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[15/09/82] Life is a lie. (Naleya)

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Nathan Miller
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MessageSujet: [15/09/82] Life is a lie. (Naleya) [15/09/82] Life is a lie. (Naleya) EmptyLun 24 Fév - 19:12

La chrono :
 

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"I used to remember this afternoon when you sat there, by my side. You saw through my heart, through my emptiness & you told me, to listen. And you were holding both my hands & you said : "You know, it's just like a funeral". To say goodbye again for one last time. All my light turned to darkness, all my gold turned to sorrow. All I knew was a lie, all I need is just in front of me. I know, it's just like a funeral to say goodbye again for one last time. " Like a Funeral (Erik Jonasson)

C’est étrange de me retrouver chez les Woods, sans Lucy à mes côtés, mais bien plus étrange encore de me répéter que plus jamais elle ne sera dans ce logement avec moi. Ni ailleurs… J’ai un sourire amer, quand je repense à l’une des premières choses que l’on s’est dit, quand nous nous sommes retrouvés l’un en face de l’autre, sur Terre. On s’était parlé via radio durant mon « séjour » au Mont Weather, mais nous ne nous étions vraiment retrouvés qu’à mon arrivée à Cérès. « Tu vois, j’ai toujours raison : je t’avais bien dit que rien ne pourrait nous séparer, hein ? » La fierté qui se dégageait de ses propos amusés m’avait fait lever les yeux au ciel, avant que je ne lui rétorque une connerie de mon crû : « Pourtant, j’ai bien essayé de me débarrasser de toi ! ». Des éclats de rire brillants dans ses yeux larmoyants, l’ingénieure en informatique m’avait donné une tape sur l’épaule avant de me serrer dans ses bras. Ca avait été à ce moment précis qu’enfin, je m’étais véritablement senti chez moi. J’avais pu retrouver mon père, et Bryan, quelques jours plus tôt, les deux étant venus dans le bunker pour mener à bien l’opération visant à nous tirer de là. Maintenant que j’avais retrouvé cette blondinette, j’avais enfin à mes côtés, tous les êtres chers à mes yeux. Ce bonheur avait été de courte durée… « Pourquoi diable a-t-il fallut que tu te proposes pour aller chasser ? », soufflé-je, d’une voix brisée par l’émotion, assis sur le lit de Lucy, tenant une photo de nous qu’elle avait décidé d’afficher dans cette pièce. Question purement rhétorique, je connais parfaitement la réponse. La Woods n’était qu’une idiote, qui voulait se rendre utile par tous les moyens. Il faut dire que son père avait choisi de se sacrifier, en mai, sur l’Arche, afin d’assurer une portion supplémentaire d’oxygène. Mr Woods était gravement malade, il avait fait du grand Woods en agissant ainsi. Il savait qu’il était plus un poids qu’autre chose pour la Colonie, et bien que cette décision n’avait sans doute pas été facile pour lui, il a fait ce qui lui semblait le plus juste. Lucy avait tenté de le faire changer d’avis, mais sa mère l’a convaincue de le laisser faire, mettant en avant la logique du raisonnement de son époux : lui avait – d’une certaine façon – fait son temps. Il était temps de laisser place aux jeunes, à ceux qui avaient une chance réelle de s’en sortir et d’enfin découvrir la Terre. Malheureusement, l’arrivée sur la planète bleue n’avait pas épargné Mme Woods, qui en était ressortie gravement blessée. Si désormais, son corps était guéri, ses blessures mentales subsistaient… Découvrir une Terre bien plus hostile qu’on ne l’avait tous envisagé, et sans son époux de prime, n’avait pas été facile à digérer pour elle. Et comme si ça n’était pas assez pour Lucy, il a fallu que Dean, son fiancé, figure parmi les récentes victimes du mal inconnu qui provoquait tant de dégâts, un peu partout. Voulant aider à prendre soin d’eux, et des autres, Lucy avait donc choisi de se rendre utile en allant chasser… Sa gentillesse ainsi que son profond désir de venir en aide aux autres, lui avait coûté la vie…

Tout ça mène donc à aujourd’hui. Me voici le seul, parmi les gens qui ont eu l’immense honneur d’être un jour proche d’elle, capable de choisir ce qu’elle portera, quand on la mettra en Terre, ainsi que les effets « autres » qu’elle pourrait amener avec elle. « T’es qu’une idiote ! » décrété-je, avec amertume, laissant retomber la photo, mollement, sur ce qui fut son lit. Evidemment, je suis en colère, je lui en veux, à Lucy, d’avoir pris un tel risque, alors qu’elle a toujours plutôt été cérébral que sportive. J’ai un goût d’abandon qui m’envahi la bouche, bien qu’ayant conscience que c’est réellement injuste de lui en vouloir : elle n’a pas cherché à mourir, je le sais bien ! Me dirigeant vers sa penderie, j’essaie de lutter contre les larmes qui chercher à se faufiler à travers ma barrière colérique. Pendant de longues minutes (à mes yeux du moins !) je fixe sans vraiment les voir, les vêtements qui s’y trouvent. Comment je pourrais bien savoir, moi, ce qui conviendrait le plus, pour être l’ultime tenue que Lucy portera jamais ? Comme pour chercher du réconfort, ma main se glisse dans ma poche, pour en sortir une pièce de monnaie d’un autre temps. Cette pièce qui a déjà dû être sur Terre, des siècles plus tôt, avant qu’un futur Archéen ne l’amène avec lui dans l’Espace, et qu’elle ne devienne un objet qui se léguait de générations en générations. Si elle a ainsi progressivement perdu sa valeur monétaire, elle a acquit une valeur plus sentimentale, jusqu’à finir entre les mains de ma famille. Mon père la tenait de son meilleur ami, qui était également son demi-frère, et surtout, son meilleur ami. C’est afin de lui rendre hommage que mon père m’a d’ailleurs donné son prénom, avant de me léguer, des années après ma naissance, la pièce que ce Nathan lui avait donnée, quelques mois avant de rendre son dernier souffle. A mon tour, j’avais donc confié cette pièce à Lucy, après qu’on m’ait envoyé en Prison. A mes yeux, cette pièce ne pouvait se transmettre qu’ainsi, de meilleur(e)s ami(e)s à meilleur(e)s ami(e)s. Je n’avais pas prévu de remettre un jour la main dessus, et encore moins en de telles circonstances…

Ca n’est que maintenant que je prends conscience de l’ironie de notre amitié : elle est née suite à un deuil (celui de ma mère, que Lucy m’avait aidé à surmonter), et se termine dans un autre deuil, celui de la Woods, qui, au fil des années, était devenue comme une sœur, pour moi…. Allez savoir pourquoi, cette pensée me fait rire, ouvertement, comme un demeuré, devant une armoire remplie de vêtement d’une récente morte. Tâchant d’étouffer mon fou-rire incontrôlé d’une main sur ma bouche, je me tourne, ayant aperçu une silhouette se refléter sur le miroir d’une des portes de l’armoire. Me mordillant la lèvre pour étouffer ce rire malvenu, je demande alors : « C’est mon père qui t’envoie me voir ? ». Ca ne m’étonnerait même pas qu’il ait demandé à Naleya de venir me parler. Il sait bien que je vais mal, et qu’à cause de ma fierté et de ma pudeur, face à lui, je ne dirai rien. Il n'est pas plus garanti que je dise quoi que ce soit à la blonde, quand bien même elle est ma marraine... De toute façon, suivant depuis combien de temps elle se trouve dans l'appartement, avant qu'elle ne se soit rendu jusqu'à cette chambre, il est possible qu'elle ait une idée assez précise de mon état d'esprit : j'ai parlé tout seul, à voix haute, disputant une autre blonde qui ne pourra désormais plus plaider sa cause...


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MessageSujet: Re: [15/09/82] Life is a lie. (Naleya) [15/09/82] Life is a lie. (Naleya) EmptyDim 22 Mar - 0:25

Life is a lie.
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La vie sur Terre n’avait rien à voir avec la vie rêvée que les Archéens avaient toujours imaginée. Naleya se souvenait des soirées, un petit peu alcoolisées, avec ses meilleures amies où elles s’amusaient à déblatérer sur leur vie sur Terre. Elles s’étaient fiées à ce qu’elles avaient vu dans les livres et dans les films. Elles s’étaient imaginées une grande maison, une voiture, un métier, mais ça n’avait rien à voir avec tout ça. La Terre n’avait plus rien à voir avec ce qu’elle avait été autrefois. Les Archéens étaient tombés dans un endroit complètement détruit et surtout hostile. Plus de bâtiments qui surplombaient le ciel ni même de routes qui menaient d’un point A à un point B. C’était de se retrouver dans un monde complètement différent qui poussait Nala à se cloitrer dans son appartement et, surtout, à ne pas quitter les murs de Cérès. La psychologue ne se sentait pas en sécurité et ça serait mentir que de dire que les natifs ne lui faisaient pas peur. La blonde avait cette constante boule à l’estomac. C’était déroutant de ne pas savoir de quoi demain serait fait. Entre le danger extérieur et l’étrange maladie qui attaquait les gens à l’intérieur de leurs murs… Qui pouvait affirmer hors de tout doute qu’ils allaient s’en sortir ? Pas elle. Elle n’en parlait pas trop, mais elle était extrêmement craintive et intimidée par ces nouveautés. Abby ne savait rien de l’état d’esprit de la psychologue et il était impossible de lui reprocher quoi que ce soit, cette dernière se donnait corps et âme avec des malades qu’elle ne savait pas comment soigner. Nala l’avait déjà vu au bout du rouleau, mais pas à ce point. Leur dernier entretien lui avait brisé le cœur et elle n’avait pas su si Abigail avait besoin de la psychologue ou de sa meilleure amie. La blonde s’était contentée de se taire pour la garder dans ses bras un certain temps. Comment rassurer quelqu’un lorsqu’on ne l’était pas soi-même ? Comment clamer haut et fort que tout allait bien aller quand Naleya n’en avait aucune idée ? C’était frustrant. Elle avait l’impression de ne plus être l’ombre d’elle-même dans cet endroit. Elle se sentait autant écrasée que vulnérable. Tout ce qu’elle voulait était de donner de sa personne à ceux qui le souhaitaient. Sauf qu’elle n’était pas beaucoup occupée. Volontairement, les gens ne venaient pas vers elle. Et si elle continuait d’attendre que le temps fasse les choses, Nala sentait qu’elle allait perdre certains de ses proches. Immédiatement, ses pensées dévièrent vers Nathan. Son filleul vivait un moment particulièrement difficile et Nala avait l’horrible impression qu’il évitait de croiser sa route. Une petite voix dans sa tête lui répétait sans cesse de ne pas respecter ce besoin d’éloignement, pas cette fois. Naleya n’avait jamais fait partie des gens insistants préférant garder sa porte ouverte en tout temps, mais cette fois, elle devait faire exception. Elle tenait à Nathan plus qu’elle n’aurait pu croire lorsqu’on lui avait demandé d’être la marraine du bambin. Aujourd’hui, même si l’homme qu’il était devenu ne l’avouerait jamais, il avait besoin d’une présence. Si ce n’était pas celle de Naleya, elle lui trouverait la bonne personne.

La blonde l’avait suivi. Elle aurait dû s’y prendre autrement, elle le savait très bien, mais elle connaissait suffisamment son filleul pour savoir s’il l’aurait esquivé. Même si ça lui ne plaisait pas, elle devait d’imposer. Naleya ne put retenir un soupir en le voyant se diriger vers l’appartement de sa meilleure amie décédée tragiquement lors de la dernière chasse. Cette histoire avait beaucoup ébranlé la psychologue. Les rumeurs disaient que c’était la maladie qui avait affaibli le groupe et que des erreurs irréparables avaient été commises. Terrible… Elle n’osait même pas imaginer l’état dans lequel se trouvait Nathan. Lucy et lui étaient si proches. Si Nala perdait Abigail… Non. Elle aimait mieux ne pas y penser. Elle ne pouvait pas ressentir la douleur ressentie par son filleul et ce qu’elle voyait lui brisait le cœur. Il était profondément blessé, perdu, en colère, triste… Bref, un mélange d’émotions tout à fait normal quelque temps après une nouvelle aussi tragique. Dans un premier temps, la psychologue resta en retrait pour observer Nathan qui ne semblait pas savoir comment se gérer. Naleya finit par avancer vers le jeune homme, elle avait le visage fermé dans un premier temps. « Je n’ai pas besoin de ton père pour venir te voir mon ourson. » rétorqua la blonde. Le père Miller lui aurait sûrement fait la demande dans les prochains jours, mais Nala avait senti qu’elle devait prendre les devants. Les prochains jours seraient essentiels pour le bien du fils Miller. Lentement, la blondinette s’approcha et elle glissa sa main dans celle du jeune homme. « Même si tu dois avoir l’impression du contraire en ce moment, tu n’es pas seul Nathan. Tu ne le seras jamais. » Elle se risqua à un petit sourire se voulant rassurer. Elle parlait, bien sûr, d’elle, de son père, des 100 et de toutes autres personnes avec qui il avait créé des liens. « Ne garde pas tes émotions pour toi. De quoi as-tu besoin ? Hurler ? Pleurer ? Casser quelque chose ? » Jamais Nala ne serait dans le jugement et Miller le savait très bien. Il pouvait tout lui dire, tout faire avec elle et ça resterait entre eux. Nathan pouvait avoir totalement confiance en elle. Naleya allait mourir avec les secrets de la plupart des gens de l’Arche.
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MessageSujet: Re: [15/09/82] Life is a lie. (Naleya) [15/09/82] Life is a lie. (Naleya) EmptyDim 5 Avr - 21:35

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"I used to remember this afternoon when you sat there, by my side. You saw through my heart, through my emptiness & you told me, to listen. And you were holding both my hands & you said : "You know, it's just like a funeral". To say goodbye again for one last time. All my light turned to darkness, all my gold turned to sorrow. All I knew was a lie, all I need is just in front of me. I know, it's just like a funeral to say goodbye again for one last time. " Like a Funeral (Erik Jonasson)

« Je n’ai pas besoin de ton père pour venir te voir mon ourson. », me fait savoir ma marraine, employant pour ce faire, le surnom qu’elle est bien la seule à me donner. D’ordinaire, ça me fait sourire, mais pas aujourd’hui. Sourire me semble bien impensable en un tel instant. Il n’y a donc pas l’ombre d’un sourire sur mes lèvres, quand la psy glisse sa main dans la mienne. Je sens sa main attraper la mienne, mais, je ne parviens à ordonner à ma propre main, de la serrer doucement en retard, que bien des secondes plus tard. C’est un peu comme s’il y avait un détachement entre mon corps, mes sensations et le contrôle que j’ai sur celui-ci. « Même si tu dois avoir l’impression du contraire en ce moment, tu n’es pas seul Nathan. Tu ne le seras jamais. » Ses mots se veulent réconfortants mais ils ne font pas mouche. Je pousse un profond soupir, sentant plus encore le poids de l’écrasante solitude que m’impose la mort de Lucy, appuyer lourdement sur mes épaules. Je sais que je ne suis pas seul. Je le sais comme je sais comment fonctionne la pesanteur terrestre. C’est une connaissance principalement théorique, bien plus que pratique. C’est sans doute l’instant et le deuil que je traverse, qui me fait voir les choses sous un angle aussi pessimiste. Au fond de moi, je sais sans l’ombre d’un doute que même si Lucy n’est plus là, j’ai toujours des proches sur lesquels compter : Nala, mon père, Bryan, Raven…. Pour ne citer qu’eux. Mais aucun d’eux n’est Lucy, aucun d’eux ne m’a aidé comme elle l’a fait, n’a pris la peine de me connaître et de me comprendre aussi facilement qu’elle, pour finir par me comprendre en un seul regard. A mes yeux, Lucy était mon âme sœur amicale. Notre amitié s’est installée presque dès notre 1ère conversation, et on a manifesté très tôt une belle complicité, qui n’a cessé de grandir durant nos conversations. A croire qu’on se connaissait avant même notre rencontre… Automatiquement, maintenant qu’elle n’est plus là, et que nous ne sommes pas séparés uniquement par une grande distance, ça m’impacte bien plus. Au moins, quand elle était dans l’Espace et moi sur Terre, je pouvais me rassurer en me disant qu’elle était encore en vie, et espérer que la Colonie allait bientôt nous rejoindre. Maintenant… elle est morte…« Ne garde pas tes émotions pour toi. De quoi as-tu besoin ? Hurler ? Pleurer ? Casser quelque chose ? », me suggère la blonde, sous mon regard ébahi. Même si mes sourcils ne viennent à se froncer qu’avec quelques secondes de retard, comme ma main a mis du temps à se mouvoir, précédemment.

Je secoue la tête négativement, avec vigueur. Curieusement, c’est avec lenteur par contre que ma main se retire de celle de ma marraine. « J’ai juste besoin de Lucy. Mais elle ne reviendra pas, que je m’effondre en larmes ou que je pulvérise son appartement… » Ce qui ne sera pas apprécié par sa mère, on est bien d’accord dessus ! La tristesse est flagrante dans mon regard, quand je le darde de nouveau sur la Rosemary. « Je… Je sais pas ce que je vais devenir, sans Lucy pour m’équilibrer… », confessé-je d’une voix douloureuse. Toutes les personnes qui me connaissent un minimum correctement, n’ont pas pu ignorer à quel point Lucy me contrebalançait. C’est principalement sous son influence que j’ai réussis à poursuivre ma scolarité sans trop me planter. C’est aussi elle qui m’a retenu de faire un tas de conneries ou de délits en tout genre, même si elle n’a pas pu me retenir de toutes les faire… Ce constat tout juste formulé à haute voix, je me laisse littéralement glisser contre le miroir de la porte de l’armoire. Lessivé. Brisé. Perdu.

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MessageSujet: Re: [15/09/82] Life is a lie. (Naleya) [15/09/82] Life is a lie. (Naleya) EmptyDim 12 Avr - 2:12

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Naleya se doutait bien qu’elle n’arriverait pas à le soulager aussi facilement et que ses tentatives d’approche seraient vaines, mais elle se devait de tenter quelque chose. Si son neveu n’avait pas envie de parler, Nala allait rester près de lui, silencieuse. Parfois une simple présence pouvait suffire seulement pour rappeler à une personne qu’elle n’était pas seule. Dans ce genre de circonstances les gestes étaient plus utiles que les mots. Au fond, sa question était rhétorique. Nalaya aurait pu parier sur cette réponse et que son filleul lui affirme qu’il avait uniquement besoin de sa meilleure amie. La chaleur de sa main avait quitté la sienne tandis qu’il s’éloignait. La femme n’aimait pas le voir souffrir de cette manière, mais elle comprenait aussi que dans l’immédiat, Nathan avait besoin de vivre cette douleur. Elle faisait partie des étapes du deuil. Une étape à la fois, aussi longue soit-elle. « Laisse le temps faire son travail. » Les choses n’allaient pas commencer à être plus facile du jour au lendemain, c’était une évidence. Mais chaque jour était un pas de plus vers l’acceptation. Le manque serait toujours présent, mais l’acceptation allait permettre de se rattacher aux meilleurs souvenirs et de réaliser que Lucy n’était jamais bien loin. Tant qu’elle serait dans le cœur de Nathan, elle serait toujours présente et il allait la voir dans ses gestes du quotidien. Une chose à la fois, aujourd’hui, Nathan était perdu et l’avenir lui faisait peur. Il avait perdu son équilibre et il ne savait pas comment il allait s’en sortir.

Nathan se laissa tomber au sol et Nala le rejoint. Elle s’accroupit devant lui et elle posa délicatement ses deux mains sur les genoux du brun. Ce n’était pas nouveau, elle était plutôt tactile et c’était sa manière à elle de lui montrer sa présence. Son regard ne se détachait pas du visage de son filleul. Ce qu’elle voyait lui brisait le cœur. Tout était différent lorsqu’on connaissait personnellement la personne affectée par une mort. Elle ne pouvait pas se permettre d’utiliser ses phrases toutes faites dans l’espoir de le soulager. Elle connaissait le caractère de Nathan au même titre qu’elle connaissait celui d’Abigail et qu’à la mort de Jake, le silence avait été la meilleure solution. C’était sans doute le cas ici également. Nala se laissa tomber sur les fesses en face de Nate et elle l’observa, les lèvres pincées. Ses pouces bougeaient légèrement sur les genoux de son filleul pour lui indiquer qu’elle restait présente. La femme laissa de longues minutes passer de cette manière dans l’espoir de calmer légèrement les choses et les émotions qui pouvaient submerger son neveu. « Pourquoi tu es venu ici ? » Être entouré des souvenirs de Lucy n’était pas l’idéal dans sa situation, même si elle se doutait très bien que ça devait être sa manière à lui d’essayer de se sentir proche de sa meilleure amie. Elle avait besoin de l’entendre lui dire, elle avait besoin de le faire parler. Contrairement à ses autres patients, elle avait beaucoup de mal à rester silencieuse et à se détacher complètement. Elle comprenait mieux cette nuance de « conflit d’intérêt ». Toute situation devenait plus complexe lorsqu’un proche était touché. Naleya se retrouvait touchée directement même si elle connaissait très peu la jeune défunte.
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MessageSujet: Re: [15/09/82] Life is a lie. (Naleya) [15/09/82] Life is a lie. (Naleya) EmptySam 2 Mai - 17:03

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"I used to remember this afternoon when you sat there, by my side. You saw through my heart, through my emptiness & you told me, to listen. And you were holding both my hands & you said : "You know, it's just like a funeral". To say goodbye again for one last time. All my light turned to darkness, all my gold turned to sorrow. All I knew was a lie, all I need is just in front of me. I know, it's just like a funeral to say goodbye again for one last time. " Like a Funeral (Erik Jonasson)

Je ne cherche même pas à camoufler l’amertume qui m’envahit, quand ma marraine me suggère « Laisse le temps faire son travail. ». Elle a raison, j’en ai conscience. Je suis passé par là, il n’y a pas si longtemps que ça. Mais je trouve quand même ces phrases toutes faites ne riment à rien. Il n’y a pas grand-chose qui rime à quoi que ce soit, si vous voulez mon avis sur la question. Même si vous ne le voulez pas, vous l’avez ! Un moment de silence s’installe entre la psychologue et moi. Nous nous retrouvons tous deux assis au sol, elle, me faisant face, essayant dans la mesure de ses moyens de me soutenir dans le drame que je vis. A chaque instant, j’hésite entre lui demander de me laisser seul, ou ne rien dire. Je n’ai pas envie qu’elle reste mais je n’ai pas non plus envie qu’elle parte et que je me retrouve avec mes pensées. J’opte pour la facilité et ne dis rien, enfouissant ma tête entre mes bras. Je ne m’y cache pas avec l’intention de pleurer, pour la simple et bonne raison que je n’arrive même pas à pleurer. J’ai les larmes aux yeux pourtant, mais dès que ça en sort, il n’y a plus rien. Un peu comme de l’eau devant se retrouver en plein désert. Je ne sais pas ce qui ne va pas chez moi, car je sais que j’ai plein de larmes en stock, mais je me sens malgré tout asséché. Fatigué d’essayer de comprendre ce mystère, comme celui qui a causé la mort de Lucy, je me focalise sur Nala, qui s’efforce de me montrer son soutien de son mieux. Ca ne résout rien mais au bout de quelques minutes de silence et de douceur, mon cœur arrête de tambouriner comme un bourrin contre ma poitrine. La colère, l’incompréhension et la douleur involontairement intériorisé restent enfouis en moi. C’est juste un peu moins dense et chaotique dans mon esprit. « Pourquoi tu es venu ici ? », m’interroge la Rosemary, brisant le silence. Je ne vais pas m’en plaindre, il commençait à devenir pesant même pour moi. Je passe une main derrière ma nuque, la massant doucement pour chasser des douleurs fantômes, provenant uniquement de mon esprit blessé que de nœuds véritables. « Ni sa mère, ni son fiancé ne sont en état de choisir sa…. dernière tenue… » Ca me fait bizarre de parler de dernière tenue. Ca ne se passait pas comme ça, sur l’Arche. Afin de ne pas saturer la portion d’Espace dans laquelle nous gravitions, les corps que nous rejetons à l’extérieur étaient rares. Minutieusement choisis, si je peux me permettre de dire pour désigner ceux qui étaient morts de maladies, quand ça n’était pas d’envoie à la dérive choisis par le Conseil. Les autres, ceux qui étaient morts en suivant nos lois, ou dont les corps étaient encore « sains », étaient « enterrés », dans les lopins de terre servant de fermes de la Colonie. Une telle idée paraissait sans doute atroce pour nos ancêtres, de se dire que les corps de nos défunts devenaient de l’engrais pour que l’on puisse survivre. Mais notre monde nous avait contraint à ce choix, à tel point que ça nous semblait normal. Pas de perte de « ressources » pouvant être utiles, pas de surcharge des cadavres longs à se décomposer et qui flottent tout autour de nous…. Sur l’Arche, tant que les vêtements des morts étaient en état pour être portés de nouveau, même en étant reprisés, ils retournaient dans les rayons des vêtements libres. Sur Terre, les choses ont changé. Aucun d’entre nous n’étaient habitués à enterrer des corps, et la perspective de les enterrer privés de tout vêtement n’a enchanté personne. Ca n’était sans doute pas le choix le plus judicieux à terme, mais ça avait été le nôtre, et ça nous a poursuivi.

Mes mains se posent en douceur sur celles de Nala, les serrant doucement contre moi. Je déglutis avant de parler une fois encore. « Mais moi, je ne sais pas ce qu’il faut choisir, pour une telle… occassion… », je crache ce mot, à défaut d’en trouver un plus approprié. « Tu sais, toi ? » J’en doute. Je doute que quiconque sache quoi choisir. « Lucy disait toujours que j’avais des goûts merdiques pour les fringues. », dis-je, m’étranglant à partie, à mi-chemin entre un rire et un pleurs retenu. Elle disait ça quand elle me demandait conseil pour savoir quoi porter afin de se faire belle pour celui qui est devenu par la suite son fiancé. Elle le disait à chaque fois, tout en me demandant à chaque fois mon avis. Lucy était le symbole parfait de la contradiction féminine ! Peut-être devrais-je lui rendre la pièce de monnaie si précieuse, dans ma famille ? Cette même pièce que j’ai toujours en main, que Nala doit sentir entre nos deux mains superposées l’une sur l’autre. La boucle serait bouclée. Mais ça m’ôterait une partie – tangible – de mon amie, une partie qui a été si symbolique dans notre amitié.


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Life is a lie.
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Nala avait conscience que ce n’était pas réellement ce que Nathan avait besoin d’entendre, mais malheureusement, elle ne pouvait pas faire plus. Le temps était la meilleure façon de cicatriser une blessure. Lors d’un deuil, il n’y avait pas de technique plus rapide qu’une autre. La souffrance et la peine étaient bien présentes dans la salle rendant l’ambiance un peu étouffante. Toujours assise face à son filleul, Naleya observait chacune de ses réactions. Lorsqu’il se cacha le visage contre ses genoux, elle s’attendait à voir les soubresauts de ses épaules trahir sa peine. Mais ils ne vinrent pas. Pourtant, pleurer ne pourrait pas lui faire du mal, bien au contraire. Il ne devrait pas garder ses émotions pour lui sinon il allait finir par imploser. Sauf qu’elle sentait que ce n’était pas le moment. S’il n’était pas prêt à s’exposer, elle ne pouvait pas le forcer. Préférant centrer son attention sur autre chose que cette souffrance inavouée, la psychologue lui demanda ce qu’il faisait ici. Qu’est-ce qui le poussait à s’entourer des souvenirs de sa meilleure amie ? Est-ce que ça lui faisait du bien ou au contraire, ça lui faisait du mal ? La justification vint rapidement et la psychologue hocha la tête. Le choix de la dernière tenue de sa meilleure amie lui revenait à lui. Une décision qui demandait mûre réflexion et Nala doutait que Nathan soit dans le bon état esprit pour la prendre. De longues secondes, la jeune femme observa son filleul qui semblait être complètement ailleurs. Peut-être dans ses souvenirs où se trouvaient celle qui lui manquait tant ? La blonde n’osa pas intervenir pendant ce moment et elle se contenta d’observer Nathan jusqu’à ce qu’il revienne à elle. Ses mains rejoignirent les siennes et Naleya l’entoura de ses doigts. À aucun moment la psychologue ne lâchait son regard offrant tout le soutien qu’elle pouvait lui donner à travers ses prunelles.

Nathan vint ensuite lui demander si elle savait, elle, les vêtements qu’il fallait choisir pour une telle occasion. Dans un premier temps, Nala secoua négativement la tête. C’était une première pour eux. Sur l’Arche, les prisonniers étaient envoyés à la dérive avec ce qu’ils portaient et le reste de leyr garde-robe était renvoyé à la vente. « Je crois que tu réfléchis trop, Nathan. » souffla la femme dans un premier temps. Au fond, ce n’était que des vêtements. Même si c’était les derniers vêtements de Lucy, ça ne devait pas devenir une pression supplémentaire pour lui. Il avait déjà beaucoup à penser. « Tu dois prendre cette décision avec ton cœur et non avec ta tête. » La blonde lui offrit un doux sourire et bougea les mains de manière à avoir dans sa paume l’objet qu’elle sentait. « C’est toi qui la connais le mieux. Quand tu fermes les yeux et que tu penses à Lucy, comment tu la vois ? » Peu importe son choix, Naleya savait que ça serait le bon, car Nathan la connaissait depuis longtemps et il connaissait ses goûts. Même si Lucy semblait lui avoir dit le contraire à plusieurs reprises. « Peu importe ce qu’elle te disait, elle continuait de te demander ton avis, non ? » Du moins, c’est ce qu’elle supposait. La psychologue éloigna ses mains de celles de son filleul et elle observa la pièce de métal que Nathan tenait. « C’est à elle ? » demanda la blonde dans un premier temps avant de se redresser. Elle tendit une main à Nathan pour l’inviter à faire la même chose et pour le guider vers la garde-robe de Lucy afin que son filleul puisse regarder les différentes propositions et voir ce qui l’inspirait.
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