapa : aujourd'hui était le jour sans eau pour se doucher dans leur quartier. Planté au milieu de la chambre attendant que Mylene veuille bien se pointer pour faire le bilan de la situation et les guider vers un potentiel vestiaire, Varian fusillait son voisin regard, s'étonnant de pouvoir encore innover dans sa gamme de regard mauvais.


AUJOURD'HUI
Pourquoi ne disait-il rien ? Pourquoi n'avait-il aucune réaction ? Pourquoi tu étais si terne par moment Varian, tu était agaçant, et ennuyant. Tu étais blasé de moi, de tout ça ? Ou alors tu jouais un rôle, tu prenais sur toi ? Tu sais, si je veux vraiment que demain tu te retrouves dehors et mal en point, il me suffirait de dire les bonnes choses à ma mère. Je sais exactement ce qui la ferait te détester. Du coin de l’œil elle le vit ouvrir la bouche, sans doute pour protester sur le sort de son ami – enfin ami... - mais elle se renfrogna très vite quand elle comprit qu'il ne dirait pas un mot. « Varian, tu restes avec Nei. Tu es gentil, poli, et tu ne la touche pas. Moi je vais m'amuser avec ça dehors. Et on va voir s'il ne s'excuse pas après. »

Ça. Ça. Elle avait dit "ça" en parlant de lui, d'une personne, d'un être humain, de... Vous n'étiez que des meubles, des animaux pour eux Varian. Des gens tombés du ciel qui n'avaient rien à faire sur leurs terres. Rien. Il ne voulait pas rester avec elle pendant qu'elle irait faire il ne savait trop quoi dehors avec Harley. D'ailleurs, c'était quoi son idée là, dans l'immédiat ? Elle allait le faire courir comme elle le faisait avec lui ? Parce que Harley n'allait pas pleurer pour ça. À moins que... « Je te parles, tu réponds. » « Oui, pardon... Oui je reste. » murmura t-il d'une voix à peine audible. « Et tu baisses pas le regard comme ça. Maman trouve ça impoli. » Ta tête s'était redressée d'un coup, comme celle d'un robot et tu avais plongé ton regard dans le sien. C'était sournois, de l'évoquer maintenant... « Je t'emprunte deux-trois trucs Nei, et je te promets qu'il va pleurer. » Tu ferais tout pour elle, hein Aya ? Jusqu'où tu irais pour ton amie si un jour elle se trouvait vraiment dans une situation délicate ? Jusqu'où tu irais pour elle ? Pourquoi tu attrapes des flèches tu... tu ne vas quand même pas lui tirer dessus ? Aya ? La jeune fille lui adressa un geste obscène et lui intima de rester auprès de Nei. Ah oui, c'est ça, tu veux juste reporter une de tes énièmes frustrations sur lui...


LONG TIME AGO (sur l'Arche, harley 18 ans, varian 19 ans)
« Hé bien... » Il fronça les sourcils, faisant mine d'examiner de nouveau son visage. « Disons que c'est pas terrible ouais... Du coup, tu permets ? » Il s'écarta doucement pour tendre le bras vers les cotons et désinfectants qu'il avait apporté tout à l'heure, et ouvrit la bouteille d'un air pensif. Je crois que j'avais arrêté de compter le nombre de fois où je m'étais retrouvé dans cette situation. Je me souviens, au début, je te boudais simplement parce que j'étais en colère que tu te sois encore foutu sur la gueule avec quelqu'un. Et puis un jour, dans un moment de faiblesse sans doute j'avais eu de la peine et je m'étais occupé de toi. Ça continuait de m'agacer de voir dans cet état mais... Il mouilla un bout de son coton et le leva vers son visage. «  Ça va un peu piquer, par contre. » chuchota t-il. Est-ce qu'il prenait soin de toi aussi comme ça l'autre con , est-ce que... Sa mâchoire se crispa légèrement. Arrête. Arrête d'y penser. Une fois les lèvres nettoyés – et désinfectées – il se recula légèrement. « Et ta mâchoire ? » Le nez légèrement retroussé – l'odeur du produit n'était pas très agréable -  il reposa le coton sale sur un coin du lit et en attrapa un nouveau. « Pitié, dis moi que tu n'as perdu aucune dent... » Tu vas me dire, je l'aurais peut-être senti en t'embrassant, mais javais les pensées tournées sur tout autre chose, donc...  
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Harley Weise
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MessageSujet: Re: a million dreams are keeping me awake (harley) Jeu 22 Mar - 22:12

dans le présent.
Ça sentit son cœur lui remonter dans la gorge lorsqu'il croisa le regard d'Aya, puis de Nei. Lui, l'objet, le moins-que-rien, avait peur de ce qui allait lui arriver parce qu'il le savait déjà. Oh certes, Harley ne savait pas quelles étaient les idées d'Aya, ni ce que Nei avaient pu lui murmurer à l'oreille, ni encore s'il s'en sortirait bien… Mais il savait qu'il allait avoir mal. Que ce soit son corps qui pleure ou son esprit qui hurle, l'esclave connaissait déjà la fin de sa journée : difficile. L'humiliation… Il en fallait beaucoup aujourd'hui pour qu'il la ressente, et elle avait dû inclure Varian, un vendeur et des spectateurs la dernière fois. Ou Kimi, toute seule, qui le regardait. Mais devant Nei, Harley n'avait plus aucune pudeur pour la simple et bonne raison qu'il ne se voyait plus lui-même comme un être humain. C'était comme ça, avec les maîtres : il n'était rien et ça lui allait très bien comme ça. Mais être rien, c'était aussi n'avoir aucune valeur humaine, recevoir autant de pitié qu'un vieil outil. Quand tu n'étais rien, on te frappait quand on était en colère, on te crachait dessus quand on était frustré, et on te tournait en ridicule lorsqu'on avait envie de rire. N'être rien, c'était ne pas avoir de sentiment, ne rien ressentir, ne pas souffrir quand on se moquait de toi… Alors peut-être que je n'étais pas rien finalement, qu'un peu de moi restait vivant... Sinon il n'aurait pas été si triste lorsqu'il décevait un homme.

Harley écarta légèrement deux doigts pour entrevoir le visage de Varian. Tu sais, je ne voulais pas que tu restes avec Nei. Si tu restais avec elle, elle allait être méchante avec toi et elle allait te faire mal. Désolé, je sais pas comment… Mais elle y arrivait toujours. Et Aya t'avait dit d'être poli alors tu ne pourrais rien dire… Mais tu n'aurais rien dit, on a pas le droit… Tu sais ? Penser à Varian, s'inquiéter de son sort, c'était ne pas paniquer pour ce qui allait lui arriver à lui. « J'va… Pl'rer... » Il n'avait pas le droit de pleurer de toute façon, c'était interdit. Pleurer, c'était s'attirer des ennuis, des réprimandes, des privation, juste histoire qu'il « pleure pour une bonne raison, et ça sera pire si tu continues ». Pleurer, les esclaves ici n'avaient pas le droit parce que c'était comme se plaindre. Et Harley ne se plaignait jamais. Sans rien rajouter et surtout sans un regard pour son ancien voisin, il suivit Aya dehors, raide comme la justice.

dans le passé.
Sauf que loin de l'amuser, la scène le rendait plutôt malade. Agenouillé dans de la bouffe dégueulasse aux pieds de Varian, à enfourner des kilos de substances visqueuses dans l'immense baquet, Harley bouillait intérieurement de colère. Contre lui-même. Pourquoi, mais POURQUOI, j'avais fait un truc aussi con ?! Merde quoi ! Non, il ne pouvait pas avoir des réactions sensées, normales et mesurées, et ce quelque soit la conversation. Et ensuite, c'était toujours pire. Parce que oui Standall, ce serait pire après aujourd'hui qu'avant, non ? Tu allais encore plus pouvoir hurler sur tous les toits combien j'étais con et combien tu me détestais, c'est ça ? « … Désolé... » redit-il encore en se maudissant intérieurement d'être aussi… « J-je… Je te laverai tes affaires, p-promis... » Non mais non, Harley, d'où tu sors des phrases pareilles ? C'était vrai ça, pourquoi est-ce qu'il s'obstinait à ce point… Parce que les phrases jaillissaient de sa bouche sans qu'il puisse les contrôler. Voilà pourquoi.

Mylene réapparut au moment où Varian foudroyait Harley du regard, celui-ci fixant ses ongles, tendu comme un ressort. « On a quelques affaires de rechange. C'est pas glorieux mais vous passerez la journée au sec au moins. Ne faites plus de choses comme ça, ça sera noté dans votre rapport de stage... » Elle tendit les habits à Harley. « Je vous laisse vous changer. » Elle referma la porte, les plantant là dans leur pièce toujours collante de nourriture séchée. « Euh... » D'un geste hésitant, Harley tendit une espèce de chose horrible, rose rayée, à son voisin et regarda à peu près partout sauf dans sa direction. « C'est, euh… Le seul des deux à ta taille... » Et pour le coup, il ne pouvait pas se dévouer pour le porter, ni lui filer le sien.

dans le présent.
Aya referma la porte d'entrée et avança dans la neige, Harley sur ses talons. « Euh… On v… On v-va ch-chasser… ? » Pourquoi est-ce qu'on allait chasser ? Le regard agrandi par la peur de l'esclave se posa sur les flèches qu'elle avait amené. Les flèches, c'était les flèches pour la chasse alors forcément, tu ne faisais pas trop le lien. On chassait le repas avec elles mais ça te paraissait vraiment bizarre de partir à la chasse avec elle, sans Nei, alors qu'elle devait te punir dans le jardin. Ou peut-être qu'elle voulait te prendre comme appât, ou… Vraiment perdu, Harley s'arrêta, son visage exprimant toute son incompréhension.

À l'intérieur, Nei se frotta les mains sans se départir de son sourire et s'approcha de Varian. « Elle te fait mal parfois, Aya ? Elle te fait quoi ? Raconte-moi, que je puisse le raconter à Harley ensuite. » Elle savait qu'ils entretenaient, ou avaient entretenu, quelque chose de fort. La jeune fille détestait ça d'ailleurs parce qu'elle voulait que Harley ne soit qu'à elle, et rien qu'à elle… Mais elle ne pouvait rien y faire. Harley, c'était le seul qui ne refusait jamais ma présence. Si je lui disais de sourire, il souriait, si je lui disais de me serrer contre lui, il le faisait, et si je lui demandais de m'embrasser, il s'exécutait, complètement effrayé. Je savais que ça le laissait perplexe et que ça lui faisait peur, je sentais son cœur battre très vite contre le mien… Mais c'était rigolo, et il m'obéissait toujours. Les vrais hommes, les vrais gens, ils n'étaient pas comme ça, eux. Ils étaient violents, méchants et dominateurs. Ils refusaient que je dise le fond de ma pensée parce que je n'étais pas une guerrière et que je n'étais pas grande et costaude. Harley ne me disait rien, lui. Même s'il était sale, même s'il était repoussant et qu'il lui soulevait le cœur, il lui obéissait au doigt et à l’œil, et ça lui plaisait. « Tiens oui, voilà ce qu'on va faire pendant qu'ils s'amusent dehors. » Nei s'assit près d'un mur et tapota le banc en bois massif juste à côté d'elle. « Assis-toi et dis-moi tout, Varian... » Ou je dirais à Aya que tu es méchant et mauvais serviteur. Ou… Ou je ferais du mal à Harley pour te blesser toi. Peu importe, Harley ne pleurerait pas, ne crierait pas, ne se plaindrait pas. Parce qu'elle le lui ordonnerait.

dans le passé.
Il se crispa automatiquement quand son voisin le toucha. Elle n'était jamais partie, cette vieille peur des gestes des autres, des mains qui se lèvent, des doigts qui s'approchent. Même Maman me faisait peur quand elle insistait pour réparer les dégâts qu'elle avait elle-même causés. Elle m'asseyait sur un de ses genoux pour me regarder à la lumière et tout nettoyer sans jamais s'arrêter de s'excuser. Elle disait beaucoup pardon, Maman, tu sais Varian ? Elle le disait à chaque fois, avec un air si triste que je m'en voulais d'avoir saigné. J'avais envie de tuer mon corps pour être aussi faible, se casser si facilement quand elle se fâchait. À cause de ça, elle était encore plus triste et tout était pire. Il ferma les yeux en essayant de repousser cette pointe d'angoisse dans son estomac et se donna contenance en ricanant. « Pff, tu me prends pour une tapette ou quoi ? Je m'en branle de si ça pique. » Ça sonnait un peu faux, d'autant qu'il n'était pas à l'aise de partager une scène aussi intime avec son voisin aussi peu de temps après s'être rabibochés. C'était le moment où il aurait préféré être seul dans sa chambre à méditer, pester, crier, hurler pour éliminer les tensions et les angoisses… Au lieu de quoi il se retrouvait à se contrôler comme il pouvait sous le nez de son copain.

Il effleura sa mâchoire avec délicatesse en grimaçant légèrement. « M'a pas raté, l'autre chien... » Il avait surtout l'impression qu'elle était dans du papier-bulle, genre plus vraiment là quoi que beaucoup trop douloureuse pour parvenir à se faire oublier. « J'suis pas sûr… De toute façon, une de plus, une de moins... » Il plaisantait à moitié pour détendre l'atmosphère – et se détendre lui – mais il n'était pas franchement sûr d'avoir ses dents bien entières… Je ne plaisantais pas au fond de moi avec ce genre de truc. J'avais une peur bleue de rester marqué pour de bon un jour, de garder une trace d'une dérouillée, de finir avec un œil de travers pour un coup pris, une dent visible démolie ou plusieurs, une grosse trace...
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Varian Standall
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MessageSujet: Re: a million dreams are keeping me awake (harley) Jeu 22 Mar - 23:02


AUJOURD'HUI
Cette fille c'était... Le diable en personne ? Peut-être. Ou en tout cas, quelque chose dans ce goût là. Mais ça, il s'en était rendu compte assez rapidement. Il y avait un mot pour les qualifier ces gens là : malade. Pas comme le petit Ari, lui... Lui c'était encore autre chose. Non, elle était malade de là-haut. Elle n'allait pas bien, il ne voyait pas comment cela pouvait en être autrement. L'Arche aussi avait engendré des gens odieux, mais ils avaient tous mal fini parce que la justice savait punir les gens mauvais. Mais ici ? Elle avait posé une question, et tu te devais de répondre, pourquoi tu hésitais encore. Quoi, ce n'était pas un cauchemar tout ça ? Il hocha vaguement de la tête, mais était bien conscient qu'elle attendait plus. Genre, des détails. Oh, ne me dis pas que toi aussi tu aime les questions, les longues discussions, les instants confessions... J'en avais assez avec Ada, cette femme connaissais presque toute ma vie aujourd'hui, sur le bout des doigts. Elle me connaissait presque comme si elle m'avait fait alors... Il posa ses fesses sur le banc qu'elle lui désigna et et fixa ses doigts d'un air absent. « Parfois. » Parfois, plus trop maintenant à vrai dire. Parfois elle me fait courir, parce que ça l'amuse beaucoup. Elle me jette des trucs, pour voir combien de temps je peux tenir. C'est parce qu'elle complexe de ne plus aller chasser ça. De rester à pêcher avec son père et son frère. Pardon, plus de frère maintenant. « Mais elle n'a plus le droit de me blesser. » Et ça, c'était de la faute de ton jeu stupide petite blonde. De ta faute. Bien sûr, elle ne t'en voulait pas, elle m'en voulait à moi. Mais elle ne pouvait plus me baffer et me demander de me battre contre elle, comme elle le faisait autrefois. De toute façon, je n'avais jamais osé, je terminais toujours le nez par terre. « Sinon Ada serait très en colère. » jugea t-il utile de préciser. Comme la dernière fois, où il avait passé la meilleure semaine de ses trois dernières années. Alors certes, Ael avait pris la relève de sa sœur, mais il avait toujours été moins brute.    


LONG TIME AGO (harley 15 ans, varian 16 ans, sur l'Arche)
« Même pas en rêve, tu touches pas à un seul de mes fringues toi. » C'était quoi encore cette proposition étrange là ? Varian regarda Mylene tendre des habits à Harley et s’éclipsa à nouveau. « Sur notre... rapport ? Tu vas... » me le payer. Oh que oui. Oh Harley je te promets que je vais... qu’est-ce que c’est que ça ? Il ouvrit des yeux ronds devant ce que lui tendait son voisin. Une chose mal cousue, et d'une couleur qui lui donna envie de se pendre pour de bon. « Oh non. » Évidement qu'ils n'allaient pas échanger. Il n'allait pas prendre la tenue de l'autre nain, du haut de son mètre trente... D'accord, il exagérait, mais le fait était qu'à ses yeux, Harley était petit. Voilà. Il lui arracha des mains d'un geste rageur et alla dans un coin de la pièce, un poil épargné par la bouillie. « Putain c'pas possible, je suis en plein cauchemar... » siffla t-il entre ses dents. Il se percha sur un lit pour retirer ses chaussures et ne pas toucher le sol contaminé. « 'tain, mais 'tain... » Sans cesser de jurer il déplia le formidable habit qu'on lui avait apporté. Bon, ben... quand faut y aller... Tu parles. Il leva les yeux au ciel, ôta son débardeur qu'il plia néanmoins avec précaution. « Tu comptes te changer aujourd'hui ou demain toi ? » Il enfila le haut avec une grimace. « Et tu peux te tourner, s'il te plaît ? » Déjà que je ne supportais pas être dans la même pièce que toi... J'étais pas quelqu'un de très pudique, mais tu me mettais tellement mal à l'aise, si tu savais.  


AUJOURD'HUI
Aya inspira une grande bouffée d'air frais, et remonta son col, boutonnant le dernier de ses boutons pour couvrir sa gorge. La luminosité était encore bonne pour elle, alors tout était parfait. Du bout d'une des flèches elle tapota le manteau de Harley en souriant, ayant hâte de découvrir son compagnon de jeu. « Bon, alors, c'est très simple. » Je ne fais pas dans la dentelle, jamais. « Varian a beaucoup d'endurance, on va voir su tu fais mieux que lui. » Peut-être ou peut-être pas, mais il est devenu bon avec le temps. « Tu vas courir, vite, et moi, je vais t'encourager.  Si tu sors du village, tu as perdu. Si tu te planques, tu as perdu. Je le dirais à Nei, et elle te punira encore plus. » Je connais mon village, tu dois le connaître par cœur aussi, on devrait bien s'amuser. Je te promet Harley qu'avec moi les parties de cache-cache sont vraiment rigolotes. Elle attrapa son arc, une première flèche et se mit en position. « J'te préviens, je cours vite aussi. » Elle lui fit un petit signe de la tête avant de poursuivre. « Je tire la première flèche dans huit secondes. » Huit c'était mon chiffre favoris. Je me demande si toi aussi te t’aplatis par terre dès qu'une flèche siffle près de ton oreille. Varian c'est ce qu'il fait. Je sais pas pourquoi, mais il s'étale par terre presque tout le temps.


LONG TIME AGO (sur l'Arche, harley 18 ans, varian 19 ans)
« Dis pas ça... » répondit-il en grimaçant, appuyant un nouveau coton au dessus d'un de ses sourcils. J'veux pas d'un copain édenté à l'âge de vingt ans, si possible. « Mais... » Il avait envie de rire et de pleurer à la fois. Drôle de sentiment, drôle de sensation. Il essuya rapidement ses yeux d'un geste de la main. « Mais tu sais que ça changeras rien, hein ? » poursuivit-il, un drôle de sourire sur le visage. Une dent en plus, une dent en moins, tu seras toujours mon Harley. Il pencha légèrement la tête sur le côté, les doigts un peu tremblants. Voilà, plus de sang séché sur la tronche... Pour le reste... Hé bien, tu allais devoir attendre pour que ça se soigne tout seul. « Mmh ? » J'avais envie de te dire des trucs des tonnes de trucs. Sérieux, pas sérieux, inutiles, niais, marrant, je sais pas, mais j'avais juste envie de te parler de tout et de rien. Quelque part j'avais l'impression que tu pouvais encore m'envoyer chier, que je venais de rêver ce rabibochage étrange... Il avait attrapé l'une de ses mains avant de se lancer dans une profonde contemplation de ses doigts, le visage un peu crispé. J'étais juste à fleur de peau je crois, ça ne me ressemblait pas mais... à vrai dire, tout ce que j'avais fais ces quatre dernières semaines ne me ressemblait pas. « Je... tu... tu peux me serrer contre toi Harley ? »
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MessageSujet: Re: a million dreams are keeping me awake (harley) Lun 26 Mar - 23:56

dans le présent.
Sans se départir de son sourire, Nei continua de fixer l'esclave avec avidité. Je voulais connaître tous tes secrets pour pouvoir m'en resservir sur Harley ensuite, Varian. Je voulais tout savoir de toi et de vous, de votre histoire et tout ce qui ne m'appartiendrait jamais. Harley était à moi aujourd'hui, entièrement et pour toujours, mais ses souvenirs ne m'appartenaient pas… C'était la seule chose qui me manquait. Mais toi, Varian ? Toi, tu étais une bombe à retardement, un danger qui finirait par m'exploser dans les doigts parce qu'il t'aimait. Mais Varian l'énervait beaucoup, au moins autant qu'il la fascinait. Il n'était pas stupide comme Harley et les échanges se transformaient rapidement en bataille navale : il fallait toucher l'adversaire sans savoir où se trouvaient ses points faibles. Il ne répondait pas à ses questions, ou justement avec trop d'application, trop précisément. Ce qu'elle ne demanderait pas, elle ne saurait pas. C'est ça, sale chien, amuse-toi... Mais elle gardait son meilleur atout : Harley. Quoi que… Il était capable de tout pour toi, je l'avais vu, mais toi… ? Qu'est-ce que tu ferais pour lui ? Te bougerais-tu seulement le cul pour lui sauver la mise ? Nei n'en avait aucune idée et ça la frustrait encore un peu plus. « Comment ? » insista-t-elle en souriant davantage et en se rapprochant de lui. « Comment est-ce qu'elle te faisait mal, Varian ? Et qu'est-ce que vous avez fait avec Harley aujourd'hui ? Ça ne t'ennuie pas de traîner avec lui pendant des heures ? » Harley n'était pas une chose pour Nei, pas vraiment : il était beaucoup plus.

dans le passé.
Harley sursauta quand son voisin lui arracha brutalement le pantalon des mains et prit sur lui pour ne pas reculer d'un pas. « Désolé... » redit-il une fois de plus comme si ce mot était le seul à appartenir à son vocabulaire désormais. Dans les faits, il était mortifié devant cette situation, mortifié de l'avoir causée volontairement, de filer un pantalon à rayures roses à Varian, de le fixer en train de se changer sans pouvoir cacher sa curiosité et… Putain mais pourquoi je te regardais virer ton pantalon crade avec ces yeux de chat potté là, hein ? J'aurais pu avoir envie de jouer à qui à la plus grosse – et j'aurais perdu – mais non, j'avais juste envie d'en voir plus chez toi, de voir ton dos, tes jambes et... Harley rougit violemment et les mots de son voisin lui firent l'effet d'une claque. « C'est bon... » siffla-t-il en dépliant le machin vert dont il avait hérité. Mais j'avais pas envie que tu me vois, toi. J'avais pas envie de virer mon sweat et mon jean trop larges qui me faisaient paraître plus grand. J'avais pas envie parce que je ressemblais à un putain de pré-ado mais qu'être là, dans la même pièce que toi... Il lui aurait bien fait l'amour, à son voisin, Harley. Dans sa tête, il l'aurait bien touché, avec tout le reste… Sauf que c'était totalement déplacé, horrible et tout ce qui allait avec. Il tourna le dos à Varian et se déshabilla en deux-deux, balançant ses fringues dégueulasses sur la table la plus proche pour se ruer sur le pantalon, dix fois trop long, et une espèce de chemise d'hôpital assez large pour en caser deux comme lui. « Euh… C'est bon… ? » marmonna-t-il d'une petite voix sans plus oser se retourner.

dans le présent.
S'ils allaient chasser… La maîtresse de Varian devait pas savoir que j'y voyais pas du tout la nuit, que les lumières n'étaient pas assez fortes et que je devais y aller à l'aveugle. Les maîtres m'envoyaient jamais dehors après le coucher du soleil, sauf autour de la maison parce que je la connaissais par cœur et que je pouvais marcher sans voir, par instinct. Mais dans la forêt pour chasser... Il était perplexe, Harley, mais ça ne dura pas longtemps. De l'endurance…? Pour chasser longtemps ? Mais ce n'était pas le problème… Il aurait pu demander pourquoi il devait courir vite (pour chasser…?) ou pourquoi il ne devait pas sortir du village (chasser dans le village…?), mais il saisit plutôt rapidement les tenants et les aboutissants des consignes. Nei jouait aussi à cache-cache et…

Harley détala sur le petit chemin, trébuchant à moitié dans la neige trop épaisse. Il faisait nuit dans cette partie du village. Pas nuit noire, pas encore, mais assez pour qu'il ne distingue plus que vaguement les formes de quelques arbres et de maisons. Une flèche siffla près de lui et il courut plus vite. Elle devait être très fâchée mais... Mais il allait perdre, parce qu'il ne savait pas où il allait ! Un autre truc lui effleura l'oreille gauche. Déconcentré, il percuta un mur en pierre avec un cri de douleur et de surprise avant de repartir plus lentement en se glissant entre deux maisons très proches l'une de l'autre. Pas le droit de se cacher, même dans le noir… Mais Aya devait te voir facilement Harley ! Il n'était pas si tard… Mais au cas où… « … S-suis l-là ! » glapit l'esclave en tremblant. Ce n'était pas de la provocation, il obéissait juste aux ordres, les yeux agrandis de terreur…

Dans la maison, Nei entoura les épaules de Varian de son bras. « Ils doivent bien jouer dehors… Si tu réponds vite et bien, on peut aller s'amuser aussi ? Harley doit s'excuser, mais en attendant... » Il devait avoir oublié maintenant de toute façon, trop occupé à courir au hasard.

dans le passé.
« Si tu le dis... » Moi, ça me changerait quelque chose d'être moche. Enfin, vraiment moche. Je ne supporterais pas d'être méconnaissable ou d'être défiguré, d'avoir un sourire démoli, de ne plus être moi. Je n'aime pas être comme là tout de suite, dégueulasse à voir, avec une gueule de taulard et des ecchymoses dans tous les sens. Et je n'aimerais pas que toi, tu perdes une dent ou autre chose. « Tu vas pas chialer, si ? » Ils n'étaient pas vraiment réconciliés ni rien et cette situation mettait Harley profondément mal à l'aise, le laissant incapable de savoir comment se comporter, quoi dire, s'il devait rester fâché ou non… Tu m'avais entendu au moins, Standall ? Sans doute que non, il restait là à observer l'une des mains de Harley, en silence. Arrête. Arrête ça, Standall. Tu savais que c'était de la torture, ce que tu faisais ? Du chantage ? J'avais envie de rester fâché encore un peu, de pouvoir garder ma liberté de râler et de te snober. Je ne voulais pas être aussi dépendant de toi et de l'effet que tu me faisais, et pourtant... Pourtant, il obtempéra en le serrant brièvement contre lui. Je voulais te serrer fort contre moi pour être sûr que tu sois avec moi pour toujours, Standall. Je voulais qu'on ne fasse qu'un, qu'on soit ensemble, à jamais… Mais tu sais, je crois que cette haine que j'avais longtemps eu pour toi… Je crois qu'elle brûle encore en moi. Je t'ai détesté pendant des années avant de te désirer, et te vouloir n'a pas changé ça. Nous ne sommes pas potes, Standall, ni ami, ni rien… Alors que sommes-nous ? « Tu le penses, Varian ? » Tu les penses, tous ces mots ? Et toutes ces critiques ? Et quand tu m'as dit de me casser et d'aller en sucer d'autres, tu le pensais aussi ? Sincèrement ?
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MessageSujet: Re: a million dreams are keeping me awake (harley) Mar 27 Mar - 19:41


AUJOURD'HUI
Il n'avait aucune envie de parler avec elle. Depuis qu'il était sur Terre, papoter, se dévoiler un peu n'avait plus le même sens qu'autrefois. Surtout en face d'elle. Quoi qu'elle fasse cette fille pas plus haute que trois pommes (mais elle, Aya, Ada... ça devait être un point commun des femmes fourbes de Missi) ne lui inspirait pas confiance et le mettait profondément mal à l'aise. La supporter tous les jours... ça devait être terrible. Elle insista, se rapprochant de lui - un peu trop à son goût mais ce n'était pas comme s'il pouvait y changer quelque chose. Comment elle me faisait mal ? Elle n'a jamais été très originale ta copine, et tu devrais le savoir non ? Je l'imagine tellement aller se vanter de m'avoir foutu par terre et tout un tas d'autre chose. « Avec des coups de pied, des coups de tête, des coups de poings, des coups de bâtons... » De grands classiques pour madame. Ta copine c'est une brute épaisse, elle tape avec tout ce qu'elle a sous la main parce que c'est comme ça qu'elle va mieux après. « Et les courses aussi. » Ça, c'était après son accident de chasse, Ael lui a donné l'idée et elle l'a trouvé brillante. Ce gars était un poison pour sa propre sœur très souvent. Bon sang, tu te souvenais encore de ta première rencontre avec eux... de toute évidence, tu n'étais pas l'esclave qu'ils attendaient tous à la maison. Et ça, tu l'avais très vite compris. Ael ne t'avais pas aimé par principe, et Aya avait décrété que tu étais une tête à claque, une véritable punching-ball vivant. Et ton enfer avait commencé. « Avec Harley... qu'est-ce qu'on a fait... » Ada avait horreur qu'il reprenne ses mot, et c'était sans doute pareille pour Nei. Combien de fois elle lui avait tapé sur les doigts en lui disant que répéter bêtement ne l'aiderait pas à gagner du temps pendant leurs discussions ? Lui qui avait tenté de fuir de nombreux sujets comme ça, il n'avait jamais rien pu lui cacher au final. « Je suis partis cueillir des fleurs parce qu'on me l'avait demandé. Et il m'a suivis, parce qu'on l'a mis dehors. Nous sommes sortis de Missi pour en trouver des belles pour faire plaisir à Aya et une chose en amenant une autre, nous avons fini par jouer avec la neige. » Bordel Varian... !Tu n'avais pas parlé aussi bien, aussi clairement et indistinctement avec cet air et ce ton guindé depuis... des lustres. Même Ada – et pourtant du faisait de gros efforts pour être bien avec elle – n'avait pas le droit à ce genre de discours bien ficelé. « Et, non, pour la dernière question. » Son regard s'échappa quelques secondes vers la porte, comme s'il espérait voir Aya rentrer, Harley derrière elle, essoufflé, mais toujours bien en vie et en un seul morceau.    


LONG TIME AGO (harley 15 ans, varian 16 ans, sur l'Arche)
Il était... ridicule. Varian Standall regarda ses jambes d'un air triste avant de jurer dans sa barbe. « Ouais ouais c’est bon ! » répondit-il agacé. Puuuutain. Il leva le regard vers son voisin et une partie de son chagrin sembla s'envoler presque aussitôt. « Bon, au moins... Je suis pas le seul à avoir l'air bête. » Mylene débarqua une fois de plus au bon moment pour embarquer leur affaires, leur promettant que demain tout serais comme neuf. « Il vous reste encore quelques heures, alors tâchez d'être sages tous les deux. Vous n'avez qu'à... » Elle regarda rapidement la salle qui méritait vraiment un grand nettoyage. Elle n'avait pas envie de leur donner une nouvelle tâche, ni de l'avoir dans les pattes, visiblement la gentillesse de Mylene ainsi que sa bonne humeur avait atteint ses limites pour aujourd'hui. « Lire. » Et elle referma la porte, les laissant planté là. « Elle déconne la blondasse ou... ? » Varian adressa un signe grossier à la porte qu'elle venait de refermer pour ponctuer le tout et retourna poser ses fesses sur l'un des lits de la chambre. « Bordel je veux rentrer. » Et m'envoyer ne l'air pour oublier cette journée de merde aussi. Bref, me changer les idées, et oublier que j'en ai pour une semaine à être avec toi.   


AUJOURD'HUI
Aya le regarda détaler avec un petit sourire satisfait sur le visage. Bon, même si la météo n'était pas très clémente aujourd'hui (trop de vent et de neige à son goût) cela ne faisait que rajouter un peu de challenge à son jeu. Et elle aimait ça, les défis, les obstacles à surmonter. Elle tira une première flèche, comme pour m'avertir qu'elle rentrait dans le jeu à sont tour, et la deuxième ne tarda pas à suivre, le raflant d'un peu trop près. Mais ne t'en fais pas, j'ai une vue excellente, et jamais je ne ferais perdre une oreille à l'esclave de Nei sans son accord. « Harley ? Harley ? » Si quelqu'un sortait à ce moment là de chez lui... Peu lui importait. Elle n'avait qu'à dire qu'elle redressais un esclave un peu trop rebelle et l'excuse irait à tout le monde. Tu m’appelais en plus de ça ? Varian ne le faisait jamais lui, il avait trop peur. « Trouvé... » chuchota t-elle. Elle venait de le voir, là, glissé entre deux maison bâtie trop près l'une de l'autre. Elle le visa quelques secondes avant de finalement rabaisser son arme. Pourquoi il t'aimait bien Varian ? Qu'est-ce qu'il te trouvait maintenant ? Tu n'avais rien d'un guerrier, rien d'un homme, rien de... rien. En fait tu n'étais pas grand chose. C'est parce que tu étais un raté comme lui ? C'est... Dans un élan soudain de colère elle se remit en position et décocha une nouvelle flèche qui traversa la capuche de l'esclave. Oui pourquoi, je comprends pas moi... tu as détraqué mon jouet. Elle s'était mise à courir en sa direction, avec l'envie subite de lui en coller une. « Trouvé ! » Elle avait un sourire d'enfant quand elle était vraiment contente Aya. Et là, elle était vraiment contente. En colère pour un tas de raison mais contente.

Bien jouer, bien jouer... Il avait envie de dégager son bras mais n'osa pas faire un seul geste. Ne me touche pas toi... j'ai pas envie. Il avait l'impression de s'être un peu ratatiné sur lui-même, comme si cela allait l'aider à s'éloigner du diable en personne. Il secoua la tête. Non il n'avait aucune envie d'aller dehors s'amuser avec Aya ET Nei à la fois.


LONG TIME AGO (sur l'Arche, harley 18 ans, varian 19 ans)
« Non voyons... » Enfin, si, là je me retiens mais c'est... enfin... C'est compliqué. Mais merde quoi, j'ai jamais autant pleuré de ma vie que ce dernier mois. Comment c'est possible ça ? Je pensais pas avoir autant de flotte en moi, crois moi. Harley le prit quelques instants dans ses bras. C'était ça que tu voulais, juste ça. Être avec lui. Pourquoi ? Tu te posais encore la question. Comment ? Comment tu faisais pour encore en vouloir ? Là aussi, vaste question, pas de réponses. Tu en avais aucune idée de pourquoi tu voulais tout ça Varian vraiment aucune. C'était juste quelque chose qui t'était tombée dessus un jour, et que tu n'avais pas pu ignorer voilà. « De ? » De quoi Harley, qu'est-ce que je pense ? « Que je serais toujours là ? » Bon sang, si je pouvais tomber amoureux de quelqu'un d'autre... Tu sais que je le ferais Harley ? Vraiment ? Juste pour que tout soit plus simple. Et je me forcerais à aimer la simplicité. Peut-être que j'y arriverais. « Oui. » Oui parce que quoi qu'il arrive, mes pensées retournent toujours vers toi, où que je sois, quoi que je fasse. C'est un fait. « Et l'autre jour je voulais pas dire tout ça... J'me suis énervé. » Un peu trop. C'était pas comme d'habitude. En temps normal je me contente de penser ces choses là, pas de les dire à voix haute. Et bordel qu'est-ce que je m'en mord les doigts. Je me le pardonnerais jamais je crois.
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MessageSujet: Re: a million dreams are keeping me awake (harley) Sam 31 Mar - 22:17

dans le présent.
Le sourire de Nei se faisait un peu plus crispé à chaque réponse de l'esclave. Si elle ne supportait parfois pas la connerie naïve de Harley, la mollesse de Varian doublée de cette agaçante manie de se moquer d'elle -parce que ça ne pouvait être que ça, hein ? – la mettait hors d'elle. Tu étais vraiment un petit chieur en fait, hein ? Sauf que tu n'étais qu'un esclave, Varian, rien qu'une petite chose inhumaine réduite à nous lécher les pieds. D'ailleurs tiens… Un jour tu viendrais lécher les miens. La jeune fille réprima une envie grandissante de le secouer dans toutes les sens. « Oui, ce que vous avez fait, Varian. » Malgré son impatience, elle garda une voix parfaitement maîtrisée. « D'accord. » Elle sourit de nouveau, cachant moins bien sa colère sous-jacente cette fois-ci. « Très bien. Il ne t'aurait jamais suivi de lui-même, il serait allé à la niche. » Pourquoi est-ce qu'il t'a suivi, sale moche ? Pourquoi a-t-il désobéi pour venir avec toi dans un endroit qui lui fait peur ? Pourquoi, pourquoi, pourquoi… Elle ne comprenait pas, ça la dépassait. Pour elle, Harley était son jouet et son esclave, une petite chose fragile et puante qui se devait d'exaucer le moindre de ces désirs. « Tu sais, Varian... » Nei l'attira contre lui et posa la joue sur son bras en fixant l'âtre de la cheminée, plus loin dans la pièce. « Je ne sais pas qui tu as connu avant, mais vous n'avez plus rien à faire ensemble maintenant. Je vous l'interdit. » Même si ça ne te dérange pas d'être en sa compagnie, gros dégueulasse. De toute façon, fais ce que tu veux, il est à moi. J'ai écrit mon nom dessus, pour toujours, et si je lui ordonne de te faire mal, il le fera sans broncher. Elle voulait s'en persuader, d'ailleurs elle le croyait plus ou moins, mais sa belle assurance se fendillait chaque jour un peu plus. « Bon, il fait trop froid dehors, on va rester là pour les attendre. Tiens, pose-moi une question. Celle que tu veux. »

dans le passé.
Même si son voisin avait terminé de se changer, Harley resta planté sur place, à regarder dans toutes les directions sauf la sienne. Son pantalon trop grand glissa sur ses hanches inexistantes et il le remonta avec impatience en rougissant, gardant chaque bord dans une main au cas où. Merveilleux, il était seul en compagnie de Standall, à se tenir le futal en attendant que les minutes s'égrènent. L'apparition brève de Mylene acheva de le déprimer. « Putain... » Il rit bêtement au geste grossier de son camarade avant de se reprendre et de s'asseoir lui aussi sur l'un des lits. Plusieurs heures. Mais qu'est-ce qu'ils allaient bien pouvoir foutre pendant des heures dans cette pièce vide ? « On n'a qu'à faire… Euh… Un action ou vérité ? » (#clindoeil) Harley regretta cette proposition débile à l'instant même où il l'énonça. « Euh… Voilà quoi... »

dans le présent.
Il n'entendait que sa propre respiration, sifflante et saccadée. Ouvrant de grands yeux dans l'espoir inutile de voir quelque chose, il guettait le moindre son autour de lui. Sauf que tu n'entendais que ton souffle et ton coeur, et le vent aussi. La maîtresse de Varian pouvait très bien sortir de nulle part, comme Nei le faisait quand ils jouaient à cache-cache... Accroupi dans la neige, il serra ses genoux contre lui et regarda à droite et à gauche. D'un côté, il voyait une tâche plus claire, de l'autre l'allée était plongée dans le noir. Il n'y avait peut-être rien, peut-être que tu te faisais juste des films tout seul Harley. Peut-être que tu t'inventais des bruits et des images, comme quand tu te cachais encore dans le placard… Tu te rappelais du placard secret, Harley ? Celui où tu te cachais de Maman quand elle était très fâchée ? Ce souvenir lui arracha une émotion inattendue. Il aurait bien eu besoin d'un placard ici aussi, un endroit où se cacher tout seul, invisible, imprenable. Il s'y serait blotti dans le noir, pour attendre et pour penser, sans maîtres, sans Luna et sans Varian-V. Il aurait eu le droit d'être seul dans ce placard parce que ça aurait été son royaume, et…

Une flèche siffla à quelques millimètres de lui et s'enfonça dans sa capuche, le tirant brutalement vers l'arrière. Il tomba à la renverse avec un cri de terreur qu'il regretta instantanément puis détala à quatre pattes en entendant la maîtresse de Varian crier. Elle venait, il entendait ses pas précipités dans la neige, juste derrière lui. Il la discernait à peine mais elle faisait du bruit. Il allait aussi vite que possible à quatre pattes dans la poudreuse, se brûlant ses mains nues dans le froid de la glace, se trempant un peu plus son pantalon. Elle allait t'attraper, Harley ! Elle allait t'attraper, et tu aurais perdu ! Et elle serait peut-être même fâchée d'avoir gagné aussi vite, et... Il cessa de raisonner, terrassé par une terreur indicible : celle de la proie traquée par un prédateur mortel. Il savait au fond de lui qu'elle n'avait pas le droit de le tuer mais là tout de suite, il l'avait oublié. Il avait peur, il galopait comme un dératé, comme un animal terrorisé comme une victime dans un de ces films d'horreur dont il s'était abreuvé sur l'Arche.

Il se jeta dans un buisson épineux qui bloquait le bout de l'étroite allée, sans même se poser de question, s'empêtra dans les branches et s'oublia en hurlant de nouveau, complètement paniqué. Il cria encore en sentant une branche aux épines acérées lui griffer la nuque, et encore quand une lui donna l'impression de s'enrouler autour de ses poignets. « AAAARH ! » Il était pris, comme un animal dans des pièges qu'il avait appris à tendre. Sans cesser de crier d'une voix suraiguë, il fondit en larmes. Tu n'avais jamais autant pleurer que depuis que Varian était revenu dans ta vie. Tu pleurais pour de vrai, parce que tu avais peur – pire même – et parce que ce n'était pas Nei en face. Nei, elle voulait pas que tu pleures, jamais. Mais Aya ? Pas pareil... Une ronce lui griffa la paupière et une épine s'enfonça sur l'arête de son nez. Il cessa de se débattre pour juste trembler de tous ses membres et pleurer de terreur.

dans le passé.
Non, pas ça. Ça… Ça, je n'en avais pas rien à foutre mais ce n'était pas ma question. Moi je voulais savoir si tu pensais tout ce que tu me disais, tous les jours. Si tu le pensais quand tu me faisais tes leçons de merde et quand tu me faisais des reproches. Si tu le pensais quand tu me regardais avec ces regards bizarres, un peu dépités, ou quand tu me disais d'arrêter. Si tu pensais chaque phrase que tu m'avais dite. Tu le pensais, ça, Standall ? « Cool. » Cool. Cool. Derrière son ton plat, il repoussa mollement son voisin et s'assit en tailleur sur son lit pour contempler ses ongles avec une fausse application. Il ne savait pas quoi faire maintenant, ou quoi dire… C'était… J'avais un peu l'impression d'être de retour au début de son relation, quand on n'osait rien, quand on se regardait en chiens de faïence à attendre que l'un des deux pose des limites ou s'autorise des gestes. « Pourquoi tu es sorti avec moi, Standall ? » Pourquoi tu m'as rendu ce baiser ? Pourquoi tu as accepté de coucher avec moi, puis de prolonger notre relation ? Harley se sentit légèrement rougir. « Tu me détestais. Moi, je… Enfin moi je ne rêvais que de toi mais… Enfin... » Je croyais tellement fort que c'était et ça resterait à sens unique… J'avais tenté ma chance juste comme ça, en cédant à une pulsion qui me harcelait depuis des mois.
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Varian Standall
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MessageSujet: Re: a million dreams are keeping me awake (harley) Dim 1 Avr - 12:50


AUJOURD'HUI
Il eut envie de répliquer qu'elle verrait avec Aya, qu'il n'avait pas à lui obéir à elle mais... De toute façon, cela reviendrait au même. Aya lui dirait de faire ce que la blondinette disait, point barre. Et la seule personne au-dessus de Aya était sa mère. Mais une mère qui voulait que sa fille soit heureuse, encore plus après la perte d'un être cher, et l'annonce de fiançailles qui n'arrangeait que les parents. Il se contenta alors de hocher la tête pour lui signifier qu'il avait plus ou moins compris le message. Mais tu savais que tu en serais incapable. Autrefois aussi les gens ne voulaient pas vous voir ensemble, mais vous étiez comme des aimants, à revenir toujours inlassablement l'un vers l'autre. Et maintenant qu'ils s'étaient dis « amis »... Il ne pouvait pas. Et puis, tu n'étais pas à l'abri d'un énième caprice des fille et de te retrouver une fois de plus en équipe avec lui pour tu ne savais quel jeu sordide. Ou alors, elle était sérieuse. Et juste mécontente de voir que Harley te suivait. Tu es jalouse Nei ? Il voulu se dégager avant de se rappeler que Aya lui avait dit d'être sage avec Nei. Il ne voulait pas l'avoir là, juste à ses côtés, il voulait l'envoyer paître comme il l'aurait fais autrefois avec une réplique cinglante et blessante. C'pas bien d'être jalouse. Je sais, c'est moi qui dis ça, mais crois moi, ça n'apporte rien de bon. Varian sentait son cœur s'emballer un peu plus à chaque minute qui passait. Aya ne voulait pas revenir maintenant ? Et le libérer de... ça ? Une question Varian, elle voulait que tu lui poses une question. Tu en avais des tas, des questions à lui poser ! À commencer par pourquoi elle était aussi méchante. Mais ça, c'était trop simple et puis, les gens méchants ne savaient jamais y répondre. « De quoi tu as le plus peur Nei ? » Crétin. Andouille ! C'est quoi cette question ! Triple idiot ! Mais c'était ça hein Varian ? Au fond tu te demandais ce qui pouvait faire peur à une fille pareille. Tu aimais bien savoir ce qui faisait peur aux gens, ça en disait toujours long sur eux.     


LONG TIME AGO (harley 15 ans, varian 16 ans, sur l'Arche)
Est-ce qu'il continuait de se moquer de lui ? Peut-être. « Pfft... » Il chercha des yeux les fameux livres que Mylene voulait qu'ils lisent pendant les heures restantes de leur pathétique journée. Mais rien que le titre lui donna envie de dormir. La lecture n'avait jamais été son fort, et ce n'était pas pour rien que les matières littéraires n'avaient jamais accueillis ses faveurs. Et puis, de toute façon, Cara bossait pour toi dans ces cas là. « Aller, si tu veux. » Il se retourna vers son voisin, qui semblait avoir du mal à maintenir son nouveau pantalon trop grand sur ses hanches, agacé mais curieux de voir ce que Harley Weise avait en stock. Franchement ? Me retrouver à avoir ce genre de discussion avec toi ? Je devais bien l'avouer, je ne m'y attendais pas. « Je choisis vérité. » Oui, parce qu'il n'osait pas imaginer ce que cette andouille pouvait lui demander de faire s'il avait opté pour l'autre option. Ce qu'il y avait de bien avec la « vérité » c' était qu'il pouvait broder autour, pas forcément mentir, mais ne pas tout dire non plus.    


AUJOURD'HUI
Que... Aya le regarda déraper et repartir de plus belle et elle croisa les bras, satisfaite de l'effet qu'elle venait de lui faire. Où tu cours comme ça... Je fais si peur que ça ? En soi, cela ne la dérangeait pas tellement. Varian prenait toujours trop sur lui, et planquait sa détresse et sa peur comme jamais. Et c'était ennuyeux. Alors que lui... C'était tout à fait autre chose, et c'était vingt fois mieux ! Aya ramassa l'une de ses flèches dans la neige et se mouilla les gants au passage. « Harleeeeey... » Bon sang, où... « Que... Harley ! » Elle arrêta de sautiller pour courir plus franchement vers l'esclave en mauvaise posture. « Rooh, non ! Non ! » Elle resta figé quelques secondes – de très longues secondes – à le regarder pleurer dans son buisson épineux et soupira. Moelle ment elle accrocha son arc à sa taille. « Ne bouge plus d'un pouce. » Il ne se débattait déjà plus, mais elle avait tout de même jugé utile de le préciser. Nei allait être vexé que tu te sois abîmé tout... Je n'étais pas en tort, hein ? Tu t'étais jeté dans ton buisson tout seul comme un grand. À l'aide d'une flèche elle écarta une petite branche juste pour mieux voir son visage. « Tu es tout moche. Comme Varian. » Moi je me fichais bien de la douleur, je souffrais au quotidien depuis des jours. Alors elle enfonça ses bras dans les branches pour le choper sans délicatesse par la tignasse. « Tu t'excuses pour tout à l'heure, et je te sors de là. »  


LONG TIME AGO (sur l'Arche, harley 18 ans, varian 19 ans)
« Cool ? Pourquoi tu réponds toujours des trucs comme ça... c'est déstabilisant. » Tu n'étais peut-être pas le mieux placé pour lui faire ce genre de remarque mais, tant pis. Et puis la suite continua de l'enfoncer. Comment tu voulais que je réponde à ça, hein ? Je n'avais moi-même pas de réponse claire à te fournir, vraiment. Oh, certes, si j'avais été ma sœur ou une autre de ses personnes follement mignonnes et romantiques je t'aurais sans doute balancé qu'on ne décidait pas de qui on tombait amoureux, que j'avais juste eu un coup de foudre, que sans crier garde j'étais tombé amoureux de toi. Mais franchement ? Tu voulais entendre ça Harley ? « Tu rêvais que de moi hein... » Il cherchait ses mots, comment bien tourner la chose. Parce que ce n'était pas ton cas, pas du tout. Oui, tu l'avais détesté. C'était allé un peu mieux quand vous aviez débuter votre petit deal ensemble mais... Tu avais toujours éprouvé un profond mépris pour lui. Tu n'avais jamais rêvé d'autre chose que de le voir disparaître de ta vie, ou, au mieux, de changer de section pour ne juste plus voir sa tête. Pas de fantasmes mal placés, pas d'envie soudaine d'une amitié avec Harley Weise. Peut-être que ces envies avaient toujours existé en tout sans que tu ne le saches. Peut-être. « Honnêtement ? Je n'en sais rien. Harley je... L'idée ne m'avait jamais traversé l'esprit avant que tu fasses le premier pas. Je sais pas, j'ai eu un déclic, mais pour rien au monde je ne retournerais en arrière pour effacer tout ça. » Je crois que je n'avais jamais été aussi honnête avec toi tient. Mais ce sont des choses qui en se décident pas, hein ? « On décide pas hein... toi non plus, avoue, si tu avais pu choisir, tu aurais choisis quelqu'un d'autre que moi. »
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MessageSujet: Re: a million dreams are keeping me awake (harley) Mar 3 Avr - 23:38

dans le présent.
Tu sais, j'allais tout faire pour te piéger, Varian. Tu me disais oui aujourd'hui, mais qui sait ce que tu ferais demain ? Harley t'aimait. Peut-être pas comme on avait envie d'être aimé, mais il t'aimait. Je l'avais vu dans son regard de benêt. Il te regardait comme il aurait pu me regarder moi, ou Papa. Il te regardait avec un mélange de crainte et de déférence qui m’écœurait au plus haut point. Alors oui, j'avais envie de jouer pour que tout rentre dans l'ordre. Le cerveau de la jeune femme tournait à folle allure. Elle pouvait donner des ordres contradictoires aux deux, ou leur interdire de se parler pour ensuite les envoyer en mission ensemble. Elle pouvait glisser plein d'idées à Harley, des idées qu'il n'aurait pas d'autre choix que d'exécuter, juste pour s'amuser. Elle pouvait lui demander de l'embrasser, de lui dire des choses ou de le frapper. Ou les trois à la fois. Elle se sentait pleine de pouvoir, Nei, maîtresse absolue de deux pauvres esclaves abrutis par des années de servitude. Ce n'était rien… Mais ça la faisait se sentir bien. Elle pouvait contrôler, et le contrôle, c'était justement que ce lui manquait le reste du temps. Elle n'était rien, pour personne, alors pouvoir juste un peu s'amuser avec deux vies…

Elle soupira avec un sourire en entendant la question de Varian. C'était petit de la jouer aussi sournoisement, Varian. Les esclaves n'avaient pas à se montrer mesquin comme ça, avec des questions aussi... Mais peu importe. Nei était une femme d'honneur, et elle répondrait avec honnêteté. « Voyons voir... » En fait, la question était bonne, assez pour qu'elle ait à se creuser la tête. Nei avait peur de plein de choses mais ce n'était pas ça que tu voulais, hein Varian ? Tu voulais ma vraie peur, la plus grande, celle qui serait une faiblesse. D'accord, dans notre petit jeu, toi aussi tu avais le droit d'avoir un atout. Sinon, elle avait l'avantage et ça perdait de son piquant. « Des sentiments. » J'avais peur de mes sentiments, parfois si mauvais qu'ils m'effrayaient, ou si tendres qu'ils me dégoûtaient. J'avais peur de cette jalousie maladive et de ce besoin de contrôle impérieux. J'avais peur d'être amoureuse de Harley, parce qu'il était le seul jusque là à avoir attiré mon attention. J'avais peur de tout ça parce que je ne contrôlais rien et que je n'avais pas mon mot à dire les concernant. Je ne choisissais rien lorsqu'il s'agissait de ressentir… Et ça Varian, je le détestais. La jeune fille papillonna involontairement des cils et inspira profondément. « Ok, à moi. » Elle fixa Varian en se caressant la joue, s'écartant de lui pour mieux l'observer. « Est-ce que tu as déjà couché avec Harley ? » C'était une obsession chez elle : Harley, son jouet, Harley, Varian, Harley, sa vie, Varian, son amant. Elle cachait ça derrière de petits jeux malsains et amusants mais c'était plus qu'un passe-temps.

dans le passé.
Action ou vérité. Pourquoi est-ce qu'il avait proposé un truc pareil ? Il n'aimait même pas ce jeu ! Ou plutôt, c'était celui qu'il proposait quand il s'amusait à humilier des idiots dans les couloirs ou à l'école. Il donnait les pires actions du monde puis faisait du chantage aux gogoles jusqu'à ce qu'ils s'exécutent. Ensuite il explosait de rire et se foutait de leurs gueules pendant des jours. En général, ça ne le faisait même pas vraiment rire mais c'était toujours mieux eux que lui. Et toi bien sûr, tu as accepté hein. Le seul moment où j'aurais adoré que tu te débines et où je n'en aurais même pas profité pour t'insulter, tu disais oui. « Ah, euh… D'accord. » Harley ne réussit pas à masquer son expression stupéfaite. « Vérité, bon... » Je n'avais pas de putain de question à te poser Standall, ou plutôt j'en avais beaucoup trop, que tu ne voudrais jamais entendre. « Est-ce que tu me détestes ? » La question lui avait brûlé les lèvres avant même qu'il ait eu le temps de sérieusement y réfléchir. L'adolescent se sentit rougir et se rongea les ongles en regardant avec attention un reste de bouillie recomposée sur le sol.

dans le présent.
Harley sursauta en distinguant une flèche s'approcher de son visage, puis se remit à pleurer en silence. Sa terreur ne l'avait pas quitté et son cœur continuait de tambouriner dans sa poitrine. Tout me disait de fuir, de tirer sur les piquants pour m'enfuir et pour courir encore, peu importe pour aller où. J'avais été bête en allant dans le buisson et maintenant j'avais perdu… Et Nei… Non, Aya… Elle allait être fâchée et méchante... Il renifla bruyamment et lâcha un gros sanglot bruyant en entendant sa voix. « … 'Don... » bredouilla-t-il pour s'excuser d'être laid. Mais son cœur… Son cœur allait exploser dans sa poitrine ou s'arrêter, il le sentait. S'il ne s'éloignait pas, s'il ne mettait pas vite fin à cette situation horrible, il allait mourir sur place, dans un gros boum de poitrine. Aya l'attrapa par les cheveux et il ferma les yeux, sans cesser de trembler. « E-e-euh… N-n-non... » J'avais pas envie de m'excuser parce que je savais pas pourquoi, et puis... Non, il ne savait plus mais il avait cette certitude qu'il n'avait pas envie de s'excuser.

dans le passé.
Harley détourna le regard d'un air irrité. Je te détestais quand tu commençais à rabâcher, à reprendre mes propres mots pour te défiler et ne plus avoir à me répondre. Généralement, tu réfléchissais à ce que tu allais dire parce que la vérité brute n'allait pas me plaire. Et alors quoi, tu avais peur de me vexer ? Que je te frappe peut-être ? Que je te hurle dessus ? Que je sois ce sale Harley Weise qu'on aimait tous blâmer et détester ? Ben vas-y, ne te gêne pas. Tu n'imagines pas la torture que ça a été de bander à la seule mention de ton nom puis de me manger tes regards pédants. De savoir que rien n'existera, et que j'étais trop con pour m'y résoudre. Vas-y, dis-me-le, je le sais déjà Standall. « Un déclic… Ouais voilà, un déclic... » Il connaissait déjà la réponse pourtant, il savait que ça n'avait pas été le coup de foudre, que Varian n'avait pas fantasmé sur lui pendant des mois. Il savait que leur relation avait été bancale, formelle, dans le cadre d'un business que Harley avait soigneusement monté. Harley rêvait beaucoup, et Varian s'appliquait à ne pas l'aimer. Et puis un jour, il avait craqué. Trop près de lui, au-dessus d'un livre de compte… Il s'était oublié et il l'avait embrassé. « Ben au moins maintenant, je sais ce que tu ferais si tu pouvais choisir : tout sauf moi, hein ? » glissa-t-il d'une voix amère en poursuivant l'observation de ses ongles abîmés. Moi… Moi, j'aurais aimé choisir quelqu'un d'autre. J'aurais aimé mais c'était déjà toi, depuis le début, Standall. C'était toi qui me faisait rêver, toi que j'imaginais, toi que j'avais choisi. Je n'ai pas eu ce loisir de m'imaginer autre chose avant, alors comment est-ce que je pourrais l'imaginer aujourd'hui ? J'ai baisé des filles avant toi mais c'était juste comme ça, je ne projetai rien sur elles. Ce n'était que physique, sans affection et sans amour. Pas plus de tendresse que celle que je voulais bien leur donner. Mais toi ? Non, je n'ai pas eu le choix et je n'ai jamais eu l'occasion de me construire un autre avenir rêvé. Mais tu sais quoi, Standall ? Ce mois-ci, avec Harry, j'ai pu voir ce que ça aurait pu être, ce autre chose. J'ai pu voir une autre relation qui m'allait bien… Mais ce n'était pas toi. « Non. Non, je n'aurais choisi personne d'autre, moi. » Il le pensait vraiment. Bien sûr, il aurait voulu que Varian ne soit pas le voisin d'en face, et qu'il ne soit pas un homme. Il aurait voulu qu'ils soient amis avant d'être amants, et qu'ils aient des tonnes de choses à partager. Il aurait voulu passer du temps avec lui et garder de bons souvenirs. Et puis être heureux aussi. Et complices. Et amoureux. Mais il n'imaginait pas vraiment choisir quelqu'un d'autre.
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MessageSujet: Re: a million dreams are keeping me awake (harley) Mer 4 Avr - 21:13


AUJOURD'HUI
Tu aurais bien aimé éclater de rire, vraiment. Le genre de rire pas sympa, qui faisait passer l'autre en face pour le dernier des idiots. Et c'est ce que tu aurais fais. Trois ans auparavant. Parce que avoir peur de ses sentiments tu aurais trouvé ça très con. Et tu ne te serais absolument pas gêné pour le lui dire. En fait, c'était presque aussi bête et simple que ta peur à toi. « Ah. » C'était plus un "ah" pour dire qu'il avait bien entendu qu'un "ah" de satisfaction. Ah d'accord, c'était noté. Quelque part. Dans un coin de sa tête. Mais qu'est-ce que tu pouvais en faire dans l'immédiat ? Rien. Ta place c'était aux pieds de cette fille, et nul part ailleurs. Mais elle avait répondu honnêtement – enfin, il en avait déduis cela – et c'était ce qui comptait. Tu étais plus honnête que ta pote Nei, enfin un point positif chez toi. Aya ne m'aurais jamais répondu honnêtement. Elle aurait balancé un truc faux, juste pour savoir si j'aurais eu le courage en suivant de m'en servir contre elle. Elle m'aurait sans douté balancé qu'elle avait peur des loups, ou  une bêtise dans ce genre. Mais bon, j'aurais su. Et toi Nei ? Tu allais me poser quoi comme question ? Qu'est-ce que les détails de ma vie pouvait te faire hein je n'étais ni plus, ni moins que l'esclave que tu n'aimais. Celui qui était là, en trop. Il était persuadé qu'elle le voyait comme ça. Elle ne l'aimait pas, et il ne fallait pas être un génie pour le comprendre. Où était le piège dans ta question Nei ? Tu attendais un mensonge de ma part ? Tu n'avais toujours pas compris depuis le temps ? Ou alors... tu ne voulais juste pas savoir ? Pas voir ? Faire comme ta copine et fermer les yeux parce que tu trouves ça malsain ? « Oui. » Et ? Et quoi ? Ça te pose un soucis ? Tant mieux si ça t'en pose un. Tant mieux si tu es jalouse ou je ne sais quoi Nei. De quoi, je sais pas, mais tant mieux. C'est ce genre de réaction qui me fait sentir un peu plus humain. On peut encore m'en vouloir pour quelque chose, on peut encore être jaloux de moi. Mais ça en pouvait pas être ça. Elle ne pouvait pas l'être, c'était trop grotesque. Parce qu'on parlait d'un garçon brisé, qui n'avait plus rien à voir avec celui avec qui il était sortit, celui qu'il avait haïs avant d'aimer.    


LONG TIME AGO (harley 15 ans, varian 16 ans, sur l'Arche)
Varian leva les sourcils, un peu étonné pour sa question. C'était quoi ça ? Il voulait la confirmation de quelque chose qui était pourtant évident ? « Le terme est un peu fort. On va dire que oui, je te déteste pour ce que tu as fais à Kimi. Mais je note une amélioration ces derniers temps, alors je vais juste me contenter que je ne t'aime pas. » Voilà, débrouille toi avec ça. Il y avait des nuances là-dedans, que beaucoup ne voyaient pas mais qui, pour Varian, était essentielles. Je peux te détester pour certaines choses, et juste fermer les yeux sur d'autres. Assit en tailleur sur le lit sans cesser de l'observer il reprit la parole : « A ton tour. » Franchement, si ma sœur était là... Elle serait en train de sauter au plafond, et il le savait. Parce qu'elle avait le cœur trop grand Kimi, elle voulait voir de l'amour et de l'amitié partout, même entre deux garçons qui n'avaient jamais su s'entendre. Alors les voir parler calmement sans insultes ni rien... Oui, elle serait sûrement aux anges.     


AUJOURD'HUI
« Non ? » Aya se recula quelques secondes et lui jeta un regard un peu offusqué. « Non Harley ? » Mais enfin ça ne se dit pas ça... Non. On ne me dit pas non. Elle arracha une petite épine planté dans sa manche du bout des doigts et fronça les sourcils. Pourquoi ne voulait-il pas ? Le faisait-il exprès ? Ou peut-être qu'il voulait jouer encore. « Bah tu vas rester ici encore quelques temps alors ! » s’exclama t-elle d'un ton un peu trop enjoué. Elle attrapa une grande pelletée de neige qu'elle lui lança dans la figure. « Et puis tu vas congeler ici jusqu'à que Nei vienne te chercher aussi, voilà ! Tu t'excuseras peut-être après ! » Elle se pencha un peu plus vers l'esclave, une de ses flèches dans la main et lui tapota le bout du nez. Tu avais du être beau, avant. Avant d'être tout sale, de sentir la mort et d'avoir cette tignasse sur la tête. J'en suis certaine. Je n'ai jamais été doué pour trouver les gens beaux ou attirant, mais en me forçant un peu... disons que je pouvais arriver à discerner quelque chose. Tu sais ce que tu étais pour moi Harley ? Comme le moche d'ailleurs... Le modèle de la déchéance. Ce que je en voulais pas devenir. Un échec ambulant. C'était ma grande angoisse ça, de ne plus avoir de contrôle du tout, et de sombrer aussi bas que vous. Mais tant que vous étiez là, toi, Varian, et tous les autres... J'étais bien. Elle lui enfonça une petite ronce dans la joue et resta là, accroupis devant l'esclave à le détailler un peu plus. Dans un geste de pure gaminerie elle se boucha le nez pour poursuivre son examen.   


LONG TIME AGO (sur l'Arche, harley 18 ans, varian 19 ans)
Aurait-il voulu qu'il lui mente ? De toute façon, il l'aurait su. Et Varian le savait. « Ah. » Et là, je devais dire quoi Harley ? J'y pouvais rien moi, rien du tout. J'y pouvais rien si j'avais pas su être ami avait tout ça, si j'avais pas su te sourire gentiment avant que tu ne fasses le premier pas et putain, je n'y pouvais rien si j'étais tombé amoureux de toi. Moi si, moi j'aurais choisis quelqu'un d'autre, vraiment. C'est horrible de penser ça mais... Je le pense. Aujourd'hui, pour rien au monde je mettrais fin à tout ce qu'on a vécu, mais si j'avais pu choisir avant que tout ça ne commence... Il quitta son voisin du regard pour l'imiter et se lancer dans une grand observation de ses mains. « Pardon Harley... Pardon de t'avoir t'avoir dis tout ça, d'avoir été un connard avant et je... » De ne pas être parfait pour toi et peut-être... de ne pas être une fille aussi, hein ? Avouons le, cela aurait été tellement plus simple si tu avais aimé les filles et moi si je m'étais cantonné à mes préférences habituelles. Il se frotta nerveusement les yeux, sans doute aussi pour empêcher ses larmes de revenir dans la foulée.
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Harley Weise
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MessageSujet: Re: a million dreams are keeping me awake (harley) Mer 4 Avr - 23:09

dans le présent.
Elle voulait connaître son ennemi, son adversaire. Elle voulait être sûre et certaine de ce qu'elle imaginait déjà, juste pour… Elle ignorait pourquoi. Bien sûr, Nei n'avait pas exactement conscience du pourquoi du comment elle détestait cet esclave, ni ce qui la poussait à vouloir en savoir toujours plus. Elle pensait le savoir, et c'était déjà bien assez comme ça. Demandez-lui si elle aimait Harley, elle vous aurait ri au visage avant de vous gifler. Bien sûr que non : on parlait d'un espèce de dégénéré à la neurone limitée, incapable de faire ses lacets ou de parler correctement. D'un garçon sale, réduit en esclavage, et inintéressant. Pourtant… Pourtant, c'était bien des sentiments qu'elle ne contrôlait pas qui la faisaient parler aujourd'hui. Vous aviez couché ensemble. Je ne sais même pas pourquoi ça me touchait autant puisque je le savais déjà… Mais tu sais quoi, Varian ? J'avais du mal à imaginer Harley te toucher, te chuchoter des mots doux et t'aimer. Je n'arrivais pas à concevoir qu'une telle chose puisse se produire et que tu l'ais accepté, ou qu'il y ait seulement pensé. Essaie de lui faire un sous-entendu aujourd'hui et regarde son visage, son expression. Elle aurait voulu lui foutre une claque, mais elle se contenta d'un grand sourire joyeux. « D'accord ! Hâte de pouvoir raconter cette petite conversation à Harley ! » Oh non, pas de suite… Elle saisirait un bon moment pour inventer des choses, modifier cette charmante discussion et rapporter des détils imaginaires à Harley. Lui dire combien Varian avait parlé en mal de lui, sous l'impulsion de l'honnêteté, combien il le détestait aujourd'hui, combien ça le répugnait de penser à avant… Et toi Harley, tu me croiras. Tu me croiras parce que tu crois la moindre de mes paroles. Je te vois d'ici me regarder avec ton éternel air de chien battu, les yeux vides, à remuer dans ta petite cervelle ce que je viendrais de te dire. Tu mettrais du temps à tout comprendre et tout analyser, à saisir qu'il te détestait… Ce serait bien drôle de te regarder réaliser lentement tout ça. « C'était ton tour de poser une question mais tu es trop lent. À mon tour du coup. » Pauvre cloche. « Qu'est-ce que tu changerais dans ton passé ? »

dans le passé.
Le visage de l'adolescent s'assombrit. Il s'attendait à cette réponse, ou plutôt non : il était surpris… et déçu. Si Varian l'avait clairement détesté et le lui avait dit, peut-être qu'il aurait enfin pu se faire une raison, renvoyer ses pulsions de là d'où elles venaient et passer à autre chose. Du moins, il l'avait espéré. Si, tu me détestais, Standall. Il ne pouvait pas en aller autrement, n'est-ce pas ? Toi, moi, on s'était toujours haï et ça serait comme ça pour toujours. Il n'y avait pas d'amélioration entre nous, pauvre con, juste moi et ma connerie qui ne faisaient pas bon ménage. Je perdais tous mes moyens dés que je te voyais et merde ! C'était plus fort que moi, mais je n'en voulais pas de tout ça. Je ne voulais pas avoir à me poser toutes ces questions, à me retourner l'esprit encore et encore, à lutter contre des envies qui me répugnaient, devoir… Non, je ne voulais pas. Il ne voulait pas se mettre face à lui-même et accepter de se regarder en face pour une fois. Admettre qu'il pouvait être… Non, il n'y avait rien à admettre. Rien le concernant. Et toutes ces choses par rapport à Standall, ça ne pouvait être qu'une dérive passagère, signe peut-être que sa vraie adolescence débarquait. Quant à Kimi… Il se mordit un ongle jusqu'au sang et sentit des larmes lui monter aux yeux. « Je… Enfin... » Ta gueule, Standall, ta gueule. « Arrête de parler de Kimi… S'il te plaît... » Sa propre voix fatiguée et triste le prit au dépourvu. Mais bon sang, tu savais combien je m'en voulais pour Kimi, Standall ? On m'avait dit que c'était de ma faute, que c'était moi qui avait causé tout ça chez elle. On m'avait accusé et j'avais fini par le croire. J'en étais intimement convaincu Standall, mais tu savais comment j'aimais cette fille ? J'en étais dingue. Et je lui avais fait du mal. Volontairement. Le jeune Weise inspira profondément et jeta un regard – qu'il voulait – agressif à son voisin. « Vérité. »

dans le présent.
Il ne savait même plus pourquoi il disait non. Refuser de s'excuser, c'était un peu bête dans cette position, mais il cette certitude absurde qu'il ne devait pas dire le petit mot magique. En parallèle, il mourrait de peur en regardant le visage de la maîtresse de Varian-V. Les non à répétition de la fille le poussèrent à secouer légèrement la tête pour confirmer. Moi j'avais peur de toi et en plus tu étais méchante… Même si je savais pas pourquoi. Il la fixa en silence, une nouvelle montée de larmes lui coulant sur ses joues sales. Et puis soudain, la neige. Ce n'était pas comme avec Varian plus tôt dans l'après-midi, ce n'était pas drôle. Non, ça faisait mal, cette neige qui s'écrasait fort sur le nez et les joues, et qui brûlait la peau. Harley serra les dents de toutes ses forces pour ne pas faire de bruit (parce que Nei serait fâchée sinon) mais un gémissement suraigu lui échappa.

Chaque fois que la flèche lui tapota le bout du nez, il sursauta, sentant les ronces s'enfoncer un peu plus dans sa peau. Il hocha la tête à toute allure mais elle se pencha devant lui, lui permettant de la voir un peu mieux. Elle lui enfonça une épine dans la joue avant de se boucher le nez. Et ça, ça faisait mal. C'était le genre de mesquinerie que Nei adorait aussi mais qui soulignait chaque fois combien tu étais tombé bas, Harley. Le Harley d'avant aurait détourné les yeux un long moment et t'aurait ignoré… Mais il aurait sans doute fini par te secouer dans tous les sens, par te frapper, te tabasser, te traîner sous la flotte. Il t'aurait hurlé dessus à s'en démolir la voix, et il aurait crié encore, et encore plus fort. Il t'aurait tapé à te tuer parce que tu étais tout ce qu'il haïssait dans le monde, et tout ce qu'il ne voulait surtout pas devenir. Et toi… Toi tu ne faisais rien à part baisser les yeux avec une horrible grimace de peur. T'étais moche, Harley, et sale, et bête.

Dans un nouvel élan soudain, il s'agita dans tous les sens pour essayer de se dégager, pour fuir, pour… Sauf qu'il était coincé là-dedans, comme une proie, comme lorsqu'il s'était réveillé chez les marchands d'esclaves, attaché comme un animal. « AAAAAAAAAAAAAAH ! » Sa voix s'érailla sur la fin mais c'était trop, il avait trop peur, il était à l'extrême limite de se faire dessus, de s'oublier encore et de tomber dans une énième panique complète. Il était coincé dans les fleurs, Harley, prisonnier avec une méchante maîtresse devant. Il avait mal un peu partout, et froid aussi, et très peur. « AAAAAAAAAAAHUUU ! » À droite, à gauche, il gesticula sans succès, griffant juste son manteau et son pantalon, et s'enfonçant encore plus dans les épines. « AAAAAAAAAAAAAARRRRRRRH ! » Est-ce qu'il allait exploser, ton coeur, Harley ? Est-ce qu'il allait te percer la poitrine et te tuer sur le coup ? Est-ce qu'il allait choisir d'enfin t'achever, dans d'horribles souffrances? Sauf qu'il ne voulait pas mourir de peur, ni mourir tout court. « Ghuhu… AAAARAAAARG ! » Entrecoupés de sanglot, il agita le bras et attrapa une branche pour la repousser, chouinant un peu plus en sentant des épines se planter dans ses doigts.

dans le passé.
« Ouais, c'est ça... » marmonna-t-il d'une drôle de voix pleine d'amertume, sans quitter ses doigts des yeux. Tu étais désolé… Moi aussi, j'étais désolé. J'étais désolé qu'on n'arrive pas à s'entendre, que je ne sois pas celui que tu voulais que je sois. J'étai désolé de savoir que tu aurais préféré n'importe qui sauf moi et que tu subissais cette relation parce que tu étais amoureux. J'étais plus que désolé d'apprendre que nous n'étions ensemble que parce que c'était arrivé, mais que ce n'était un choix ni pour toi, ni pour moi. Qu'est-ce qui nous restait à partager, Standall ? Juste des coucheries ? Des soirées de jambes en l'air ? J'étais fou de toi mais j'étais malheureux aussi. J'étais malheureux de notre relation, du peu que nous avions, et de tout ce que nous nous interdisions. Avant les autres, c'était nous-même qui nous rendions malheureux, Standall. On s'aimait physiquement, mais après ? Harley eut une espèce de petite rire amer. « Je n'ai pas envie d'être ce genre de mec. » Quel genre de type, il ne précisa pas mais c'était plutôt simple à deviner.
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Varian Standall
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MessageSujet: Re: a million dreams are keeping me awake (harley) Jeu 5 Avr - 17:47


AUJOURD'HUI
Qu'allait-elle lui raconter au juste ? Leur conversation n'était pas ce qu'on pouvait appeler très… palpitante en soi. Enfin, par pour son esclave, qu'allait-il en faire ? En plus, il les connaissait déjà les réponses, lui. Ou alors elle va juste lui dire n'importe quoi. C'est ce que ferais Aya pour se marrer un coup, et c'est sûrement ce qu'elle ferait elle parce qu'elle est mauvaise. Reste à savoir comment elle allait tourner ça. Ne sachant pas comment réagir il se contenta de hausser vaguement des épaules, sans dire un seul mot de plus. Elle attendait quelque chose mais… Ah. Qu'il pose une question à son tour. De toute façon, tu n'aurais jamais pris l’initiative de lui en poser une. Pas sans qu'elle ne te le demande avant. Tu aurais eu bien trop peur de te faire rembarrer. « Heu... » Un tas de choses. Vraiment. Je pourrais passer des heures à te dire tout ce que changerais. Et à quel niveau Nei ? Ici ? Sur l'Arche ? Parce que crois moi, ce n'était pas la même chose. Je sais pas moi ce que je choisirais de changer en premier, j'en sais rien ! Il y a tellement de petites choses, de petits événements qui ont fait qu'aujourd'hui… Il passa une main dans ces cheveux, sans cesser de réfléchir. Vite, vite une réponse. Quelque chose pour Nei avant qu'elle ne s'impatiente. Il avait cet air beaucoup trop sérieux sur le visage, les sourcils légèrement froncés, concentré comme jamais. Et puis, la réponse a fini par venir. Tu n'avais aucune idée de ce qu'elle allait en fabriquer mais... Enfin, des réponses il y en avait des centaines, mais  celle ci lui convenait. « Les vols et la revente de médicaments, tout ça, ce petit marché illégal sur l'Arche. Je dirais non. » Pas de deal, pas d’arrestation. Pas d'arrestation, pas de venue sur Terre. Et ni toi, ni moi ne serions ici. Peut-être que tu n'aurais pas osé faire le premier pas, c'est vrai. Mais autrefois, j'aimais croire que, quoi qu'il se passe, nous aurions terminé ensemble, trafique ou pas. Il se serait passé quoi dans l'hypothèse où rien de tout ça ne serait arrivé, hein ? J'aurais pu lui répondre aussi que j'aurais évincé Eliza avant qu'elle ne me condamne, c'était une possibilité. Mais c'était nier aussi l'origine de tous mes problèmes. « Et toi ? » Il s'en voulu presque aussitôt de lui renvoyer l'ascenseur, il n'avait aucune idée de si al question avait du sens pour elle. Mais tous le monde voulait toujours changer quelque chose à son passé, toujours. Ada regrettait de ne pas avoir épousé un homme dont elle était amoureuse, combien de fois lui avait-elle dit, comme ça, d'un air un peu triste, Aya voulait que son frère revienne et ne jamais être marié...    


LONG TIME AGO (harley 15 ans, varian 16 ans, sur l'Arche)
Ah, tout de suite ça fait moins le malin quand on se retrouve face à ses propres conneries hein ? Tu sais quoi Harley ? Je l'espère bien que tu te sens un peu mal, et que tu regrettes. Ma sœur ne t'avais rien fais. Si c'était moi ton plus grand soucis, pourquoi tu ne m'a pas ciblé directement ? « C'est ça... » murmura t-il à voix basse. S'il te plaît... Pfft. Harley relança le jeu sans cesser de se manger les ongles. « Ah ! Alors alors... » Vérité... Que pouvait-il bien lui demander ? Tu avais un tas de questions, mais elles étaient toutes blessantes et méchantes. Et ce n'était peut-être pas le bon moment. Il avait gaffé tout à l'heure mais... Il n'avait pas été particulièrement insultant. Alors tu voulais bien faire un effort, et jouer le jeu, ne pas être méchant. « C'quoi dont tu as le plus peur ici, sur l'Arche ? » En fait ce n'était pas vraiment une question anodine. Il n'aimait pas ce jeu, Varian, mais à chaque fois qu'il y avait joué elle était sa question maîtresse. C'était toujours intéressant de connaître la réponse. Il avait toujours trouvé que ça en disait long sur les gens. Il y avait ceux avec les réponses un peu flou, du genre "oh moi, j'ai peur du vide" ou "j'ai peur de mourir" et ceux qui répondaient plutôt "manque de nourriture", "panne d'oxygène sur l'Arche" ou des choses dans ce genre. Et toi, monsieur je me fou de tout, tu as peur d'un truc ? Moi je me demande, qu’est-ce qui fait peur à un garçon comme Harley Weise.      


AUJOURD'HUI
Harley s'agita d'un coup et Aya, surprise, fit un bond en arrière. Que... que faisait-il ? Encore ? Elle le regarda s'agiter, hurler, les mains plaquées sur les oreilles. D'abord la bouche légèrement entrouverte – surprise – puis avec un léger sourire amusé. Il ressemblait un peu à un animal comme ça. Le genre pris au piège, comme ceux que son père faisait autrefois avant de changer d'activité. Pleurait-il vraiment ? Il va vraiment s’abîmer, pensa  t-elle alors. Et Nei risque d'être un peu triste de le voir revenir comme ça... « Arrête ça ! Ferme la ! » Les mains toujours plaquées sur ses oreilles – au cas où les cris reprennent – elle shoota dans la neige pour lui en envoyer de nouveau dans la figure. « Tais toi ! Tais toi ! » Pendant quelques secondes, Aya se demanda comment faisait sa mère. Dans une pareille situation, elle l'aurait probablement sortit de là avec toute la douceur et l'amour dont une mère était capable. Oh, elle l'aurait grondé, mais plus tard, une fois au sec, propre et habillé correctement. Elle... Elle n'avait aucune envie de l'aider à se sortir de là, aucune envie d'être un peu gentille. « Sors toi de là. Fais des gestes lents. Idiot. » Et moi je regarde. Parce que tu es vraiment très marrant en fait,  je comprends l’intérêt de Nei pour toi. Je devrais essayer de jeter Varian dans un buisson avec pleins d'épines un jour... S'il ne se blesse pas au visage maman n'en saura rien. « Mais d'abord, tu t'excuses pour avoir lancé le poulet. » Sinon je t'enfonce moi même un peu plus dans les ronces.   


LONG TIME AGO (sur l'Arche, harley 18 ans, varian 19 ans)
Il ne voulait pas le voir partir, et lui non plus. Voilà, c'était leur point commun. Et pourtant... pourtant il avait cette désagréable sensation d'être revenu à la case départ, la case ou il pouvait encore faire demi-tour, changer d'avis et se sauver. « Ce genre de mec ? » Tu ne comprenais pas ou tu ne voulais pas comprendre, peu importe. Tu continuais de t'accrocher malgré tout ça. Tu continuais de ne vouloir que lui, même après ces longues journée à méditer ce qu'aurait pu être ta vie sans lui. Une vie tranquille sans aucun doute. Mais c'était avant tout parce que tu pensais que tout irait bien. Que de toute façon, les problèmes finissaient toujours par se régler. Tu n'avais pas encore vingt ans que tu te foutais pas mal de t'accrocher à lui, de te cantonner rien qu'à une seule personne. Il ramena ses jambes contre lui et posa son menton sur ces genoux d'un air légèrement pensif. Tu pouvais le blâmer pour tout un tas de chose Harley, mais je pouvais en faire de même. Je pouvais te blâmer encore et encore d'avoir capturé mon cœur, comme ça, presque d'un claquement de doigt. Je pouvais te blâmer de toujours dire ou faire ce petit quelque chose qui l'empêchait d'être libre à nouveau. Même quand j'étais en colère contre toi, fâché comme jamais je... je trouvais toujours quelque chose. Je voyais toujours quelque chose chez toi qui me faisait me sentir vivant, quelque chose que je ne voulais quitter sous aucun prétexte.  
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Harley Weise
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MessageSujet: Re: a million dreams are keeping me awake (harley) Jeu 5 Avr - 22:12

dans le passé.
Nei haussa légèrement les sourcils et observa l'esclave avec curiosité. C'était quoi, cette histoire ? Tu parlais trop, Varian, j'apprenais enfin des choses nouvelles... Dans l'absolu, elle avait compris chacun des mots de la phrase du garçon, mais elle avait du mal à les mettre bout à bout. Ou plutôt, elle avait du mal à concevoir qu'il ait pu faire ce genre de chose. Que Varian ait eu une vie réelle, une vie vraiment à lui, avant d'arriver sur Terre était évident, mais ce n'était pas pour autant que Nei y pensait. Elle le savait, sans pouvoir coller des images là-dessus. « Petit fourbe, c'est nul de retourner bêtement la question. Je me casserais de ce village bien plus tôt. » Elle serait partie dés qu'elle aurait eu su se débrouiller toute seule, pour ne pas avoir à vivre selon toutes ces règles qu'elle n'aimait pas. Elle n'aimait pas être une femme, elle n'aimait pas être petite et mince, et elle n'avait aucune envie de se retrouver un jour mariée à elle ne savait qui, juste histoire de porter ses gosses. Nei n'était pas réellement une guerrière mais elle n'avait pas non plus l'objectif de pondre des mioches à tire-larigot. « À mon tour. Parle-moi de ce trafic de médicament : comment et pourquoi… Harley savait que tu faisais ce genre de truc abject ? » C'était de la vraie curiosité cette fois-ci. Enfin même si Harley avait su, il n'avait pas dû y piper grand-chose, mais elle voulait savoir. La vie sur l'Arche l'intriguait au moins autant que le mode de vie de ces gens étranges. Elle en avait un peu peur, Nei, parce qu'elle ne savait rien d'eux. Du moins rie de plus que ce que Harley lui avait déjà raconté, et comme ses propos n'étaient pas des plus clairs…

dans le passé.
Harley regrettait d'avoir lancé ce jeu stupide. Il l'avait fait comme ça, sans réfléchir, mais il détestait parler de lui ou se dévoiler, et encore plus quand c'était auprès de Varian. Comment pouvais-je te dire la vérité, Standall ? Je n'aurais jamais choisi action par principe, et par peur de ce que tu aurais pu me demander, mais avec vérité... Il acheva de se ronger soigneusement l'ongle du pouce pour chercher ses mots et se donner de la contenance. Et maintenant, qu'est-ce que je pouvais te répondre ? J'avais peur de beaucoup de choses, Standall, et j'aurais bien été incapable d'en nommer une devant les autres. J'avais peur de toi et de ton dégoût envers moi. J'avais peur de moi, tous les jours, pour tous les sujets. J'avais eu peur de ma mère, quand elle rôdait dans la cabine. Peur de mon père, et de ses jugements. Peur des autres, pour la même raison. Peur d'être seul, parce que c'était déjà le cas tous les jours. Peur… J'avais peur d'à peu près tout. « … De tout. De moi, de toi... » Au moins jouait-il le jeu pour de vrai en répondant avec sincérité. « Action ou vérité ? » lança-t-il précipitamment dans le maigre espoir d'effacer sa réponse.

dans le présent.
Les exclamations d'Aya attisèrent sa terreur. Les cris, c'était comme des dizaines de petits couteaux plantés dans tes oreilles, hein Harley. Des dizaines d'agressions partout, qui te paniquaient, qui t'attaquaient sans discontinuer jusqu'à t'empêcher de réfléchir. D'ailleurs, tu n'avais plus la moindre pensée logique, juste des réflexes et quelques mots-clefs qui te sautaient aux yeux. Une gerbe de neige lui fouetta le visage et il s'arracha les branches des branches pour se cacher derrière, griffant sauvagement les peaux de son manteau. « … Uhu... » Excuse-toi, Harley, excuse-toi ou tu vas rester là jusqu'à ce que toutes ces épines te percent le corps et te tuent. Ou Nei viendrait enfin et… Nei devait vouloir qu'il s'excuse elle aussi… Que lui ne veuille pas, ce n'était pas grave, son avis ne comptait pas, même à ses propres yeux. « P-p-p-pa… Pard-do-don… ! » Il avait froid, il était détrempé, il s'était probablement refait dessus, et il avait mal. Et très peur. Il écarta lentement un bras pour glisser un regard bleu effrayé vers Aya, qu'il voyait à peine dans l'obscurité grandissante.

dans le passé.
Comme ses propos, ses hontes et ses peurs tournaient à peu près toujours autour du même sujet, ce n'était pas bien sorcier à deviner. Harley coula un regard assassin à son voisin lorsqu'il répéta ses mots sous forme de question. Non, je n'avais pas envie d'être ce genre de mec. Je n'avais pas envie d'être cet éternel débile, d'être celui qu'on envoie chier, celui qu'on ne veut pas assumer. Je n'avais pas envie d'être un loser et un idiot, d'être ce gars sans avenir, qui finirait par mourir prématurément. J'en avais marre d'être celui qu'on évitait mais qu'on invitait aux fêtes juste pour sa came, en lui faisant promettre de pas poser de problème. J'en avais marre d'être jaloux, de toujours jouer au plus con, et de me lamenter ensuite comme une fille. « Le genre pédale. » Il tripota sa chaussette trouée et se pinça douloureusement le pied. « Tiens, pédale, ça rime avec Standall. » Eh voilà, il en revenait à insulter les autres pour se sentir mieux. « Enfin pédé ça rime avec Harley. Harley le pédé. » Il fila une claque sèche à son propre genou et se releva comme un ressort pour sauter hors de son lit et faire les cents pas. « Je… Merde, tu attends des excuses de ma part, ou... » Parce qu'il parlait à moitié tout seul, que Standall restait planté sur le bout de son lit, qu'il ne supportait pas cette bizarre conversation qui le mettait mal à l'aise. Il se tapota les cuisses en marchant et coula un ou deux regards dans la direction de son voisin. Et maintenant ? On faisait quoi, maintenant ? Nous étions quoi, maintenant ? J'avais cette impression malsaine d'être de retour au tout début de notre relation, quand tout était bizarre et flippant, que je te détestais encore à moitié.
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MessageSujet: Re: a million dreams are keeping me awake (harley) Jeu 5 Avr - 23:00


AUJOURD'HUI
Il baissa les yeux, vexé. J'avais pas d'idée. Enfin si, j'avais une question mais elle n'allait pas te plaire, c'était plus de la moquerie qu'autre chose. Et je n'avais pas le droit de me moquer. Tu partirais de ce village Nei ? C'est marrant, toi et ta copine partageaient le même rêve. Elle aussi voulait partir, voyage et être indépendante. Mais visiblement, il avait piqué sa curiosité avec son histoire de trafique. Ironique hein ? Moi le garçon qui accompagne aujourd'hui la soigneuse de votre misérable village... « Pfft... » Il plaqua une main sur sa bouche, à moitié horrifié par ce qu'il venait de faire. Tu venais sérieusement de lui soupirer à la figure ? Comme ça ? Varian... « Enfin je... L'idée venait de lui. » Toc. Tu ne le savais ça, hein ? Tout vient de lui. Notre relation, notre trafique. C'est vrai qu'aujourd'hui... Qui l'eut cru, hein ? « Et c'est pas abject. » se sentit-il obligé de préciser. Il ne voyait pas en quoi. C'était certes, immorale mais... Oui, il avait pesé le pour et le contre avant d'accepter, il s'en souvenait. Mais il avait rapidement fait son choix : il était né dans le mauvais secteur et il ne pourrait jamais y échapper sans un petit coup de pouce. « Tout ce que je voulais, c'était... c'était une meilleure vie. » Pour moi et ma famille d'abord et puis après, pour nous deux. Oui, j'ai rêvé des centaines de fois de me barrer de notre secteur tout pourri pour aller là-bas, avec ceux qui mangeait des aliments dont nous en connaissions ni le goût ni la couleur, ceux qui vivait avec de l'eau tous les jours, qui n'avait aucun soucis de sécurité... Tu peux te moquer Nei, tu peux te foutre de moi parce que regarde où j'en suis aujourd'hui. Je me suis moi-même bien moqué de ma personne. « A moi ! » Tu n'aurais pas mis un peu trop d’enthousiasme dans ta voix Varian ? Tu te prenais à son petit jeu maintenant ? C'était à croire qu'elle t'amusait finalement. « Pourquoi tu me déteste ? » Bon sang, tu t'étais juré il y a quoi, moins de deux minutes, de ne pas aller sur se terrain. De ne pas te moquer. Parce que c'est ce que tu faisais là, sans en donner l'air. Tu savais qu'elle ne t'aimait pas, tu savais aussi un peu pourquoi mais... Au fond, tu étais un peu comme elle, tu posais tes questions juste pour confirmer tes craintes, tes idées...     


LONG TIME AGO (harley 15 ans, varian 16 ans, sur l'Arche)
« Tu as peur de moi ? » Il leva un sourcil. Harley relança très vite sans lui laisser le temps de renchérir, de balancer une autre remarque un peu plus piquante mais... Je te faisais peur dans quel sens hein ? Pas physiquement je le savais, c'était pas avec mes muscles invisibles et ma tête de môme de seize ans que j'allais effrayer qui que se soit. Alors c'était quoi ? « Heu... » Reprendre vérité pour rester dans sa safe zone ou tenter autre chose ? Du coup, après cette réponse je suis curieux de voir ce que tu peux me demander de faire Weise... « Action. » Tant que je ne fini pas à lécher le sol, tout me va. De toute façon tu peux pas avoir des idées pires que ma petite amie, quand je pense à ce qu'elle m'a fait faire la dernière fois... Il se balança un peu, toujours assit en tailleurs sur son lit, sans cesser de le regarder.       


AUJOURD'HUI
« Aaaah ! Enfin ! Bravo ! Brave moche ! » Aya tendit une main pour lui tapoter la tête comme on tapotait celle d'un gentil chien qui avait ramener son premier abat gibier. « Aller, sort de là pauvre tâche ! » Il la regardait de manière un peu étrange. Quoi, j'ai un truc sur le visage Harley ? C'était quoi ce regard ? « Peuh, et c'est quoi cette odeur ? » s'exclama t-elle en éclatant de rire. Parfois je me demandais pourquoi je rigolais devant des scènes pareilles. Oui, je me posais la question. Pourquoi j'étais incapable de m'amuser en entendant des histoire drôles ou en passant de bons moments avec ma seule et vraie amie. Pourquoi c'était l'esclave effrayé de ma chère Nei qui me faisait marrer, sans doute parce qu'il s'était refais dessus ? Pourquoi je riais rien qu'en imaginait notre retour chez Nei, avec moi qui lui annonçait fièrement que Harley s'était fait dessus MAIS qu'il s'était excusé ? « Tu t'es pissé dessus gros crado ? Ha ha ha ! »    


LONG TIME AGO (sur l'Arche, harley 18 ans, varian 19 ans)
Ah. Encore ça. Décidément tu avais un gros problème avec le sujet hein Harley ? M'enfin ce n'était pas nouveau, je le savais. Il leva les yeux au plafond en entendant sa remarque. « Très marrant... » Je suis pas homosexuel. Je n'aime pas les garçons moi. Ça ne m'a jamais attiré. Et très honnêtement ? Je n'arrive pas à en trouver un seul attirant sur cet Arche. Il y a de bel personne mais ça s'arrête là. Sauf toi. Mais toi, tu es un cas particulier. « Super, on est assortit alors... » bougonna t-il dans sa barbe. Il ne savait pas trop s'il devait continuer à tirer sa tronche d'enterrement ou esquisser un petit sourire. Dans le doute il resta neutre et le regarda se lever d'un air un peu las. « Heu... » Oui ? Oui dans l'idéal ? C'est ce qu'une personne censée ferait ? Abrutit va. « Ouais. Mais je suis un garçon patient, je peux attendre. » Je peux attendre looongtemps. Mais j'en veux, des excuses. Et je serais chiant jusqu'à les recevoir. Je me fiche de la forme sous laquelle elles arriveront. C'est juste par principe. Il laissa échapper un rire léger, à la fois agacé et amusé par sa propre réaction. « Pfft... je... ha ha. Pardon. C'est nerveux. » Il arrêta deux secondes de se torde les doigts pour fixer le plafond. « J'ai l'impression d'être de retour au début de tout ça – il agita une main avant de la laisser retomber mollement sur ses genoux – c'est bizarre. Non ? » Non, en fait, tu sais ce qui est étrange ? C'est que quand tout avant commencé avec toi, j'avais l'impression de tout découvrir. Littéralement. J'avais l'impression de ne jamais avoir aimé quelqu'un avant, de ne jamais avoir eu de relation sérieuse, de ne jamais avoir embrassé, touché personne. C'était la première fois que je m'inquiétais pour quelqu'un de cette manière là, que je pensais à quelqu'un de cette manière là, que j'avais envie d'être jaloux, possessif... J'avais eu l'impression d'être un débutant, en tout.  
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MessageSujet: Re: a million dreams are keeping me awake (harley) Sam 7 Avr - 23:14

dans le présent.
Nei resta pantoise. Tellement surprise qu'un esclave ose – ne serait-ce que oser – soupirer devant elle après qu'elle ait parlé. Si elle en avait eu le droit, elle lui aurait foutu la gifle du siècle avant de se montrer plus inventive. Si ça avait été son esclave à elle, si elle avait eu le droit d'en faire ce qu'elle voulait… Sauf que ce n'était pas le sien et que toucher l'esclave d'un autre, c'était comme toucher à l'un de ses biens : interdit. « Tu pues de la gueule mon pauvre, c'est terrible. » répliqua-t-elle à la place avec une expression mauvaise. Mais je m'en fous, soupire ce que tu veux, je veux juste que tu me répondes. Aller Varian, parle-moi de ta misérable petite vie là-haut, là où je n'irais jamais. Dis-moi comment vous avez vécu tous les deux avant d'arriver ici et de devenir des moins-que-rien, des êtres sans aucune existence et sans avenir. « L'idée venait… de Harley… ? » Elle explosa de rire en essayant d'imaginer le naïf Harley proposer à l'autre de vendre des substances illégales pour se faire un peu de blé. C'était complètement surréaliste comme idée. « Pour avoir une meilleure vie ? Ah, eh bien ça vous a réussi visiblement... » Son franc éclat de rire se transforma en ricanement narquois.

La question de Varian la prit au dépourvu et elle arqua haussa les sourcils. « Parce que depuis que Harley t'a croisé, il est devenu bizarre.Enfin, plus que d'habitude. Il se sent pousser des ailes, il est encore plus con qu'avant, il oublie de travailler... » Et il ne me regarde plus pareil. Il me regardait avec une loyauté sans faille avant, comme un clébard aurait dévisagé son maître avec toute la gratitude du monde. Il m'aurait léché les pieds sans hésiter si je le lui avais demandé, même devant un public. Mais avec toi dans le coin ? Je ne crois pas qu'il le ferait. Pas si tu es là pour mater, crétin. « C'est de ta faute ça. » Elle lui planta un doigt dans la poitrine puis se détourna, abandonnant ses faux-semblants de faux sourires pour bouder. « Je ne te déteste pas, je te hais. Et je ne devrais pas, parce que tu n'es rien ici. Il n'y a pas de vie meilleure ou quoi que ce soit d'autre. Ici, tu vas crever comme un chien, sans droit et sans histoire, et c'est très bien comme ça. Comme Harley d'ailleurs. Je ne sais pas comment tu as fait pour aimer quelqu'un de bête, mais pas question que tu poursuives tes histoires ici. » C'était rare qu'elle parle autant. « D'ailleurs, comme tu as pu l'aimer ? » Outre le fait que ce soit un autre gars, ce qui laissait présager de votre style de vie dans votre arche volante, tu ne devais pas être bien fini non plus pour avoir apprécié un attardé pareil. Elle pouvait bien parler, Nei, mais ça l'intriguait pour se vrai.

dans le passé.
Harley ne prit pas la peine de réponse à la réponse-question de Varian. Je venais de te le dire, pauvre cloche. Alors quoi, tu étais sourd aussi ? Il fallait que je te l'écrive pour que tu comprennes ce que je te disais ? Ne compte pas sur moi pour te le redire une fois de plus. Je ne sais déjà même pas pourquoi j'ai pu te répondre ça une fois... Qu'est-ce qu'il allait penser de lui maintenant, Varian ? Que Harley ait peur de lui, c'était complètement surréaliste mais oui, tu me faisais peur. Tu me faisais peur parce que je voulais sans cesse attirer ton attention, faire des choses de plus en plus connes pour que tu me regardes, te dire des trucs gentils pour que tu m'apprécies. Je n'avais pas la moindre idée des raisons qui me poussaient à faire ça tous les jours mais c'était plus fort que moi. Et toi, tu me rejetais sans cesse au nom du sacro-saint passé. J'étais le gamin, mais tu étais celui qui refusait de quitter cette enfance où nous nous étions joyeusement haï. Alors oui, j'avais peur de tes mots, de tes regards et de tes pensées. J'avais peur de continuer de m'accrocher à toi comme ça, sans raison, pour avoir aussi mal chaque fois que tu me renverrais balader. Je ne voulais pas de cette douleur tous les jours, Standall, elle était insupportable. Action. Le cerveau de l'adolescent bugua puis se mit à ramer. Action. « Ah, euh... » Paniqué, Harley balaya la pièce du regard dans l'espoir de trouver une idée. Rien que l'année dernière, je t'aurais fait lécher le sol ou te foutre à poil pour te branler devant moi. J'aurais beaucoup ri et j'aurais regretté de ne pas pouvoir filmé ça pour le montrer au monde entier. Mais aujourd'hui… ? La panique l'envahit. « Euh… Hum, euh... » Il le savait, ça se voyait jusque sur son visage. Heureusement, tu n'entendais pas les battements affolés de mon cœur, hein ? « Fais un truc dégueulasse. Ce que tu veux. » C'était complètement con comme idée – un peu comme lui en somme – mais puisqu'il n'avait aucune idée… Harley se sentit rougir et gigota sur son lit, remontant son pantalon trop grand. « Euh… Enfin si tu veux... »

dans le présent.
Brave moche. C'était le genre d'injonctions qui l'auraient mis hors de lui trois ans plus tôt. Le genre pour lequel il aurait tabassé quelqu'un jusqu'à plus soif, jusqu'à l'épuisement. Le genre pour lequel il se serait vengé. Aujourd'hui… Il hocha la tête en tremblant et reniflant. On le lui avait tellement dit, on avait tellement écrasé, piétiné, malmené sa fierté, qu'elle n'existait presque plus. Le petit fragment qui lui restait, c'était à Ockefell qu'on l'avait atomisé en lui faisant embrasser les pieds d'un inconnu. Si on le lui avait demandé, il aurait lui-même dit qu'il était moche. Et puant. Et bête. Il le savait, c'était comme ça. Devant les grounders, il s'en fichait parce que c'était ce qu'il était sur Terre et c'était tout ce que les autres connaissaient de lui. Devant Varian-V. En revanche, ça faisait mal. On était copains mais tu devais me détester de pas être comme avant, hein Varian ? Tu ne le disais pas mais j'avais vu tes regards. Toi aussi tu étais moche, mais je ne sais pas, je n'arrivais pas à y trouver de l'importance. Que tu sois méchant était pire alors... Aya éclata de rire et Harley se sentit rougir. C'était vrai, il s'était fait dessus. Son pantalon glacé par la neige était bizarrement chaud, assez pour qu'il sache que sa vessie l'avait encore trahi – ça faisait toujours beaucoup rire Nei… « … O-oui… » marmonna-t-il sans cesser de scruter la semi-obscurité devant lui pour tenter de distinguer Aya. Il bougea brusquement, dans un espèce de sursaut, et sentit une branche épineuse lui griffer le cou. « … P-peux pas s… Pas s-sortir... » L'esclave sentit les larmes revenir et déglutit, paniqué, gêné, honteux, et à peu près tout à la fois. Nei allait se moquer de lui, Aya le faisait déjà, et… Un sanglot lui échappa. Mais tu n'avais pas trop envie que l'attention se porte sur toi, ni que Aya ait à venir te chercher dans ce buisson... Il tira un grand coup, les épines se plantant plus durement dans sa peau avant de le griffer, griffer… Tant pis, ça faisait mal mais il en avait l'habitude. Y laissant plusieurs mèches de cheveux et en se scalpant à moitié, Harley finit aux pieds d'Aya, tremblant de tous ses membres. Y avait des épines dans les mains, et plein de griffures partout, et Nei allait être fâchée pour ça... Mais c'était de sa faute à lui, il le savait : il n'avait pas vu le buisson piquant… Aux pieds d'Aya, il s'excusa à nouveau. « P-p-par… Pardon pour le p-pou… Le poulet... »

dans le passé.
Et pour quoi je te devrais des excuses au juste ? Pourquoi j'avais à m'excuser de… De quoi d'ailleurs ? Harley glissa un bref coup d’œil à son voisin sans cesser ses allers-retours dans sa piaule. « C'est ça, ouais... » Un mec patient, hein ? Arme-toi de patience, je n'ai pas envie de m'abaisser à te demander pardon. Tu voudrais quoi, que je me mettes à genoux ? Que je t'implore de me pardonner toutes ces choses que j'ai pu dire ou faire ? De me pardonner d'être amoureux de toi ? D'avoir été voir ailleurs si l'herbe était plus verte ? Elle l'est. Tout est mieux que toi Standall, alors pourquoi est-ce que je ne peux pas me passer de toi ? « Ouais, on est à peu près aussi empotés qu'au début, si c'est ce que tu veux dire. » Derrière son ton cassant, Harley était sincère. Une part de lui avait bien envie d'embrasser Varian, de le retrouver pour de bon pour laisser ce mois derrière lui. Il aurait voulu le toucher, retrouver le corps qu'il aimait et se blottir contre lui. Il aurait adoré le caresser, l'embrasser tranquillement, se faire désirer, rire… Il aurait voulu retrouver toute leur relation en un claquement de doigt. Sauf qu'ils étaient gênés. Ils restaient plantés là, à se regarder en chiens de faïence, sans qu'aucun des deux n'ose un quelconque premier pas. « Tu n'as qu'à m'embrasser, on verra bien si c'est comme au début. »
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MessageSujet: Re: a million dreams are keeping me awake (harley) Dim 8 Avr - 21:20


AUJOURD'HUI
Oui elle venait de lui... Qui d'autre ? Enfin, bon, elle ne pouvait pas savoir. Mais oui, qui d'autre aurait ne serait-ce qu'osé proposer ce genre de chose à Varian Standall là-haut ? Personne. Tout le monde savait que Varian était un garçon sage et sans histoires, alors personne ne serait venu lui demander ce genre de service. Sauf Harley. La raison de pourquoi lui, il l'avait su bien plus tard, mais sur le coup... Oui, il s'en souvenait, sa proposition l'avait plus qu'intrigué. Il se renfrogna un peu, fixant ses doigts brûlés et moches, trouvant que la situation devenait de plus en plus malaisante. « Mmh... » C'était juste ça ? Il était moins sage ? Bon sang, ce n'était pas de ma faute à moi ça Nei, tu pouvais pas effacer notre passé comme ça avec un jolie sourire et deux trois ordres. Désolé. C'est pas de ma faute... Il se sentit tressaillir quand elle planta un doigts dans sa poitrine, mais soulagé qu'elle ne se mette pas à lui hurler subitement dessus comme aurait pu le faire Aya. Tu me hais ? Et bien tu ne serait que l'énième personne à me le dire. Tu sais, depuis le temps, ce genre de remarque... ça ne me fait plus grand chose. J'ai passé cinq ans de ma vie avec un garçon qui me "détestait" lui aussi, le terme n'a plus aucune valeur à mes yeux. Aucune. « Je ne sais pas. » Sans mentir. « Et... il n'était pas bête. » Tu n'avais jamais pu supporter les gens stupides de toute façon. Déjà à l'époque tu triais les filles de manière drastique à propos de ça. Quelques-unes avait échappé à ce critère, mais elle restait rare. Et jamais au grand jamais tu ne serais sortis avec lui s'il avait été cons que les garçons dont il s'entourait au collège. « Pas bête du tout... » répéta t-il presque pour lui-même. Tu étais même beaucoup plus intelligent que moi en certains domaines, même si j'avais toujours eu du mal à l'admettre. Tu étais plus humains aussi, d'un certain point de vue... Mais bon, qu'en restait-il aujourd'hui de tout ça ? Plus rien. Ou alors tu cachais bien ton jeu.      


LONG TIME AGO (harley 15 ans, varian 16 ans, sur l'Arche)
Visiblement son choix l'avait pris au dépourvus. Il attendit alors, toujours en tailleurs sur son lit. Il lui faisait quoi maintenant ? Varian le sentait venir : l'action conne trouvé en moins de trente secondes. « Tu te moques de moi ? » avait-il demandé d'un ton cassant. C'était quoi son idée là ? Voir ses limites ? Un truc con dans le genre ? Et s'il voulait ? C'était quoi cette action à la noix ? Il fronça les sourcils, réfléchissant à toute allure. Ce n'était pas son genre de se dérober. Enfin, pas pour ce genre de chose. Varian Standall pouvait être le pire des lâches, mais pas devant lui à un action-et-vérité. Mais tu n'avais pas tellement d'idées dans l'absolue. Un truc dégueulasse oui mais... quoi ? Tu étais tellement à cheval sur la propreté que tu en te voyais pas foutre ta main dans les restes de repas pour vieux ou... Eurk. « Voyons... » Il n'avait toujours pas de brillante idée à mettre en œuvre. Je suis sûre que tu avais envie de me faire des tas de trucs très bêtes Harley... Je t'étais reconnaissant d'un certains côtés de ne pas me mettre dans la merde jusqu'au cou. Il avait sauté hors du lit pour marcher dans la chambre, prenant bien garde d'éviter les traces de bouillie toujours présentes au sol. « Un truc dégueulasse... Ah, je sais ! » Il leva un doigt en l'air pour signifier qu'il avait enfin trouvé et se tourna vers son voisin, un immense sourire aux lèvres. D'accord, tu faisais un peu peur comme ça mais... Ton idée, tu l'a trouvais très bien. C'était pas gentil mais... « Variiiiiaaaaaan ? » Une voix de femme qu'il ne connaissait que trop bien le coupa dans son élan, et la porte de la chambre dans laquelle ils se trouvaient s'ouvrit en grand sur Cara. « Aaaaah ! Mon chériii-aargh. C'est quoi ça ? » Il en avait presque oublié la tenue qu'il portait à cause de Harley. « Heu je... » Elle éclata de rire alors que son teint pris peu à peu une teinte rosée. « Ah, mais t'es là aussi ! Et c'est... » Elle repartit de plus belle sans qu'il ne pu faire quoi que se soit. Pourquoi avait-elle choisis de venir le chercher aujourd'hui ? Pourquoi ? Il l'attrapa par le bras avant de lui planter un baiser rapide sur la joue et se retourna vers son voisin. « Bon. Ce n'est que partie remise. J'te dois une action. Je n'oublie pas. » Cara lui lança un peu étonné mais haussa les épaules pour le traîner vers la sortie. « A demain je suppose. »

Oh, demain Harley... Je te promets que si tu m'en refais une comme ça, je te fou la tronche dans la bouillie. D'ailleurs, je sais pas quel est notre planning demain, mais si on est encore affecté chez les vieux, je vais me pendre.        


AUJOURD'HUI
« Bouuh, tu es dégueulasse ! Un gros crado ! » Comment cela était-il possible, hein ? Même Varian qui n'était pourtant pas très intelligent ne se faisait pas dessus. Même en cas de stress intense. « C'est bon, une fois me suffis. Tu le répéteras devant Nei, juste. » Elle s’accroupit pour se mettre à sa hauteur et attrapa une mèche de ses cheveux, restée coincés dans les ronces. « Je garde ça, c'est marrant. » C'est juste pour montrer à Varian, pour voir sa tête. Je suis sûr qu'il va ouvrir de grand yeux, mais ne rien dire ensuite. « Outch, tu as pleins d'épines dans les mains, montre moi ça... » Du bout des doigts (elle portait pourtant toujours ses gants) elle lui attrapa une main qu'elle examina rapidement, malgré la luminosité faiblissante. Nei allait être fâchée... ? Dans tout les cas, elle lui exposerait le problème : il avait sauté de lui même, de son plein grès dans son buisson et avait trop taré à s’en sortir, sans aucune méthode. Avec son index elle enfonça une épine, puis deux un peu plus profond et soupira, soudain lassé par cette situation. « Tant que je t'ai sous la main... » Elle se retourna, comme pour s'assurer que sa mère n'était pas dans le coin. « Je t'interdis de toucher Varian. Et de traîner avec lui. Il est trop joyeux après. » Enfin, joyeux, joyeux, c'était plus une façon dire que la réalité. Disons qu'il n'avait pas l'air aussi mort que d'habitude. Et ça ne lui plaisait pas. Que sa mère l'envoie chercher ses plantes et autres herbes dont elle n'avait jamais pris la peine d'apprendre le nom, et que l'autre vienne parce que Nei l'avait ordonné... Bien. Mais ce que Aya ne voulait pas, c'était des interactions entre eux.    


LONG TIME AGO (sur l'Arche, harley 18 ans, varian 19 ans)
Oui Harley, j'y tiens. Et tu sais à quel point je peux être chiant que je veux. Et combien de fois je suis capable de remettre le sujet sur le tapis, même si je dois me manger tes regards noirs, juste pour t'entendre prononcer ces quelques petits mots d'excuse. Je demande pas la lune, même un "pardon gros con" m'irait à merveille. C'est juste... Par principe, voilà. « Ouais... voilà... » Empotés. Oui, c'était le bon mot ça, empotés. Ah, cette (courte) époque où se sentait terriblement con à chaque fois qu'il le croisait c'était... Si loin et pourtant aujourd'hui, il avait l'impression de s'y retrouver encore une fois ! Il arrêta de tirer sur le bout de ses chaussettes (depuis quand il avait viré ses chaussures tient ?) pour relever les yeux vers son voisin, qui faisait toujours les cents pas dans la minuscule piaule. Pourquoi tu étais gêné comme ça ? Ce n'était pas comme si c'était le genre de chose qui te gênait normalement, qu'il te demande ça... Et puis merde, tu ne faisais qu'y penser depuis un mois. Pourquoi tu bloquais comme ça ? Il se leva avec difficulté pour se planter face à son voisin. Faut vraiment que j'arrête de grandir, je vais finir par toucher le plafond et à ne plus pouvoir le regarder sans m'abaisser...  D'un côté il avait envie de partir, puisqu'il voulait continuer de jouer aux cons, lui aussi. Et puis il avait cette autre côté qui lui soufflait de lui obéir, celui qu'il détestait parce que c'était juste la partie faible de son être. Mais tu étais faible au fond, hein Varian ? Tu n'avais jamais trop réussir à lui dire non, à lui tourner le dos et regarde à quoi ça avait mené la dernière fois... Depuis le premier jour tu en étais incapable de toute façon. Alors tu avais posé tes lèvres sur les siennes, brièvement juste pour voir. « Alors ? »
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MessageSujet: Re: a million dreams are keeping me awake (harley) Dim 8 Avr - 23:04

dans le présent.
Oui, c'était juste ça. Ou plutôt : c'était bien plus compliqué que ça. Que Harley soit moins sage la remplissait de bonheur car elle avait dés lors la possibilité de dominer réellement, de punir, de gagner. Elle aimait ces élans de rébellion qui prenaient parfois l'esclave, comme ça, subitement. Les envies de dire non, les regards de travers, une légère crispation du visage… Elle adorait voir ces signes infimes chez lui. Ça lui plaisait. Ce qu'elle ne supportait pas en revanche, c'était de le sentir lui échapper. Depuis Varian, il n'était plus tout à fait le même, il était plus distant, plus distrait, plus… Il avait la tête dans les étoiles, et elle ne le tolérait pas. Peu importait d'ailleurs, parce que la réponse de Varian la plongea dans la plus grande perplexité. « Comment ça ? » Stupide, on l'était ou on ne l'était pas. Harley était l'incarnation même de la bêtise, c'était comme ça, et elle était partie du principe qu'il avait toujours été comme ça. Elle l'avait connu déjà lent et bizarre, elle ne pouvait pas l'imaginer autrement. Il avait eu cette autre vie, avant, dont tu ne saurai jamais rien, Nei. Il avait été un autre, différent, qui t'aurait peut-être plu aussi. Il avait été celui qu'on prenait pour un âne et pour un dégénéré mais qui passait sa vie à rêver, le nez à la fenêtre ou dans les livres. Il avait aimé lire, imaginé, suivre des aventures romantiques et rêver sa vie. Il avait eu des projets, des envies, des conversations profondes… D'ailleurs, il en avait toujours, parfois. Mais ça Nei, tu ne pouvais pas l'imaginer parce que tu ne l'avais pas connu. « Et toi, tu étais moins laid ? » C'était la question méchante par excellence, celle qu'on posait pour se donner contenance et cacher son trouble. Et Harley, il avait ressemblé à quoi, avant ? Et toi, Varian ? Tu avais dû être beau dans une autre vie, dans le genre beauté étrange, et… C'était moins bizarre de t'imaginer normal que lui, parce que lui n'avait rien d'un adulte. Toi… Toi, tu étais inclassable et voleur, et c'était pour ça que je te haïssais. Tu étais trop humain, caché derrière cette espèce de déférence détestable. Tu me dégoûtais, mais pas par ta laideur, tes joues trop creuses ou ton statut… Non, tu étais juste détestable.

dans le passé.
Il s'était maudit d'avoir proposé un truc aussi con – aussi nul, aussi bête, aussi puéril… aussi lui – mais à présent, il avait peur. Enfin peur… Pas peur comme face à un grand danger, mais plutôt peur pour lui, pour l'idée qui semblait irradier de son voisin tant celui-ci souriait. Il n'avait absolument aucune idée de ce que c'était, son cerveau paralysé par l'inquiétude incapable de réfléchir, mais il était certain d'une chose : Je ne veux pas que tu fasses cette action. Je ne veux plus jouer – d'ailleurs je n'ai jamais vraiment voulu – et je ne veux plus être là. Je ne veux plus te croiser, Standall, parce que c'est toujours un supplice. Je suis toujours celui qui est tourné en ridicule dans cette affaire, toujours le perdant, toujours le boulet idiot. Je le sais, c'est comme ça depuis toujours… Je suis celui toujours en tort. Il le suivit des yeux quand il se leva pour traverser la pièce. « Euh... » À ce moment-là, la porte s'ouvrit et un cri retentit dans la pièce. Harley fit littéralement un bond en l'air et remonta par réflexe ce putain de futal qui continuait de glisser au moindre de ses mouvements. « Euh, d'accord... » marmonna-t-il dans le vide alors même que Cara et Varian étaient déjà partis.

Toi, tu partais baiser ta pute blonde. Moi, je restais assis sur ce lit encore une éternité, à essayer de retenir des larmes que je n'avais jamais demandé. Pourquoi j'avais cette sensation dans la poitrine, Standall ? Qu'est-ce que ça pouvait me foutre si j'avais encore foutu en l'air une journée ensemble ? Je ne voulais pas passer du temps avec toi et pourtant ça m'excitait comme un gosse. Et j'avais encore fait la bourde qui gâchait tout et me faisait passer pour l'idiot du village. Assis sur le lit, il serra ses genoux contre lui et posa son front brûlant dessus. Pleurer… Il n'allait pas pleurer, il était grand, il était un mec, et… Il pleurait. En silence.

dans le présent.
Jeté aux pieds d'Aya, il s'essuya le nez d'une main tremblante avant de la porter à ses fesses par réflexe. « P-p… 'D-don... » s'excusa-t-il encore, cette fois-ci pour être dégueulasse. Il ne voulait pas être sale, mais il n'avait pas choisi de faire pipi à ce moment-là, et… L'idée de devoir s'excuser de nouveau avec Nei comme spectatrice suffit à lui faire oublier sa vessie défaillante : Nei ne serait jamais satisfaite de ses excuses, elle allait les lui faire répéter un nombre incalculable de fois, assez pour qu'il oublie pourquoi il s'excusait. Et elle gardait mes cheveux coincés dans les buissons… Il y en avait beaucoup, assez pour me faire peur parce que les cheveux tenaient chauds partout et si j'avais des trous… Si j'avais des trous, le vend froid allait rentrer dans ma tête. Il renifla encore, ne sachant pas quoi répondre.

Il lui tendit ses mains tremblantes, couvertes de traces diverses et sale et rugueuses, et tressaillit quand elle appuya sur les épines fichées dans sa peau. Tressaillit juste, il y avait pire comme douleur et Nei faisait pareil, partout. Toujours. « D'accord... » Non, il n'avait pas compris. Il n'avait déjà pas le droit de toucher Varian parce que Varian n'était pas d'accord et parce que lui-même se désintégrerait en milliers de petits morceaux s'il faisait ça. Toucher Varian-V., ce serait… C'était si bizarre. Quand à traîner avec lui, il s'imaginait mal se traîner par terre et le traîner derrière lui, ou se faire traîner. Ce genre de jeu n'avait pas l'air drôle, et surtout pas dans les goûts de Varian. L'effort de réflexion se voyait sur son visage. « D'accord... » redit-il dans un souffle avant de se relever avec difficulté. Il observa ses mains aux doigts dangereusement bleus, attendant l'ordre suivant.

dans le passé.
Une part de lui avait espéré que Varian ne le fasse pas. Qu'il se contente de se lever et partir comme un voleur, sans un mot ou un baiser. Ça aurait été plus simple parce qu'il aurait pu le détester pour se bon puis se confondre dans son chagrin. Il aurait pu se jeter sur son lit pour rester là, allongé, sans pleurer. Il serait resté sec, à fixer le vide et à attendre… Il ne savait même pas ce qu'il aurait attendu. L'oubli ? La mort ? Une nouvelle chose ? Varian serait parti et Harry serait venu le voir. Il lui aurait sans doute effleuré le cou avant d'attendre en silence. Il était gentil, Harry, et patient. Il n'attendait rien de Harley, il n'exigeait rien. Il était juste amoureux, dans la forme la plus simple. Peut-être qu'après des heures, Harley lui aurait rendu ses caresses et ils auraient fait l'amour tranquillement. Ça n'avait rien à voir avec Varian. Alors pourquoi était-ce toujours toi ? Pourquoi, entre deux choses infiniment différentes, c'était toi que je finissais par choisir ? Je n'avais jamais su te laisser tomber et passer à autre chose, jamais, même si ça faisait mal. Tu vois où nous en étions aujourd'hui, Standall ? À jouer les adolescents attardés, comme si c'était notre première fois. Le baiser de son voisin fut bref. Harley fixa Varian, à quelques centimètres de lui. Alors ? Alors quoi, Standall ? « Tu appelles ça un baiser ? » L'envie de lui faire un doigt d'honneur le démangea alors à la place, il l'embrassa de nouveau, brutalement. Il sentit ses dents cogner celles de son voisin, mais peu importait… Alors je ne voulais pas te perdre, Standall. Je ne voulais pas te quitter, jamais, parce que ce serait me scier en deux. Sans toi, il me manquait une part de moi. Voilà, c'était ça que tu voulais entendre ? Tu voulais te sentir important ? Vital ? C'était un peu bizarre : il l'embrassait férocement, hissé sur la pointe des pieds, mais leurs corps ne se touchaient pas. J'avais peur, je crois...
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MessageSujet: Re: a million dreams are keeping me awake (harley) Lun 9 Avr - 0:16


AUJOURD'HUI
« Pas bête, voilà. Pas bête il savait lire, parler et écrire, se défendre et jamais il n'aurait laissé quelqu'un lui marcher sur les pieds. » Et encore moins une fille. Vraiment. S'il se voyait aujourd'hui... Enfin, si l'ancien lui le voyait aujourd'hui, je pensais qu'il me demanderait de lui tirer une balle dans la tête dès que l'occasion se présenterait. Elle était si intrigué que ça ? Pensait-elle vraiment que Harley était né avec une case en moins ? Il ne pouvait pas comprendre, lui avait connu l'avant et l'après. Et quand à elle... Elle n'avait peut-être connu que... Non, il n'en savait rien. Nei était juste curieuse. Pourquoi elle ne lui demandait pas directement, hein ? Pourquoi c'était à lui de s'étaler sur la vie de son ancien voisin ? Il n'avait aucune envie de le faire. Il n'avait plus envie de répondre à ses questions et... Outch, touché. Il se braqua immédiatement, baissa les yeux à nouveau. Laid. LAID. Que Aya le traite de moche, il y était habitué. Que Ari le fasse, également. C'était de la méchanceté gratuite et de toute façon, Aya trouvait tout les garçons moches à exception de son défunt frère. Mais que... mais qu'une étrangère à sa famille le lui balance en pleine poire... La misérable part du Varian de l'Arche qui restait en lui venait de hurler à l'agonie. Lui, laid. S'il avait longuement refusé de l'admettre, il devait bien avouer qu'il n'avait plus rien à voir avec le garçon qu'il était sur l'Arche. « Tu n'as qu'à lui demander... » répondit-il à voix basse. Bah ouais, demande lui comment j'étais tiens pauvre cruche, va donc ! Je me fiche complètement de ce qu'il va répondre de toute façon.    


LONG TIME AGO (harley 15 ans, varian 16 ans, sur l'Arche)
Il ne voulait pas revenir ici. Vraiment pas. La veille avait été sa pire première journée de stage. Bon, il n'en avait pas d'autre pour comparer, mais il était à peu près sûr qu'il ne pouvait pas tomber plus bas qu'hier. « Salut... » Son voisin était déjà. Quelque part il avait croisé les doigts pour qu'il change d'endroit, pour qu'ils ne soient pas de nouveaux ensemble mais... Voilà. Il avait juste rêvé. « Tu sais ce qu'on fait aujourd'hui ? » Il se laissa tomber sur une chaise vide en face de son voisin et fixa la porte de service, espérant voir Mylene débarquer au plus vite. Il ne savait pas trop pourquoi il avait lancé la discussion alors qu'au fond... C'est pas que je me foutais de ce que tu allais me répondre, mais j'avais peur de t'entendre encore dire des trucs étranges comme hier ou tout simplement comme ces dernières semaines.      


AUJOURD'HUI
« D'accord ? Très bien. Au moins, pas besoin de faire un dessin pour que tu comprennes. » Il avait un drôle d'air sur le visage mais Aya décida de ne pas en tenir compte. Il avait dit qu'il était d'accord, et c'était tout ce qui comptait, le reste lui importait peu. S'il ne respectait pas ça, elle et Nei aurait de bonnes raisons de lui tomber à nouveau dessus. Il se releva et Aya fourra ses mains dans les poches de son grand manteau. Il fallait qu'ils rentrent. En d'autres circonstance, elle lui aurait bien demandé de la porter, juste comme ça, pour s'éviter quelques minutes de marche, mais puisqu'il s'était uriné dessus... Elle n'en avait plus envie. Tant pis, elle allait devoir se contenter de marcher avec ce lourdeau derrière elle. « On rentre. Et dès qu'on passera le seuil de la porte je veux les entendre tes excuses. Ah et tu diras aussi à Nei que tu t'es pissé dessus. C'est trop drôle. » Non, il n'y avait rien de drôle au fond. Mais ça, elle ne s'en rendait pas vraiment compte.

Aya poussa la porte de la maison de son amie, un immense sourire sur son visage tout pâlichon. « Nous sommes rentrés ! » Elle écarta les bras, triomphante et se dirigea à grand pas vers son amie. « Il a été gentil ? » Que je dise à maman que tu as été méchant. Pour qu'elle te punisse rien qu'une fois... C'est toujours marrant quand c'est elle qui le fait. « Harley a été très gentil. » Ben ouais, elle devait au moins reconnaître ça : il était très obéissant. Bête, sale, mais obéissant quand on s'y prenait de la bonne manière pour lui faire comprendre les choses importantes.     


LONG TIME AGO (sur l'Arche, harley 18 ans, varian 19 ans)
Non pas vraiment, mais puisque je ne sais pas ce que tu attends de moi exactement... Et vu ton état je voulais pas trop... Ah, c'est ce genre de baiser que tu voulais. C'était un peu étrange, comme si quelqu'un avait érigé un mur invisible entre eux pour que seul leur visage ne se rencontrent. Trop vite, il allait trop vite. « Dou-doucement... » parvint-il à articuler en reprenant son souffle. Tu l'avais interrompus quelques secondes, une mains sur ses épaules, avant de finalement lui rendre son baiser, mais avec plus de douceur. C'était un peu étrange, cette impression d'y aller à tâtons alors que tu l'avais déjà embrassé des centaines de fois. Ses lèvres, son corps, tu les connaissais par cœur, tu avais eu l'occasion de tout découvrir avec lui et pourtant... Un pas, deux pas, tu l'avais attrapé par les hanche et attiré contre toi pour le sentir à nouveau sur ton corps. « Mon prénom Harley, dis le... » Il voulait l'entendre le lui dire. Parce que ça le mettait dans un drôle d'état, toujours. C'était très bête puisqu'il s'agissait de son prénom mais... Avec lui c'était complètement différent. Il déposa un nouveau baiser sur ses lèvres, se pencha pour atteindre la naissance de son cou, l'embrasser, et recommencer encore et encore. « S'il te plaît... » S'il te plaît chuchote le moi au creux de l'oreille, reste avec moi, embrasse moi. Tu sais que j'ai besoin, que j'ai envie de toi voisin, c'est pas comme si j'arrivais à te le cacher. Je veux rester avec toi, quoi qu'il arrive.
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MessageSujet: Re: a million dreams are keeping me awake (harley) Mar 10 Avr - 22:48

dans le présent.
Elle ne savait pas que Harley savait lire. Enfin comme il ne faisait déjà pas les lacets de ses bottes, elle n'avait jamais imaginé qu'il puisse connaître le sens des vieux caractères qu'elle-même n'avait jamais pris le temps d'apprendre. Mais tu sais Varian, je ne pouvais pas le lui demander à lui. Ce n'était pas drôle parce qu'il répondait à moitié de travers, toujours un peu à côté de la question. Parfois, je me demandais s'il ne le faisait pas un peu exprès. Et puis il ne faisait jamais comme toi, à dire le mot de trop qui m'intriguerait… Mais le mieux, c'était de parler de ce cher Harley avec toi parce que je savais qu'il avait compté pour toi et que j'aimais bien remuer le passé entre vous deux. J'aimais bien voir les flammes des souvenirs dans vos yeux et vous interdire des tonnes de choses. Voir cette flamme puis observer vos regards se croiser pour mesurer tout ce qui n'existait plus. Ça, ça ! Ça, c'était jouissif. « Ah oui. » répondit-elle simplement. Tu n'aurais jamais laissé quelqu'un te marcher sur les pieds, Harley ? Eh bah… ça avait bien changé. La réponse de Varian l'irrita profondément. Nei tendit soudainement une main pour lui tirer violemment les cheveux. « Non, c'est à toi que je demande. Mais si ça te fait plaisir, je le lui redemanderai ensuite. »

dans le passé.
« Franchement, tu n'avais pas quelque chose de plus correct à te mettre sur le dos ? » Marchant derrière son père dans les couloirs de l'Arche, Harley fixa l'arrière de sa blouse avant de baisser les yeux sur l'informe jogging troué qu'il avait revêtu ce matin. « Pff. » Sa pseudo-rébellion agacée passait mal avec la tête d'enterrement qu'il tirait. « On dirait que tu vas à l'abattoir. Enfin, à ce soir. » Pas de sois sage ou de tiens-toi bien, Jan avait laissé tombé depuis belle lurette les avertissements inutiles. C'est ça, à ce soir gros con. Tu devrais jouir de m'avoir balancé dans ce stage de merde. Et puis il y avait Varian… Varian qu'il n'avait aucune envie de voir. Harley poussa la porte de l'unité de soin et s'avachit sur la première chaise qui passait pour patienter. Voir Standall, c'était… J'en pouvais plus, j'avais juste envie que tout s'arrête. En quelques mois, le voisin d'en face était devenu sa pire hantise, à tel point qu'il en redoutait de sortir de chez lui. Je ne voulais rien de ça moi, rien de ces pensées, de ces envies et de cette imagination bizarre. J'avais envie de faire comme avant, de me foutre de sa gueule même si ça me rendait triste, et traîner avec tous ces mecs que je détestais. J'avais envie d'être con, de grandir, de pouvoir me foutre encore de tous ces gens. J'avais envie de faire des doigts à Standall sans avoir envie de chialer ensuite… Ou de supprimer des années de haine entre nous et revenir à zéro, à quelque chose de nouveau, de propre, sans a priori. Mais non, ils avaient tout foutu en l'air dés leur plus jeune âge et les choses étaient restées en l'état ensuite.

Il était penché sur sa chaise, occupé à se ronger les ongles, quand le voisin arriva à son tour. « Non. » répondit-il à mi-voix sans prendre la peine de le saluer. Non, je ne savais pas ce que nous allions faire aujourd'hui, mais je priais chaque dieu de l'Histoire pour que nous n’ayons pas à travailler de nouveau ensemble. C'était un fiasco, un désastre à chaque fois et… Et j'en avais marre. Il se rongeait de nouveau les ongles en fixant le sol quand Mylene arriva, de meilleure humeur que la veille. « Bonjour les garçons ! Motivés pour une nouvelle journée qui sera, je l'espère, meilleure que la précédente ? » Harley marmonna un truc inintelligible mais la jeune femme ne se laissa pas démonter. « Bon, ce matin vous allez participer aux douches des plus âgés, et cet après-midi vous visiterez la nurserie. » Les douches des vieux…? L'adolescent posa un regard scandalisé sur leur tutrice puis glissa un coup d'oeil à son voisin. « Aller, on y va ! »

« Voilà Renée et Bertie. Hop, un chacun ! Ce sont des gestes essentiels. » Mylene leur expliqua deux-trois choses que Harley n'écouta pas. Toute son attention était focalisée sur les deux vieux corps dans la pièce, qu'il fixait la bouche entrouverte. Jamais, jamais, il ne pourrait faire ça, c'était beaucoup trop… Dégueulasse. J'étais pas là pour laver des viocs ni rien... « N'hésitez pas à m'appeler, je suis dans la pièce voisine. » Mylene referma la porte, plantant les deux garçons sur place. « Tu fais la vieille. » balança-t-il aussitôt, à peine la porte refermée, dans un marmonnement à peine plus audible que les précédents.

dans le présent.
Le regard perplexe de Harley s'intensifia. Un dessin ? Pourquoi aurait-elle voulu faire un dessin ? Il oublia cependant très vite son incompréhension avec la suite. Nei allait beaucoup rire, ou peut-être être fâchée, il ne savait pas. Il ne savait jamais vraiment trop avec elle alors généralement, il ne contentait d'essayer de lui faire plaisir. Il la préférait quand elle souriait et qu'elle était contente, elle était plus gentille. L'esclave déglutit difficilement et emboîta le pas d'Aya. « D'accord... » murmura-t-il doucement, la gorge nouée.

Il entra à la suite d'Aya dans la maison, dans une attitude complètement fermée. S'il avait vu faire totalement disparaître son mètre quatre-vingt, il l'aurait sans doute fait et n'en était pas si loin. Harley se tritura les ongles et fixa ses doigts avec attention, le visage mangé par des mèches de cheveux sauvages. « … Tr-très gentil... » reprit-il doucement. « Très g-gentil... » Il n'avait aucune envie de croiser le regard de Varian. J'avais pas envie d'être là et de dire à Nei que j'avais fait pipi, devant toi. Et j'avais pas envie, j'avais des cheveux en moins, coincés dans le buisson, et le pantalon taché, et des branches dans les cheveux. Et plein de griffures. Toi t'aimais pas les moches, et j'étais moche et abîmé... Et avant, Varian n'aimait pas quand il avait des blessures quelque part. Il lui faisait toujours une petite morale et Harley allégeait l'atmosphère (ou du moins le pensait-il) d'une petite blague alors qu'il stressait au fond de lui. « E-euh-j-je… P-pardon… A-Aya... » La terreur du buisson lui embrumait encore l'esprit. Et ça rendait les mots sauvages quand j'avais peur. Ils venaient encore moins facilement et j'avais juste envie de me cacher. « Euh… F-fais pi-pipi a-aus-aussi... » Pris d'une honte aussi soudaine que violente, il se cacha les yeux de ses mains congelées.

dans le passé.
Il l'embrassait à en avoir mal, littéralement. Harley sentit le goût du sang envahir plus fortement sa bouche et il profita de l'éloignement momentané de son voisin pour se passer la langue sur ses lèvres tuméfiées. J'en avais rien à foutre de tes doucement, de tes petites manières de madame, de tes trébuchements sur les mots. Il accepta pourtant son baiser plus doux et le laissa l'attirer contre lui. « Ferme ta grande gueule pour une fois, Standall. » lâcha-t-il sèchement avant de l'embrasser de nouveau, une main dans ses cheveux. Tu n'avais pas à me dire ce que j'avais à faire, ni... Les légers baisers dans son cou le transcendèrent. Il poussa Varian sur le lit, lui tombant dessus avec un râle de douleur. J'avais l'impression qu'on se touchait pour la toute première fois, que je te découvrais, sans trop oser faire quoi que ce soit. Malgré la douleur aiguë qui se rappelait à son bon souvenir, il se laissa emporter par son désir et leva le tshirt de son voisin pour poser une myriade de baisers sur son torse. Je n'avais pas envie d'être timide et pourtant, je te glissais un coup d’œil inquiet entre deux baisers. La tête lui tourna soudainement. Harley ferma les yeux, pris de haut-le-cœurs, et s'écroula à moitié sur Varian. Et tu sais quoi ? La seule idée que j'avais, c'était que tu sentais bon. « Un jour… on fera notre vie ensemble ? » demanda-t-il d'une voix étouffée en changeant brutalement de sujet.

dans le présent.
La porte s'ouvrit soudain sur Aya, suivie de près par Harley, et Nei se releva d'un bond, un grand sourire sur les lèvres. « Oh oui ! Il m'a dit des choses très intéressantes. On a beaucoup discuté, n'est-ce pas Varian ? » Elle glissa un sourire immense à l'esclave et s'apprêtait à rajouter quelque chose quand Harley se lança dans son propre monologue, ce qui ressemblait généralement à un véritable chemin-de-croix semé d'embûche. Nei prit volontairement une expression impatiente et hocha plusieurs fois la tête en regardant son propre esclave comme s'il s'était agi d'un demeuré. « Oui, Harley, oui... » Elle éclata de rire mais la suite la coupa de nouveau dans son élan. Les yeux de la jeune fille passèrent du visage de son esclave à l'auréole sombre de son pantalon. Ses sourcils s'envolèrent et elle hésita entre lui foutre une gifle et éclater de rire. La seconde option l'emporta, sur un grand rire méprisant. « Tant pis ! » chantonna-t-elle. « Je t'interdis de te changer et… Ah, mais je suis bête : tu n'as que ce pantalon-là ! Dommage, dommage… J'espère que tu t'en es bien foutu partout, l'attardé. » Nei traversa la pièce pour renifler ostensiblement autour d'elle. « Pouah, tu pues ! Mais tiens, regarde plutôt... » Elle tira sur les mains de l'esclave pour qu'il arrête de se planquer bêtement et pointa Varian du doigt. « Tu vois lui ? Il a dit que t'étais pas bête avant, mais qu'aujourd'hui tu étais un abruti fini. Et qu'il te détestait aussi. Qu'il ne voulait pas rester avec un débile dégueulasse comme toi, que tu le dégoûtais et qu'il aurait préféré que tu sois mort. Tu entends ça, Harley ? » Elle sourit plus largement en voyant de la peine passer dans le regard de son esclave puis elle glissa un clin d’œil vicieux à Varian, planté de l'autre côté de la pièce. « Tiens Harley, fais donc un gros câlin à Varian pour le remercier de sa sincérité et de toutes ses gentilles paroles si véridiques. Aller ! » Après un instant qui sembla durer une éternité, Harley traversa lentement la pièce pour serrer Varian contre lui, les yeux voilés. « Plus fort ! » Il était griffé de partout, Maman allait me tuer pour ça... Elle coula un regard interrogateur à Aya, à côté d'elle.
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MessageSujet: Re: a million dreams are keeping me awake (harley) Mar 10 Avr - 23:59


AUJOURD'HUI
Et elle n'aurait pas de réponse. Ou du moins, pas de suite. Le temps que son petit cerveau trouve quelque chose à lui dire, qu'il ravale sa frustration, son malaise et son envie de fuir de cette pièce. « Aaargh... »  Elle tirait fort ! Mais... Mais tu n'avais pas envie de répondre, tu ne...  Après une longue minute de silence – et de douleur -, la porte de la maison s'ouvrit en grand. Aya – souriante comme jamais ce qui ne lui ressemblait pas vraiment – entra l'air triomphante. Harley était juste derrière, dans un état lamentable. Bon sang, qu'est-ce qu'elle t'a fais ? Hein ? Pourquoi tu es blessé de partout ? Pourquoi elle a l'air si heureuse, il s'est passé quoi , est-ce que ça pouvait être pire que la discussion de Nei et moi ? Il l'entendit à peine baragouiner ses excuses, trop occupé à le regarder de haut en bas. Pourquoi, hein ? Pourquoi tu te demandais sans cesse. Pourquoi il fallait que ça tombe sur vous ? qu'il termine comme ça, et que toi, tu termine comme ça ? Pourquoi Harley était griffé de partout, les cheveux en bataille ? Pourquoi toi tu tirais une tête de dix mètres de loin, comme si on te conduisait à l'abattoir ? Pourquoi vous. Il s'était fait dessus – encore – mais sur le coup... Ce n'était pas ce qui avait plus retenu ton attention. Et puis de toute façon, Nei vint rapidement briser ce moment de stupéfaction chez Varian. « Oui. » Oui ils avaient parlé. Il avait été honnête, tout en gardant beaucoup pour lui mais... Mais il avait quand même ouvert l bouche pour répondre à ce monstre nain. Elle parlait, elle parlait en déversant son venin... « Hein ? Non je...» Non, non ce n'était pas du tout... Il entrouvrit légèrement la bouche, surpris puis soudain en colère. Mais qu'est-ce que tu pouvais faire, hein ? Hormis rester là, bêtement, sans bouger, sans contester ? « Je... » Tu ne savais pas quoi dire. Et puis, de toute façon, tu n'avais pas voix au chapitre, le regard que te lança Aya t'en informa assez rapidement.

Il ne voulait pas. Il ne voulait pas qu'il vienne le prendre dans ses bras. Pas après ce que venait de dire Nei. Pas comme ça, il ne voulait pas serrer ce Harley. Mais avait-il le choix ? Varian le vit avancer lentement presque comme un zombie et ne fit aucun mouvement de recul. Son visage se crispa juste quand Harley écarta les bras pour le serrer contre lui. Tu aurais pu te plaindre de l'odeur, de sa tenue, du sang qu'il avait sur le visage, de tout... Mais tu n'avais qu'une envie c'était de pleurer. Vraiment. Mais tu n'allais pas leur faire ce plaisir, hein ?    


LONG TIME AGO (harley 15 ans, varian 16 ans, sur l'Arche)
Était-elle sérieuse ? Vraiment ? Varian regarda son voisin avec un mélange de perplexité et de dégoût dans le regard : ils allaient vraiment devoir faire ça ? Il ne se sentait pas paniqué devant sa première tâche du jour, non, il se sentait pris de court devant une mission qu'il n'avait pas envisagé, et totalement répugné par les deux individus qu'on avait amené jusqu'à eux. Mylene referma la porte et il laissa échapper un juron. « Que je... D'accord. » S'il y tenait. Un vieux c'est un vieux, pensa t-il. C'était dégoûtant dans tout les cas. Il se dirigea à grand pas vers la vieille femme qu'il salua d'un sourire poli et d'un geste de la main qui se voulait cool et détendu. Il l'aida à se lever et la guida vers la douche avant de l'y asseoir sur la chaise prévu à cet effet. Trois minutes pour y arriver. « Bon on va... » Retirer vos fringues. Bordel, vous pouvez pas le faire tous seul ? Je suis qu'un ado de seize ans, chui habitué à voir des paires de seins qui tiennent en place et pas une ride sur les cuisses. C'est dégueulasse là. Il lança un regarda agacé à son voisin, comme s'il était une fois de plus la cause de tout ses malheurs et attrapa le jet avant d'allumer l'eau. « Aller, on s'frotte. » Il n'aurait jamais cru balancer ça à une vieille femme. De temps en temps il regardait son voisin, histoire de se réjouir de ne pas être le seul répugné et à galérer dans la pièce. « Le premier qui termine ? »       


AUJOURD'HUI
Aya quitta la drôle de scène qu'elle avait sous les yeux pour se tourner vers son amie. « Il s'est jeté dans un buisson près de la clôture. Je n'ai rien vu venir... » C'était la vérité après tout, elle haussa les épaules. « Et puisqu'il est bête il a mis très longtemps à s'en sortir. M'enfin, faut croire que se pisser dessus à dû aider. » Elle était un peu désolée pour son amie d'avoir un esclave aussi bête mais d'un autre côté, il était terriblement distrayant. « Désolé de l'avoir abîmé pendant la sortie, du coup... » Du coin de l’œil elle vit Varian repousser l'esclave blessé, se dégager de son étreinte. « Varian tu fou quoi ? Nei a pas dit d'arrêter ! » C'est pas toi qui décide ici. Pigé ? Pourtant elle dégagea Harley d'un geste brusque pour attraper son esclave par une oreille. « Hein ? Tu m'entends ? Harley te fais un câlin, alors on le rejette pas. Même si c'est sale. Et qu'il est sale. » Elle lui colla une petite claque sur la joue et fronça les sourcils. « C'est quoi ça ? Tu chiales ? Nei, mon esclave de sexe masculin ou presque chiale. » Oh non, pas ça Varian, hein ? Je t'avais déjà entendu pleurer dans ton coin, et parce que tu avais la décence de le faire en silence, je t'avais laissé. Mais là ? Devant ma Nei ? C'était ridicule. Tu étais comme ce Harley en fin de compte ? Toi aussi tu chouinais ?     


LONG TIME AGO (sur l'Arche, harley 18 ans, varian 19 ans)
Il se sentit basculer en arrière et ce réceptionna de manière un peu étrange sur son lit. « Tu sais très bien que... » Il le laissa retirer son tee shirt. « … je la ferme jamais. » Pas quand je suis dans cet état là, pas quand tu me fais tout ça. Tu sais à quel point ça m'avait manqué ? Non, évidement que non. Tu n'en savais rien. Je pense que j'aurais beau te le dire et te le redire que tu ne comprendrais jamais à quel point tu étais essentiel pour moi. Il était tombé amoureux de toi aussi l'autre connard ? Hein ? Est-ce qu'il était tombé sous le charme de ton sourire, de ce petit rire adorable que tu laissais échapper parfois quand on était rien que tout les deux ? Est-ce qu'il te trouvais magnifique aussi ? Est-ce qu'il avait comme moi cette obsession pour ces yeux que tu avais, pour ce torse que je me plaisais à embrasser et contre lequel j'aimais me blottir ? Je ne pense pas. Rien ne peux être aussi fort que tout ça, rien. C'est... « … rley ? » Son voisin avait arrêté ses baisers le coupant brutalement dans ses pensées. Le cœur encore complètement emballé, il se redressa sur un coude pour jeter un coup d’œil à son voisin, perplexe. « Varian. » Il esquissa un petit sourire. « Est-ce qu'on fera un jour notre vie ensemble, Varian ? » Je sais, je suis con et je pinaille. Mais c'est tout moi ça. Il retomba mollement sur le lit et passa une main dans ses cheveux brun. « Si tu me supporte assez longtemps pour, alors oui. »  répondit-il finalement. Sa main se faufila sous son tee shirt pour caresser ses épaules et il laissa échapper un léger petit soupire. Tu sais que j'aimais les filles Harley ? Tu le savais ça ? Que j'aimais tout chez elles, leurs formes, leurs voix, leurs rires et toute cette sensualité qu'elles dégageaient. Tu le savais bien ça, non ? Et pourtant c'était de toi que j'étais amoureux, toi qui me rendais malade si je te quittais plus d'une journée et toi que je voulais à mes côtés pour toujours.


AUJOURD'HUI
Il pleurait. Bon sang, il pleurait ! Abusé par cette situation qui n'avais plus de sens, assommé par toutes ses histoires qui... Tout le dépassait. Il n'en pouvait plus. Kimi, Cara et maintenant ça, c'était la goutte d'eau. Aya lui tirait toujours une oreille, lui donna une petite claque sèche sur la joue qui le fit rougir instantanément et il renifla puis se frotta les yeux. « Ouin... y'a pas maman pour sécher mes larmes. » Oui non, maman était à quelques maisons d'ici et elle ne se doutait pas un seul instant de ce que faisait sa fille. « Tu es pitoyable. » Il voulu baisser la tête mais elle l'attrapa par le menton. « Tu es moche, inutile et pitoyable. En une soirée, Harley m'a beaucoup plus amusé que toi en trois ans. » Non, je faisais tout ce que tu voulais Aya, tout ! Littéralement ! Pourquoi tu me disais tout ça, pourquoi tu étais si odieuse ? Si c'était pour ton fiançailles, je n'y pouvais rien. Si c'était pour Ael, là non plus.
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Harley Weise
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MessageSujet: Re: a million dreams are keeping me awake (harley) Mer 11 Avr - 22:44

dans le présent.
Il avait honte. Il se sentait couvert, sali par la honte. Et pourtant, c'était ses mots à elle qui s'inscrivaient en lettres de feu dans ta petite cervelle inutile. Qu'elle se moque de toi, tu en avais l'habitude même si ça continuait invariablement de te démolir un peu plus à chaque fois. À une époque, quand tu avais encore toute ta tête et que c'était Azgeda qui s'y collait, tu cherchais à te convaincre que c'était pour mieux te dominer, pour t'apprendre où était ta nouvelle place… Maintenant tu te disais juste que c'était vrai, et que Nei avait raison de se moquer. Tu étais risible, Harley, juste risible. La jeune fille lui attrapa les mains pour le forcer à sortir de sa cachette, ce qu'il fit en réprimant à grand peine un gémissement, et lui montra du doigt Varian, de l'autre côté de la pièce. Harley baissa les yeux pour ne pas avoir à croiser son regard. Pourquoi tu me disais ça, Nei ? Varian était mon ami, il me l'avait dit. Il… C'était pas comme avant, mais il avait dit ami, et les amis ne disaient pas ça… Si ? Ou peut-être que les amis disaient ça de Harley, parce que Harley n'avait pas d'amis ? Et maintenant, ça me piquait le cœur. Ça l'écrasait, ça le broyait dans ma poitrine dans une douleur sourde. Tu m'avais dit que tu étais mon ami, mais tu me détestais toujours, Varian-V. ? Pourquoi… Je voulais juste être gentil moi, avoir un peu de ce qu'on avait avant. J'avais encore toutes les images dans ma tête, moi. J'avais pas envie de te faire des câlins, pas comme avant, parce que je ne voulais pas casser mon cœur et ma tête, mais j'avais envie que tu sois gentil. Peiné, Harley battit des paupières en fixant le bout de ses chaussures. Mort… Moi aussi, j'avais eu envie d'être mort. J'avais eu envie qu'on me tue, qu'on m'achève pour m'empêcher de faire des bêtises. J'avais eu envie d'être mort pour arrêter d'avoir mal et d'avoir honte. J'avais eu envie d'être mort parce que j'étais seul, sans toi, sans Kimi et sans Papa. Et puis j'avais arrêté d'avoir envie d'être mort. Pour peut-être que ça n'avait été que des pensées que je n'avais jamais vraiment pensé. Que j'étais un lâche et que je n'avais jamais eu envie de mourir pour de bon. De belles idées en somme, comme toutes ces choses que nous nous étions dites dans le ciel. Mais que Varian puisse le vouloir mort… Harley se sentait hurler à l'intérieur, se tordre de douleur, mais ses yeux restèrent secs. Il n'avait même pas envie de pleurer, juste de disparaître.

L'ordre de Nei lui parvint comme à travers un brouillard, sans le moindre sens. Après une seconde interminable où il resta là, le regard dans le vide, Harley s'avança lentement à travers la pièce avec la démarche d'un automate et écarta les bras pour serrer Varian contre lui. Il avait dit qu'il ne me détesterait jamais. Ça c'était y a longtemps. Et après, aujourd'hui, il avait dit qu'on était amis. Et il avait dit à Nei qu'il me détestait et qu'il voulait que je sois mort. « C-c'est s... » C'est si horrible que ça de me voir, Varian-V. ? Qu'on se parle ? Moi j'ai peur, mais il y a toujours cette sensation un peu étrange dans mon ventre quand je te vois… Je crois que quelque part, je suis content. Et maintenant, j'ai juste mal. Mal comme avec Nei ou Azgeda, mal de n'être rien, d'être détesté, d'être humilié encore une fois. Même Varian avait réussi ce tour de force de se moquer de lui avec Nei, de lui dire des choses et de raconter le contraire à la maîtresse. Ils avaient bien dû rire tous les deux en imaginant ce pauvre Harley idiot penser qu'ils étaient vraiment amis.

dans le passé.
Maintenant qu'il avait refilé la vieille à son voisin, Harley ne se sentait pas beaucoup plus serein. Il se dirigea à pas lents vers le vieux allongé dans un lit. « Bon, euh… À la douche. » balança-t-il à tout hasard d'une voix peu aimable. « Hein ? » Fantastique. « À la douche ! » répéta-t-il plus fort en glissant un coup d’œil nerveux à Standall, déjà affairé à mener sa mamie à la douche. D'une main tremblante, le papy lui montra une chaise roulante. « Ah... » Harley soupira et tira la chaise jusqu'au lit. « Voilà... » « J-j-je p-peux p-p-pas me lev… Me lever s-seul... » marmotta le grand-père. Oh putain, il me courrait déjà sur le haricot et toi là-ba en fond, tu me glissais des regards bizarres, comme si c'était de ma faute. Et en plus... Harley ne supportait pas les gens chevrotant, pour qui il fallait dix ans pour s'exprimer. « I-i-il faut me p-port... » « Ouais, ouais ! » Le visage plissé par le dégoût, l'adolescent vira la couverture et attrapa le vieux par les aisselles… Avant de se rendre compte qu'il n'arriverait jamais à le porter. Déjà parce que le vieux ne faisait aucun effort et restait un poids mort, ensuite parce que Harley avait les bras trop courts. Standall choisit ce moment pour le mettre au défi. « Mais ta gueule ! » Le vieux hoqueta au bout de ses bras. C'est ça, tu voyais que je galérais alors tu voulais en profiter pour m'humilier, Standall ? Tu voulais frimer avec ta super vieille qui savait marcher et se frotter toute seule ? Maintenant, il regrettait d'avoir choisi le vieux. D'ailleurs, l'idée même de le voir à poil l'effraya. « Bon, faites un effort, vous ! » « J-je suis… Je s-suis mal-malade, pet-petit c-con... » Harley tira plus fort pour le soulever… Et ils tombèrent tous les deux hors du lit, Harley trébuchant sur la chaise roulante. « AAAAAAHIIIIIII ! »

dans le présent.
Un grand sourire réjoui aux lèvres, Nei regarda son esclave enlasser doucement Varian et le serrer contre lui, le visage fermé. Il n'avait pas l'air vraiment là et ça, ça la frustrait… Mais elle compensait avec la tête inimitable de Varian. Tu vois, Varian ? J'allais gagner contre toi. J'allais te démolir, t'explorer, te vaincre. J'allais utiliser Harley pour ça, juste pour jouer et voir ta mine défaite. Tu te croyais malin à répondre à côté à tous les coups ? À faire le fier ? Le petit coq ? Amuse-toi bien. « T'inquiète, je dirais qu'il n'a pas vu un buisson et qu'il a foncé dedans. Il y voit que dalle dans le noir de toute façon. Tu savais qu'en approchant lentement dehors, de nuit, il ne te verrait même pas arriver ? Essaie à l'occasion, Maman vous le prêtera bien un jour. Tu hurles dans son oreille alors qu'il est dehors, dans la nuit, et tu regardes sa réaction. Trop drôle. » Dans les faits, elle ne se sentait pas si sûre d'elle concernant la réaction de ses parents, mais Harley ne la dénoncerait pas elle et ils n'oseraient pas dire quoi que ce soit à Aya. Elles étaient tran-quil-les. Elle observa la suite avec amusement puis s'avança lentement. « Ah mais au moins, il arrête de se la jouer cœur de pierre. Eh bah quoi Varian, tu pleures parce qu'on te fait un câlin ? Parce que Harley est gentil avec toi malgré ta méchanceté ? C'était vraiment pas très gentil de me dire tout ça dans son dos... » Du coin de l’œil, elle surveilla le visage de son esclave mais Harley restait planté là, les yeux dans le vague et le visage défait. « Mais si vraiment tu veux lui faire comprendre que tu ne l'aimes pas, regarde... » Elle se tourna vivement et balança un vigoureux coup de pied dans l'entre-jambe de Harley, l'écoutant se plier en deux avec un glapissement d'animal blessé. « Ça il comprend bien. Vas-y, explique à Harley tout ce que tu m'as dit, Varian. Il comprendra mieux si ça vient directement de toi. » Nei s'agenouilla devant son eslcave et lui tapota la tête du bout des doigts. « Harley, Varian a beaucoup de choses à te dire. » Aller Varian, vas-y, contredis-moi.

dans le passé.
« Mais ta gueule… Putain... » souffla-t-il d'une voix fatiguée en fermant les yeux. Il avait mal partout et il était épuisé, mais il se sentait bien contre le torse de Varian. Il se sentait à sa place – une place qui lui avait beaucoup trop manqué – et juste bien, comme un gosse. La peau chaude de son copain lui brûlait ses joues abîmées… Je crois que je pouvais bien tomber dans les pommes ici Varian, là, maintenant… Tant pis, c'était un bon endroit pour aller mal. « T'es con... » marmonna-t-il en raccourcissant étonnamment ses mots. « De toute façon, je… Je n'ai personne d'autre qui voudra bien de moi. » Si, Harry… Mais ce n'était pas pareil. C'était plus doux et plus tranquille, plus normal, mai il manquait quelque chose de crucial. Harley caressa le torse de Varian du bout d'un doigt. « T-tu… Tu m'as mis dehors, l'aut' jour. » Il était fatigué… Et il avait la tête lourde, avec des vertiges qui lui filaient la nausée.

dans le présent.
À travers le brouillard, Harley se demanda pourquoi Varian pleurait. Parce qu'il lui faisait un câlin ? Moi non plus, je n'avais pas envie de te serrer contre moi. Je n'avais pas envie de sentir tes habits à travers les miens, ou ton odeur, ou te voir de trop près. Ça me remplissait la tête de plein de sensations qui ne s'effaçaient plus, qui allaient me tourner dedans sans cesse. Des fois, je me roulais dans la neige pour que ça s'arrête, ou je courrais dans les bois, ou je plongeais mon visage dans la glace pour oublier. Mais là, ça faisait trop. Je suis sûr qu'un jour, j'allais mourir de tout ça, en explosant et en ayant mal. Tu sais, ça montait progressivement. Au début ça allait, et puis d'un coup ça atteignait le trop-plein. Et moi, j'aimais pas. Varian le repoussa brutalement et Harley recula d'un pas en marchant sur ses lacets. Aya et Nei... Il les écouta parler avec détachement, trop peiné, trop blessé pour vraiment comprendre ce qu'elles disaient. Le coup de pied surprise de Nei le réveilla d'un coup, le jetant par terre.

Des mots de Nei, il n'entendit que la fin, à moitié à genoux par terre à se tenir l'entre-jambe, à moitié occupé à fixer une brindille boueuse sur le sol. Et là, tu voyais des petites tâches noires entre toi et la brindille, et tu entendais chacun des mots de la maîtresse avec un détachement qui t'horrifiait toi-même. Il était trop perdu pour se rendre compte que Nei s'amusait beaucoup – beaucoup trop.
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a million dreams are keeping me awake (harley)

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